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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Post perversitum animal triste

Auteur Sujet: Post perversitum animal triste  (Lu 1752 fois)

Hors ligne Barles Chaudelaire

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Post perversitum animal triste
« le: 10 Novembre 2018 à 04:15:59 »
Post perversitum animal triste


Je suis persuadé d'en être incapable.

Si douce, au regard aimable ...
Coupée, sa ficelle !
Je suis coupable
De l'étincelle.

Belle, ingénue, je l'abîme !
Elle ! Ange nue, se brise !
J'avoue le crime
De l'exquise.

Fétide corps fondé de remords.
Viciée ! Sale ! Même délivrée de l'arme ...
Je la décore
De mes larmes.

Cruel, l'homme enivré !
Si tendre et capable de trahir !
Je l'ai livrée
Au désir.

joseph dunelie

  • Invité
Re : Re : Post perversitum animal triste
« Réponse #1 le: 10 Novembre 2018 à 16:15:24 »
Globalement, je trouve que le titre ne convient qu'à moitié au contenu... j'y lis la parole d'un homme pour qui son désir prime sur tout, et non des désirs pervers.
Ce titre implique une violence ()à mes yeux en tout cas) que je ne retrouve pas ici.

Je trouve aussi les rimes un peu trop faciles et, encore une fois, un peu attendues....

Hors ligne Barles Chaudelaire

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Re : Post perversitum animal triste
« Réponse #2 le: 11 Novembre 2018 à 00:31:12 »
Bonsoir à vous deux,

Je suis navré que ma poésie ne vous ait pas plu. Je ne revendique aucun génie et j'essaye simplement de m'exprimer joliment et adroitement sur des sujets qui m'intéressent ou me touchent.

Vos critiques ont un point commun : le titre. Je suppose - le cas échéant, je vous invite à vous y intéresser car je trouve cela fascinant - que vous connaissez le terme de post coïtum animal triste, qui désigne une période de tristesse inexpliquée et souvent porteuse de remords après l'acte charnel consenti entre deux personnes (les hommes y seraient plus sensibles). Le titre, changeant le 'coïtum' en 'perversitum', marque ma volonté de présenter un rapport sexuel observé par l'homme triste, au sens où je viens de le décrire.

Le terme 'pervers' (en français) ne se rapporte pas d'abord au "pervers !" dont le synonyme serait plutôt 'obsédé sexuel' (au sens pathologique) ; quelqu'un de pervers est quelqu'un de retors, tordu, à l'esprit tortueux. Quelqu'un aux moeurs classiques mais qui les voit d'un oeil inhabituel. Je précise la définition pour éviter (ce que je jugerais comme) une erreur de lecture qui mettrait le narrateur du texte en possession de ''désirs pervers', selon tes mots, Joseph Dunelie. Si c'était le cas, tu te doutes bien que j'aurais évité l'emploi du latin et surtout d'une locution latine.

Pour répondre plus précisément à Lila : je trouve dommage que tu me demandes froidement ce que les phrases signifient. Si nous sommes tous deux animés de la même fibre poétique, tu seras d'accord avec moi pour dire que le texte n'appartient pas à son auteur mais bien à celui qui l'interprète, non ? Ce serait réducteur et dommageable, je pense, que de proclamer qu'il n'existe qu'une seule vérité par texte, celle de l'auteur. Ayant déjà fait lire mes textes, je suis souvent étonné de la multiplicité des chemins de lecture que découvrent les lecteurs. À toi donc de les interpréter comme ton inspiration te le fait sentir. Je m'excuse cependant pour ce laïus si mon texte ne te fait rien ressentir du tout même après ces éclaircissements, ce qui peut certainement arriver. Mais même le dégoût est un sentiment, non ?

Je vous remercie tous deux pour votre lecture, et j'espère que mes prochaines productions vous plairont davantage.

BC

Hors ligne B.Didault

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    • Bernard Didault
Re : Post perversitum animal triste
« Réponse #3 le: 11 Novembre 2018 à 09:48:27 »
Cher Barles Chaudelaire (pas facile à dire, mais c’est drôle),

Je découvre avec ton texte l’intérêt d’être, comme je le suis, une friche littéraire (Une amie m’a convaincu que je n’étais pas inculte, reste à voir…), c'est-à-dire qu’en découvrant ton texte je m’instruis énormément.

Merci d’avoir mis quelques explications qui m’ont évité d’ouvrir une énième fois mes encyclopédies qui deviennent aussi lourdes que le bonhomme.

Tout ceci pour dire que ta poésie m’a beaucoup plu. Je l’écris souvent : j’ai beaucoup de mal à sortir de mon classicisme, voire même archaïsme, et j’admire ceux qui, comme toi, avec très peu de mots font passer tant de sensations, d’émotions, de sentiments.

Je dois avouer que tu couvres, si je puis dire, un sujet que je n’ose jamais aborder. Mon malheureux vocabulaire m’entraînerait vers le scabreux.

La juste remarque de Jo…
Citer
Oui, l'auteur propose, le lecteur dispose !
… me ramène à deux ouvrages d’Umberto ECO « Lector in Fabula » et « Les Limites de l’Interprétation ». Combien j’ai pu tourner de pages encyclopédiques grâce à ce brillant sémioticien.

Mon interprétation personnelle, très cruelle, ne reflétant pas du tout mon caractère respectueux de la vie, mais marquée par un attrait des polars :
     Je vois un trafiquant de jeunes beautés achevant une de ses victimes après l’avoir livrée à la débauche.
C’est sans doute trop ! Ou alors, un sujet d'enquête pour Colombo, nous connaissons la victime et le coupable !
Une question toutefois, que viens faire :
Citer
Coupée, sa ficelle !
Je veux dire pourquoi « coupée » ?

Merci pour le partage

P.our S.avourer : Jo, j’aimerai entendre !
Bernard
- La poésie est un art, une belle aventure, la dentelle de l’écriture.
- La haine est le venin de l’amour,
  Le sarcasme est celui de l’humour.
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Hors ligne Barles Chaudelaire

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Re : Post perversitum animal triste
« Réponse #4 le: 12 Novembre 2018 à 04:20:11 »
Cher B. Didault,

Je te remercie pour ton aimable message. J'admire également ceux qui comme toi sont pleins de précautions et de doutes ; ce sont des outils très utiles pour autant qu'ils sachent nous accorder une totale liberté par instants.

Un autre fada d'Umberto Eco ? Heureux de l'apprendre ! C'est un homme qui a touché du bout du doigt un pan de la Vérité de la littérature. Selon moi, peu d'hommes qui ont foulé cette Terre peuvent se targuer d'une pareille oeuvre et d'un pareil apport aux 'littérateurs' d'aujourd'hui.

Pour répondre à ta question finale, c'est très simple :

"Coupée, sa ficelle", la ficelle est coupée, accord avec le sujet féminin singulier.

Au plaisir de te relire bientôt !


BC

Hors ligne B.Didault

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    • Bernard Didault
Re : Post perversitum animal triste
« Réponse #5 le: 12 Novembre 2018 à 06:54:54 »
Barles Chaudelaire,

Citer
Un autre fada d'Umberto Eco ?
Je me connaît quasi nul en écriture, mais à ce point !
Quelle partie de mon commentaire te porte à le croire ?
Quel vocabulaire, quelle syntaxe amène cette idée ?

Je ne me permettrais jamais de considérer Umberto ECO comme un fada, même si ce terme est gentillet en langage méditerranéen. J'aime trop ce Maître des mots (Le pendule de Foucault, L'île du jour d'avant, etc.). Appréciant ses romans, j'ai acheté dans les années 90 tout ce qui était édité alors. Je me suis retrouvé à entrevoir l'immensité de ses connaissances que je n'atteindrai jamais, même en plusieurs vies. Et surtout beaucoup d'ouvrages abscons pour un étranger à la sémiotique tel que moi, j'avoue que ceux-là restent dans ma bibliothèque par amour de son auteur qui à eu la très mauvaise idée de nous quitter il y a deux ans.

Merci pour l'explication :
Citer
"Coupée, sa ficelle", la ficelle est coupée, accord avec le sujet féminin singulier.
Tu as mis là en évidence mon manque de maîtrise des vers courts ou le verbe est sous-entendu.
Mon humour, un peu limite, me pousse à dire qu'au contraire d'Hamlet tu as choisi : pas être !

P.lus S.érieusement :
J'aime beaucoup ta "philosophie d’écriture" (cf. Ton Blog).
Elle prouve qu'un Maître peut être plus jeune que l'élève.
Un jour j'ai griffonné (toujours dans la forme classique) :
     Nul ne peut se targuer d’être le Maître.
     Seuls les élèves peuvent le faire naître.

Merci Lionel pour ta participation à l'éducation d'un des vieux qu'ont de l'âge !
Bernard
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