Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 novembre 2026 à 15:41:00
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Radiations

Auteur Sujet: Radiations  (Lu 1374 fois)

Hors ligne hono1410

  • Plumelette
  • Messages: 10
Radiations
« le: 23 juillet 2018 à 03:36:25 »
Bonjour tout le monde, désolée cette nouvelle n'est pas top, je n'ai que 15 ans, je débute et j'essaie juste de progresser ! :P  J'aimerais entendre vos avis pour connaître mon niveau d'écriture... N'hésitez pas à m'énumérer tous les points négatifs ! ;) Merci d'avance !



Lexa remettait les pieds dans son jardin pour la première fois depuis les dernières quinze années. L'explosion de la centrale nucléaire l'avait forcée elle et le reste de son village à quitter l'agglomération le plus rapidement possible. Lexa était une des quelques dizaines de personnes ayant réussi à s'en sortir. Beaucoup avait péri dans la fumée et le gaz. Y compris ses parents et le reste de sa famille. En quittant les lieux quinze ans plus tôt, Lexa avait laissé derrière elle deux frères et une soeur, tous trois trop jeunes pour perdre la vie. Ils n'auront jamais eu la chance de connaître l'amour, l'amitié ou la peine, pensa Lexa. Elle espérait seulement qu'ils étaient heureux la haut, et qu'ils veilleraient sur elle, accompagnés de leurs parents.
Elle observait l'emplacement de ce qui fut autrefois sa maison. L'endroit toujours remplit de rires et de sourires sans fin. Mais aussi de pleurs se souvena-t-elle. Lexa avait versé énormément de larmes dans cette maison, enfermée dans sa chambre, mais elle n'était pas la seule. Elle se rappelait les disputes de ses parents, quelques semaines avant l'explosion. Les pleurs de sa mère dans la salle de bain. Les pilules sur le rebord du lavabo et le verre d'eau plein posé à quelques centimètres. Ses parents avaient été heureux, elle le savait. Mais comme tous les couples mariés, ils n'étaient pas toujours du même avis. Mais quinze ans plus tôt, même si Lexa n'avait pas plus d'une dizaine d'année, elle savait déjà que l'histoire d'amour de ses parents était rompue. Si l'explosion n'aurait jamais eu lieu, ils auraient sûrement divorcés quelques semaines plus tard.
Lexa observait les ruines de la bâtisse où elle avait passé sa jeunesse. Où elle avait vu entrer ses frères et sœur pour la première fois de sa vie, dans les bras de sa mère. Où elle avait appris à faire du vélo sur le macadam en évitant les lampadaires autrefois positionnés devant l'allée. Lexa sentait les larmes lui monter au yeux. Je n'y arriverais jamais, se dit-elle. Je n'y arriverais jamais sans vous dit-elle un peu plus fort, ses yeux vers le ciel. Une main se posa soudain sur son épaule. Elle s'apprêtait à essuyer ses larmes du revers de sa main mais s'arrêta quand elle vit Cole derrière elle. Elle n'avait pas besoin de cacher ses larmes face à Cole, elle savait qu'il ne la jugerait jamais. Il la comprendrait plus que quiconque. Elle avait rencontré Cole il y avait maintenant cinq ans, lui aussi rescapé d'une explosion dans le sud de la France.  Ils étaient des milliers à mourir chaque mois à cause de cette radiation s'échappant du gaz que les ennemis envoyaient. Bientôt, ils devraient envisager de vivre sous Terre, car il n'y aurait plus d'espace sain. On parlait d'en envoyer certains dans l'espace, mais Lexa savait très bien que ce projet n'arriverait jamais à bout. Elle observa Cole qui se tenait maintenant à son côté et la tentation en voyant les joues creuses et si douces de son petit copain prit le dessus. Lexa se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser rapide sur sa joue. Il lui sourit et lui prit la main.
"Ça va ? Comment tu te sens, tu tiens le coup?" il lui demanda.
"Ça peux aller..." lui répond Lexa, "Je sais que ça paraît un peu bête, mais je les sens avec moi en ce moment, comme s'ils n'avaient jamais quitté la maison..."
"Ce n'est pas bête du tout, je trouve ça fantastique" s'empressa de dire le jeune homme en prenant Lexa par la taille. Il la serra contre son torse et ils restèrent un long moment ainsi, des minutes, des heures, des jours, Lexa ne savait plus. La seule chose qu'elle savait était que lorsque son coeur battait contre celui de Cole, la douleur et la peine diminuaient. Elles étaient toujours là, et Lexa savait qu'elles ne partiraient jamais complètement, mais elles ne représentaient plus qu'un petit pincement dans sa poitrine.
"Viens, je veux te montrer quelque chose" dit Lexa après ce qui lui avait paru des heures.
Cole la suivi tandis qu'elle sortait de l'allée de son ancienne demeure. Plus Lexa s'enfonçait vers le coeur du village, plus son coeur se détachait. Elle voyait les ruines des maisons voisines dans lesquelles elle avait assisté à de nombreux repas. Elle espérait que ces personnes avaient été installés devant la télévision sans se douter qu'une bombe allait exploser à quelques mètres de leur demeure. Comme ça, il n'auraient pas souffert en pensant à la mort, pensa-t-elle. En continuant son chemin, Lexa visualisait ce qui fut autrefois les trottoirs sur lesquels elle avait apprit à faire du vélo; le terrain de foot maintenant dévasté sur lequel elle jouait avec sa famille après qu'ils aient avalé un superbe pique-nique préparé la veille par sa mère. Lexa serra la main de Cole lorsqu'ils passèrent devant ce qu'elle devina être son ancienne école. Il n'y avait plus de balançoires, plus de chaises, il ne restait même pas un bâtiment. Elle se dirigeait vers le parc derrière l'école. Lexa se souvenait les heures passées dans ce parc avec sa famille et ses amis. C'était ici qu'elle avait apprit à Pippa, sa petite soeur, comment se balancer seule sur la petite balançoire; ici qu'elle était restée allongée aux côtés de sa mère enceinte de ses deux petits frères plutôt que de jouer avec les autres enfants; ici qu'elle avait fait la promesse à Chloé, sa camarade de classe, de lui envoyer des lettres pendant toutes les vacances tandis qu'elle serait partie en voyage à l'étranger. En entrant dans le petit parc, Lexa se sentir dévastée. Plus rien. Il ne restait plus rien. Ni les balançoires, ni les bancs, ni les chevaux à bascules. Lexa sentit un sentiment d'abandon. Comme si, lorsque l'explosion avait tout ravagé, elle avait prit avec elle tous les souvenirs d'enfance de Lexa, ne laissant que les moments tristes.
Des larmes coulaient sur ses joues, et son regard était vide.
"C'est ici que je jouais avec mes frères et sœur" dit-elle à Cole, son regard toujours fixé dans le néant. "C'est ici que je venais jouer avec mes amis en sortant de l'école. C'est ici que je venais lire au ventre de maman quand elle attendait les jumeaux, Célio et Louis."
Cole ne disait rien, mais il n'en avait pas besoin. Juste sa présence près de Lexa la réconfortait. Il savait très bien ce qu'elle ressentait, il avait vécu la même chose quelques jours auparavant, lorsqu'ils étaient partit voir les désastres de ce qui fut autrefois le village du jeune homme.
"Je ne t'ai jamais parlé d'eux. Peut être parce que cela était trop douloureux. Mais maintenant, je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai plus autant de peine qu'avant. Papa et maman m'ont eu jeunes. Trop jeunes. Ils ont longuement hésité à me faire adopter, ils m'ont raconté. Mais lorsque maman m'a prise dans ses bras, elle a tout de suite oublié l'idée. Elle se fichait de son âge, à présent. Elle savait qu'elle allait devoir faire de son mieux pour être une bonne mère. Et elle l'a été. La meilleure mère qu'une petite fille puisse rêver avoir. Elle me bordait tous les soirs après m'avoir lu une histoire, et si elle sortait tard du travail, la première chose qu'elle faisait en arrivant à la maison était venir dans la chambre pour déposer un baiser sur mon front. Quand je me levais, elle était déjà partie travailler, mais tous les matins elle préparait mon petit déjeuner sur un plateau qu'elle déposait sur la table basse du salon. Tous les samedis après-midi, elle m'emmenait dans le pré un peu plus loin pour que je cueille des fleurs. Je lui offrais toujours mon bouquet, et chaque bouquet était plus grand et plus beau que celui de la semaine précédente. Elle n'arrivait même plus à les rentrer dans des vases au cours des dernières années" Lexa lâchait un petit rire à ces mots. "Mon père aussi était extraordinaire. Il était magicien. Enfin c'est ce qu'il essayait de me faire croire, mais j'étais une enfant maligne, je découvrais toutes les solutions de ses tours. Il n'était pas bon cuisinier, et ma mère faisait la plupart des repas. Mais lorsque celle-ci travaillait trop tard, nous préparions toujours une pizza géante mes frères, ma soeur et moi. Mon père s'occupait de la pâte pendant que nous choisissions la garniture... Ma sœur Pippa était sept ans plus jeune que moi. Quand je l'ai vu passer la porte d'entrée pour la première fois, je ne l'ai pas du tout aimée, parce que je savais qu'elle allait me prendre tous mes jouets. Mais dès les premières heures passées avec elle, j'ai su que je ne voudrais plus jamais la quitter. J'allais lui apprendre à se coiffer, se maquiller, bien s'habiller... Mais j'ai vite compris que ce n'était pas ce qui l'intéressait. A quatre ans, Pippa savait faire des puzzles entiers et savait dessiner notre maison ainsi que notre famille entière mieux que moi. Elle aurait accompli de grandes choses, ma petite soeur..." Lexa renifla à l'idée que sa soeur n'aurait jamais la chance d'exploiter ses talents. "Pour les jumeaux, ça ne s'est pas du tout passé pareil. J'avais huit ans quand ils sont arrivés, et je me souviens qu'en les voyant passer la porte dans les bras de maman, j'ai cru voir trouble. Il ne devait y en avoir qu'un! Comme quand Pippa était arrivée. Je me souviens m'être demandé si maman en avait volé un à la maternité" un sourire s'élargit sur le visage de Cole. Il regardait Lexa avec de grands yeux pleins d'admiration.
"Mais ces deux petits bouts ont fait fondre mon coeur dès les premiers instants, avec leurs rires et leur petites bouilles adorables. Ils rigolaient pour tout, ces gamins. Ils étaient joyeux. J'espère qu'ils le sont toujours..." la voix de Lexa se brisa.
"Ta famille paraît merveilleuse" dit Cole après un long moment.  "Je suis sûr qu'ils sont très fiers de toi à présent. Tu leur redonnes vie, en parlant d'eux ainsi"
"Tu sais, je n'ai jamais réussi à parler d'eux à quelqu'un jusqu'ici, mais maintenant, en étant de retour à la maison, c'est comme si j'avais réussi à les laisser partir. Ils sont toujours dans mon coeur, évidemment, mais j'ai l'impression que la petite partie douloureuse qui s'était déposée sur mon coeur est partie, et qu'il ne me reste que les bons moments en tête."
"Ceci s'appelle faire son deuil, Lex, chaque personne a un rythme différent pour cet chose. Toi, il t'a fallu revenir à l'endroit où tu les as perdu, comme si tu devais les libérer à l'endroit où leur vie s'est arrêtée... Je suis fier de toi, et je sais qu'ils le sont aussi."

Leur montre se mit à vibrer à l'unisson. Tous les rescapés avaient été munis d'une montre connectée au centre de contrôle qui les avait recueilli. Le message reçu provenait du commandant, qui les informait que le temps autorisé dans la zone venait à bout. Ils avaient un temps limité dans les endroits victimes d'explosion, car même si le gaz n'était plus respirable, des petites particules pourraient être restées dans l'air.
"C'est l'heure d'y aller, Lex" la voix de Cole sortit Lexa de ses pensées.
"Quelques minutes, afin de dire une dernière fois au revoir. Va voir le commandant et dit lui que j'arrive"
Cole lui sourit et partit d'un pas rapide.
Lexa ferma les yeux et sentit le  vent l'envelopper, comme si il annonçait la présence de sa famille. "J'espère que vous m'entendez et que tout va bien, peu importe où vous êtes." Lexa se sentait bête de parler seule, les yeux clos et la tête légèrement tournée vers le ciel. Mais elle continua : "Alors voilà, j'ai réussi à vous faire partir... Mais ça ne veux pas dire que je vous oublie. Je vous laisse juste vivre ailleurs en vous laissant une bonne conscience, en vous laissant savoir que je vais bien, que tout va bien ici." Elle rouvrit les yeux et aperçu le dos de Cole quelques mètres plus loin. "Je m'en sortirais, vous n'avez pas à vous inquiéter pour ça. J'ai des personnes qui veillent sur moi ici. Et je sais que vous veillez sur moi tout le temps. Vous ne quitterez jamais mon coeur, ni toi, maman, ni toi, papa, ni toi, Pippa, ni vous, mes jumeaux préférés. Alors voilà, je suppose que je dois vous dire au revoir, à présent... Continuez de veiller sur moi, et n'hésitez pas à me remettre dans le droit chemin si je dérape" Lexa laissa un rire s'échapper. "Je vous aimes. Plus que tout. Vous êtes une partie de moi, mais je dois vous laisser partir maintenant, afin de pouvoir vivre ma vie comme il se doit. Merci pour tout"
Lexa admira une dernière fois le ciel, puis sentit le vent caresser ses joues, avant qu'il ne disparaisse. Le vent était tombé.
Lexa se mit à courir et rattrapa Cole. Elle glissa sa main dans la sienne et tout deux quittèrent le village dont lequel elle ne garderait que les plus beaux souvenirs.

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 422
    • BEOCIEN
Re : Radiations
« Réponse #1 le: 23 juillet 2018 à 19:30:09 »
Bonjour


Niveau d ecriture excellent !


Une histoire un peu triste rachetee par cet amour naissant.


Queques fautes d inattention :

Citer
Mais aussi de pleurs se souvena-t-elle
se souvint t elle


Citer
Si l'explosion n'aurait jamais eu
n avait

Citer
Lexa se souvenait les heures passées
des heures passees.
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 016
Re : Radiations
« Réponse #2 le: 23 juillet 2018 à 21:40:57 »
Hello, j'ai lu ce texte que je trouve intéressant car plus dans la réflexion sur le deuil que dans l'aventure ou la sf.
Quelques remarques :
"Mais aussi de pleurs se souvena-t-elle." se souvint-elle.
"Mais comme tous les couples " et "Mais quinze ans plus tôt, même si " 2 x mais en début de phrase, je pense que tu peux carrément les supprimer, ils n'apportent rien.
"Si l'explosion n'aurait jamais eu lieu, ils auraient sûrement divorcés quelques semaines plus tard. " Si l'explosion n'avait..."
". Où elle avait vu entrer ses frères..." et la phrase suivante commence également par où.
Je ne suis pas sur que ce soit correct.

"Ils étaient des milliers à mourir chaque mois à cause de cette radiation s'échappant du gaz que les ennemis envoyaient. " l'explication me semble confuse, je comprends le dangers de radio activité, de gaz radio actif s'échappant d'une centrale à la suite d'attentats, je comprends pas que des ennemis envoient ce gaz, comme si ils pouvaient l'envoyer où ils voulaient.

"Comment tu te sens, tu tiens le coup?" il lui demanda. " lui demanda t'il.

"Ceci s'appelle faire son deuil, Lex, chaque personne a un rythme différent pour cet chose." pour cette chose ( mais l'expression n'est pas heureuse, il faudrait formuler autrement.)

"Leur montre se mit à vibrer à l'unisson" Leurs montres se mirent...

" et tout deux quittèrent le village dont lequel elle ne garderait que les plus beaux souvenirs" tout deux quittèrent le village dont elle ne ...  Supprimer lequel.
Merci pour la lecture.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.017 secondes avec 15 requêtes.