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03 Mai 2026 à 21:49:09
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Choses de janvier

Auteur Sujet: Choses de janvier  (Lu 5854 fois)

Hors ligne Gros Lo

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Choses de janvier
« le: 24 Mai 2010 à 20:47:01 »
C'est des textes écrits pour la plupart en janvier, mais je les avais laissés au fond d'un dossier sans oser les relire, uhu.
Là j'ai viré certains trucs, un peu réorganisé la mise en forme.
C'est mon premier poème depuis un an et demi, ça se fête !
Bonne lecture ! C'est probablement assez chiant, tant pis si j'ai pas de commentaire. xD J'assumerai dans le silence et la déréliction.

La dernière version est ici, zappez l'autre.




1
Rues


Je suis parti pour oublier les mensonges des étoiles.
Il y avait partout des lueurs sur les berges et les fleuves n’en finissaient pas de creuser des chenaux dans l’éclairage blafard, ce n’était pas un chemin sûr pour l’homme aux saintes pulsions,
Guidé par les ténèbres morcelées du ciel
Je suis parti sans crainte et mon cœur était sale.
Maintenant que le jour est tombé en déchéance
Il ne reste que le noir et c’est assez, il me semble, pour les sentiers de l’envers, j’ai cherché d’autres eaux et la route était longue, et se perpétuait dans le vague.
L’esprit muré d’imprécations et la gorge alourdie, je me mis à errer.



2
Oiseaux


Et quand, par une infernale mascarade de plumes et de cris, les oiseaux noirs d’une seule vague prirent le large, je les ai regardés sans comprendre et mon cœur les suivit au-delà des lumières du mensonge.
Beaucoup continuèrent leur chemin, et c’était un chemin affreux qui m’ouvrit les veines et leur chagrin me plaça en disposition amère sur l’échiquier bizarre de la ville silencieuse.
Je suis resté à l’enclos du goudron et des déjections que je croyais voir, et j’ai longtemps contemplé le vol nerveux des oiseaux.
Quand l’obscurité mit fin à leur existence, j’ai repris mes pas là où je les avais quittés, la route était longue et n’avait rien de miséricordieux, route de peine et de lumière, je n’ai jamais su si elle m’avait menti et mon cœur était froid.
Et mon cœur gardait dans ses méandres incertains de larges tabulations pour mes pensées prises de cours, je cherchai des yeux les oiseaux sans nom, fuyant en nombre la lourde poussière que la ville pétrissait sans relâche.
Bientôt – car on dit que la fugue est nécessaire, pourtant elle s’empêtre dans les vaines considérations de l’égaré –, bientôt – mais elle embrase les pauvres hères en quête de repentance – j’ai repris l’étroit chemin qui conduit au fleuve, le temps cognait sur mes os et dévorait ma chair et je me dis qu’il n’y avait plus de pardon en ces terres inhumées.
Et les heurts du langage s’estompèrent et je finis sur le pont, étourdi d’une incompréhensible clarté, le jour fumant se rappelait aux esprits empestant la brume, je suis tombé dans le labyrinthe.
Parce qu’il n’y avait plus de raison dans l’écho de mes pas, j’errai sans une seule idée, des malaises rôdaient près des tertres, j’ai vainement regretté le vol oblique du grand oiseau de nuit.



(Rejets : Pourtant le jour s’est levé. Ce fut une ligne éteinte dont le sens m’était perdu. Je n’ai pas prié. Je n’ai rien fait de bon et mes lèvres sont mortes en t’embrassant les cheveux, il y avait de longues lézardes mouvantes dans le ciel. J’ai fui entre les pierres. La course m’a sifflé aux oreilles et j’y ai peut-être égaré mes derniers lambeaux, je crois que l’ivresse et la nuit avait bridé mon appétit de visions.
J’ai laissé ma peine dans le coin de cette avenue. Et quand la mort s’est glissée dans ma bouche, j’ai claqué des dents et dégluti sans peine, et j’ai ri de sa faiblesse. J’ai pensé aux oiseaux noirs. J’aurais voulu être parmi eux, serrer leurs plumes entre mes mains et sentir le vent du large sur ma peau brulante.)
Et mes pleurs en cavalcade.



3
Il y a parfois, au fin fond des villes…


Ce qu’il n’était pas permis d’attendre. Et l’homme errant ne peut s’y retrouver, il ne voit pas l’erratique lueur… cherchant la fuite il n’écoute pas, dans la brise étouffée, autre chose que ses fulgurances courtes et insatiables, et ne motive son voyage que la promesse d’un retour. Or le cœur des villes couve un élan irrévocable, celui des oiseaux qui là-haut passent par milliers. Les oiseaux par milliers au-dessus des ténèbres. Il y a parfois, niché au fond des longues métropoles au ventre crevé, la crainte nue des derniers hommes devant tant de lumière fausse et impérissable : tendue entre les pas lourds, le départ couve et ce n’est pas un autre faible mensonge. Tremblantes et perdues dans les fumées, de grandes ailes de plomb. Et le péché de solitude se brouille et s’illumine enfin d’une nouvelle aube, insoluble et grise, inflexible à la façon des migrations éternelles. La dernière poussée de fièvre avant la naissance, la dernière gorgée âcre au devant des routes qui s’ouvrent. Mangées de pleurs et d’extase… le cœur hésite encore mais la solitude nous emporte corps et biens. Au devant des routes sèches. Comme un lointain tonnerre qui se forme derrière les nuages et les pensées vagues. Il ne faut pas croire le fleuve allant par ses poussières d’amont en aval, violant le seuil et évacuant ses eaux blanches. L’errant prie dans ses torts et ses mensonges incohérents adressés alentour, rêve bas au milieu de ses convulsives lignes de fuite.
Pour ce qu’il y a au fin fond des villes semblable à des reflets d’espoir. L’espoir qui se regarde et s’enferme, et bégaie de plaisir avant de s’éteindre. La percée du lointain, tout est clos, et la cendre, rien que la cendre, les vérités mendiantes. Dans le silence il reste quelques oiseaux frémissants, étendus à terre ventre au ciel. Puisque tout est mensonge. Il n’y a rien à tirer des chemins noirs, jamais. Il n’y a pas eu de chemin. Les villes n’ont pas de chemin. Les villes n’ont pas de chemin. Retour aux puretés d’un voyage se refusant au retour.




« Modifié: 04 Octobre 2010 à 22:58:32 par Loredan »
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Re : Choses de janvier
« Réponse #1 le: 24 Mai 2010 à 21:42:48 »

1.Rues
Citer
Je suis parti pour oublier les mensonges des étoiles.
Simbaaaaaaaaaaaa. Je ne me moque pas, j’aime la phrase.

Citer
Je suis parti sans crainte et mon cœur était sale.
Celle-là aussi je l’aime bien, et elle est plus originale que l’autre

J’aime bien mais sans plus. A part ces deux phrases bien évidemment.


2.Oiseaux
Citer
Beaucoup continuèrent leur chemin, et c’était un chemin affreux qui m’ouvrit les veines et leur chagrin me plaça en disposition amère sur l’échiquier bizarre de la ville silencieuse.
Bof pour la répét de « et », je trouve que ça alourdit vachement ici. Et puis je sais pas j’aime pas cette phrase « disposition amère », mouais, disons que « disposition » est pas méga poétique

Citer
Quand l’obscurité mit fin à leur existence, j’ai repris mes pas là où je les avais quittés, la route était longue et n’avait rien de miséricordieux, route de peine et de lumière, je n’ai jamais su si elle m’avait menti et mon cœur était froid.
Et mon cœur gardait dans ses méandres incertains de larges tabulations pour mes pensées prises de cours,
J’aime bien le début, mais je trouve la répétition de « mon cœur » malvenue

Citer
car on dit que la fugue est nécessaire, pourtant elle s’empêtre dans les vaines considérations de l’égaré –, bientôt – mais elle embrase les pauvres hères en quête de repentance –
bof, le côté explication moralisante, j’aime pas trop, en fait si t’avais mis la même chose en virant  les « car » « pourtant » et compagnie, et en jouant sur la ponctuation ça m’aurait plu

Le thème, c’est pas trop mon truc, mais dans son genre c’est bien.  Et il est un peu plus complet peut-être.

3.

Citer
celui des oiseaux qui là-haut passent par milliers. Les oiseaux par milliers au-dessus des ténèbres.
Mouais, je vois pas trop ce qu’apporte la répétition

J’ai pas accroché au 3. Il a moins de belles phrases, je trouve. Et puis le thème commence aussi à me lasser.


Voilà, c’est pas chiant mais ça m’a pas transcendé non plus. :huhu:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Re : Choses de janvier
« Réponse #2 le: 24 Mai 2010 à 21:58:12 »

Citer
ce n’était pas un chemin sûr pour l’homme aux saintes pulsions,
Guidé par les ténèbres morcelées du ciel
Je suis parti sans crainte et mon cœur était sale.

Pourquoi tu mets une virgule, c'est pas plutôt un point ? Je ne saisi pas.  ><

Citer
Les villes n’ont pas de chemin. Les villes n’ont pas de chemin.

Répétition voulue ?

----------

Pour ce qui est de l'ensemble c'est agréable à lire, j'aime bien ce côté sombre mais peut-être que tu aurais pu le développer un peu plus (même si c'est déjà assez long). Sinon, je voulais savoir, on peut lire les textes séparément ou faut les lire dans l'ordre ?
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

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Re : Choses de janvier
« Réponse #3 le: 25 Mai 2010 à 11:01:06 »

Alors :


Citation de: ernya
Citer
Beaucoup continuèrent leur chemin, et c’était un chemin affreux qui m’ouvrit les veines et leur chagrin me plaça en disposition amère sur l’échiquier bizarre de la ville silencieuse.
Bof pour la répét de « et », je trouve que ça alourdit vachement ici. Et puis je sais pas j’aime pas cette phrase « disposition amère », mouais, disons que « disposition » est pas méga poétique
bof je sais pas, "disposition" ça peut faire genre voc du XVIIIe ; enfin je le trouve pas particulièrement antipoétique (quand on voit les mots que Baudelaire fout parfois dans ses textes, pour le suivre il faudrait mettre ipod et wifi xD)
Sinon pour la répétition, je vais l'éloigner (enfin, "continuèrent leur chemin et c'était un chemin affreux, il m'ouvrit les veines et leur...")


Citer
Citer
Quand l’obscurité mit fin à leur existence, j’ai repris mes pas là où je les avais quittés, la route était longue et n’avait rien de miséricordieux, route de peine et de lumière, je n’ai jamais su si elle m’avait menti et mon cœur était froid.
Et mon cœur gardait dans ses méandres incertains de larges tabulations pour mes pensées prises de cours,
J’aime bien le début, mais je trouve la répétition de « mon cœur » malvenue
j'ai failli enlever "et mon coeur était froid" parce que j'aime pas trop, mais j'ai besoin qu'il y ait quelques transitions ici et là... pour que ça garde un côté "défilé de pensées" même si le registre de langue le laisse pas entendre


Citer
Citer
car on dit que la fugue est nécessaire, pourtant elle s’empêtre dans les vaines considérations de l’égaré –, bientôt – mais elle embrase les pauvres hères en quête de repentance –
bof, le côté explication moralisante, j’aime pas trop, en fait si t’avais mis la même chose en virant  les « car » « pourtant » et compagnie, et en jouant sur la ponctuation ça m’aurait plu
c'est pas moralisant hein ; mais sinon oui, peut-être passer à qqch de plus rapide sans le "car"


Citer
Citer
celui des oiseaux qui là-haut passent par milliers. Les oiseaux par milliers au-dessus des ténèbres.
Mouais, je vois pas trop ce qu’apporte la répétition
je ne saurais pas argumenter :mrgreen: c'est un des rares passages que j'aime bien en fait. Mais je sais pas trop pourquoi. C'est pour une sorte d'actualisation ? de manque de souffle, un peu comme un spasme, qui le force à répéter la même chose à peu de chose près ?

Et sinon qu'est-ce qui ne te plait pas dans le thème ?

[/quote]
Citation de: Matt
Citer
ce n’était pas un chemin sûr pour l’homme aux saintes pulsions,
Guidé par les ténèbres morcelées du ciel
Je suis parti sans crainte et mon cœur était sale.

Pourquoi tu mets une virgule, c'est pas plutôt un point ? Je ne saisis pas.  ><
Je me souviens plus du tout (ça date de la mi-janvier) mais j'ai trouvé que ça gênait pas alors j'ai laissé. Ca isole deux segments et ça leur donne presque un statut de vers, sans qu'ils s'autonomisent de la phrase précédente. C'est ce que je répondrais :D


Citer
Citer
Les villes n’ont pas de chemin. Les villes n’ont pas de chemin.

Répétition voulue ?
oui ! (même si ça peut paraitre bizarre)


Citer
Pour ce qui est de l'ensemble c'est agréable à lire, j'aime bien ce côté sombre mais peut-être que tu aurais pu le développer un peu plus (même si c'est déjà assez long). Sinon, je voulais savoir, on peut lire les textes séparément ou faut les lire dans l'ordre ?
peut-être que des fragments viendront s'ajouter aux fragments :-¬?
tu peux les lire dans l'ordre que tu veux, le matin ou le soir, en mangeant ou en buvant, de la bière ou du gin. Cependant, je tiens à préciser :
si tu bois de la bière le matin, il faut lire 1 - 3 - 2 - (2)
si tu bois du gin le matin, il faut lire 1 - (2) - 3 - 2
si tu bois de la bière le soir, il faut lire 2 - 3 - (2) - 1
si tu bois du gin le soir, il faut lire 2 - (2) - 3 - 1
si tu manges le matin, il faut lire 3 - 1 - 2 - (2)
si tu manges le soir, il faut lire (2) - 1 - 2 - 3

Je pense qu'il est préférable de manger le soir en lisant ce texte. Mais c'est comme tu veux.

Ah, et si tu bois autre chose, ou que tu bois ou manges à une autre heure de la journée ou de la nuit, il faut tirer aux dés.

Voilà. Pardon je m'attendais pas à cette question et quand je n'ai pas prévu une question je panique :mrgreen: 


merci à vous deux.
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Re : Choses de janvier
« Réponse #4 le: 25 Mai 2010 à 11:13:00 »

Non, mais je demandais ça car je trouve qu'il y a certains lien entre les textes. Par exemple avec les oiseaux.
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

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Re : Choses de janvier
« Réponse #5 le: 25 Mai 2010 à 11:29:12 »
Citer
Je suis parti pour oublier les mensonges des étoiles.
je suis fan de cette phrase
Citer
Et quand, par une infernale mascarade de plumes et de cris, les oiseaux noirs d’une seule vague prirent le large, je les ai regardés sans comprendre et mon cœur les suivit au-delà des lumières du mensonge.
Beaucoup continuèrent leur chemin, et c’était un chemin affreux qui m’ouvrit les veines et leur chagrin me plaça en disposition amère sur l’échiquier bizarre de la ville silencieuse.
Je suis resté à l’enclos du goudron et des déjections que je croyais voir, et j’ai longtemps contemplé le vol nerveux des oiseaux.
c'est peut-être voulu mais y'a un peu trop de "et" à mon gout
Citer
il n’écoute pas, dans la brise étouffée, autre chose que ses fulgurances courtes et insatiables, et ne motive son voyage que la promesse d’un retour.
la fin m'a fait bizarre car j'ai lu "il ne motive son voyage que la promesse d'un retour"


Citer
Voilà. Pardon je m'attendais pas à cette question et quand je n'ai pas prévu une question je panique Mr Green  
XD j'ai adoré ta réponse si ça peut te rassurer  :mrgreen:


Alors sinon sur le texte... Le 1) bien écrit mais un peu vide, pas grand chose, dommage. Le 2) j'aime un peu mieux le thème, il est plus "plein", un peu trop de "et" à mon gout tout de même, et même si j'aime bien la description, au final... je ne sais pas trop ce que j'en tire  :-[ Le 3) est plus parlant, mais thème plus commun et du coup j'ai pas accroché plus qu'aux autres.
Au final, ben c'est toi qui l'a écrit donc c'est bien écrit (peut-être la fin du 3 un peu en dessous) par contre niveau sens c'est aps trop mon truc. Ca me donne l'impression d'un poème en prose qu'un prof de français nous obligerait à étudier, bien écrit, sans doute une foule de chose derrière, on sent que c'est bien, mais ça ne parvient malgré tout pas à nous amener bcp d'émotions, ou du moins pas d'émotions durables  :-[

Sinon c'est pas mal hein, j'aime bien les images et l'ambiance, mais je ne crois pas qu'elles me resteront.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Re : Choses de janvier
« Réponse #6 le: 27 Mai 2010 à 15:50:38 »
C'est sans doute l'un de tes textes que j'aime le plus ... il a la simplicité et la sobriété de la poésie moderne. j'aime particuliérement les débuts des trois textes (mention très spéciale pour celui du premier  :coeur:)

En fait, ca me rappelle une version d'anglais avec un homme qui errant dans le désert y avait trouvé une vieille maison en ruine... (je ne me souviens ni di titre ni de l'auteur :huhu:)
"You said I killed you - haunt me, then! The murdered do haunt their murderers, I believe. I know that ghosts have wandered on earth. Be with me always - take any form - drive me mad! only do not leave me in this abyss, wh
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Re : Choses de janvier
« Réponse #7 le: 27 Mai 2010 à 19:32:53 »
Citation de: Lial
Citer
Et quand, par une infernale mascarade de plumes et de cris, les oiseaux noirs d’une seule vague prirent le large, je les ai regardés sans comprendre et mon cœur les suivit au-delà des lumières du mensonge.
Beaucoup continuèrent leur chemin, et c’était un chemin affreux qui m’ouvrit les veines et leur chagrin me plaça en disposition amère sur l’échiquier bizarre de la ville silencieuse.
Je suis resté à l’enclos du goudron et des déjections que je croyais voir, et j’ai longtemps contemplé le vol nerveux des oiseaux.
c'est peut-être voulu mais y'a un peu trop de "et" à mon gout
oui un peu trop... je vais pas tarder à relire ça.


Ok. C'est vrai que l'errance c'est un thème assez "vide", ça tourne autour d'un certain manque, mais qui est pas identifié, et ça a pu rejaillir sur la lecture, genre "et au final... ?" Mais c'est assez difficile de voir comment je pourrais améliorer ça...

Merci d'avoir lu !



Cimer Caliban ! C'est cool d'avoir beaucoup de critiques tout ça, mais qu'au milieu il y ait un avis positif :mrgreen: c'est une bonne configuration.
Pour le texte que ça t'évoque, je sais pas du tout...
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Hors ligne Lester

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Re : Choses de janvier
« Réponse #8 le: 27 Mai 2010 à 19:42:56 »
Yo.

Tu as une plume de belle qualité, mais qui, au delà de la beauté de quelques phrases ou enchainements agréables, ne m'a pas transcendé. La poésie en prose est la plus exigeante, elle est pour moi la forme la plus difficile a maitriser: il faut que ça tonne véritablement, qu'on y trouve quelque chose de particulier, un rythme intérieur comme dans un poème en vers, des images qui choquent -au sens où elles obligent le lecteur a maintenir son attention. La complainte doit, par son coulis, l'entrainer dans une temporalité qui lui est propre. Je pense par exemple aux poèmes de Rimbaud.
Tout ça, je ne l'ai pas trouvé. Ce texte est, selon moi, plutôt de la prose poétique honnête, qu'un véritable poème en prose. Il faut que tu élagues les longueurs, enlève ce qui a déjà été vu et revu, donne un souffle au texte.

Bonne continuation.

Hors ligne Gros Lo

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Re : Choses de janvier
« Réponse #9 le: 27 Mai 2010 à 20:10:18 »

Je suis d'accord avec à peu près tout. Il faut que je les retravaille.
Merci de ton avis constructif !
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Re : Choses de janvier
« Réponse #10 le: 04 Octobre 2010 à 22:57:30 »


Hop, légère remontée puisque j'ai un peu révisé le texte. Coupé, taillé dans les clichés surtout. Mais il reste à redire...




1
Rues


Je suis parti pour oublier les mensonges des étoiles.
Il y avait partout des lueurs sur les berges et les fleuves n’en finissaient pas de se creuser des poumons sous les pylônes. Chemin irrésolu de l’homme aux moites – moites rancœurs – pulsions de chanvre et d’exil,
Guidé dans les rues, bien arrimé au fil
Des ténèbres morcelées
Je suis parti sans crainte, j’avais le cœur coupé.
Maintenant que le jour
Tombé
– ses muscles froissés –
Décadent
Sur tes paupières grêlées
Il ne me reste qu’un fantôme de nuit c’est assez, il me semble, pour les sentiers de l’envers, j’ai cherché d’autres eaux et la route était longue, et se perpétuait dans le vague.
L’esprit quatremuré et de la fumée plein la gorge, je cherchai où m’enfuir.



2
Oiseaux


Et quand, par une infernale mascarade de plumes et de cris, les oiseaux noirs d’une seule vague prirent le large, je les ai regardés sans comprendre mon pouls battait au-delà des lumières basses.
Beaucoup continuèrent leur chemin un chemin affreux, des dents s’imprimaient sur mes veines ; Dans les contours du goudron, marchant sur ces déjections qui poivrent les trottoirs, j’ai longtemps contemplé le vol nerveux des oiseaux.
La route était longue et n’avait rien de miséricordieux route de peine et de lumière je n’ai jamais su si elle m’avait menti mon cœur je ne le sentais plus.
Gardant en ses méandres incertains de larges tabulations pour mes pensées prises de cours
Je cherchai des yeux les oiseaux fuyant en nombre les villes leurs poussières hypnotiques.
Bientôt j’ai repris le misérable chemin qui conduit au fleuve, le temps toquait à mes os et montrait les dents je me dis qu’il n’y avait plus de pardon de ce côté.
Je finis sur le pont, étourdi de cette mauvaise clarté, esprits empestant la brume, un jour fumant se rappelait à leur souvenir, et si j’étais tombé dans le labyrinthe ? je le fus ?
Parce qu’il n’y avait plus de raison dans l’écho de mes pas j’errai sans une seule idée, des malaises rôdaient près des tertres, j’ai vainement regretté le vol oblique du grand oiseau de nuit.



3
Au fin fond des villes


Or le cœur des villes couve un élan irrévocable, celui des oiseaux qui là-haut passent par milliers, les oiseaux par milliers au-dessus des ténèbres. Il y a parfois, nichée au fond des longues métropoles au ventre flaccide… tremblantes et perdues dans les fumées, de grandes ailes de plomb… Une dernière âcreté dans la gorge au devant des routes qui s’ouvrent. Mangées de pleurs et d’extase… j’attends que le voyage m’emporte corps et biens. Au devant des routes sèches. Comme un lointain tonnerre qui se forme derrière les nuages et les pensées vagues. Il ne faut pas croire le fleuve allant par ses poussières d’amont en aval. L’errant prie dans ses torts, rêve bas au milieu de ses convulsives lignes de fuite.
Pour ce qu’il y a au fin fond des villes semblable à des reflets d’espoir. Celui qui se regarde et s’enferme, et bégaie de plaisir avant de s’éteindre. Tandis qu’au lointain percent les vérités mendiantes. Dans le silence il reste quelques oiseaux frémissants, étendus à terre ventre au ciel. Puisque tout est mensonge. Il n’y a rien à tirer des chemins noirs ; il n’y a pas eu de chemin. Les villes n’ont pas de chemin. Les villes n’ont pas de chemin. Retour aux puretés du voyage. Dans les ruines du jour, j’attends qu’un chemin se lève.



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Re : Choses de janvier
« Réponse #11 le: 30 Novembre 2010 à 00:10:19 »
Bon, bon, je ne suis pas vraiment en état de commenter (je me demande même ce que je fais sur le pc hum), mais je passe un petit up pour signaler les modifications car à priori y a certaines choses qui m'ont plu et d'autres (surtout le sens) qui m'ont moins emballé.

Cet avis va probablement changer mais j'aime pas et j'accroche pas au premier texte : Rues. En fait, sa lecture est très -trop- fluide, les sonorités sont bonnes, les images coulent...mais je ne saisis pas grand chose de l'ambiance. C'est assez flou et les mots semblent vides de contenance.

Oiseaux : je trouve chouette la moitié de la première phrase : "Et quand, par une infernale mascarade de plumes et de cris, les oiseaux noirs d’une seule vague prirent le large", on sent le mouvement. Et du coup, ça fait contradiction avec la seconde moitié qui semble figée sur l'émotion. Un paradoxe action/description qui me laisse sur ma faim.
J'ai l'impression que les émotions sont assez répétitives, même si c'est par moments fluides, mais les phrases dans ma tête se ressemblent. Enfin, y a rien de nouveau dans l'évolution du cadre, des sentiments etc

J'apprécie plus le troisième texte : Le fin fond des villes, pour son début original. Les images sont moins floues et sonnent à priori plus justes. Par contre, j'aime pas alors pas du tout la fin. M'a déçue.

A prendre avec des pincettes. Surtout que je change souvent de point de vue après la seconde lecture *_*.

Il se fait tard.


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Re : Choses de janvier
« Réponse #12 le: 30 Novembre 2010 à 18:29:33 »
je suis tombée dessus et les échos n'en finissent plus de me parcourir. je trouve les trois textes plein de correspondances ratées et de ligne de fuite de chemin où s'enfuir et oui ça me donne les fourmis aux pieds. je trouve la sémantique de l'errance et de la solitude égarée bien exploitée.   j'apprécie particulièrement
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pour les sentiers de l’envers, j’ai cherché d’autres eaux et la route était longue,
dans rues. et dans au fin fond des villes
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Il ne faut pas croire le fleuve allant par ses poussières d’amont en aval. L’errant prie dans ses torts, rêve bas au milieu de ses convulsives lignes de fuite.
sur la forme je comprends pas bien cette phrase dans rues
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– ses muscles froissés –
"Frères humains qui après nous vivez"   
                           
                           François VILLON

Hors ligne Nocturnal.Rose

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Re : Choses de janvier
« Réponse #13 le: 27 Décembre 2010 à 16:09:01 »
J'aime énormément. Ca fait longtemps que je n'ai pas lu quelque chose d'aussi beau.   :-[
Je n'ai pas de commentaires à faire dans l'instant, je viens seulement de le lire et j'ai juste envie de te féliciter, et de te remercier pour ces magnifiques couleurs que tu as fait naître dans mon esprit le temps de parcourir ces mots. Je suis très admirative pour le coup.

Je reviendrai sûrement pour un commentaire plus constructif quand je serai décidée à disséquer ces textes. Pour l'instant, je reste encore un peu dans ce superbe flou artistique...
-et croyez moi, je ne suis pas du genre à lancer des fleurs pour rien.  :P

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Re : Choses de janvier
« Réponse #14 le: 27 Décembre 2010 à 20:18:59 »

Ouh j'aurais pu passer plus tôt.

Merci Noc et Jemécorne d'avoir lu/commenté, et content que ça vous ait plu !

Plume, je ne sais pas bien comment corriger les problèmes que tu soulèves : images qui ne sonnent pas juste, flous, déception de la fin (là parce que tu m'as pas dit en quoi tu étais déçue ni ce que tu aurais attendu) ; t'as des exemples pour les faussetés et les flous ? En tout cas merci d'avoir pris la peine de longuement commenter ^^
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