J'avais écrit ce texte (un slam pourrait on dire) pour le Mamouth mais j'ai mal lu le règlement

Je le pose ici car j'ai bien envie qu'il soit lu tout de même et critiquer.
Mon tirage au sort m'avais donné le thème suivant: "12 Secondes"
Speed-datingEn sortant du métro, je n’entendais plus aucun bruit
Le piétinement des gens, le roulement des valises
Avaient disparu comme mon argent pour payer la psychanalyse
A moins que ce ne soit mon walkman et la puissance de Vivaldi
Faut dire que j’étais perdu dans mon esprit
Comme si j’allais jouer ma vie en quelques minutes
Perdre ou gagner aussi vite que Lucky Luke
Mais il s’agissait pas des Dalton mais plutôt de rêverie
Tout a commencé il y a quelques jours, un soir plutôt tard
Tard car ce genre de discussion commence jamais tôt
Comme si tu attendais que tu ais couché les gosses et les ados
Pour que ça se finisse dans quelques minutes avec un rencard
On a d’abord échangé un paquet de banalités
J’ai appris qu’elle prenait des cours de kendo
Qu’elle aimait lire, manger des sushi et écouter les oiseaux
En plein Paname je comprenais pas mais ça a dû m’attirer
Maintenant que je suis là au milieu de la foule silencieuse
Je me demande si j’aurais pas dû rester sur mon canapé
Là-bas je suis le roi du monde, personne pour me juger
Mais elle m’a attiré à elle avec son aura mystérieuse
Je sors de la bouche du métro et le soleil m’agresse
A moins que ce ne soit la pollution
Qui me donne cette sensation
D’être dans une ville sombre et qui essaie de noircir mon faciès
« Au café du coin, tu verras c’est facile à trouver »
Mais quand tu débouches sur une place
Des coins y’en a à chaque rue, putain j’ai la poisse
En fait non, réfléchis, regarde les noms tu vas y arriver
Et là, c’était comme une évidence
Elle ne pouvait pas avoir choisi un autre troquet
Après le temps que l’on a passé à discuter
Obligatoirement, elle avait choisi celui-là, ça pouvait pas être une coïncidence
Le moment de la rencontre allait enfin arriver
Aucune idée de ce que j’allais lui dire en la voyant
Je trouverais bien, un sourire, une blague mais en attendant
Derrière mon tee shirt, je crois que mon cœur se mit à déconner
On dit que les 12 premières secondes d’une rencontres sont les plus importantes
La main sur la porte du café, le décompte a commencé
Enfin pas vraiment, car j’ai laissé sortir un couple déguisé
Mais en quoi, je ne pourrais le dire, je crois que mes pensées étaient absentes
En passant le seuil de la porte, j’ai l’ai pris en pleine face
Une incroyable bouffée de chaleur
Mêlée à une torréfaction d’odeurs
Mon pote le petit noir m’a donné une force vivace
Mais j’étais pas là pour faire la revue de la carte des cafés
D’un pas hésitant mais décidé
J’avançais entre les tables, dans les allées
Pour enfin venir vers elle pour la dévisager
Au fond de la salle, pas très loin d’un vieux jukebox
Je l’ai aperçu, les yeux plongés dans un bouquin
Elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup la collection Arlequin
Avec ACDC en fond sonore, ça filait un sacré paradoxe
Il me restait 10 secondes pour faire bonne impression
Et quand elle est sortie de sa lecture
J’ai su que c’était la première ouverture
J’avais la gorge sèche, j’aurais bien commandé une pression
Plus que 8 secondes pour l’impressionner
Trop loin d’elle, je ne pouvais pas l’interpeller
Lui lancer une blague pour voir comment elle réagirait
Alors j’ai sorti un sourire mi carnassier, mi niais
En avançant, je sentais que ma mâchoire se crispait
Le sourire que j’avais devait se transformer en grimace
Un peu comme un escargot qui se transforme en limace
J’espère juste que je vais pas finir à poil comme au lycée
Arrivée près d’elle, le compte à rebours était proche de se terminer
Son sourire était léger mais ses yeux bleus derrière ses lunettes
Donnait envie d’une longue conversation avec cette jolie brunette
En me regardant, avec deux doigts, elle prit le coin de sa page pour la corner
Je sentais que les derniers grains de sable allaient passer de l’autre côté du sablier
Il était temps d’ouvrir la bouche
En espérant que mon haleine ne soit pas louche
Un coucou, un salut, un ca va, je ne sais pas trop ce que je vais essayer
Alors je tente ma chance, « Salut ça va Alizée »
Franchement je suis contant de moi
Même pas un tremblement dans ma voix
Elle me répond : « Daysolay, je ne parlé pas le francé »
Je repousse la chaise devant moi
Il m’a fallu 12 secondes pour tourner les talons
Retrouver Vivaldi, son tumulte de sons
Je demanderai le nom du café, la prochaine fois