Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 novembre 2026 à 14:39:16
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » La Morsure

Auteur Sujet: La Morsure  (Lu 3120 fois)

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
La Morsure
« le: 27 janvier 2010 à 16:39:06 »
Petit sonnet (décidément, j'adore cette forme !) un peu étrange... Dites moi ce que vous en pensez, comme d'habitude quoi ^^

La Morsure

Ne vois tu pas, entre ses mains, un très grand vide,
Invoqué à sa vie par ton souffle alourdi ;
Ne vois tu pas, dans son ombre, ton trop grand vide
Accompagnant partout son corps abasourdi.

Finissez le supplice, arrêtez la douleur ;
Enfin assoupissez les sanglantes larmes
Riantes sur tes joues, sur son cou sans couleurs,
Nous laissant supposer ta morsure sans charme.

Arrivé par surprise, étonnée de te voir,
Ne vois tu pas, dans ses regards, le si grand vide
Dénué de teinte, sucrés sans être acides.

Ébauche d'un amour dont tu veux te mouvoir ,
Zizanie dans son cœur, tyrannie dans le tien,
Ta faible éternité ne servira à rien.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne Giacinto

  • Tabellion
  • Messages: 56
Re : La Morsure
« Réponse #1 le: 27 janvier 2010 à 17:02:53 »
Globalement un bon rythme, avec des répétitions qui sonnent bien et donnent un coté plutôt intime au texte.

J'ai pensé tout le long du texte aux regards que se portent entre eux deux amants d'un amour finissant, mais le dernier vers tend vers quelque chose de plus... draculéen.

pehache

  • Invité
Re : La Morsure
« Réponse #2 le: 27 janvier 2010 à 17:50:09 »

Invoqué à sa vie par ton souffle alourdi ;

"Invoqué à" ne me semble pas possible.

 Ne vois tu pas, dans son ombre, (kakemphaton: son nombre...)
"ton trop grand vide", là il me semble que "OMbre TON Trop grand est assez pesant.


Ne vois tu pas, dans ses regards, le si grand vide
Dénué de teinte, sucrés sans être acides.  dénué (sing.) puis sucrés (pluriel) ?

Ébauche d'un amour dont tu veux te mouvoir ,  "se moiuvoir" d'un amour me semble un peu.. osé ?

Ily a de jolis passages, qui coulent; peut-être veux-tu faire trop "compliqué"?

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : La Morsure
« Réponse #3 le: 27 janvier 2010 à 18:02:31 »
Ne vois tu pas, dans ses regards, le si grand vide
Dénué de teinte, sucrés sans être acides.  dénué (sing.) puis sucrés (pluriel) ?

Oui, en fait, "dénué" se rapporte au vide et "sucrés" comme "acides" complètent les regards.

Ébauche d'un amour dont tu veux te mouvoir ,  "se mouvoir" d'un amour me semble un peu.. osé ?

Non, pas du tout. Il faut prendre ici un sens...étrange de mouvoir, plutôt comme se déchaîner de ce lien. Donc non, pour moi, ça n'est pas osé ^^


Mais merci pour les compliments pehache et Giacinto
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

pehache

  • Invité
Re : La Morsure
« Réponse #4 le: 27 janvier 2010 à 18:38:25 »
Tu ne dis rien de ma première remarque.
Je sais, comme tout écrivant, que l'on défend ses enfants- et même contre soi et ses convictions-, mais je réitère ma remarque, tes accords (sucrés/ etc.) composent un tout fort complexe sans que, pour autant, cette complexité soit porteuse d'un sens qui le mérite.
Je crois que davantage de simplicité (oui, je le sais aussi, c'est difficile- et je ne parle pas de mutilation de tes idées, ni d'abêtissement, d'affadissement pour plaire au plus grand nombre!) serait bienvenue.
Amicalement

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 900
    • olig marcheur
Re : La Morsure
« Réponse #5 le: 27 janvier 2010 à 19:53:06 »

Sur quatre rimes en "ide", tu emploies trois fois "vide" :-¬?

J'me suis toujours perdu dans les différentes variantes du sonnet. C'est laquelle, celle-ci ? j'pensais que les rimes de la deuxième strophe devaient être les mêmes que celles de la première (ABBA ABBA. Ici, ABAB ABAB).
Là ta structure c'est : ABAB CDCD EAA EFF. Ca existe vraiment ? ???

Citation de: Zephyr
Ne vois tu pas
vois-tu (idem pour les vers 3 et 10)

Sympa, le premier vers en trimètre.


Citer
Invoqué à sa vie par ton souffle alourdi ;
la rime intérieure en alourdit un peu, j'trouve


Citer
Ne vois tu pas, dans son ombre, ton trop grand vide
là aussi trimètre, apparemment ; mais du coup on doit dire "om-breu-ton...", c'est pas très beau.


Citer
Finissez le supplice, arrêtez la douleur ;
le premier hémistiche est plus fort que le second j'trouve. En exagérant, j'aurais dit que ça fait pétard mouillé :mrgreen:


Citer
Enfin assoupissez les sanglantes larmes
11


Citer
Riantes sur tes joues, sur son cou sans couleurs,
c'est chaud à faire les chiasmes. J'aime bien.


Citer
Arrivé par surprise, étonnée de te voir,
? c'est normal que les deux participes ne soient pas de même genre ?


Citer
Dénué de teinte, sucrés sans être acides.
"tein-teu" pas très beau ; opposition sucrés/acides un peu banale.


La pointe me plaît bien, mais on entend un peu trop l'assonance en [a], j'trouve.



Voilà, dans l'ensemble, des choses bien tournées ! mais pas mal de détails à modifier pour que la forme fonctionne.

Sur le fond j'aurais parfois bien aimé des choses plus expressives, moins, je sais pas, pâles.

Et j'aime pas la majuscule au nom du titre.


Voilà ^^
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : La Morsure
« Réponse #6 le: 28 janvier 2010 à 14:03:24 »

Citer
Ne vois tu pas, entre ses mains, un très grand vide,

Petit problème à la césure.

Citer
Enfin assoupissez les sanglantes larmes

Je compte 11 syllabes.

Citer
Dénué de teinte, sucrés sans être acides.

Idem. Problème à la césure, on prononce le "e" final de "teinte".

Citer
Finissez le supplice, arrêtez la douleur ;
Enfin assoupissez les sanglantes larmes
Riantes sur tes joues, sur son cou sans couleurs,

Il y a je pense un problème de rapport. Je m'explique. Ici dans ce que je cite, tu as "finissez, arrêtez, assoupissez", puis plus loin "tes". Tu passes du "tu" à "vous". Je me doute que c'est un "vous" pour désigner "deux personnes" (deux amants ?) mais dans la façon où s'est présenté on peut se dire que ce "vous" est "tu", qu'il est renvoyé à la même personne, par le fait qu'au début on s'adresse à une personne et non deux. Je sais pas trop si je suis clair dans ce que je dis.  ><

Concernant le texte sinon, je n'ai pas trop accroché.  :-[

(pour ce qui est de la forme du sonnet c'est correct)
« Modifié: 28 janvier 2010 à 14:05:12 par Matt »
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

 


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