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Auteur Sujet: Le maître du Haut Mal  (Lu 681 fois)

Hors ligne colombo1965

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Le maître du Haut Mal
« le: 25 Août 2017 à 21:19:59 »
Mon mental m'envahit. Il s'immisce jusqu'au bout des doigts et me mord la vie. J'ai décidé d'y mettre un terme. J'ai décidé de le rencontrer et je l'ai mis en garde. D'autant qu'il ne m'a pas adressé la parole en me croisant dans le couloir. C'était un matin pourtant. L'heure à laquelle on se salue. Il m'a laissé tout pantois et seul.  Peut être sentait- il la montée du délire et que cela l'a amusé. En toute chose qui me concerne, il est responsable de ma vie. Je ne peux ni me défendre, ni occulter sa présence. Il a pris possession de mon être et il est coupable d'avoir tronqué mon altérité. Je suis sa proie,  et sa victime. Entendons nous bien ! Je le suis, je le vois : de ma place, j'observe ses machinations, ses desseins machiavéliques. Mon bourreau, c'est lui, c'est l'autre. Je suis l'autre ! Je m'observe à travers son regard, je vis ma vie à travers la sienne. Les deux finissent par se confondre.

Le matin, je m'observe dans la glace de la salle de bains et je sais qu'il est ici. Il s'est levé en même temps que moi, s'est habillé de mes vêtements, a bu mon café... me laissant subir son joug et sa présence. Il y a peu de temps durant lequel il disparaît. Cette existence est une souffrance. Une souffrance et une joie en même temps, car grâce à lui, j'ai la vie la plus formidable qui soit. Je voyage dans le monde entier, je dépense sans compter, je fais des rencontres, je profite des moments. Je mène une existence unique. Il m'arrive de croiser d'autres enjominés, on discute de tout et de rien.  On n'invite pas chez soi une personne bien connue dont on sait les mauvaises intentions. Je sais qu'il me veut du mal, qu'il ne me laissera pas en paix. J'en ai parlé autour de moi, on m'a conseillé d'écrire pour exorciser ce mal être.Tout sera pardonné au nom du style. Le style excuse tout.

Comment rencontrer le maître du Haut Mal ? Lui signifier ce que je pense ? L'extérioriser ? Autant de questions que nous nous posons l'un et l'autre, face à face devant un miroir déformé qui traine dans une vieille chambre sur un lit défait. J'ai conscience qu'aujourd'hui j'aborde un rivage fondamental de mon existence : j'allais peut-être rencontrer le mal absolu qui habite les combles et les greniers de mon enfance. Celui qui  mange petit à petit subrepticement mon cerveau, jusqu'au dernier neurone. Celui qui a juré d'avoir ma perte, de me forcer à m'incliner devant lui et reconnaître sa force d'écrasement sur mon existence. Car il est démesurément habité par des ambitions. Son égo est sans limites. Un jour, il dîne  avec le Président des Pingouins, un autre il rencontre Hermann Hesse l'écrivain, il prend un verre avec un jeune mannequin à la terrasse d'un café à Barcelone, il discute stratégie avec  Napoléon. Il se laisse aller à faire du jet-ski,  pour l'expérience plus que par réel plaisir. Son ombre se déploye sur tous les continents, dans tous les milieux, dans toutes les cultures.

Il est né à une époque où je me sentais fragile. J'avais dessiné par terre le chemin que je voulais suivre mais il en a voulu autrement. Il participa à ma déchéance car il détruisit tout sur son passage, ne laissant derrière moi que des terres brulées. Il engendrait l'incompréhension, le doute et souvent, on se détournait quand on me voyait. Les gens ne comprenaient pas. Plus le temps passait, plus la destruction du monde empirait. Il semait la peur, la crainte, même l'angoisse. J'avais comme consigne formulée  de tout faire pour maîtriser  ses élans délétères. Et je voulais surtout le déloger du sanctuaire qu'il occupait. Je voulais exprimer tout ce qui en moi débordait de ma personnalité, ce qui était « en trop », m'étouffait quand je respirais, me faisait vomir quand je pensais à cette ombre desséchée qui me suçait mon être et mon âme : je n'avais jamais une seconde de répit.

Avec le temps, ma condition s'est améliorée. Je connaissais moins d'états délétères et le temps se mettait à jouer pour moi. Je m'en faisais un grand ami, sachant que le mal qui me frappait me tenait en joue depuis l'enfance et que j'ignorais si ce mal allait tirer sa première balle ou bien m'épargner en se  jouant de moi selon son bon vouloir. Comme je l'ai écris, mon ami le temps me prescrivait quelques années de rémission après tant de moments de souffrance. Mon état n'empirait pas sur une ligne horizontale qui défilait tous les jours de ma vie : ou plutôt une ligne avec des hauts et des bas mais qui au total, selon la moyenne qu'on en faisait, me libérait l'esprit de scories qui avaient envahis ma conscience. Mon être à mon âge n'était pas totalement achevé, j'avais perdu beaucoup de temps dans cette course dont je ne mesurais pas l'étendue ni la durée. Que signifiaient pour moi dix, vingt, ou trente ans. Des années sans significations majeures, si ce n'est quelques explications qui relativisaient l'état de ma situation. Ma conscience avait été bouleversée, jetée aux chiens, trahie par l'espèce humaine qui ne m'a pas value, rétrospectivement, que des  méfaits. Peut être aussi n'étais-je pas assez éclairé pour voir les mains tendues, les sympathies, je voyageais trop virtuellement. Mais j'avancais en aveugle, avec mes oeillères, les préjugés dont je mets encore du temps et de l'énergie à me débarrasser. Finalement, ai-je été au moins un jour moi-même, ai-je habité mon enveloppe charnelle comme un étranger, ignorant le monde tel quel, le repli a-t'il engendré une réflexion sur moi-même, mes éclairs de conscience ont-ils été le jouet d'un délire, plus fort, plus violent que le monde lui même. Ma vie ne s'est quand même pas résumée au désespoir d'un chien, perdu, abandonné, livré à lui même, foulé aux pieds de tous. Les trajectoires multicolores fortes  de raison ont coudoyé les arborescences ténébreuses et impalpables dont mon quotidien se nourrit également. J'avance à reculons dans ce spectre qui résume mon existence, aux deux extrémités je tente de voir le jour, la nuit n'est mon amie qu'une fois décrétée. Je vais et je viens de l'un à l'autre, tentant d'espèrer, tentant de bannir de mon être  le maître du Haut Mal.


Hors ligne Sophie131

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Re : Le maître du Haut Mal
« Réponse #1 le: 25 Août 2017 à 21:28:27 »
Salut colombo

Quelques fautes :
Comme je l'ai écris : écrit
Que signifiaient pour moi dix, vingt, ou trente ans : point d'interrogation
qui ne m'a pas value : valu
le repli a-t'il : a-t-il
mes éclairs de conscience ont-ils été le jouet d'un délire, plus fort, plus violent que le monde lui même : forts, violents (si le sujet est bien éclairs de conscience)

Et sinon c'est un beau texte, bien écrit et j'ai pas grand chose d'autre à dire ^^

Hors ligne elodie janssens

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Re : Le maître du Haut Mal
« Réponse #2 le: 25 Août 2017 à 21:45:45 »
Peut être sentait- il la montée du délire et que cela l'a amusé.
-> la concordance des temps ne me semble pas correcte
-> peut-être a-t-il senti ... et que cela l'a amusé(ou : et cela l'a-t-il amusé)

Je suis sa proie,  et sa victime.
-> si , pas de "et"

cette ombre desséchée qui me suçait mon être et mon âme :
-> je trouve cette phrase un peu lourde. Un "me" de trop ?

et le temps se mettait à jouer pour moi. Je m'en faisais un grand ami, sachant que le mal qui me frappait me tenait en joue depuis l'enfance et que j'ignorais si ce mal allait tirer sa première balle ou bien m'épargner en se  jouant de moi selon son bon vouloir
-> est-ce voulu ? A nouveau," jouer", "en joue", "jouant". Répétitions

Que signifiaient pour moi dix, vingt, ou trente ans. Des années sans significations majeures
-> trente ans" ?" 
->puisque sans signification, pas de "s"

 


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