Si vous êtes psychologiquement sensible voir dépressif et que la frontière fiction/réalité se brise facilement pour vous je vous déconseille de lire ce texte car il n'a pas encore été relu et corrigé, et que je ne suis pas psychologue de métier.
amorce du récit, première version :
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Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Suite :
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1. Emerger
Une heure, deux heures passèrent.
Les yeux rouges et gonflés, la respiration décidément haletante, les mouchoirs entassés au sol, Julie finissent par serrer les dents et étouffer un borborygme d’insultes envers elle-même, dans son oreiller.
Trouver un nouveau taf… trouver un nouveau taf… facile à dire. Comment procéder déjà ? Aller à pôle emploi ? Pfff… Moui c’est lent et peu efficace. Ces trous de balle allaient lui trouver un truc payé au lance-pierre et dévalorisant encore une fois.
En précisant la demande ? Mouais… elle voyait déjà le conseiller lui dire : « vous savez, un travail est un travail, on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie. Il faut se forcer un peu !
Une expérience ce n’est pas négligeable vu la conjoncture » et autre connerie habituelle !
Merde ! Trop de grossièreté et de méchanceté… elle pressentit le besoin de s’apaiser et respira un grand coup.
…
Et Margaux ?
…
Sa meilleure amie sans aucun doute : le temps et les passages à vide supportés sans faillir à ses côtés en sont témoins.
Qu’aurait dit Margaux ? Julie ferma les yeux et l’imagina : « Le tout c’est d’être patient et de s’accrocher fermement à ce que tu souhaites, ils sont obligés de te proposer tout ce qu’ils ont comme offre, alors tu ne gagneras rien à t’énerver.
Comme ça personne n’est vexé ou énervé et l’entretien se passe bien. »
Elle s’imagina son sourire bienveillant et sa voix douce et posée, cette pensée calma un peu ses sanglots. Le monde n’était pas si pourri, Margaux restait un modèle de bienveillance et un moteur inébranlable à ses yeux.
OK ! Elle réfléchit. Donc : bien choisir les mots clés pour trouver un job qui lui convient, se montrer motivée, bien préciser « je suis mobile » et « je ne suis pas manuelle, je n’ai pas une condition physique qui me permette de faire des grosses journées épuisantes. Par contre, je ne m’effraie pas de m’occuper de tâches administratives ».
Raaah non, mais plier d’avance que ces putains de conseiller allaient lui rétorquer qu’elle était exigeante !!! Les larmes lui revinrent en masse et elle étouffa un nouveau gros sanglot.
« Pas une dépression » mon cul oui ! Je la paye cher pour des mensonges cette connasse !
Elle prit à nouveau conscience de la méchanceté de ses paroles. Et se maudit elle-même.
Elle se demandait comment sortir de cette boucle infernale où elle se dépréciait et elle dépréciait les autres, comment lever ce voile noir devant ses yeux et dans son esprit.
Et ses yeux allèrent naturellement se poser sur la commode dans laquelle était rangé une boite d’antidépresseurs et une d’anxiolytiques puissants.
« En cas d’urgence, c’est bien compris ? Si vous n’arrivez pas à sortir d’une passe de colère ou de tristesse intense dont vous n’arrivez pas à vous sortir, ou s’il vous passe des pensées suicidaires dans la tête. »
Tristesse intense oui, colère oui, suicide… non quand même pas.
Mais trois sur deux c’est suffisant non ? Allez va pour les cachetons.
Julie n’éprouvait aucun plaisir à se médicamenter ainsi, certes cela peut paraitre séduisant à des ados en manque de sensations fortes. Mais les antidépresseurs, ça calme certes sur le moment, mais ça pose beaucoup de petits problèmes ensuite.
Déjà ça la rendait boulimique, et elle n’aimait pas ça. Ensuite ça met beaucoup de temps avant d’être efficace, 3 semaines si elle avait de la chance !
Et enfin, ceux-là c’était des sédatifs, pas des stimulants.
Alors passé l’inconvénient de devoir expliquer aux gens que : non, elle n’était pas complètement shootée. Ça endort énormément, vous pouvez quasiment dire adieu à tout ce que vous avez en cours, parce que la concentration et la motivation focalisée se font la malle. Mais genre loin ! À l’autre bout du globe certainement. Se prendre des vacances sur une île paradisiaque très probablement.
Tout ça pour un peu d’euphorie et un arrêt de travail, Julie avait cessé de trouver ça cool depuis un moment déjà. Elle avait, depuis, honte d’avoir à s’expliquer, et d’avoir ensuite à expliquer les effets à des curieux, c’est la suite logique en général.
De plus, elle n’aimait pas particulièrement régresser au stade larvaire.
Et en plus vu l’amour des recruteurs actuels pour le « dynamisme » : mot qui doit figurer parmi les plus martelés, avec leurs copains « qualité » et « qualitatif» et « conv’ call » aussi maintenant.
Accompagnés par leurs copains « travail », « sacrifices » si on remontait dans la sphère politique. Les bons vieux poncifs évidemment ! Un calvaire pour Julie qui ne s’en sentait pas capable, juste en projetant ce que ça représentait.
Mais bon, elle n’avait pas à se préoccuper de ça maintenant, et oui 3 semaines pour agir ça lui laissait assez de champs si elle se dépêchait.
…
Ou alors…
…
Ou alors … pourquoi pas… Changer de cap ? Reconsidérer la voie qu’elle avait choisie jusqu’à maintenant.
…
Les robes ?
…
Elle était certaine de pouvoir en faire un métier, elle avait le talent, on lui avait suffisamment dit dans sa vie.
Par contre Il faudrait arracher un diplôme, ou au moins une formation… mais… était-ce vraiment une barrière.
Julie se releva brusquement, galvanisée, elle sentit sa tête tourner et senti une violente douleur à son estomac qui la plia en deux.
Ses oreilles sifflèrent dans les aigus, puis les graves, puis le son s’étouffa progressivement.
Elle dut se prostrer un moment plier en deux et respira profondément pour que ça passe.
À force de se forcer à bien respirer, elle finit par se sentir mieux et put se redresser.
En réalité, c’était des douleurs non pas à l’estomac, mais aux intestins d’après le gastroentérologue : anxiété mal assumée et manque de communication.
Ah oui ils se complétaient bien avec sa psychologue étrangement, Julie ne l’aurait pas cru si elle ne les avait pas vu en même temps et arriver à la même conclusion...
Bah chacun son métier quoi, s’il le disait ça devait être vrai. Tout ce qu’elle savait elle c’est que ça faisait un mal de chien !
Hmm… ah oui les robes !
Le problème était qu’elle ne pensait pas pouvoir se mettre la pression nécessaire pour arriver au bout. Elle fit une petite recherche sur son ordinateur et vit qu’effectivement la fac était un projet qui se tentait : elle n’aurait pas problème de finances à priori, et elle était suffisamment jeune et motivée par l’art pour y entrer sans difficulté.
Mais…
Il fallait déjà finir une robe ! Pour se prouver à elle-même qu’elle en était encore capable.
Pour Margaux ! Ça lui ferait plaisir ! Son gabarit était simple à travailler en plus !
Puis elle pourrait l’envoyer dans son dossier de motivation, une image vaut mille mots non ?
Petit à petit elle sentit ses forces revenir, et ses sanglots s’estomper.
Puis, une notification attira son œil, 3 mails : 3 destinataires : Psy, Patron et Maman.
Ah … oui forcément…
Elle envoya rapidement un : « ne t’inquiète pas je vais bien je t’appelle ce soir » à sa mère et réfléchi.
Fallait-il appeler sa psy ? Peut-être oui, un point semblait s’imposer sur sa vie et son état.
Mais cette histoire de robe l’avait galvanisé… tout de suite elle avait envie de démarrer le patron et de réfléchir au design. Mais était-ce bien pour elle ? N’allait-elle pas s’enfoncer plus avant dans la dépression si elle ratait son œuvre ?
2. Trouver un support
« Allo ? »« Margaux ??»
« Oui, mais je dois bientôt devoir retourner à mon poste, qui est-ce ? »
« C'est le grand méchant loup, parce que tu bosses toi ? Première nouvelle ça tient»
« Hé ho il se calme le grand méchant Loup ! Il veut que je sorte la chevrotine ! »
« Pour ça ma grande, faut viser juste … aux dernières nouvelles ton ratio frôle le néant, et c'est que des jeux vidéo ! je suis pas sûr que tu armes aussi bien et aussi que Sam Fisher »« Et je suis certainement pas aussi sexy, bon ma grosse qu'est-ce que tu veux. À part me dévaloriser encore une fois »
« Oh ! mon pauvre chou à la crème »« Ah bah ça ! C'est pas nouveau »« Mouais, j'te crois pas ! Un ciné ce soir ? »
« Hmm… attend je réfléchis… »
« … »
« Y'a que de la merde en ce moment »
« Je sais je sais, mais j'en peux plus là ! Faut que je sorte et que je voie autre chose. Tant pis on ratera le chef-d'œuvre du siècle en faveur du réal qui tâtonne du moment »
« Vendu ! »
« … »
« Dis voir Julie, tu t’es levée ce matin ? »
« … »
« Bon t’inquiète, on en parle ce soir, je sors à 18h du coup, on se retrouve au centre-ville dac’ ? »
« Dac’ !»
« À tout ! »
Julie relâcha d’un coup la boule dans son ventre, elle n’avait pas envie de se victimiser en principe, mais bon, se cacher de Margaux … d’avance elle savait que c’était perdu.
Bon, c’était bien comme plan de soirée ! Vraiment cool !
18h ? Ça laisse juste le temps de s’occuper de ce trou à rat fumeux.
Julie se leva, trop vite visiblement, elle s’assit en sentant sa tête tourner. Ouche ! Le ventre ! Enfin… l’intestin d’après le gastroentérologue… mouais chacun son métier, tout ce qui l’importait pour sa part était de calmer cette douleur qui la pliait en deux.
Et de calmer ses sanglots encore une fois
Inspiration
Expiration
Inspiration
Putain ! On allait la croire défoncée encore une fois. Enfin bon elle s’en foutait un peu … au bout d’un moment il ne valait mieux pas pour elle de faire trop attention à ce que disent les gens.
Elle était fermement convaincue qu’il fallait envoyer bouler les gens moralisateurs qui ne font pas partie de son cercle intime. Vu les défauts des gens de son entourage et comme les gens ont tendance à juger à travers un prisme réduit, les gens trop empathiques se font bouffer.
C’est une vision de la vie triste, mais assez universelle. Et Margaux le confirmais, trop douce, trop gentil, elle passait parfois à tort au second plan.
Elle rumina tout ça en fourrant dans la machine l’espèce de fatras de tissu, qui d’ailleurs aurait pu largement mériter l’étiquette « danger biologique ».
Ce n’était d’ailleurs pas très cool, pensa-t-elle, de se tourner systématiquement vers elle lorsque ça n’allait pas.
Elle passa l’aspirateur et ramassa au passage des miettes qui devaient dater de la semaine dernière, si ce n’est plus.
Mais bon une amitié de longue date c’est précieux justement dans ce genre de situation. Et puis elle ne lui parlait pas qu’en cas de voile noir sur sa vie non plus.
Elle se rendit compte qu’elle cherchait à se déculpabiliser, et chercha de vieux souvenirs de joie partagée. Cela la fit enfin sourire.
Elle mit à tremper dans l’eau chaude un tas de vaisselle qui… Hmmm non difficile de trouver une image à la hauteur de ce qui trainait sur sa table. Puis elle s’arrêta pour se plier en deux sur le sol de la cuisine, vomir ses tripes.
Ah bordel de merde !!! Ça faisait fait un mal de chien ! Julie resta un moment prostrée, à sangloter… encore une fois.
…
Elle resta à trembler pendant un moment.
…
Des acouphènes se firent entendre dans son oreille. Merde… l’anxiété probablement.
…
Il fallait se détendre d’urgence. Le ciné allait évidemment l’aider, mais il fallait aussi que la journée se passe.
Comment ? En allant se promener ? Pas toute seule c’est trop triste… La PlayStation ne lui faisait pas envie non plus.
Regarder YouTube ? La Télé ? Réorganiser son appart ? Coudre un truc qui lui fasse plaisir ?
…
Elle se dit qu’il lui fallait quelque chose qui n’accapare pas son cerveau vu comme elle était faible.
Alors va pour YouTube, il n’y aurait rien à la télé à cette heure-ci.
Ah ! 3 mails : 3 destinataires : psy, maman et patron.
Bah oui forcément…
Elle envoya un rapide « je vais bien ne t’en fait pas, je t’appelle ce soir sans faute bisous » à sa mère et réfléchi.
Par curiosité elle ouvrit le mail de son patron.
« Bonjour Julie.
Je suis étonné de ne pas t’avoir vu ce matin.
Comme tu ne répondais pas au téléphone, je me suis inquiété et j’ai pris la décision d’appeler tes parents.
Donne des nouvelles s’il te plait, je sais que tu as des difficultés de santé et je ne désire pas que cela s’empire. Je suis ouvert à la discussion, passe à mon bureau à n’importe quel moment.
Par contre fait le avant ce soir sinon je vais devoir rappeler ta mère voir la police, tu me mets dans une position délicate.
Espérant des nouvelles rapides.
Bien cordialement, Gérard »
Julie resta scotchée sur son lit médusé.
Pas de licenciement ?
Ça valait peut-être le coup de passer au bureau du coup ? Après avoir demandé un mot à la psy.
Mais elle n’était pas sure d’en avoir la force… Le cinéma dans l’immédiat la séduisait bien plus.
…
Elle réfléchit : son patron avait tout de même tendance à transmettre beaucoup d’anxiété à ses employés. Ce n’était pas son avis propre, beaucoup de ses collègues se sentait sous pression.
Oh bien sûr il était professionnel : il payait correctement et il était à l’écoute dans les situations de crises.
Mais il supportait mal d’être contredit ou d’avoir tort, et ne supportais pas le retard. Et cette ambiance de travail ne convenait pas à grand monde.
Puis il était livré avec le discours cliché en plus : « Il faut savoir prendre sa vie en main et se sortir les doigts du *** pour réussir, le travail ne vous attendra pas » et « On a énormément d’aides en France quand même, ils sont moins patients dans la plupart des pays, ça pousse les gens à travailler et la société se porte mieux ».
Bref l’archétype parfait du PDG quoi. Quoique certains sont plus ouverts au débat.
En y repensant Julie se dit qu’elle ne ferait surement pas mieux à son poste… mais que bon : c’était son boulot à temps plein à lui. Et que de mémoire il n’avait jamais fait aucun effort pour améliorer ça.
Bref, elle ne voulait pas subir la morale qui allait inévitablement arriver… Ou peut-être pas.
Car il avait cette fois fait preuve de Tolérance. Pour une raison qui lui échappait, avait-il pris conscience de la fragilité/sensibilité des gens avec cet énième retard ?
Avait-il discuté avec l’un de ses collègues ?
Impossible à savoir sans y aller…
3. Discuter avec une amie
"Il faut que tu retrouves ton ipséité, je pense"
"Qué ??"
Julie parlais enfin de ses tracas. Elle était avec son amie, dans un café un peu miteux, juste à la sortie du cinéma ce qui apparemment, donnait le droit de ne pas faire le minimum requis de ménage.
Le film avait été d’une nullité prévue, mais au moins elles en avaient profité pour s’échanger des mots drôles, sérieux, des dessins… la routine amicale habituelle. Celle qui rends le sourire.
"Hmmm, bah je suis pas ton psy hein, mais vu que tu me dis que ça t'aide pas... pour moi tu es en perte d'ipséité."
"Non, mais je parle pas encore latin tu sais, j'ai un peu abandonné depuis le lycée"
" Oh ! Pardon !"
Margaux parti dans un rire fin et léger dont seule elle avait le secret
"Heu oui pardon j'ai l'habitude de travailler avec des metteurs en scène et des artistes en général, du coup je pars du principe que tu sais"
Ce genre de remarques était du genre qui fait fuir beaucoup de gens, mais pas Julie, car elle savait que ce n'était pas de l'élitisme ou de l'arrogance, mais bel et bien une habitude de travail.
"En plus tu es pile dans le thème d'un spectacle pour lequel j'aide et qui envoie du pâté !! triple portion pour gros toutou"
Elle réfléchit un instant et fit : "Puis à vrai dire tu le saurais si tu écoutais du Damso. Moi je te le conseil pas je trouve ça bof le message de fond. Mais il m’a appris un mot ! Et chacun son truc après tout, je ne vais pas forcer la main des gens je suis pas un dictateur. Et pis, je suis pas dans ton esprit !’’
Voilà... pas d'élitisme à priori chez Margaux
"En fait pour moi, tu as complètement laissé ta personnalité se faire engloutir par des gens à la psychologie de taureaux.
Le genre qui t'explique comment faire dans les moindres détails pose les deadlines et qui ensuite te dévalorise et te déprécie. Mais tu n'a pas à te faire bouffer comme ça, ce n'est pas normal.
La société moderne favorise ce genre de comportements, car les plus productifs sont les mieux récompensés, mais on ne voit pas souvent la partie immergée de l'iceberg.
Il est très dur d'allier quantité et qualité, ceux qui y arrivent doivent faire très attention, car c'est là qu'apparaissent les bons vieux requins, les bons vieux managers qui sortent d'école de commerce et qui vont littéralement t'abreuver de leurs discours positifs et de leurs méthodes pour sortir le plus de "quanti" "propals" et "concepts" jusqu'à ce que tu satures littéralement.
Mais au final faut pas trop les écouter car il y aura toujours un fossé entre tes attentes et la réalité… alors imagine le fossé entre leurs" elle réfléchit un instant et opta pour le mot :
"Fantasmes " avant de rire à nouveau "et ce dont tu es réellement capable, et qui te fais plaisir surtout !
Jusque-là tu me suis ?"
‘’Ouais ouais, tu pars loin comm’ d’hab’ mais je vois. Oublie pas trop que je suis terre à terre aussi hein’’
Margaux explosa de rire sur cette constatation, et Julie pensa que c’était une vraie bonne amie pour ça, pas de jugement, pas de colère, juste un rire.
‘’Non mais … c’est n'est pas une question d’être terre à terre, d’abord tu n’es pas si terre à terre que ça sinon tu ne broderais pas !’’
Julie fronça les sourcils, perplexe.
Son amie repris.
‘’Tu ne créerais rien d’original, si tu te contentais de considérations financières ou matérielles, ou de suivre les codes classiques, tu sais aller dans le « off-Main Stream » ne t’inquiète pas pour ça.
Bon, je suis pas en train de réinventer la pensée moderne hein, ça a été théorisé tout ça
Dans notre spectacle, on l’aborde sous la forme de prismes : "
Margaux sortit un feutre et commença à dessiner des prismes et des bonhommes bâtons sur la nappe en papier, elle semblait se concentrer pour ça ce qui fit rire son amie’’
" Quelle est le prisme qui t’intéresse le plus toi ? Finance/Argent ? Valeurs et Principe ? Passions et Idéaux ? Vérité et Rigueur ? Je pense savoir moi ! Parce-que je te connais et je connais ton passée et tes choix de vie. Mais le problème c’est que ces prisme"
Elle dessina des flèches et des croix un peu partout
"Sont incompatibles ! "
Julie désigna un peu penaude le prisme Passion/Idéaux et son amie ria de plus belle
"Bingo ! Et j’imagine que comme tu n’imposes pas suffisamment ton point de vu, et que tu ne triche jamais, Bah tu joues pas dans la même catégorie que les autres ! Alors forcément tu perds…
Bon j’affirme beaucoup de choses-là. Je veux pas paraitre prétentieuses hein ! mais j’ai tellement bossé dessus dernièrement, et avec mon ressenti personnel de vie ça a fait comme une illumination.
Depuis je suis trop à fond ! "
Margaux repartit dans un rire et cette fois Julie pensa que décidément elle aimait à peu près tout chez son amie, odeur, posture, façon de s’exprimer.
À ce moment précis Margaux semblait fouiller ses penser et remuais son café pour la énième fois sans y accorder une once d'attention, il débordait et devait être froid. Ça aussi ça faisait rire Julie. Et sa posture quasiment étalée sur la table, son grand sourire fatigué, comme si elle souriait pour les autres, par réflexe. Mais quand un sourire naturel émergeait, c'était un grand moment.
Elle se demanda si par le fait ça n’influençait pas son jugement. Elle se dit que évidemment, si, mais pas grave il valait mieux avoir Margaux comme modèle que son boss par exemple, et qu’elle était assez grande pour corriger et affiner son propre jugement.
Comme son amie était en train de lui expliquer… justement !
"Mais, en fait, si je dois te résumer les choses, on a construit notre spectacle sur une idée que tu entre toujours en conflit avec les gens car les enjeux sont différents. Et figure-toi que même pour des trucs mal payés ou du bénévolat, les gens te mettent la pression quand même !!
Et globalement s’engeulent quoi qu’il arrive, mais faut pas que ça te paralyse surtout !
Va faire un tour sur les jeux en ligne ou les forums tu vas t'en rendre compte."
‘’Je suis perdu, à nouveau’’ Dit Julie
Retour du rire à la Margaux
‘’OK je vais essayer de résumer sans me laisser emporter, mon projet m’excite beaucoup désolé… bah tient justement l’équipe marketing m’a sorti qu’il était pas ‘’dans l’ère du temps’’ tu vois t’es pas la seule !’’
Margaux regarda Julie une dernière fois et sembla lire l'incompréhension, encore une fois, dans son visage. En fait Julie avait en parti compris mais son amie avait quand même finie par la noyer.
Elle ajouta donc : "OK J'ai trop parlé comme d'hab’ "
Belle clairvoyance.
Julie acquiesça donc.
"Bref... trouve TA discipline de vie, tes routines, tes outils à toi. Ce n’est pas forcément facile, mais en t’accrochant tu y arriveras ne t'inquiète pas.’’
Il y eu alors un dernier sourire et soupir mutuel et un
« C’est la vie »
De concert.
Et elles partirent enfin du café, laissant un serveur perplexe se demander pourquoi il y avait une sorte de schéma étrange sur sa nappe.