Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Juin 2026 à 02:11:58
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Vous appartenez à cette terre

Auteur Sujet: Vous appartenez à cette terre  (Lu 2165 fois)

Hors ligne Kath

  • Prophète
  • Messages: 953
  • Eternelle tête en l'air
Vous appartenez à cette terre
« le: 28 Mars 2018 à 22:32:49 »
Alors voilà, l'Hiver 18 a délié mes doigts et vaincu ma timidité.  :-[
Je vous mets donc ce que j'ai pondu la nuit dernière, et qui est la suite de mon "conte celtique" dont le début est ici
Il manque des épisodes entre les deux textes   :D mais pour l'instant, j'ai juste une vague idée de ce que ce sera, ça n'a pas encore pris forme dans mon crâne.

Alors voilà, j'attends vos commentaires !


J’ai été prise d’une frénésie de ménage en me levant, et je suis maintenant là, figée face à la fenêtre, en pleine vaisselle.
Les mots de Sally me sont revenus brusquement à la mémoire, alors que je retournais dans tous les sens ce qu’il s’est passé hier soir pour tenter d’y comprendre quelque chose.
« Vous appartenez à cette terre. Quoi que vous fassiez, vous reviendrez. »
Et elle avait fait en sorte que je revienne en me léguant sa maison et une partie de sa fortune.
Les yeux dans le vague, je me souviens.

J’avais signé les papiers du divorce deux semaines auparavant, après des mois de lutte pour convaincre mon ex-mari que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Nous étions séparés depuis presque un an déjà quand j’avais accepté ce poste en Irlande. Je ne me faisais pas d’illusions sur l’avenir de notre couple, et je pensais que cette expatriation le lui ferait comprendre, puisque mes paroles ne suffisaient pas, mais j’avais dû encore batailler pendant des mois. J’étais usée, et mon employeur m’avait permis de prendre une semaine de congés, sitôt le gros dossier sur lequel nous travaillions bouclé.
J’avais atterri ici, dans ce Bed&Breakfast un peu suranné, tout bêtement parce que ce n’était pas très loin de chez moi et que les chats y étaient acceptés.
Sally m’avait accueillie chaleureusement, un peu étonnée que je reste aussi longtemps sans autre but que me reposer.
***
— Vous reposer ? Mais vous semblez en pleine forme !
Je souris doucement à la vieille dame. Physiquement je suis en forme, mais moralement je suis à bout, au bord du craquage.
— J’ai beaucoup travaillé ces derniers temps, j’ai besoin de souffler un peu.
Elle me lance un regard soupçonneux, comme si elle savait que je ne lui dis pas tout. Au temps pour mes capacités de dissimulation.
— Je vais vous montrer votre chambre. Comme vous restez pour la semaine et que vous avez un chat, je vous ai mise au premier, dans la grande chambre qui donne sur le jardin. Vous serez au calme.
— Merci bien, c’est très gentil à vous.
— Le petit déjeuner est servi jusque 9h dans la petite salle à manger. Mais si vous voulez vous lever plus tard, dites-le-moi, on s’arrangera.
— Je dormirai sûrement plus tard, mais ne vous embêtez pas, dans ce cas je ne petit-déjeunerai pas.
— Vous ne prendrez même pas de thé ? s’étonne-t-elle.
— Peut-être. Mais je verrai à ce moment-là. Je veux juste suivre mes envies et ne rien prévoir. Ne vous inquiétez pas, je ferai avec ce qu'il y a.
Mon ton autant que mes paroles font mouche, comme toujours avec les personnes âgées. Nous montons un escalier, et Sally me guide vers une porte au fond d’un couloir. Elle l’ouvre et m’invite à entrer dans la pièce.
— Vous êtes au-dessus de mon petit salon, et il n’y a pas d’étage au-dessus de cette chambre.
— C’est un rajout à la bâtisse d’origine, n’est-ce pas ?
— Oui, en effet, comment avez-vous deviné ?
— La forme de la pièce, en
bow-window, et le fait qu’elle soit  excentrée par rapport au hall. En tout cas, c’est très joli, ajouté-je en m’avançant vers la fenêtre.
— Oh, la décoration date un peu, mais je n’ai pas envie de me lancer dans des travaux, pas à mon âge.
— J’aime beaucoup. Et votre jardin est superbe.
En effet, j’ai aimé au premier coup d’œil ce jardin à l’anglaise, un peu fouillis, mais à l’équilibre subtil. Et l’ambiance démodée de la chambre me plaît beaucoup. Je m’y sens bien, tout simplement.
— Vous pourrez vous y promener, et même vous installer sur la terrasse, s’il fait beau. Faites comme chez vous.
— Merci beaucoup. J’y promènerai sûrement Arthémis.
— Votre chat s’appelle Arthémis ? C’est original !
— Oui, et elle porte bien son nom. Elle adore me ramener ses jouets, comme si c’était des proies.
— Et vous ne la laissez pas sortir de sa cage ?
— Je vais d’abord monter mes bagages, ça évitera qu’elle ne se sauve.
— Bien, je vous laisse alors. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas. Vous me trouverez ou au jardin, ou dans mon petit salon.
— Merci beaucoup. Je vais déjà m’installer et laisser Arthémis découvrir les lieux.


***

Notre première conversation s’était terminée là-dessus, et j’avais rapidement pris mes marques dans cette chambre. Le soir même, je promenais Arthémis dans le jardin, et elle semblait, elle aussi, apprécier grandement les lieux.
Au fil des jours, comme j’étais le plus souvent la seule cliente du B&B et que je passais mes journées là, nous en étions venues à discuter de plus en plus ensemble, autour d’une tasse de thé sur la terrasse ou d’un verre de whisky le soir. Je l’avais même aidée quelques fois au jardin, de ma propre initiative.
Petit à petit nous nous étions liées d’amitié, une amitié sincère, et j’avais fini par me confier à elle un soir, alors qu’elle m’avait invitée dans son petit salon – privilège rarissime.

***

— Je comprends mieux pourquoi vous aviez besoin de vous retirer ainsi.
— Oui, j’étais au bord de la rupture. J’avais absoluement besoin de me poser au calme quelques jours. Surtout qu’un nouveau gros dossier m’attend lundi !
— Vous semblez travailler beaucoup.
— Oui, au départ c’était pour me changer les idées, mais j’aime vraiment ce que je fais. Ça me demande de trouver des solutions ingénieuses et les bons arguments pour vendre nos projets. Et j’adore relever ce genre de défi.
— Et vous n’êtes pas trop seule ?
— Oh non ! C’est ce qu’il y a de bien avec ce pays, il y a toujours un pub où aller le soir. Et mes collègues sont plus que sympas, on sort souvent ensemble. Et puis, je suis une solitaire, alors rester tranquillement chez moi sans voir personne plusieurs jours de suite, ce n’est pas un problème.
— Je vous comprends. À vrai dire, j’ai un peu l’impression de me retrouver en vous.
— Vraiment ?
— Oui. J’entretiens de bonnes relations avec le voisinage, mais je n’ai jamais ressenti le besoin d’absolument discuter avec quelqu’un tous les jours. J’aime ma maison, j’aime avoir des visiteurs, je discute au magasin, bien sûr, mais je peux aussi passer plus d’une semaine sans parler à personne d’autre que moi-même.
Je laisse échappe un petit rire amusé.
— J’ai au moins l’excuse de parler à mon chat ! Mais je parle aussi souvent seule.
— Vous me ressemblez beaucoup. Et je ne crois pas que vous soyez venue ici par hasard.
Je la regarde, troublée par ce que contient sa voix. Il y a une telle certitude, comme si mon choix avait été guidé par autre chose que la simple raison.
— Vous êtes simplement le premier B&B que j’ai trouvé dans le périmètre que j’avais choisi qui acceptait les chats.
Elle repose sa tasse sur la table avec précaution.
— Non, il y a autre chose, mais vous ne le sentez peut-être pas encore. Pourquoi êtes-vous venue travailler en Irlande, précisément ?
— Parce que c’était une merveilleuse opportunité professionnelle, que j’avais besoin de m’éloigner de mon ex-mari et des souvenirs qui lui étaient associés.
— Et vous n’aviez pas d’autre opportunité professionnelle ailleurs ?
— Si, mais… j’ai visité l’Irlande quand j’avais vingt ans, et j’en avais gardé de très bons souvenirs.
— E c’est tout ? Juste de très bons souvenirs ?
— Je m’étais sentie bien, ici. J’avoue que je voulais retrouver ce sentiment de paix que j’avais trouvé en traversant les landes.
Elle me sourit en hochant la tête, comme si elle s’attendait à cette réponse.
— Et pourquoi vous être installée dans cette région, précisément ?
— Alors là, je plaide non coupable ! je plaisante. L’entreprise est basée à X, je n’avais pas vraiment le choix !
— Et vous étiez venue dans la région, quand vous aviez vingt ans ?
— Oui, nous y étions passés. Mais nous avions fait le tour de l'île, ça ne veut rien dire.
— Pas de souvenir spécial lié à la région ?
— Juste celui d’une très bonne soirée au pub, suivie d’une partie de jambes en l’air mémorable, je réponds avec un petit sourire en coin. Oh, pardon ! Je ne sais pas ce qui m’a pris de vous dire ça !
— Il n’y a pas de mal, j’ai eu mon lot de parties de jambes en l’air mémorables, moi aussi, dans mon jeune temps !
Nous rions de concert, rendues un peu plus complices par cette confidence inattendue.
— Et tant d’années après, vous vous souvenez encore de cela ?
Je rougis à ce souvenir. Mon copain de l’époque et moi n’avions presque pas dormi de la nuit, pris d’une sorte de frénésie sexuelle.
— Oh oui, cette nuit-là a été très spéciale, croyez-moi !
Un silence plane quelques instants entre nous, sans qu’il n’amène aucune gêne. Sally semble plongée dans ses pensées, et moi je le suis dans les souvenirs de cette nuit-là.
— Je vous ai observée cette semaine, reprend-elle brusquement. Vous n’aviez pas l’air fatiguée, à première vue, mais il y avait une telle lassitude dans votre regard…
Je lui fais un petit sourire un peu triste.
— C’est tout à fait cela. Physiquement, ça allait, j’y fais très attention, mais je me sentais si fatiguée… Il n’aurait pas fallu grand-chose pour que je m’effondre complètement. Et ce n’est pas beau à voir quand ça m’arrive, ajouté-je avec une grimace.
— Et pourtant, en quelques jours, vous êtes comme transformée, pleine d’énergie.
— Je vous l’ai dit en arrivant, tout ce dont j’avais besoin, c’était de repos. De ne pas avoir à décider quoi faire à manger, quoi faire de ma journée, comment faire telle ou telle chose. Je me suis laissée porter, j’ai pu lâcher prise, grâce à vous.
Elle se penche vers moi pour serrer doucement ma main.
— Je suis convaincue qu’il y a autre chose. Ce lieu vous fait du bien. Vous appartenez à cette terre. Quoi que vous fassiez, vous reviendrez.
— Oui, bien sûr, je reviendrai vous voir. Vous êtes une véritable amie pour moi, et j’adore cette maison. J’ai toutes les raisons de prendre mes prochaines vacances ici.
— Ce que je veux dire, c’est que vous reviendrez ici, durablement. Peut-être pas dans ce village, mais pas loin. Vous êtes liée à cette région, je le sens, même si je ne comprends ni pourquoi ni comment.
Je la regarde avec surprise. Jusque-là, nos conversations avaient été raisonnables, sinon rationnelles, et Sally ne m’avait pas semblé portée à la superstition.
— Je ne vois pas comment non plus. Je n’ai aucun ancêtre irlandais, ou alors il est bien caché. Je n’ai absolument aucun lien avec ici, sauf vous, maintenant.
— Je sais, je sais, dit-elle, avec un mouvement de la main un peu agacé. Je ne sais pas comment vous l’expliquer, c’est juste un sentiment que j’ai. Et ce genre de sentiment se révèle toujours vrai, chez moi. Mais oubliez ce que j’ai dit, ce n’est pas grave, peut-être que pour une fois je me trompe !


***

Nous avions continué notre conversation, un peu maladroitement d’abord, puis plus aisément, et n’en avions plus jamais reparlé, même lors de mes séjours ultérieurs.

Je soupire en secouant la tête, baissant à nouveau les yeux sur le mug que j’étais en train de laver. Sally avait raison, je suis revenue, durablement. Rien, en effet, dans son testament, ne m’obligeait à reprendre le B&B. J’ai pourtant démissionné d’un travail que j’aimais, pour ne plus travailler qu’en tant que consultante, et me suis installée ici pour prendre la suite de mon amie. Et j’ai eu bien du mal à expliquer rationnellement ma décision à ma famille. Je me sens simplement chez moi ici, à ma place, et j’ai d’ailleurs rapidement été adoptée par les habitants.
Et après la soirée d’hier, j’en viens à croire que ma vieille amie avait raison. Quelque chose me lie à ce coin d’Irlande, reste à savoir si je suis prête à l’affronter.

Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

mercurielle

  • Invité
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #1 le: 29 Mars 2018 à 09:52:32 »
Hello Kath !

J'aime bien la manière dont tu inclus les dialogues au présent. Je trouve l'emploi du plus-que-parfait un peu lourd. Par ailleurs, pourquoi toujours de l'imparfait ? Le passé simple existe aussi et a son utilité.   

Le terme "craquage" dans le premier dialogue me fait mal aux yeux.

Je corrige juste cette phrase du début : "alors que je retournais dans tous les sens ce qu’il s’est passé hier soir"

=> ... ce qui (ou ce qu'il, mais les deux tournures sont acceptées) s'était passé.

Mais l'ensemble est agréable à lire. Dernière phrase bien : on a envie de connaître la suite.     

Hors ligne Kath

  • Prophète
  • Messages: 953
  • Eternelle tête en l'air
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #2 le: 29 Mars 2018 à 12:48:08 »
Merci pour ton commentaire, mercurielle.
J'aime bien la manière dont tu inclus les dialogues au présent.
Je ne l'avais pas écrit comme cela au départ, mais je n'obtenais pas le résultat que je voulais. Même si le stratagème manque de finesse, le présent me semblait mieux pour une plongée dans les souvenirs.

Je trouve l'emploi du plus-que-parfait un peu lourd. Par ailleurs, pourquoi toujours de l'imparfait ? Le passé simple existe aussi et a son utilité.   
Pourrais-tu me préciser où tu mettrais du passé simple ? Parce que je l'utilise aussi bien que l'imparfait, mais là il n'est juste pas venu sous mes doigts.
Et oui, je reconnais volontiers que mon style est assez lourd.
ça me donne une idée pour revoir les paragraphes qui se passent dans le présent, mais il faut que j'y réfléchisse plus avant  :\?

Le terme "craquage" dans le premier dialogue me fait mal aux yeux.
:P je l'utilise pourtant souvent au quotidien ! "à deux doigts de craquer", ça t'irait mieux ?

=> ... ce qui (ou ce qu'il, mais les deux tournures sont acceptées) s'était passé. 
:D pour le coup, j'avais bien écrit "s'était", et je l'ai changé par "s'est" pour alléger !
Et je préfère écrire "ce qu'il", "ce qui" n'est pour moi, avec le verbe "se passer", qu'une déformation orale de "ce qu'il"

et pour la suite... eh bien, on verra quand j'aurais une idée ! J'ai déjà la scène intermédiaire et la scène d'introduction à écrire, et je n'ai qu'une vague idée de ce qu'elles pourraient contenir. Je vais laisser mijoter un peu, ça finira bien par venir !
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 280
  • Miss green Mamie grenouille
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #3 le: 29 Mars 2018 à 12:56:04 »
Coucou Kath, je suis ravie que tu aies eu l'envie de reprendre la plume, et d'après ce que je viens de lire : tu as bien fait.

J'aime bien cette histoire, entre narration et dialogue ça passe bien et c'est simple à lire, ouvert, comme j'aime.

J'ai juste eu du mal avec cette phrase :
"Au temps pour mes capacités de dissimulation."
Je ne comprends pas cette expression "au temps" quand elle n'est pas suivie de "pour moi". Mais je suppose qu'on peut l'utiliser de cette manière.

Comme Mercurielle "craquage" me gêne un peu.

Bonne continuation pour la suite, que je lirai avec plaisir.

 ;) ;)



Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

mercurielle

  • Invité
Re : Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #4 le: 29 Mars 2018 à 18:01:23 »

Pourrais-tu me préciser où tu mettrais du passé simple ? Parce que je l'utilise aussi bien que l'imparfait, mais là il n'est juste pas venu sous mes doigts.

=> Imparfait et PS ne sont pas interchangeables : imparfait pour l'arrière-plan de l'action, les descriptions, un événement qui dure. Passé simple pour la mise en valeur de l'action, un événement unique.

Exemple : "Le Petit Chaperon Rouge se promenait dans les bois. Soudain surgit le Grand Méchant Loup." >:D     

"à deux doigts de craquer", ça t'irait mieux ?

=> Oui. Craquage n'existe pas.
_ _ _

Un petit conseil si je puis me permettre : réfléchir sur l'emploi des temps. Il faut respecter leur concordance.

- Tu parles au passé (imparfait ou passé simple) => plus-que-parfait pour une action antérieure.

- Tu parles au présent => passé composé pour une action antérieure.

Exemple :

Je reprends ta phrase : => "alors que je retournais dans tous les sens ce qu’il s’est passé hier soir"

=> tu parles à l'imparfait (je retournais) et tu évoques un événement antérieur (hier soir) => s'était passé.  :)

Léilwën

  • Invité
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #5 le: 30 Mars 2018 à 21:54:20 »
Coucou Kath !

J'ai bien aimé ce texte pour la sincérité qu'il dégage.
J'ai vu dans les commentaires que tu disais que ton style est lourd... je ne le trouve pas ! Je trouve au contraire qu'il y a une simplicité touchante et sans fioritures dans ce que tu écris...

Je t'ai fait un petit relevé :

Citer
comme si elle savait que je ne lui dis pas tout
=> j'aurais mis "disais" à la place de "dis"

Citer
J’avais absoluement
=> un e surnuméraire s'est glissé dans "absolument" (et le mot est répété quelques lignes en dessous "absolument discuter")

Citer
Je laisse échappe
=> +r

Citer
E c’est tout ?
=> "Et"

Citer
et moi je le suis dans les souvenirs de cette nuit-là.
=> j'aurais retiré le "je le suis"

Merci pour ce texte, tu as bien fait de sortir de ta timidité  :)

Hors ligne Miromensil

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 557
  • Mon nu mental
    • Mimerions
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #6 le: 01 Avril 2018 à 14:48:47 »
Coucou Kath !

Citer
J’avais atterri ici, dans ce Bed&Breakfast un peu suranné, tout bêtement parce que ce n’était pas très loin de chez moi et que les chats y étaient acceptés.
pas très fan du « tout bêtement », ça casse un peu l’ambiance je trouve

Citer
Sally m’avait accueillie chaleureusement, un peu étonnée que je reste aussi longtemps sans autre but que me reposer.
***
— Vous reposer ? Mais vous semblez en pleine forme !

C’est Sally qui parle ? Si oui, il n’y a pas besoin de « *** » je pense, en général ça induit un changement de scènes avec un changement de personnages ou quoi, or ici ça n’a pas l’air d’être le cas.

Citer
La forme de la pièce, en bow-window, et le fait qu’elle soit  excentrée par rapport au hall.
Les bow-window  :coeur:
(espace en trop avant excentrée)

Citer
Elle adore me ramener ses jouets, comme si c’était des proies.
Je suis pas sure, et tu es mieux placée que moi pour savoir… mais on ne met pas « c’étaient », dans ces cas-là ? Parce que « ses jouets étaient des proies »

Globalement, je ne comprends pas trop pourquoi tous les dialogues sont en italiques

Ton texte m’a donné envie d’aller en Irlande :) J’ai bien aimé l’aura mystérieuse. J’avais l’impression qu’on allait basculer du côté fantastique mais le basculement ne s’est pas opéré. Ca manquait peut-être de descriptions physiques pour s’imaginer les protagonistes, et aussi de descriptions de lieu et d’atmosphère, mais ça c’est mon kiffe personnel. Aussi, surtout dans le premier paragraphe, j’étais un peu embêtée par l’usage des temps. Faudrait le retrouver mais sur le forum il y a un sujet qui a ça pour objet. Je pense qu’on met le passé simple avec l’imparfait, mais dans ce cas-là il ne faut pas de passé composé… ou j’ai lu des livres récents avec de l’imparfait et du passé composé, c’est peut-être ça que tu voulais vérifier. Enfin, faudrait vérifier, je me trompe aussi parfois.

En fait : le premier paragraphe est au passé (passé composé, imparfait, plus-que-parfait), alors que ton dernier paragraphe est au présent. Entre les deux, des flash-backs. Je pense que tu pourrais homogénéiser en mettant les flash-backs au passé et le moment présent — durant lequel elle se souvient de ce qu’il s’est passé — au présent. On s’y retrouverait mieux, je crois. Perso j’évite de faire des flash-backs parce qu’ils ne sont pas faciles à gérer point de vue des temps. Je te conseille en tout cas de jeter un oeil à ce fil qui le concerne, je le visitais souvent en arrivant sur le forum.

Sinon les dialogues sont fluides et naturels, un gros plus !

Et joyeuses pâques /o/

Hors ligne Kath

  • Prophète
  • Messages: 953
  • Eternelle tête en l'air
Re : Vous appartenez à cette terre
« Réponse #7 le: 01 Avril 2018 à 15:19:39 »
Merci à toutes pour vos commentaires.

A vrai dire, j'ai bien ri, parce que j'embête souvent les auteurs que je corrige avec l'utilisation des temps, et je me rends compte qu'on a beau connaître les règles, quand on est de l'autre côté de la barrière, ce n'est plus si évident !  :D

Désolée pour les fautes de frappe, j'ai écrit ce texte de nuit sur mon ordi portable, et je fais plein de fautes de frappe dessus. Et je ne les ai pas vues en me relisant (fichue auto-correction du cerveau !)

Je vais prendre en compte vos remarques pour le retravailler, et surtout la dernière de Miro, du moins pour tester (pour les descriptions, j'avoue que ça ne me vient pas naturellement, je vais tenter quelque chose de ce côté aussi)

@Miro :
Citer
Citer

    Elle adore me ramener ses jouets, comme si c’était des proies.

Je suis pas sure, et tu es mieux placée que moi pour savoir… mais on ne met pas « c’étaient », dans ces cas-là ? Parce que « ses jouets étaient des proies »
Les deux mon capitaine ! D'un point de vue strictement grammatical, tu as raison. Mais l'usage plus qu'accepté permet de le mettre au singulier (seuls les puristes le considèrent comme une faute)

pour le côté surnaturel, je voulais aussi quelque chose de plus fort, mais pas trop non plus, car les trucs vraiment bizarre se passent après l'héritage. Mais avec un peu de description, je rendrais peut-être mieux le côté spécial de la déclaration de Sally (comme une prophétie, en fait)

@Leil :
 à bien y réfléchir, je ne pense pas qu'on puisse me dire timide. Réservée, plutôt. Je n'aime pas me mettre en avant et préfère observer.
Mais parfois, il faut bien se forcer !
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.014 secondes avec 17 requêtes.