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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'éventualité des aigus aqueux

Auteur Sujet: L'éventualité des aigus aqueux  (Lu 3719 fois)

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
L'éventualité des aigus aqueux
« le: 09 Mai 2018 à 23:54:37 »

Je ne me tatouerai finalement pas cette clé de fa. Je ne passerai pas de week-end en Bretagne. Je ne t'inviterai pas non plus à prendre un verre.

On me regarde, à siroter mon verre de vin blanc, là dans cette ruelle, à entendre ta voix cristalline me demander où je nage ainsi, où je flotte ainsi, à retourner le gravier de mes pensées. A murmurer, seul, comme un fou. J'ai toujours les mêmes vêtements. Quarante-huit heures que je les porte. Acquis pour l'occasion, pour cette prestation qu'on prétend avoir été brillante, et pourtant. Un peu trop chics pour moi, c'est sans doute pour ça qu'on m'observe, c'est rare que je sois aussi bien accoutré, ou aussi bien rasé d'ailleurs. Pourquoi donc ai-je gardé ces habits, ce style qui me correspond si peu au-delà des couleurs ? Hier, je m'étais senti bien dans ce pantalon beige, ciré, dans ce pullover bordeaux, à amuser les pontes. Peut-être voulais-je prolonger cet instant, préparer une bonne nouvelle qui n'est jamais arrivée.

Je ne t'inviterai donc pas à prendre un verre et sans doute nos interactions, comme à leur habitude, se perdront-elles dans l'entrelacs des saisons, le tricot des circonstances, les autoroutes de nos priorités que jamais elles ne daigneront emprunter. Allées et venues, ici et là, loin l'un de l'autre. Toi dont je rêve. Je revois l'amoncellement de jours, de visages, de villes, de chambres d'hôtel ou de coins de canapé qui ont comblé ce mois ; de rires, d'embrassades, de discussions, strates d'existence qui m'ont conduit jusqu'à cette table. Jusqu'à cet échec. Puisqu'on parle de table tiens, à la table d'à côté, on déguste une Hefeweizen, on se demande d'où ça vient.

- Ça n'est pas comme une blanche belge, répond le serveur, c'est une méthode de fermentation allemande je crois, enfin je suis pas spécialiste. Moi c'est plutôt le vin. Mais c'est bon, ça se boit bien, quand il fait doux comme ça c'est rafraîchissant ! 

Les aigus de ta voix, les très rares instants où une syllabe plus aquatique que les autres trahit ton manque d'assurance ; quel charme ça te donne ! J'ai triché. Je suis allé dénicher ta voix. Je m'en suis gavé avant-hier, et le jour d'avant aussi. Il faut dire que dans le stress qui précédait cet absurde entretien, tu m'as beaucoup apaisé, sans le savoir. Tu ne le sauras jamais. C'est aussi pour ça que c'est si agréable. J'entends ces soubresauts qui, cahin-caha, rappellent le timbre d'une personne qui a bu, ou celui d'un enregistrement qu'on passerait en accéléré sur une bande comme dans un vieux film policer. Je ne verrai sans doute jamais ton visage. Ou alors, je ne saurai pas. Peut-être qu'un jour au milieu de la foule dans l'ignorance ton visage s'offrira à moi et je ne le verrai pas, il se superposera dans le couloir d'une station métro à une publicité rose ou jaune citron, comment pourrais-je savoir que c'est toi, ce flash au milieu de la foule. 

Mohamed finit par me rejoindre. Il refuse de rentrer dans le café — trop de vieux, me dit-il. Nous trouverons un bar branché et, alors qu'il sirotera un cocktail sans alcool et moi une bière, je le verrai lentement dériver, happé par ses pensées tristes.

- Je ne sors plus, finira-t-il par murmurer. Je sortais avec ma femme. Elle me manque.

Je me sentirai bête. Je me sentirai subitement plus proche de lui aussi, moi qui imaginais la notification du divorce comme un soulagement, après tout ce qu'il m'a raconté. Après tant de souffrances. Mais pourtant, elle lui manque, je ne l'aurais pas imaginé mais quand on y pense, quoi de plus humain, quoi de plus logique aussi ? Je repenserai alors curieusement à Kara, mais très vite tu la chasseras, je repenserai à toi et ton visage mystérieux que je ne verrai jamais, à ce verre que nous ne boirons jamais, dissous dans mon fantasme bouillonnant, toi que j'aurais aimé rencontrer un jour. Puis je penserai à Santiago et ses plages, aux mois dont j'aurai besoin pour encaisser tout ça, à ma réaction si tu viens à m'écrire dans les semaines qui viennent ; quelque chose me dit que tu finiras inévitablement par le faire, ça participe d'une certaine politesse qui te caractérise. J'inviterai Kara à San Diego, quelques jours après mon retour, nous prendrons un café ensemble, j'évoquerai rapidement ce qui s'est passé ici, sans rentrer dans le détail, et surtout sans rien laisser paraître de l'impact que ça aura eu sur moi, je me laisserai prendre à son petit jeu mondain, à son raffinement jamais assez grand pour compenser ma vulgarité, je vois son rire discret, ses paupières qui se plissent, ses jambes croisées, son verre de vin qu'elle tient élégamment dans sa main posée sur son genou. Peut-être finirons-nous par sortir dîner ensemble, par marcher le long de la plage en laissant des regards complices ricocher sur la mer en mouvement, peut-être que dans un impassible choix, elle cédera, ou je céderai, peut-être, après tant d'années d'errance, finirai-je par opter pour la solution de facilité. Un autre futur s'écrira, heureux peut-être, résigné sans doute. Je cesserai alors de te répondre. Ou peut-être continuerai-je de te répondre, et toi aussi, mais peut-être qu'alors tout nous paraîtra lointain, diffus, peut-être que cette fausse amitié prendra le tournant bon enfant qu'elle n'a pas encore, peut-être que cela lèvera l'ambiguïté qui nous empêche de véritablement discuter comme des gens qui s'apprécient, des gens de carton, sans sentiments, sans attaches, peut-être que l'éventualité... Peut-être finirai-je par ne plus imaginer, au réveil, mon corps légèrement courbé contre le tien, ma main sur ton ventre, douces volutes de bien-être qui m'incitent à rester chaque matin quelques minutes de plus au lit, jusqu'à ce que je m'assure que tu n'existes que dans mes pensées.

- C'est tous des fils de putes.

Mohamed rira, de son rire bruyant, proche du hennissement.

- C'est au moins la trentième fois que tu le dis aujourd'hui, Thomas.

Je n'aurai pas entendu. Je le fixerai, et je me verrai alors naviguant de rue en rue avec mon piano dans un autre futur, nourrissant de mes sons les façades noirâtres des grandes villes et des moins grandes villes, oh oui, de sonate en chansonnette, d'harmonie mystique en marche funèbre, je laisserai ici ou là un passant me livrer son sourire, m'érigerai en maître des larmes qui fendent une joue, fossiliserai le regard d'un enfant qui, le doigt sur la bouche, se sera attardé devant l'itinéraire de mes doigts.

Je ne serais pas plus malheureux à bourlinguer ainsi de square en square, de zinc en zinc, la barbe et les cheveux coupés avant-hier auraient repoussé... Mais non, Santiago, je sais qu'après quelques jours à dormir comme une enclume, lorsque je serai de retour dans quelques semaines, je ne pourrai m'empêcher d'inviter Kara à prendre un café, je me laisserai prendre à son jeu intéressé et finirai par ressembler au mondain que j'ai toujours tant redouté de devenir, par impatience peut-être, par opportunisme certainement, c'est ce futur qui finira par s'imposer ; Kara rira de mes jeux de mots convenus, je corrigerai son français approximatif, je serai habillé comme maintenant, comme un sale parvenu, et petit à petit ça deviendra coutume, de s'habiller comme ça, comme un parvenu. Subitement c'est Kara que je vois avec ta voix, et bientôt mes cheveux redevenus longs caressent mon corps malingre et frileux pendant que mes doigts sur les touches se contorsionnent, Kara, ou ta voix, ou l'errance, tant de futurs, trois futurs, probable, ou fantasmé, ou bohème.

- C'est vraiment tous des sales fils de putes, m'entendrai-je dire en attendant, secouant la tête d'incompréhension.

Mohamed ne rira même plus, les coudes sur la table, replié sur lui-même. Il regardera sur le côté l'oeil vitreux.

- Tu sais une chose, Thomas, finira-t-il par articuler avec son fort accent, ici quand j'essaie de draguer une fille, dès que je dis que je m'appelle Mohamed, ça y est, c'est fini. L'autre soir en boîte tu sais, mon ami, je parlais avec une fille, on rigolait, elle m'a dit d'où tu viens, je lui ai dit devine, elle m'a dit Brésil, j'ai dit c'est ça, elle m'a demandé c'est quoi ton prénom, j'ai dit Tiago. Toute la soirée elle m'a appelé Tiago. On a ri, on a dansé.

- Moi c'est l'inverse, je crois que mon petit accent français de merde plaît bien. Mais je vais jamais en boîte. Enfin, j'y vais deux fois par an.   

- Thomas, écoute-moi, on va manger et après on va en boîte. Je connais une boîte sympa, c'est soirée masques, on va draguer.

- Je vais jamais en boîte Momo tu sais bien, et je suis pas un dragueur. Là, j'ai juste envie d'aller dormir.

Je me tiens plus droit que d'habitude. C'est sans doute lié à cette tenue, l'habit fait le moine, je m'adapte à l'image que je crois renvoyer dans mon accoutrement, je suis déjà en train de devenir inconsciemment le petit gentleman élégant qui, dans quelques semaines, invitera Kara dans un café hype de Santiago. Alors que je la vois en face de moi, ne pas regarder l'être humain que je suis mais se satisfaire de mes titres et diplômes, furtivement, pernicieusement, mais si délicieusement douce, trop douce pour résonner, ta voix coule dans ma box, ironie de mes erreurs, havre de mes insomnies, de mes fantasmes et projections protéiformes sur des lunes too mythic to succeed, trop assimilables à un Saint-Graal pour qu'un minable comme moi parvienne à les semer dans son ciel, grossit la lune pourtant dans le ciel, jusqu'à-ce qu'on s'assure qu'il ne s'agisse pas là d'une lubie, que la lune est bien réelle, que de tableau photoshopé la lune se soit transformé en quelque chose de palpable, elle finira à l'autre bout de la rue la lune et en sortant du bar on pourra la toucher, ta voix en direct, en face de moi, tes quelques accents deci delà au milieu d'une arabesque, éventualité des aigus aqueux, la façon qu'ils pourraient avoir d'occuper l'espace, d'occuper tout l'espace, la façon que j'aurais d'agréger mon regard quelque part le long de ta joue avant que ces pensées ne se désagrègent, que quelques mots à une chanson dérobés ne me rappellent avec mélancolie le présent et la solitude qui est la nôtre à Mohamed et à moi.

Me rappellent subitement que c'est vraiment tous des fils de pute. D'ailleurs, je vais le dire à Mohamed, que c'est vraiment tous des fils de putes.
« Modifié: 28 Octobre 2018 à 13:15:22 par Chapart »

Ashka

  • Invité
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #1 le: 10 Mai 2018 à 12:34:02 »
 ;)
Citer
à retourner le gravier de mes pensées. A murmurer, seul, comme un fou.
:coeur: (À)
 
Citer
Je revois l'amoncellement de jours, de visages, de villes, de chambres d'hôtel ou de coins de canapé qui ont comblé ce mois,
:coeur:
Citer
je crois, enfin je suis pas spécialiste.
Je « ne » suis ?
 
Citer
Les aigus de ta voix, le manque d'assurance dont, dans de très rares instants, tu ne parviens pas à t'affranchir, et qui ressort sous la forme d'une syllable plus aquatique que les autres ;
"Syllabe" (un l qui s'est invité) et un peu obscur : manque d’assurance dont elle ne parvient pas à s’affranchir ? Un peu contradictoire avec « dans de très rares instants, ou alors « hormis » dans de très rares instants ?
Citer
toi que j'aurais aimer rencontrer un jour.
aimé
Citer
à son raffinement jamais assez grand pour compenser ma vulgarité,

 :coeur:
Citer
en laissant des regards complices ricocher sur la mer en mouvement,
:coeur:
 
Citer
jusqu'à-ce que je m'assure que tu n'existes que dans mes pensées.
Jusqu’à ce (sans tiret)
Citer
prendra le tournant bonne enfant
bon enfant
Citer
je me verrai alors naviguant de rue en rue avec mon piano, caressant de mes sons les façades noirâtres des grandes villes et des moins grandes villes, oh oui, de sonate en chansonnette, d'harmonie mystique en marche funèbre, je laisserai ici ou là un passant me livrer son sourire, m'érigerai en maître des larmes qui fendent une joue, fossiliserai le regard d'un enfant qui, le doigt sur la bouche, se sera attardé devant l'itinéraire de mes doigts.
:coeur: ( 2 fois doigts, oui, non ?)
Citer
Je ne serais pas plus malheureux
serai
Citer
ta voix, ou l'errance, tant de futurs, probable, fantasmé, bohème.
probable, fantasmé, bohème : ça se raccorde à tant de futurs et donc pluriels ? :\?
Citer
tes quelques accents deci delà
de-ci de-là (pour les tirets ? :\?)

Bon, j'ai trouvé le tout très bon. C'est bien amené, à chaque fois tu amènes à la conclusion des pensées du narrateur à chaque passage super bien.  :coeur: :coeur: :coeur: (un peu torturé ma phrase, mais bon, c'est ça ce que je veux dire)
L'atmosphère retransmise est très prenante.
C'est élégant, précis, une écriture que je trouve affûtée, bravo. :mafio:

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.





« Modifié: 10 Mai 2018 à 14:18:13 par Ashka »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
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  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #2 le: 10 Mai 2018 à 14:22:07 »
Bonjour Chapart,

Alors pour ma part, je ne suis absolument pas rentré dans le texte ; je préfère quand même te donner un commentaire pour t'apporter quelques mots de soutien. Je trouve que tu fais de gros efforts d'écriture, et par la même occasion je te trouve parfois très pessimiste dans ce que tu proposes à la lecture.

Pour ma part, ce qui m'a empêché d'entrer dans la lecture, c'est peut-être cet aspect trop intime dans lequel ta narration nous plonge et qui nous contraindrait presque à partager toutes les horreurs que ton personnage rencontre ; je me demande si tu ne devrais pas faire un tri entre les douleurs qui méritent vraiment d'être racontées, et celles qui sont de l'ordre du détail.

J'espère que tu verras mon commentaire avant tout comme un encouragement, et une réelle affection pour ta démarche d'écriture ; parce que je trouve que tu as de l'avenir.

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
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  • Prout
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #3 le: 13 Mai 2018 à 13:49:31 »
Salut camarade
Justifie ton texte !

Citer
Je ne me tatouerai finalement pas cette clé de fa qui m'est si chère. Je ne passerai pas de week-end en Bretagne. Je ne t'inviterai pas non plus à prendre un verre.

Chouette début. Un petit doute sur le "qui m'est si chère"

Citer
si peu au-delà des couleurs, sans doute espérais-je avoir une bonne nouvelle.

J'aurais attendu un point ou un point virgule à couleur. Inconsciemment, je fais une pause, et ça me gêne qu'elle soit pas plus forte écrite.

Citer
qui ont comblé ce mois, rires,

Idem à mois, pour faire la transition entre les deux énumérations.

Citer
les semaines qui viennent, quelque chose me dit que tu finiras inévitablement par le faire, ça participe d'une certaine politesse

Pareil : tiret à viennent ?

Citer
prendra le tournant bonne enfant

bon enfant

Citer
probable, fantasmé, bohème.
Je suis pas sûr de comprendre le singulier

Citer
Enfin, j'y vais deux fois par année.   

"par an" me semble plus naturel

Oh bah j'ai bien kiffé. Belle entrée en matière, belle conclusion, ton écriture m'a happé tout le texte et, comme t'as pu voir, j'ai pas vraiment décroché pendant la lecture. Les mantras (fils de pute, la voix, Kira...) sont suffisamment bien dosés pour ne pas être vus comme des répétitions, du coup ça donne une vraie ambiance.

Merci pour le partage.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #4 le: 13 Mai 2018 à 20:56:38 »
A partir de : "Je me tiens plus droit que d'habitude ", on entre en littérature. Carrément. C'en est.

Mais pour l'amour du ciel, donne-nous à deviner ou comprendre une trame. Sinon c'est frustrant à l'excès et on finit par t'en vouloir!

Bon je blague, mais il manque - mise à part la référence à un divorce - un minimum de causalité.
« Modifié: 13 Mai 2018 à 20:58:10 par avistodenas »

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #5 le: 13 Mai 2018 à 23:44:12 »
Yo,

Merci beaucoup à tous pour votre passage et vos commentaires !  :)

@Ashka

Merci pour le relevé de coquilles, j'ai modifié

:coeur: ( 2 fois doigts, oui, non ?)

je crois que je vais garder la répétition par contre

:)
Citer
Je ne serais pas plus malheureux
serai

non, puisque c'est un futur qu'il s'imagine

Citer
ta voix, ou l'errance, tant de futurs, probable, fantasmé, bohème.
probable, fantasmé, bohème : ça se raccorde à tant de futurs et donc pluriels ? :\?

c'était en référence aux trois futurs qui sont évoqués dans le texte: dans l'un, il invite cette femme mondaine et s'imagine une vie avec elle, le second est en référence à cette voix un peu mystérieuse évoquée tout au long du texte, et le troisième à une vie de bohème à jouer de la musique dans la rue. J'ai modifié

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Sans doute, je ne suis jamais allé en Bretagne, je ne me prononcerai donc pas  :huhu:


@Alan

Merci de ton commentaire. Oui, mes textes sont souvent pessimistes (je ne sais pas exactement pourquoi d'ailleurs, dans la vie je pense être quelqu'un de plutôt optimiste en général). On m'avait déjà reproché sur un autre texte le manque de contexte, je cherche souvent plus à dépeindre une ambiance ou une atmosphère en restant parfois flou sur le parcours des personnages, il semble que les avis soient un peu partagés. En effet, j'ai quelques doutes sur ce texte, et comme l'a relevé aussi Avistodenas, il manque peut-être un peu de contexte pour bien rentrer dans le texte. Je garde ton commentaire en tête t j'y réfléchis.

@Loïc

Salut camarade
Justifie ton texte !

Je suis pas hyper fan des intros, je crois que je préfère laisser le lecteur sans 'a prioris', parfois il arrive que je me demande si telle ou telle chose fonctionne, et au final les commentaires me donnent d'autres aspects auxquels je n'avais pas pensé, du coup j'ai toujours peur qu'en introduisant le texte je donne potentiellement des a prioris aux lecteurs.

Citer
Je ne me tatouerai finalement pas cette clé de fa qui m'est si chère. Je ne passerai pas de week-end en Bretagne. Je ne t'inviterai pas non plus à prendre un verre.

Chouette début. Un petit doute sur le "qui m'est si chère"

je suis d'accord, je l'ai enlevé (d'ailleurs ça avait été rajouté)

Citer
si peu au-delà des couleurs, sans doute espérais-je avoir une bonne nouvelle.

J'aurais attendu un point ou un point virgule à couleur. Inconsciemment, je fais une pause, et ça me gêne qu'elle soit pas plus forte écrite.

yep, j'ai enlevé toute la deuxième partie de la phrase, de toute manière il y avait répétition de "bonne nouvelle"

Merci pour les suggestions de ponctuation (tirets, points virgule, etc.), j'achète la proposition ! (et j'ai modifié)

Citer
probable, fantasmé, bohème.
Je suis pas sûr de comprendre le singulier

Ashka l'a aussi relevé, ça se rapportait aux trois futurs évoqués dans le texte: le premier où il s'imagine inviter cette femme un peu mondaine, le second associé à cette voix et cette personne qu'il n'a jamais rencontrée, et le troisième où il fait de la musique dans la rue.

Citer
Enfin, j'y vais deux fois par année.   

"par an" me semble plus naturel

yep, modifié

Oh bah j'ai bien kiffé. Belle entrée en matière, belle conclusion, ton écriture m'a happé tout le texte et, comme t'as pu voir, j'ai pas vraiment décroché pendant la lecture. Les mantras (fils de pute, la voix, Kira...) sont suffisamment bien dosés pour ne pas être vus comme des répétitions, du coup ça donne une vraie ambiance.

chouette  :)


@Avistodenas

Comme je l'ai dit à Alan, parfois mes textes manquent en effet un peu de contexte car je me focalise (un peu trop) sur la recherche d'une ambiance, et je conçois que dans ce texte il puisse manquer quelques éléments sur le narrateur pour que ça fonctionne complètement. J'y réfléchis, parce que là tout de suite je vois pas comment les ajouter sans casser le rythme du texte.

Je suis content que la fin t'ait plu, je l'aime bien aussi cette fin, même si elle part un peu dans tous les sens.


Merci encore à tous de votre passage  :-[

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
  • Messages: 696
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #6 le: 14 Mai 2018 à 00:00:24 »
 

Ashka l'a aussi relevé, ça se rapportait aux trois futurs évoqués dans le texte: le premier où il s'imagine inviter cette femme un peu mondaine, le second associé à cette voix et cette personne qu'il n'a jamais rencontrée, et le troisième où il fait de la musique dans la rue.

D'accord, je comprends mieux tes trois "possibles". Mais il faut alors deviner que tu es en phase onirique. Et tu devrais alors te démerder pour le faire comprendre au lecteur. Par exemple en employant le terme "futuribles" (Futuribles est un néologisme créé par Bertrand de Jouvenel, mot-valise formé de la rencontre de "futurs" et de "possibles"). Peut-être même dès le titre : L'éventualité des futuribles aigus aqueux, puisque  ton titre est déjà sibyllin... tant que nous y sommes ! Le lecteur serait d'entrée dans le bain et n'aurait pas à s'interroger sur ce que tu as voulu dire.

Ou plus simplement : "L'éventualité des futuribles aqueux".
« Modifié: 14 Mai 2018 à 10:19:50 par avistodenas »

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #7 le: 14 Mai 2018 à 07:14:06 »
Je me doutais que tu prendrais le terme justifier dans ce sens en l'écrivant  :mrgreen:
Je parlais de le mettre entre balises justify histoire que toutes les lignes soient bien alignées.

(L'intro est surtout utile pour les personnes qui cherchent un type de commentaire précis, il est vrai)
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Arundhati Roy

Hors ligne Chapart

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Re : Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #8 le: 16 Mai 2018 à 11:50:10 »
Yop yop,

Je me doutais que tu prendrais le terme justifier dans ce sens en l'écrivant  :mrgreen:
Je parlais de le mettre entre balises justify histoire que toutes les lignes soient bien alignées.

(L'intro est surtout utile pour les personnes qui cherchent un type de commentaire précis, il est vrai)

 :mrgreen:  merci pour la précision, j'étais pas sûr de la signification, je savais pas si tu me demandais de l'introduire ou de répondre aux commentaires, décidément j'étais à côté de la plaque, c'est désormais chose faite, je l'ai justifié ! (même si parfois le côté désordonné du non justifié me plaît aussi)



Ashka l'a aussi relevé, ça se rapportait aux trois futurs évoqués dans le texte: le premier où il s'imagine inviter cette femme un peu mondaine, le second associé à cette voix et cette personne qu'il n'a jamais rencontrée, et le troisième où il fait de la musique dans la rue.

D'accord, je comprends mieux tes trois "possibles". Mais il faut alors deviner que tu es en phase onirique. Et tu devrais alors te démerder pour le faire comprendre au lecteur. Par exemple en employant le terme "futuribles" (Futuribles est un néologisme créé par Bertrand de Jouvenel, mot-valise formé de la rencontre de "futurs" et de "possibles"). Peut-être même dès le titre : L'éventualité des futuribles aigus aqueux, puisque  ton titre est déjà sibyllin... tant que nous y sommes ! Le lecteur serait d'entrée dans le bain et n'aurait pas à s'interroger sur ce que tu as voulu dire.

Ou plus simplement : "L'éventualité des futuribles aqueux".

Bon, du coup je constate avec ces commentaires que le fait que le narrateur navigue entre trois futurs, l'un probable, l'autre fantasmé, l'autre bohème n'était pas clair. Ta suggestion d'utiliser "futuribles" est intéressante, mais le mot me plaît pas trop. Dans le titre (que j'aime bien  :-[ ), j'ai l'impression que d'une part il casserait le jeu de sonorités, et que par ailleurs il ferait passer le titre de sibyllin\mystérieux à quelque chose d'un peu trop près du "j'ai fumé la moquette" à mon goût. En revanche, j'ai (légèrement) modifié le texte à plusieurs endroits pour insister sur la dimension onirique: le questionnement du personnage sur son futur, et la façon dont s'entremêlent futur probable et rêves ou fantasmes. Mais je suis pas encore entièrement satisfait, je vais reprendre le tout avec un peu de recul je pense. Il y a un vrai travail à faire pour faire mieux ressortir cet aspect je pense, merci en tous cas de l'avoir soulevé. 


Chapart

Hors ligne JMLC

  • Troubadour
  • Messages: 260
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #9 le: 16 Mai 2018 à 16:52:11 »
Bonjour Chapart,

Intrigué par le titre, j’ai lu ton texte (mais pas les commentaires, pour ne pas être influencé) et me permets quelques remarques :

- « Je ne me tatouerai finalement pas cette clé de fa. Je ne passerai pas de week-end en Bretagne. Je ne t'inviterai pas non plus à prendre un verre. » - J’aime beaucoup cette entrée en matière. On s’imagine un personnage qui, au cours d’un rendez-vous, imagine un futur possible avec l’autre personne, puis redescend sur terre. J’aime aussi que la descente se fasse en chronologie inversée.

- «  …à retourner le gravier de mes pensées. » - superbe image.

- « …, c'est rare que je sois aussi bien accoutré, ni aussi bien rasé d'ailleurs. » - j’aurais utilisé « ou » au lieu de « ni ».

- « Hier, je m'étais senti bien dans ce pantalon beige ciré,… » - « pantalon beige ciré » ? Un pantalon ciré ? Ou la couleur « beige ciré » - ça existe ?

- « Je ne t'inviterai donc pas à prendre un verre et sans doute nos interactions, comme à leur habitude, se perdront-elles dans l'entrelacs des saisons, le tricot des circonstances, les autoroutes de nos priorités que jamais elles ne daigneront emprunter. » - j’aime beaucoup aussi. N’est-ce pas « leurs habitudes » ?

- « Puisqu'on parle de table tiens, à la table d'à côté, on déguste une Hefeweizen, on se demande d'où ça vient. » - j’ai trouvé ce passage un peu artificiel.

- « Je ne verrai sans doute jamais ton visage. » - là je ne comprends plus. Jusqu’à présent, je pensais que le personnage, imaginatif, était allé chercher des infos sur la personne avec qui il a rendez-vous (ou peut-être l’espionner), avant de la rencontrer. Mais il ne la rencontre pas ?

- « Ou alors, je ne saurai pas. Peut-être qu'un jour au milieu de la foule dans l'ignorance ton visage s'offrira à mois… » - à moi.

- « …je le verrai partir en fraise, » - qu’est-ce que ça veut dire ?

- « …en laissant des regards complices ricocher sur la mer en mouvement, » - j’aime bien, enfin, surtout la partie regards complices qui ricochent sur la mer. La mer en mouvement… tu dois pouvoir trouver mieux ;) (j’en serais resté à regards complices ricocher sur l’océan).

- »… peut-être que cette fausse amitié prendra le tournant bonne enfant… » - bon enfant.

- « Je le fixerai, et je me verrai alors naviguant de rue en rue avec mon piano dans un autre futur,… » - là j’ai décroché et j’ai lu ce paragraphe comme on lit certains poèmes : en se laissant porter par la musique des mots sans se préoccuper du sens. Est-ce l’intention ?

- « Kara, ou ta voix, ou l'errance, tant de futurs, trois futurs, probable, ou fantasmé, ou bohème. » - ok - je comprends mieux maintenant, mais pourquoi réduire les futurs possibles à trois ?

- « C'est vraiment tous des sales fils de putes, m'entendrai-je dire en attendant, secouant la tête d'incompréhension. » - à qui se réfère-t-il ? La répétition de « fils de pute » (singulier) devient un peu lourde, je trouve.

- « Mohamed ne rira même plus, les coudes sur la table, bombé sur lui-même. » - « bombé sur lui-même » est un peu maladroit, je trouve.

- « Moi c'est l'inverse, je crois que mon petit accent français de merde plaît bien. » - le « de merde » est un peu inattendu, dans la mesure où le personnage ne manifestait pas de honte particulière au fait d’être français (vivant à l’étranger, où vit Kara, je suppose).

- « ta voix coule dans ma box » - ma box ? Qu’est-ce ?

- « … lunes too mythic to succeed, » - je n’ai jamais entendu cette expression, qui littéralement ne veut rien dire, pas plus qu’en français, d’ailleurs. Y a-t-il une référence littéraire derrière ?

- « Me rappellent subitement que c'est vraiment tous des fils de pute. D'ailleurs, je vais le dire à Mohamed, que c'est vraiment tous des fils de putes. » - Fin décevante, je trouve, peut-être parce que je n’ai pas compris la raison de l’aigreur du personnage.

En résumé, je n’ai pas tout compris, mais j’ai apprécié la musique du texte, surtout dans la première partie.

Merci du partage,
JM
Roman en cours : 2112 (SF)

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
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Re : Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #10 le: 24 Mai 2018 à 21:32:04 »
Merci beaucoup, JMLC, de ton commentaire détaillé. Tu as su relever plusieurs points où je m'étais montré un peu flemmard et négligeant.

- « …, c'est rare que je sois aussi bien accoutré, ni aussi bien rasé d'ailleurs. » - j’aurais utilisé « ou » au lieu de « ni ».

oui, j'ai modifié, j'ai toujours un doute avec le 'ni' mais je crois que c'est pas vraiment correct de l'utiliser seul.

- « Hier, je m'étais senti bien dans ce pantalon beige ciré,… » - « pantalon beige ciré » ? Un pantalon ciré ? Ou la couleur « beige ciré » - ça existe ?

j'ai ajouté une virgule entre les deux adjectifs

- « Je ne t'inviterai donc pas à prendre un verre et sans doute nos interactions, comme à leur habitude, se perdront-elles dans l'entrelacs des saisons, le tricot des circonstances, les autoroutes de nos priorités que jamais elles ne daigneront emprunter. » - j’aime beaucoup aussi. N’est-ce pas « leurs habitudes » ?

on peut utiliser les deux, personnellement je préfère le singulier, du coup j'ai laissé.

- « Puisqu'on parle de table tiens, à la table d'à côté, on déguste une Hefeweizen, on se demande d'où ça vient. » - j’ai trouvé ce passage un peu artificiel.

il sort peut-être un peu de nulle part mais j'avais envie de cette sorte d'alternance entre la réalité de l'instant et les rêves, du coup je crois que je vais garder. Après peut-être que la transition pourrait être amenée différemment, mais pour moi le personnage est entre rêves et, fantasmes, tout en étant éveillé, subitement il revient à ce qui se passe autour de lui, ça se fait rapidement, un mot, un bruit...

- « Je ne verrai sans doute jamais ton visage. » - là je ne comprends plus. Jusqu’à présent, je pensais que le personnage, imaginatif, était allé chercher des infos sur la personne avec qui il a rendez-vous (ou peut-être l’espionner), avant de la rencontrer. Mais il ne la rencontre pas ?

Non, il ne la rencontre pas, je pensais que la phrase d'intro suffisait:

Je ne me tatouerai finalement pas cette clé de fa. Je ne passerai pas de week-end en Bretagne. Je ne t'inviterai pas non plus à prendre un verre.

dans tout le texte, la deuxième personne du singulier est utilisée pour désigner cette personne qu'il ne rencontrera finalement pas. Il faut que je relise le tout pour essayer de comprendre ce qui a pu semer le doute dans ton esprit, je garde cette remarque en tête.



- « …je le verrai partir en fraise, » - qu’est-ce que ça veut dire ?

hum, je pensais à un œil qui part aux fraises, manifestement ça n'existe pas, ou c'est un régionalisme  :D  j'ai modifié en "lentement dériver"

- « …en laissant des regards complices ricocher sur la mer en mouvement, » - j’aime bien, enfin, surtout la partie regards complices qui ricochent sur la mer. La mer en mouvement… tu dois pouvoir trouver mieux ;) (j’en serais resté à regards complices ricocher sur l’océan).

je suis d'accord que ça pourrait être plus élaboré, mais en même temps, je sais pas... ça me plaît bien aussi comme ça, et je trouve l'océan presque plus cliché que la mer en mouvement. Disons que pour moi l'océan se rapport encore plus au rêve irréalisable, alors que là il parle du futur un peu convenu, du coup mer en mouvement me paraît plus adapté.

- »… peut-être que cette fausse amitié prendra le tournant bonne enfant… » - bon enfant.

oups,  :-[ ça avait été relevé, je croyais l'avoir modifié, merci

- « Je le fixerai, et je me verrai alors naviguant de rue en rue avec mon piano dans un autre futur,… » - là j’ai décroché et j’ai lu ce paragraphe comme on lit certains poèmes : en se laissant porter par la musique des mots sans se préoccuper du sens. Est-ce l’intention ?

je crois que oui, il y avait l'idée d'une envolée à ce moment-là, et le fait que tu aies perçu une musicalité dans le texte m'a beaucoup touché. J'adore lire des textes où le style est quelque chose de musical, je ne crois pas être encore parvenu à faire ressortir cet aspect dans les miens. 

- « Kara, ou ta voix, ou l'errance, tant de futurs, trois futurs, probable, ou fantasmé, ou bohème. » - ok - je comprends mieux maintenant, mais pourquoi réduire les futurs possibles à trois ?

Il pourrait y en avoir plus en effet, le personnage a à affronter une déception qui vient détruire le futur qu'il s'était imaginé, du coup un autre se profile, et bon un troisième, parce que trois c'est mieux que deux  :D (je dis n'importe quoi. Mais disons que je ne voulais pas d'une dualité, de deux futurs en opposition, et bon il pourrait y en avoir plus, mais chacun reflète à sa façon quelque chose, le futur convenu, le futur de pur rêve et fantasme, et le futur bohème... j'ai l'impression qu'en en mettant plus ça deviendrait peut être un peu too much.

- « C'est vraiment tous des sales fils de putes, m'entendrai-je dire en attendant, secouant la tête d'incompréhension. » - à qui se réfère-t-il ? La répétition de « fils de pute » (singulier) devient un peu lourde, je trouve.

oui, je comprends, après je voulais ces retours un peu brutaux à la réalité.

- « Mohamed ne rira même plus, les coudes sur la table, bombé sur lui-même. » - « bombé sur lui-même » est un peu maladroit, je trouve.

yep, je remplace par 'replié sur lui-même'

- « Moi c'est l'inverse, je crois que mon petit accent français de merde plaît bien. » - le « de merde » est un peu inattendu, dans la mesure où le personnage ne manifestait pas de honte particulière au fait d’être français (vivant à l’étranger, où vit Kara, je suppose).

il y a une certaine grossiéreté dans ses propos, un ras-le-bol. D'autre part ça se réfère au fait qu'il parle mal la langue étrangère mentionnée ici, pas au fait qu'il ait honte d'être français (et quand bien même ça le serait, je ne trouve pas sûr qu'il soit indispensable d'insister là dessus).

- « ta voix coule dans ma box » - ma box ? Qu’est-ce ?

box = boîte en anglais

- « … lunes too mythic to succeed, » - je n’ai jamais entendu cette expression, qui littéralement ne veut rien dire, pas plus qu’en français, d’ailleurs. Y a-t-il une référence littéraire derrière ?

en effet, ça ne veut rien dire, il est dans une pure phase de rêve où il mêle la lune à la voix de cette personne qu'il ne va jamais rencontrer

- « Me rappellent subitement que c'est vraiment tous des fils de pute. D'ailleurs, je vais le dire à Mohamed, que c'est vraiment tous des fils de putes. » - Fin décevante, je trouve, peut-être parce que je n’ai pas compris la raison de l’aigreur du personnage.

En résumé, je n’ai pas tout compris, mais j’ai apprécié la musique du texte, surtout dans la première partie.

Bon, je crois qu'il manque sans doute une contextualisation (et c'est aussi l'une des raisons pour lesquelles j'ai posté ce texte), plusieurs lecteurs ont envie d'en savoir plus sur le personnage. Je ne sais pas encore si je vais fondamentalement modifier le texte par apport à ça, car j'ai un peu peur de casser cette "musique". Je vais y réfléchir.

Merci beaucoup, en tous cas, de ton commentaire détaillé et constructif ! 

Hors ligne Une Minnie à New York

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Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #11 le: 30 Mai 2018 à 12:43:09 »
Yo Chapart !

En fait j'avais lu ton texte "à sa sortie" mais je n'avais pas commenté. Parce que je suis une grosse flemmarde.
Je l'ai donc relu après les corrections, du coup ce n'est pas mal non plus de te donner mon avis maintenant  ;)

Avant tout commentaire sur le fond, je trouve que tu écrits très bien, c'est agréable de te lire. Parfois, c'est même un peu trop, car le fond étant déjà complexe, l'accessibilité n'est pas toujours évidente. Un conseil pour rendre tes textes moins complexes est de simplement doser entre le courant et le beau. En tout cas, ce n'est pas donner à tout le monde d'avoir autant de vocabulaire, bravo.

Ensuite sur le fond: personnellement j'adore. J'aime ce côté un peu vrac où une histoire se dessine alors qu'il n'y a aucune structure. Je comprends cependant la frustration dans les autres commentaires, notamment sur les trois tableaux qu'on ne saisit pas. Si tu ne l'avais pas expliqué, je ne l'aurais pas compris. Mais pour autant je vois bien cette scène commencer une histoire où les explications viennent après, car justement on est un peu déboussolé par le style, ce qui donne de l'intrigue et de l'attrait, puis après vient le réconfort des explications qui donnent au lecteur les éléments pour continuer sa lecture sans être totalement paumé.

Ce que j'aime beaucoup dans ton texte, c'est ce qu'on ressent. En fait, on est gêné, dérangé par cet homme dont on ressent la douleur sans vraiment comprendre les faits. On sent le pessimisme profond du bonhomme, et on se demande s'il est vraiment malheureux ou juste profondément aigri.

Bref je rejoins les avis sur le manque de trame, mais je la vois plus arriver autour du texte (avant ou après), et pas dans cette scène.
«On devrait toujours être légèrement improbable» Oscar Wilde

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
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Re : Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #12 le: 02 Juin 2018 à 04:02:05 »
Salut Minnie,

Merci pour ton commentaire

Avant tout commentaire sur le fond, je trouve que tu écrits très bien, c'est agréable de te lire. Parfois, c'est même un peu trop, car le fond étant déjà complexe, l'accessibilité n'est pas toujours évidente. Un conseil pour rendre tes textes moins complexes est de simplement doser entre le courant et le beau.

oui, c'est vrai que c'est un poil dense, en réalité dans un texte long je trouve plus simple de diluer, mais ici comme tu l'as relevé je crois qu'il faudrait peut-être un ou deux paragraphes de plus, autant pour contextualiser, que pour rendre le tout un peu moins compact.

Mais pour autant je vois bien cette scène commencer une histoire où les explications viennent après, car justement on est un peu déboussolé par le style, ce qui donne de l'intrigue et de l'attrait, puis après vient le réconfort des explications qui donnent au lecteur les éléments pour continuer sa lecture sans être totalement paumé.

Ah tiens, j'y avais pas pensé, mais c'est une bonne idée ça ! Une sorte de prologue, et ensuite on construirait une histoire qui expliquerait pourquoi. Et où les choses s'éclairciraient. Il faut que je réfléchisse si j'ai des idées pour ça, et si j'ai envie de le faire, l'idée est cool en tout cas  :)

Merci beaucoup !
Chap

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
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Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #13 le: 08 Juillet 2018 à 18:50:10 »
.
« Modifié: 13 Juillet 2022 à 17:33:43 par Manu »

Hors ligne Chapart

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 639
Re : L'éventualité des aigus aqueux
« Réponse #14 le: 10 Juillet 2018 à 11:16:23 »
Ola Manu,

Merci de ton passage ! Ah, si l'esprit humain était précis...  :D

 


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