Les Miettes du Festin
Turlupin funambule
Sur le cil givré
D’un soleil couchant
Galion de crépon
Qui danse et boit la ville
Au gré des caniveaux
J’ai tant murmuré tes yeux
Dans mes nuits de cristal
Comme chutent les anges
Dans le ciel de la terre
Paupières mi-closes
Qu’étaie la soie du sang
Le vin alourdissait ma tête
J’étais Venise gondole de poudre
J’étais lune corne de gazelle
Voyage à peu de frais
Sur ta peau bouquet de fruits
Et ta bouche feuille de menthe
Quand mon cœur fier loriot sur le toit
Cria l’alarme de midi
Si c’était le coup léger
D’une boule ronde
Qui roule et rebondit
Entre les bras du scarabée
Et une grosse goutte
Sur le tapis humide de rosée
De tes paumes ouvertes
J’aurais été sûr d’avoir eu
Un moment parfait
Comme une course à perdre haleine
Cahiers à papier quadrillé
Pour compter sur les doigts
Couverts de poussière de sucre
Tes baisers de souris morte
Et nager encore entre les lignes
D’une portée de notes
Froissée d’ivoire
Quel naufragé deviendrai-je
Revêtu d’écailles et de paillettes
Avec un poisson rouge dans les cheveux
Et dans le filet de pêche
Les perles baroques de ton violent parfum