Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

01 Juillet 2026 à 08:22:29
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Et les chiens mangeront Jezabel... (4ème Partie)

Auteur Sujet: Et les chiens mangeront Jezabel... (4ème Partie)  (Lu 10516 fois)

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Et les chiens mangeront Jezabel... (4ème Partie)
« le: 27 Novembre 2017 à 12:08:09 »
Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel


Première partie   


   
C’était un pays de fous, de fous à lier. Ces fous croyaient mordicus être les enfants préférés de Dieu, se tenaient par la main avant de déguster la dinde de Noël, invoquaient Jésus à tout bout de champ, un doux Jésus blond cendré, longiligne, portant superbement la robe sans couture, le périzonium et les sandales. Assurés de leurs vertus, ils se targuaient d’être les phares du monde, pensaient être les pionniers du droit chemin, les parangons du progrès et de la justice. Ils étaient persuadés de savoir à peu près tout sur tout : la vérité et son contraire, l’évolutionnisme et le créationnisme, comment remettre les indigènes attardés sur les rails du consumérisme et de l’économie de marché, en versant juste un peu de sang dans les rizières ou sur les dunes, un sang aussitôt pardonné bien évidemment par les Anges et par les Saints.
   Ils ignoraient une seule chose en définitive, c’est qu’ils étaient pour la plupart possédés par le diable.
   Jadis ces fous mangeaient du pop-corn, décrétaient pour le bien d’autrui que la cigarette était nocive, pariaient sur des matches de base-ball et se tombaient dans les bras l’un de l’autre, hallucinés, manifestant une débordante joie puérile, lorsque le frappeur des Tigers de Détroit exécutait un parfait home run.
   Ces fous ne s’entouraient que d’aimables voisins impeccablement coiffés. Les femmes couraient d’une porte à l’autre pour s’échanger des recettes vegan, des adresses de pédopsychiatre ou de chirurgien esthétique. Et, pendant ce temps-là, les hommes passaient la tondeuse sur les pelouses, et quand ils avaient fini, ils la rangeaient dans un coin de leur garage aussi propre qu’un nickel. Puis, tout ce joli monde s’attablait à portée de barbecue, et professaient alors à leurs enfants qu’il n’était pas bien d’être raciste, d’être trop gros ou bien trop maigre, de se moquer des extraterrestres et de voter Républicain. À la fin du repas, ils étaient généralement repus de cet orgueil de la terre et de la vie, qu’ils appelaient modestement : humilité. Ils semblaient saturés de cette grandeur qu’une existence paisible engendre chez un homme : la satisfaction de loisirs bien ménagés, la sûreté du but, l’indépendance que donne la sécurité matérielle, le confort de vivre dans un cadre familier, le sentiment de liberté qu’assure une belle maison à la pelouse royalement tondue au millimètre.
   Avant d’admettre que j’étais moi-même atteint par cette folie vaniteuse, il m’aura fallu voir de mes yeux tous ces atroces champignons qui, d’est en ouest à l’horizon, forcirent et s’étiolèrent pour irradier tout l’oxygène du vaste ciel.
   Mais que je me présente. Je m’appelle Stuart Benton.
   J’ai fêté mes 56 ans il y a trois jours, avec mon ami Pete Tricketts. Sur la route 34 entre Galesburg et Monmouth, nous avons débusqué une maison isolée, assez cossue et calfeutrée des regards, qui possédait l’avantage émotionnel de ne contenir aucun cadavre. La plupart de ses vitres étaient brisées et laissaient, à travers leurs béances, pénétrer des poussées sporadiques de blizzard. Polluée de déjections, cette demeure de notable avait bien sûr été vandalisée par ces troupes de frelons stériles, lesquels, durant les premiers mois qui suivirent la Date, s’amusaient encore à piller le miel distillé par les abeilles, alors qu’ils n’avaient déjà plus la sensation du sucre dans la bouche.
   Pour réchauffer nos carcasses transies, Pete et moi avons craqué trois allumettes et fait un feu dans le grand salon. Puis, nous avons dévoré notre dernière boîte de sardines et une acide poignée de baies sauvages que nous avions trouvées la veille en lisière d’un petit bois calciné. Là-dessus Pete Tricketts a entonné « Happy Birthday to you, Stuart ! » en versant une larme, et nous nous sommes couchés enfin dans un parfait silence, blottis l’un contre l’autre, pour nous tenir bien chaud.
   Je m’appelle Stuart Benton, ou du moins ce qu’il en reste. Vous dire ma physionomie actuelle ? Eh bien, j’ai une épaisse barbe broussailleuse, des joues émaciées, de profonds cernes noirs, tout cela noyé dans un paquet de rides à l’aspect caoutchouteux. Ma maigreur est à faire peur, c’est un vrai miracle si je me tiens encore debout. Mes yeux sont devenus vitreux, ma vision est floue. Ma peau est recouverte d’érythème. Une excroissance violacée de la taille d’un gros poing m’enlaidit le flanc droit, laquelle jusqu’à présent ne me fait pas trop souffrir. Mais par chance, je n’ai plus de diarrhées, plus de nausées, et je ne vomis plus. Je survis, je ne sais comment, ni pour combien de temps encore, dans cette latence, dite Walking Ghost Phase, d’hypothétique guérison.
Bref, je n’ai plus rien à voir avec cette carrure de footballeur américain qu’on me prêtait naguère, avant la Date, du temps béni où j’étais garagiste à Omaha, Nebraska, un affable et serviable mécano estimé de tous, qui aimait son boulot comme sa vie, qui connaissait par cœur le ronronnement singulier de chaque moteur, qui avait l’oreille absolue pour détecter en l’espace d’une seconde un problème de transmission, de différentiel, de courroie, de pompe à eau.
   Avec cette peau sur les os et ce faciès de loup famélique, je ressemble désormais à ces clochards que je toisais autrefois d’un œil un peu hautain, me demandant pourquoi ils se laissaient dégringoler ainsi, sans se révolter, rien espérer, attendant juste, l’âme en loques, le coup de sifflet final.
   Dans l’arrière-cour de mon garage, il y avait toujours une dizaines d’épaves accidentées que la police de la route venait entreposer en attendant le passage des experts en assurances. Beaucoup d’entre elles avaient été de rutilantes voitures qui avaient procuré jouissance, fierté, sentiment de toute puissance à leur heureux propriétaire. Aujourd’hui, inutile de me mentir, je ne vaux pas mieux que ces épaves. Et je sais pertinemment que les assurances ne parieront plus jamais le moindre dollar sur ma tête, qu’elles ne me donneront pas une seconde chance pour réparer mon organisme farci d’ulcères, de pustules et de gerçures. Pour la simple et bonne raison, qu’elles n’ont jamais prévu dans leurs probabilités mercantiles, le sinistre aléatoire d’une planète entière.
   J’ai 56 ans, et Pete Tricketts me dit parfois, pour me faire rire un peu, que j’en fais facilement vingt de plus.
   Pour autant, je ne pense pas être devenu un mauvais bougre. Comme la plupart des gens, je suis né avec tous les instincts et les sens de l'homme primitif, tempéré par des raisonnements et des émotions de civilisé. Comme la plupart des gens, j’ai tenté de passer entre les gouttes de la folie ambiante, afin de parvenir au bout de mon chemin sans trop de culpabilité.
   Mais dorénavant, chaque jour devient une lutte enfièvrée entre le Bien et le Mal au dedans de mon esprit. Mes envies de corrompre mon amour-propre sont nombreuses, que je dois dominer, anesthésier sans relâche. Seule la pitié que j’ai de ma personne me maintient encore un peu dans le jardin de la respectabilité, m’oblige à entretenir cette infime braise où subsistent les vestiges de ma dignité. Cet apitoiement restera jusqu’à mon dernier souffle, du moins je l’espère, mon plus sûr bouclier pour ne pas réveiller la Bête qui sommeille au fond de moi, et ne rêve que d’une chose : rajouter un monstre terrifiant à ce pandémonium.
   Depuis la Date, et toutes les horreurs qui en ont découlées, je peux dire que de l’aurore au crépuscule - insufflés par Dieu, le diable, ou la démence de l’Univers, allez savoir - je tâche du mieux que je peux de fortifier mes haillons de charité, de compassion, de mansuétude. Ce n’est pas si facile, mais je m’y dévoue corps et âme, oserais-je dire, tel le plus méticuleux des robots affligés. Ainsi, pour éviter de répondre aux provocations et autres accès homicides des Enragés, je préfère contourner un secteur de plusieurs kilomètres, ou bien me terrer dans un trou gelé durant de longues heures s’il le faut, avec cette lâcheté ou plutôt ce courage de la moule qui s’accroche coûte que coûte au rocher.
   Les Enragés, j’ai appris à les repérer de loin, à renifler leur odeur de calvaire, le soufre de leur géhenne intérieure. Même s’ils ne sont plus qu’un amas de nerfs vindicatifs et hargneux, j’ai compris, au bout du compte, qu’ils ne cherchaient pas forcément à passer leur fureur de survivre contre moi. Au fil du temps, je suis parvenu à ressentir qu’ils ne faisaient que souffrir la souffrance extérieure, qu’ils saignaient tout le sang qui coulait alentour, qu’au fond de leur regard mauvais, éperdument brouillé, ils pleuraient les pleurs de tous les yeux qu’ils croisaient au hasard. Qu’ils n’étaient plus vraiment eux-mêmes, mais autrui. Qu’autrui était devenu leur moi. J’ai compris que ce n’était pas Stuart Benton qu’ils désiraient massacrer, comme cela, gratuitement, pour rien, mais cet égoïsme rouillé d’eux-mêmes qui n’avait pas eu le cran de se faire sauter la cervelle avant l’holaucauste collectif.
   Afin de rendre un peu plus humain leur rictus de supplicié, et d’en avoir moins honte, et plus honnêtement moins peur, je me suis mis un beau jour à les nommer romantiquement « poètes de la détresse », comme m’était revenue cette phrase de Ray Bradbury, dans Fahrenheit 451, qui m’avait adolescent profondément marqué : « Je l’ai toujours dit, poésie égale larmes, poésie égale suicide, pleurs et gémissements, sentiments pénibles, poésie égale souffrance ».
   En cinq ans, j’ai tué peu de ces hommes et de ces femmes, et toujours, je le jure, uniquement pour me défendre. Pour défendre cet humanisme hésitant qui se tissait encore avant la Date, bon an mal an, autour de la Terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillait parfois, par saccades, à la chaleur complémentaire. Je crois bien n’avoir jamais éliminé un Enragé par cruel instinct de préservation. J’ai toujours eu au moment d’appuyer sur la gâchette, ce désir d’épargner cette dérisoire graine d’amour de la vie, que je croyais sentir battre au fond de mon cœur. Même si cela peut paraître paradoxal, c’est simplement pour protéger ce peu d’humanité qu’il me reste, au nom de l’Humanité, que je me force à agir de la sorte. Je n’ai pas l’impression d’ôter la vie à ces personnes rendues, par la force des choses, psychiquement instables, mais de soulager la Terre en grande détresse de leurs insupportables douleurs. J’ai toujours enterré dignement leur dépouille, si possible au pied d’un arbre calciné, dans l’espoir qu’un jour prochain ses feuilles repoussent et apportent un abri déférent à leur dernière demeure. Et j’ai toujours psalmodié une prière sincère vers cette nue improbable, pour que leur âme puisse monter au ciel sans trop d’accroc.
   À quoi passons-nous nos journées avec Pete Tricketts ? Eh bien à marcher sans but précis, à chercher plus ou moins avidement de la nourriture, et surtout à dormir, dormir, dormir. Croyez bien que vouloir rajouter une heure de plus à nos existences précaires n’est pas de tout repos. Surtout avec le cerveau vide, les réflexes amoindris, le désespoir en bandoulière.
   

   

À suivre...

La deuxième partie se trouve un peu plus bas.
« Modifié: 28 Mai 2018 à 19:21:54 par kokox »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 750
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #1 le: 27 Novembre 2017 à 14:47:06 »
Mon cher ami,

J'ai trouvé ton texte très impactant, l'émotion qu'il génère en moi m'a réellement amené à vouloir en savoir plus sur ce Stuart Benton.

Je pense que tu touches quelque chose d'entier, qui t'appartient et qu'aucun ne saurait reproduire, c'est une véritable performance et un enrichissement solide pour beaucoup d'entre nous.

Tu poses les bases d'une époque chaotique et tourmentée, tu donnes un regard inquiet sur le monde.

Ton histoire se passe aux États-Unis, on s'y trouve perdu, presque déboussolé. Cela me rappelle très directement les années de la Beat Generation, on se sent pourtant comme ailleurs. On manque parfois de repères, cela est justifié par la tourmente qu'éprouve ce personnage terrifié par la société dans laquelle il se trouve.

Je trouve ta démarche littéraire profonde et d'une grande portée.

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 299
  • Miss green Mamie grenouille
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #2 le: 27 Novembre 2017 à 15:32:20 »


à suivre ... donc j'attends la suite avec une certaine dose d'impatience vu la teneur de la première partie, je réserve un avis me demandant où tu vas en venir avec une curiosité aiguisée !

 :mrgreen: :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #3 le: 27 Novembre 2017 à 16:16:48 »
Cher Alan,

Un grand merci pour ta lecture du prologue de ces "Chiens".
Me touche évidemment beaucoup ce que me dis là, même si sincèrement je ne pensais pas avoir décrit dans cette entame autre chose qu'une honnête ambiance post-apocalyptique. L'inspiration de ce texte ? Je me suis replongé dernièrement dans les nouvelles de jeunesse (de 19 à 25 ans environ) de ce génie visionnaire qu'était Philip K.Dick, et je me suis dit deux choses : qu'est-ce que c'était torché à la taloche (normal, en regard de ses vertes années), mais qu'est-ce qu'il s'en foutait royalement, puisque ne comptait à ses yeux que le fait d'accoucher illico presto sur papier ses inventives élucubrations, sans aucun complexe de style.
Je bûche actuellement sur la suite. J'espère qu'elle sera du même tonneau "émotionnel" que ce début et ne te décevra pas ! :)

Bien à toi !


Un grand merci également à toi pour ta lecture, Claudius !  :)
Comme dit plus haut à Allan, je fais tout pour réduire au maximum ton impatience et te servir dans les plus brefs délais la suite des aventures irradiées de Stuart Benton.

Bien à toi !
« Modifié: 27 Novembre 2017 à 22:39:18 par kokox »

Hors ligne Aléa

  • ex Ben.G
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 189
  • Veilleuse de nuit
    • Polygone Portail
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #4 le: 27 Novembre 2017 à 16:44:11 »
Bonjour Kokox,

Tu l'as sans doute déjà aperçu sur la plateforme, mais on évite de faire des doubles posts ici, tu peux répondre à plusieurs personnes en un seul message ou modifier tes messages ;)

A plus !
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #5 le: 27 Novembre 2017 à 17:17:47 »
Ah merci beaucoup d'avoir rectifié pour moi ce tir malheureux !  :)

Milla

  • Invité
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #6 le: 27 Novembre 2017 à 21:05:02 »
Salut !

au fil de la lecture...

Citer
Et le chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
les

Citer
Et, pendant ce temps-là, les hommes passaient la tondeuse sur les pelouses, et quand ils avaient fini, ils les rangeaient dans un coin
ce les ne renvoie à rien, la pour la tondeuse ?

Citer
, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillait, par saccades, à la chaleur complémentaire
réveillaient

hop là, tout lu !
C'est agréable à lire, l'écriture est prenante, fluide :) Tu poses bien le contexte, avec de gros questionnements en suspend qui sont pour le lecteur intrigants, et non pas clair, donc ça fonctionne tout à fait. Il manque un petit truc du genre un peu loin à l'horizon qui nous donne une vague idée d'où tu veux aller et nous mette vraiment en haleine, mais je pense que ça peut attendre la partie suivante que je viendrais lire avec plaisir.

Bonne écriture :)

Milla

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #7 le: 27 Novembre 2017 à 22:15:53 »
Un grand merci pour ta lecture, Milla, et tes relevés de coquilles ! :)
L'action arrive. Les chiens arrivent, ne t'inquiète pas. Puisqu'ils sont également un hommage à ce formidable livre de SF de Clifford D.Simak : "Demain les chiens".

Bien à toi !

Hors ligne In search of lost time

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #8 le: 28 Novembre 2017 à 01:25:58 »
Je ne suis pas trop nouvelle en provenance des Etats-Unis, surtout de Trump, mais là il y a les sentiments en plus et cela me trouble émotionnellement. Vivement la suite, qu'on en finisse avec ces culs-bénis d'Américains qui disent blanc en face et approuvent la noirceur qui les arrange.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #9 le: 28 Novembre 2017 à 07:03:17 »
Merci beaucoup pour ta lecture In search of lost time.
L'action se passe certes aux States, mais il n'y a pas que les Américains qui trinquent ! :)

Bien à toi !

Patamodeler

  • Invité
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #10 le: 01 Décembre 2017 à 13:34:17 »
Bonjour Kokox,

Après ma lecture, il me reste en mémoire comme un triptyque à la manière de Géricault. Sur le premier panneau je vois l’équanimité  d’un monde pétri de certitudes  avant la Date, sur le second deux survivants de l’enfer après la Date et sur le troisième la miséricorde et l’humanité du rescapé et de l’écrivain.

Encore un texte très dense dans les réflexions que j’ai relu plusieurs fois pour en apprécier  toutes les nuances.




Hors ligne moyen chog

  • Scribe
  • Messages: 63
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #11 le: 02 Décembre 2017 à 14:38:46 »
Salut
Y'a pas d'intox, chez Kokox. Pas de botox non plus. Juste un peu chelou. L'héroïne , c'est de la pure. Alors, merci pour cette parenthèse inachevée.
Moi, je ne crois plus en Dieu, depuis que lui ne croit plus en moi.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel dans le champ de Jizreel
« Réponse #12 le: 04 Décembre 2017 à 14:18:01 »

Un grand merci à toi, Patamodeler, pour ta lecture et ton "humaniste" commentaire ! :)


Un grand merci à toi également, Moyen Chog, pour ta lecture et cette opinion hautement "stupéfiante" que tu te fais de moi ! :)


Bien à vous !

« Modifié: 04 Décembre 2017 à 15:47:09 par kokox »

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 541
Re : Et les chiens mangeront Jezabel... (Deuxième Partie)
« Réponse #13 le: 13 Décembre 2017 à 12:16:28 »
Voici la deuxième partie de la nouvelle. La troisième partie sera mise en ligne d'ici une semaine.
Merci d'avance aux lecteurs qui auront le courage d'aller au bout de ce récit. :)



Les seuls bonheurs fugaces que nous parvenons encore à grappiller dans cette vie animale, c’est quand nous découvrons, excités comme des gamins, la planque d’un garde-manger intact. Ce qui a tendance à se raréfier de plus en plus. Et puis aussi lorsque nous nous mettons à nous souvenir brutalement de nos chers disparus que nous avons été obligés d’abandonner en cours de route.
   Alors, avec Pete Tricketts, nous n’avons plus aucune honte de nos étreintes fraternelles. Pour apaiser notre chagrin, il peut même arriver que nous nous embrassions délicatement le visage, que nous nous bercions comme le ferait une mère à son enfant fiévreux. Cette chaleur humaine, pure, décomplexée entre deux hommes, nous donne la force de croire que nous existons peut-être encore un peu aux yeux du néant. Que nous importe au final le décor dévasté, l’air vicié, le manque de nourriture, pourvu que nous ayons encore à nos côtés un être humain, sa main tiède dans notre main, ses bonjours du matin et la lueur de ses yeux qui vous dit : tout n’est pas si moche, puisque je suis là !
   J’ai rencontré Pete Tricketts, il y a deux ans maintenant, dans la périphérie nord de Pittsburg. C’est un long gaillard de quarante sept ans, roux, très barbu, d’origine irlandaise.
   Avant la Date, il était webdesigner spécialisé en support mobile/tablette, avec 93.000 dollars par an, et adorait faire des treks en solitaire dans la région du Sud-lipez en Bolivie pour recharger ses batteries. Armé de son Lumix, il photographiait  du matin au soir ces terres totalement isolées et extrêmes, pays impeuplés emplis de merveilles : désert de sel blanc, lacs rouges ou verts, rochers aux formes bizarroïdes, troupeaux de lamas et placides flamands roses. Ce qui lui fait penser parfois que le dénuement de l’Altiplano et sa beauté glaciale l’ont préparé bien à l’avance à s’accoutumer à la dévastation actuelle.
   Avant la Date, Pete Tricketts était marié, selon ses dires, à une femme exceptionnelle qui lui avait donné trois filles exceptionnelles.
   Dans son maigre paquetage, il garde une photographie de ses quatre amours, à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux. Un jour, il a laissé pour mort deux Enragés qui cherchaient à la lui dérober en le menaçant d’une batte et d’une hachette. In extremis, il a sorti son revolver et a tiré.
   D’après lui, du moins tente t-il de s’en convaincre, toutes quatre n’ont pas dû avoir le temps de voir leur fin arriver, comme les ondes de choc pulvérisèrent toute matière au cœur de la nuit, foudroyant la moindre respiration de San José à Sacramento. Cette nuit-là, Pete Tricketts était ailleurs, là où tout homme comblé n’aurait jamais dû être, mais il préfère ne pas en parler.
   Curieusement, la morphologie de mon compagnon d’infortune ne souffre pas trop de la malnutrition. Son secret ? Il ne mange pas plus que moi, ne me vole pas mes rations durant mon sommeil. Non ! Le truc de Pete Tricketts, c’est qu’il respire tout bêtement par la bouche. Il se fiche complètement d’être un peu plus, un peu moins irradié. De fait, il passe le plus clair de son temps à happer de l’air et dit que c’est grâce à cela qu’il parvient à stabiliser sa masse corporelle. J’ai de gros doutes à ce sujet, mais comme je n’ai rien d’un scientifique, je ne peux pas prouver le contraire, et je me contente d’acquiescer.
   Malgré l’âpreté de notre vie, Pete a su garder une certaine distanciation, une gaîté qui parvient à rendre agréable certains de nos jours cafardeux. Parfois, lorsque nous nous morfondons trop longtemps, il est capable de se lever d’un coup, de quitter net sa torpeur à la manière d’un chef indien qui se mettrait sur le pied de guerre. Secoué de meuglements rythmés, il accomplit sous mes yeux ce miracle de repétrir son visage défait, de galvaniser son corps endolori. Alors, il se met à boxer le vide devant lui, et profère ce mantra sur un ton persuasif : on a connu le pire, on a connu le pire ! Y a rien de pire, y a rien de pire ! Et cette réaction électrisante possède le pouvoir de me régénérer progressivement à mon tour.
   La force extraordinaire de cet homme réside toute entière dans son invincible optimisme. Il n’en veut absolument à personne de ce qui est arrivé, ni à Dieu, ni aux hommes. Il y a des gens qui portent la fatalité avec élégance. C’est le cas de Pete Tricketts. Son cœur, martelé d’innombrables coups durs, résonnait bien avant la Date comme un gong, un bouclier de bronze sur lequel le destin ne pouvait que se casser les dents. Un jour où j’en voulais au monde entier d’avoir détruit le monde entier, et où je n’étais pas très loin de devenir un Enragé, il m’a dit ceci : « C’est plus complexe que tu ne crois, Stuart. L’homme n’y est pour rien, ou pour si peu de chose, dans ses hoquets de décadence. En se rongeant l’âme et le corps, il n’a toujours fait que singer en tout petit les conflagrations du cosmos. Il peut vouloir pavoiser avec son flingue un jour ou l’autre, se croire être au summum de la tout-puissance en ciblant au hasard une quelconque victime. Mais cette vanité est celle d’un pur crétin qui a juste oublié que l’avis de décès de cette dernière était déjà rédigé bien avant sa naissance. Il a anéanti un mort ou des millions peut-être dans le trou de balle de l’Infini ! La belle affaire ! Il a juste ignoré qu’en droit pénal, dans certains États, ce genre d’infraction est dite impossible, et entraîne généralement un non-lieu. Si tu te dis que tout est question de rectitude et d’impartialité, alors à l’échelle du continuum Espace-Temps, personne en vérité ne tue réellement personne. Tout le monde s’attire ou se repousse, à la manière des particules chargées positivement ou négativement, puisque c’est un des fondements des lois de l’électrostatique. Que nous le voulions ou non, nous sommes constitués d’atomes très, très vieux, ceux d’étoiles qui sont nées sans savoir pourquoi et sont mortes tout aussi incultes. Ni le bien ni le mal n’y sont pour quelque chose dans tout ce fatras d’inattendus. Est-ce qu’une météorite sort un couteau de sa poche, avec ce désir farouche de trucider une planète qui obstruerait sa trajectoire ? Non, elle se laisse choir simplement dans le vide, car son heure est venue de se transformer en autre chose. Pour nous, comme pour toute poussière, c’est exactement pareil. L’apocalypse est déjà au commencement de soi, puisque la fin précède toute naissance. Alors, à quoi bon en rajouter au cynisme, à quoi bon remettre en cause l’irrévocable Principe antédiluvien qui équilibre l’Univers  d’une façon aussi prodigieuse ? Si tu veux être juste, Stuart, dis-toi que ce ne sont pas les autres qui t’ont condamné à mort, mais cette énigme éternelle qui s’appelle la Vie. Or cette Vie te permet aussi de vivre, vieux, de goûter à quelques joies éphémères, de t’imaginer tout bêtement que tu es en vie, le temps qu’il te faudra pour dire amen à un frisson qui parcoure ta peau, ou dire je t’aime à une fraise des bois. Dans ce cas, à qui pourrais-tu en vouloir ? Tout va mal, mais au fond de ce mal, et c’est là le prodige, il y a toujours quelque chose : la vie, l’espérance, l’envol inopiné d’un moineau rejoignant son nid, un haillon de ciel bleu qui perce dans un ciel anthracite, moi qui te parle et toi qui m’écoute gentiment te raconter n’importe quoi pour dévier ta douleur... »
   Sans l’exemplaire détachement de Pete Tricketts, et sans son humour réconfortant, je crois bien qu’il y a longtemps j’aurais lâché prise. Nous ne savons pas où nous allons, ni pourquoi nous y allons. Nous nous contentons juste de respirer ce qu’il nous reste à respirer, car respirer nous est déjà une aubaine assez incroyable, après avoir réchappé au plus grand feu d’artifice de tous les Temps. Nous n’avons aucune ambition. Nous laissons la vie nous mener, simplement, dans son sillage. À la manière des insectes, si nous trouvons un miette de quelque chose, nous sommes comblés. Si nous n’en trouvons pas, tant pis, nous ne cherchons pas à nous lamenter auprès du Congrès ou de Fox News.
   Il me reste encore tellement de choses à dire avant la fin du jour.
   Où en étais-je ? Ah oui, Pittsburgh ! Ma drôle de rencontre avec Pete.
   Sur les coups de minuit, alors que nous étions traqués par une horde d’Enragés, nous nous sommes retrouvés fortuitement à ramper dans la même canalisation pour sauver nos fesses rachitiques. Nous sommes restés ainsi prostrés pendant environ quatre à cinq heures, et lorsque les cris de détresse se sont tus alentour, Pete Tricketts a craqué une allumette pour se rendre compte que sa tête s’était immobilisée durant tout ce temps à moins de dix centimètres de mon derrière.
   À la seconde allumette, d’un simple regard muet, presque amusé, nous avons tout de suite compris que nous étions faits du même stoïcisme, que notre attitude morale avait su préserver une grande fermeté d’âme dans le malheur, mais aussi une bonne dose de moquerie, seule capable de faire taire notre sauvagerie dormante et nos stupides attirances pour la Loi du talion. De toute façon, les Enragés s’entre-tuaient déjà à qui mieux mieux. Il était par conséquent inutile de brûler de précieuses cartouches, pour commémorer la mémoire du mot Justice.
   J’avais dans ma besace quelques boîtes de haricots rouges. Il avait dans la sienne un kilo de sucre roux. Nous avons sucré salé notre poignée de main et, au sortir de la canalisation, Pete Tricketts m’a dit : je te préviens, je rigole pour un rien, cultiver l’absurde est devenu ma raison d’être. Je n’ai pas d’autre choix que de prendre toute cette faillite à la légère !
   Je lui ai répondu : ça me va très bien !
   Quelques jours après, c’est pourtant avec le plus grand sérieux qu’il m’apprit cette nouvelle effroyable qu’il tenait de source sûre par son beau-père, lequel était, avant la Date, gynécologue obstétricien dans l’Ohio. Est-ce que cette funeste saloperie venait de Corée du Nord, de Russie, des États-Unis, ou du Moyen-Orient ? Plus personne ne pouvait le dire. Toujours est-il qu’en pratiquant une batterie de tests de fertilité (spermogrammes, biopsies testiculaires, échographies intra-vaginale, cariotypes, examens approfondis tant bactériologiques que biochimiques) sur un panel de 300 personnes, hommes, femmes, adolescents confondus, le couperet de la science avait tranché irrémédiablement tout espoir de procréations futures.
   Aussi inimaginable que cela puisse être, le beau-père de Pete Tricketts avait certifié, la mort dans l’âme, l’atroce probité de ses résultats : 100 % des irradiés avaient été rendus stériles.
   
   Le lendemain de mon anniversaire, il y a deux jours de ça, nous nous sommes réveillés Pete Tricketts et moi encore plus gelés que d’habitude. Le blizzard s’était calmé durant la nuit, mais la température avait cruellement chuté. Entièrement envahie par la neige, notre chambre avait été rendue toute blanche du sol au plafond. Le blanc est froid par nature. Pas seulement parce qu’il évoque un éclat hivernal, insoutenable et impersonnel. Le blanc est froid parce qu’il est dur et stérile. Parce qu’il est sans joie, antiseptique. Fascinés autant que pétrifiés par toute cette blancheur, nous ne parvenions pas à bouger le moindre orteil dans notre lit. Notre respiration commençait à devenir complexe. Non loin de l’inconscience, nos pensées aussi étaient profondément engourdies. Nos forces n’avaient plus de force. Notre abandon était proche. Si n’avait été au bout d’un long moment le vague croassement d’un corbeau dans le lointain, nous aurions pu nous croire mort dans un paradis neutre, impassible, sans le moindre saint à l’horizon, sans le moindre espoir d’absolution.
   C’est Pete qui a eu le courage de se lever en premier pour aller pisser. Trop frigorifié pour chercher les toilettes, il s’est soulagé à grand peine, dans un goutte à goutte pathétique, à l’encoignure de la commode.
   C’est alors, qu’intrigué, il a remarqué sur le plancher une carte dépliée de la région qui était émaillée de cercles rouges, et rayés de croix, à maints endroits. Juste à côté de cette carte reposait une grande pochette bleue translucide, recelant ce qui semblaient être diverses notes, adresses et autres plans sommaires de localisation. Pete Tricketts a ramassé le tout et m’a envoyé un petit sourire, l’air de dire : ça sent bon !
   À la faveur d’un nouveau feu dans le salon, nous avons étudié attentivement la soixantaine de feuillets noircis que contenait la pochette. Pete avait vu juste. Il s’agissait effectivement de relevés de positions de bunkers, d’entrepôts, de cabanons, de garages, de chambres froides, de pièces secrètes, d’abris de survivalistes, le tout minutieusement daté et classé par ordre de danger pour s’en approcher.
   En quête de vivres, ceux qui étaient passés par là avant nous avaient exploré méticuleusement tous les environs dans un rayon d’une trentaine de miles. Malheureusement, nous comprimes assez vite que tous ces endroits avaient été ratissés depuis fort longtemps.
   À part un !
   Il portait sur la carte le chiffre 41. Et c’était le seul cercle rouge qui n’avait pas été rayé. Le feuillet qui lui correspondait était daté de neuf mois. Il parlait d’un conduit souterrain dont l’entrée se trouvait dissimulée en lisière d’une exploitation agricole, à moins d’un jour de marche d’où nous étions. L’homme qui avait pris ces notes avait dessiné avec force détails l’emplacement précis de la trappe camouflée dans un taillis, censée mener à une conséquente réserve d’eau potable et de stocks alimentaires. Mais au verso de la page, quelle ne fut pas notre stupeur de découvrir cet avertissement répulsif qu’il avait annoté au marqueur et souligné trois fois :

Prenez garde aux chiens...

Quelques lignes plus bas, il continuait ainsi sa mise en garde avec cette phrase laconique, à faire froid dans le dos :
   « Après de multiples tirs, cris et aboiements terrifiants, Thom Tillis, Dan Coats et Barbara Milkuski n’en sont pas remontés. Paix à leur âme ! ».
   Pete Tricketts m’a alors regardé, avec ce mélange d’appréhension, de convoitise et d’audace qui caractérise un gamin s’apprêtant à faire une grosse bêtise. Et il m’a dit :
   - Tu as croisé des chiens, toi, avant qu’on se rencontre ?
   - Non, aucun.
   - On est bien d’accord, tous sont morts ou ont été dévorés dès la première année.
   - Pour sûr. Il m’est arrivé d’en manger un peu moi-même, et que Dieu me pardonne pour cela.
   - Qu’est-ce que tu dirais d’aller voir ça ?
   - Je dirais qu’ayant déjà mangé du chien, je leur dois bien un avant-bras ou un morceau de cuisse.
   - Il nous reste combien de chevrotines ?
   - Une vingtaine.
   - Alors, c’est parti, mon bon Stuart !
   - C’est parti ! Advienne que pourra.
   





« Modifié: 13 Janvier 2018 à 12:47:09 par kokox »

Milla

  • Invité
Re : Et les chiens mangeront Jezabel... (Deuxième Partie)
« Réponse #14 le: 13 Décembre 2017 à 13:20:05 »
Salut

me revoilà pour la deuxième partie...
Citer
toutes quatre n’ont pas dû avoir le temps de voir leur fin arriver, comme les ondes de choc qui ont suivi les explosions terrifiques étaient survenues en pleine nuit,
ça me fait bizarre le changement de temps, je mettrais tout au passé composé ou tout au + que parfait mais j'harmoniserais je pense.

Citer
Cette nuit-là, Pete Tricketts était ailleurs, là où tout homme comblé n’aurait jamais dû être, mais il ne préfère pas en parler.
"préfère ne pas en parler" ?

Citer
D’un caractère relativement gai, Pete a su garder cet état d’esprit qui arrive même à rendre agréable certains de nos jours cafardeux.
je trouve cette phrase moins fluide que le reste, trop froide et distante, elle fait lettre de motivation  :D (le reste est tout à fait fluide et immersif, le ton que tu as choisi (un côté descriptif légèrement détaché pour raconter de loin dans mon impression) ne gêne pas, il fonctionne même bien, y a juste là que c'est too much àmha)

Citer
Il y a des gens qui portent la fatalité avec élégance.
joli  ^^

Citer
un blouclier de bronze sur lequel le destin ne pouvait que se casser les dents.

Citer
Ni le bien ni le mal n’y sont pour quelque chose dans tout ce fatras d’inattendus.
je crois que j'aurais vu un singulier

Citer
   Sur ces 300 personnes, 33 s’étaient données la mort une fois connu la conclusion des tests, 59 avaient sombré dans une sorte de démence aphasique, perdant presque instantanément toutes leurs capacités cognitives, 101 étaient devenues en moins d’une semaine des Enragés.
hmmm c'est pas rigolo d'apprendre qu'on est stérile et le contexte en rajoute, mais ça me parait gros comme réactions.

Citer
Après de multiples tirs, cris et aboyements terrifiants,
aboiements


hop là, tout lu !
Tes persos se précisent, prennent vraiment de la substance. J'aime bien leurs pensées qui dérivent et leurs dialogues, considérations auxquels la situation les amène. Y a de jolies trouvailles (comme "nos forces n'ont plus de forces", j'aime beaucoup ^^) qui font qu'au delà de la fluidité, ta plume a un petit truc en plus que j'apprécie vraiment. C'est chouette si j'ose dire vu qu'ils se trainent dans un monde en lambeau quand même  :D

merci pour cette lecture et à la revoyure pour la suite.

Milla

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 16 requêtes.