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17 Mai 2026 à 13:48:51
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La plus vaine de toutes les jouissances est celle qui ne rapporte que peine

Auteur Sujet: La plus vaine de toutes les jouissances est celle qui ne rapporte que peine  (Lu 999 fois)

Hors ligne Stitchette

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Vous vous faisiez des passes depuis déjà quelques minutes, toi, le sourire aux lèvres, triomphant de lui avoir transmis cette passion que tu avais pour le Quidditch, et Lucas, fou de joie, dont les éclats de rire réchauffaient ton cœur. Ce n'était pas grand chose, une scène presque banale entre un père et son fils, mais toi, tu étais heureux, tu transpirais le bonheur, et cela se voyait dans tes yeux, aux regards que tu lançais au petit bonhomme d'à peine quatre ans qui te renvoyait déjà la balle avec un grande précision. Il sera ce que tu n'avais pas su être, tu en étais certain. Lucas Patil deviendra un grand joueur de Quidditch. Tu ne lui mettras pas de barrière comme ton père l'avait fait avec toi-même lorsque tu étais plus jeune. Si tel sera son choix, tu le respecteras, et mieux, tu en seras tellement fier que l'on devra te retenir de risquer de te faire arrêter par la police pour tapage parce que tu n'auras cessé de le crier sous tout les toits. Tu le voyais déjà comme un champion, l'un des plus grands noms du Quidditch de sa génération. Bien sûr que cela inquiétait Sara. Certes, elle était une femme forte, déterminée, pendant des années tu ne l'avais vu reculer devant rien, pleine de courage et parfois même, un peu trop à ton goût, n'hésitait pas à se mettre en danger. Oui, mais Sara était avant tout sa mère, et cela était normal qu'elle tremblait lorsque son fils enfourchait un balai. Cela était normal que, comme tout parent, excepté toi, elle souhaitait autre chose pour son fils, une grande carrière au Ministère, par exemple. Tu la comprenais, il en avait été le cas de ton père avec toi, et même si tu t'étais refusé de réaliser son souhait tout simplement parce que ce n'était pas ce dont tu rêvais, tu ne lui en avais jamais voulu d'avoir tenté de te dicter ton futur. Après tout, il était du devoir d'un père de vouloir le meilleur pour son fils. Alors tu étais là pour la rassurer, pour lui dire que tu serais toujours là pour garder votre fils dans le droit chemin, que tu ne le laisserais pas succomber à certaines tentations que le monde du sport de haut niveau lui offrira sur un plateau. Lui dire aussi que tu faisais déjà une extrême confiance en les talents de ton fils, et pas seulement parce qu'il avait appris à manier un balai volant avant même de savoir marcher.

Les éclats de rire et l'enthousiasme de Lucas résonnaient dans le jardin, tant que, riant toi-même, tu devais lui demander de faire un peu moins de bruit pour ne pas alerter les voisins. Mais en vérité, c'était surtout à Sara que tu pensais. Tu ne voulais pas la déranger pendant sa sieste, parce que tu savais qu'elle avait plus que jamais besoin de repos en ce moment. Pourtant, en jetant un œil vers la maison, tu apercevais déjà sa silhouette approchant d'un pas lent la baie vitrée, et alors qu'elle posait un premier pied sur la terrasse, tu claquais instinctivement ta langue sur ton palais en signe d'agacement. Voilà, vous l'aviez réveillé, et c'était de ta faute, parce que tu n'avais pas su, une fois de plus, canaliser ton fils. Cela ne faisait pas de toi un mauvais père, oh non, et par Merlin, tu le savais. Mais si cela nuisait à la santé de ton épouse, alors forcément, tu t'en voudrais énormément. Pourtant, alors que tu portais toute ton attention sur elle, tu esquissais un sourire satisfait et tendre en scrutant la moindre parcelle de son corps. Tu la trouvais tellement belle, ta femme. Tu passais ton regard de son visage si parfait à sa silhouette élancée et svelte, pour t'arrêter quelques instants sur son ventre rond qui la rendait encore plus lumineuse malgré les petits tracas de la grossesse. Forcément, tu étais comme hypnotisé, un peu comme à chaque fois que tu posais le regard sur Sara, et tu ne voyais même pas la balle, que ton fils venait de renvoyer, arriver dans ta direction, s’écrasant en plein dans ton ventre ce qui te ramenait à la réalité aussi vite que tu l'avais quittée. Laissant un gémissement de douleur s'échapper, tu portais tes deux mains à ton ventre pour masser la zone douloureuse, pendant que le Souaffle retrouvait la terre ferme. Tu ne sentais déjà presque plus rien, et pourtant tu annonçais une petite pause à Lucas en imitant toi-même la balle. En quelques secondes à peine, tu rejoignais Sara sur la terrasse, posais ton balai à même le sol, pour enfin enrouler tes bras autour de ta femme en l'attirant tout contre toi. Tendrement, tu partais à la rencontre de ses lèvres pour y déposer un baiser, avant de lui souffler quelques mots à l'oreille en la serrant un peu plus contre toi. « Pardon de t'avoir réveillée ... » Relâchant légèrement l'étreinte, l'une de tes mains contournait son dos pour venir se poser délicatement sur le ventre arrondi de ta femme, puis, d'un doigt, alors que tu baissais le regard, tu t'amusais à y dessiner des petits cercles en l'effleurant à peine. « Comment va ce petit bonhomme ? » Tu plongeais ensuite à nouveau les yeux dans ceux de Sara, un sourire malicieux s'étirant sur tes lèvres. « Ou cette petite demoiselle ? » Parce que bien entendu, vous ne saviez pas encore si ce deuxième enfant que vous attendiez était une fille ou un garçon, mais en vérité, cela t'importait peu. Tout ce que tu voyais, c'était le bonheur que t'apportait ta famille. Cette famille que tu avais créée en épousant Sara, puis en donnant naissance à Lucas, et, très bientôt, dans un peu moins d'un mois, à ce nouveau bébé que tu aimais déjà d'un amour inconditionnel …

La lumière du jour transperçait les vitraux de ton appartement, son intensité te réveillait machinalement, t'agressant presque que tu gardais encore quelques instants les yeux fermés. Malgré ça, tu étais sur un nuage, et instinctivement, tu tendais une main sur le côté, cherchant, tâtant, pour te rendre compte que la seule chose que tu touchais n'était que ton drap chiffonné après une nuit agité. Tu avais pourtant l'impression de sentir encore sa présence, de humer l'odeur de ses cheveux, de sa peau, mais Sara n'était pas là. Tu ouvrais alors les yeux, et fixais pendant quelques secondes le plafond sombre qui t'aidait à te rappeler douloureusement. Tu n'étais pas dans cette magnifique maison que tu avais achetée avec ta femme peu après la naissance de ton fils. Tu n'étais pas avec elle, et le silence laissait croire que Lucas non plus, n'était pas là. Tu savais que ce qui te semblait encore un souvenir si réel n'était en fait qu'un rêve. Toujours le même rêve, depuis ta première séance avec le psychomage de Poudlard. Pourtant, il te fallait encore quelques secondes pour le digérer, pour l'accepter, pour admettre que ce petit garçon qui te ressemblait tant n'avait jamais vu le jour. Que l'enfant à naître, porté par Sara dans ton rêve n'existera jamais. Que même Sara, son doux visage, et sa crinière blonde ne seraient plus qu'un souvenir. Tu fermais les yeux, serrant tes poings de toutes tes forces. Ce n'était pas humain. Non, ce n'était pas humain de te faire passer d'une telle jouissance à une peine si terrible. Ce n'était pas humain d'avoir à supporter une telle souffrance, comme ça ne l'était pas non plus de mourir à l'aube de la vie, alors que tout commençait à peine. Finalement, tu te redressais sur le bord de ton lit, avant d'engouffrer ton crâne douloureux dans tes mains. D'une certaine manière, tu aimais faire ce rêve. Tu aimais le faire, parce qu'il avait le pouvoir de t'offrir l'espace d'une nuit le bonheur que tu aurais pu connaître si le destin avait été différent. Certes, tu savais pertinemment que le bonheur qu'il te procurait n'était pas tout à fait réel, il ne pouvait pas l'être, mais c'était ce que tu ressentais quand tu étais plongé dans ton sommeil, et que ces images repassaient en boucles depuis six mois maintenant. Ce que tu détestais, c'était devoir te réveiller, comme tu venais de la faire là, à peine quelques minutes avant. Devoir te rendre compte à chaque fois, chaque matin, que cela n'était que le fruit de ton imagination, ce que tu apparentais à un nouveau deuil qui ne cessait de se répéter. Comme si cela ne suffisait pas que tu aie à perdre ta femme et le fils que tu aurais dû avoir, il fallait, en plus, que tu endures chaque nuit la vie que tu aurais pu vivre si elle n'était pas si cruelle.
« Modifié: 07 Mai 2018 à 16:30:45 par Stitchette »

Hors ligne Loïc

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qui te renvoyait la balle déjà avec un grande précision

Le déjà me semble mal placé et donne une tournure bizarre à la phrase. Tu peux le mettre après renvoyait, ça change légèrement le sens, mais pas de trop, je trouve.

Citer
Il sera ce que tu n'avais pas su être, tu en étais certain. Lucas Patil deviendra un grand joueur de Quidditch. Tu ne lui mettras pas de barrière comme ton père l'avait fait avec toi-même lorsque tu étais plus jeune. Si tel sera son choix, tu le respecteras, et mieux, tu en seras tellement fier que l'on devra te retenir de risquer de te faire arrêter par la police pour tapage parce que tu n'auras cessé de le crier sous tout les toits.

Le futur passe pas trop bien niveau concordance des temps ici.

Citer
n'hésitait pas à se mettre en danger

N'hésitant, il me semble

Citer
et cela était normal qu'elle tremblait lorsque son fils enfourchait un balai.

Qu'elle tremblât ?

Citer
, il en avait été le cas de ton père avec toi

Ce bout est particulièrement lourd. Je pense que tu peux le faire beaucoup mieux

Citer
, et même si tu t'étais refusé de réaliser son souhait tout simplement parce que ce n'était pas ce dont tu rêvais, tu ne lui en avais jamais voulu d'avoir tenté de te dicter ton futur parce qu'après tout, il était du devoir d'un père de vouloir le meilleur pour son fils.

J'ai rien compris.
Un peu trop long, embrouillé, et je crois que tu te perds toi-même dans tes virgules. N'hésite pas à changer de rythme, à mettre des cassures, etc.

Citer
Alors tu étais là pour la rassurer, pour lui dire que tu seras toujours là pour garder votre fils dans le droit chemin, que tu ne le laisseras pas succomber à certaines tentations que le monde du sport de haut niveau lui offrira sur un plateau

Du coup là tu repars sur la mère, et ça raccroche pas trop avec ce qui précède il me semble.
Tu les as => ais

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Les éclats de rire et l'enthousiasme de Lucas résonnaient dans le jardin, à tel point que

virgule à supprimer
à tel point que, c'est pas très beau

Citer
Mais en vérité, c'était surtout à Sara que tu pensais, tu ne voulais pas la déranger pendant sa sieste, parce que tu savais qu'elle avait plus que jamais besoin de repos en ce moment.

Le mais est de trop
Un point ou deux points à penser seraient mieux également je pense.

Citer
Mais si cela nuirait à la santé de ton épouse, alors forcément, tu t'en voudrais énormément.

nuisait

Citer
t à la réalité aussi vite que tu ne l'avais quitté.

sans ne
Quittée

À mon avis un examen des temps ne ferai pas de mal, il y a plusieurs passages où un passé simple semble plus indiqué qu'un imparfait.

Citer
« Pardon de t'avoir réveillé ... »

réveillée
(va falloir bosser l'accord avec avoir :mrgreen:)

Le bleu du dialogue passe pas bien sur le forum. En noir classique, c'bien

Citer
cela ne t'importait peu.

sans ne

Citer
Cette famille que tu avais créé

créée

Citer
inconditionnel …

l'espace est de trop

Citer
son intensité te réveillait machinalement,

ça ne veut rien dire

Citer
t'agressant presque que tu gardais encore quelques instants les yeux fermés.

là non plus je ne comprends pas

Citer
que tu touchais n'était que ton drap chiffonné après une nuit agité.

le "ne que" est de trop

Citer
cette magnifique maison que tu avais acheté

achetée

Citer
Que l'enfant à naître, portée par Sara dans ton rêve n'existera jamais.

porté, n'existerait
Juste après : seraient
Je ne comprends pas d'ailleurs : si tu écris "ne seront plus qu'un souvenir" on attend un "après..." mais là, après quoi ?

Citer
Certes, tu savais pertinemment que le bonheur qu'il te procurait n'était pas tout à fait réel

Je pense que tu peux faire passer cette idée de façon plus subtile, par des métaphores ou des images. Là ça fait un peu trop platement dit je trouve.

Citer
chaque matins,

matin au singulier

Bon, le coup du rêve, généralement c'est pas ouf, mais là il y a un petit plus qui est appréciable. Si j'ai bien compris, l'histoire, il ne vivra pas cette vie parce qu'il va mourir ? Ça aurait pu être cool de savoir pourquoi.
Sinon j'ai plutôt bien aimé. Il y a encore quelques maladresses, mais beaucoup de potentiel à mon avis, avec des phrases complexes, longues, mais bien mené et une ambiance intéressante.
Je serais curieux de te lire sur tes propres univers.

À bientôt !
« Modifié: 06 Mai 2018 à 23:17:10 par Loïc »
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Stitchette

  • Plumelette
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Merci pour ta lecture Loïc. En effet, il a des fautes de conjugaison que j'aurai pu éviter, merci de les avoir relevé. Je n'aime pas le passé simple, je trouve ça laid (certainement à tord, mais c'est ce que je ressens ! >< ) alors j'ai pris la mauvaise habitude de l'esquiver, même quand il se veut indispensable ... *part se cacher très loin* Je vais devoir réapprendre à l'introduire ... Pour l'accord du participe passé avec "avoir", cette fois, autant pour moi, je suis complétement fautive, j'étais partie du fait qu'on n'accorde pas avec avoir et j'avais donc totalement oublié la règle du COD avant la base verbale ! Merci du coup !

Pour le fond, je te cite : Bon, le coup du rêve, généralement c'est pas ouf, mais là il y a un petit plus qui est appréciable. Si j'ai bien compris, l'histoire, il ne vivra pas cette vie parce qu'il va mourir ? Ça aurait pu être cool de savoir pourquoi., en réalité, ce n'est pas le personnage qui va mourir, mais sa femme qui est morte quatre ans plus tôt alors qu'elle était enceinte de leur fils mais je viens de comprendre en relisant le paragraphe qu'en fait, ce n'est pas évident pour une personne extérieur. A la base, c'est un one shot que j'ai posté sur le forum rpg où je joue ce personnage, donc les autres joueurs qui le lisent sont au courant de son histoire, mais c'est vrai que le poster tel quel à un endroit où les lecteurs ne connaissent pas, ça peut provoquer une certaine incompréhension, je n'y avais pas pensé avant que tu n'en fasses la remarque !
« Modifié: 07 Mai 2018 à 15:56:59 par Stitchette »

 


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