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03 Octobre 2026 à 18:58:34
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » De la mauvaise foi d'une Amazone [III]

Auteur Sujet: De la mauvaise foi d'une Amazone [III]  (Lu 6000 fois)

Léilwën

  • Invité
De la mauvaise foi d'une Amazone [III]
« le: 21 Janvier 2018 à 02:19:14 »
Je chevauchais Thaumas, mon ami centaure.

Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas ce que vous pensez – bande de pervers !  Quand on a un ami centaure, ce serait quand même bien dommage de se priver de la balade sylvestre à cheval, cheveux au vent, arômes humiques aux narines.

J’étais donc à califourchon sur mon cher ami palefroi, quand celui-ci pila tout net en pleine clairière, le nez aux aguets :
« Voici donc un fumet qui ne me dit rien qui vaille...
– Que sens-tu, Thaumas ?
– Il s’agit d’un « qui » plutôt que d’un « quoi ». Pff, c’est une mégère…qQui me prit pour monture avant de m’abandonner aussi sec. Une guerrière assermentée à la haine. Crotte de jument, elle se rapproche. Viens ! On s’en va !
– Non, attends, je veux savoir ! De qui parles-tu ?
– Fais comme tu veux, mais moi, je me taille. Je t’envoie d'autres centaures en renfort, cette drôlesse-là, ce n’est plus de mon ressort ! »

L’instant d’après, il détalait en me beuglant un dernier : « En attendant, crie si ça dérape, quelqu'un rappliquera sûremeeeeeeeeeent ! ».

J’avoue, à ce moment-là, seule, dans la forêt, à attendre un potentiel danger non identifié, je n’en menais pas large. Tout au moins, je n’étais VRAIMENT pas rassurée.

Peu après, la menace pointa le bout de ses sabots (enfin, ceux de son destrier) à l’orée de la forêt.
Je la reconnus sans jamais l’avoir rencontrée : ses ondes avaient déjà croisé mon chemin. Xanthippe, fière, droite, sa crinière brune et hautaine ruisselant par torrents sur sa peau d’ivoire, s’avançait vers moi sur un alezan impétueux. Elle me fixait de son regard martial et ténébreux, un arc à la main, flèche encochée.
Quand elle s’arrêta enfin, à trois pas de moi, mon corps n’était plus qu’un seul muscle sous tension, prêt à déguerpir.

« Léilwën, n’est-ce pas ? commença-t-elle d’une voix puissante.
– Xanthippe, c’est toi ? répondis-je, mal à l’aise.
– Comment oses-tu me tutoyer ? Bien sûr que c’est moi ! Ne suis-je pas la seule amazone à arpenter ces bois ?
– C’est-à-dire que tout le monde se tutoie ici – à part les anges, bien sûr – j’ai pris de mauvaises habitudes ces derniers temps... Pourriez-vous baisser votre arc s’il vous plaît ? Que je me remette à respirer ?
– Oh. Oui, cela doit être possible, tu ne représentes pas une sérieuse menace pour moi. Voilà. Tu es satisfaite maintenant ? dit-elle en rangeant son arc.
– Oui, bizarrement, je vais mieux d’un seul coup ! répondis-je niaisement. Pardon, mais, l’autre nuit, c’était vous ?
– Le n’haïku* ? Bien sûr que c’était moi ! Qui d’autre aurait assez de courage pour mutiler ses attributs ? Ne me reproche pas de te l’avoir soufflé, tu n’as qu’à arrêter de dormir avec ton antenne ouverte !
– Mon antenne ? répondis-je, confuse. Je ne comprends pas.
– Pauvre petite demi-elfe, es-tu vraiment aussi sotte ? Ignores-tu l’existence même de ton antenne ?
– Pardonnez-moi encore, mais, de quoi parlez-vous ? Et pourquoi m’appelez-vous « demi-elfe » ? »

Son rire sarcastique et tonitruant me gifla. Une flèche invisible me transperça le cœur. J’étais démunie face à tant d’arrogance.

« N’as-tu donc pas été humaine naguère ? Il n’y a que les humains « fraîchement promus » pour n’avoir qu’une seule antenne, et que des humains mièvres dans ton genre pour ne pas apprendre à user de leurs nouveaux acquêts ! »

 Effectivement, j’étais sûrement mièvre, puisque la brutalité de ces propos m’arracha quelques larmes. Je n’ai jamais su m’armer contre la violence.
Contre toute attente, mes sanglots la décontenancèrent.

« Mais enfin, tu es une femme ! Bâts-toi ! N’abandonne pas le combat ! s'enfuria-t-elle.
– Je ne sais pas me battre.
– Il suffirait déjà de me répondre ! Croise au moins le fer verbalement avec moi ! me répondit-elle, consternée.
– Pourriez-vous descendre de cheval ?
– Si tu veux, me répondit-elle en levant les yeux au ciel. Voilà, je suis pied à terre. Autre chose ?
– Pourquoi m’avez-vous parlé en songe ?
– Raaaah, mais c’est évident ! Il n’y a que toi qui écoute à dix kilomètres à la ronde. Je voulais être entendue, c’est tout.
– Êtes-vous satisfaite d’avoir été entendue ?
– Bien évidemment ! Qui ne serait pas satisfait d’avoir atteint son but ?
– Alors pourquoi me tourmenter ? »

À la lueur troublée qui passa dans ses yeux, je sentis que je gagnais du terrain. La partie allait être ardue, cette créature ne dialoguerait pas facilement. J’étais sur la corde raide.
Je retins un souffle, incertaine de la tournure qu'allaient prendre les événements.

« Qu’as-tu compris de ces dix-sept mots ? me demanda Xanthippe
– Que vous souffriez. »

Ce fut elle, que mes mots giflèrent à cet instant. Je me raidis, me préparant à l’ouragan qui déferlerait sûrement sur moi.

« C’est faux, me répondit-elle dans un haussement d’épaules.
– Alors pourquoi m’avoir lancinée de ces mots toute une nuit durant ? Pourquoi vous être mutilée ?
– Tu poses trop de questions. C’est facile pour toi n’est-ce pas ? Tu passes ton temps à nous questionner, nous autres Invisibles, à éviter de parler de toi. C’est facile pour toi de cacher ta souffrance derrière ton intérêt démesuré pour nos histoires. Mais sache que tu ne trompes personne ici, dans ces bois. Nous avons un avantage sur toi : nous avons deux antennes là où tu n’en as qu’une. Même si tu ne dis rien, ta souffrance, nous la voyons, nous la percevons. Tu ne dis rien Léilwën, mais ne te méprends pas, celle qui souffre le plus ici-bas, c’est toi, pas moi.
– Peut-être, répondis-je, songeuse. Vous avez peut-être raison. Disons cela, disons que je suis celle qui souffre le plus, si cela vous rassure. Le problème reste le même : ce n’est pas moi qui exprime cette souffrance. Je ne demande à personne de m’entendre.
– Raaah, tu ne comprends rien ! Tu crois que dix-sept mots peuvent rendre compte de toute la peine de mon être ? Tu ne sais rien de tout cela.
– Sauf votre respect, Xanthippe, c’est vous qui venez de me dire que je souffrais le plus. Pourquoi ne pas m’expliquer clairement cette souffrance qui vous pèse, plutôt que de m’agresser à demi-mots ? Je suis là, face à vous. Je vous suis toute ouïe. Je ne partirai pas sans votre accord.
– Si je parle, tu vas encore tout raconter à tes amis les Humains. Parce que c’est ce que tu aimes faire : raconter nos histoires à tes demi-semblables.
– Si je puis me permettre Xanthippe, oui, je raconte, mais c’est sans importance : les paroles et vies des Invisibles semblent tellement ubuesques aux Humains qu’ils ne me croient jamais vraiment. Ils pensent tous que je fabule. Puisque vous affirmez que je m’y connais plus que vous en souffrance, laissez-moi vous dire que pour guérir, il vous faudra l’extirper.
– J’ai déjà extirpé mon sein.
– Oui, mais votre douleur n’était pas là. C’est dans votre âme qu’elle se situe, et vos mots semblent avides de vous en délivrer. Ce sera compliqué et pénible, et peut-être même encore plus douloureux, mais pas de guérison sans oraison.
– Tu l’auras voulu… que faut-il que je dise ?
– Racontez-moi. Pourquoi avoir arraché ce sein ? »

Xanthippe hésita, l'espace d'un instant. Elle sembla rassembler ses mots. Ou son courage. Peut-être un peu de tout cela.

« Je fus heureuse. J'avais tout. Mais la vie m’a tout pris... C’était il y a bien longtemps ; trop longtemps. Les humains appellent cette période l’Antiquité, il me semble. Je vis mon amant dépérir, rongé par un mal qui putréfiait son sang – une flèche l’avait pris au mollet. Une broutille. Une petite flèche de rien du tout. Et puis un mollet, qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas vital un mollet ! M’enfin ! Il n’y avait qu’Achille pour mourir du talon ! Quelle idée de mourir du mollet…
« L’année d’après, ce furent mon fils et ma famille que je perdis, emportés par la peste de Justinien dont je ressortis indemne. Ils moururent tous. Et moi, je ne mourais pas. Les Dieux me le refusaient. J’ai pensé au suicide, bien sûr, mais une rage sourde m’habitait. Je voulais les venger. C’est là qu’Hippolyte, ma reine, m’est apparue. Elle m’a proposé de devenir la Guerre. D’aiguiser mes armes à la force de ma haine.
« La haine vous cuirasse. Quand on hait, on ne ressent plus la souffrance. Elle est là, cette déchirure, je le sais bien, je ne suis pas si bête, mais elle est loin. Muette et atone. Muselée par la haine. Tu ne t’en tires pas si mal, j’avais d’autres mots à te souffler, pendant ton sommeil.
– Dites-les-moi, lui murmurai-je.
– Tu en redemandes ? me rétorqua-t-elle d’un air dédaigneux.
– Je vous ai dit que j’étais là pour vous et que je ne partirais pas tant que vous ne m'auriez pas donné congé.
– Très bien, répondit-elle sèchement. Il y a d’autres mots qui me hantent, les voici :

« Je dors nue depuis que je t’ai perdu ;
Je dors nue puisque ma vertu n’a trouvé meilleur écu,
que ma laideur. »


– Vous regrettez.
– Pardon ?
– Toute cette haine, vous regrettez ? Au fond, vous auriez aimé revivre.
– Ne dépasse pas les bornes Léilwën, je suis mieux armée que toi, tu le sais bien !
– Oui, physiquement, je n’en doute pas. Pour le reste, je n’en suis pas sûre. »

Je m’attendais à des représailles. La panique sourdit en moi — j'avais été trop loin, je le savais.

Mais Xanthippe ne bougeait pas. Ses yeux s'étaient vidés de leur insolence : elle me regardait, bouleversée. L'espace d'un instant, c'est l'humaine que je vis en elle — la guerrière s'était effacée.
Instinctivement, je tendis la main vers elle ; mais au même moment, le bruit de pas saccadés me fit détourner le regard. Les renforts que Thaumas m'avait promis arrivaient !
Mon inattention dura un instant de trop : décontenancée par l’arrivée de la cavalerie, Xanthippe enfourcha son étalon et prit la poudre d'escampette.
Quand à moi, je repartis à dos de centaure, au pas, songeuse.


Au loin, dans la forêt, on pouvait entendre une Amazone pleurer.


*pour ceux que ça intéresse : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,26809.msg421133.html#msg421133
« Modifié: 30 Juin 2019 à 15:44:05 par Léilwën »

Hors ligne Claudius

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  • Messages: 12 630
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Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #1 le: 21 Janvier 2018 à 10:20:23 »


C'est une belle histoire, menée avec dextérité. L'amazone vaincue par les mots, la force par la douceur.

Faire sortir du coeur tout ce qui rend mauvais pour en tirer le bon. Extérioriser ses souffrances permet parfois de les cicatriser


Citer
L’instant d’après, il détalait en me beuglant un dernier « Crie, si ça dérape, on rappliquera !
». Tu n'as pas crié  :\?
Peut être que la fin aurait pu s'ouvrir sur un espoir. Que les centaures n'auraient pas dû intervenir. Elle ne t'a pas donné l'autorisation de mettre fin à cette entrevue.
J'aime bien ce texte, il est une suite plus ou moins à l'autre (dont j'ai oublié le titre).

 :mrgreen: :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #2 le: 21 Janvier 2018 à 11:01:54 »
Merci les amis  :-[

@ Claudius : "». Tu n'as pas crié  :\?"
Oui, mais Thaumas avait dit ça :
Citer
Je t’envoie les autres en renfort
. Le "on rappliquera" voulait dire "il y a bien quelqu'un qui viendra t'aider en nous attendant"... du coup, il faut peut-être que j'éclaircisse ça...
Citer
Peut être que la fin aurait pu s'ouvrir sur un espoir.
=> pour moi, le fait qu'une guerrière qui a toujours réprimé ses sentiments se mette à pleurer, c'est une super note d'espoir (mais je suis peut-être la seule à le penser  :mrgreen:) - (PS : je l'aime bien ce personnage, je ne sais pas si j'en ai totalement fini avec elle... peut-être que je la recroiserai quand elle ira mieux ?  ;) )
Citer
Elle ne t'a pas donné l'autorisation de mettre fin à cette entrevue
=> elle a abandonné le "combat", c'est pire !
Citer
il est une suite plus ou moins à l'autre (dont j'ai oublié le titre)
=> j'aime bien l'idée de faire des textes autonomes mais que l'on peut voir comme une suite si on en a envie.

@l'Oure : c'est trop d'la balle si tu surkiffes !  ;) heureuse que mes aventures parlent avec toi !

On se retrouve bientôt !  :)

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 016
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #3 le: 21 Janvier 2018 à 11:39:01 »
Hello ton récit se lit super bien, j'ai aimé la partie description de l'amazone, ça jette.
Par la suite c'est essentiellement un dialogue, avec de belles réparties, bravo.

Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #4 le: 21 Janvier 2018 à 11:45:31 »
Ah ah les beautés cruelles du genre inaccessible ça en jette toujours (au moins un froid !)

Je te remercie de ton passage  _/-o_  ;)

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 564
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #5 le: 21 Janvier 2018 à 14:17:46 »
Au fil de la lecture :

=> Pense à ouvrir et fermer les guillemets (les miens sont moches, les tiens sont ceux que je préfère employer) :
Citer
"Voici donc un fumet qui ne me dit rien qui vaille
– Que sens-tu, Thaumas ?
– Il s’agit d’un « qui » plutôt que d’un « quoi »… Pff, c’est une mégère… Qui me prit pour monture avant de m’abandonner aussi sec. Une guerrière assermentée à la haine. Crotte de jument, elle se rapproche. Viens ! On s’en va !
– Non, attends, je veux savoir ! De qui parles-tu ?
– Fais comme tu veux, mais moi, je me taille. Je t’envoie les autres en renfort, cette drôlesse là, ce n’est plus de mon ressort."

=> Aucune raison d'aller à la ligne avant "crotte de jument" ! Au passage, j'adore le juron ^^ .

Citer
L’instant d’après, il détalait en me beuglant un dernier « Crie, si ça dérape, on rappliquera ! ».
=> Il me semble que tu as oublié les deux points après dernier.

=> J'aime beaucoup les noms et les descriptions.

Citer
« – Léilwën, n’est-ce pas ? commença-t-elle d’une voix puissante.
=> Quand tu ouvres les guillemets, tu ne mets pas de tiret.

Citer
Pourriez-vous baisser votre arc s’il vous plaît ? Que je me remette à respirer ?
=> J'aime bien :)

Citer
Je n’avais jamais su m’armer contre la violence.
=> Maintenant, elle est armée ? Si toujours pas, tu pourrais mettre au passé composé : je n'ai jamais su m'armer contre la violence ; pour montrer que sa personnalité n'a toujours pas changé.

=> Toujours la même remarque sur l'absence de tiret quand on ouvre les guillemets... Désolée mais ça me défrise ^^ (alors que je suis même pas frisée... !).

Citer
Me dit-elle avec rage.
=> Pas de majuscule à "me".

Citer
Me dit-elle, incrédule.
=> Idem.

Citer
A la lueur alarmée qui passa dans ses yeux,
=> Alarmée me parait un peu fort, peut-être, pour commencer, juste troublée ou déstabilisée ? Et au passage tu peux utiliser le "à" majuscule dans les caractères spéciaux.

Citer
J’étais sur la tangente.
=> Que mets-tu derrière cette expression ? Pour moi, c'est être sur le point de partir...

Citer
A la lueur alarmée qui passa dans ses yeux, je sentis que je gagnais du terrain. La partie allait être ardue, cette créature ne dialoguerait pas facilement. J’étais sur la tangente.
En dépit de mes appréhensions, elle m’adressa la parole calmement :
=> Je trouve tout le paragraphe un peu confus : un coup on dit qqch qui va dans le sens de l'elfe, puis dans le sens de ses appréhensions... On se mélange un peu alors que la lueur alarmée paraissait plutôt bon signe pour l'elfe initialement, non ? Pour moi ça mériterait que tu réordonnes le tout avec des "pourtant" ou des "malgré" aux endroits judicieux.

Citer
« – Qu’as-tu compris de ces dix-sept mots ?
– Que vous souffriez. »
Ce fut elle, que mes mots giflèrent à cet instant.
=> J'aime beaucoup tout ça. (...sauf le tiret après l'ouverture de guillemets >:D )

Citer
– Si je puis me permettre Xanthippe, oui, je raconte, mais c’est sans importance : les paroles et vies des Invisibles semblent tellement ubuesques aux Humains qu’ils ne me croient jamais vraiment. Ils pensent tous que je fabule. Ils ne me prennent jamais au sérieux. Puisque vous voulez que je m’y connaisse plus que vous en souffrance, laissez-moi vous dire que pour guérir, il vous faudra l’extirper.
=> Pas de raison d'aller à la ligne avant "puisque".
=> Je trouve la formule "puisque vous voulez" mal choisie... "Puisque vous affirmez" ?

Citer
Xanthippe tergiversa,
=> Tergiverser c'est sous la forme de paroles, non ? On peut tergiverser dans sa tête ? A ce moment-là je préciserais que c'est l'impression qu'elle donne, de tergiverser intérieurement... Ou alors tu veux dire qu'elle argumente encore à voix haute, qu'elle verbalise ses hésitations ? Ce n'est pas très clair pour moi.

=> Pour la ponctuation de la jolie tirade de Xanthippe : il faut réouvrir les guillemets à chaque fois que tu vas à la ligne :
Citer
"Je fus heureuse. J'avais tout. Mais la vie m’a tout pris... C’était il y a bien longtemps ; trop longtemps. Les humains appellent cette période l’Antiquité, il me semble. Je vis mon amant dépérir, rongé par un mal qui putréfiait son sang – une flèche l’avait pris au mollet. Une broutille. Une petite flèche de rien du tout. Et puis un mollet, qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas vital un mollet ! M’enfin ! Il n’y avait qu’Achille pour mourir du talon ! Quelle idée de mourir du mollet…
"L’année d’après, ce furent mon fils et ma famille que je perdis, emportés par la peste de Justinien dont je ressortis indemne. Ils sont tous morts. Et moi, je ne mourais pas. Les Dieux me le refusaient. J’ai pensé au suicide, bien sûr, mais une rage sourde m’habitait. Je voulais les venger. C’est là qu’Hippolyte, ma reine, m’est apparue. Elle m’a proposé de devenir la guerre. D’aiguiser mes armes à la force de ma haine.
"La haine vous cuirasse. Quand on hait, on ne ressent plus la souffrance. Elle est là, cette déchirure, je le sais bien, je ne suis pas si bête, mais elle est loin. Muette et atone. Muselée par la haine... Tu ne t’en tires pas si mal, j’avais d’autres mots à te souffler, pendant ton sommeil.
- blablabla...
(Avec tes guillemets à toi bien sûr qui sont plus jolis que les miens).

Citer
Elle m’a proposé de devenir la guerre.
=> J'aurais mis soit "devenir" en italique, soit un G majuscule à guerre. Quelque chose qui souligne la particularité de cette phrase.

Citer
La haine vous cuirasse. Quand on hait, on ne ressent plus la souffrance. Elle est là, cette déchirure, je le sais bien, je ne suis pas si bête, mais elle est loin. Muette et atone. Muselée par la haine...
=> J'aime beaucoup tout ça...  :coeur:

Citer
– Très bien, répondit-elle sèchement. Il y a d’autres mots qui me hantent, les voici :
« Je dors nue depuis que je t’ai perdu ;
Je dors nue puisque ma vertu n’a trouvé meilleur écu,
que ma laideur. »
– Vous regrettez.
=> Je ne sais pas vraiment quelles sont les règles pour présenter un poème dans un dialogue, mais pour le mettre plus en avant j'aurais passé une ligne avant, passé une ligne après... Voire, le centrer et le mettre en italique... Quelque chose qui se démarque encore plus.

Citer
Je m’attendais à des représailles, mais des centaures arrivèrent au grand galop. Thaumas. Il avait tenu promesse !
=> Petite déception... Pourquoi les centaures arrivent-ils ? Il lui avait dit d'appeler si elle avait besoin... A la limite ils peuvent arriver mais pas forcément au galop ? Je trouve qu'il y a une incohérence. On ne sait pas du tout d'ailleurs si c'est cette arrivée qui empêche l'amazone de se rebiffer. Si cette incertitude était ton but, j'appuierais encore + dessus :
"Je m'attendais à des représailles. Il y eut un moment de flottement entre nous, pendant lequel l'amazone afficha une expression indéchiffrable. Avant qu'elle ait pu formuler un mot, un bruit de sabots nous interrompit toutes les deux..." Qqch comme ça.

Citer
Décontenancée par l’arrivée de la cavalerie, Xanthippe enfourcha son étalon et détala.
Quand à moi, je repartis à dos de centaure, au pas, songeuse.


Au loin, dans la forêt, on pouvait entendre une Amazone pleurer.
=> J'aime beaucoup cette fin.



Au total :

J'ai beaucoup aimé ce texte. Je le trouve plus profond que les autres. La fin s'ouvre sur un changement, et le changement est nécessaire à l'espoir. L'idée qu'il faille forcément confier ses maux pour qu'ils se règlent est fausse, mais dans le cas de cette amazone cela semble crucial. Je crois que je m'identifie autant à elle qu'à Léilwën.

Ca m'a touchée...
« Modifié: 21 Janvier 2018 à 14:26:20 par Ariane »
~ Ari ~

Hors ligne Ginsoul

  • Tabellion
  • Messages: 55
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #6 le: 21 Janvier 2018 à 19:13:09 »
 Je m'y suis plongé avec beaucoup de plaisir ! J'aime surtout la joute lancé entre les deux protagonistes, celle, physique, qui s'impose naturellement, et celle désarmé qui prend le dessus par les mots. Très bien dirigé comme petit duel !
Et, étant un grand fan de fantaisie, je suis servi.

Au plaisir !  :)


Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #7 le: 21 Janvier 2018 à 19:58:35 »
@ Ariane : j'ai modifié selon toutes tes remarques.
Citer
=> Toujours la même remarque sur l'absence de tiret quand on ouvre les guillemets... Désolée mais ça me défrise ^^ (alors que je suis même pas frisée... !).
=> j'espère que ta permanente tient maintenant ! ;-)

Citer
J’étais sur la tangente.
=> Que mets-tu derrière cette expression ? Pour moi, c'est être sur le point de partir...
=> Oui, quand on sait pas causer français, on ferait mieux de ne pas écrire...  :/ je voulais dire qu'elle était sur le fil... (du coup, j'ai remplacé par "corde raide")

Citer
peu alors que la lueur alarmée paraissait plutôt bon signe pour l'elfe initialement, non ? Pour moi ça mériterait que tu réordonnes le tout avec des "pourtant" ou des "malgré" aux endroits judicieux.
=> comment trouves-tu les modifications ?

Citer
=> Tergiverser c'est sous la forme de paroles, non ? On peut tergiverser dans sa tête ? A ce moment-là je préciserais que c'est l'impression qu'elle donne, de tergiverser intérieurement... Ou alors tu veux dire qu'elle argumente encore à voix haute, qu'elle verbalise ses hésitations ? Ce n'est pas très clair pour moi.
=> Idem que la tangente...

Citer
Petite déception... Pourquoi les centaures arrivent-ils ? Il lui avait dit d'appeler si elle avait besoin... A la limite ils peuvent arriver mais pas forcément au galop ? Je trouve qu'il y a une incohérence. On ne sait pas du tout d'ailleurs si c'est cette arrivée qui empêche l'amazone de se rebiffer. Si cette incertitude était ton but, j'appuierais encore + dessus :
=> j'ai modifié un peu l'intro où Thaumas dit CLAIREMENT qu'il envoie des centaures. Et j'ai remanié totalement la fin.
Qu'en penses-tu ?

Citer
L'idée qu'il faille forcément confier ses maux pour qu'ils se règlent est fausse, mais dans le cas de cette amazone cela semble crucial.
=> j'ai essayé de rendre cette idée moins générale. C'est mieux ?

Citer
Je crois que je m'identifie autant à elle qu'à Léilwën.
  => on a tou(te)s un(e) guerrièr(e) blessé(e) en nous  ;)

Citer
Ca m'a touchée...
=> je n'en attendais pas tant...  :-[


@ Ginsoul : Merci pour ton commentaire et pour ton passage ! Si tu aimes la fantaisy, tu vas être servi, c'est mon univers ! ;)
« Modifié: 21 Janvier 2018 à 20:01:24 par Léilwën »

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 564
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #8 le: 23 Janvier 2018 à 21:36:19 »
Je suis passée lire la nouvelle version :)
Je vais te faire la version chipotage de luxe, mais + j'aime + je chipote alors ne le prends surtout pas mal bien au contraire ! Plus j'apprécie un texte et plus j'ai l'envie réflexe de me l'approprier, le cajoler.

Aaaaaaah merci pour la ponctuation du dialogue :D ^^

Citer
cette drôlesse la
Cette drôlesse-là => trait d'union (il me semble)

Citer
tu ne représentes pas une sérieuse menace à ma personne...
Je pense vraiment que l'on dirait plutôt "pour" ma personne... On met "à" pour des trucs du style "menace à l'ordre public"... mais "ce n'est pas une menace pour moi"...

Citer
« Mais enfin, tu es une femme ! Bâts-toi ! N’abandonne pas le combat ! me dit-elle avec rage.
"avec rage", ça donne l'impression qu'elle est en colère... Est-ce que tu ne voudrais pas dire qqch comme : "me dit-elle, en essayant de me transmettre un peu de sa rage". Ou alors : "me dit-il avec fougue." ?

Citer
me dit-elle, incrédule.
Ca fait une répétition de "me dit-elle". "Incrédule" sonne là aussi un peu à côté... (ça voudrait dire qu'elle ne la croit pas). Exaspérée ? Atterrée ?

Citer
– Raaaah, mais c’est évident !
J'aime bien les "Raaaah" de l'amazone :) .
Et la petite elfe est toujours aussi attachante.

Citer
Qui ne serait satisfait d’avoir atteint son but ?
Je rajouterais le "pas". Là ça fait vraiment très soutenu je trouve, en léger décalage avec le reste du dialogue.

Citer
À la lueur troublée qui passa dans ses yeux, je sentis que je gagnais du terrain.
Aaaah j'aime bien :)

Citer
À la lueur troublée qui passa dans ses yeux, je sentis que je gagnais du terrain. La partie allait être ardue, cette créature ne dialoguerait pas facilement. J’étais sur la corde raide.
Je retins un souffle, incertaine de la tournure qu'allaient prendre les évènements ; pourtant, elle m’adressa la parole calmement :
Je trouve que cette nouvelle version est mieux, mieux organisée.
Petite coquille : événements, ça prend deux accents aigus.
J'aurais mis un point après événement (question de préférence personnelle).
Le mot "pourtant" me gêne un peu car il exprime une contradiction... or, elle est incertaine... ce n'est pas vraiment une opposition entre les deux phrases... Je clarifierais + en précisant : "contre toute attente, l'amazone m'adressa la parole calmement".
Je vais pinailler encore encore et encore, désolée  :-[ mais "adresser la parole" est + souvent utilisé pour initier une conversation, pas pour la poursuivre...
Et puis ça peut être bien de remettre l'amazone ou Xanthippe au lieu de "elle" car tu as utilisé pas mal de mots féminins entre deux (même si on se doute que ce n'est pas la tournure qui parle). Mais je ne suis peut-être pas de bon conseil, c'est vrai que j'ai une tendance à beaucoup supprimer les pronoms type "il" ou "elle" excepté dans une suite directe d'action... (ou pour créer un suspense, quelqu'un qui n'est pas nommé).

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« Qu’as-tu compris de ces dix-sept mots ?
– Que vous souffriez. »
Ce fut elle, que mes mots giflèrent à cet instant.
J'aime toujours autant. Et je trouve que les petits changements que tu fait mettent en valeur le côté "combat" du dialogue, ça rend les répliques d'autant + frappantes.

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me répondit-elle dans un haussement d’épaules.
J'aurais mis : "répondit Xanthippe dans un haussement d'épaules". Parce que tu as mis "elle" pas longtemps avant... mais il y a quand même eu une phrase entre deux... Mais pour ça je suis peut-être la seule à fonctionner comme ça... comme dit un peu plus haut  :-[ .

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– Alors pourquoi m’avoir lanciné ces mots toute une nuit durant ?
Là, ça ne fonctionne pas grammaticalement : le COD de "lanciner" c'est "m", pas "ces mots". "Ces mots" ne peut être qu'un adverbe exprimant le moyen.
"Alors pourquoi m'avoir lancinéE avec ces mots".
C'est déjà une sorte de métaphore parce qu'à la base c'est une douleur qui lancine, pas une personne qui va lanciner une autre à l'aide de qqch. Pour moi, ça fonctionne. Mais il faut juste mettre qqch avant "ces mots" car là on a l'impression que tu utilises mal le verbe "lanciner", on dirait que tu voudrais l'utiliser comme le verbe "lancer". (avec "m" comme COI et en ajoutant donc "ces mots" comme COD).

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saches que tu ne trompes
Sache, sans "s", non ?

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les paroles et vies des Invisibles semblent tellement ubuesques aux Humains qu’ils ne me croient jamais vraiment. Ils pensent tous que je fabule. Ils ne me prennent jamais au sérieux.
Je trouve ce passage très bien, ma seule petite critique ce serait la dernière phrase, "ils ne me prennent jamais au sérieux" qui enfonce vraiment des portes ouvertes après tout ce qui vient d'être dit dans les deux phrases précédentes.

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Et il semble que ce soient vos mots qui veulent l’exorciser.  Ce sera compliqué et pénible
Double espace avant "ce".
Je pense que ta première phrase est une tentative pour montrer que l'on s'appuie sur ce que l'amazone a dit, c'est elle qui a besoin d'exorciser sa douleur, ce n 'est pas forcément valable pour toutes les personnes qui souffrent. C'est bien cela ? Si oui, je pense que ce n'est pas dit de façon limpide. J'aurais été un peu + directe :
"Et on dirait qu'une partie de vous ressent le besoin de l'exorciser."
(J'ai volontairement enlevé le "il semble" car pas longtemps après tu utilises à nouveau le verbe "sembler", or je trouve que c'est un verbe un peu faible si on l'utilise trop souvent).

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L’année d’après, ce furent mon fils et ma famille que je perdis, emportés par la peste de Justinien dont je ressortis indemne.
Tu as oublié d'ouvrir les guillemets avant "l'année".

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Ils sont tous morts.
Pour être raccord avec les temps utilisés dans le reste de la tirade, il faudrait mettre : "ils moururent tous".

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D’aiguiser mes armes à la force de ma haine.
Je ne me souviens plus si cette phrase était déjà là dans la première version, elle me plait beaucoup.

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« Je dors nue depuis que je t’ai perdu ;
Je dors nue puisque ma vertu n’a trouvé meilleur écu,
que ma laideur. »
Je trouve la présentation beaucoup + percutante :) ça me plait beaucoup.

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Mais Xanthippe ne bougeait pas. Ses yeux s'étaient vidés de leur insolence : elle me regardait, bouleversée. L'espace d'un instant, c'est l'humaine que je vis en elle — la guerrière s'était effacée.
Oh, c'est trop beau. J'aime beaucoup. Le début : "ses yeux s'étaient vidés de leur insolence" est original et apporte beaucoup de charme à la suite qui est pourtant plus classique, mais introduite de cette façon, cette suite est vraiment belle.

C'est joli toute cette fin. Je préfère cette version-là même si la première fin était déjà percutante.
Merci beaucoup pour cette deuxième lecture qui m'a beaucoup plu...
~ Ari ~

Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #9 le: 23 Janvier 2018 à 22:28:46 »
Aloooooooooooors ^^

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tu ne représentes pas une sérieuse menace à ma personne...
Je pense vraiment que l'on dirait plutôt "pour" ma personne... On met "à" pour des trucs du style "menace à l'ordre public"... mais "ce n'est pas une menace pour moi"...
=> après recherche, oui, apparemment on met "pour" quand "menace" est utilisé dans le sens de "danger" ; mais "pour ma personne", ça me sonnait bizarre à l'oreille, du coup j'ai mis "pour moi"

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« Mais enfin, tu es une femme ! Bâts-toi ! N’abandonne pas le combat ! me dit-elle avec rage.
"avec rage", ça donne l'impression qu'elle est en colère... Est-ce que tu ne voudrais pas dire qqch comme : "me dit-elle, en essayant de me transmettre un peu de sa rage". Ou alors : "me dit-il avec fougue." ?
=>  j'ai mis "s'enfuria-t-elle" pour éviter la répétition ; mais oui, oui, elle est bien en colère (du manque de pugnacité de Léilwën)

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"Incrédule" sonne là aussi un peu à côté... (ça voudrait dire qu'elle ne la croit pas). Exaspérée ? Atterrée ?

=> oui, elle n'en croit pas ses yeux de la passivité de Léilwën ; j'ai remplacé par "consternée"

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Qui ne serait satisfait d’avoir atteint son but ?
Je rajouterais le "pas". Là ça fait vraiment très soutenu je trouve, en léger décalage avec le reste du dialogue.
=> je laisse, c'est normal, elle prend Léilwën de haut depuis le début

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Petite coquille : événements, ça prend deux accents aigus.
=> oui, mais dans ma tête, les "é" de évènements ne font pas le même son... du coup j'ai du mal à intégrer cette orthographe

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Le mot "pourtant" me gêne un peu car il exprime une contradiction... or, elle est incertaine... ce n'est pas vraiment une opposition entre les deux phrases... Je clarifierais + en précisant : "contre toute attente, l'amazone m'adressa la parole calmement".
=> c'est là qu'on va se marrer  :D  :D  :D : => j'avais mis "contre toute" attente au départ, mais en relisant, j'ai vu que je l'avais déjà mis plus haut ; du coup je l'avais viré et donc si je le remets et que tu re-relis, tu vas me dire qu'il y a une répétition ;D
[=> j'ai viré ce bout de phrase et j'ai rajouté Xanthippe dans le dialogue]

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me répondit-elle dans un haussement d’épaules.
J'aurais mis : "répondit Xanthippe dans un haussement d'épaules". Parce que tu as mis "elle" pas longtemps avant... mais il y a quand même eu une phrase entre deux... Mais pour ça je suis peut-être la seule à fonctionner comme ça... comme dit un peu plus haut  :-[ .
=> du coup j'ai remis Xanthippe au-dessus, je suis exonérée ?

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C'est déjà une sorte de métaphore parce qu'à la base c'est une douleur qui lancine, pas une personne qui va lanciner une autre à l'aide de qqch. Pour moi, ça fonctionne. Mais il faut juste mettre qqch avant "ces mots" car là on a l'impression que tu utilises mal le verbe "lanciner", on dirait que tu voudrais l'utiliser comme le verbe "lancer". (avec "m" comme COI et en ajoutant donc "ces mots" comme COD).
=> "m'avoir lancinéE de ces mots" ?

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saches que tu ne trompes
Sache, sans "s", non ?
=> oui, oui  :-[

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Je pense que ta première phrase est une tentative pour montrer que l'on s'appuie sur ce que l'amazone a dit, c'est elle qui a besoin d'exorciser sa douleur, ce n 'est pas forcément valable pour toutes les personnes qui souffrent. C'est bien cela ? Si oui, je pense que ce n'est pas dit de façon limpide. J'aurais été un peu + directe :
"Et on dirait qu'une partie de vous ressent le besoin de l'exorciser."
=> j'ai refondu en "Et vos mots semblent avides de vous en délivrer"

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Ils sont tous morts.
Pour être raccord avec les temps utilisés dans le reste de la tirade, il faudrait mettre : "ils moururent tous".
=> Oui... c'est parce que d'une certaine manière, elle le revit encore au présent... mais je change

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D’aiguiser mes armes à la force de ma haine.
Je ne me souviens plus si cette phrase était déjà là dans la première version, elle me plait beaucoup.
=> elle y était !  ^^

Voilàààà ! Merci M'dame !  :calin:

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 564
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #10 le: 23 Janvier 2018 à 22:55:16 »
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oui, mais dans ma tête, les "é" de évènements ne font pas le même son... du coup j'ai du mal à intégrer cette orthographe
Je suis tellement d'accord....... ! c'est à force de me tromper que j'ai fini par le retenir...

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Je retins un souffle,
Ca se dit ? Je vois toujours "je retins mon souffle"...

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du coup j'ai remis Xanthippe au-dessus, je suis exonérée ?
Oui c'est mieux :) mais je reconnais que j'ai un problème avec ça, à quel moment on doit mettre "elle" ou "Xanthippe" ou "la jeune femme" (par exemple) : mon père m'a fait des corrections là-dessus, aux nuances tellement fines que je ne comprenais même pas... à force j'ai fini par intégrer le truc mais je suis incapable de le retranscrire. Peut-être qu'il n'y a que lui et moi qui nous comprenons ^^ .

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"m'avoir lancinéE de ces mots" ?
Oui j'aime bien, j'avais failli te proposer ça :)

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"Et vos mots semblent avides de vous en délivrer"
Ah, bien vu, j'adore :)

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Oui... c'est parce que d'une certaine manière, elle le revit encore au présent... mais je change
Tu aurais pu aussi continuer sur cette voix : "Ils sont tous morts. Et moi, j'ai survécu." ou même : "Ils sont tous morts. Et moi, je leur survis." ... ces deux phrases me semblent intimement liées.

Bisous louloute A bientôt Léil' :)
~ Ari ~

Hors ligne Karinet

  • Calligraphe
  • Messages: 129
    • kelyone, un autre univers
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #11 le: 24 Janvier 2018 à 01:21:11 »
J'ai bien aimé cette histoire: l'amazone d'abord farouche que l'on découvre finalement vulnérable... Et surtout cette impression d'un univers plus grand que ce qui est présenté dans ce passage? Celui-ci fait-il bien partie d'une histoire plus longue?
Si oui, j'aimerais bien connaître la suite.
A bientôt
Karine
"L’usine avec son fracas s’évanouissait. J’étais heureux…. J’écrivais." (Maurice Leblanc)

http://kelyoneunautreunivers.e-monsite.com/

Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #12 le: 24 Janvier 2018 à 12:31:44 »
Bonjour Karine, et (re)bienvenue ! (tu as vu, je ne t'en veux pas de ne pas faire partie de la "team os à moelle"  :noange:)

Je te remercie pour l'intérêt que tu as porté à ce texte, et pour ton commentaire  _/-o_
Pour l'univers plus grand, oui, il se passe BEAUCOUP (trop ?) de choses dans ma tête. Etant nouvelle, je n'ai pas posté énormément, mais le 1er texte de l'univers est là : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,26838.msg421679.html#msg421679 et le 2ème est là : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,26909.msg423177.html#msg423177
J'ai relié tout cela à un espèce de truc bizarre un peu vaguement poétique que j'avais dénomé "n'haïku" => le lien est en bas du texte

Merci encore pour tout ça, et à très vite j'espère  :)

Hors ligne Oli_Martian

  • Scribe
  • Messages: 93
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #13 le: 25 Janvier 2018 à 13:45:08 »
Peu coutumier du genre fantasy, j'ai apprécié ton texte, et ta façon d'aborder l'introspection par le biais de l'imaginaire.
La joute verbale est de qualité, et tu restitues très bien le cheminement pris par Léilwën pour amener l'amazone à se confier, et finalement remporter un combat qui semblait plus que déséquilibré.
Ton univers vaut le détour, et c'est avec plaisir que je lirai tes autres textes  :)

Léilwën

  • Invité
Re : De la mauvaise foi d'une Amazone
« Réponse #14 le: 25 Janvier 2018 à 21:51:24 »
Coucou Olivier,

Merci pour ton passage et pour ton retour  _/-o_ .

Et vive l'introspection fantastique !  :P

Au fait, j'allais oublier : "Bienvenue !"

 


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