Salut,
J'aime beaucoup le concepts et l’ambiance sonore du poème mais j'ai quand même quelques critiques à faire sur la réalisation final.
Tout d'abord ton poème me semble au final assez éloigné d'un sonnet. Ce n'est pas un problème en soit (que ce ne soit pas un sonnet n'est fait pas forcément un mauvais poème) mais comme tu annonces au début qu'il s'agit d'un sonnet, je me sens obligé de t'en faire la remarque.
Un sonnet classique est normalement constitué d'alexandrin organisé en 2 quatrain en rimes embrassées, et de deux tercet, dont les deux premiers vers seront en rimes suivit et les quatre derniers vers en rimes croisées. Ensuite, il est attendu en général que les différentes strophes forment une unité de sens indépendante.
Ton poème ne reprend pas la forme classique du sonnet, ce qui encore une fois n'est pas grave

mais comme c'était ce que tu annonçais je me sent obligé de le souligner.
Ensuite je trouve que dans ton poème le concept amené (poème geek) a tendance parfois à éclipsé le sens du texte.
Dimanche après-midi sous les toits de Paris.
Les vitraux de Saint-Jacques sont narquois ;
Pascal a un vertige alors que je relis
"Sous les toits de Paris" je trouve ça intéressant : c'est une image poétique assez convenu mais au vu du contexte elle pourrait prendre un sens nouveau (le geek qui reste enfermé dans sa chambre).
"Les vitraux de Saint-Jacques sont narquois" : au vers précédent on était sous les toits de Paris, maintenant on est à St Jacques ? Je ne comprend pas se vers, pourquoi un vitrail serait narquois ?
"Pascal à un vertige" : est-ce que Pascal était contre la culture geek ?
Je trouve dommage que ce premier vers face transparaître le mépris pour les geek qu'on attache généralement à leur culture. Car au final, ce mépris est une construction des classes bourgeoises et intellectuel qui décide arbitrairement de ce qui selon eux mérite le titre de "oeuvre culturel" ou non. Le sous-texte de ce passage et que les vitraux de St-Jacques et l'écrivain Pascal se moquent du geek. Mais c'est ce trompé d'ennemi. On ne sait rien de ce que penserait Pascal de la culture geek (peut-être qu'il aurait adoré Tolkien). C'est la classe bourgeoises qui affirme l'infériorité de la culture geek (non les éléments culturel en eux-même qui eux ne disent finalement rien de notre époque). C'est dommage de prendre pour acquit que des grands chef d'oeuvre des artistes de France verront forcément d'un mauvais oeil les production de la culture geek, c'est prendre pour acquis l'infériorité de cette culture et l'élitisme culturel de la bourgeoisie.
Pascal a un vertige alors que je relis
Des histoires où un elfe porte en son carquois
Provision d’aventures, d’étoiles et de flèches
Indiquant le Mordor, où la lumière meurt.
Comme mon prédécesseur, je trouve l’enchaînement malvenu.
Je pense que, vue qu'il ne s'agit pas d'un sonnet, réunir les deux strophes serait bien plus pratique.
Ensuite : "de flèches / indiquant le Mordor" : je ne crois pas qu'il y a dans le seigneur des anneaux des flèches pour indiquer la direction du Mordor

ici je trouve que le sens se perd.
Isengard ou Fondcombe, les Hobbits se pourlèchent
D’une quête impossible, et de bière, et de beurre.
Bon ok c'est un zeugma mais je le trouve un peu capillotracté

En plus je ne suis pas certaine que les hobbits se réjouissent tant que ça d'aller au Mordor.
Ensuite, "de bière" ok, mais pourquoi de beurre ? Je comprend bien que c'est pour la rime, mais pourquoi ne pas choisir quelque chose de plus iconique ? Pourquoi pas les fraises dont Sam Gamgie rêve souvent ? Ou les patates dont il parle à Golum ? Ou les Lambas ?
Et moi je fais mon miel des chants de Bombadil
Terrifiée qu’ils se brisent aux cris d’un Nazgul.
Marchant avec les Ents, guidée par Erendil,
Merry, Pippin, Frodon, c’est moi ! Soudain hulule...
J'ai bien aimé cette strophe, sauf le dernier vers.
Je trouve que le dernier vers n'est pas assez riche de sens, il cite essentiellement des noms, j'aurais préféré qu'il apporte un peu plus. Et comme précédemment je n'aime pas trop l'enjambement.
…une sirène bien réelle. Soupir. Le soir,
Messager du lundi, prophétique traîneau,
Invoque réveil, métro, bureau où s’asseoir…
Je veux être invisible : donnez-moi l’anneau !
Là c'est l'inverse

je n'ai pas trop les trois premiers vers.
Je trouve la structure trop haché et que là encore le sens se perd : "prophétique traineau" > est-ce que le soir est un traineau ? Pourquoi le soir invoquerait le réveil ? est-ce qu'il s'agit d'un travail de nuit ?
Par contre j'adore le dernier vers

En bilan je pourrais dire que j'aime beaucoup le concept du poème

faire de la poésie sur la culture geek j'adore

je trouve aussi qu'il manque à ce genre de vrais belles poésies ! C'est super cool que tu te sois lancé dans ce projet. Pour ce qui est du résultat, même si j'ai fais beaucoup de remarque, ça reste pas mal du tout

(je trouve que c'est un bon premier jet et ça me semble prometteur si tu as d'autres poèmes du même type).
Je trouve que tu pourrais aller plus loin dans la recherche du sens et être davantage précis dans tes références. Une des caractéristiques des vrais geek c'est la passion pour une oeuvre et le soucis du détail. Faire blagues d'initié que seule une personne ayant lut 14 fois le Silmarilon et les Contes Inachevé pourrait comprendre, voilà qui serait à mon sens un vrai hommage à la culture geek.
Voilà, si jamais tu n'es pas d'accord avec des éléments que j'aurais avancé, n'hésite pas à en débattre. Encore une fois il ne s'agit que de mon avis et j'ai bien aimé ton poème dans l'ensemble.
A bientôt peut-être.