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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Vagabond

Auteur Sujet: Vagabond  (Lu 1109 fois)

Hors ligne Chrisalid

  • Tabellion
  • Messages: 30
Vagabond
« le: 05 Novembre 2017 à 11:00:15 »
Me voilà parti, Je laisse derrière moi une vie qui ne me convenait plus, peu de chose à vrai dire et beaucoup à la fois.

Cette décision est venue hier soir me frapper comme une évidence. Comme là fois où en ouvrant la fenêtre de ma chambre j’ai vu ces cimes, je me suis senti attiré, happé par la montagne, moins de deux heures plus tard, après m’être équipé, je me suis retrouvé un peu plus haut que la limite des sapins, des mélèzes. Dans un univers que je ne connaissais pas mais que je savais déjà adorer.
Hier soir l’idée de tout plaquer c’est imposée, elle avait fait son chemin depuis quelques temps déjà, peut-être des années, oui des années c’est certain.

Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?
Cette question me trotte dans la tête. J’ai de la peine à m’inscrire dans cette société, pas assez égoïste pour ne penser qu’à moi, pas prêt à marcher sur les autres pour réussir, incapable de mentir sur mes sentiments pour avoir envie de partager ma vie, trop idéaliste, trop rêveur, trop passionné. Trop bête certainement pour ne pas réaliser que je m’enfermais dans mon monde.
C’est pourtant bien là le paradoxe, cet enfermement me donne envie d’évasion, de nouveaux horizons, de nouvelles destinations, d’ailleurs.

Itinéraire d’un enfant gâté, ce film m’a toujours fait rêver ou est-ce Belmondo que j’ai toujours admiré. Je sais, c’est du cinéma, là on est dans la vie, la vie réelle avec toutes ses contraintes, ces codes, ces obligations. Je n’en veux plus, je dois partir…..
Dans cette appartement confortablement moderne, sur mon canapé d’un noir d’ébène, avachi, presque sous le choc, les bras ballant, le regard porté bien plus loin que ce mur d’une blancheur d’hôpital, nu, dépourvu d’audaces couleurs, je m’essouffle.
Un peu comme ma vie finalement, elle manque d’audace, d’adrénaline, d’aventure, de rêves concrétisés. Merde quoi, je suis comme un programme informatique, programmé pour une majorité de suiveurs, d’utilisateurs, de moutons….
Je veux être le loup dans la bergerie, le coup de tonnerre après l’éclaire déchirant un ciel méchamment gris, le rire transperçant une foule muette, une lame de fond dévastatrice…

La télécommande s’échappe de ma main, elle va s’écraser sur le sol dans un bruit qui m’’ébranle, je me lève, la décision est prise.
Mon sac en cuir m’attendait depuis bien longtemps, là au milieu du dressing, de son insolence lascive, il me montrait combien la monotonie me gagnait.
Avec un plaisir non dissimulé, je jette quelques affaires pêle-mêle, l’anarchie règne dans ce sac comme dans ma tête et je souris. Je souris à cette insouciance retrouvée, à ce pied-de-nez à la routine, je me sens libre.

Mon casque de motard traine sur une étagère et me rappelle que j’ai vendu ma Bonnie à un ami, un de ceux que vous appréciez sans savoir vraiment pourquoi, quasi un frère. Dommage j’aurai bien aimé enfourcher mon bolide noir et partir sans but à son guidon, style Easy rider.
Ma bagnole fera l’affaire, ce n’est pas une Defender, qu’importe c’est une anglaise et il doit lui rester un peu de l’envie de ce peuple de marin, d’explorateur dans le moteur……
Dans ces voitures trop modernes, on ne tourne même plus la clef, juste appuyer sur un bouton pour la faire démarrer, quelle inélégance !!!!
Les rouages du moteurs se mettent en branlent, je m’élance sur la route dans un style bien moins vagabond que Jack Kerouac, l’époque ne si prête pas vraiment un Smartphone à l’oreille.

Les films, les livres, les reportages que je dévore sont de cet acabit.
Est-ce que je vis mes rêves à travers eux ? Est-ce suffisant à mon plaisir ?
Jusque là oui, mais plus depuis hier soir. Je veux vivre mon aventure, les minutes de vie qui me restent en totale liberté.
Je ne me retournerais pas pour voir ce que je laisse, ce n’est finalement que du matériel, on m’a fait croire depuis si longtemps que la réussite passait par ces biens, par ces miroirs aux alouettes, alors que je ne veux que de poudre d’escampette.......

Hors ligne Chrisalid

  • Tabellion
  • Messages: 30
Vagabond - intérieur
« Réponse #1 le: 06 Novembre 2017 à 13:33:54 »
Me voilà déjà parti depuis quelques temps, les jours files comme des minutes, les mois comme des heures.
Comme dirait Nicolas Bouvier : On croit faire un voyage, mais on se rend vite compte, que c’est le voyage qui nous fait.
Les routes, les chemins que j’ai empruntés pour finalement poser mon regard sur cette étendue d’eau ont permis un périple plus intérieur.
C’est pourtant le nez en l’air que j’ai plongé en moi, pas de pêche miraculeuse, juste un constat, je ne parlerai pas de révélation, non, juste un constat.
Depuis que je suis parti, je me réveille avec l’envie de découvrir, l’envie enfantine de m’imprégner de toutes les images de ce monde.
Alors qu’auparavant, le miroir me renvoyait l’image d’un homme pressé, d’un homme pris par son job, pris par la monotonie quotidienne. Bien sûr il y avait ce que l’on nomme : la sécurité.
Mais quelle sécurité ? Une vie peut basculer en un dixième de seconde, alors pourquoi se priver de ses minutes, de ses heures de bonheur insouciant.
Derrière mon écran d’ordinateur, je croyais me libérer, je croyais gagner ma vie. Alors qu’elle s’évaporait de tous mes pores. Je perdais peu à peu l’universel essentiel : la liberté.
La liberté de penser, de parler, de croire, d’aimer, de détester.
Comme dirait Napoléon : le peuple est le même partout, quand on dore ses chaines, il ne craint la servitude. Par chance une étincelle est venue desserrer leur emprise, l’apprentissage de la liberté prend du temps.

La peur du lendemain est présente, elle m’accompagne, parfois me hante. Alors je presse le pas, mon cœur s’emballe de cette vie qui me faisait défaut assis sur une chaise, je brise les chaines qui entravent mes mouvements et je regarde en avant.
Le plus possible en avant sans oublier ce que j’étais, ce qu’on voulait que je devienne.

Pour savoir où l’on va, faut ‘il déjà se rappeler d’où l’on vient.
On a tous une part d’ombre, la mienne s’est rangée du côté de la mémoire, je n’oublie rien. Je peux me projeter des années en arrière et ressentir le frisson d’un moment d’extase ou le dégout d’une seconde passée à me mentir.
Je pourrais sombrer dans la folie, m’injecter une drogue quelconque pour dissiper les souvenirs.
Je préfère les affronter, en ressortir éreinté, égratigné, détruit, mais toujours grandi.

Je suis au bout d’un chemin, mais pas à la fin du voyage. Il doit encore me faire, me façonner, me modeler comme cette terre que bientôt je vais laisser pour embarquer sur les flots tumultueux d’une nouvelle aventure……



Sujets fusionnés à la demande de l'auteur (suite de texte)
« Modifié: 06 Novembre 2017 à 14:09:38 par Ben.G »

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Vagabond - intérieur
« Réponse #2 le: 06 Novembre 2017 à 14:01:57 »
Pas mal, pas mal, sur le registre de l'introspection ou du journal intime . Cependant, l'on reste quand même dans des propos assez convenus. J'aurais aimé un petit peu plus d'audace et puis, peut-être, une évocation plus soutenue de la rupture qui fait passer le personnage d'une vie « assise » à une vie d'aventures. Même s'il est intéressant, au plan littéraire de maintenir cette évocation en filigrane. Mais alors, on s'attend à une amorce de dramaturgie : le personnage (l'auteur ?) bascule dans une dimension qui ne lui est pas familière. Il prend des risques. Il sacrifie sa sécurité. OK, OK., Mais tel que cela est relaté, ça reste un petit peu plat. Pas assez d'émotions, quoi.

Merci de bien vouloir excuser les éventuelles erreurs orthographiques. Ce texte est issu d'une reconnaissance vocale et ma vision défectueuse ne me permet pas d'y apporter correction.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Quaedam

  • Calliopéen
  • Messages: 462
  • Jean-Michel Palaref
Re : Vagabond
« Réponse #3 le: 06 Novembre 2017 à 22:17:30 »
Salut Chrisalid.
Je vais tenter d'être constructive et de te donner des conseils utiles. Néanmoins, je peux me tromper et tu peux être en désaccord avec moi :D

Citer
Me voilà parti, Je laisse
Pas besoin d'une majuscule : « je »

Citer
peu de chose
peu de choses

Citer
Comme là fois
la fois.
Et répétition peu esthétique avec la phrase du dessus.

Citer
 c’est imposée
s'est

Citer
Cette décision est venue hier soir me frapper comme une évidence. Comme là fois où en ouvrant la fenêtre de ma chambre j’ai vu ces cimes, je me suis senti attiré, happé par la montagne, moins de deux heures plus tard, après m’être équipé, je me suis retrouvé un peu plus haut que la limite des sapins, des mélèzes.
Alors j'ai un problème de temporalité, qui à mon humble avis, pourrait être résolu par l'emploi du passé simple et du plus-que-parfait.
Tu parles, si j'ai bien compris, de deux décisions impulsives. Celle d'hier et celle de la fois où ton personnage a ouvert sa fenêtre. Sauf que je suis un peu confuse. Tu utilises les mêmes temps pour décrire les deux actions. Or je ne sais plus très bien si ton personnage est parti à chaque fois en direction de la montagne ou une seule fois. A ta place, je me servirais des temps pour cloisonner un peu plus ce souvenir, mais tu peux aussi le clarifier d'une autre manière.

Citer
 pas assez égoïste pour ne penser qu’à moi, pas prêt à marcher sur les autres pour réussir,
Haha je comprends ce que veut dire ton personnage, mais mon avis là dessus est qu'il y a un juste milieu. Ce qui, du coup, me fait dire que ton personnage est jeune voir un peu puéril. Mais je ne sais pas si c'est ton intention. Si c'est le cas, c'est assez réussi car cette déclaration sous-entend son caractère et son âge.

Citer
de nouveaux horizons, de nouvelles destinations, d’ailleurs
C'est peut-être un peu précieux pour ton registre, mais j'aurais bien vu un « d'Ailleurs ». Spéciale casse-dédi à Henri Michaux xD

Citer
Itinéraire d’un enfant gâté, ce film m’a toujours fait rêver ou est-ce Belmondo que j’ai toujours admiré.
Grammaticalement, cette phrase est un peu bancale. Pour un peu marquer le coup, j'aurais morcelé la phrase. Et surtout, je mettrais un point d'interrogation puisque tu utilises la formule interrogative « est-ce ».
Citer
les bras ballant,
Ballant est ici un adjectif, je mettrais donc « ballants ».

Citer
 majorité de suiveurs, d’utilisateurs, de moutons…. 
J'aime bien la gradation, néanmoins j'échangerais les places « d'utilisateurs » et de « suiveurs » : utilisateurs est encore proche du « programme », puis se désagrège en "suiveurs" qui perd son humanité au profit de la bestialité (je vais faire hurler des anti-spécistes moi xD)

Citer
l’éclaire 
L'éclair

Citer
ce peuple de marin, d’explorateur dans le moteur……
Il manque des s :D Il y a plusieurs marins et plusieurs explorateurs dans ce peuple ^^
Un poil trop de points de suspensions. Je te conseille de te limiter à trois. Non pas pour brider ta créativité, mais je trouve qu'en en mettant trop, au lieu de montrer que tu (en tant qu'auteur) t'éloignes des conventions, est, en fait, assez maladroit. Après, c'est mon avis. Pareil pour les points d'exclamations. Si tu as envie d'envoyer valdinguer les conventions d'écriture comme ton personnage s'échappe de son quotidien (n'hésite pas surtout!), ne laisse pas cette responsabilité à la ponctuation seule.

Plus globalement, j'ai un problème avec la temporalité de ton récit. Tu fais deux fois référence à « hier soir ». Pourtant, les actions qui tu as décrit – le personnage prend ses cliques et ses claques – est au présent. Donc on a l'impression que l'idée de partir est venue le soir, mais que c'est seulement le lendemain qui la télécommande est tombée xD Hors je ne pense pas que ça soit le cas. Mon principal conseil, en dehors de toutes ces petites touches de stylistiques et d'orthographe, serait de bien préciser à quel moment parle le narrateur et quand, par rapport à lui, se situe le récit.

Je trouve aussi que tes phrases sont un peu longues alors que souvent, elles énumèrent, elles confrontent les actions, etc. Je pense que tu pourrais faire des phrases plus courtes, un peu plus hachées. Je ne pense pas que tu y perdrais ta patte, mais qu'au contraire, tu laisserais transparaître d'avantage le souffle et l'envie de ton personnage. Comme tu l'as conseillé Hellian.

Et pour mon sentiment personnel : je trouve que ton texte est pas mal et agréable à lire. Il manque un peu de peps ! Ton personnage envoie tout valser ! Il faut que le lecteur le sente !

 


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