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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Carnet de Lester

Auteur Sujet: Carnet de Lester  (Lu 7016 fois)

Hors ligne Lester

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #15 le: 28 mai 2010 à 19:40:47 »
Yo.

J'ai assez aimé ton commentaire, parce que je vois les différentes impressions reçues sur un texte, selon qui les lis.
En fait ce texte est un genre d'exercice de style, où je sacrifie le sens et la syntaxe au rythme et aux sonorités. J'ai tenté d'enchainer le plus d'assonances d'allitérations et de rimes intérieures possibles, (surtout au milieu), en restant dans les limites de la fluidité. A part quelques tournures assez lourdes (le quatrain "en", par exemple) je trouve que j'ai plus ou moins fait ce que je voulais faire. Il n'est pas nécessaire de donner un sens autre à ce texte (sauf pour les deux paragraphes de fin, rajoutés pour donner un semblant d'histoire).

Néanmoins, si tu n'as apprécié, tant pis. Il faudrait que je le retravaille.


Hors ligne Lester

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #16 le: 31 mai 2010 à 22:32:34 »
Pierre connu Cécile. Cécile vivait dans un vent tiède ; elle était comme ces nuages que la brise dissipe et qu’un rien ramène. Le genre fuyant. Il l’avait rencontré aux Quais ; elle, standardiste, plutôt modeste, petit chapeau fleurit. Lui, grand, un peu trop maigre, le teint jaune. Cigarettes sur cigarettes, on le voyait fumer. A force sa santé l’accusait, ses poumons coupaient court : c’est un radiateur qui fume et goutte, il est trop usé. Cécile, elle, disait que les idées aussi ont leur franges d’or. Elle était dans une pluie, où les averses constante sont d’étranges remèdes. Elle écrivait. Elle aimait dire que ses mots sont une nuit qui tombe et que rien n’arrête. Mais ses amies, a vrai dire, la moquaient ; elle, Cécile, la petite standardiste ? Écrire ? Et puis elle se prend pour qui? Proust ? …pensez ! Cécile mangeait seule, en silence, son sandwich dans les cafétéria trop pleines. Mastiquant dans les après-midis d’un septembre, elle se laissait aller aux grondement du ciel rempli. Les voûtes a ses yeux sont des ventres chauds que l’éclair rougis. Mastiquant, elle boit, elle boit, le pain mou est une ouate délicieuse, la viande fume s’accompagne de la salade, inutile, et tout ça baigné par des ruisseaux de vinaigres ; l’eau est un valse claire, bientôt remplacé par le vin, d’un torrent l’autre. Voilà des vapeurs qui fument et ne s’arrêtent pas de gronder. Parfois, quand il ne pleuvait plus – et là où vivait Cécile, il pleuvait presque tout le long de l’an - elle disait : « Ah, tien, j’entends un orage qui s’approche. » On riait, les oiseaux eux aussi, les pigeons cherchent le pain ; la tour Eiffel s'étire ; l’arc de triomphe se coiffe, les autos rient saouls de leur propre destin, les platanes ont les bras ouverts ; et puis on entend un raclement de gorge, c’est la météo qui lui donne raison, c'est le Seigneur Dieu lui-même, perché su ses cavalcades de blondeurs, qui s’amuse a rugir et en rit comme un fou.

Cécile a les soleils qui fondent a ses pieds et voyez-vous ça c’est un poème. Au frémissement d’une cil, un pas nocturne tremble a sa bouche ; elle est une ride, l’onde apparente d’un frisson. Elle n’est pas à l’image de ces lacs d’étés où l’on se détend. Ses yeux sont des cernes remplies de trous noirs. D’un regard elle vous amène. Allons, Cécile, Cécile, ferme un peu tes yeux, veux-tu, plisse-les, et reconnait les sourires dans les grondement d’un orage.
Elle est comme ces nuages que la brise dissipe et qu’un rien ramène.

Cécile allait, trois fois par semaine, donner des cours d'anglais dans une maison près du lac. La où elle passe en vélo, sur ces petits chemins normands, se réveillent des mouvements inconnus. Une Nature s’anime. Elle parle, et sa voix nous vient grandissant :
« Regardez moi cette rosée savoureuse. Nous, les branches d'arbres, en frémissons. Quand elle arrive tout devient un léger murmure. La nature dans son landau est bercée par le vent. Va, Cécile, va, mettre un peu du bleu de tes yeux dans le cœur des hommes. Va semer les soupirs, tailler la chevelure des brises, prendre douche dans l’horizon, entre l’herbe grasse et le chant des cascades, où un rien ne renait, entre un homme et le ciel moi-même. Va souffler les pluies, élever les sourires, violenter les regards. Tes yeux battent les airs comme des pales dans le vent. Ce qui t’entoure est une ride, l’onde apparente d’un frisson. Et quand tu vient tout s’élève, s’annonce en signe entre les constellations. »

Cécile, tu vivais dans un cerne, et longtemps je n’ai eu de toi que de précieux regards. Les vapeurs envolées s’annonçaient aux soupirs, quand me cœur battait, en temps, en demi-temps, en contre-temps, et je n’y voyais pas plus d’amour que dans les ride d’un soleil. Tes rayons me font froids, ta jupe est usée, tu ne ris plus que dans cette blondeur d’enfance, où rougissent les cressons, quand tu baigne ta tête arrondie aux ombres de sel. Te voilà saine et enfouie, tu es toi-même l'espoir et l'obscurité. Tu vois les marionnettes aux mains des roches et les reflets dan l’eau de pluie. Voilà que tu amène tes larmes, comme rosées de tes propres rengaines, au matin finissant. Tu te baignes aux jours, versés dans les cascades. Ta vie trop pleine me revient comme un limon infini.

Tu es comme ces nuages que le vent dissipe et qu'un rien ramène.

Hors ligne Matt

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #17 le: 02 juin 2010 à 13:58:49 »

Citer
Cécile vivait dans un vent tiède ;

Tu veux dire quoi exactement ?

Citer
Il l’avait rencontré aux Quais ;

"rencontrée"

Citer
petit chapeau fleurit

"fleuri" (être fleuri)

Citer
Elle était dans une pluie, où les averses constante sont d’étranges remèdes.

"constantes"

Citer
Mais ses amies, a vrai dire, la moquaient ;

"à vrai dire"

Citer
a ses yeux sont des ventres chauds

"à ses yeux"

Citer
« Ah, tien, j’entends un orage qui s’approche. »

"tiens"

Citer
On riait, les oiseaux eux aussi, les pigeons cherchent le pain ;

On est dans le présent ou dans le passé ?

Citer
perché su ses cavalcades

"sur"

Citer
qui s’amuse a rugir et en rit comme un fou.

"à rugir"

Citer
a ses pieds

"à ses pieds"

Citer
Cécile a les soleils qui fondent a ses pieds et voyez-vous ça c’est un poème.

Je ne vois pas le lien entre ce qui est en gras et ce qui est souligné.

Citer
Et quand tu vient tout s’élève

"viens"

Citer
soupirs, quand me cœur battait,

"mon"

Citer
dans les ride d’un soleil.

"rides"

Citer
quand tu baigne ta tête arrondie

"baignes"

Citer
Voilà que tu amène tes larmes,

"amènes"

Citer
Tu te baignes aux jours, versés dans les cascades.

Je ne comprends pas.

Citer
Tu es comme ces nuages que le vent dissipe et qu'un rien ramène.

Joli ! Et c'est bien de l'avoir réutiliser tout au long du texte.

----------

Hormis les nombreuses fautes (et sûrement qu'il y a des oublis) le texte sonne assez bien. Peut-être quelques passages lourds mais dans l'ensemble ça va. Ce qui me gêne juste ce sont encore certaines tournures ou mots (sandwich par exemple), je me vois mal mettre ceci en prose ou en vers, mais bon ça c'est moi  :P
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Lester

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #18 le: 04 juin 2010 à 06:54:18 »
Ma voix blanche a l’odeur du silence
Quand je parle c’est un cri Qu'on ne détache pas
Aux ports les voiles fumantes les petits paquebots
Cousus de cercles il s’en vont de sitôt
Et reviennent en cadence Écoutez sourdre leur pas

Ma voix blanche est une prose Et j’étale dans l’air
Nimbé de gouttes claires comme sur une feuille de papier
Les mots sauvages et bêtes qui s’en vont légers
Qui trottent le ventre fier Comme un grand Mazeppa

Tu es comme ces fruits que l’on cueille bouche ouverte
Tes yeux ébahis sonnent comme une caresse
Pour un noyaux sec je confesse J'aimerais jusqu'à la perte
Le souffre ou le sel le tout c’est que ça marque mes bras

Et je l’avoue je l'avoue je suis si las de tout ça


J’aimerais bien crever après tout Tu sais ma voix blanche
Tu trembles au feuilles au vents aux calèches
Tu ressemble a ces courses de riches gens qu’on dépêche
D’un sentier l’autre ne les rendra pas plus amants
Et mes poumons sont si courts, mes bras si ballants

Tu sais ma voix blanche Ils sont si sots ces gens là
Je m’en voudrai de les écouter A l’ombre des orangeraies
Tout ce qu’ils savent faire tu sais c’est noircir les étés
Et draper la lumière-sel d’un vaste silence
Pour qu’on oublie de gouter Le noir réséda

Tu sais ma voix blanche je me mettrais bien a genoux
Parce qu'à la fin le plus simple est toujours sans passion
A la fin le plus simple remporte toujours l’adhésion
Et je vois mes poignets qui tremblent Qui tremblent tout à coup


Et tu sais ma voix blanche Tu es si monotone
Constellée de poussières et taillée de mes mains
Après tout peut-être Qu’ils ne sont pas si malins
Et qu’un peu d’esbroufe offerte Les impressionnent

Hors ligne Lester

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #19 le: 04 juin 2010 à 12:43:08 »
Je brule quatre année de ma vie contre le pilon noir
Le poteau le pilori l’homme fait de carton peint
Ou un paysan sable ses nielles cousues de tissu moire
Emmêlés par le soleil Poches trouées Je n’ai plus le mien
Brulé brulé sont mes quatre années de vie
Même les cendres désertes N’en on plus envie

Les braises font sourdre les foules au revers de mes flammes
Cousues aux manches des châteaux de carte
Un tonnerre porte le bras  au veston pourvu qu’il ait
Une brise cendrées sur ses pas qui l’accompagnent
Comme son visage est rond et ses cheveux sont défaits

Alors j’ai brûlé quatre j’ai brulé quatre j’ai brulé cartes
Au semelles usée s des sandales de spartiates
Comme une année nuit qui tombe de la poche d’un veston
Ce sont les braises qui sourient aux signes Les cernes et la vigne
Qu’on  efface D’entre les constellations

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #20 le: 07 juin 2010 à 19:48:02 »
Citer
les poumons ouverts aux falaises
intuition poétique assez géniale ! Ca me fait penser à ce que faisait Hobbes (je le dis pour les autres, parce que ça fait longtemps qu’il est parti. Hobbes c'était probablement plus abouti)

Je lis de loin (je veux dire, pas superficiellement, mais j’y viens, je réfléchis, j’y reviens), je pense que tu pourrais te débarrasser de quelques-uns des jeux de sonorités, qui pèchent parfois un peu ; trouver peut-être un meilleur équilibre entre les jeux formels et la fabrication des images ; enfin c’est déjà très bon. J’y reviendrai !
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Hors ligne Lester

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #21 le: 07 juin 2010 à 19:56:43 »
Si on parle du même Hobbes, il est sur un autre forum que je connais, et en effet il est assez génial dans la genre. Mais bon j'ai pas la prétention de faire les mêmes trucs ^^
« Modifié: 07 juin 2010 à 20:02:58 par Lester »

Hors ligne Gros Lo

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Re : Carnet de Lester
« Réponse #22 le: 10 juin 2010 à 12:48:36 »
Pour le premier post.

J’aime beaucoup le premier paragraphe (surtout muet comme une prose et sauf la toute fin, je trouve ça dommage que reconnais rime avec muet), les ciseaux de la pluie, les yeux d’ogive ; le poteau de carton peint (mais je comprends pas la ligne suivante) même si je le trouve encore mieux placé dans la suite (mais c’est intéressant de bosser comme ça, ce recyclage constant)

C’est pas banal d’écrire aussi bien et de faire autant de fautes ; une à une, cernes creusés, tout à coup, pincées à demi, ont attendu le jour, taffetas, mal compris

Quelques maladresses quand même, t’écris bien mais parfois on a l’impression que tout ne tient pas encore bien sur ses pattes, genre
Citer
Tant qu’il puisse pour un jour venir ce jour-là apparaitre
je trouve ça un peu maladroit, ou le
Citer
En scène en scène
du début. Pareil pour
Citer
Un pauvre abruti sans souci
à mon gout ça achève le paragraphe en pétard mouillé un peu, c’est dommage, ça claque pas assez, c’est pas à la hauteur du reste je trouve

Globalement j’aime bien, c’est vraiment un work in progress c’est ça qu’est cool. Y a encore des choses qui manquent un peu de relief, un peu plus fades que le reste, où tu fabriques moins d’images ou moins réussies. Mais c’est franchement du beau boulot !
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Re : Carnet de Lester
« Réponse #23 le: 10 juin 2010 à 13:43:54 »
En effet c'est assez work in progress, vu que j'ai toujours eu l'habitude d'écrire quasi quotidiennement, et en relisant peu mes textes, alors je laisse toutes les coquilles, les phôtes, etc. Donc je sais bien que dans chaque texte y'a du fade et du meilleur, parce que je n'arrive pas a conserver une certaine tension poétique tout le long d'un premier jet (bon, en même temps, qui le peut?)
Mais donc, j'ai décidé de changer de politique, et d'arrêter d'écrire pour écrire -on s'en lasse- et d'essayer de construire des textes, avec un travail de relecture, etc. Ça me fait un peu peur, puisque j'ai plus l'excuse "premier jet", mais on verra bien. ^^

 


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