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Auteur Sujet: Un pièce sur le trottoir  (Lu 1130 fois)

Hors ligne Passagepoeme

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Un pièce sur le trottoir
« le: 05 Janvier 2019 à 14:27:59 »
Take it As It Comes

Je suis accoudé au bar en regardant cette scène agréable. Paul Aaron est assis droit comme un I dans un canapé en cuir Roche Bobois des années 70. Tout le monde raconte qu'il a tué sa grand-mère adroitement. L’astuce fiscale aura été la structure off-shore pour éviter des droits de successions. Ce qui lui permet de bouffer des blinis de foie gras poêlé aux figues… Paul fait tinter légèrement son verre contre celui d’un gars de Strate Street Corporation et ajuste légèrement la position de ses lunettes Versace.

Jess danse sur la piste sur le son de Beyoncé - clip « Sorry ». Et se jette dans les bras du premier venu en guise d’adieu. Oui parce que Jess a vu grand pour son départ en Californie. Elle a convié notre ancienne promo, ses collègues de chez Nespresso, probablement quelques amis Facebook disparus de son wall. Mais j’imagine que la plupart d'entre eux sont venus pour boire à l’œil — Jess a négocié 20% sur toutes les boissons à l’exception du Champagne mais Jess a acheté cinq caisses de Champagne — que le Strock a accepté de servir. Pour 1.570€. Donc les bons plans à Paris, ça ne se refuse pas.

Notamment la cerise sur le gâteau. Il est plus facile de rentrer accompagné dans une soirée organisée. Question d’introduction - « Tu connais Jess depuis combien de temps ? » Encore faut-il que la combinaison : Morphologie - Prestance - Conversation, ne soit pas soumise à la loi du hasard des machines à sous. Ce qui n’est totalement juste sur les rencontres Tinder. Mais Jess à l’air contente. Et Jess va nous manquer. A Tim, Vincent et à moi. Surtout Vincent. Mais il a fait le choix de rester en France. Pourtant, ils se sont rencontrés au collège. Habitent ensemble depuis sept ans. Voyagent en Corse tous les étés. Déjeunent avec les beaux-parents le dimanche. Partagent la même voiture. S’habillent chez... The Kooples. Bref, je pensais qu'ils s'aimaient bien. Et puis Jess a trouvé un poste d’attachée de presse dans une agence de communication à Bakersfield. Où, à priori, « Elle ne passerait pas ses journées à faire des relances téléphoniques pour 1900€ par mois ». Oui car Jess est diplômée d’un master de l’EFAP Paris depuis trois ans (je ne l’ai pas obtenu pour ma part). Et Jess estime qu’elle serait plus douée que sa supérieure, qui soit disant passant, applaudi ses quinze ans de boîte révolu ce mois-ci. 

A croire que le French Dream n’existe pas. A formation équivalente et poste identique dans la même boite — en France — un stagiaire peut avoir un écart de rémunération de 400 euros. On penserait presque que le coût de tes années d’étude détermine ta prochaine CSP. Car c’est le même principe dans la vie active, même si tu gravis le mont Méritocratique, t’auras toujours du retard face à Monsieur HEC, sans doute un peu moins que Dame HEC. Donc, si tes parents n’ont pas de résidence secondaire à Mégève, tu peux déjà te dire que tu n’en n’auras pas non plus. 

Une femme assez fade vient de me précéder en bafouant « un spritz s’il vous plait, un spritch ! ». J’attrape les brides de sa jolie salopette Max Mara en lui soufflant à l’oreille que Marc Guichou _ Le tueur de blondes chics _ aurait pu devenir marteau avec ce genre de comportement. Elle me regarde tout sourire « Ah désolée, tu veux m’offrir un verre, c’est ça ? ». La proposition est satisfaisante mais je préfère saisir les rênes " Aurais-tu le sida ? ".

Je me préoccupe toujours des sept milles contaminations annuelles en France. Terminé le temps des orgies au Club Med où seuls les morbacks te foutaient les jetons. Place à la peur. L'angoisse systématique et potentiellement mortelle du lendemain arrosé. Alors, je préfère bien évidement suggérer l’hypothèse avant d’agiter la nuit avec cette belle créature.

— Je ne sais pas, on pourrait peut-être vérifier Batman, qu’en dis-tu ? Me demande la blonde aux reflets auburn.

M'apercevant à sa bouille inconsciente qu'il s'agit bien d'une blague incongrue, je lui rends la pareille avec un sourire à l'envers et me rends compte, pour je ne sais quelles raisons, que des olives vertes enroulées de tranches fines de jambon de Bayonne m'attendent à l'autre bout de la salle. Dans notre carré VIP. Je traverse la foule en me demandant pourquoi je n'ai toujours pas acheté ces fameuses baskets Adidas anti tâches de bière…

Tim attrape soudainement mon épaule en me criant à l'oreille "Black Panther est immortel mon pote !" en buvant du Champagne au goulot. Les extravagances des non-boursiers surgissent parfois avec une trace ou deux, faut croire. Mais Tim ne manque pas de mérite. Bon auditeur de Culture Touch et On n’est pas Couché, même si il n'a toujours pas avalé le remplacement de Christine Angot par la TF1's Jurassique Park Media Aventure. C’est aussi le genre de mec à croire que Lacoste ne rattrapera jamais Ralph Lauren. Et faut l'avouer, le crocodile fait moins rêver que le Frison. Ou le pur-sang arabe, je ne sais plus trop. 

Je m’assieds enfin dans notre BOX VIP. Un mirador plutôt confortable.

— Mon Dieu Tim mais tu vas gerber ! Dis Vincent.

— Ta ruche. J’ai mangé trop de cacahouètes. Gémit Tim.

— Tu veux un café salé ? Demande Jess.

— Tu sais qu’on trouve quatorze sortes d’urines différentes sur les cacahouètes de bar, Tim ? Pour peu que y’en ait un qui se tape la jaunisse tu peux commencer à te faire de la bile mec. Je dis. 

— T’es vraiment dégueulasse Tim. Dit Vincent. Et tu t’étonnes que t’en ai à 10 mois d’abstinence…

Tim atrape sa gorge.

— Hey Tim, les WC c’est par là. Fais-je en montrant la direction. 

— Pourquoi tu dis WC ? Me demande Vincent. C’est has-been, t’aurais pas pu dire chiotte ou toilette, cabinet d’aisance, petit coin ou trône, sanitaire ? 

— C’est dingue le nombre de mots que tu peux employer pour désigner un lieu où tu vas pisser. Je suis sûr que le mec qui dit « Où sont les sanitaires ? » ajoute un « Je vous prie » à la fin de sa phrase. Ou celui qui dit « Je vais au petit coin » est à moitié pédé. Dis-je. 

— Hey les gars, je crois que Tim s’est vomis dessus. Fait Jess en le montrant du doigts.

Pour ma part, j'ai quitté mon job suite à l'annonce de ma responsable "Nous avons le plaisir de vous annoncer que votre promotion est planifiée, vous devez faire vos preuves pendant un an, avant d'avoir le tire de « Responsable » et ainsi prétendre à 6% d'augmentation" (soit 80 euros BRUT par mois). Donc j'ai eu le plaisir d'annoncer mon introduction imminente chez Pôle Emploi, où je devrais faire mes preuves pendant deux ans et ainsi prétendre à 20% de sommeil supplémentaire, 48% de culture littéraire et un sacré pourcentage dédié à Netflix.

Vincent pianote sur son mobile.

— A qui envoies-tu des messages à deux heures du mat ? Dit Jess.

— A Paul Aaron pour lui demander des nouvelles de sa grand-mère. Réponds Vincent.

Jess s'est énervée. Je me suis donc préparé à ce qui allait probablement se passer. Vincent a rigolé. Jess s'est cassée en lui demandant de ne pas gâcher sa fête de départ. Vincent a levé son pouce. Je scrute la foule. Vincent aussi. Cinq minutes ont suffit pour que Paul alias Yves Saint Laurent pointe le bout de son nez.

— L'estimation, Vincent. L'estimation... Dit Paul en portant sa flûte de champagne aux lèvres.

On se regarde avec Vincent sans franchement comprendre. Paul porte un smoking à boutonnage simple et à col châle en satin avec un pantalon taille basse agrémenté de pines sur le devant. Il semble détendu avec une assurance parfaitement déplacée.

— Ne pas sous-estimer ou sur-estimer un appartement suite au décès du propriétaire. Tu sous-estimes, on te rattrapera sur l'ISF. Tu sur-estimes, tu paieras des plus-values affreusement déconcertantes sur les droits de succession. Conclusion, le marché de la mort est une formidable bourse pour l'Etat, encore faut-il connaître certaines astuces pour éviter la levée de fond.

— Merci pour la leçon professeur Paul. Dit Vincent en se levant. Je pense que je vais avoir une heure de colle sur mon carnet de liaison, tu sais pourquoi ?

Je me marre discrètement, cela va de soit.

— Je ne l'ai pas tuée. Affirme Paul, j’ai abrégé ses...

Et Paul Aaron fût... Uppercut de Vincent. Léger coup de pied dans les couilles me concernant.  Tim dépose un peu de vomis sur ses cheveux. Ça n’a pas trop tarder. On se fait violemment tirer les manches par des grands blacks de la sécurité.




Au suivant !


Ma Mignonne est en train de ronfler. Sa cuisse est vulgairement posée sur mes jambes, son bras sur mon ventre gonflé. Ce qu'il m'a plus chez elle, c'est sa manière de me dire "Je suis Youtubeuse Beauté". Je l'ai rencontrée hier soir, dans le bar "Le Platinium" dans le 17ème. Juste à côté du Stroke. Elle fêtait un "EVJ" avec ses copines. Je me souviens avoir présenté mes excuses à la nana en question. Et Mignonne m'a dit "Mais non, c'est un Enterrement de Vie de Jeune Fille ! Un E.V.J. pas une IVG !" Et comme elle s'est marrée (alors que je pensais franchement que la nana venait se faire avorter), je l'ai eue dans la poche. Je ne vois pas d'autres explications. Et Mignonne ou, Dame EVJ se trouve dans mon lit actuellement. Oui parce que « Un EVJ, c'est avant le mariage ! ». Et donc avant le mariage, il y a l’IVS, l’Inévitable Vagin Spleen. Autrement dit...

Du coup, je suis en train de me dire que je contribuerai peut-être à battre le record des 210 149 avortements déclarés en 2016. Comment se protéger à deux grammes, dîtes moi ? Je suis donc allé chercher la pilule du lendemain dans la pharmacie en face de la colloc’. "Bonjour, je voudrais la pilule du lendemain" - "A quand remonte le rapport ?" Me demande la pharmacienne. "Ben là, y'a une vingtaine de minutes." Je dis. "Avez-vous pris votre douche ?" Elle dit. "Je vous demande pardon ?" Je réponds. Et elle étouffe son rire derrière sa main droite. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Peut-être le fait que je porte des tongs avec un peignoir Max Mara. Et que, effectivement, je n'ai pas pris de douche.

La pharmacienne scanne la boite NorLevo et me propose un test VIH. 

— Vous en aurez besoin. M'dit-elle.

— Sans façon. Je dis.

— Vraiment ? Vous n'êtes pas angoissé à l'idée de contaminer potentiellement, des dizaines de femmes ?

— Il n'y a pas eu de pénétration anal donc y'a peu de risque que cela se produise. Je réponds.

La pharmacienne baisse les yeux. D'ailleurs je m'interroge. Comment a t-elle pu deviner que je ne suis pas en couple pour me proposer un test VIH en même temps que la pilule du lendemain ?

Remplace ma Mignonne par une rousse catholique fidèle par exemple, celle-ci sera probablement atteinte du syndrome « mon horloge biologique m’empêche de prendre la pilule », et bien je peux t’assurer qu’elle CROQUERA son yaourt Bio tous les matins. AINSI, tu peux être fidèle et en couple, te protéger en cas d’extras et te procurer une contraception d’urgence. Je n’aime pas cette pharmacienne et ni son uniforme blanc cassé. Et j’imagine que je n’ai pas toute ma place encore dans ton coeur non plus.

— Vous le voulez oui ou non ? M’dit la pharmacienne.

— Et je me demande aussi M’dame… comment pouvez-vous me proposer un test VIH à 28 euros sachant pertinemment qu'il fonctionne uniquement trois mois après le rapport à risque.

Elle repose le test dans le rayon. Et invite le prochain client à s'approcher de la caisse.

— Non mais M’dame, j’ai vraiment besoin d’explications, je me sens vraiment pas bien là. Je lui dit.

Elle saisit l’ordonnance d’un gars en mal de vivre. Peut-être la grippe. Il a le teint pâle et de la buée sur ses lunettes bleues Afflelou. Porte une écharpe grise avec une broderie « L’écharpé belle » de chez Monoprix et un cachemire Eric Bompard beige crème. 

— Bon, vous allez me dire comment vous avez deviné que j'étais célibataire et pourquoi vous me proposez un produit qui ne peut pas fonctionner ? Je réitère. 

— Monsieur, si j’étais Sauron du Seigneur des Anneaux ça se serait. Elle dit, en cherchant des médicaments dans les rayons. 

— Oui... alors autant j’aurais pu me résoudre à comprendre le coup du test VIH mais alors ce que vous venez de dire, ÇA JAMAIS !

— Bon Monsieur, vous avez été servi, je vous prie de quitter les lieux et de me laisser travailler.  Au suivant ! Elle dit. 

Je me gratte le menton un moment. 

— Mais Sauron n’a jamais eu des dons de prédilection. Dit l’autre client en en mal de vivre.

Je le montre du doigt la bouche grande ouverte en matant la pharmacienne. 

— Au SUIVANT. Elle dit, en regardant une cliente les bras garnis de produits. Des pansements Compeed, un antipelliculaire Bioderma, une solution nettoyante Bioderma, des tampons a.b (que je peux comprendre suite à l’augmentation du nombre de chocs toxiques _ de 20 en 2014 à 18 en 2016), un masque nutrition Karité, un soin tonifiant Age Fitness Homme Biotherm, une boîte XLS Minceur et une crème hydratante Rogé Cavaillès. 

La santé, c'est du business. Les Français ne culpabilisent pas en se procurant des produits OTC (les produits non remboursés - Over The Counter) puisque c'est pour leur santé. Et que la santé, ça n’a pas de prix. Ils ne réfléchissent pas au coût et ne le critiquent jamais. Et pourtant... la baisse du remboursement des produits remboursés a déclenché l'émergence des produits OTC pour étirer les marges. On voit même de la bouffe sans gluten dans les rayons de supermarché pharmaceutique. Tout est orchestré par des centrales d'achat pour mutualiser les coûts et stocker la marchandise. Pas étonnant que tu ne puisses plus avoir ton médoc' le jour même. Mais on est vraiment. Tous ravis d'avoir trente pharmacies dans notre arrondissement. Et pour donner un coup de chalumeau sur la crème brulée, les pharmacies envahissent l'espace digital pour vous donner envie de bouffer des huiles essentielles, faire une cure de magnésium car "ça fait toujours du bien" même si tu n'en as pas besoin ou pour vous faire penser « Doliprane » les lendemains de cuite. Les antibiotiques c'est pas automatique, prenez plutôt le réflexe anti-physiologique.

Mais tout compte fait, j'aurais peut-être dû prendre ce foutu test VIH. Car j'ai largement dépassé le délai des trois mois. Mais pour le reste, on sera tous d’accord pour dire que je ne suis pas la réincarnation de Frodo Bessac mais que cette connasse n’a tout simplement, pas vu mon anneau.

— Au suivant !



La colloc’

Le carrelage de la collocation est vite devenu une grille de mot croisés ; de bouteilles de bière, de sacs plastiques remplis d’ordures et de vêtements Boggi Milano, Carven, Monoprix, Izac avec quelques miettes de chips à l’ancienne Lay’s déposés sur les manches. Les gars jouent à la Playstation.

Je pense que le verre de Citrate de Bétaine est pour Tim et que le joins qui se consume dans le cendrier est pour moi. Je pensais également avoir l’opportunité de me poser dans la cuisine pour écrire sereinement mais le téléphone de la colloc’ a sonné sans que personne ne réponde. Et puis Tim est venu me faire la morale — Tu ne devrais pas fumer ni boire Jack. Et je voulais te dire qu’on ne fait jamais cuire des poissons panés dans de l’huile d’olive, tu as bousillé la casserole et on doit piocher dans la cagnotte pour en racheter une autre. Sans parler de l’odeur de friture qui règne dans le salon depuis hier. D’ailleurs donne moi cette bière, tu n’en as pas besoin. Et viens jouer avec nous ! — Et puis, Vincent est venu chercher une bouteille d’eau Vittel en essayant de déchirer le sac plastique du pack de six, délicatement.

Une des souris de l’appartement s’est faufilée derrière le frigo. Ce qui me fait penser aux soixante-dix mails envoyés à l’agence pour signaler l’apparition de souris dans l’appartement. Résultat. Ne jamais utiliser de colle toxique, l’odeur putride est insoutenable. Les céréales de chez Fertilègne n’ont jamais fonctionné. Les boites appâts à 7,99 euros chez Jardiland fonctionnent plutôt bien mais comme les souris meurent dans les murs, l’odeur s’empreigne dans l’appart’. L’intervention d’un dératiseur coûte 180 euros, dévaste ton parquet de colle bleue mais les souris trouvent de nouveaux passages. L’agence a choisi le statut quo et nous, la consignation des loyers sur un compte bloqué à la Caisse des Dépôts et Consignations. ET l’attribution de quelques surnoms à nos souris.

— Hey Jack, faut qu’on y aille. Fait Vincent.  

Je n’ai toujours pas pris de douche. Je porte toujours mon peignoir Max Mara. Je n’ai pas écris une ligne. Et je viens de penser que je n’ai pas acheté la pilule du lendemain. Et bien évidemment, que ma Mignonne doit sûrement attendre dans ma chambre. Je saisis l’épaule de Vincent en lui demandant de me rendre un service. Vincent se marre et part en direction de ma chambre.

J’ai coupé la télévision en signalant à Tim de ne pas faire de bruit. Et puis on a attendu comme des gamins sur le canapé…

— Il se passe rien Jack… Chuchote Tim.

— Patience… Fais-je.

— Oui mais là ça commence à faire un peu long…

— Qu’est ce que tu en sais Tim, hein ?

— C’est pas sympa.

On patientait discrètement en tendant l’oreille, tous deux pariant silencieusement sur les exploits sexuels de Vincent. Je me frottais les mains à cette idée. Et Tim a serré mon bras si fort qu’un réflexe physique a failli lui péter les cotes.

Vincent est apparu. Livide. Ma mignonne ensanglantée dans les bras.




Père Lachaise

Suicide, 27 ans.
On s’est pointé à l’enterrement. 









« Modifié: 24 Janvier 2019 à 11:27:55 par Passagepoeme »

Hors ligne Dieter

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    • Dieter
Re : Un pièce sur le trottoir
« Réponse #1 le: 06 Janvier 2019 à 14:47:06 »
J'ai pas tout pigé, certainement parce que je ne suis plus assez "d'jeun", mais je pense que ça va beaucoup plaire à certains. Par contre, un bon coup de correcteur ne serait pas de trop.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne JMLC

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Re : Un pièce sur le trottoir
« Réponse #2 le: 06 Janvier 2019 à 22:27:41 »
Bonjour Passagepoeme,

En première lecture, j’ai eu l’impression d’une imitation anémique, franchouillarde, d’un texte de Bret Easton Ellis - ton inspiration principale, j’imagine (dis-moi si je me trompe). Le thème : des fragments de vie de jeunes adultes oisifs ou semi-oisifs des classes privilégiées ou du moins qui n’ont pas trop de soucis. Le style, qui se veut froid, détaché, dépourvu de sensiblerie, tentant d’imiter le sien. Au second passage, j’y vois un texte expérimental, parodique de l’oeuvre de B.E.E. avec un petit côté absurde.

Quoi qu’il en soit, mon impression de lecture reste décevante : là où B.E.E. raconte une histoire prenante dans son style si particulier - stream of consciousness et déjanté - et parvient à rendre ses personnages attachants malgré ses accumulations de références à des marques de fringues, groupes de rock, histoires de coucheries, etc., je n’ai pas éprouvé grand chose à la lecture de ton texte. Je n’y vois pas d’histoire, pas de construction de character, pas de véritable transgression, un style trop décousu pour qu’on parvienne à s’attacher aux personnage ou à suivre le fil, trop d’éléments absurdes pour qu’on parvienne à prendre l’histoire au sérieux. D’ailleurs le côté absurde lasse assez vite, je trouve.

Sur la forme, j’ai relevé pas mal de termes employés à contresens, fautes de grammaire, d’orthographe. J’ai eu parfois l’impression que tu ne maitrises pas toujours le vocabulaire que tu emploies. Je rejoins l’avis de Dieter : un petit passage par le correcteur avant de poster ne ferait pas de mal.

Voir ci-dessous quelques commentaires sur les premiers paragraphes (passage rapide ; il y a matière à approfondir) :

Citer
Je suis accoudé au bar en devisant cette scène agréable.
Deviser veut dire s’entretenir. On devise avec quelqu’un, on ne devise pas une chose.

Citer
L’astuce fiscale aura été la structure off-shore pour disposer des droits de successions.
Offshore. Éviter au lieu de disposer ?

Citer
Paul sonne légèrement son verre contre celui d’un gars de Strate Street Corporation et ajuste légèrement la position de ses lunettes Versace.
Sonne est maladroit, je trouve. Fait tinter, à la place ?

Citer
Jess a négocié 20% sur toutes les boissons excepté le Champagne
À l’exception du, sauf.

Citer
Et Jess estime qu’elle serait plus douée que sa supérieure, qui soit disant passant, applaudi ses quinze ans de boîte révolu ce mois-ci.
Applaudit. Je ne comprends pas l’emploi de “applaudi” et de “révolu” dans ce contexte.

Citer
A croire que la French Dream n’existe pas
.
À croire. Le French Dream.

Citer
On penserait presque que le coût de tes années d’étude détermine ta prochaine CSP. Car c’est le même principe dans la vie active, même si tu gravis le mont Méritocratique, t’auras toujours du retard face à Monsieur HEC, sans doute un peu moins que Dame HEC. Donc, si tes parents n’ont pas de résidence secondaire à Mégève, tu peux déjà te dire que tu n’en n’auras pas non plus.
Le raisonnement m’échappe complètement.

Citer
Une femme assez fade vient de me précéder en bafouant « un spritz s’il vous plait, un spritch ! »
.
Le verbe bafouer semble être employé à contresens.

Bon courage,

JM
Roman en cours : 2112 (SF)

Hors ligne O Guillarth

  • Aède
  • Messages: 207
Re : Un pièce sur le trottoir
« Réponse #3 le: 20 Janvier 2019 à 17:51:16 »
Bonjour Passagepoeme.
J'ai lu ton post mais vu que tu n'as pas répondu aux deux autres commentateurs. Es-tu toujours preneur de commentaires ?
O. Guillarth

Hors ligne Passagepoeme

  • Scribe
  • Messages: 95
Re : Un pièce sur le trottoir
« Réponse #4 le: 24 Janvier 2019 à 11:16:32 »
Bonjour à tous,

Un immense merci pour vos commentaires, désolée je n'ai pas eu de notification à ce sujet

Cela m'aide beaucoup bien entendu

Alison

 


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