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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le temps du retournement.

Auteur Sujet: Le temps du retournement.  (Lu 3113 fois)

Hors ligne nechez

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Le temps du retournement.
« le: 25 Avril 2010 à 20:21:17 »
Le temps du retournement.

   
   Tbal marchait. Face à lui s'étendait le desert, sur le chemin s'accumulaient les bosses. L'horizon clignotait, ça faisait trembler le cadre. Aux coins arrondis séjournaient des volcans d'où naissaient les fleurs et les dragons. Du ciel tombait un tourbillon et mille rochers qui traçaient des spirales. Du sol jaillissait la lumière, elle cognait contre le vide et déformait l'espace. Tout au milieu, la vie s'achevait de recommencer.
   Tbal ne savait pas depuis combien de temps il marchait. Il n'entendait même plus ses pas. Au fond de lui, ses yeux l'accusaient de mensonge, et lui, hurlait de démence. Le voyage voulait s'arrêter, il le savait. Couché, sur le chemin long de milliers de rêves, il s'endormit.

   Calmement, Tbal regagna ses esprits. Il s'aperçut qu'il gisait sur une île toute déshabillée de verdure. Au loin, des arbres nageaient dans l'océan et il s'en était à peine approché que l'un conta ceci : « Autrefois le vent chassa les nuages, nous fuîmes la terre, va, prends la barque et trace sur l'océan, tu comprendras ». Tbal grimpa et commença à naviguer. Il ne savait pas où il allait, et sans trop de questions il affronta les vagues, ce devait être ici le sens du combat.
   A la pause, il en venait à l'évidence : jamais il ne touchera l'horizon, c'est ce qu'il venait de comprendre au même moment que la terre quittait le cadre. A présent, loin de tout, près de rien, il gisait tout au milieu. Ça et là, l'eau, et lui, seul, abandonné au centre du monde, il suppliait ses yeux d'arrêter le carnage.
   Descendre du bateau ? Voilà ce qui l'effrayait, il ne savait même pas nager, et s'il n'avait pas pied, il se réveillerait, et ça il le savait. Un moment, il se résigna à attendre. Mais s'il continuait trop longtemps, il s'endormirait, ça aussi il le savait. Alors, peu de temps avant la fin, avant que le sommeil l'eût vaincu, il se décida à sauter.

   Tbal réapparut dans le désert. Face à lui, une dernière bosse et l'abime qui disait que le chemin s'était arrêté. Il pensa qu'il avait perdu, sans doute venait-il de se faire avoir, c'est ce qu'hurlait son âme, à cet instant où on lui donna tort. Sa colère grondait de furie et de plus en plus fort, composant un orage qui tapait contre le sens des choses. Cela s'amplifia jusqu'à l'explosion. Alors, il s'élança dans le vide et rebondit grâce au trampoline qui était dans son cœur, et, tout naturellement, il changea de dimension.

   Tbal montait. En bas, à chaque instant la création devenait plus petite et lui plus léger. Il accélérait sans même s'en rendre compte, son regard éclatait le paysage. L'entier désert se transforma en boule de feu et lui en oiseau de lumière qui défiait les étoiles. Toutes les couleurs glissaient contre le blanc. En mourant, il avait tué la nuit, et ça, il ne le savait pas.
   La toile alla de blanc immaculé dans un univers sans saveur ni puanteur, incolore, sans mots, sans idées, sans mélodie, rien, moins que la poussière, ou deux yeux et le noir. Un monde sans erreur, c'est là où il demeurait. Les angles avaient disparu, ainsi que les rebonds, ces détails qui se jettent contre l'esprit, ici nul morceau qui faisait trébucher, point d'ornement directeur, tout était nu, noyé, perdu dans le vide infini. Il se tenait là, jouissant de tout confort, dans ce grand idiot, ce labyrinthe parfait dépouillé de magie, là où aucun sens ne triomphe, là où mille instants se moquent du temps.
   Alors, pour se venger, Tbal sortit son pinceau et dessina une tache. Le cosmos en trembla. Assurément il venait de se faire avoir, cela fit des vibrations, des tremblements, et, comme pour provoquer davantage, Tbal souligna les fausses notes, les obligea à courir jusqu'à l'autre bout où il traça des rectangles ratés ; ça  personne n'avait osé le faire avant lui, il savourait là une victoire. A cet instant, maintenant qu'on pouvait compter, Tbal se sentit bien et continua à souffler.

   Les formes boxaient contre les couleurs, ça faisait se mélanger les bruits, ça formait des parfums. Autour de l'irruption, déjà les éléments dansaient, se cognaient, cassaient et se mélangeaient. Il naissait les forces d'attractions, et parallèlement comme pour maintenir l'équilibre, des énergies inverses qui repoussaient le vent en inventant la poussière ; celle-là qui gravite aux côtés du néant...
   A force d'agitation, il émergea une conscience dans l'univers et pour s'amuser le monde devint fou. A cet instant, Tbal sentit son âme frapper. Les temps se réduisaient entre chaque battement de son cœur, ils se frôlaient, se touchaient, puis se soudèrent inexorablement. A ce point, Tbal fut éjecté.
   En vérité, il s'était caché derrière un nuage, car c'était elle, la vérité qui le pourchassait. Et jamais ! ô extraordinaire jamais il n'eût pensé la revoir un jour. Depuis le début il la croyait oubliée, écrabouillée, il se l'imaginait morte, détruite, entièrement disparue. Mais ici et maintenant, il se souvint avec peine des douleurs qu'il eût subi la fois dernière où il l'affronta. La vérité, ce terroriste, Tbal l'avait totalement disséquée, il avait repeint chacune de ces particules et les avait envoyées dans toutes les dimensions ! Arrière ! s'écria-t-il.
   D'un ricochet il arracha ses yeux pour tenter de n'y point croire, mais c'était ainsi ; le temps du retournement était arrivé.
« Modifié: 25 Avril 2010 à 21:48:57 par nechez »

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #1 le: 25 Avril 2010 à 21:37:41 »
Alors, je n'ai rien compris  :o ... Mais j'ai beaucoup aimé  :)  le côté absurde, un peu comme un rêve...
Serait-ce sur un peintre, ou est-ce seulement un délire littéraire? Ou alors il y avait un sens caché que je n'ai pas saisi (comme d'habitude... ::) )
Euh, par contre, c'est voulu, ça :
Citer
Face à lui s'étendait le dessert
c'est "le désert", plutôt, non? ;D   ;)
Citer
sur le chemin s'accumulait les bosses
s'accumulaient
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne nechez

  • Scribe
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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #2 le: 25 Avril 2010 à 21:51:33 »
Merci pour ta lecture.  ;)  Non ce n'est point sur un peintre.

Je viens de corriger quelque fautes, et en passant celle du dessert  :P

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Le temps du retournement.
« Réponse #3 le: 26 Avril 2010 à 10:20:15 »
Salut !

Tout d'abord, pour tout nouveau texte, il faudrait poster un lien vers le texte en question dans l'Index, s'il te plait ! (si tu l'as fait et que je ne l'ai pas vu, au temps pour moi, mais je ne t'ai pas trouvé dedans)


Citer
nous fuîmes la terre, va, prends la barque
Je pense que ce n'est pas une virgule qu'il faut, entre terre et va. Au minimum un point-virgule...


Citer
jamais il ne touchera l'horizon
toucherait

Citer
il se souvint avec peine des douleurs qu'il eût subi
"eût subi" n'est pas au bon temps. En plus, ce seraient "subies"


Bon alllloooors... Je crois que j'ai rien compris non plus, lol. C'est très bien écrit, c'est un fait. J'ai trouvé le premier paragraphe magnifique et c'est ce qui m'a motivée à continuer jusqu'au bout. Mais je m'attendais à une chute qui laisse entrevoir de quoi parle le texte. Là... non. C'est dommage. Je n'arrive pas à aimer un texte que je ne comprends pas.
Pendant tout le milieu du texte on a l'impression que c'est un rêve. A la fin, en dirait que Tbal a créé l'univers. Au-delà de ça, je ne vois pas trop de quoi ça parle, j'avoue...
A mon avis, juste une phrase finale suggérant de quoi il s'agit suffirait à rendre le texte plus abouti, parce qu'en l'état actuel, il m'a donné l'impression qu'il lui manquait quelque chose (une perche pour en trouver le sens)...

Au plaisir de te lire à nouveau !


EDIT : Merci d'avoir rajouté à l'index !  ;)
« Modifié: 26 Avril 2010 à 11:28:49 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

pehache

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #4 le: 26 Avril 2010 à 17:07:23 »
S'achevait de recommencer ? Hum...
Quelques erreurs de ponctuation, de ci, de là.
L'écriture semble plutôt dominée.
Pour le reste, ben, j'ai à peu près compris, je crois, et ça me fait penser (sans que je songe pour le moins à un plagiat!) à une vieille nouvelle des années 70... Mais de qui, de qui ?

Hors ligne nechez

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #5 le: 26 Avril 2010 à 22:05:41 »
S'achevait de recommencer  :)

Je travaille beaucoup mon écriture, que veut tu dire par "l'écriture semble plutôt dominée" ?

S'il y a des erreurs, merci de me les signaler, comme ça je progresse  ;D

Je te remercie pour ta lecture  :)

Hors ligne ernya

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #6 le: 27 Avril 2010 à 01:21:26 »

   
Citer
Face à lui s'étendait le desert, sur le chemin s'accumulaient les bosses.
désert

Citer
Tout au milieu, la vie s'achevait de recommencer.
???
peux-tu m'expliquer ? sinon à part le fait que la juxtaposition de ces verbes me laisse perplexe, je trouve la phrase pas belle au niveau des sonorités


Citer
c'est ce qu'hurlait son âme, à cet instant où on lui donna tort.
pas sûre qu'on puisse faire l'élision

rien compris non plus, lol. C'est pas mal écrit, mais je crois que c'est pas mon genre de textes tout simplement. J'aime pas trop tout ce qui se rapproche de la description ou des cosmogonies. Et dans ton texte, j'ai pas été happée par le côté poétique.
Peut-être pourrais-tu nous expliquer un peu le texte, ton idée ?



   
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

pehache

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #7 le: 27 Avril 2010 à 09:49:24 »
Écriture dominée ? Ben, juste pour dire que tu la tiens en main, que c'est toi le donneur d'ordre- et c'est bien.



coins arrondis (virgule obligatoire, inversion) séjournaient des volcans d'où naissaient les fleurs et les dragons.
Tout au milieu, la vie s'achevait de recommencer. (J’ai un pb de sens et de grammaire. S’achever est intransitif. Achever, non.)
et lui, hurlait de démence (pas de pb, mais je trouve l’expression moins
 « Autrefois le vent chassa les nuages, nous fuîmes la terre, vaS, prends la barque et trace (familier, non ?) sur l'océan, tu comprendras ».
   A la pause, il en venait(ou PS ?) à l'évidence : jamais il ne touchera(it ?)l'horizon, c'est ce qu'il venait de comprendre au même moment que la terre (Aïe !)
A présent, loin de tout, près de rien, il gisait tout au milieu(tout tout)
. Ça et là, l'eau, et lui, seul, abandonné au centre du monde, il suppliait ses yeux d'arrêter le carnage.
   Descendre du bateau ? Voilà ce qui l'effrayait, il ne savait même pas nager, et s'il n'avait pas pied, il se réveillerait, et ça il le savait. Un moment, il se résigna à attendre. Mais s'il continuait trop longtemps, il s'endormirait, ça aussi il le savait. Alors, peu de temps avant la fin, avant que le sommeil l'eût vaincu (le vainque me semble plus correct)
quE 'hurlait son âme, à cet instant où on lui donna tort. Sa colère grondait de furie et de plus en plus fort, (bof et virgule surnuméraire)

   La toile alla de blanc immaculé ( ???) dans un univers sans saveur ni puanteur, incolore, sans mots, sans idées, sans mélodie, rien, moins que la poussière, ou deux yeux et le noir. Un monde sans erreur, c'est là où(qu’ ?) il demeurait.
   Assurément il venait de se faire avoir, cela fit (faire fit) des vibrations,
   Les formes boxaient contre les couleurs, ça faisait (faire inutile ?)se mélanger les bruits, ça formait des parfums.
Il naissait ???? les forces d'attractions,

Hors ligne nechez

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #8 le: 27 Avril 2010 à 11:15:20 »
Mince, comme je suis un débutant, je ne sais pas ce que c'est que faire l'élision. Oups  :D

Je te remercie pour ton bloc de conseil. J'ai retravaillé quelque phrases depuis. Comme ici : A la pause, il en vint à l'évidence : jamais il ne toucherait l'horizon, c'est ce qu'il venait de comprendre à cet instant où la terre quittait le cadre.

Je te remercie  ::)

Citer
Peut-être pourrais-tu nous expliquer un peu le texte, ton idée ?
Je m'aventure dans un domaine que je nomme l'extraordinaire, un univers magique. Tbal, mon personnage, change de cadre à chaque fois que ça cogne contre son esprit, alors il rebondit de façon inattendu vers des rivages, des coins entraperçus et revient de l'autre coté. Ici point de capitaine ni de bateau. Je continue à travailler ce style ;)
« Modifié: 27 Avril 2010 à 11:22:45 par nechez »

Hors ligne ernya

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #9 le: 27 Avril 2010 à 11:21:26 »
Mince, comme je suis un débutant, je ne sais pas ce que c'est que faire l'élision. Oups  :
je parle de "qu'hurlait"
je pense (mais je suis pas sûre) qu'on doit écrire "que hurlait" parce que c'est un h aspiré.
voilà pour l'élision ^^

et pas un brin d'explication ? :-\
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Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne nechez

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #10 le: 27 Avril 2010 à 11:24:01 »
Je viens de faire un EDIT à mon post précédent  :D

Je te fait ici un résumé de mon texte ;) :D :D

Tbal git dans le désert. Troublé, il s'endort. Il se réveille sur une île, se retrouve coincé au milieu de l'océan, après avoir embarqué. Il saute de la barque, et comme il n'a pas pied il se réveille. Il se retrouve à nouveau dans le désert. Sauf qu'ici le chemin s'est arrêté, il saute dans le vide ! Alors il s'élève, très vite, très haut, à un tel point que tout devient blanc, vide. Alors il dessine une tache. Un univers se forme. Il n'arrive plus à le contrôler, alors la vérité vient le poursuivre.
« Modifié: 27 Avril 2010 à 11:31:32 par nechez »

Hors ligne Kathya

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Re : Le temps du retournement.
« Réponse #11 le: 31 Mai 2010 à 20:43:05 »
Citer
une île toute déshabillée de verdure
J'ai vraiment buté dessus, "tout déshabillé" n'est pas très naturel et me laisse songeuse pour de la verdure, bien qu'on parle de paysage "nu".

J'aurais bien dit que j'ai rien compris, mais en lisant le dernier post de nechez, j'avais quand même compris ça... J'aurais dû m'en remettre à la vieille devise shadok "s'il n'y a pas de solution c'est qu'il n'y a pas de problème".

Sur le style et la forme, j'ai beaucoup apprécié aussi, ça se lit sans effort, mais même si on est happé par le personnage, c'est un peu dommage qu'on divague sans davantage d'ancre que lui... ::)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

 


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