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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Pas une lumière [Réponse à AT] [Tic Tac AT 3 mai 2018]

Auteur Sujet: Pas une lumière [Réponse à AT] [Tic Tac AT 3 mai 2018]  (Lu 1506 fois)

Hors ligne Rémi

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Pas une lumière


 
  Le soleil rougeoyant dévorait l’horizon. De ce bain de sang s’échappait un nuage en forme de dragon. Ses ailes minuscules le faisaient ressembler à une salamandre à branchies externes. Il est permis de se gausser des dragons lorsqu’ils sont de vapeur ; ceux de chair, d’os et d’écailles sont plus susceptibles. Holdagor méditait devant le spectacle, assis sur la souche d’un chêne millénaire. Tout autour de lui s’élevait un halo de magie, vert comme les yeux émeraude des dragons des terres de feu. À ses pieds, sa fidèle monture mâchonnait de la salsepareille. Baie après baie, feuille après feuille Misangeair se délectait.

   — Tu pourrais faire moins de bruit quand tu manges, mon bon destrier.
   — À quoi bon ?
   — Ta mastication dérange ma concentration.
   — Tu n’es déjà pas bien grand, si tu te concentres il ne restera pas grand chose.
   — Tes sarcasmes sont puérils. J’aimerais que tu acquières un peu de maturité.
   — Moi, c’est la salsepareille que je voudrais plus mûre.

   Le magicien ferma les yeux et fronça les sourcils. La souche du chêne millénaire offrait un plateau de plus de dix pieds de diamètre. En son centre, Holdagor ajusta sa position en fleur de lotus et se mit à psalmodier quelques anciennes incantations. Ce magicien était, de fait, de petite taille. Plusieurs fois on l’avait pris pour un nain et il n’était pas rare qu’on le traite d’elfe de maison. Sa monture était un saurien doté de trois paires de pattes, d’une longue queue écaillée et d’une tête à large gueule qui faisait rire les enfants.

   — Tu vas rester longtemps assis sur ce bout de bois ? Ça commence à cailler…
   — Les racines de ce chêne plongent au cœur de la terre, le flux d’énergie qu’il dégage est précieux.
   — Peut-être, mais dans moins d’une heure il fera nuit noire. Je préfèrerais pas avoir à traverser la forêt au milieu des loups et des orques.
   — N’aie crainte, je veille sur toi.
   Le saurien marmonna entre ses pattes :
   — Tu parles si ça me rassure !
   — Pardon ?
   — Je disais : belle souche et sacrée fissures !
   — Encore quelques instants et nous pourrons nous mettre en route.

   Holdagor joignit ses mains. Autour de lui, le halo verdâtre gagna en intensité, se rapprocha de son corps puis émit un flash éblouissant. Misangeair avait pris l’habitude de ces phénomènes impressionnants pour le novice mais parfaitement anodins et inoffensifs en fait.

   — Ça y est ? T’as grillé un fusible ?
   — Pardon ?
   — T’as éloigné les nuisibles ?
   — Oui. Tu n’as plus rien à craindre. Ces lumières aveuglantes repoussent les créatures de la nuit, une telle puissance donne à réfléchir.
   — Au moins autant qu’un miroir…
   — Qu’entends-tu par là ?
   — J’entends bien mieux que toi.
   — Tu sais bien que lorsque je suis concentré, mon sens de la magie prend le dessus sur mes perceptions d’humain. Pourquoi un miroir ?
   — Parce qu’il réfléchit.
   — Mon pauvre Misangeair, avec de tels calembours tu finiras pitre à la cour du roi des nains.
   — C’est une position qui en vaut une autre, monsieur Lotus.

   Holdagor se redressa, étira ses membres, fit craquer ses cervicales et sauta de la souche millénaire. Le saurien s’approcha de lui et courba l’échine afin que le magicien puisse lui grimper sur le dos.

   — En route, fidèle destrier !

   Le cavalier et sa monture s’élancèrent sous les derniers feux du soleil. Les arbres gigantesques défilaient, les hautes fougères fouettaient leurs corps et les ronces menaçantes formaient un labyrinthe inextricable. Nyctalope, Misangeair se frayait un chemin sans difficulté, pressé de retrouver le village et sa taverne. Les nuages paresseux vagabondaient dans le ciel et se déchirèrent en passant devant l’astre de la nuit. Le saurien déboula dans une grande clairière sous la lumière bleutée de la lune. Tout à coup, il fit clair comme en plein jour. Freinant de ses six pattes, Misangeair s’arrêta net, propulsant Holdagor par dessus sa tête. Le magicien s’étala dans l’herbe grasse et se releva, la baguette à la main.

   — Imbécile ! Je t’ai dit mille fois de m’avertir quand tu freines !
   — Désolé. Vieux réflexe. Quand il se passe des trucs pas trop normaux, je préfère agir avant de causer.

   La lumière se fit encore plus forte, éblouissant les deux compères.

   — Qu’est-ce donc que cela ? demanda Holdagor. Est-il possible que dame la Lune nous éclaire si fort ?
   — Carrément pas ! C’est sortilège, si tu veux mon avis.
   — Impossible, je ne ressens aucun flux magique.
   — Alors il est midi et on n’a pas vu passer l’heure.
   — Ne dit pas de bêtises !
   — Moi ? Jamais !

   Holdagor se protégeait les yeux comme il pouvait de sa main gantée, tout en essayant de détecter la source lumineuse. Mais malgré ses efforts, il ne réussissait pas à isoler un seul point qui aurait illuminé la clairière. En fait, il sentait la chaleur des rayons lui parvenir à la fois de devant, de derrière et sur les côtés aussi. Misangeair, lui, était complètement aveuglé. La tête cachée sous quatre de ses pattes, il tremblait enroulé dans sa queue, les fesses en l’air. Le magicien sentit un frôlement derrière sa tête. Il se retourna vivement et tendit sa baguette.

   — Obscurantis !

   Une lueur verte à peine visible s’envola du bout de la baguette, comme une bulle de savon sous le soleil d’été. Elle flotta quelques secondes en vacillant puis disparut. La lumière était toujours aussi intense dans la clairière. La tête maintenant sous un tapis de feuille Misangeair demanda :

   — Ça n’a pas marché, hein ?
   — Attends, mon prochain sort sera plus efficace.

   À nouveau, Holdagor agita sa baguette.

   — De profondis, extinguigus !
   — C’est toi le gugusse !
   — Tais-toi, tu me fais perdre l’influx.
   — Faudrait pourtant réagir, on va finir grillés !

   La chaleur devenait cuisante et la clairière se transformait en fournaise. Holdagor distinguait maintenant des mouvements au milieu de la clarté insoutenable. Comme autant de boules de feu qui tournaient autour de l’homme et de sa monture. Les frôlements étaient de plus en plus nombreux : derrière la tête mais aussi contre le ventre, aux mollets, entre les omoplates. Impossible pourtant de réellement voir de quoi il en retournait. Misangeair se mit à gémir.

   — Je sens comme des chatouilles tout autour de mon corps. M’est avis que c’est le genre de chatouilles qui pourraient bien me bouffer.
   — Il faut fuir, mon brave !
   — Impossible. Si j’expose mes yeux à cette lumière, ils vont griller en moins d’une seconde.
   — Alors, c’est à moi d’agir.

   Holdagor ôta le foulard qu’il portait toujours autour de son cou fragile. C’était un bel ouvrage de taffetas couleur lavande, parsemé de pétale de rose rouge. Sa mère lui avait offert pour anniversaire, le jour de ses trente ans. Il ne le quittait jamais et en était très fier, il s’en fit un bandeau qu’il noua solidement derrière sa tête. À travers l’étoffe, ses yeux pouvaient enfin lui être utiles. Maintenant, il voyait nettement les innombrables sources lumineuses qui dansaient dans la clairière. Certaines volaient jusqu’au dessus des épicéas et des châtaigniers, d’autres rasaient le sol. Une bonne demi douzaine de ces créatures étaient posées sur le dos de Misangeair.

   — Ces bestioles ont des ailes Misangeair !
   — Ça me fait une belle jambe !
   — Je dois pouvoir les immobiliser.
   — Magne-toi, j’ai l’impression qu’elles me bouffent la laine sur le dos.
   — Papillonus frigidis !

   À peine ces mots furent-ils prononcés par le magicien que la nuit noire s’abattit sur la clairière. Dans l’obscurité totale, les mouvements ne cessèrent pas pour autant. Après une telle intensité lumineuse et avec son bandeau sur les yeux, le magicien était complètement aveugle. Aveugle, mais fier comme un sou neuf.

   — J’ai réussi ! J’ai réussi ! T’as vu Misangeair, mon sort a fonctionné, les lumières ont disparues !
   — Les lumières oui, mais les bestioles non !

   Le saurien distinguait parfaitement les créatures qui continuaient de voler. L’une après l’autre, elles se jetaient sur le magicien, lui arrachaient un lambeau de tissu, un morceau de ceinture ou de botte avant de s’enfuir dans les airs.

   — Tu peux les voir ? demanda Holdagor.
   — Oui. Ce sont des mites.
   — Quoi ?
   — Tu m’as bien entendu. Des mites grosses comme des pigeons.
   — Des mites ? Mais qu’est-ce qui te faire croire que ce sont des mites ?
   — C’est à dire qu’elles ont bouffé presque toutes tes fringues…
   — C’est ça, le petit courant d’air ?
   — Oui, c’est ça…
   — Emmène-moi loin d’ici Misangeair !

   Du bout de la gueule, le saurien attrapa le magicien par l’épaule et le jeta sur son dos. Une seconde après il était au galop. Autour, les mites-lucioles géantes commençaient à clignoter.

   C’est ainsi que, sous les stroboscopes, l’on vit un magicien nu aux yeux bandés s’enfuir à travers la forêt, balloté sur son destrier, la baguette à la main. Sa monture cessa de rire plus tard, bien bien plus tard.
« Modifié: 05 Mai 2018 à 21:54:39 par Rémi »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Pas une lumière [Tic Tac AT 3 mai 2018]
« Réponse #1 le: 05 Mai 2018 à 18:28:08 »
Yop-là !

Citer
Il est permis de se gausser des dragons lorsqu’ils sont de vapeur, ceux de chair, d’os et d’écailles sont plus susceptibles.

La coupure à vapeur ne me semble pas assez forte. Un point virgule serait plus adapté pour séparer la première proposition de l'énumération qui suit.

Citer
   — Tu pourrais faire moins de bruit quand tu manges, mon bon destrier.
   — À quoi bon ?
   — Ta mastication dérange ma concentration.
   — Tu n’es déjà pas bien grand, si tu te concentres il ne restera pas grand chose.
   — Tes sarcasmes sont puérils. J’aimerais que tu acquières un peu de maturité.
   — Moi, c’est la salsepareille que je voudrais plus mûre.

Chouette dialogue.

Citer
   — Mon pauvre Minsangeair, avec de tels calembours tu finiras pitre à la cour du roi des nains.
   — C’est une position qui en vaut une autre, monsieur Lotus.

C'est une bonne situation ça, scribe ?

Citer
   C’est ainsi que, sous les stroboscopes, l’on vit un magicien nu aux yeux bandés s’enfuir à travers la forêt, balloté sur son destrier, la baguette à la main. Sa monture cessa de rire plus tard, bien bien plus tard.

La conclusion sonne un peu à plat, en mode "je sais pas comment finir, voilà une fin".

Sinon c'est sympa, j'ai souri à plusieurs reprises. Il manque peut-être un petit plus, quelque chose qui fasse résonner l'humour, une touche plus sérieuse, je sais pas.

Merci pour la lecture !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Pas une lumière [Tic Tac AT 3 mai 2018]
« Réponse #2 le: 05 Mai 2018 à 21:50:56 »
Salut Loïc :)

Citer
La coupure à vapeur ne me semble pas assez forte. Un point virgule serait plus adapté pour séparer la première proposition de l'énumération qui suit.
ouaip, bien vu

Citer
Citer
— Mon pauvre Minsangeair, avec de tels calembours tu finiras pitre à la cour du roi des nains.
   — C’est une position qui en vaut une autre, monsieur Lotus.
C'est une bonne situation ça, scribe ?
pas scribe, "pitre" ^^
et nan, c'est une situation pourrie  :mrgreen:

Citer
La conclusion sonne un peu à plat, en mode "je sais pas comment finir, voilà une fin".
ouais, c'est vrai. Ça fait plus "texte à la con" que véritable nouvelle.
Citer
Sinon c'est sympa, j'ai souri à plusieurs reprises. Il manque peut-être un petit plus, quelque chose qui fasse résonner l'humour, une touche plus sérieuse, je sais pas.
Je suis à une grosse moitié de taille admise pour l'AT, j'ai la place pour installer un truc plus consistant. Des idées ?

Merci pour la lecture, j'ai fait quelques mises à jour.

A+
RdL

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Re : Pas une lumière [Réponse à AT] [Tic Tac AT 3 mai 2018]
« Réponse #3 le: 06 Mai 2018 à 15:41:52 »
Bonjour Rémi,

J'ai lu ce texte que j'ai trouvé être un bon divertissement. Je rejoins assez Loïc sur l'impression qu'il y manque quelque chose ; notamment certains passages me paraissaient légèrement difficiles à apprécier, mais d'autres m'ont plus parlé et m'ont amusé.


La souche du chêne millénaire offrait un plateau de plus de dix pieds de diamètre.
Ici, par exemple, je me demande si je n'aurais pas aimé que tu développes plus la description de la souche, mais aussi du lieu avec quelques détails croustillants pour laisser libre recours à mon imagination. Cela m'aurait peut-être permis par la même occasion de bien m'immerger dans cet univers forestier.

   — Carrément pas ! C’est sortilège, si tu veux mon avis.
c'est un sortilège, si tu veux mon avis.  (???)
L'absence de déterminant m'a un peu déstabilisé dans la lecture.


En ce qui concerne la fin, je me demande effectivement si tu ne risques pas de perdre tes lectrices & lecteurs (il suffirait que quelqu'un ne comprenne pas la blague ou ne la trouve pas drôle pour se faire un mauvais avis sur le texte).

Je me demande si tu n'aurais pas à ajouter un mot d'esprit qui permette de comprendre à quel point ce mage excentrique a une vie pleines d'aventures loufoques ou quelque chose qui permette de comprendre en quoi son ridicule est important.

Hors ligne Rémi

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Re : Pas une lumière [Réponse à AT] [Tic Tac AT 3 mai 2018]
« Réponse #4 le: 06 Mai 2018 à 21:21:14 »
Salut Alan,

"Bon divertissement", c'est déjà cool.

Citer
Ici, par exemple, je me demande si je n'aurais pas aimé que tu développes plus la description de la souche, mais aussi du lieu avec quelques détails croustillants pour laisser libre recours à mon imagination. Cela m'aurait peut-être permis par la même occasion de bien m'immerger dans cet univers forestier.
oui, bonne idée, ça pourrait apporter du grandiloquent/ridicule

Citer
c'est un sortilège, si tu veux mon avis.  (???)
référence foireuse et approximative aux Visiteurs...

Citer
En ce qui concerne la fin, je me demande effectivement si tu ne risques pas de perdre tes lectrices & lecteurs (il suffirait que quelqu'un ne comprenne pas la blague ou ne la trouve pas drôle pour se faire un mauvais avis sur le texte).

Je me demande si tu n'aurais pas à ajouter un mot d'esprit qui permette de comprendre à quel point ce mage excentrique a une vie pleines d'aventures loufoques ou quelque chose qui permette de comprendre en quoi son ridicule est important.
ouaip, j'attends les idées des copains :D
J'y réfléchis de mon côté

Merci de ta lecture :)

Rémi
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Re : Pas une lumière [Réponse à AT] [Tic Tac AT 3 mai 2018]
« Réponse #5 le: 06 Mai 2018 à 23:18:37 »
Citer
Je suis à une grosse moitié de taille admise pour l'AT, j'ai la place pour installer un truc plus consistant. Des idées ?

Je ne sais pas s'il y a besoin de vraiment étoffer plus, ce qui risquerait seulement d'ajouter de la longueur. À mon avis faut surtout instiller des touches de sérieux ici et là.

Après, comment faire :mrgreen:
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