Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » P08-Parfois

Auteur Sujet: P08-Parfois  (Lu 9286 fois)

Hors ligne Claudius

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Re : P08-Parfois
« Réponse #15 le: 22 Septembre 2018 à 20:27:08 »


Ah ! là je suis bien embêtée. J'ai, relu et relu encore.  C'est une étrange sensation, une écriture un peu déjantée, un rythme soutenu, des images fortes.

J'ai hésité un moment en lisant le mot Maman, c'est ce qui m'a fait relire. J'ai parfois du mal a entrer dans des textes de la sorte, à comprendre tout le sens (je suis plus poésie classique) mais là, c'est simple, j'aime sans contrefaçon et sans tout intégrer vraiment.

 :D :D

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Re : P08-Parfois
« Réponse #16 le: 23 Septembre 2018 à 09:55:05 »
Citer
Oui mais parfois parfois
                              Je me fonds dans le froid
                              Tous les vaisseaux des ombres
                              A ma rencontre
J’attendais un verbe se rapportant aux vaisseaux !  Que font-ils à ta rencontre ? A moins que la structure ne soit « je me fonds dans le froid et dans tous les vaisseaux des ombres », mais alors quid de ta rencontre ? Enfin j’ai un petit problème de structure avec cette strophe  (mais je la préfère à la V1 personnellement !)

Parce qu’idem pour la suite, admettons

Citer
A ma rencontre
                              Sur l’étrave éventrée
                              Des monstres familiers

A ma rencontre, sur l’étrave éventrée, des monstres familiers… font quoi ? Comment lire cette strophe ?

Citer
Je hisse haut les couleurs
                              De mes terreurs
J’aime bien !

Citer
Taratata
Tu mdis comme ça
Jveux pas de toi
J'aime pas ta voix
Je t'entends pas
Tu blesses tu tues
Tu es une vé-
rité à bout
Portant
Tu n'es pas belle
Car tu n'es pas
Celle que j'attends
Alors va-t-en
Et n'oublie pas
Les poubelles en
Partant
C’est trooooop chouette, vraiment !

Citer
Mort Mort murmurent
Les murs
Dare-Dare j’affûte
<3

Citer
                              Je me tairai, Maman
Ah j’aurais pas dit que le narrateur s’adressait à sa mère depuis le début, ça me fait bizarre :mrgreen: C’est à elle qu’il dit j’aime pas ta voix, je t’entends pas, etc ? Ouais ça se tient, en fait

Citer
                              Si mes mots sont tourment
tourments ?

Citer
Rien ne m'inter-
dira d'écrire
A contretemps
J'écris sans vis-
à-vis je suis
J’aime beaucoup les curieux enjambements/les coupures

Citer
Comme une bouilloire
<3

J’aime beaucoup ton poème après toutes ces modifications ! J’envie ton sens du rythme. On pourrait lui reprocher d’être plus long et moins structuré, à moins que c’est moi qui ne l’aie pas vue (faudrait que je relise).

Un grand bravo pour le travail abattu !
(Peut-être juste, la strophe 2, j'ai moins compris où mettre les verbes...  :vaurien:)

Hors ligne Zuliberte

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Re : Re : P08-Parfois
« Réponse #17 le: 23 Septembre 2018 à 10:15:33 »
juste encore un peu de mal sur les rimes de cette partie, qui font "simplettes"

Merci Ben G pour tes interventions et ta lecture.
Il est très difficile d'évaluer le dosage des effets et donc leur action sur le lecteur. Il est question ici de transparence, le "je" de "l'écriveuse"  se réfugiant dans l'écriture pour se sortir d'une situation inextricable et mortifère. La transparence est double : nécessité de la sincérité de  l'écriture, mais aussi transparence du scripteur qui se contente de noter le flux qui déferle.
La relation avec la mère est ici secondaire, c'est un déclencheur, elle doit juste être suggérée. Or elle l'est trop dans cette version de "Parfois" si le "Taratata" et sa suite choquent par leur simplisme sans que cela produise un sens immédiat.
Pour l'instant, ce Taratata m'évoque une scène du film "Mina Tannenbaum" : une lycéenne rentre chez elle et dit à ses parents que le prof principal cherche des familles pour accueillir des correspondants allemands. Et là, sous nos yeux, on voit la mère se transformer en une toute petite fille de cinq ans, étoile jaune cousue sur blouse grise, qui hurle qu'elle ne veut pas que les Allemands entrent dans sa maison ...
En y réfléchissant bien, je crois que chacun peut se rappeler d'une situation où, même fugacement, il s'est heurté à un parent bloqué à l'âge d'un traumatisme infantile. Et je ne parle pas des cas de sénilité.
Alors on fait quoi ... Guillemets ?
Guillemets.



Qui parle à qui ? (Réponse à Miromensil)

                              Je me tairai, Maman

C’est la mère qui parle dans le paragraphe entre guillemets (« Taratata ») : une mère folle ou sénile, bloquée dans le passé et qui ne supporte pas la « vérité à bout portant » qu’est son enfant. On suppose que l’enfant lui rappelle les proches qu’elle a perdus, mais ne comble pas le manque.

L’enfant, lui, est plein de bienveillance pour la mère « je me tairai, si mes mots sont tourment, d’un silence éclatant comme un présent ».

Tourments ou Tourment ?

J'hésite ... Je veux dire : "si mes mots sont chagrin, peine, douleur ...".

On pourrait lui reprocher d’être plus long et moins structuré.

C’est vrai … Mais beaucoup plus structuré que la version restée dans mon tiroir !!!
Tel quel, le texte a la forme d’un cerf-volant.



Citer
Oui mais parfois parfois
                              Je me fonds dans le froid
                              Tous les vaisseaux des ombres
                              A ma rencontre

Citer
J’attendais un verbe se rapportant aux vaisseaux !  Que font-ils à ta rencontre ? A moins que la structure ne soit « je me fonds dans le froid et dans tous les vaisseaux des ombres »...


Pour ce qui concerne les verbes : (Réponse à Miromensil après légère modif)

Mon parti pris d’absence (relative) de ponctuation me joue des tours :

1.   « Oui, mais parfois, parfois, je me fonds dans le froid, tous les vaisseaux des ombres à ma rencontre. »

C’est une structure à calquer sur une phrase du genre :
« Parfois je marche, les cheveux au vent ».
Oui, le vent souffle, sans verbe … (C’est tiré par les cheveux ? ;D)

Je m’autorise cet effet d’estompage à cause du verbe « se fondre » : on est dans le brouillard, les contours sont indécis.
Si j’étais peintre, je tenterais là un sfumato, à la Vinci. Mais pas de trait dynamique.

Point à la fin de la phrase. Ensuite une phrase qui tient debout toute seule (j’espère) et que j’ai modifiée récemment pour en préciser le sens :

2.   « Sur l’épave brisée des naufrages passés, je hisse haut mes couleurs : voici mon heure ».

Merci pour ta lecture, pour votre lecture à tous.
Expérience enrichissante de connaître "sur le vif" l'avis du lecteur. Merci encore.

Edit de Miro : posts fusionnés
« Modifié: 05 Octobre 2018 à 14:06:59 par Miromensil »
Zuzu
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Nocte

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Re : P08-Parfois
« Réponse #18 le: 24 Septembre 2018 à 01:15:12 »
J'ai bien apprécié la musicalité, ça swing tout seul et c'est très plaisant  ;)

Ashka

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Re : P08-Parfois
« Réponse #19 le: 27 Septembre 2018 à 17:16:14 »
C'est chouette de voir l'évolution de ton poème. Les passages se sont éclaircis au niveau de la compréhension et il y a des passages qui  maintenant pour moi font mouche et sont touchants.


Citer
Mort Mort murmurent
Les murs

Citer
Vite vite griffe griffe
Tes graffitis
Laisse se répandre
Sur le papier
Le chant de l'encre
Ne retiens rien
De ce qui vient
Tu n'es plus rien
Qu'une main qui trace

                              Car moi ce soir ce soir
                              Si la glace ne m'efface
                              Je prendrai chair et voix
                              Et face à toi
                              Je me tairai, Maman
                              Si mes mots sont tourment
                              D'un silence éclatant
                              Comme un présent


J'aime bien cette mise en page et j'aime bien le rythme/swing (comme dit si bien WEG) que tu as réussi à insuffler à tes vers. En tout cas bravo pour le travail et la réflexion qui ont amené à un bien joli résultat. ;)

Toutes petites choses :
Citer
Alors va-t-en
Alors va-t'en                             
Citer
A ma rencontre
Ame en fusion                             
A contretemps
A la merci
Avec accent sur le A à chaque fois : À (touche alt appuyée pendant que tu tapes les chiffres 183)

Bonne chance ;)


                                                             
« Modifié: 27 Septembre 2018 à 17:26:15 par Ashka »

Hors ligne Zuliberte

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Re : P08-Parfois
« Réponse #20 le: 29 Septembre 2018 à 22:41:14 »
Merci Aschka pour ta lecture bienveillante.
Les accents ont trouvé leur place et c'est beaucoup mieux comme ça.
Zuzu
(Billy-ze-Kick ne meurt zamais)

Hors ligne Miromensil

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Re : P08-Parfois
« Réponse #21 le: 30 Septembre 2018 à 21:49:34 »
Citer
Je m’autorise cet effet d’estompage à cause du verbe « se fondre » : on est dans le brouillard, les contours sont indécis.
Si j’étais peintre, je tenterais là un sfumato, à la Vinci. Mais pas de trait dynamique.
Ok, je vois. Mais j’aurais pas vu l’effet sans ton explication :/

Citer
C’est la mère qui parle dans le paragraphe entre guillemets (« Taratata ») : une mère folle ou sénile, bloquée dans le passé et qui ne supporte pas la « vérité à bout portant » qu’est son enfant. On suppose que l’enfant lui rappelle les proches qu’elle a perdus, mais ne comble pas le manque.
Aaaah là je réalise que j’ai pas vraiment compris le poème :/ J’avais pas du tout saisi la différence entre les interlocuteurs, vu que toutes les strophes sont présentées comme étant égales (enfin rien n’introduit l’enfant ou la maman). Mais je trouve l'idée chouette, ça change des histoires d'amour (j'en ai lu pas mal par ici) ^^

Hors ligne Zuliberte

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Re : P08-Parfois
« Réponse #22 le: 01 Octobre 2018 à 10:25:19 »
Bon.
Je pensais que l'ajout de guillemets, d'un tiret "- Tu mdis comme ça", et d'un dialogue "Tais-toi Tais-toi / Je me tairai, je le promets" suffiraient.
Mais non, toujours hermétique.

En fait, j'adorerais accéder à une expression concise et sibylline à la fois.
La route est longue !

Je vais donc plancher à nouveau.
Avec plaisir, d'ailleurs.  :-\
(Où est le smiley qui se gratte le crâne ?)
Zuzu
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Hors ligne Miromensil

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Re : P08-Parfois
« Réponse #23 le: 02 Octobre 2018 à 10:04:11 »
Citer
Bon.
Je pensais que l'ajout de guillemets, d'un tiret "- Tu mdis comme ça", et d'un dialogue "Tais-toi Tais-toi / Je me tairai, je le promets" suffiraient.
Mais non, toujours hermétique.
C'est peut-être moi. N'hésite pas à prendre du recul par rapport à un commentaire qui t'est fait. Si tu aimes ton poème comme ça, c'est le principal (la limite est dur à départager, mais c'est toi le chef ^^). Je crois que je suis exigente :x

Je relirai ton poème encore tout à l'heure pour être sûre que mon jugement soit le meilleur possible (vu que tu l'écoutes très attentivement, j'ai peur de dire des bêtises).

Il n'y a que moi qui relève ce point, donc on peut se dire que ça veut dire que les autres ont peut-être compris comme tu voulais !

Hors ligne Zuliberte

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Re : P08-Parfois
« Réponse #24 le: 04 Octobre 2018 à 09:18:34 »
 :-[ ... Transigeons : je donne un micro à la mère et je garde mon sfumato.

Il n'y a pas de problème pour les critiques.
Le seul moyen d'avoir un point de vue un peu objectif sur son propre texte, c'est d'attendre des années, de l'oublier, de le reprendre ... et alors on s'aperçoit qu'il était incompréhensible, incohérent, maladroit quant au fond, on trouve les moyens d'améliorer la forme ... Ici on gagne du temps.
J'aime l'exigence bienveillante.





Ah ! là je suis bien embêtée. J'ai, relu et relu encore.  C'est une étrange sensation, une écriture un peu déjantée, un rythme soutenu, des images fortes.

J'ai hésité un moment en lisant le mot Maman, c'est ce qui m'a fait relire. J'ai parfois du mal a entrer dans des textes de la sorte, à comprendre tout le sens (je suis plus poésie classique) mais là, c'est simple, j'aime sans contrefaçon et sans tout intégrer vraiment.

 :D :D

Merci pour tes encouragements ... :-*

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« Modifié: 07 Octobre 2018 à 10:43:30 par Miromensil »
Zuzu
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Re : P08-Parfois
« Réponse #25 le: 07 Octobre 2018 à 21:11:10 »
Salut Mout :)

J'ai bien la première strophe, ça danse !
La deuxième me plait moins, le rythme et les images me semblent forcées.

Citer
Tu n'es pas belle
Car tu n'es pas
Celle que j'attends
Alors va-t'en
Et n'oublie pas
Les poubelles en
Partant"
j'aime bien a rupture et le sourire qu'elle génère

Citer
Je me tairai
Je le promets
cette strophe-là me plait, plus que celle d'avant et ses rime en "an"

Citer
Moi moi
Je ris je vis
Et je vous livre
La transparence
De mes nuits blanches
ça j'aime beaucoup

Au global, certains passages m'ont entrainé dans leur rythme, leur image et leur espèce de folie. Mais le sens m'échappe et ça, ça m'embête. Ça m'embête de ne pas réussir à passer au-delà de ça, ou de mieux cerner ce que tu exprimes.

Merci pour la lecture,

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Zuliberte

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Re : P08-Parfois
« Réponse #26 le: 10 Octobre 2018 à 23:00:33 »
Bonjour Rémi,

Merci pour ta lecture bienveillante.

Que dire sur le sens du texte ? Le mot clé est Maman.

Il est question du dialogue impossible entre une mère et sa fille. La mère a subi un choc, probablement dans l'enfance ("La guerre, les bombes, et tous les tiens sous les décombres") ; elle reste bloquée, sidérée, au moment du traumatisme.
Elle ne peut être mère de cette enfant (quel est l'âge de l'enfant, d'ailleurs ? pas si jeune sans doute ...), car elle lui rappelle les proches qu'elle a perdus, sans combler le manque ("tu n'es pas celle que j'attends").

Il y a deux transparences : la transparence de l'enfant, que la mère ne voit pas, et la transparence de l'écriture qui permet à la fille d'échapper à une situation mortifère et de s'exprimer "parfois, comme une bouilloire, moi aussi JE".

Il s'agit ici d'une situation extrême, mais ce malentendu me paraît finalement universel : l'enfant vit dans le présent, et les parents projettent sur lui les ombres du passé et les chimères de l'avenir : qui parle à qui ?
Il reste le papier, le stylo ... et le chant de l'encre.
Zuzu
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