Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

16 Octobre 2026 à 01:27:13
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Limage social

Auteur Sujet: Limage social  (Lu 1723 fois)

Hors ligne BettYY

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Limage social
« le: 05 Mai 2019 à 18:55:00 »
Alors euh j'ai voulu tester deux choses : des mélanges de temps par-ci par-là, je voudrais savoir si à un œil étranger (au mien) ce n'est pas trop perturbant; et, surtout, je n'ai pas l'habitude d'écrire à la première personne, donc j'aurais voulu quelques conseils par rapport à ça  :-[ voilà voilà, merci d'avance !


8h17. Le partiel du jour est à 9h, je vais avoir le temps de relire. Histoire. C'est pas ma matière préférée, mais je ne veux pas décevoir le prof. Je l'admire beaucoup. Et il le sait : il y a une atmosphère étrange quand on se croise dans les couloirs. Nos regards, eux, ne se croisent jamais. On ne prononce jamais un mot. Un jour que je vantais ses mérites à mon groupe d'amis, il est passé devant la salle où nous créchions. Certaine je suis qu'il a ouï.
J'entre dans le hall de la fac, ouvre mon manteau, replace une mèche de cheveux. Temps maussade, murs trop fades. Du gris, des lignes, partout, comme des barreaux de prison. Pourtant, on nous propagande que la connaissance libère l'Homme.

Je monte au premier, traverse un couloir et pousse la porte d'une salle où une vingtaine d'élèves discutent déjà. Ils révisent, pour la plupart. Sur la table du milieu, une très jolie brune, à qui je ne parle que depuis quelques jours. Centres d'intérêts communs.

-Qu'est-ce que tu fais là si tôt ? M'interpelle une jeune fille à la table derrière elle.
-Je viens relire, j'ai histoire après, je réponds en lui souriant.

C'est très bref, j'ai l'espoir qu'elle ne cherche pas à accaparer mon attention, mais aussitôt elle m'agrippe de ses phrases qui ne m'éveillent que trop peu d'intérêt. J'hésite, je ne sais pas : elle ne veut pas que je me rapproche de la jolie brune... car je lui suis précieuse comme amie, ou car elle l'aime encore ? Peu m'importe la réponse, au fond. Mes yeux ne frôlent pas la jolie brune et je la dépasse pour me placer auprès de la pauvre mal-considérée en manque d'attention. On discute quelques minutes et je demande un cours à un jeune homme qui suit mon option. La mondialisation. Il est très sympathique comme garçon, peut-être un peu trop. Leur table est surchargée, je prends mes affaires et me retourne pour me placer aux côtés de la jolie brune. Je devais au moins lui dire quelques mots, nous avons passé beaucoup de temps ensemble, la veille, ce n'était pas correct.

-C'est bizarre, les places sont déjà en vente, me dit-elle.
-C'était pas 15h ? je m'étonne.

Visiblement, bug dans l'organisation. Nous ne sommes pas proches, nous ne nous connaissons pas, mais nous prévoyons un voyage ensemble. Ma pauvre amie à de quoi être jalouse, si elle l'aime encore. Et je sais qu'elle ne la hait point. Pourtant, la jolie brune lui a déjà dit que non, il ne se passerait rien. Leurs cœurs ne s'accordent pas, la mélodie est fausse, chacun bat de son côté, les rythmes ne se mêleront jamais.

Ma situation est étrange, désagréable. J'ai la dérangeante impression de me trouver au milieu d'un conflit glacial, figé et transparent, invisible. Je ne veux pas perdre mon amie, et la jolie brune est bien seule. Les deux ne se parlent plus ou très peu, et ont autant besoin l'une que l'autre de cette main que je ne leur tends pas. Pourquoi ? J'ai deux mains, me direz-vous. Mais j'ai peur qu'en attrapant les autres, on se perde soit-même. C'est très égoïste, j'en ai parfaitement conscience, mais dans le fond, ne le sommes-nous pas tous ? J'ai un autre ami, celui à qui le monde se confie. Altruiste ? Non. Cet ami se nourrit de la peine des autres pour enfouir la sienne. Mais ce n'est pas en enterrant quelqu'un qu'on l'oublie. Il a insisté pourtant. Mais j'ai décidé de ne pas donner de coup de pelle, de ne pas me libérer du poids que je porte, de ne pas le lui donner, puisque rien ne se perd, tout se transforme.

La mondialisation. Je parcours la feuille des yeux. Une faute de conjugaison dans la deuxième phrase, aucune rature, une écriture régulière et assez soignée quand on connaît le débit de parole de ce prof qui sait tout sans avoir aucune note et qui ne répète jamais. C'est vrai que personne ne le lui demande, mais il va tellement vite qu'on en a pas le temps. Ses connaissances dépassent tout ce que vous pouvez imaginer. Tout. Et rapidement, sans étonnement, je divague. Mes souvenirs me ramènent à la veille. Un quart d'heure, entre midi et deux, j'ai eu ma mère au téléphone, pour une discussion sérieuse, comme toujours. Et en un quart d'heure, en effectuant toujours le même tracé d'errance dans les couloirs, j'ai croisé quatre fois ce cher professeur d'histoire.

-Si si, 15h ils avaient dit, je ne comprends pas, souffle la jolie brune de sa voix de velours.

Elle est très belle, c'est un fait établi, que personne ne conteste. Mais elle est ambiguë avec tout le monde, elle a besoin de se sentir aimée. Elle est très gentille, on pourrait être amis, tous les trois. Elle, cet ami qui s'assomme de la souffrance des autres, et moi. Mon autre ami a déjà quelqu'un dans sa vie, mais lui donne quand même l'attention dont elle a besoin puisqu'elle reste avec nous. L'un écoute l'autre, un réel échange a lieu, leurs évolutions personnelles sont à prévoir. Quel rôle ai-je alors ? Je suis le troisième. Ce personnage toujours un peu à part, à l'écart, à l'écoute et pas très bavard. Je suis là pour conforter les deux autres dans leurs croyances de s'être bien trouvés. Je suis l'oreille qui se tend si l'un des deux est absent, mais je ne serai jamais l'épaule sur laquelle pleurer. Et je n'aime pas. « On ne peut pas donner ce qu'on n'a pas reçu. » a dit je ne sais plus qui. Je suis cynique et méprise globalement le genre humain. Chacun a fait son chemin.

-C'est pas vrai, tu révises enfin ? M'agace la voix d'un des êtres pour qui j'ai le moins d'empathie ici-bas.

Je ne prends pas la peine de répondre, découvrir ses dents en arborant une grimace figée économise bien des maux. Des fleurs en plastiques sont posées sur ses cheveux mal lavés, un rictus menace de m'échapper. « Je suis hypersensible, je suis une vraie éponge, j'absorbe les émotions des gens qui m'entourent. » m'avait-elle dit à notre premier échange. Je n'avais su quoi répondre. « Je m'en fous. » aurait sûrement été le mieux adapté. Son air supérieur, de je-souffre-plus-que-tout-le-monde m'avait automatiquement poussée à la mépriser. Comme par automatisme. Incontrôlé. Et elle est devenue ma victime, celle que je rabaisse sans cesse pour cacher le sol qui se rapproche dans la chute de mon estime. Elle m'est autant un punching-ball qu'un airbag. Elle est gonflée. Boursouflée. Moche.

La mondialisation. La mondialisation. Je retourne la feuille, lis la dizaine de lignes qui s'essoufflent puis rends le papier au garçon trop gentil. Je le remercie, il me sourit, il est trop gentil.

Une blonde au nez pointu entre et nous salue, je ne sais pas si je l'apprécie, elle me met souvent mal à l'aise, elle complimente beaucoup les gens. Chose que je ne fais pas naturellement. La vie en société m'a appris comment on fait, mais la mal-honnêteté me dérange.

-Ça me fait plaisir de te voir ! Tu enjolives ma journée... avec ta beauté, tu me motives à réviser ! me sourit-elle en sortant ses affaires.

J'ai l'impression qu'elle ne voit pas bien qui je suis. Ça me fait penser au « Tu sens bon. » d'une autre fille de ma classe, la veille. Mon parfum, sent bon. Ce qui se place entre ma personne et les autres, sent bon.

-J'ai repensé à notre débat de l'autre fois,
arrive une autre brune aux cheveux très courts, et je voulais te dire que j'admire beaucoup la belle image que tu renvoies. Ton image de femme digne.

Merci, c'est moi qui l'ai faite.
"Sans conducteur, au milieu des ténèbres, en bête aveugle et sourde qu’on aurait lâchée parmi la mort, elle roulait, elle roulait, chargée de cette chair à canon, de ces soldats, déjà hébétés de fatigue, et ivres, qui chantaient."

Hors ligne Poursuite

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Re : Limage social
« Réponse #1 le: 09 Mai 2019 à 11:06:23 »
Bonjour BettYY,

Quelques remarques préliminaires :


8h17. Le partiel du jour est à 9h, je vais avoir le temps de relire. Histoire. C'est pas ma matière préférée, mais je ne veux pas décevoir le prof.
Autant j'aime bien les phrases courtes même avec un mot, autant ça peut être difficile à effectuer. Ici "histoire" tombe inopinément. J'aurait peut-être sauter une ligne juste avant

Certaine je suis qu'il a ouï.
Je suis certaine qu'il a ouï. Et l'utilisation du verbe ouïr fait un peu trop soutenu même.

Temps maussade, murs trop fades. Du gris, des lignes, partout, comme des barreaux de prison. Pourtant, on nous propagande que la connaissance libère l'Homme.
j'aime beaucoup ce passage, même si le verbe "propagander" m'a choqué au premier abord.

Centres d'intérêts communs.
Même si je vois le sens, ça fait vraiment étrange posé comme cela, mais peut-être est-ce voulu ?

C'est très bref,
Là j'aurais mis un point justement, c'est très bref comme la phrase  :D

Mes yeux ne frôlent pas la jolie brune et je la dépasse pour me placer auprès de la pauvre mal-considérée en manque d'attention.
C'est un peu méchant pour cette jeune personne ;w; Surtout qu'on a l'impression que la narratrice est attirée à la fois par le professeur et par la jeune fille brune. (mais après lecture elle se définit elle-même comme cynique, elle connaît ses imperfections ce qui rends le personnage crédible)

Je devais au moins lui dire quelques mots, nous avons passé beaucoup de temps ensemble, la veille, ce n'était pas correct.
Devrai plutôt ? et je n'aurais pas mis de virgules après ensemble.

Pourtant, la jolie brune lui a déjà dit que non, il ne se passerait rien.
Selon moi, l'utilisation du conditionnel pour passer sonne bizarre dans le contexte.

J'ai la dérangeante impression de me trouver au milieu d'un conflit glacial, figé et transparent, invisible.
Le "et" est avant le dernier adjectif.

Il a insisté pourtant.
Qui a insisté ? L'ami à qui les gens se confient ? et insister pour quoi? Pour se confier ? 

La mondialisation.
Là ça fonctionne mieux !


Mon autre ami a déjà quelqu'un dans sa vie, mais lui donne quand même l'attention dont elle a besoin puisqu'elle reste avec nous.
Phrase obscure, notamment avec le "elle" qui semble renvoyer à deux personnes différentes.

-J'ai repensé à notre débat de l'autre fois,[/i] arrive une autre brune aux cheveux très courts,
Vu qu'arriver n'est pas un verbe de parole, j'aurais plutôt mis dans ce sens : "une autre brune aux cheveux très courts arrive"

et je voulais te dire que j'admire beaucoup la belle image que tu renvoies. Ton image de femme digne.

Merci, c'est moi qui l'ai faite.
Pourquoi au final renvoit-elle une image de femme digne ?

Alors au final, j'ai globalement bien aimé et il y a parfois de bonnes trouvailles. J'aime bien l'analyse que vous pouvez porter sur le genre humain, leurs masques, leurs caractères et défauts, c'est réaliste. Cependant, il y a pas mal de personnages dans un texte qui est court, de plus sans prénom, du coup on se perds parfois à savoir qui est qui. Sinon le récit est assez prenant avec les personnages que vous dépeignez. Je ne vois juste pas trop l'utilité de tous les passages parlant du professeur d'Histoire. Je trouve que ça n'apporte rien, ou que c'est incomplet.

En espérant que mes humbles remarques et corrections puisse vous être utile,

Merci du partage, et à bientôt !

Poursuite,
« Modifié: 09 Mai 2019 à 12:35:59 par Poursuite »
« Je pense que la vie est faite pour devenir gentil. Je vis en espérant que la moi d’aujourd’hui est un peu plus gentille que la moi d’hier. » Seishun buta yaro

Hors ligne Spontex31

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Re : Limage social
« Réponse #2 le: 09 Mai 2019 à 11:57:18 »
Bonjour,

Je n'ai pas fais une lecture analytique de votre texte, ce serait très prétentieux et je laisse ça aux grammairiens. Non, je l'ai juste lu comme le lecteur Lambda que je suis.

Donc, subjectivement, j'ai trouvé ce texte plaisant sans être heurté le moins du monde par l'emploi du 'Je', ce qui est sans doute le signe que dans mon référentiel de lecture vous l'utilisez aussi bien que d'autres auteur que j'ai lu avant vous, publiés et friands de la première personne.

Sur un autre plan, celui du récit, vous parvenez assez bien à décrire une jeune femme à la fois misanthrope et très exigeante en terme de qualités humaines; pourtant, ces deux notions sont assez antinomiques. Paradoxalement, cette dualité lui confère une humanité certaine et la rend très intéressante.

Cette tension que vous avez su faire monter trouvera peut être sa résolution dans une suite que vous saurez écrire ?  Peu d'espoir puisqu'il s'agit d'un essai .... dommage, dommage.

Bonne suite à vous,

PS - La reprise de Lavoisier dans un tel contexte est étonnante et m'a bien fait sourire

 
« Modifié: 09 Mai 2019 à 23:51:50 par Spontex31 »
Un gratteur imprévisible ...

Hors ligne BettYY

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Re : Limage social
« Réponse #3 le: 11 Mai 2019 à 15:14:25 »
Coucou Poursuite !

Merci beaucoup d'avoir pris du temps pour mon texte !!

J'ai modifié certaines choses, et je vais essayer d'expliquer mes choix pour les autres...

Les phrases très courtes sont des idées, concepts, images ou pensées passagères dans l'esprit de ma narratrice, faire des phrases plus longues dénaturerait à mon avis leurs aspects furtifs.

Certaine je suis qu'il a ouï.
C'est en effet une phrase qui choque, exagérément, à l'aspect plus pédant que poétique, et c'est le but car ma narratrice est cynique. C'est un peu comme si elle se moquait d'elle, c'est une sorte de mépris pour elle-même dans ses propres pensées, comme si elle faisait semblant d'avoir un esprit supérieur sur un ton railleur.

Temps maussade, murs trop fades. Du gris, des lignes, partout, comme des barreaux de prison. Pourtant, on nous propagande que la connaissance libère l'Homme.
Le verbe "propagander" est bien là pour choquer : c'est une hyperbole, toujours cynique, qui veut montrer l'opposition d'esprit de la narratrice à la morale sociale, et encore un certain mépris.

C'est très bref,
Mettre un point ici aurait ralenti le rythme donc ça aurait finalement été plus long haha

Mes yeux ne frôlent pas la jolie brune et je la dépasse pour me placer auprès de la pauvre mal-considérée en manque d'attention.
Ce n'est pas méchant du tout ? C'est simplement une vérité dite très crue car émise par un esprit qui veut être objectif. Elle est véritablement mal-considérée et en manque d'attention, et ça n'empêche pas ma narratrice d'être proche d'elle.
La narratrice n'est pas vraiment attirée ni par le professeur ni par la jolie fille, elle ne fait qu'admirer le premier pour son savoir et reconnaître le physique avantageux de la seconde.

Je devais au moins lui dire quelques mots, nous avons passé beaucoup de temps ensemble, la veille, ce n'était pas correct.
L'imparfait sous-entend que la narratrice a commencé à lui parler en s'installant à côté d'elle.
Pour la virgule j'hésite franchement parce que sans, on en a plein la bouche, et les sonorités sont trop lourdes et répétitives...

J'ai la dérangeante impression de me trouver au milieu d'un conflit glacial, figé et transparent, invisible.
Ce n'est pas une énumération, "invisible" est une sorte de résultat/déduction des autres adjectifs. (j'avais pensé: glacial, figé, transparent = iceberg = une grande partie que l'on ne voit pas = invisible)

Il a insisté pourtant.
Oui, c'est l'ami auquel le monde se confie, et oui, il a insisté pour que la narratrice lui raconte ses problèmes puisque tout le monde en a, mais elle a refusé.

Mon autre ami a déjà quelqu'un dans sa vie, mais lui donne quand même l'attention dont elle a besoin puisqu'elle reste avec nous.
Je vais changer ça, c'est vrai que ce n'est pas super clair  :-[

-J'ai repensé à notre débat de l'autre fois, arrive une autre brune aux cheveux très courts,
Non ce n'est pas un verbe de parole, tout comme "me sourit-elle" plus haut... c'était une sorte d'essai pour voir si il était possible de se libérer de l'utilisation des verbes de parole (que je trouve personnellement assez restreignante).

et je voulais te dire que j'admire beaucoup la belle image que tu renvoies. Ton image de femme digne.

Merci, c'est moi qui l'ai faite.
La narratrice a en réalité une image de femme digne, car toute la narration se fait dans sa tête. Donc, d'un point de vue extérieur, durant cette matinée, elle est arrivée à la fac, a discuté avec une amie, a organisé des vacances avec "la très jolie fille", puis il est dit qu'elle a appris à complimenter les gens et visiblement son entourage l'apprécie... donc même si intérieurement elle est très sombre, l'image qu'elle renvoie, polie pour briller en société (d'où le titre "limage social"), est celle d'une "femme digne". L'image que son entourage se fait de cette narratrice ne colle pas avec ce qu'elle (et le lecteur du coup) sait d'elle.

C'est vrai qu'il y a pas mal de personnages, et je n'ai pas pu les nommer car pour ma narratrice ils ont des étiquettes autres que celles de leurs prénoms... donc je vais essayer de clarifier les passages confus.
Le professeur revient en effet plusieurs fois dans le texte. Disons que j'ai voulu jouer sur l'inconscient de ma narratrice : ce n'est pas vraiment le professeur qu'elle a en tête, mais sa matière... elle a son partiel d'Histoire dans moins d'une heure ! Elle vient plus tôt pour réviser, certes sans parvenir à se concentrer, mais reste dans le fond obnubilée par l'examen.

Merci encore pour ce long message et au plaisir !  :)


Coucou Spontex !

Merci beaucoup pour vos commentaires !

Alors si mon "je" ne choque pas... je suis rassurée.

Sur un autre plan, celui du récit, vous parvenez assez bien à décrire une jeune femme à la fois misanthrope et très exigeante en terme de qualités humaines; pourtant, ces deux notions sont assez antinomiques. Paradoxalement, cette dualité lui confère une humanité certaine et la rend très intéressante.
... c'est exactement ça ! J'avais un peu peur que le texte laisse sur un ressenti acide, mais si elle éveille un intérêt, j'imagine que ce n'est pas trop acide.

Je suis désolée mais non, il n'y aura pas suite...

Haha oui, j'ai trouvé ça drôle moi aussi... mais Lavoisier doit se retourner dans sa tombe  :-X

Au plaisir !  :)
"Sans conducteur, au milieu des ténèbres, en bête aveugle et sourde qu’on aurait lâchée parmi la mort, elle roulait, elle roulait, chargée de cette chair à canon, de ces soldats, déjà hébétés de fatigue, et ivres, qui chantaient."

Hors ligne Poursuite

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Re : Limage social
« Réponse #4 le: 16 Mai 2019 à 09:38:52 »
Bonjour BettYY,

Je vois que c'est un texte travaillé, peut-être personnel, mais que tu sembles bien maîtriser.
Alors ce n'est que mon avis subjectif, je ne sais pas ce que d'autres personnes auraient ressenti, mais je n'ai vraiment pas senti le cynisme de la narratrice. Par contre j'ai vraiment eu l'impression d'un amour sous-jacent entre la narratrice et le professeur xD
De manière générale, j'aime beaucoup les phrases courtes, jetés comme des idées à la volée et ça fonctionne bien aussi dans ton texte !


Mes yeux ne frôlent pas la jolie brune et je la dépasse pour me placer auprès de la pauvre mal-considérée en manque d'attention.
Ce n'est pas méchant du tout ? C'est simplement une vérité dite très crue car émise par un esprit qui veut être objectif. Elle est véritablement mal-considérée et en manque d'attention, et ça n'empêche pas ma narratrice d'être proche d'elle.
J'ai dit ça car j'ai vraiment eu de la peine et ressenti de la compassion pour cette personne en lisant ces mots simples, ce n'était peut-être pas l'effet voulu mais tu as réussi à me toucher !

J'ai la dérangeante impression de me trouver au milieu d'un conflit glacial, figé et transparent, invisible.
Ce n'est pas une énumération, "invisible" est une sorte de résultat/déduction des autres adjectifs. (j'avais pensé: glacial, figé, transparent = iceberg = une grande partie que l'on ne voit pas = invisible)
Maintenant que tu le dis, on le voit, mais sur le coup ça ne m'a pas sauté aux yeux !

-J'ai repensé à notre débat de l'autre fois, arrive une autre brune aux cheveux très courts,
Non ce n'est pas un verbe de parole, tout comme "me sourit-elle" plus haut... c'était une sorte d'essai pour voir si il était possible de se libérer de l'utilisation des verbes de parole (que je trouve personnellement assez restreignante).
Je vois la volonté mais du coup j'ai un doute si ça a syntaxiquement du sens :/

et je voulais te dire que j'admire beaucoup la belle image que tu renvoies. Ton image de femme digne.

Merci, c'est moi qui l'ai faite.
La narratrice a en réalité une image de femme digne, car toute la narration se fait dans sa tête. Donc, d'un point de vue extérieur, durant cette matinée, elle est arrivée à la fac, a discuté avec une amie, a organisé des vacances avec "la très jolie fille", puis il est dit qu'elle a appris à complimenter les gens et visiblement son entourage l'apprécie... donc même si intérieurement elle est très sombre, l'image qu'elle renvoie, polie pour briller en société (d'où le titre "limage social"), est celle d'une "femme digne". L'image que son entourage se fait de cette narratrice ne colle pas avec ce qu'elle (et le lecteur du coup) sait d'elle.
Je vois mieux, sur le coup j'avais pas tilté sur le titre mais il est très bien trouvé et j'aime bien le thème de ses apparences trompeuses cachant notre vraie nature.

Au plaisir,
Poursuite,
« Je pense que la vie est faite pour devenir gentil. Je vis en espérant que la moi d’aujourd’hui est un peu plus gentille que la moi d’hier. » Seishun buta yaro

 


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