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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L’affaire des livres volés Chapitre 1 2 3

Auteur Sujet: L’affaire des livres volés Chapitre 1 2 3  (Lu 7629 fois)

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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L’affaire des livres volés Chapitre 1 2 3
« le: 10 mars 2018 à 15:41:29 »
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A la demande d'un lecteur, j'ai placé le préambule en Spoiler!

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Cette section sera une section "active" elle contient les liens pour les chapitres et autres informations pertinentes! Le texte original se retrouve sous "Spoiler".

Chapitre 1a
premier paragraphe modifié.

Chapitre 1b
Chapitre 2
Corrections de @dieter apportées

Chapitre 3

Texte modifié suite aux commentaires de @dieter (23 juillet 2018)

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Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


RE P.S.: Un lecteur du site m'a convaincu de mettre une photo.





L’affaire des livres volés
Chapitre 1a

Vendredi 4 juin 1954

Un coup d’œil à la fenêtre de mon bureau m’a prouvé une fois de plus que ma hanche était un putain de bon baromètre. Le ciel noir que j’entrevoyais entre les édifices de béton semblait infini et la pluie qui tombait ce matin me confirmait qu’ il n’y aurait pas de soleil aujourd’hui.


J’ai refermé les rideaux en soupirant, en plus d'avoir du mauvais temps, ça devait bien faire trois jours que personne ne m’avait téléphoné pour m’engager. Tout ce qui me restait à me mettre sous la dent était des lettres de mes créanciers que j’avais lues à multiple reprise. J’ai pris les lettres dans un paquet et je les ai jetées avec dégoût sur ma commode. Tant qu’à lire des menaces, je pouvais bien emprunter quelques polars à la bibliothèque pour me changer les idées. Cette foutue carte de membre m’avait coûté dix dollars et je ne l’utilisais presque jamais.

Après avoir enfilé mon imperméable et enfoncé mon chapeau en place, j’ai regardé mon reflet dans la fenêtre de la porte pour me confirmer que j’étais vaguement présentable puis j’ai quitté mon bureau.

La bibliothèque était à 30 minutes de marche rapide et je me suis empressé de faire le chemin sous la pluie battante. Il m’aurait toujours été possible de prendre un taxi, mais mes fonds étaient presque à plat et je préférais garder le peu d’argent qui me restait pour manger, fumer et surtout boire.

La pluie ne s’est pas éclaircie pendant ma balade vers l’édifice triste et gris et j’ai ouvert la porte de la bibliothèque Hemingway avec un entrain inhabituel. J’ai secoué mon imperméable pour faire tomber le plus d’eau possible et je me suis avancé vers la guérite. La chipie de bibliothécaire m’a regardé avec un air mauvais en me demandant ma carte. Elle savait bien que je la possédais, mais elle me cassait les pieds à chaque fois que je venais ici en me la demandant. C’était un jeu entre nous, qui le premier finirait par céder. Elle qui me demandait ma carte toutes les fois, ou moi qui ne reviendrais plus ici. Nous étions encore à un match nul après plusieurs mois.

J'ai montré ma carte avec ennui et elle l'a examinée avec suspicion encore une fois avant de me donner l'autorisation d'entrer dans son antre.

J’ai suspendu mon imperméable mouillé à côté de mon chapeau sur un portemanteau, puis je me suis dirigé vers la section des romans. Je passais mon temps à lire les journaux (et les lettres de mes créanciers) où l’écriture était d’une médiocrité aberrante, il me ferait du bien d’avoir quelques lignes bien écrites pour une fois sous les yeux. J’ai erré quelques minutes dans la section des romans et après avoir fait une sélection de quelques bouquins, je me suis installé à une table où il était écrit en grosses lettres rouges « DÉFENSE DE FUMER ». Qu’est-ce que cette affiche me cassait les pieds   ! Je venais de commencer à lire Le Comte de Monte-Cristo quand j’ai entendu le téléphone sonner. Les quatre personnes dans la bibliothèque ont immédiatement levé la tête pour regarder dans la direction de ce bruit inhabituel pour cet endroit. La bibliothécaire, un peu gênée, a pris l’appel. Elle a commencé par chuchoter, mais il est vite venu apparent que la discussion ne se passait pas bien. Après quelques minutes d’une conversation houleuse, elle a raccroché en poussant un soupir d’exaspération. Elle a ensuite fermé les yeux puis a porté sa main gauche à sa tempe comme si elle avait une migraine.  Personne n’a osé lui faire de remontrance ou porter quelque commentaire que ce soit et nous sommes tous retournés à nos lectures pendant que le silence reprenait sa place.

J’étais sur le point de  me lever pour emprunter mon livre quand j’ai vu la bibliothécaire s’approcher de moi en faisant claquer ses talons sur le sol. Elle me regardait droit dans les yeux et a brisé encore une fois le silence avec son clic-clac rythmé. Les quatre autres personnes ont levé leurs yeux dans sa direction et l’on suivit du regard jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant moi, puis conscients que leur indiscrétion était visible par tous et surtout par la bibliothécaire, ils se sont replongés dans leurs bouquins.

Elle a croisé ses bras devant elle en m’adressant sèchement la parole. « Vous êtes bien détective n’est-ce pas ? »

J’ai refermé doucement mon livre en ne prenant même pas le temps de noter la page où j’étais rendu et j’ai levé mes yeux vers elle. « Oui. »

 -Est-ce qu’on pourrait se parler en privé ?

C’était une affirmation ? Un ordre ou une demande d’aide, je n’en savais rien. J’avais beau lui avoir répondu dans l’affirmative, le ton de sa voix ne s’en était pas pour autant adouci.

Je n’ai pas détourné mon regard d’elle et je lui ai répondu avec un sourire en coin. « J’ai fait quelque chose de mal ? Je n’ai pas remis un de mes livres à temps ?  Vous allez me donner la fessée ?» Mon effort pour détendre atmosphère n’a pas eu le succès escompté et elle a gardé son air glacé. « Non, je désirerais vous engager pour un travail ».

Si son arrivée dans mon espace de lecture m’avait fait craindre le pire, elle venait de changer de camp et venait de passer de casse-pied à cliente. Ces mots avaient formé une de ces rares phrases qui me faisaient plaisir, comme « Voulez-vous danser ? Vous voulez un verre ? Vous me raccompagnez chez moi pour un café ? Et encore mieux, c’est gratuit. » J’ai abandonné toutes mes réserves envers la bibliothécaire à ce moment. Je n’étais pas du genre à garder des rancunes pour des broutilles ou encore des scrupules pour des paroles qui avaient été dites par le passé. Mais surtout, je n’étais pas en position de refuser quelque travail que ce soit, même si ça provenait d’une des personnes qui se prenaient un malin plaisir à me rendre la vie minable. Je me suis levé en lui disant simplement. « Je vous suis. »

Elle a montré le chemin et je l’ai suivi en ne disant pas un mot au travers de la grande salle de lecture. Le son d’une horloge sur le mur, celui de ses talons sur le sol et le bruit des pages tournées par des gens avides de savoir étaient les seuls qui osaient briser le silence et accompagner notre marche. Les autres lecteurs ont suivi du regard notre déplacement jusqu’à ce que nous entrions dans une petite pièce à l’écart. Sur des tables, je pouvais voir des piles de livres accumulés pêle-mêle, ça ressemblait à un entrepôt de livres à s’y méprendre.

Elle a remarqué immédiatement mon regard qui s’attardait sur les livres comme celui d’un homme qui voit la jolie secrétaire se pencher pour ramasser un dossier qui est tombé sur le sol. Elle m’a regardé, la tête un peu penchée dans ma direction et m’a lancé sur le ton d’une maîtresse d'école, un fait que tout étudiant aurait dû connaître s’il avait écouté en classe.  « Ce sont des livres neufs, je vais en étiqueter plusieurs ce soir et quand ça sera fait, je vais créer une fiche pour les classeurs, ensuite je vais aller les placer dans les étagères afin que nos lecteurs puissent les consulter.»

Je n’ai rien répondu et elle a continué. «Mais revenons à la raison de ma demande. J’ai un ami qui angoissé. Je voudrais que vous alliez le voir pour le réconforter. Je sais que ce n’est rien, mais il est terriblement inquiet. »

J’ai passé ma main sur ma joue gauche en réfléchissant à ce qu’elle venait de me dire, une action qui m’a confirmé qu’il fallait que je me rase. « J’imagine qu’il lui est arrivé quelque chose de grave et c’est ce qui lui a fait peur ? »

Elle m’a répondu sèchement comme si je lui affirmais quelque chose de flagrant. « Oui. On l’a cambriolé. »

J’osais une seconde question qui elle aussi frisait l’évidence pure. « Et les policiers ? »

Elle a étrangement gardé son calme cette fois. « Ils sont passés. Ils ont pris sa déposition et puis ils sont repartis. »

Je l'ai regardée avec un soupçon d’incompréhension dans les yeux. « Alors, je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus. »

Elle a poussé le soupir exaspéré d'une femme observant un homme face à une machine à coudre qui ignore son foutu fonctionnement alors qu'il doit réparer son pantalon. « C’est un bon ami, je veux simplement que vous apaisiez ses craintes.


J’ai haussé les épaules. « Si c’est ce que vous voulez vraiment. Mais à mon avis, un café avec vous et une bonne discussion feraient probablement l’affaire.»

Elle m'a souri légèrement, c’était bien le premier de sa part dans ma direction. « Quels sont vos honoraires ? »

-Je demande 15$ la journée plus les frais.

Elle a semblé hésiter un instant avant de me faire une contre-offre et a déplacé son poids sur sa jambe gauche. « Que diriez-vous si je vous offrais un service comme rémunération ? »

Son offre a piqué ma curiosité. « Vous voulez dire quoi par-là ? »

-Et si je vous donnais accès aux archives ? Je sais que dans votre métier ça pourrait vous être utile et surtout, je vous ai vu lorgner à plusieurs reprises dans la direction de cette porte qui mène aux archives.

Je me suis massé le menton. J’avais besoin de l’argent, mais ce qu’elle m’offrait pouvait s’avérer être beaucoup plus utile pour moi dans le futur que quelques dollars. La décision a été rapide, mes créanciers pouvaient bien attendre un peu. « Ça semble être une proposition intéressante, mais avant de pouvoir accepter, il faut tout de même que je sache ce que je dois faire. Je dois aussi vous avertir que je ne suis pas du genre subtil dans ces histoires.»

-Ça ne m’étonne pas  ! Mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’utiliser vos connaissances limitées dans les bonnes manières pour ce travail. Voyez-vous, mon ami Anthony Goldberger est un homme nerveux qui a beaucoup de difficulté à gérer ses angoisses et le cambriolage l’a beaucoup affecté. Tout ce que vous avez à faire est de lui dire que tout va bien aller et qu’il n’y a plus de danger. Je ne vous demande pas de lui mentir, simplement de lui dire la vérité.

J’ai pris une pause de quelques secondes avant de lui répondre. « Et il fait quoi comme boulot votre ami ? »

-C’est un libraire, il lui arrive de me vendre des livres.

J’ai réfléchi à voix haute. « Il ne fait pas un travail vraiment dangereux, comme banquier ou bijoutier, alors dans une situation de ce genre, il y a peu de chance que les voleurs reviennent. Vous avez raison de dire qu’il n’a pas à s’en faire. Marché conclu. »

Je lui ai tendu la main et nous avons scellé le contrat par une bonne poignée de main et un sourire. C’était bien la deuxième fois qu’elle me souriait dans la journée. La femme avait des mains chaudes et une poigne de fer. Elle s’est penchée vers la table et a inscrit avec une écriture parfaite l’adresse de son ami. La librairie avait façade sur la rue des Cheminots et s’appelait « La librairie du roi en jaune».

J’ai ramassé le bout de papier que j'ai mis dans la poche intérieure de mon veston et j’ai abandonné la bibliothécaire et mon livre parlant de vengeance diabolique.

lien pour le chapitre 1b http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,27515.msg437186.html#msg437186
« Modifié: 24 juillet 2018 à 05:25:10 par Le_vrai_chris_cool »

mercurielle

  • Invité
Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #1 le: 10 mars 2018 à 18:35:35 »

les édifices gris de bétons
=> béton

J’ai refermé les rideaux en soupirant, en plus d'avoir un temps de canard
=> pas beau, temps de canard

mon chapeau sur ma tête.
=> on s'en doute => la tête (évite répétitions de "mon")

mon reflet dans la fenêtre de la porte de mon bureau
=> trop de compléments de nom à la suite

ma balade vers l’édifice moche de béton gris
=> tu as déjà utilisé béton plus haut. Et on sait bien que le béton est gris. Inutile.  "Moche", c'est moche => peut-être : vers le gris et triste édifice.   

J’ai montré ma carte avec ennui et elle l’a examiné
=> examinée

Je suis allé déposer mon imperméable mouillé sur un portemanteau en compagnie de mon chapeau.
=> boff, restons simples => à côté

Je venais de commencer à lire Le Comte de Monte-Cristo
=> Le Comte de Monte-Cristo

regarder dans la direction de ce manque de décorum flagrant.
=> lourd, mal dit, incorrect.

quelques commentaires que ce soit.
=> quelque commentaire que ce soit dans cette tournure. 

Puis le silence a repris son emprise
=> Mal dit. Restons simple encore une fois et malvenu : emprise a une connotation péjorative alors que le personnage apprécie le silence => Puis le silence s'est à nouveau installé 

J’étais sur le point de  me lever pour emprunter le livre que j’avais sous la main
=> Je ne comprends pas. Tu veux dire que le personnage va emprunter le livre qu'il est en train de lire ? Eh bien, dis-le, tout  simplement.

quand j’ai vu la bibliothécaire s’approcher de moi en faisant claquer ses talons sur le sol. Elle me regardait droit dans les yeux et a brisé encore une fois le décorum de l’endroit avec son clac clac rythmé.
=> encore décorum ! Et je mettrais clic clac plutôt que clac clac. Je dirais "hauts talons" 

Les quatre autres personnes ont encore une fois levé leurs yeux dans sa direction et l’on suivit du regard jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant moi, puis ils ont replongé dans leurs bouquins, conscients que leur curiosité était visible par tous les autres lecteurs de la bibliothèque et surtout par la bibliothécaire.
=>dernière partie de phrase trop explicite, trop narrative. Il faut concentrer. => voulant se faire discrets. 

C’était une affirmation? Une commande
=> un ordre

J’avais beau l’avoir confirmé dans sa question,
=> Lourd.

Si son arrivée dans mon espace de lecture avait été quelque chose qui m’avait fait craindre le pire
=> toujours éviter "quelque chose" => ... simplement "m'avait fait craindre le pire"

, elle venait de changer de camp. Elle passait de casse-pied à cliente, les meilleures personnes dans mon livre à moi.
=> quel livre ?

Ces simples mots avaient formé une de ces rares phrases
=>lourd.

J’ai immédiatement abandonné toutes mes réserves envers la bibliothécaire à ce moment.
=> supprime "à ce moment" puisque tu dis "immédiatement".

dans le vif du moment.
=> sur le vif

Elle a montré le chemin et je l’ai suivi en ne disant pas un mot au travers de la grande salle de lecture. Le son d’une horloge sur le mur, celui de ses talons sur le sol et le bruit des pages tournées par des gens avides de savoir étaient les seuls qui osaient briser le silence et accompagner notre marche. 

Paula
Comment passe-t-on de "la bibliothécaire" à "Paula" ? Il faut rester cohérent.
 
Elle m’a regardé avec la tête un peu penchée dans ma direction et avec un ton de maîtresse d’école qui émet un fait que l’écolier aurait su s’il avait fait ses devoirs.
=> lourd. Incompréhensible. De toute façon, elle ne regarde pas "avec un ton" => "Elle m'a regardé, la tête un peu penchée dans ma direction et lança sur un ton de maîtresse d'école surprenant un écolier n'ayant pas fait ses devoirs : ... "

« Ce sont des livres neufs. Je vais en étiqueter quelques-uns ce soir. Quand ça sera fait, je vais faire une carte de
=> une carte de quoi ?

ce qui m’a confirmé que j’étais dû pour me raser.
=> ???

Je lui ai fait le visage d’un homme qui ne comprenait pas.
=> incorrect. Je l'ai regardée comme si je ne la comprenais pas.

Elle a poussé un soupir d’exaspération, comme celui d’une femme qui regarde un homme qui ne comprend pas comment fonctionne la foutue machine à coudre et qu’il doit réparer une chemise. « C’est un bon ami, je veux simplement que vous apaisiez ses craintes.
=> trop de comme et de comment. Allège : "Elle a poussé un soupir exaspéré, celui d'une femme observant un homme face à une machine à coudre qui ignore son fonctionnement alors qu'il doit réparer une chemise". Entre nous, pas besoin de machine à coudre pour recoudre une chemise. Comparaison à revoir.   

Mais a mon avis, un café avec vous et une bonne discussion ferait probablement l’affaire.»
=> feraient

Elle m’a fait un léger sourire, c’était bien le premier de sa part dans ma direction.
=> Eviter "fait". Elle m'a souri légèrement

Je dois aussi vous avertir que les petits fours et le thé ce n’est pas vraiment dans mes cordes.»
=> quel rapport ?

J’ai réfléchi à voix haute. « Il ne fait pas un travail vraiment dangereux, comme banquier ou bijoutier, alors dans une situation du genre,
=> de ce genre

Je lui ai tendu la main et nous avons scellé le contrat par une bonne poignée de main et un sourire. C’était bien la deuxième fois qu’elle me souriait dans la journée. La femme avait des mains chaudes et une poigne de fer. Elle s’est penchée vers la table et a inscrit avec une écriture parfaite l’adresse de son ami. La librairie avait façade sur la rue des Cheminots et elle s’appelait « La librairie du roi en jaune».

J’ai ramassé le bout de papier que j'ai mis dans la poche intérieure de mon veston et j’ai abandonné la bibliothécaire et mon livre parlant de vengeance diabolique sur une des tables de la bibliothèque.
=> "de la bibliothèque" inutile ; en plus, ça fait une répétition avec "bibliothécaire" une ligne plus haut.

L'ensemble se tient. C'est parfois trop narratif. Il ne faut pas tout dire. Détails inutiles et phrases parfois un peu lourdes, voire incorrectes. 

Bon courage pour la suite.  :) 

Hors ligne Claudius

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #2 le: 10 mars 2018 à 21:52:06 »
Je ne vais pas reprendre une correction dans le détail, Mercurielle est passée par là.

J'ai lu avec plaisir, c'est simple  et bien mené, attendons la suite.

 ;) ;)
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Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #3 le: 10 mars 2018 à 22:10:22 »
Bon ben après les commentaires, je vois que j'ai du travail à faire...

Mettons qu'il n’y a pas de danger que je souffre du syndrome du politicien!  8)

Merci des commentaires, je vais me remettre au boulot!

P.S.: Bon ma réserve inépuisable de russes blancs m'est pas si inépuisable que ça.. Je pense que je vais prendre du scotch à la place!

mercurielle

  • Invité
Re : Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #4 le: 11 mars 2018 à 10:50:44 »

Bon ben après les commentaires, je vois que j'ai du travail à faire...


Bonjour, Le_vrai_chris_cool

C'est parce que j'ai le souci du détail. Mais l'ensemble se tient, vraiment.  :)

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #5 le: 13 mars 2018 à 02:38:21 »
Bon désolé pour le délai pour les corrections.

J'ai apporté la plupart des changements qui avaient été portés à mon attention. Bon, j'ai tout de même mon style et une phrase qui était considérée de trop a simplement été raccourcie. Mon détective, il est verbeux! =P

Merci pour les commentaires, c'est avec ça qu'on s’améliore.

Je devrais publier la suite le reste du premier chapitre quand je vais trouver un peu de courage! =P

mercurielle

  • Invité
Re : Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #6 le: 13 mars 2018 à 08:37:46 »

Bon, j'ai tout de même mon style

C'est exact. Reflet de ce que nous sommes au plus profond.

Hors ligne Dieter

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    • Dieter
Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #7 le: 13 mars 2018 à 11:27:17 »
Bonjour Le_vrai_chris_cool,

Un polar ? Chouette ! J'adore ça ! Je me suis donc aussitôt jeté dessus.

Alors pour commencer, une question: A quel public s'adresse-t'il ? S'il s'agit d'un jeune public, le ton est correct, mais s'il s'agit d'un public plus âgé, je trouve le vocabulaire du personnage trop châtié, pas assez "trash". Il ne s'agit pas d'un bourgeois de la haute société mais d'un détective de seconde zone, dans la bouche duquel on s'attend à plus de rusticité.

De la même manière, j'ai un peu de mal à imaginer un privé avoir des lectures comme Le Comte de Monte Cristo: soit il est amoureux des belles lettres avec de l'éducation, et dans ce cas, tu peux lui faire lire du Voltaire, soit c'est le vrai détective des années 50 comme on l'imagine, et dans ce cas tu lui fais lire du Léo Mallet ou du Simenon. Mais Le Comte de Monte Cristo, bof...

Ensuite, je pense qu'au départ, tu devrais situer l'action géographiquement, parce que même si tes personnages sont récurrents dans tes œuvres,  personne n'est obligé d'avoir lu les livres précédents avant celui-ci.

Pour suivre, je n'aime pas repasser derrière quelqu'un pour les corrections, mais il en reste trop pour ne pas le faire (désolé pour cette impolitesse mercurielle).

Tout d'abord les problèmes de ponctuation: au contraire de l'anglais, en français, il faut un espace avant les points d'exclamation et d'interrogation.
Et à cet endroit, il y a un espace en trop avant le point:
Citer
ils se sont replongés dans leurs bouquins .

Le reste à la suite:

Citer
il n’y aurait pas de répit pour le mauvais temps aujourd’hui.
J’ai refermé les rideaux en soupirant, en plus d'avoir du mauvais temps
-> Répétition

Citer
J’ai montré ma carte avec ennui et elle l’a examinée avec suspicion encore une fois puis elle m’a donné l’autorisation d’entrer dans son antre.
-> Lourdeur du et/puis: je te suggère: "J'ai montré ma carte avec ennui et elle l'a examinée avec suspicion encore une fois avant de me donner l'autorisation d'entrer dans son antre".

Citer
déposé mon imperméable mouillé à côté de mon chapeau sur un portemanteau
-> On ne "dépose" pas quelque-chose sur un porte manteau, on le suspend à... Et "porte manteau" non attaché.

Citer
INTERDIT DE FUMER
-> Il vaut mieux employer "Interdiction" ou "Défense" que "Interdit".

Citer
quelques phrases avant de raccrocher
-> Cela donne l'impression que la conversation a été assez courte; or, ça ne me semble pas crédible: la personne explique qu'elle s'est fait cambrioler, elle est angoissée, elle demande de l'aide... Je pense que tu devrais changer "quelques phrases" par "quelques minutes", voir même indiquer que la bibliothécaire a élevé la voix à plusieurs reprises, ce qui pu paraitre bizarre dans un tel lieu...

Citer
une des personnes qui se prenait un malin plaisir
-> Dans ce cas, le verbe s'accorde à "des personnes", donc "prenaient"; et "qui prenaient un malin plaisir" (sans "se").

Citer
Ils semblaient être neufs et n’étaient pas encore étiquetés avec les autocollants permettant de les retrouver facilement (ce qui n’était jamais le cas) dans les innombrables étagères de la bibliothèque.
Tu répètes exactement la même chose trois phrases plus loin, même si ce n'est pas la même personne qui prononce les mots. Je te conseille de tourner ça autrement, pour éviter l'effet de lourdeur.

Citer
un peu angoissé (...) terriblement inquiet
Il faudrait savoir : un peu, ou terriblement ?

Citer
a mon avis, un café avec vous
-> à mon avis (accent)

Citer
Vous voulez dire quoi par là
-> par-là (tiret)

Citer
porte close
-> Une porte, c'est fait pour être fermé (sinon on n'en installe pas), le fait qu'elle le soit est donc sous-entendu, inutile de le préciser, sauf si c'est pour souligner que l'accès est interdit, auquel cas il serait bienvenu de l'indiquer clairement, en stipulant qu'il y a un panneau indiquant: "Archives, accès interdit", par exemple. Cela aurait de plus l'avantage de faire comprendre pourquoi le détective est intéressé par cette porte qu'il a "lorgné à plusieurs reprises".

Citer
au microfilm
-> "aux microfilms" peut-être ?

Citer
simplement lui dire
-> simplement de lui dire (demande de)

Voilà pour l'instant, en attendant la suite avec impatience  :)
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #8 le: 14 mars 2018 à 02:47:38 »
Merci Dieter pour tes commentaires. Ils sont appréciés!

Pour commencer, bon ça se passe aux États-Unis. L'endroit est délibérément laissé flou. La ville n'a pas de nom, elle n'en aura jamais. Elle se trouve au nord, il y a de la neige et elle est près de l’océan atlantique. Les noms anglais et ceux de consonances françaises se côtoient.

Pour Le Comte de Monte Cristo, bon évidemment, c’est louche. Je le conçois, mais après 2 pages c’est dur de cerner un personnage. De plus, c’est un indice pour L’affaire Garret, mais bon... c’est un autre bouquin (qui a besoin d’une grosse réécriture).

Qui est mon public cible? Pour être honnête, si je trouve 50 personnes je vais être pas mal content. Bien que les choses commencent avec une certaine légèreté. Il n’en est rien. Comme disent les anglais... well that escalated quickly. Des gens meurent et ils ne ne méritent certainement pas tous, je suis sans pitié. Pas pour choquer, mais bien pour faire avancer l’histoire. Je tente de faire agir mes criminels comme des gens  compétents(sauf les crétins...évidemment) et mon cher détective est loin d’être parfait.

Pour la lecture des histoires précédentes (bon, ils ne sont pas encore des livres), je dois avouer que ça aiderait pas mal. Mais c’est comme quand tu commences avec la deuxième saison de Star-Trek, il est possible que tu rames pendant les premiers épisodes. =P

Pas mal de bla bla de ma part… on parle maintenant de choses sérieuses! =)

Tes commentaires et suggestions ont été presque toutes acceptés et j’ai dû (encore une fois) retravailler mon texte. Mais il s’en porte que mieux.

La seule chose que je n’ai pas acceptée est Portemanteau... bon … je ne suis vraiment pas du genre à m’obstiner pour la grammaire… mais quand Antidote et le Larousse me dit que portemanteau s’écrit dans un mot.. je suis porté à croire ceux-ci!

Merci encore pour les commentaires, c’est vraiment apprécié! (et pas seulement toi, les autres aussi !)

Pour la suite...bon après les multiples correctifs apportés au chapitre 1a… je pense que je dois faire une sacrée réécriture avant d’oser publier. Sinon, vous aurez à vous laver les yeux avec de l’eau de javel (encore une fois) à cause de mes fautes et erreurs grammaticales! =P
 

Hors ligne Dieter

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Re : Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #9 le: 14 mars 2018 à 03:16:23 »
c’est comme quand tu commences avec la deuxième saison de Star-Trek, il est possible que tu rames pendant les premiers épisodes. =P
C'est le défaut des versions réchauffées. A l'époque (celle de W. Shatner), on n'avait pas ce problème.

Citer
La seule chose que je n’ai pas acceptée est Portemanteau... bon … je ne suis vraiment pas du genre à m’obstiner pour la grammaire… mais quand Antidote et le Larousse me dit que portemanteau s’écrit dans un mot.. je suis porté à croire ceux-ci!
En effet, je dois faire mon mea culpa : après vérification, les deux versions existaient dans le dictionnaire de l'Académie Française, jusqu'en 1798. Depuis, seule la version en un seul mot a été retenue. Mais nombre de personnes, comme moi jusqu'à aujourd'hui, font encore l'erreur.
Je suis content, je vais encore me coucher moins bête ce soir ce matin  :)
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #10 le: 17 mars 2018 à 15:27:18 »
Dieter, faut pas s'en faire, en français je suis comme une horloge brisée. Je donne la bonne heure deux fois par jour! =P

Je te demanderais un petit conseil. Pour la suite du chapitre, est-ce que je devrais le mettre au début (à la suite de la première partie) ou à la fin du fils?

Bonne journée

Hors ligne Dieter

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    • Dieter
Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #11 le: 17 mars 2018 à 17:21:16 »
Alors le plus simple (mais chacun fait comme il veut), c'est de mettre à la suite du fil.
Dans le post d'origine, tu remplaces le texte d'origine par le texte corrigé, et en-dessous, tu mets le texte d'origine en spoiler, ainsi tu as toujours les deux versions, tout en gardant une bonne lisibilité.
Et pour les chapitres suivants, tu fais la même chose. Lorsqu'ils seront corrigés, tu remplaces le texte d'origine par la correction, et tu mets celui d'origine en spoiler. Et ainsi de suite, en postant à la suite du fil.
Une fois que tout aura été corrigé, tu pourras rassembler le tour dans la partie "textes terminés" du forum.
On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
Amélie Nothomb

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #12 le: 17 mars 2018 à 17:42:04 »
Merci pour la façon de faire Dieter!

Malheureusement, il est trop tard pour le chapitre 1a. Je vais faire mieux la prochaine fois! =P 8)
(je devrais publier bientôt la seconde partie du chapitre 1!)

Hors ligne Le_vrai_chris_cool

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Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #13 le: 24 mars 2018 à 05:37:06 »
Désolé d'avance pour les délais et les fautes...

Mais bon... voici la fin du chapitre 1  :D


L’affaire des livres volés
Chapitre 1b

Je suis sorti de la bibliothèque. La pluie ne s’était pas calmée comme j’avais espéré et après un grognement, j’ai fait le chemin vers la librairie à pied. Quand je suis arrivé, j’ai pu voir que les ouvriers avaient déjà remplacé par une planche la vitre brisée de la porte. C’était un bâtiment de deux étages fait de briques rouges avec deux grandes vitrines où il y avait des présentoirs mettant en évidence les meilleurs vendeurs. Au-dessus de la porte, un panneau noir où il y avait écrit en jaune vif « Librairie du Roi en jaune ». À côté du nom, la représentation d’un homme, que j’imaginais être roi, drapé d’un grand tissu jaune avec de nombreux plis. Il portait une couronne dorée et sa tête était tournée comme s’il regardait à l’intérieur de l’établissement.

Je ne suis pas resté longtemps à contempler l’enseigne et je me suis précipité à l’intérieur pour me protéger de la pluie qui commençait à traverser mon imper. Au moment où j’ai ouvert la porte, la clochette a indiqué mon arrivée à tous ceux qui se trouvaient dans l’établissement, c’est-à-dire un homme au comptoir. Je me suis secoué légèrement en lui souriant poliment. Il a rapidement jeté un regard nerveux dans ma direction pour retourner dans ses papiers devant lui.

L’homme portait un costume en tweed gris mal ajusté qui semblait avoir du vécu, ses rides, ses cheveux gris et surtout sa calvitie avancée le plaçaient dans la cinquantaine avancée. Sur le mur derrière lui, il y avait plusieurs photos encadrées. J’ai immédiatement remarqué les étoiles sur les bras de la plupart des hommes et des femmes qui s’y trouvaient. Avaient-ils été des amis ou encore fait partie de sa famille ? Je ne le saurais probablement jamais, on ne m’avait pas engagé pour ça, mais une chose était sure : certaines choses ne pouvaient être ni oubliées, ni pardonnées. 

Comme j’étais resté immobile plus que deux secondes, il m’a regardé une autre fois, mais ce coup-ci avec un air suspicieux. J’ai profité de ce contact visuel pour m’approcher de lui, ce qui n’a fait qu’augmenter son angoisse et il a reculé d’un pas pour s’éloigner de moi.

J’ai souri en tendant la main. « Chris Colhe, détective privé. Quelqu’un m’a dit que vous avez été victime d’un cambriolage. »

L’homme m’a regardé avec un air un peu confus et a bégayé sa réponse. « Je... oui... mais j’ai déjà tout raconté à la police. »

J’ai gardé ma main tendue, malgré un manque flagrant de réciprocité. « M. Goldberger, j’ai été engagé par Paula Shultz afin de voir si les policiers avaient fait leur boulot convenablement. Alors vous pouvez relaxer, c’est gratuit. »

Dire à quelqu’un qu’on n’allonge pas de billets verts pour un service, fait souvent évaporer ses réserves. L’homme s’est calmé après ces paroles réconfortantes. « Oh... Dans ce cas-là. » Et il m’a serré la main avec entrain malgré une poigne molle et moite.

J’ai récupéré ma main et j’ai sorti mon calepin et mon crayon. « M. Goldberger, je vais commencer par le début. Qu’est-ce qui a été volé ? »

Il a haussé les épaules en me répondant. « Presque rien, ils ont vidé la caisse, c’est tout ! »

-Il y avait beaucoup d’argent ?

-Non, je prends religieusement soin de vider la caisse tous les soirs. Mais hier, j’y avais laissé pas loin de dix dollars.

Il a insisté sur la somme volée et j’ai sifflé cyniquement en entendant cette fortune dérobée. Goldberger n’a pas apprécié. 

-Pour quelle raison n’avez-vous pas vidé la caisse ?

C’est à ce moment qu’une femme est entrée dans la boutique, visiblement elle était en colère et tirait par la main son gosse qui devait avoir dix ans. Elle a jeté violemment un livre de partitions de musique sur le comptoir en s’exclamant hautainement « Je veux être remboursée. » Tout en relevant son menton.

La femme devait avoir dans la trentaine avancé et portait une robe rouge assez cintrée. Elle était un peu trop habillée pour une visite dans une librairie. Mais si sa robe attirait l’attention, le reste laissait plus à désirer, ses lunettes à monture noires et son chignon m’ont fait immédiatement penser à une institutrice pas très commode ou pire une féministe hargneuse.

Son attitude n’a pas démonté Goldberger et il a regardé le livret avec dégoût comme s’il avait été une morue de cinq jours retournée à la poissonnerie. « Madame Colbert, toutes les ventes sont finales. Vous le savez bien. »

À le voir aller, ce n’était pas la première fois qu’il ramenait cet argument à une cliente, mais la femme ne semblait pas vouloir en démordre. « C’est une honte, vous vendez des partitions qui sont pleines d’erreurs et vous ne les reprenez pas ! »

Le libraire a pris dans ses mains le livret et a commencé à l’examiner attentivement. « Toutes les pages sont là, je ne vois rien de spécial. Si votre enfant ne sait pas jouer, ça ne sert à rien d’accuser les partitions pour son manque de talent. » Il a terminé sa phrase avec un sourire narquois et a déposé avec douceur le livret sur le comptoir.

Les deux phrases dégouttaient de dédain et de condescendance envers la femme et l’enfant. Pour un homme qui venait d’être cambriolé, il avait peu d’égard pour les sentiments des autres.

Le visage de la femme s’est empourpré et elle a ramassé avec colère le livret, puis a tourné furieusement les talons en s’indignant. « C’est la dernière fois que j’achète un livre ici ! » Elle a tenté de claquer la porte en quittant la boutique, mais le mécanisme à piston l'a retenue et elle s’est refermée doucement, ce qui n’a qu’augmenté sa colère envers le libraire.

Goldberger et moi avons observé la femme partir par la vitrine. Elle a jeté un dernier regard haineux en notre direction puis elle a disparue. Je me suis retourné vers lui, j’ai haussé les épaules et nous avons repris notre discussion après cette courte pause comme si elle n’était jamais venue nous interrompre.

-Comme je disais, pour quelle raison ?

-Mon voisin m’avait téléphoné pour m'avertir qu'une conduite d'eau avait éclaté près de mon appartement. J’ai fermé la boutique à la hâte et je suis allé voir s’il y avait des dégâts.

-Et ç’a été le cas ?

-Dieu merci non ! (Il a posé sa main droite sur son cœur) « Il y avait peu de chance que ça arrive, car je suis au troisième étage, mais on est jamais assez prudent dans ces situations. »

Sa réponse m’a fait comprendre pourquoi ma cliente m’avait envoyé le rassurer. « Je vois. » J’ai inscrit dans mon calepin : « Goldberger : parano ». Je l’ai souligné deux reprises puis j’ai continué. « Vous êtes resté chez vous toute la soirée à surveiller les travaux et ce n’est que ce matin que vous vous êtes aperçu qu’on vous avait cambriolé. »

-Pas tout à fait. C’est un autre de mes voisins, celui qui a une boulangerie de l’autre côté de la rue qui m’a appelé très tôt pour me dire que la vitre de ma porte était brisée. Après cet appel, je suis venu en vitesse voir ce qui était arrivé.

Je l’ai pointé avec mon crayon et j’ai complété sa phrase. « Puis en arrivant, vous avez fait le tour des lieux pour constater les dégâts et appelé la police pour déclarer le vol n’est-ce pas ? »

Il m’a regardé avec un soupçon de peur dans les yeux. « C’est exactement ce que j’ai fait ! Vous croyez que les policiers vont revenir prendre des empreintes et qu’ils vont capturer le voleur ? »

J’ai retenu mon envie de rire et je suis resté de marbre. « Non, dans ces histoires à moins d’avoirs des témoins, il y a peu de chance qu’on l’arrête. Quant aux empreintes, c’est un simple cambriolage, ça n’arrivera pas. »

Ma mise au point sur sur les méthodes de travail de la police a réduit à néant ses espoirs de justice et il s’est presque effondré. J’ai tenté de le rassurer un peu. « Faut savoir, M. Goldberger, que ce sont des histoires qui arrivent tous les jours, c’est probablement un gosse qui a ramassé le fric et qui s’est barré, c’est tout ! »


Pas besoin de lui mentir, c’était la vérité, son visage s’est légèrement éclairé. « Vous... vous croyez ? »

-Bien sûr que oui.

Ma réponse a semblé le réconforter et j’ai continué dans la même voie. « Vous permettez que je fasse le tour ? Il est toujours possible que je puisse trouver un indice. »

L’homme m’a répondu énergiquement. « Avec plaisir ! » Il devait encore s’imaginer que je pouvais trouver le voleur. Je lui ai souri et j’ai commencé à arpenter sa librairie.

Pour ce vol, j’étais certain qu’il n’y avait rien à trouver, mais je voulais que Golberger croie que j’avais fait tout ce qui était humainement possible pour mettre la main au collet du coupable. Il faut savoir que le bouche-à-oreille est une sacrée bonne façon de se faire connaître dans ce boulot. Quand un ancien client raconte à tout le monde « Il est venu cinq minutes puis il est reparti.» Ce n’est pas très vendeur, contrairement à  « Il est entré, m'a posé des tas de questions puis il a fait le tour de la place avec sa loupe. Malheureusement, le criminel n’avait rien laissé derrière lui, il n’a rien pu faire. »

Évidemment, je n’ai pas sorti de loupe, mais je me suis mis à examiner la place en commençant par la caisse enregistreuse. La marque sur le plancher m’a indiqué que le voleur l’avait simplement jetée sur le sol pour l’ouvrir. Je me suis penché et j’ai trouvé rapidement des pièces de monnaie qui s’étaient faufilées un peu partout. Je les ai ramassées une à une et je les ai déposées sur le comptoir. Il devait y en avoir pour à peine trois dollars, des broutilles.

Goldberger a regardé les pièces de monnaie avec incertitude, ne sachant s’il devait les prendre ou les laisser là. Dans son esprit, elles représentaient peut-être des preuves pour le vol, en vérité ça ne valait pas un clou. Je lui ai fait signe qu'il pouvait les ramasser. Dès qu’il a eu mon autorisation, l’argent a disparu dans ses poches.

Après avoir fait mes recherches derrière le comptoir, j’ai commencé à faire le tour des rayons de la librairie. La boutique n’était pas très large, mais elle était profonde et ses nombreuses bibliothèques de chênes vernies montaient jusqu’au plafond et peinaient sous le poids des centaines de livres qui les remplissaient. Si les premières sections étaient remplies de bouquins assez récents, plus on s’enfonçait dans son sein, plus les livres vieillissaient et les allées s’obscurcissaient pour prendre des allures de musée. Encore vingt pas et je tomberais peut-être sur un grimoire me permettant de transmuter le plomb en or et je pourrais prendre ma retraite. En regardant son inventaire, je me disais que si le voleur avait eu la moindre idée de la valeur des livres, c’est ce qu’il aurait pris. Plusieurs devaient valoir un bon paquet. Évidemment, trimbaler une pile de bouquins sous son bras n’est pas commode et on ne peut pas se payer un verre avec un livre.

L’odeur familière de ces endroits m’est finalement parvenue et les notes de vanille et d’amande ont réveillé des souvenirs. J’ai doucement touché le cuir d’un bouquin au hasard et je l’ai pris. Il était ancien, son échine de cuir usée et le bas de certaines pages montraient des signes indiquant qu’il avait été lu à répétition. J’ai regardé le titre, La Lettre écarlate, un livre sur les péchés et la culpabilité. De tous les bouquins de cette boutique, il fallait que ce je tombe sur celui-là. Je l’ai reposé sur la tablette avec circonspection. J’ai continué le tour des allées à la recherche de quelque chose d’étrange ou de suspect, mais comme prévu je n’ai rien trouvé.

Je suis retourné voir le libraire. Il m’attendait derrière son comptoir, impatient de savoir si j’avais découvert des indices qui auraient fait avancer l’enquête. Il allait être déçu de mon rapport. « Et bien, M. Golberger, je pense que vous n’avez rien à craindre. Je ne crois pas que le voleur reviendra de sitôt. »

Il m’a regardé un peu déconcerté. « Qu’est ce que ça veut dire ? »

-Que votre voleur s’est aperçu que vous êtes un type trop pauvre pour que ça en vaille la peine. Il ne courra pas une seconde fois le risque de se retrouver en taule pour 10$. Vous devriez avoir la paix maintenant, il ne reviendra jamais, vous pouvez dormir tranquille.

-Et… Et… Vous avez trouvé des indices?

-Malheureusement non, il n’a rien laissé derrière lui. Je ne peux rien faire de plus.

Il a pris un air dépité. « Ah… Je vois... » Il m’a regardé comme un chien battu. « Au moins vous avez fait de votre mieux. »

J’ai posé ma main sur son épaule pour tenter de le réconforter, mais cette fois ça n’a pas vraiment fonctionné. « M. Golberger, c’est dommage, mais on ne capture pas toujours les criminels. Ce sont des choses qui arrivent dans ce métier. Je suis désolé encore une fois. » Il ne m’a pas répondu et il a baissé la tête.

Je le comprenais, se faire voler est toujours un drame. S’imaginer qu’un inconnu a fouillé dans vos affaires est une sensation horrible et ça ne remonte pas le moral non plus de savoir que l’homme qui a commis ce crime restera impuni. Malgré tout, il avait été chanceux, le voleur avait seulement vidé sa caisse, les choses auraient pu être bien pires pour lui.

Je lui ai serré la main une dernière fois et je l’ai quitté. Mon travail ici était terminé, je ne lui avais peut-être pas remonté le moral, mais je lui avais bien fait comprendre qu’il ne courait pas de danger. Il était temps que je retourne voir mon employeur.

Quand je suis sorti de la librairie, la pluie s’était arrêtée, un miracle. J’ai regardé le ciel pour m’assurer que je n’avais pas la berlue et je me suis allumé une cigarette. Tout compte fait, j’étais satisfait de la façon dont ma journée s’était déroulée. J’avais fait une affaire en or. Une balade sous la pluie et une simple discussion de cinq minutes avec un pauvre type angoissé venaient de me donner un accès aux archives de la bibliothèque. J’ai marché en sifflotant et j’ai arrêté ma musique au moment où j’ai franchi les portes de ma destination. Ma cliente semblait absorbée à remplir des formulaires et elle n’a pas remarqué mon arrivée. Une chose qui n’arrivait presque jamais. Je me suis approché d’elle et je me suis accoudé au comptoir en la regardant avec un grand sourire niais.

Ce n’est que lorsque je me suis mis à jouer avec sa plaque en laiton sur laquelle était écrit son nom qu’elle s’est aperçue de ma présence. Elle s’est penchée vers moi pour la récupérer et la poser sur ses papiers hors de ma portée.

J’ai profité de l’occasion pour lui faire mon rapport.  « Je suis allé voir votre libraire. »

Elle s’est redressée et m’a regardé avec un air concerné. « Et puis ? » Le niveau de sa voix n’était guère au-dessus d’un murmure, mais parfaitement audible. J’imagine qu’avec les années c’est un talent qu’on développe en travaillant dans les endroits silencieux. Quant à moi, je n’ai même pas tenté de l’imiter. « Et puis rien. De ce que j’ai vu, le cambrioleur n’était intéressé que par l’argent liquide et seulement les billets. Il a laissé la monnaie derrière et n’a pas volé de bouquins non plus. À mon avis, c’est un gosse qui avait besoin d’argent de poche. Il a compris que les librairies ne roulent pas sur l’or et il est reparti. J’imagine qu’il a dû classer Golberger comme un pauvre vieux plouc sans un sou, je ne pense pas qu’il va ravoir la visite de ce voleur de sitôt. »

Elle m’a regardé en sourcillant légèrement. « Vous lui avez dit cela aussi ? »

J’ai haussé les épaules. « Bien sûr que je lui ai dit. Son orgueil en a pris un coup, mais il a compris qu’il ne serait plus volé, c’était ça le plus important. »

-Et il se passe quoi maintenant ?

-Il ne se passe plus rien. Je suis allé voir Golberger. Je l’ai rassuré et je suis revenu vous voir. Veni, vidi, vici !

Elle a secoué la tête négativement. « Ce n’est pas ce que ça veut dire! »

J’ai pris une pause pour me remémorer mon latin. « Bon ce n’est pas exactement ce que ça veut dire, mais c’était vachement bien placé (je lui ai fait un sourire en coin) ! Pour ma part, je pense que je ne peux pas faire plus et que j’ai terminé mon contrat. »

Elle m’a regardé avec un air moins sévère que d’habitude. « Je pense que vous avez raison. Vous aurez votre clef demain. »

Je lui ai souri en la saluant avec mon chapeau puis j’ai quitté la bibliothèque pour retourner à mon appartement.


Le texte sans les corrections est dans le spoiler!
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 25 mars 2018 à 05:18:39 par Le_vrai_chris_cool »

Hors ligne Dieter

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Re : Re : L’affaire des livres volés Chapitre 1a
« Réponse #14 le: 24 mars 2018 à 10:48:31 »
Bonjour Chris,

Petit aparté avant de commencer la correction proprement dite.

En France, lorsqu'on parle d'aqueduc, il s'agit de ceci :
Nous avons en effet la chance de pouvoir encore admirer beaucoup de vestiges millénaires de l'occupation romaine. Bien entendu, ces ouvrages étaient souvent complétés de conduites souterraines à leurs arrivées dans les villes.
Celles-ci existent encore et certaines sont même toujours utilisées. C'est pourquoi, lorsqu'il ne s'agit pas d'un de ces monuments historiques, nous parlons simplement de "conduite d'eau", pour les différencier.
Voilà pour la petite histoire. Passons maintenant à la relecture.



La pluie ne s’était pas calmée d’un cran comme j’avais espéré et après un grognement
Généralement, on monte ou on baisse d'un cran; se calmer d'un cran est une expression qui me semble inappropriée. Je te propose tout simplement : "La pluie ne s’était pas calmée comme j’avais espéré"

Citer
j’ai pu voir que les travailleurs avaient déjà placardé la vitre brisée de la porte.
-> "des ouvriers", plutôt que "des travailleurs", et "remplacé par une planche" plutôt que "placardé"

Citer
il y avait des présentoirs mettant en évidence les meilleurs vendeurs.
-> "les meilleures ventes"

Citer
Au-dessus de la porte sur un panneau noir où il y avait écrit
Je te suggère plutôt : "Au-dessus de la porte, un panneau noir où s'étalait en lettres safranées"

Citer
À côté du nom, (il y avait) une représentation d’un homme
-> supprime ce qui est entre parenthèses

Citer
Dès le moment où j’ai ouvert la porte
-> "Au moment où..."

Citer
L’homme portait un habit
-> "un costume", à la place de "un habit"

Citer
ses cheveux gris et surtout sa calvitie avancée le plaçait
-> plaçaient

Citer
il y avait plusieurs cadres contentant des photos.
-> "il y avait plusieurs photos encadrées"

Citer
une chose était certaine, il y avait des choses qui ne pouvaient pas s’oublier et qui ne pouvaient jamais être pardonnées non plus
-> "une chose était sure : certaines choses ne pouvaient être ni oubliées, ni pardonnées"

Citer
Comme je suis resté immobile plus que deux secondes, il m’a regardé une seconde fois avec air suspicieux
-> "Comme je restais immobile, il m'a...", pour éviter la répétition de "seconde"

Citer
j’ai été engagé par Paula Shultz afin de voir si les policiers avaient fait leurs boulots convenablement.
-> "leur boulot"

Citer
Dire à quelqu’un qu’on n’allonge pas de billets verts pour un service, font souvent évaporer ses réserves.
-> "fait souvent"

Citer
Les deux phrases dégouttaient de dédains
-> dédain

Citer
elle a ramassé avec colère le livret, puis (elle) a tourné
-> supprime le second "elle" pour éviter la répétition

Citer
Elle a tenté de claquer la porte quand elle a quitté la boutique
-> Idem : "en quittant la boutique"

Citer
le piston a fait qu’elle s’est refermée doucement
-> "le mécanisme à piston l'a retenue"

Citer
Elle a jeté un dernier regard haineux en notre direction puis elle est disparue.
-> "elle a disparu"

Citer
-Mon voisin m’avait téléphoné pour m’avertir qu’il y avait un bris d’aqueduc près de mon appartement.
Et donc :  "pour m'avertir qu'une conduite d'eau avait éclaté près de..."

Citer
J’ai inscrit dans mon calepin. Goldberger : parano, je l’ai souligné deux reprise
-> "J’ai inscrit dans mon calepin : "Goldberger : parano". Je l’ai souligné deux reprises..."

Citer
sur la façon que les policiers travaillaient
-> "sur les méthodes de travail de la police"

Citer
c’est des histoires qui arrivent tous les jours
-> "ce sont des histoires..."

Citer
le voleur l’avait simplement jeté sur le sol pour l’ouvrir.
-> jetée au sol

Citer
Je les ai ramassées une par une et je les ai déposées
-> "Je les ai ramassées une à une et les ai déposées"

Citer
Il devait y en avoir pour presque trois dollars, des broutilles.
-> "pour à peine trois dollars"

Citer
J’ai regardé le titre, La Lettre écarlate,
-> le titre en italique

Citer
Je ne crois pas que les voleurs vont revenir de sitôt.
-> "que les voleurs reviennent de sitôt"

Il m’a regardé un peu déconcerté. « Qu’est ce que ça veut dire ? »

Citer
pour que c’en en vaille la peine.
-> "pour que ça en vaille la peine"

Citer
J’ai regardé le ciel pour m’assurer que je n’avais pas la berlue, je me suis allumé une cigarette.
-> "et" à la place de la virgule

Citer
j'ai arrêté ma musique juste au moment ou j’ai franchi
-> "au moment où"

Citer
J’en ai profité de l’occasion pour lui faire mon rapport.
-> "J'ai profité de l'occasion..."

Citer
Son orgueil en a pris pour son rhume
-> je ne connaissais pas cette expression. On emploie plus souvent : "son orgueil en a pris un coup"

D'après moi, il y aurait encore quelques petites choses à changer, mais j'ai peur qu'au final, ça ne te ressemble plus vraiment. Et je pense que dans un texte, on doit retrouver la "patte" de l'auteur.
« Modifié: 24 mars 2018 à 10:51:39 par Dieter »
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