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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Dans sa peau (explicite)

Auteur Sujet: Dans sa peau (explicite)  (Lu 1259 fois)

Hors ligne BleuAcier

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Dans sa peau (explicite)
« le: 15 Juillet 2018 à 09:32:39 »
J’avais été happé dès la première minute. A quoi ça tenait ? En réalité, cette fille n’avait rien de spécial. Elle n’était même pas jolie. Pas laide non plus, mais rien d’extraordinaire. Ou alors...tout venait de son attitude. Cet excès d’assurance qui suintait de chaque pore de son être. Suffisance serait sans doute un terme plus adéquat. Mais oui, moi le timide, moi le lâche, moi le froussard, moi qui pissait dans mon froc rien qu’à l’idée de devoir dire bonjour à une femme, je la trouvais épatante d’audace et d’amour pour elle-même. Je l’enviais sans doute.

C'était un dimanche soir, après deux semaines passées en famille, pour les fêtes de fin d'année. Je rentrais, en train, chez moi, la bidoche encore trop pleine de bouffe, de fausses joies, de sourires polis, de rancoeurs et d'aigreurs ravalées. Je devais paraître bien morose, affalé sur mon siège, à essayer d'éviter mon reflet dans la vitre pour ne pas amplifier mon dégoût de moi-même. Je comptais retrouver mon appartement, sans doute glacé maintenant, m'écrouler sur mon lit, m'enfoncer dans le sommeil pour oublier que la vie pouvait être une sacrée chienne à vous laisser croire que le meilleur existait, ailleurs, loin de vous, à faire son autopromotion pour mieux vous  jeter dans le mépris d'un quotidien exécrable.
Trop occupé à me flageller intérieurement, me serinant la liste de mes faiblesses et défauts, je ne l'avais pas vue débarquer. C'est bien souvent comme ça : on est si occupé à se gratter tristement le nombril qu'on rate de belles opportunités.
Là, le hasard m'était rentré dedans, m'obligeant à me détourner de moi, à me prendre les choses en pleine face. Évidemment, c'était elle qui m’avait abordé. Moi je n’aurais jamais osé. Je remarquais son maquillage dégoulinant, ses cheveux qui paraissaient gras, ses jeans crados. Je me souviens surtout du vernis écarlate et émaillé sur  les ongles de ses pieds. Elle était hors saison, hors mode aussi. Son allure lui importait peu.  Elle avait l'air de se croire canon malgré tout, indifférente aux  convenances et aux conditions climatiques.

Elle s’était jetée sur la place à côté de moi, avait étendu ses jambes sur l'appui-tête avant, et elle avait parlé, parlé, parlé, comme si on se connaissait depuis la nuit des temps. De la gastro de sa sœur, de son ex, ce fils de pute qui l’avait trompée avec une certaine Magali, de ce petit resto, rue des marmottes. Elle m'avait raconté son premier joint, sa première baise, ses merdouilles professionnelles. Et moi j'absorbais tout, voracement. Chaque détail de son existence m'apparaissait comme splendide, divin. Ça peut paraître dingue, à un moment je me suis même dit que j'aurais voulu être elle, cette femme si bien dans sa vie, dans son corps, qui s'étalait sans même imaginer que ça puisse faire chier l'autre, toutes ses conneries. Moi qui passais mon temps à m'excuser-"pardon ayez l'extrême amabilité de bien ne pas m'en vouloir d'être cet ignoble petit insecte rampant qui ne sait jamais quoi faire de lui"- je voulais être pénétré de son aura. Les gens pleins de fierté m'avaient toujours attirés. Je les quémandais comme amis, comme gourous, pour connaître le secret de leur charisme, le détenir à mon tour, et enfin être aimé ou, au moins, cesser d'être invisible.

Alors elle, dès la première seconde, j'avais voulu rester dans son sillon, m'imprégner de son caractère, m'en enivrer. J'avais donc hésité à rester dans le train quand il était arrivé à ma destination. J'aurais voulu poursuivre mon chemin avec elle, m'y agglutiner telle une mite ravie d'être piégée par un papier tue-mouche. Je me levai quand même, à regrets. De toute façon qu'aurait-elle fait de moi, ce mec transparent, sans humour, sans physique, sans intelligence particulière, celui qu'on voit passer et qu'on oublie aussitôt  ? J'avais fait mon raisonnement seul : lâcher l'affaire avant d'être jeté comme une merde.

Pourtant, à mon étonnement, elle prit ma suite. Sans réfléchir, comme ça, en continuant son babil. Sur le quai, puis dans le hall, nous traversions ensemble la foule de voyageurs auxquels elle ne semblait attacher aucune importance. Elle continuait son monologue, complètement absorbée par moi, tantôt me touchant le bras, tantôt  cognant son épaule contre la mienne pour appuyer une phrase. Chaque contact me remplissait d'extase. Pourquoi moi, je n'aurais su le dire. Je ne comprenais pas. Elle ne m'avait pas vraiment choisi, je pense, simplement la place à côté de moi était libre. Mais je redoutais déjà que ma chance passe, qu'elle réalise soudain que je ne présentais aucun intérêt.

Elle resta à mes côtés une fois la sortie atteinte, dans la rue froide où scintillaient encore les décorations de Noël, puis jusqu'à ma bagnole où elle grimpa sans poser de questions, sans même songer à me demander si cela me dérangeait. Certains parleraient d'incruste, j'espérais juste que ma veine se poursuivrait.
Et ce fut le cas. Elle était collée derrière moi dans les escaliers de mon immeuble, et lorsque je déverrouillai la porte de mon appartement. Elle s'écroula sur mon canapé, comme si elle était venue là des milliers de fois, envoya valser ses sandales, sa veste, son froc, son marcel. Je bloquais sur ses petits seins blancs à la pointe toute brune, sur le tatouage sur son ventre, un requin.
"Tu viens ?"
Sa culotte coula sur ses cuisses, s'attarda un peu sur ses chevilles, devint parachute un bref instant, s'écrasa sur le sol. Elle exposait le plus intime sans aucune pudeur, si aisément. Je me prosternais, la buvais jusqu'à la dernière goutte, aspirant son essence, me donnant l'illusion qu'elle allait ainsi me contaminer d'elle-même, faire de moi son double parfait. Je jouissais de son orgasme, m'en satisfaisant pleinement.
Elle défit ensuite ma braguette, essaya de me stimuler, mon sexe restait mou, honteux de ne pas être assez bien pour elle.  Elle soupira. "Bon tant pis, allons dormir."

J'avais passé la nuit à observer cette femme qui avait pris si facilement possession de mon lit, de mon esprit sans doute aussi. Dans ma chambre neutre, teintée de blanc et de beige, sans tableau, sans bibelots, ni aucun élément décoratif, elle devenait merveille, œuvre d'art justifiant la simplicité de la pièce, qui ne devait pas détourner le regard de son élément central. J'admirais sa chevelure réunie en chignon brouillon, son visage lisse et paisible. Comment pouvait-on s'abandonner si facilement au premier venu, rêver paisiblement dans des lieux inconnus, choisir la confiance en un complet étranger ? Partirait-elle aux aurores, me laissant juste le souvenir d'un éblouissement ? J'avais envie de lécher tout son corps, chaque millimètre de sa peau, de baiser sa bouche, ses yeux, son front, pour me nourrir d'elle. Je voulais encore m'abreuver de sa féminité, comprendre d'où elle tirait sa force de caractère.

Au petit matin, elle s'étira langoureusement, me sourit. "Bon, je vais faire le tour des restaurants et bars pour voir si je trouve un taf. Café ?"
Je m'empressai d'aller le faire couler en essayant de savoir si j'avais bien compris. Voulait-elle vivre ici, avec moi ? Je préparais aussi de quoi petit déjeuner, me maudissant de ne pas avoir de quoi l'épater. Le soir, après le travail, j'irais vite faire des courses. Bordel, pourvu qu'elle soit encore là à mon retour...
Elle me rejoignit après avoir pris une douche. Nue, sans essayer de rien cacher de ses défauts physiques. Avait-elle seulement idée d'en avoir ? Je me sentais juste con dans mon caleçon froissé, ultra conscient d'être fin, bien trop fin pour un mec de mon âge, ressemblant plus à un préadolescent qu'à un vrai mâle imposant.
Elle s'assit à table, croqua dans une biscotte, joua avec son portable.
"C'est quoi ton nom au fait ?
- Quentin. Et toi ?
- Paloma. Ton 06 ?
Je me régalais de savoir qu'elle me voulait sur sa liste de contacts. Je sortis le double de mes clés d'un tiroir, les posais nonchalemment près de sa tasse, sans un mot. Puis j'allais me préparer.

Retourner au boulot me parut encore plus difficile que d'habitude. Côtoyer des gens qui passent leur temps à regarder à travers vous ou, pire,  à se moquer, à ironiser sur vos moindres propos devint plus pénible encore. S'éloigner de la lumière, redevenir ombre, loin d'elle.
Je passais mon temps à guetter mon portable, au cas où. Mais rien ne venait. Je songeais que j'aurais dû moi aussi lui demander ses coordonnées ; je n'avais pas osé. Peut-être que, du coup, je manquais l'occasion de lui faire comprendre qu'elle pouvait s'éterniser. Que j'avais le terrible désir qu'elle ne quitte plus mon appartement.
La journée fut longue, interminable. Il me tardait de rentrer, de savoir si j'allais la retrouver. J'étais quand même passé au supermarché du coin, pour m'approvisionner, juste au cas où.

En arrivant, des éclats de rires, frais, joyeux, dans mon chez moi normalement trop silencieux. Je longeai le couloir pour découvrir trois autres femmes sur mon canapé. Une bouteille de vin, quelques biscuits apéritifs. Elles me sourirent.
"C'est lui", se contenta de dire Paloma. Je me demandai ce que contenait cette assertion. Je demeurai sur le seuil, gêné. Entrer, les laisser entre elles ?
Paloma se redressa.
"Viens prendre un verre."

Tout le reste ne fut que tourbillon.  Je m'étais retrouvé au milieu d'elles, écoutant le bourdonnement de leurs conversations, non pas homme intrus ou vaguement toléré, mais élément du groupe. Je buvais à petites gorgées, me sentant parfaitement intégré, savourant leurs délires et confessions. Étrange sensation. Avec Paloma, tout cela était évidence quand, usuellement, je ramais des jours, des mois pour obtenir un semblant d'acceptation. Je me sentais si bien.

Les jours suivants confirmaient mes impressions. Paloma avait ce don pour nouer des relations. De l'aisance, du charisme. Elle s'était constitué en un rien de temps ce réseau dont j'avais toujours rêvé, et qui m'était demeuré inaccessible malgré bien des tentatives. Par elle, ma vie changeait. Sorties, rencontres, je cessais d'être un misérable cafard enfermé dans sa boîte. J'existais, tout simplement.
Plus je la fréquentais, plus je tentais de me calquer sur elle, cherchant à acquérir ce qui chez elle relevait de l'inné, une véritable confiance en soi. Et presque chaque nuit, entre ses cuisses, je lapais fébrilement ses sucs, persuadé de recueillir ainsi des bouts de son âme, de les intégrer en moi, qu'ils finiraient de me défaire de ma personnalité triste et morne, pour faire de moi son double, même de moindre qualité.

Ceci dit, je ne réussissais toujours pas à la pénétrer. Je me voyais bien trop vil et bas pour y arriver. J'avais beau essayer, rien n'y faisait. Au fond de moi je redoutais de la salir, que mes propres faiblesses ne l'entâchent.

Évidemment, toutes ces considérations lui échappaient totalement, cela ne se passait qu'entre moi et moi. Elle ne me faisait aucun reproches certes ; je savais toutefois que cela ne durerait pas.
D'ailleurs je remarquais bien que parmi tous ces êtres qu'elle intégrait progressivement dans notre entourage, certains hommes n'hésitaient guère à jouer de leurs charmes avec elle. Elle se laissait griser, séduire, tenter. Un jour ou l'autre, elle changerait d'amant. Cela ne faisait aucun doute et j'appréhendais le moment.

La chose survint plus vite que je ne m'y attendais. Un soir que je rentrais, je la retrouvai avec cet autre, dans mon lit, partageant une cigarette. Ce type représentait une sorte d'idéal à atteindre pour moi. Bien dans son corps, bien dans sa tête. De l'épaisseur, de la densité, avec une pointe de dédain pour les autres. S'aimant suffisamment pour ne jamais se laisser démonter. Le genre dont j'aurais rêvé être l'ami, que j'aurais cherché à imiter, autrefois.
Sans aucune gêne, fidèle à elle-même, Paloma me proposa de les rejoindre. Je m'étais exécuté, sans réfléchir. Nous avions discuté un temps, de sujets frivoles et légers. Je m'étonnai moi-même de ne pas éprouver de jalousie. Ma seule hantise était de la voir me quitter pour vivre avec un autre. Or elle le congédia comme s'il n'avait été que distraction,  et j'eus seul le privilège de m'endormir près d'elle.
D'autres suivirent, des hommes très divers. J'aimais cette façon qu'elle avait de les dédaigner après utilisation. Dans mon œil, elle ne cessait de gagner en force, en envergure. Tous ces mâles n'étaient que de vulgaires gadgets à jeter aux détritus  une fois vidés de leur substance.
Dieu que je l'admirais ! Dieu que je l'enviais. Si seulement j'arrivais à me comporter ainsi avec les autres ! Centré sur moi-même, tout en étant attractif, attisant toutes les sympathies sans véritable effort.

Mais il me fallût voir la réalité en face. Dans le fond, moi aussi je n'étais qu'un élément dans cette nuée qui dansait autour d'elle. Paloma n'agissait qu'en fonction de son intérêt propre. Elle ne se souciait pas de savoir si les autres pouvaient avoir besoin d'elle. Elle les prenait, les aspirait, les recrachait dès qu'ils perdaient de leur saveur. Ce n'était pas de l'égoïsme, juste de l'égocentrisme.

J'avais connu Paloma dans un train. Elle quittait un endroit, des gens, pour s'installer ailleurs, je ne sais où. Elle avait pris un ticket, choisi une destination précise. Je n'étais qu'un détour, une pause dans son voyage. D'ailleurs, elle n'avait jamais vraiment déposé ses bagages. Elle n'avait investi aucune armoire, aucun tiroir. Si sa personnalité avait envahi tout mon espace, matériellement, elle ne s'était pas inscrite dans mon logement.

Un beau matin, au réveil, elle m'annonça son départ avec indifférence et nonchalance. Sans doute avais-je fait mon temps, elle ressentait l'envie de passer à autre chose. Next. Sauf que moi je n'étais pas prêt. J'avais encore besoin qu'elle me transmette sa solarité, pour pouvoir rayonner autant qu'elle. Je m'entendis gémir, supplier pour qu'elle retarde son départ. Elle se contentait de rire. "Tu te doutais bien que ce ne serait pas pour toute la vie." 
Je continuais à implorer pour du rab. Elle allait, venait, tâchant de rassembler le peu d'affaires qu'elle avait dispersé ici et là. Je  tirais sur son sac, lui arrachais ce qu'elle amassait, essayais d'argumenter, m'accrochais à elle sans aucune dignité. Les larmes me montaient aux yeux, ma voix prenait ce ton geignard. La violence de l'émotion peut-être, je me dédoublais soudain, survolant la scène, et je haïssais ce type sans honneur qui ne se contrôlait plus, rampait aux pieds de cette femme. Quoi n'avait-il donc rien appris d'elle, de sa fierté ? N'avait-il toujours pas acquis un peu d'orgueil ? J'aurais voulu le frapper, pour lui faire entendre raison. Au lieu de quoi, j'assistais, incapable de l'arrêter, à sa déchéance. Il était à genoux, morveux, trempé de ses pleurs, s'agrippant à ses jambes. Elle essaya de se défaire, tomba à terre, il l'assaillit d'autant plus, couvrant son corps du sien, le plombant, comme pour l'arrimer à cet appartement. Elle se débattait, hurlait. Il porta la main sur sa bouche pour ne pas l'entendre l'avilir. Elle qui l'avait illuminé de l'intérieur, elle ne pouvait pas lui retirer cela maintenant.
"Bon sang, arrête, arrête, arrête !". D'en haut, je croyais pouvoir le raisonner. Ou revenir en moi. Éteindre cette folie qui le possédait.
J'avais beau essayer, rien n'y faisait. Et je vis, je vis, je vis soudain ses mains tremblantes autour de son cou. Je savais son corps entier parcouru de spasmes, tous ses muscles en tension, comme en transe. Je sentis sa violente érection quand il réalisa que leurs deux êtres accolés tressautaient à l'unisson. Ils allaient fusionner, ne former plus qu'une seule personne, il serait elle, la puissance et l'arrogance réunies. Il serra plus fort, se laissant emporter dans une brutale jouissance et je demeurais interdit, choqué, terrifié par ce qu'il, ce que moi,  j'étais en train de faire.

Puis tout cela fut soudainement recouvert d'obscurité. M'étais-je évanoui ?

*************
Combien de temps ma mue avait-elle pris ? La douce chaleur matinale m'enveloppait, apportant force et vigueur à mes membres endoloris. Je m'étirais, me relevais lentement, reprenant possession de mon corps. J'observais froidement le cocon à mes pieds, savourant ma métamorphose. Je me sentais fort, puissant, prêt à déployer mes ailes pour faire de ce monde le mien.

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
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Re : Dans sa peau (explicite)
« Réponse #1 le: 15 Juillet 2018 à 20:37:27 »
Bonjour

Une bien belle histoire - je me suis laisse emporter jusqu au bout ! :)



Merci a toi !!!
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne BleuAcier

  • Scribe
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Re : Dans sa peau (explicite)
« Réponse #2 le: 16 Juillet 2018 à 12:39:04 »
Hello,
Ravi que cela t'ai plu txuku  :). Merci de ta lecture et ton commentaire.

Hors ligne LS01

  • Plumelette
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  • " ولنا في الخيال،... حياة "
Re : Dans sa peau (explicite)
« Réponse #3 le: 16 Juillet 2018 à 17:15:34 »
Bonjour,

En lisant ton texte j'ai senti qu'il est personnel. Lorsque l'auteur passe de la première à la troisième personne à la fin du récit, ça conforte dans cette impression, comme si l'auteur prenait du recul par rapport au crime commis par son personnage.

Cependant, je déteste l'idée que véhicule le texte, et surtout dans sa conclusion.
Que le personnage principal commette un viol et en tire une force quelconque est abject, le fait que ça ne soit pas plus fermement condamné dans le récit d'une manière ou d'une autre, m'agace au plus haut point.

Hors ligne BleuAcier

  • Scribe
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Re : Dans sa peau (explicite)
« Réponse #4 le: 16 Juillet 2018 à 18:23:19 »
Hello LS01,

Tout d'abord merci de ta lecture.

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En lisant ton texte j'ai senti qu'il est personnel. Lorsque l'auteur passe de la première à la troisième personne à la fin du récit, ça conforte dans cette impression, comme si l'auteur prenait du recul par rapport au crime commis par son personnage.
Euh alors non, pas du tout. Ce texte est une pure fiction.  Et si tu me connaissais tu rirais de ton erreur ^^. Je ne correspond pas du tout, du tout au personnage, mais alors pas du tout.

Citer
Cependant, je déteste l'idée que véhicule le texte, et surtout dans sa conclusion.
Que le personnage principal commette un viol et en tire une force quelconque est abject, le fait que ça ne soit pas plus fermement condamné dans le récit d'une manière ou d'une autre, m'agace au plus haut point.
Méprise encore (ai-je mal décrit ?). Il n'y a pas viol, mais meurtre, il l'étrangle.
Citer
je vis soudain ses mains tremblantes autour de son cou.
D'ailleurs il ne se déshabille pas, ne lui arrache pas ses vêtements, je n'ai pas du tout l'impression d'avoir décrit un acte sexuel forcé.  Les spasmes puis le dédoublement traduisent la transe, le passage dans la folie. Il y a le raisonné qui observe et n'arrive pas à arrêter le fou en lui. En plus, pour moi le viol serait incohérent dans l'histoire. Il ne cherche à aucun moment à la posséder, en réalité. Il veut être elle. Avoir sa force d'esprit.
Alors sans doute me demanderas-tu pourquoi l'érection ? Rien de sexuel à proprement parler. Elle traduit sa prise de puissance (lui qui n'y arrivait pas auparavant).
D'ailleurs la scène finale est censée décrire cela : elle est une enveloppe morte à ses pieds et son "âme" est entrée en lui.
Tu me diras alors que je valide un meurtre. Non plus. Mais arriver avec mes gros sabots et dire :" ahlalala c'est pas bien ce que fait le personnage", je ne trouve pas cela intéressant (même si son double-raison le fait un peu). J'estime le lecteur suffisamment intelligent pour le faire tout seul. C'est la description de l'évolution d'un être, pas une validation de ses actes.

Je te remercie encore de ton passage et de m'avoir livré tes impressions afin que je puisse expliciter mon texte. :)

Hors ligne LS01

  • Plumelette
  • Messages: 9
  • " ولنا في الخيال،... حياة "
Re : Dans sa peau (explicite)
« Réponse #5 le: 17 Juillet 2018 à 02:00:00 »
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Euh alors non, pas du tout. Ce texte est une pure fiction.  Et si tu me connaissais tu rirais de ton erreur ^^. Je ne correspond pas du tout, du tout au personnage, mais alors pas du tout.

D'accord. Ça veut dire que tu es impliqué dans tes textes. Et c'est une bonne chose, je trouve.

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Méprise encore (ai-je mal décrit ?). Il n'y a pas viol, mais meurtre, il l'étrangle.

Pour moi c'était un viol, doublé d'un meurtre maintenant que tu l'as expliqué. Mais je parle juste pour moi et de ce que j'ai compris en lisant ton texte.

Citer
Mais arriver avec mes gros sabots et dire :" ahlalala c'est pas bien ce que fait le personnage", je ne trouve pas cela intéressant (même si son double-raison le fait un peu). J'estime le lecteur suffisamment intelligent pour le faire tout seul. C'est la description de l'évolution d'un être, pas une validation de ses actes.

Ce que je voulais dire c'est qu'en général, les textes qui parlent de sujets sensibles comme par exemple la violence, le viol (même si ce n'est pas le cas pour ton texte apparemment), et le banalisent ou ne le condamnent pas suffisamment (peu importe la manière, subtilement ou en arrivant avec des gros sabots) m’exaspèrent beaucoup. C'est, personnellement, le sentiment (peut-être injustifié) que j'ai eu en lisant la conclusion de ton récit.

Bon courage pour la suite.

 


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