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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°10 | T29] Les Tableaux de Monsieur Frimon

Auteur Sujet: [AT n°10 | T29] Les Tableaux de Monsieur Frimon  (Lu 5010 fois)

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[AT n°10 | T29] Les Tableaux de Monsieur Frimon
« le: 04 Septembre 2017 à 15:01:47 »
Les Tableaux de Monsieur Frimon


Trois silhouettes couraient dans le brouillard matinal. Leurs pas résonnaient sur les pavés mal entretenus de la rue, de plus en plus proches. Un tintement d'acier carillonnait à la suite des deux derniers hommes du petit groupe, troublant violemment le silence de la ville encore endormie. On entendit bientôt des cris, dirigés vers le premier des trois. Il courait de toutes ses forces, martelant le sol de son pas lourd. Ses pieds fatigués s'éternisaient toujours un peu plus en frappant les pavés, et l'homme fut rapidement entouré par ses deux poursuivants, qui lui prirent chacun un bras.
Ils s'arrêtèrent tous trois et le silence retrouva sa juste place dans la rue encore embrumée. Les deux poursuivants lâchèrent l'homme, non sans toujours l'entourer de près. Ils lui dirent quelques mots, mais celui-ci ne les écoutait pas, il peinait à reprendre son souffle et regardait d'un œil encore hébété par la course ce qu'il tenait entre ses mains. L'homme avait le visage marqué par l'âge, ses cheveux argentés tombaient en cascade sur ses épaules, auréolant son visage d'un halo rutilant. Ses mains fines mais clairsemées de rides tenaient un tableau.
Un cadre joliment décoré entourait l'œuvre auquel il s'agrippait ; des dorures s'entrelaçaient en volutes précieuses, leurs motifs floraux se mêlant au bois vernis. La peinture elle-même était cependant assez banale, bien qu'on sentît une maîtrise discrète transparaître des détails, qu'une main délicate avait glissés. Là, une courbe audacieuse, ici, un rouge finement choisi, le tout gorgeant la simple scène pastorale d'une subtilité accrochant un regard exercé.
Quand le vieil homme sortit enfin de sa torpeur, le ton de ses poursuivants s'était durci et ils commençaient à vouloir lui prendre le tableau des mains. Ayant recouvré une certaine lucidité, il s'agrippa plus fortement encore à la peinture et se recroquevilla, si bien que les deux hommes jurèrent face à tant de résistance. Ils étaient sur le point de le soulever pour l'emporter avec eux, quand une voix chaleureuse mais autoritaire résonna dans la rue :
« Lâchez-le. » Reconnaissant immédiatement le gêneur impromptu, les deux hommes s'arrêtèrent net et laissèrent leur victime grommeler en s'époussetant tant bien que mal pour retrouver une constance pourtant inutile. Celui qui les avait interrompus était enveloppé dans un riche manteau de fourrure beige, impeccablement brossé, sous lequel ne dépassaient que des bottes de cuir noir parfaitement cirées. Son visage était à l'image de sa voix : doux et intransigeant, le crâne coiffé d'une toque de fourrure. Il reprit la parole, non sans lancer un regard amusé au petit homme qui se débattait pour défroisser sa veste, tout en prenant bien garde à ne pas lâcher le tableau :
« Je suis désolé de la rudesse de mes hommes, Monsieur Frimon, soyez assuré que je les tancerai vertement. J'ose espérer qu'ils ne vous ont pas trop bousculés !
— Ça va, ça va, Grivaldi, bougonna le vieil homme. C'est surtout pour le tableau de mon fils que je m'inquiète, avec de telles manières. Sont-ce des façons de poursuivre ainsi quelqu'un portant un objet si fragile ? Je me demande ce que vos hommes ont dans la caboche parfois, on aurait bien dit qu'ils voulaient me le piquer, tiens.
— Bien sûr, bien sûr, lui répondit son interlocuteur en se rapprochant. »
Les deux hommes regardèrent avec étonnement Grivaldi prendre l'homme par l'épaule, et l'inviter à marcher avec lui, tandis que ses yeux pétillants leur glissait un clin d'œil rassurant. Dans un mouvement de danseur habitué à suivre un ballet mille fois répété, il glissa alors sa main libre derrière le dos de son compagnon, referma ses doigts sur le cadre de bois et le subtilisa à ses mains dans un seul geste, avant de le tendre nonchalamment aux deux gardiens du musée, qui s'éclipsèrent aussitôt. Frimon se laissa déposséder et suivit son guide sans protester, qui l'emmena à travers la ville encore hébétée de sommeil ; un chat traversait parfois la chaussée à la recherche d'un quelconque rongeur à se mettre sous la dent, des commerçants s'affairaient ça et là devant leur boutique, une charrette passait de temps à autre en rebondissant sur les pavés, et les deux hommes arrivèrent sans encombre devant une petite bicoque à la lisière de la ville, au 25 impasse des Roses.
La maison, loin d'être délabrée, laissait cependant paraître le peu d'entretien dont elle bénéficiait ; les tuiles étaient brisées par endroit, les carreaux à peine lavés, mais c'était surtout la décrépitude des malheureuses plantes bordant le bâtiment qui donnait cette impression. La pelouse arborait un jaune ocre, acide même, les fleurs crevaient lentement dans leurs pots, écrasées par le poids de leurs pétales flétris, le seul arbre du jardin s'était recroquevillé, le tronc atrophié, lançant vainement ses quelques branches rabougries vers le ciel dans un terrible effort. Pourtant, le regard de Frimon sembla s'allumer à cette piteuse vision : il lâcha le bras de Grivaldi et s'avança vers la porte en remerciant son guide :
« La maison de mon fils ! Quelle bonne idée ! Je suis désolé de vous laisser, j'ai tant à faire à présent...
— Mais bien entendu, vaquez mon cher, vaquez ! » lui répondit-il avec un sourire triste.
Le conservateur du musée dans lequel le vieil homme avait volé le tableau tourna les talons, et se dirigea vers son établissement. Ayant fait une centaine de mètres, un de ses hommes se porta à sa rencontre. Grivaldi reconnut un des deux gardiens qui avaient arrêté Frimon.
« Je ne me souviens pas vous avoir demandé de me suivre. Enfin je sais ce que vous devez penser : “ Laisser partir sans encombre un voleur et de surcroît le raccompagner jusqu'à chez-lui, M. Grivaldi est fou ! ” Ne bafouillez pas, vous n'êtes pas le premier à me suivre après un vol de M. Frimon, et pas le dernier non plus ! Vous êtes nouveau, je comprends que la situation vous intrigue. Cependant, vous devez bien vous rentrer dans le crâne, et également dans celui de votre collègue, que vous ne pouvez pas utiliser avec M. Frimon les méthodes habituellement réservées aux voleurs, et cela pour deux bonnes raisons. D'abord, il est assez âgé et je ne tiens pas à ce qu'on confonde les gardiens de mon musée avec des tortionnaires de petits vieux. Mais surtout, je ne tiens pas à ce que l'on arrête et violente M. Frimon pour la bonne et simple raison qu'il est l'auteur de ce tableau.
— Mais alors, pourquoi...
— Pourquoi, en effet. Intriguant, n'est-ce pas ? M. Auguste Frimon descend d'une longue lignée de peintres, et il est de loin le plus brillant. Nombre de ses tableaux sont exposés à travers le pays et nous avons l'insigne honneur d'en posséder cinq dans notre collection. Seulement, M. Frimon a depuis plusieurs années la fâcheuse tendance de voler un de ses tableaux tous les lundis matins, à six heures pile. Ne prenez pas cet air étonné, on a tous nos lubies. Surtout que celle-là se justifie pleinement, quand on connaît le malheureux bonhomme. La retenue m'impose cependant de ne pas vous en dire plus, ainsi, je vous demanderai simplement de me croire sur parole et d'être vigilant dans votre, désormais hebdomadaire, « rendez-vous sportif » du lundi matin. »

Monsieur Frimon avait fermé sa porte et attendit à la fenêtre, veillant à ce que les deux hommes qui l'avaient accompagné – plus ou moins ouvertement – se soient assez éloignés. Il ne s’offusqua pas de la présence du gardien : à vrai dire, il ne le remarqua pas vraiment, trop occupé à guetter le départ de Grivaldi. Car il savait bien ce qui se cachait derrière son sourire affable et sa face bonhomme. Ses yeux ne mentaient pas. Des yeux intéressés, des yeux de rapaces. Le conservateur du musée en voulait aux tableaux de son fils, il en était certain.
Le vieil homme fit volte-face et s'arrêta, admirant un instant les murs de son humble demeure. Ce n'était pas le papier peint à moitié décollé et la peinture boursoufflée qui lui faisaient cet effet, mais bien les dizaines de tableaux exposés, pour la plupart maintenus par un simple clou, menaçant à tout instant de s'écraser au sol. Il contempla avec satisfaction ces peintures, embrassant du regard leur multitude. Cependant, son œil ne pouvait s'empêcher de toujours revenir au même endroit, inéluctablement attiré par la peinture qui lui faisait face. Hormis son cadre finement ciselé, à l'image de celui qu'il avait tenté de dérober dans la matinée, elle n'avait pourtant rien d'admirable. Son sujet, un bateau de pêcheur perdu dans des flots rageurs, jurait avec les scènes paisibles des autres œuvres. Les couleurs choisies, vives, presque criardes, manquaient d'harmonie et laissaient apparaître le mauvais goût de son auteur, ou, plutôt que son mauvais goût, son inexpérience. Oui, le tableau portait en lui quelque chose de juvénile. Les traits étaient tracés rapidement, chaque coup de pinceau, chaque imperfection de l'œuvre picturale trahissaient une fougue encore mal contrôlée. À la vue du tableau, Frimon sentit ses yeux s'embuer légèrement, très légèrement, des larmes ténues, nées d'une émotion qui lui semblait appartenir à un passé lointain. Le vieil homme passa vite sa manche sur son visage, pour chasser cette douleur fugace. Toutes les œuvres accrochées appartenaient à son fils pourtant, toutes sans exception. Il se sentait stupide de ressentir quelque chose de particulier pour celle-ci. Il ne se souvenait même plus pourquoi elle était si bien encadrée d'ailleurs. Il règlerait ça demain.
Cela faisait longtemps que le jeune ingrat ne lui avait rien envoyé, au fait... Avec une fébrilité contenue, le vieil homme se dirigea vers une petite commode, placée dans l'entrée. Il ouvrit le premier tiroir et farfouilla dans la masse de papiers et de pinceaux en tous genres qui emplissait le meuble. Sa main s'approcha d'un des outils de peintre, presque machinalement. Cependant, avant qu'elle se referme, l'éclat métallique d'une petite clé attira son regard, juste derrière l'objet. Ses doigts s'en éloignèrent et prirent la clé. Frimon n'y avait pas fait attention et il se détourna pour ouvrir la porte d'entrée. L'air extérieur s'était échauffé depuis sa course de tout à l'heure, mais de violentes bourrasques firent frissonner le vieil homme. Il entoura sa poitrine de ses bras, tenant toujours la clé serrée dans sa main droite et fit quelques pas, plongeant son regard méfiant dans la rue déserte. Une boîte aux lettres attaquée par la rouille était montée sur un simple pieu de bois. Si bien qu'elle menaçait d'être emportée à chaque rafale et que Frimon aurait été tenté de la replanter si cela ne faisait pas dix ans qu'elle tenait ainsi, ballotée par le vent. Sa main trembla un peu lorsqu'il glissa la clé dans la serrure. Il la tourna avec difficulté et la porte s'ouvrit dans un grincement. Vide. Frimon referma la porte avec un soupir.

*
*      *

Un vent glacé venait agiter les herbes hautes qui garnissaient le pourtour de la tombe. Le marbre était craquelé par endroit, laissant à une mousse noirâtre la joie de s'insinuer dans ses imperfections, dorlotée par l'abri muet de la pierre. Un nom à peine lisible était inscrit sur le catafalque moisi. On ne distinguait que les premières lettres du prénom : A, U, G. Le nom était cependant parfaitement déchiffrable, comme épargné par les intempéries. «Frimon».
Grivaldi tenait sa toque de fourrure contre sa poitrine, la tête basse et les yeux clos, en méditation. Le froid n'atteignait pas son visage habitué aux rudesses de l'hiver et il resta là un moment, immobile. La bruine qui commença à tomber l'arracha de son recueillement. Il rouvrit les yeux et replaça son chapeau sur sa tête. Il extirpa une montre de la poche de son manteau. Six heures moins dix. Il était temps, le musée n'était pas tout près. Il se mit en route sans vraiment y songer, d'un pas mécanique, habitué à ce manège navrant.
On était lundi.

*
*      *

Les rideaux de chez M. Frimon étaient tirés, si bien que les rayons du soleil couchants peinaient à se frayer un chemin dans la masure du vieil homme. On aurait pu croire la maison abandonnée, tant aucun son, aucun mouvement, aucun signe de vie ne filtrait à l'extérieur, bien cachés derrière les rideaux molletonnés. Cependant, au fond du bâtiment, dans la pièce la plus éloignée de la rue, quelqu'un s'affairait. Une seule fenêtre l'éclairait, complètement ouverte, donnant sur les champs à l'extérieur de la ville. Un petit chevalet était dressé au centre de la pièce, trônant royalement au milieu de la mince pellicule de poussière qui recouvrait le parquet. L'atelier n'avait pas été visité depuis quelques temps.
Assis devant le chevalet, M. Frimon peignait. Son pinceau courait sur la toile, avec toute l'habilité que pouvaient faire naître soixante ans de pratique. De nouvelles arabesques germaient sous les doigts du peintre, se tortillaient en grandes circonvolutions, fleurissaient en volutes de couleurs vives. Et tout à coup, elles prenaient forme. La scène se dessinait petit à petit, les enchevêtrements de courbes et de lignes gagnaient un sens, sans toutefois éclipser le fourmillement palpitant formé par leurs chevauchements, faisant grouiller de vie chaque détail du tableau.
Quiconque serait entré dans la pièce à cet instant n'aurait pas reconnu le vieil homme. Les yeux suspicieux, le dos courbé, la taille ratatinée avaient disparu, il paraissait plus jeune, plus frais. Et pourtant c'était bien lui. Quand il eut fini, il soupira de plaisir en contemplant son œuvre. Il essuya son pinceau et le trempa dans un petit pot de peinture noire. S'approchant du coin droit de la toile, il signa. En grandes lettres noires, se détachant du fond, on pouvait clairement lire le nom tracé sur le tableau. « Augustin Frimon ».
Quelques heures plus tard, M. Frimon enveloppa soigneusement le tableau de trois torchons blancs et glissa le tout dans un carton, sans même prendre soin de le fixer dans un cadre. Il prit un stylo qui trainait dans sa poche, et d'une main tremblotante, écrivit l'adresse : « 25 impasse des Roses ». Il avait refermé son atelier, la clé sur la porte. Le colis sous le bras, il repassa devant la pièce, oubliant déjà ce qu'elle contenait. Il ne se posa pas très longtemps la question, se dirigeant d'un pas décidé vers la porte. Là, il franchit le seuil en portant une attention quasi-religieuse à son paquet et obliqua vers la poste de la ville, sa porte soigneusement verrouillée.
L'impasse des Roses, bien qu'elle soit éloignée du centre-ville, était assez proche de la plupart des services de la cité : sous-préfecture, hôpital, et bien sûr, poste. Ainsi M. Frimon arriva-t-il vite devant le bâtiment jaune. Le colis déposé au guichet, il s'en alla sans un mot pour le fonctionnaire étonné. Il rentra sans tarder chez lui, se débarrassa de son manteau et s'installa dans le fauteuil du salon. Une pensée effleura alors son esprit. Cela faisait bien longtemps que son fils ne lui avait pas envoyé un de ses tableaux.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #1 le: 08 Septembre 2017 à 14:45:31 »
J'ai eu du mal à entrer dans le texte car il est écrit d'une manière très classique. On a l'impression de se trouver dans une autre époque. Celle du portrait de Dorian Gray peut-être. Mais finalement j'y suis entrée et j'ai même eu très envie de le lire jusqu'à la fin car l'histoire m'a emportée. Merci pour le partage.

Hors ligne ernya

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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #2 le: 10 Septembre 2017 à 15:07:39 »
Bonjour,


Citer
On entendit bientôt des cris, dirigés vers celui qui précédait les deux autres.
je trouve la relative un peu lourde


Citer
« Je suis désolé de la rudesse de mes hommes, Monsieur Frimon, soyez assuré que je les tancerait vertement.
tancerai


Citer
« La maison de mon fils ! Quelle bonne idée ! Je suis désolé de vous laisser, j'ai tant à faire à présent...
— Mais bien entendu, vaquez mon cher, vaquez ! lui répondit-il avec un sourire triste. »
les guillemets sont à refermer avant l'incise

Citer
Grivaldi reconnut un des deux gardes qui avait arrêté Frimon.
avaient, non ?

Bon, je n'ai pas tout compris à ton texte, il faudrait que je le relise plus tard à tête reposée. Je me suis embrouillée dans les Auguste/Augustin, la musée et la poste.
Le traitement du thème me semble néanmoins intéressant, tu joues sur les différents sens de la ligne de fuite, c'est intéressant.
J'ai eu un peu de mal au début avec ton style que je trouvais assez lourd. Pour moi, tu t'embêtais souvent dans des détails inutiles (par exemple, la mention des hommes qui jurent ou qui le lâchent, ça n'apporte rien de plus à l'action et ça alourdit, à mes yeux, tes phrases). J'ai aussi tiqué de temps à autres sur la multitude d'adjectifs, mais rien de bien méchant. Je n'agis pas écrit les choses de cette façon-là, c'est tout.
Bref, ce fut une bonne lecture et je veux bien quelques explications en spoiler pour mieux cerner ce monsieur Frimon.  ^^
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #3 le: 10 Septembre 2017 à 18:37:54 »
Salut Thyzaïa

Citer
J'ai eu du mal à entrer dans le texte car il est écrit d'une manière très classique. On a l'impression de se trouver dans une autre époque.
Effectivement, il y a une part de voulu et une part d'influence de ce que je lisais au moment de l'écrire. Mais si cela ne gène pas la lecture une fois habitué, ça va.

Merci pour ton commentaire.



Salut ernya !

Citer
On entendit bientôt des cris, dirigés vers celui qui précédait les deux autres.
je trouve la relative un peu lourde
Effectivement. On entendit bientôt des cris, dirigés vers le premier ds trois. ?

Citer
Grivaldi reconnut un des deux gardes qui avait arrêté Frimon.

avaient, non ?
Certes.

Bon, je n'ai pas tout compris à ton texte, il faudrait que je le relise plus tard à tête reposée. Je me suis embrouillée dans les Auguste/Augustin, la musée et la poste.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


J'ai eu un peu de mal au début avec ton style que je trouvais assez lourd. Pour moi, tu t'embêtais souvent dans des détails inutiles (par exemple, la mention des hommes qui jurent ou qui le lâchent, ça n'apporte rien de plus à l'action et ça alourdit, à mes yeux, tes phrases). J'ai aussi tiqué de temps à autres sur la multitude d'adjectifs, mais rien de bien méchant. Je n'agis pas écrit les choses de cette façon-là, c'est tout.
Pour ce qui est détails que tu as jugé inutiles, je peux comprendre, mais ils aident pour moi à mieux dessiner la scène, tout simplement. Mais c'est peut-être maladroit, à voir. Les adjectifs, eh bien c'est vrai que j'en utilise pas mal. Tu as juste tiqué, ou cela t'as vraiment gêné dans ta lecture ?

Merci beaucoup pour cette lecture attentive  :)
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #4 le: 10 Septembre 2017 à 18:46:41 »
Non, ça passe pour les adjectifs. Ca reste une lecture agréable :)
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #5 le: 13 Septembre 2017 à 13:36:16 »
Cher auteur !

J'ai beaucoup aimé ton texte, l'idée de la ligne de fuite picturale et psychologique, le style riche et les phrases bien tournées. Je trouve la construction narrative efficace. Je me pose néanmoins une question sur l'histoire :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Petite remarque: ton titre dévoile beaucoup de chose je trouve, même s'il est bien trouvé. Personnellement, j'aurais mieux aimé lire un titre "Les tableaux de M. Frimon" et découvrir avec plus de force les chimères du personnage par moi-même. Là j'ai eu l'impression qu'on me prenait par la main et qu'on me donnait déjà la clef de lecture alors que la fin explique tout (ou presque, voir Spoiler ^^)

Concernant le début : J'ai trouvé que le premier paragraphe avec les pas était trop long, trop détaillé. Tu as un style riche et des phrases longues, toujours "pleines" d'adjectifs et de précisions : soyons clairs, j'aime ce style, je le trouve bien maîtrisé de plus ici. Mais, entrer dans une histoire avec un tel ralenti sur les pas et une telle marée d'information avant de comprendre la situation me paraît être une erreur. Pour la suite, ça se justifie car ce sont grâce aux petits détails que le lecteur va comprendre les chimères du personnage. Mais l'entrée en matière est beaucoup trop lente et lourde pour moi ! D'autant que la poursuite par les gardiens n'a quasiment aucune importance pour l'histoire ! Seul M.Frimon est important et en second plan Grivaldi. Cette poursuite qui démarre l'histoire reste pour moi une scène secondaire qui n'a pas besoin d'être autant mise en avant ! De plus, en l'allégeant, cela rendra bien plus efficace les descriptions minutieuses qui suivront autour de la peinture, du tableau et des détails de ligne, des personnages.

Petite incohérence selon moi :

Citer
il glissa alors sa main libre derrière le dos de son compagnon, referma ses doigts sur le cadre de bois et le subtilisa à ses mains dans un seul geste, avant de le tendre nonchalamment aux deux gardes du musée, qui s'éclipsèrent aussitôt. Frimon ne remarqua rien et suivit son guide,

Ici, je tique un peu ! Comment Monsieur Frimon peut-il ne pas s'apercevoir qu'il ne tient plus le tableau ???
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
du lundi matin. » Le garde du musée lança un regard vers la maison du peintre, se demandant quel drame ou mystère pouvait bien être à l'origine du manège auquel il était bien malgré lui mêlé, avant de se détourner, craignant d'être distancé par les pas rapides du conservateur.

Après la fin d'un dialogue, il est coutumier d'aller à la ligne pour le retour à la narration.

Citer
rapprochant. » Les deux hommes regardèrent
idem

Citer
Le garde du musée
Garde m'a fait drôlement bizarre : pourquoi ne pas dire "gardien du musée" ?

Citer
cependant vite de son recueillement.

J'ai aussi tiqué ! vite ? Comment ça vite ? Cela fait ironique et casse énormément la scène pathétique. Pour moi, ce vite est inutile et même dérangeant niveau sens. "cependant de son recueillement" est très bien, sans rien de plus.

Citer
Quiconque serait rentré dans la pièce à cet instant n'aurait pas reconnu le vieil homme.

serait rentré : beaucoup de "rrrrrrrr" et plus juste sémantiquement "serait entré" plutôt que rentré.



Voilà, j'espère que mes remarques pourront t'aider. Je trouve ton texte agréable et fait avec maîtrise.

Dernière petite remarque :

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Edel
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #6 le: 13 Septembre 2017 à 21:01:54 »
Bonsoir Edel Weiss !

Tout d'abord, merci pour ce commentaire très détaillé. Je ne pourrais rien retravailler profondément avant ce week-end, mais je ferais mon possible le moment venu.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Petite remarque: ton titre dévoile beaucoup de chose je trouve, même s'il est bien trouvé. Personnellement, j'aurais mieux aimé lire un titre "Les tableaux de M. Frimon" et découvrir avec plus de force les chimères du personnage par moi-même. Là j'ai eu l'impression qu'on me prenait par la main et qu'on me donnait déjà la clef de lecture alors que la fin explique tout (ou presque, voir Spoiler ^^)
Effectivement, je vais modifier ça dès maintenant, ton idée me paraît bonne.

Citer
Concernant le début : J'ai trouvé que le premier paragraphe avec les pas était trop long, trop détaillé. Tu as un style riche et des phrases longues, toujours "pleines" d'adjectifs et de précisions : soyons clairs, j'aime ce style, je le trouve bien maîtrisé de plus ici. Mais, entrer dans une histoire avec un tel ralenti sur les pas et une telle marée d'information avant de comprendre la situation me paraît être une erreur. Pour la suite, ça se justifie car ce sont grâce aux petits détails que le lecteur va comprendre les chimères du personnage. Mais l'entrée en matière est beaucoup trop lente et lourde pour moi ! D'autant que la poursuite par les gardiens n'a quasiment aucune importance pour l'histoire ! Seul M.Frimon est important et en second plan Grivaldi. Cette poursuite qui démarre l'histoire reste pour moi une scène secondaire qui n'a pas besoin d'être autant mise en avant ! De plus, en l'allégeant, cela rendra bien plus efficace les descriptions minutieuses qui suivront autour de la peinture, du tableau et des détails de ligne, des personnages.
En fait, en réfléchissant à l'histoire, j'avais ce début bien en tête. Mais il est possible que cela soit trop lent effectivement, cela rejoint un peu les remarques d'ernya. Je vais y réfléchir.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Citer
cependant vite de son recueillement.
J'ai aussi tiqué ! vite ? Comment ça vite ? Cela fait ironique et casse énormément la scène pathétique. Pour moi, ce vite est inutile et même dérangeant niveau sens. "cependant de son recueillement" est très bien, sans rien de plus.
"vite" est tout à fait inutile voire contre-productif, je suis d'accord.

Citer
Citer
Quiconque serait rentré dans la pièce à cet instant n'aurait pas reconnu le vieil homme.
serait rentré : beaucoup de "rrrrrrrr" et plus juste sémantiquement "serait entré" plutôt que rentré.
Ouip, je vais changer ça.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci pour ce commentaire encore une fois, et pour cette lecture approfondie :)
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Re : [T29 Poule 3] Les Chimères de Monsieur Frimont
« Réponse #7 le: 13 Septembre 2017 à 21:28:56 »
Si tu cites le seigneur des anneaux, je m'incline :p


Je suis d'accord avec tes remarques sur le
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci à toi d'avoir répondu à mes remarques et questions !

Courage pour la reprise du début ;)

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur frimon
« Réponse #8 le: 14 Septembre 2017 à 19:38:13 »
Salut,

Je trouve ce texte intéressant et bien écrit. J'avoue avoir eu de la peine à le lire jusqu'au bout et ma lecture n'a pas toujours été très fluide, mais c'est très subjectif et ça dépend de beaucoup de facteurs (y compris mon état de fatigue ou mon humeur  :mrgreen:).

Le style est assez classique mais je ne trouve pas ça gênant et ça va bien avec l'histoire. C'est bien écrit. J'ai parfois eu l'impression que certaines descriptions n'étaient pas nécessaires dans un texte de ce type (par exemple la description très détaillée de la maison de M. Frimon). J'ai aussi eu l'impression dans certains passages qu'il y avait une abondance d'images et de termes visant à enjoliver le texte, mais sans que j'y trouve vraiment une ligne globale ou une logique (c'est détaillé ci-dessous).

Le thème est traité de façon remarquable, je n'ai rien à dire là-dessus.

L'intrigue est bien menée, on se demande jusqu'à la fin de quoi il s'agit. Effectivement en cours de route il y a quelques passages surprenants (notamment le fait déjà relevé que M. Frimon ne remarque pas quand le conservateur lui reprend le tableau) mais ils s'éclairent à la fin du texte.

Des remarques plus précises:



— Pourquoi, en effet. Intriguant, n'est-ce pas ? M. Auguste Frimon descend d'une longue lignée de peintre,

peintres

elle n'avait pourtant rien d'admirable. Son sujet, un bateau de pêcheur perdu dans des flots rageurs jurait

Il me semble qu'il faudrait une virgule après "rageait"

mauvais goût de son auteur, ou, plutôt que son mauvais goût, son inexpérience. Oui, le tableau portait en lui quelque chose de juvénile.

Je me demande si le second italique est nécessaire, juste après le premier.

s'était échauffé depuis sa course de tout à l'heure,

L'expression "tout à l'heure" est un peu étrange, car il me semble qu'elle devrait être utilisée dans un texte écrit à la première personne du singulier ou au présent, ou à la rigueur dans du discours indirect libre, ce qui n'est pas le cas ici.

Il entoura sa poitrine de ses bras, tenant toujours la clé serrée dans sa main droite, et fit quelques pas, plongeant son regard dans la rue déserte d'un air méfiant.

Il pourrait être judicieux de séparer cette phrase en deux (avant "fit quelques pas"). La fin de la phrase est également un peu lourde, on pourrait par exemple supprimer "d'un air méfiant" et simplement dire "son regard méfiant" juste avant.


Une boîte aux lettres attaquée par la rouille était montée sur un simple pieu de bois, si bien qu'elle menaçait d'être emportée à chaque rafale et que Frimon aurait été tenté de la replanter si cela ne faisait pas dix ans qu'elle tenait ainsi, ballotée par le vent.


Cette phrase aussi est un peu lourde. Après le "si bien que" il y a deux phrases avec deux sujets différents.

Sa main trembla un peu quand il glissa la clé dans la serrure.

Vu le style plutôt classique que tu as adopté pour ce texte je trouve que "lorsque" passerait mieux que "quand".

Un vent glacé venait agiter les herbes hautes qui garnissaient le pourtour de la tombe. Le marbre était craquelé par endroit,

par endroits?

laissant à une mousse noirâtre la joie de s'insinuer dans ses imperfections, dorlotée par l'abri muet de la pierre.

 :coeur:

Les rideaux de chez M. Frimon étaient tirés, si bien que les rayons du soleil couchants peinaient à se frayer un chemin dans la masure du vieil homme. On aurait pu croire la maison abandonnée, tant aucun son, aucun mouvement, aucun signe de vie ne filtrait à l'extérieur, bien cachés derrière les
rideaux molletonnés. Cependant, au fond du bâtiment, dans la pièce la plus éloignée de la rue, quelqu'un

Il y a un retour à la ligne de trop après "derrière les"

Assis devant le chevalet, M. Frimon peignait. Son pinceau courrait sur la toile, avec toute l'habilité que pouvaient faire naître soixante ans de pratique. De nouvelles arabesques germaient sous les doigts du peintre, se tortillaient en grandes circonvolutions, fleurissaient en volutes de couleurs vives. Et tout à coup, elles prenaient forme. La scène se dessinait petit à petit, les enchevêtrements de courbes et de lignes gagnaient un sens, sans toutefois éclipser le fourmillement palpitant formé par leurs chevauchements, faisant grouiller de vie chaque détail du tableau.

On a l'impression que tu as voulu t'amuser avec le vocabulaire dans ce paragraphe en mettant tout un tas d'expression imagées et élaborées. J'ai eu de la peine à visualiser tout cela, et je ne trouve pas vraiment de logique globale à ce paragraphe. C'est comme si je voyais une succession de fleurs, chacune jolie mais toutes différentes, sans progression, sans ligne, sans agencement global.

L'impasse des Roses, bien qu'elle soit éloignée du centre-ville était curieusement assez proche de la plupart des services de la cité :

Virgule après "curieusement"

Merci pour le partage, et bonne chance !

Chapart

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur frimon
« Réponse #9 le: 16 Septembre 2017 à 21:29:15 »
Salut Mout !

Citer
doux et intransigeant, le crâne coiffé d'une toque de fourrure, elle aussi.

Je ne vois pas à quoi se rapporte elle aussi.

Citer
La maison était loin d'être délabrée, laissant cependant paraître le peu d'entretien dont elle bénéficiait ;

le participe présent alourdit beaucoup cette phrase.
Proposition : la maison, loin d'être délabrée, laissait
Tu as deux fois laisser en deux lignes, d'ailleurs

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Un vent glacé venait agiter les herbes hautes qui garnissaient le pourtour de la tombe. Le marbre était craquelé par endroit, laissant à une mousse noirâtre la joie de s'insinuer dans ses imperfections, dorlotée par l'abri muet de la pierre. Un nom à peine lisible était inscrit sur le catafalque moisi. On ne distinguait que les premières lettres du prénom : A, U, G. Le nom était cependant parfaitement déchiffrable, comme épargné par les intempéries. «Frimon».
Grivaldi tenait sa toque de fourrure contre sa poitrine, la tête basse et les yeux clos, en méditation. Le froid n'atteignait pas son visage habitué aux rudesses de l'hiver et il resta là un moment, immobile. La bruine qui commença à tomber l'arracha de son recueillement. Il rouvrit les yeux et replaça son chapeau sur sa tête. Il extirpa une montre de la poche de son manteau. Six heures moins dix. Il était temps, le musée n'était pas tout près. Il se mit en route sans vraiment y songer, d'un pas mécanique, habitué à ce manège navrant.
On était lundi.

Chouette paragraphe

Citer
Les rideaux de chez M. Frimon étaient tirés, si bien que les rayons du soleil couchants peinaient à se frayer un chemin dans la masure du vieil homme. On aurait pu croire la maison abandonnée, tant aucun son, aucun mouvement, aucun signe de vie ne filtrait à l'extérieur, bien cachés derrière les
rideaux molletonnés

Ptit bug de mise en page ?

Pas mal de répétitions dans le dernier paragraphe, j'ai trouvé.

Texte assez sympa, sans plus. Je me suis assez vite douté de ce qu'il y avait, c'est un peu dommage, je crois.
"We think you're dumb and we hate you too"
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur Frimon
« Réponse #10 le: 17 Septembre 2017 à 14:27:06 »
Salut Chapart

mauvais goût de son auteur, ou, plutôt que son mauvais goût, son inexpérience. Oui, le tableau portait en lui quelque chose de juvénile.

Je me demande si le second italique est nécessaire, juste après le premier.
Yep, je suis du même avis.

s'était échauffé depuis sa course de tout à l'heure,

L'expression "tout à l'heure" est un peu étrange, car il me semble qu'elle devrait être utilisée dans un texte écrit à la première personne du singulier ou au présent, ou à la rigueur dans du discours indirect libre, ce qui n'est pas le cas ici.
Le problème, c'est que je ne vois pas exactement quoi mettre à la place de tout à l'heure.

Assis devant le chevalet, M. Frimon peignait. Son pinceau courrait sur la toile, avec toute l'habilité que pouvaient faire naître soixante ans de pratique. De nouvelles arabesques germaient sous les doigts du peintre, se tortillaient en grandes circonvolutions, fleurissaient en volutes de couleurs vives. Et tout à coup, elles prenaient forme. La scène se dessinait petit à petit, les enchevêtrements de courbes et de lignes gagnaient un sens, sans toutefois éclipser le fourmillement palpitant formé par leurs chevauchements, faisant grouiller de vie chaque détail du tableau.

On a l'impression que tu as voulu t'amuser avec le vocabulaire dans ce paragraphe en mettant tout un tas d'expression imagées et élaborées. J'ai eu de la peine à visualiser tout cela, et je ne trouve pas vraiment de logique globale à ce paragraphe. C'est comme si je voyais une succession de fleurs, chacune jolie mais toutes différentes, sans progression, sans ligne, sans agencement global.
Là je ne suis pas vraiment d'accord. "germaient", "tortillaient", "fleurissaient", fourmillement palpitant", "grouiller de vie". Ça me paraît avoir une certaine logique. Pareil pour "arabesque", "circonvolutions", "courbes" et "chevauchements", "enchevêtrements". Faudra que tu m'explique pourquoi ça donne cette impression, je vois pas comment ça peut paraître sans logique globale ^^

Merci pour ton commentaire, je vais essayer de reprendre tout ça aujourd'hui :)



Salut Loïc

Citer
doux et intransigeant, le crâne coiffé d'une toque de fourrure, elle aussi.

Je ne vois pas à quoi se rapporte elle aussi.
Au manteau, mais ce n'est pas très utile.

Citer
La maison était loin d'être délabrée, laissant cependant paraître le peu d'entretien dont elle bénéficiait ;

le participe présent alourdit beaucoup cette phrase.
Proposition : la maison, loin d'être délabrée, laissait
Tu as deux fois laisser en deux lignes, d'ailleurs
Je prend, je voyais pas comment éviter la surabondance de "mais" sans ça, mais c'était tout bête en fait ><

Texte assez sympa, sans plus. Je me suis assez vite douté de ce qu'il y avait, c'est un peu dommage, je crois.
C'est dommage effectivement. Mais le texte ne repose pas vraiment que sur cet aspect intriguant (il y a quand même pas mal d'indices). Si c'est à cause du fait que tu ai un peu deviné de l'histoire que ta lecture n'ai pas été si bonne, c'est qu'il y a un truc qui cloche.

Merci pour ta lecture en tout cas, même si elle ne t'a pas vraiment marqué  ^^
« Modifié: 17 Septembre 2017 à 14:37:55 par Mout »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur Frimon
« Réponse #11 le: 17 Septembre 2017 à 15:05:22 »
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   doux et intransigeant, le crâne coiffé d'une toque de fourrure, elle aussi.


    Je ne vois pas à quoi se rapporte elle aussi.

Au manteau, mais ce n'est pas très utile.

Du coup je crois que ta virgule est mal placée : elle devrait être toque (le crâne coiffé d'une toque, de fourrure elle aussi).

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur Frimon
« Réponse #12 le: 18 Septembre 2017 à 16:47:41 »
Salut,

Je n'ai qu'un accès internet depuis mon téléphone ce qui rend compliqué la possibilité de citer ton message. Tu m'as demandé des précisions concernant le passage où il peint dont je ne percevais pas bien ma ligne... tu m'as répondu en citant une liste de termes, mais je ne vois toujours pas quelle est la ligne qui se dégage de ça. J'ai conscience de ne pas être très clair et je vais essayer de détailler un peu : je ne comprends pas bien ce que ce passage nous dit du personnage, et comment tous ces jolis mots que tu emploies s'inscrivent dans la continuité du texte. Que cherches-tu à nous faire comprendre / ressentir / percevoir / ... à ce moment-là sur le personnage ? Mon impression est la suivante en le lisant : tu as voulu décrire le peintre à l'oeuvre et tu as voulu te faire plaisir en utilisant des expressions élaborées et une langue travaillée, ce qui donne un passage joli à lire quand on l'extrait du texte, mais je trouve qu'il brise la continuité au niveau du style sans m'apporter une information nouvelle ou un ressenti qui le justifierait.

Voilà, j'espère que je suis plus clair.

Bonne journée à toi

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur Frimon
« Réponse #13 le: 18 Septembre 2017 à 19:17:51 »
Bonsoir Chapart,

Effectivement, je vois mieux ce que tu veux dire. La rupture créée par ce passage me semble assez justifiée en fait. M. Frimon n'est pas dans le même état que dans le reste du texte, il redevient pendant un court instant ce qu'il était avant la mort de son fils, il est normal que cette virtuosité et cette vigueur se sentent dans les images aussi, non ? Justement, les mots ne sont pas vraiment dans la continuité du texte, comme le passage dans la narration en fait. Certes, j'ai voulu me faire plaisir, mais cela ne me paraît pas totalement gratuit non plus (et puis à vrai dire ce n'est pas le passage où je me suis fais le plus plaisir ^^).
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : [T29 Poule 3]Les Tableaux de Monsieur Frimon
« Réponse #14 le: 18 Septembre 2017 à 20:40:02 »
Salut Mout !

Détails :

Citer
Les deux poursuivants lâchèrent l'homme, non sans l'entourer d'un peu plus près.
ils le lâchent mais sont plus près ? je capte pas

Citer
il peinait à reprendre son souffle et regardait d'un œil encore hébété par la course ce qu'il tenait entre ses mains.
en trop à mon avis

Citer
ses cheveux argentés tombaient en cascade sur ses épaules, auréolant son visage d'un halo rutilant.
un peu cliché, non ?

Citer
La peinture en elle-même était cependant assez banale,
à mon avis

Citer
Frimon ne remarqua rien et suivit son guide,
pourquoi ne remarque-t-il rien ?
(en deuxième lecture, je dirais qu'il faut changer le verbe "remarquer" et laisser entendre que bizarrement il ne réagit pas)

Citer
les tuiles du toit étaient brisées par endroit, les carreaux des fenêtres à peine lavés,
à mon avis

Citer
M. Grivaldi est fou ! ”.
le point est en trop

Citer
Le gardien lança un regard vers la maison du peintre, se demandant quel drame ou mystère pouvait bien être à l'origine du manège auquel il était bien malgré lui mêlé, avant de se détourner, craignant d'être distancé par les pas rapides du conservateur.
peut-être en trop, ça

Citer
et laissaient apparaître le
mauvais goût de son auteur, ou, plutôt que son mauvais goût, son inexpérience.
retour ligne en trop

Citer
qui lui semblait appartenir à un passée lointain.
passé

Citer
Ses doigts s'en éloignèrent et prirent la clé. Frimon n'avait pas fait attention au mouvement de ses doigts,
ses doigts x2 pas génial

Citer
Son pinceau courrait sur la toile,
courait

Citer
Assis devant le chevalet, M. Frimon peignait. Son pinceau courrait sur la toile, avec toute l'habilité que pouvaient faire naître soixante ans de pratique. De nouvelles arabesques germaient sous les doigts du peintre, se tortillaient en grandes circonvolutions, fleurissaient en volutes de couleurs vives. Et tout à coup, elles prenaient forme. La scène se dessinait petit à petit, les enchevêtrements de courbes et de lignes gagnaient un sens, sans toutefois éclipser le fourmillement palpitant formé par leurs chevauchements, faisant grouiller de vie chaque détail du tableau.
très chouette passage

Citer
Quelques heures plus tard, M. Frimon enveloppa soigneusement le tableau de trois torchons blancs et glissa le tout dans un carton, sans même prendre soin de le fixer dans un cadre.
détail très con et pratique, à moins qu'il ne peigne à l'acrylique ou à l'aquarelle, quelques heures plus tard, sa peinture n'est pas sèche (bref, si c'est de l'huile quoi)

Globalement :

J'ai bien aimé ce côté suranné du style qui colle au personnage. La délicatesse avec laquelle l'histoire se dévoile peu à peu est chouette. Quelques élagages me semblent nécessaires, mais c'est une question de goût, ernya l'a dit avant moi :)

Bonne continuation
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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