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Auteur Sujet: Indépendace sociale ou économie alternative ?  (Lu 9415 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Indépendace sociale ou économie alternative ?
« le: 07 juin 2017 à 16:32:29 »
Bonjour tout le monde,

Comme celles et ceux qui me connaissent le devinent, j'ai beaucoup travaillé sur les questions de démocratie dernièrement, mais aussi et surtout sur les problèmes liés aux politiques alternatives et indépendantes.

L'indépendance, ça se défend !

J'ai pu rencontrer dernièrement de nombreux petits collectifs et associations qui travaillent sur des solutions pour venir en aide aux sans-logis ou aux réfugiés, de nombreux journalistes qui enquêtent sur des sujets délaissés par les médias traditionnels, des particuliers qui deviennent bénévoles le temps d'une crise pour mener des luttes d'actualité, des défenseurs des droits qui parcourent des zones difficiles voire dangereuses pour constater tel ou tel manquement à la loi ; bref, une multitude d'activités qui se font sans l'accord d'un tiers et qui par ailleurs se montrent peu considérées par celles & ceux qui n'en ont ni la connaissance ni le besoin.

Autrement dit, notre modèle de société étant basé sur le prestige et la reconnaissance, il est extrêmement dangereux de travailler dans la discrétion ou dans ce qui n'est pas encore considéré comme utile, cela s'avère indigeste.

On se laisse rapidement gagner par des activités dites « rentables », même lorsque celles-ci sont insignifiantes et chronophages.

Une longue réflexion m'amène à faire le lien avec l'art et la littérature, avec ces maisons de disque ou d'édition indépendantes, avec tous les secteurs que nous pouvons envisager comme étant autonomes au moins quelques années avant de prendre une quelconque légitimité ou de bénéficier d'un appui suffisant pour affirmer une stabilité.

Parfois même, ces activités indépendantes se créent le temps d'une année, pas plus, le temps de répondre à un besoin immédiat, et puis les actrices & acteurs de cette activité partent l'année suivante sur un autre secteur. De nombreux intermittents du spectacle ont une activité financée le temps d'un tournage ou d'une tournée, et passent les mois qui suivent à travailler dans l'ombre et dans la préparation.

On imagine difficilement créer une « société des activités non reconnues » qui irait financer des projets littéraires non rentables ou au devenir incertain.

Bien sûr, les maisons d'édition traditionnelles ne peuvent pas couvrir l'ensemble des besoins, et il est absolument habituel qu'un groupe de quelques personnes constitue une édition alternative pour une ou deux publications, dont l'objectif n'est pas la pérennisation d'une société (comme on l'entend au sens habituel du terme). Ainsi, l'indépendance peut trouver son sens à n'importe quelle échelle de nos affectations, celle-ci peut d'ailleurs prendre un sens au sein même d'une grosse entreprise qui chercherait de nouveaux secteurs d'activité sans alors en influencer les inventeurs par un financement direct (dans le sens dénaturant du terme).

Notre quotidien est en constant mouvement, ce qui a une utilité aujourd'hui n'en aura peut-être plus demain, et c'est pourquoi ne nombreuses structures parallèles se créent sans aucun lien avec des acteurs traditionnels comme l'État ou les moyennes et grosses entreprises.

Bien sûr, quand j'en parle, ça semble couler de source, mais savez-vous qu'il n'existe aucune réelle connaissance de ces structures éphémères ou en devenir ?

En général, une librairie indépendante doit attendre bien longtemps avant de bénéficier de la reconnaissance véritable d'une mairie, là où un acteur national comme la fnac se voit attribuer de très généreuses subventions.

La question que je pose est la suivante : Pourrait-on imaginer bénéficier d'un statut de « l'indépendance sociale » ou de « l'économie alternative » lorsque l'on ne s'inscrit absolument pas dans une institution ou dans un processus défini ? Ne devrait-on pas enrichir notre connaissance de l'économie, quitte à questionner la viabilité de certaines multinationales ? Créer ce genre d'étiquette ne permettrait-il pas de mieux identifier l'ampleur de ces activités non mesurées et d'engager de nouveaux projets ?

Pour le moment, une activité non rentable est considérée comme nulle et non avenue, c'est le cas dans le secteur de l'édition, c'est l'héritage d'un pénible modèle économique où l'on ne s'occupe que de ce qui apparaît comme étant « gros » ou « compétitif » et ne considère pas une majeure partie de l'économie réelle. Je comprends que les générations passées ayant bénéficié d'un âge d'or économique n'aient pas eu envie de se poser la question du pourquoi du comment ; malgré tout, on devrait pouvoir se poser cette question ! C'est comme si on prenait un bon moteur de voiture en considérant qu'il était ce qui donne sa force à l'automobile, et qu'on en oubliait de dire qu'il vaut mieux avoir également des roues neuves et une carrosserie qui tient la route...

Hors ligne Kanimp

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #1 le: 07 juin 2017 à 22:40:23 »
Citer
La question que je pose est la suivante : Pourrait-on imaginer bénéficier d'un statut de « l'indépendance sociale » ou de « l'économie alternative » lorsque l'on ne s'inscrit absolument pas dans une institution ou dans un processus défini ? Ne devrait-on pas enrichir notre connaissance de l'économie, quitte à questionner la viabilité de certaines multinationales ? Créer ce genre d'étiquette ne permettrait-il pas de mieux identifier l'ampleur de ces activités non mesurées et d'engager de nouveaux projets ?
Instinctivement, si l’on veut s’affranchir du système actuel, il faut le faire complètement et ignorer les concepts de statu.
Maintenant, comme c’est une activité comme une autre, elle aura à fortiori des statu légaux.
 
À moins de bien géré une multinationale, elle finira tôt ou tard pas s’écraser.
Cela arrivera d’autant plus rapidement et violemment qu’elle utilisera les concepts actuels.

Citer
Pour le moment, une activité non rentable est considérée comme nulle et non avenue, c'est le cas dans le secteur de l'édition, c'est l'héritage d'un pénible modèle économique où l'on ne s'occupe que de ce qui apparaît comme étant « gros » ou « compétitif » et ne considère pas une majeure partie de l'économie réelle.
Les sociétés modernes n’utilisent plus les concepts de rentabilité. Qui en gros défini que quelque chose rapporte plus que ce qu’il à couté à produire.

C’est plutôt des concepts de « retour sur investissements (ROI) » qui est utilisé, aujourd’hui.  Grosso modo cela défini un gain minimum.
Ce qui fait que les trucs rentables, mais qui n’atteigne pas le ROI sont dégagés. De fait le petit truc qui vivote pendant dix ans, il a sa chance d’être connu et de faire un carton après autant d’années.
De un c’est dommage pour l’aspect artistique et culturel. Car un truc un peu plus que juste rentable, il intéresse des gens. Pour l’éditeur cela peut l’occasion de garder sous le coude un futur succès, car aujourd’hui il est trop avant-gardiste que pour toucher son futur public.

L’autre problème c’est l’imposition par les actionnaires de faire plus de bénéfices d’année en année.
Là où l’on se rend compte du réel désastre c’est lorsque nos dirigeants parlent de croissance, là ou le secteur privé parle de bénéfice. Pour que l’économie fonctionne il suffit d’un simple taux de croissances de 2 ou 3%.

Ben, moi si j’ai au premier janvier 1€. Si je travaille ben je pourrais gagner des sous et avoir 1,000 10.000 et si j’ai vraiment beaucoup de chance pourquoi pas 100.000€
La première année je vais pulvériser tout les scores de croissances.
Supposons que j’ai gagné 10.000€ par an et tous les ans je gagne la même somme.
La deuxième année, j’ai un taux de croissance de 50%
La troisième année, j’aurai 33% de croissance.
Inéluctablement une année cet objectif sera impossible à atteindre.

Donc tenter de trouver une activité qui permet soit de vivre par elle-même (c’est le minimum pour réaliser quelque chose et tenir sur la longueur).
La deuxième c’est de voir et comprendre comme cette activité permet que l’on vive dessus pour la pérenniser d’avantage.

Comment, je n’ai pas la formule magique. 

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #2 le: 08 juin 2017 à 03:53:27 »
Bonjour Kanimp,

Mon camarde de discussion de toujours !

Ce qui m'inquiète, c'est que tu te réfères comme à ton habitude à « ce qui devrait être » et non à ce qui est déjà.

Le problème avec la logique de croissance, c'est qu'elle prend en compte intuitivement une logique de compétitivité. Concentrer l'économie uniquement sur de tels préceptes a tendance à appauvrir ce qui ressort des analyses. Cela ne me dérange pas, en somme, mais « ce qui devrait être » pourrait éventuellement avoir le droit de se distinguer d'une telle logique.

Je comprends que la théorie de l'économie, qu'elle soit sociale, libérale ou autre ne se soit jamais attaquée à ce sujet autrement que par une logique empirique de rentabilité, et je ne lui en veux pas ; mais il serait tellement appauvrissant de bannir toute autre forme de théorie au profit d'une unique configuration ! Nous avons tant à apprendre les uns des autres qu'il serait bête de se priver d'une diversification des opinions sur un sujet qui concerne directement le livre !

Je connais le discours de croissance qui se veut une réponse à la concurrence internationale qui nous terrifie et à cette mondialisation qui mettrait « naturellement » les pays en compétition.

Cela menace nos relations internationales.

Je sais ô combien l'Allemagne et les autres puissances sont regardantes sur la gestion institutionnelle de l'économie française, mais j'aimerais éventuellement m'assurer qu'imaginer un autre modèle ne soit pas envisagé comme étant une volonté de compétition économique par les autres pays. On fait des recherches, on trouve de belles innovations, et l'on se les partage entre copains ! Je connais ô combien la restriction des innovations en France coûte à nos inventeurs, avec les ô rares secteurs comme l'écologie et le nucléaire qui se voient attribuer quelques libertés.

Simplement, il doit pouvoir exister d'autres formes d'économie, au moins théoriquement... qui ne dépendent ni de rentabilité, ni de « moi je veux vivre et pouvoir manger », ni de s'inspirer d'une activité « qui marche ». Autrement dit, nous devons nous concentrer sur d'autres modèles économiques, c'est le seul moyen d'éviter de nouvelles crises, car quand un modèle échoue, celui du capitalisme, on doit pouvoir reposer sur les autres le temps que la situation s'améliore : les économies alternatives.

Aucune activité ne vit par elle-même, c'est un concept absurde en soi que je ne t'aurais pas cru voir véhiculer.

Une activité vit via les autres activités, soit qui sont en prolongement dans la chaîne de production, soit qui tout simplement apportent aux consommateurs l'argent qui leur servira pour consommer. Comment veux-tu payer un bouquin sans argent ? Ton libraire dépend donc de ton job.

Lorsque tu produis du pain, tu dépends non seulement du cours du blé, mais également des sous-sous que tes clients ont dans les poches, sans compter l'appétit du jour.

Aucune activité ne vit par elle-même, c'est une absurdité. Partir de ce principe pour repenser l'économie est aussi réducteur qu'un discours de Le Pen un soir de diffamations.

Toute ta démonstration repose sur une illusion !

Ainsi, les multinationales ne dépendent pas seulement de leur propre capacité à produire, elles dépendent également de la capacité des autres à maintenir une stabilité.

Simplement on parle là d'un modèle dit « capitaliste ». On reste encore sur une logique de pérennisation d'une activité en compétition. Il existe de nombreuses autres activités reposant sur le don ou la subvention, reposant sur des besoins plus immatériels tels les services et les transferts, reposant sur la propriété intellectuelle ou la recherche. Je vais même aller plus loin, une bonne grosse multinationale dépend d'une multitude de facteurs non-identifiés, de questions de design ou de mode, de besoins politiques ou religieux. Je ne sais pas pourquoi, je sens que les usines à énergies renouvelables vont fonctionner à plein régime très prochainement ! Elles vont soudainement devenir très compétitives !! Comme par magie !! !!

La qualité de créer un statut de l'indépendance sociale ne s'en va pas effacer les autres propriétés, elle s'en va les enrichir d'une grille d'analyse en plus.

Lorsque je fais mes recherches sur l'édition indépendante ou sur les librairies indépendantes, je suis obligé d'aller poser des questions directement aux actrices et acteurs de cette économie ; je ne peux nullement bénéficier de bouquins qui analysent la situation avec précision (même s'il en existe quelques rares exemplaires...), en revanche, si je m'en vais chercher comment rentabiliser ma surface de 12m², ou comment rentabiliser mon potager, je ne manque pas de documentation sur le sujet...

Rien n'est plus compétitif qu'un livre qui parle de compétition ! Rien n'est plus incohérent par la suite que d'en faire un modèle à reproduire par tous, telle une unique raison d'écrire.

Le livre mérite-t-il si peu à nos yeux ? N'aime-t-on pas ses auteurs qu'on croyait sans avenir et qui finalement... ? N'a-t-on pas d'intérêt pour l'édition locale qui assure un travail de mémoire fondamental qu'aucune université (même privatisée...) ne fera sur le terrain ?

Bref, pourrait-on s'imaginer avoir un intérêt pour ces économies alternatives qui pérennisent l'économie capitaliste, avec comme facteur d'étude autre chose que la compétitivité ou la rentabilité ? Sans ces activités tierces, le capitalisme aurait bien du mal à nourrir ses ambitions.

Je vais même aller plus loin, si tu considères ces activités indépendantes non rentables comme étant inexistantes, tu te rends toi-même incapable de donner une identité aux activités « qui marchent » (il faut bien qu'il y ait des choses qui ne « marchent pas » avec un statut pour qu'il y ait par ailleurs des choses « qui marchent » s'en distinguant).

Pour une maison d'édition qui a du « succès » (encore un facteur de compétitivité...) des dizaines d'autres restent dans l'ombre. Ainsi, bien plus d'emplois sont concernés par l'édition indépendante que par l'édition traditionnelle, et en matière d'économie, on sait ce que cela représente...

Je suis désolé, Kanimp, mais il faudrait accepter d'autres formes d'économie dans lesquelles les gens auraient le droit d'aller mettre leurs sous-sous, au moins par liberté.

Un dernier commentaire, la réputation est elle-même un marché à part entière. Si l'on base la réputation d'une entreprise sur son chiffre d'affaire, on en détruit des dizaines d'autres. Peut-être faudrait-il d'autres moyens de se construire une réputation que de faire du chiffre, du chiffre et du chiffre (surtout pour une économie des lettres...) ?

Hors ligne Kanimp

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Re : Re : Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #3 le: 08 juin 2017 à 14:40:58 »
Bonjour Alan,

Ce qui m'inquiète, c'est que tu te réfères comme à ton habitude à « ce qui devrait être » et non à ce qui est déjà.
C’est parce que tout ce qui est alternatif au système actuel, est par définition illégal ou susceptible de l’être, car non géré par le système.

Le problème avec la logique de croissance, c'est qu'elle prend en compte intuitivement une logique de compétitivité. Concentrer l'économie uniquement sur de tels préceptes a tendance à appauvrir ce qui ressort des analyses. Cela ne me dérange pas, en somme, mais « ce qui devrait être » pourrait éventuellement avoir le droit de se distinguer d'une telle logique.
C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et  la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.

Là où le bât blesse, c’est lorsque c’est lorsque la croissance de la société repose sur un système en compétition. Particulièrement lorsque cette compétition force des intervenants à s’opposer alors que cette compétition n’est pas naturelle.

Remarque : le facteur qui causera la perte d’une société est connu. Depuis des milliers d’années c’est toujours le même. La capacité autonome de produire sa propre nourriture.

Je comprends que la théorie de l'économie, qu'elle soit sociale, libérale ou autre ne se soit jamais attaquée à ce sujet autrement que par une logique empirique de rentabilité, et je ne lui en veux pas ; mais il serait tellement appauvrissant de bannir toute autre forme de théorie au profit d'une unique configuration ! Nous avons tant à apprendre les uns des autres qu'il serait bête de se priver d'une diversification des opinions sur un sujet qui concerne directement le livre !
C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.

Je connais le discours de croissance qui se veut une réponse à la concurrence internationale qui nous terrifie et à cette mondialisation qui mettrait « naturellement » les pays en compétition.

Cela menace nos relations internationales.
Il ne faut pas tout mélanger. Quel que soit le choix d’un système économique, il doit être cohérent avec lui-même.

Soit on opte pour une économie mondialisée, comme le font les politiciens aujourd’hui. Ce qui signifie que la politique privilégie des transactions commerciales internationales. La capacité de vente dépendra du prix de vente du produit et en droite ligne du coût de production. Par effet de bord cela créera un nivellement par le bas de tous les aspects sociaux du monde du travail. Donc un système économique mondialisé implique la mise en compétition de populations complètes, parce que les bénéfices de la société sont à ce prix.

Soit on opte pour un système qui fonctionne au maximum sur lui-même. Où les exportations fonctionneront car les autres pays ne sont pas capable de produire tel ou tel chose. À l’inverse l’importation de produits inexistants localement n’a pas d’impact sur le système. Si l’importation concerne des produits qui entre en compétition avec les productions locale, l’ajout de taxes les rendra moins compétitifs, même s’ils sont acheté entreront dans le système économique local. À l’inverse les sociétés qui exportent et ne pourront plus vendre et tomberont en faillite. Le système  étant prévu pour récupérer les sociétés condamnées, l’impact pour la population est négligeable.

Soit on opte pour un système économique mondialisé qui fâche les populations locales.
Soit on opte pour un système économique localisé qui fâche sur le plan international.

Le concept d’économie mondialisé qui fâche au niveau international, moi j’appelle ça une guerre.
 
Simplement, il doit pouvoir exister d'autres formes d'économie, au moins théoriquement... qui ne dépendent ni de rentabilité, ni de « moi je veux vivre et pouvoir manger », ni de s'inspirer d'une activité « qui marche ». Autrement dit, nous devons nous concentrer sur d'autres modèles économiques, c'est le seul moyen d'éviter de nouvelles crises, car quand un modèle échoue, celui du capitalisme, on doit pouvoir reposer sur les autres le temps que la situation s'améliore : les économies alternatives.
Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.

Aucune activité ne vit par elle-même, c'est un concept absurde en soi que je ne t'aurais pas cru voir véhiculer.
C’est parce que un système économique viable est un puzzle d’activités elles-mêmes viables et conçue pour tourner sur elle-même sans se gripper.
Un système économique qui est conçu sur les transactions entre activités, repose en réalité sur le commerce, la mondialisation et la course à la puissance.

Une activité vit via les autres activités, soit qui sont en prolongement dans la chaîne de production, soit qui tout simplement apportent aux consommateurs l'argent qui leur servira pour consommer. Comment veux-tu payer un bouquin sans argent ? Ton libraire dépend donc de ton job.
Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?

Lorsque tu produis du pain, tu dépends non seulement du cours du blé, mais également des sous-sous que tes clients ont dans les poches, sans compter l'appétit du jour.
Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.
Pourquoi s’encombrer d’un cours du blé qui n’a pour effet que d’appauvrir le paysan, de réduire les bénéfices du boulanger et de m’obliger  à acheter un pain hors de prix.
Toute cela parque qu’il y a un intervenant supplémentaire inutile nommé spéculateur qui s’en met plein les poches.

Aucune activité ne vit par elle-même, c'est une absurdité. Partir de ce principe pour repenser l'économie est aussi réducteur qu'un discours de Le Pen un soir de diffamations.
C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.

Bref, soit on discute de système économique. Soit on discute d’idéologie et d’extermination. Dans tous les cas, on ne mélange pas les genres.

Le changement du système économique à un autre peut reposer sur le néonazisme. Parce que ces gens-là sont dangereux et parfaitement capable de mettre l4europe à feu et à sang. Mais cela c’est de la politique.

Toute ta démonstration repose sur une illusion !
En réalité, je suis un pur produit du capitalisme. Scolairement, un informaticien industriel conçu pour supprimer l’élément humain des chaînes de production, car pour la course à la maximisation des profits ce ne sert à rien ce machin-là.

Depuis j’ai changé mon fusil d’épaule. 

Ainsi, les multinationales ne dépendent pas seulement de leur propre capacité à produire, elles dépendent également de la capacité des autres à maintenir une stabilité.

Simplement on parle là d'un modèle dit « capitaliste ». On reste encore sur une logique de pérennisation d'une activité en compétition.
Ah non, pérenniser une activité signifie éviter le suicide pas de tuer le voisin. Tout système économique utilisera à peu de chose près les mêmes concepts. C’est la manière de les mettent en œuvre qui le change le système économique en profondeur.

Il existe de nombreuses autres activités reposant sur le don ou la subvention, reposant sur des besoins plus immatériels tels les services et les transferts, reposant sur la propriété intellectuelle ou la recherche. Je vais même aller plus loin, une bonne grosse multinationale dépend d'une multitude de facteurs non-identifiés, de questions de design ou de mode, de besoins politiques ou religieux.
Sans remettre le bien-fondé des donations. Un système économique qui repose sur cela j’appelle cela de l’esclavagisme ou du contrôle de population.
Un système qui repose sur la facturation de choses immatérielles c’est du capitalisme pur et dur.
La propriété intellectuelle ou la recherche n’a rien à voir avec un système économique, même si c’est un de ses constituants.
Pour les besoins d’une multinationale, je ne vois pas où tu veux en venir.

Je ne sais pas pourquoi, je sens que les usines à énergies renouvelables vont fonctionner à plein régime très prochainement ! Elles vont soudainement devenir très compétitives !! Comme par magie !! !!
J’en doute, cela ne marche pas leur truc.
La production d’énergie à deux états. Le premier celui de fournir l’électricité normalement consommé.
Le deuxième consiste à satisfaire les pics de consommation.
 
Donc avoir des centrales qui fonctionnent en permanence et d’autres qui démarrent sur commande.

Comme les énergies renouvelables se basent sur l’éolien ou le photovoltaïque, ce type d’installation n’est pas capable de satisfaire la demande, au mieux les anciennes installations peuvent être réduite.

Si on veut réellement passer en énergie renouvelable, actuellement, il n’y a que les barrages. Avec tous les inconvénients qui empêche de s’en servir.

Remarque qu’il y a un moyen de passer en énergie renouvelle c’est que chaque ménage possède une éolienne et du photovoltaïque et une grosse batterie.
Pour l’instant c’est hors de prix. Approximativement : 46.000 € pour un arbre à vent (sans coût de transport ni d’installation). 25.000 € pour le photovoltaïque et l’éolien (les rectangulaires).  L’installation de la batterie c’est 10.000 €.

Je pense que celui sera tôt ou tard mis en œuvre et plantera complètement les méthodes de gestion énergétique capitaliste actuelle. Mais ce n’est pas pour tout de suite.

La qualité de créer un statut de l'indépendance sociale ne s'en va pas effacer les autres propriétés, elle s'en va les enrichir d'une grille d'analyse en plus.
Où faire comme dans le system marketing actuel, mettre une étoile sur un truc qui ne se vend pas pour le vendre. Je ne suis pas convaincu de l’intérêt.

Lorsque je fais mes recherches sur l'édition indépendante ou sur les librairies indépendantes, je suis obligé d'aller poser des questions directement aux actrices et acteurs de cette économie ; je ne peux nullement bénéficier de bouquins qui analysent la situation avec précision (même s'il en existe quelques rares exemplaires...), en revanche, si je m'en vais chercher comment rentabiliser ma surface de 12m², ou comment rentabiliser mon potager, je ne manque pas de documentation sur le sujet...
Pour tous ce qui est relatif à l’économie, j’utilise mes cours d’école. Avec ma marotte la vente marginale. Comment maximiser ses bénéfices en vendant à moitié prix (comme les soldes). Pour le reste j’écoute ou lit ce que les politiciens, économistes ou autre raconte et je fais le tri dans toutes ces informations.

Pour le reste je m’intéresse à l’Aquaponie. Me reste plus qu’à décider ma femme à en mettre un dans le salon. Je suis confiant.

Le livre mérite-t-il si peu à nos yeux ? N'aime-t-on pas ses auteurs qu'on croyait sans avenir et qui finalement... ? N'a-t-on pas d'intérêt pour l'édition locale qui assure un travail de mémoire fondamental qu'aucune université (même privatisée...) ne fera sur le terrain ?
De ce que j’ai pu voir le livre reprend du flambeau justement à cause des carences scolaires (du moins c’est une explication que j’ai vue)

Bref, pourrait-on s'imaginer avoir un intérêt pour ces économies alternatives qui pérennisent l'économie capitaliste, avec comme facteur d'étude autre chose que la compétitivité ou la rentabilité ? Sans ces activités tierces, le capitalisme aurait bien du mal à nourrir ses ambitions.
Dès fois, j’ai du mal à te suivre. L’économie capitaliste détruit tout. Pourquoi crée un système alternatif au capitalisme qui le maintien en place. Car de fait, l’économie alternative n’en a que le nom.

Je vais même aller plus loin, si tu considères ces activités indépendantes non rentables comme étant inexistantes, tu te rends toi-même incapable de donner une identité aux activités « qui marchent » (il faut bien qu'il y ait des choses qui ne « marchent pas » avec un statut pour qu'il y ait par ailleurs des choses « qui marchent » s'en distinguant).
Rentable ou non, aucune activité n’est indépendante. Parce que toute activité d’aujourd’hui est gérée par le système économique actuel. C’est comme cela, c’est légal, c’est impossible de s’en affranchir.
Pour reprendre l’exemple précédent du boulanger. Au lieu d’utiliser un statu commercial, il peut créer une ASBL en Belgique loi 1901 en France (sous réserve le droit français je ne connais pas trop).
C’est comme ça qu’ils ont fait dans mon village avec des graines de blé ancien, avec moi d’eau qui permet au pain de se conserver une semaine etc.

Mais quel que soit le secteur d’activité, il est impératif que le gain de vente de la production soit supérieur à aux coûts de production. Sinon la pérennité n’est pas assurée.

Pour une maison d'édition qui a du « succès » (encore un facteur de compétitivité...) des dizaines d'autres restent dans l'ombre. Ainsi, bien plus d'emplois sont concernés par l'édition indépendante que par l'édition traditionnelle, et en matière d'économie, on sait ce que cela représente...
Ce que tu énonces est un problème de visibilité et non d’activité. Le bouche à oreille c’est pas mal comme système de promotion populaire.

Un dernier commentaire, la réputation est elle-même un marché à part entière. Si l'on base la réputation d'une entreprise sur son chiffre d'affaire, on en détruit des dizaines d'autres. Peut-être faudrait-il d'autres moyens de se construire une réputation que de faire du chiffre, du chiffre et du chiffre (surtout pour une économie des lettres...) ?
Revenir à l’ancien critère, la qualité.


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Re : Re : Re : Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #4 le: 08 juin 2017 à 18:35:01 »
Bonjour Kanimp,

Tu mets le point sur un terme intéressant : dépendance.

L'ensemble des exemples que tu me cites dépendent du modèle capitaliste, l'analyse même que tu fais se rend dépendante du capitalisme. Pour bien désigner ce dont tu parles, je m'en vais citer tes exemples :

C’est parce que tout ce qui est alternatif au système actuel, est par définition illégal ou susceptible de l’être, car non géré par le système.
Tu définis un système qui serait pyramidale, ce serait celui qui représente le chef parmi les chefs, celui qui serait supérieur aux autres, et qui gère ses sujets.
Tu définis le système comme étant une puissance de gestion des gestionnaires.

C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et  la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.

Là où le bât blesse, c’est lorsque c’est lorsque la croissance de la société repose sur un système en compétition. Particulièrement lorsque cette compétition force des intervenants à s’opposer alors que cette compétition n’est pas naturelle.

Remarque : le facteur qui causera la perte d’une société est connu. Depuis des milliers d’années c’est toujours le même. La capacité autonome de produire sa propre nourriture.
Idem, tu définis ce « qu'est un système de croissance » dans le sens capitaliste du terme. Ce que tu appelles « croissance » correspond à un pourcentage d'augmentation, à une comparaison d'une année sur l'autre ; ces comparaisons chiffrées étant elles-mêmes intrinsèques à la compétition.

C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.
Idem, tu mets Machin et Bidule sur le même plan de compétition : ils ont tous les deux une librairie... Du coup tu ne considérerais pas le fait que leurs intérêts peuvent se coordonner plutôt qu'entrer en compétition (Machin est copain avec Bidule, il sait que Bidule vend du genre policier et fantastique car il en est passionné, Machin s'entend avec lui sur un principe de cohabitation, Machin vend donc de la littérature engagée et de la poésie, soit deux librairies stables, aucune ne prend le dessus sur l'autre, zéro compétition).

Soit on opte pour un système économique mondialisé qui fâche les populations locales.
Soit on opte pour un système économique localisé qui fâche sur le plan international.
Idem, tu proposes l'éternel discours, tu opposes un modèle capitaliste mondialisé à un modèle capitaliste auto-centré, tu les mets en compétition via ton petit descriptif savamment résumé, tu proposes au gens de voter pour l'un ou pour l'autre.

Considérer la compétition comme étant le seul critère d'analyse est un appauvrissement de l'intellect.

Bref, on devrait avoir le droit de choisir un « ni ni ».

Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.
Non, l'obsession de nourrir sa population, je la comprends. Mais il faut bien imaginer qu'il existe autre chose que des bananes et des patates, il existe beaucoup d'autres choses. On ne va quand même pas mettre en compétition les patates et les livres !? C'est une absurdité !!

(PS : je rappelle qu'en mai 68, tout le monde pouvait manger à sa faim... idem aujourd'hui, la faim n'est pas l'unique sujet de soulèvement, arrêtons d'infantiliser un peuple.)

C’est parce que un système économique viable est un puzzle d’activités elles-mêmes viables et conçue pour tourner sur elle-même sans se gripper.
Un système économique qui est conçu sur les transactions entre activités, repose en réalité sur le commerce, la mondialisation et la course à la puissance.
Je pense que nous serions en capacité de diversifier les transactions. Aujourd'hui, la seule condition d'achat autorisée et conseillée est la compétitivité d'un produit. Si c'est pas cher, ou moins cher que la moyenne, on achète. Le reste des critères ne constitue pas un argument de vente, malheureusement. Au pire, si tu désespère de vendre un produit, on te conseille de participer à une compétition pour en obtenir la médaille...

D'autres formes de transaction existent, il existe d'autres moyens de valoriser un produit, ne soyons pas ignorants.

Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?
Je vais revenir sur cette distinction entre « indépendance sociale » et « vivre par soi-même » un peu plus bas, mais je te fais malgré tout remarquer que tu pars d'un principe de compétition et d'ambition au sein même d'une discussion, cher ami !

Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.
Pourquoi s’encombrer d’un cours du blé qui n’a pour effet que d’appauvrir le paysan, de réduire les bénéfices du boulanger et de m’obliger  à acheter un pain hors de prix.
Toute cela parque qu’il y a un intervenant supplémentaire inutile nommé spéculateur qui s’en met plein les poches.
Tu instaures une compétition entre spéculateur et paysan. Celle-ci existe éventuellement, mais je ne consens pas à en faire un principe solide, il te faudrait d'autres arguments que celui de prétendre que « toute économie est compétitive ».

C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.

Bref, soit on discute de système économique. Soit on discute d’idéologie et d’extermination. Dans tous les cas, on ne mélange pas les genres.

Le changement du système économique à un autre peut reposer sur le néonazisme. Parce que ces gens-là sont dangereux et parfaitement capable de mettre l4europe à feu et à sang. Mais cela c’est de la politique.
Alors, ici, tu décrètes une compétition entre médias, néonazis, systèmes alternatifs et politiciens...

Un carré d'As !

En réalité, je suis un pur produit du capitalisme. Scolairement, un informaticien industriel conçu pour supprimer l’élément humain des chaînes de production, car pour la course à la maximisation des profits ce ne sert à rien ce machin-là.

Depuis j’ai changé mon fusil d’épaule. 
Alors cette fois-ci, nous avons deux camps, une compétition entre ceux qui aiment l'humain et ceux qui veulent le détruire...

Ah non, pérenniser une activité signifie éviter le suicide pas de tuer le voisin. Tout système économique utilisera à peu de chose près les mêmes concepts. C’est la manière de les mettent en œuvre qui le change le système économique en profondeur.
Là-dessus je suis fondamentalement opposé à ton propos. Pérenniser une activité doit répondre à un besoin, non à une loi morale. Prétendre que tout système économique utilisera à peu de choses près les mêmes concepts, c'est de faire d'un éditeur un vendeur de patates. Pardonne-moi, mais ce n'est même plus élitiste, c'est carrément obscurantiste, là.

Sans remettre le bien-fondé des donations. Un système économique qui repose sur cela j’appelle cela de l’esclavagisme ou du contrôle de population.
?? Et quand des classes populaires font des dons, elles asservissent les organismes auxquels elles donnent ??

Le capitalisme dans toute son invraisemblance !!

Un système qui repose sur la facturation de choses immatérielles c’est du capitalisme pur et dur.
Je ne comprends pas, désolé.

La propriété intellectuelle ou la recherche n’a rien à voir avec un système économique, même si c’est un de ses constituants.
Ben bien sûr, tu nous effaces tout un secteur d'activité en deux mots ! Rien de tout cela n'existe, n'y pensons plus...

Pour les besoins d’une multinationale, je ne vois pas où tu veux en venir.
Une multinationale repose en partie sur des facteurs contraires à la compétition : curiosité, identité, opinion, affinités.

Si tout le monde était l'ennemi d'une multinationale, il la boycotterait (cela arrive fréquemment lorsqu'une entreprise détourne la loi ou participe à des horreurs).

J’en doute, cela ne marche pas leur truc.
La production d’énergie à deux états. Le premier celui de fournir l’électricité normalement consommé.
Le deuxième consiste à satisfaire les pics de consommation.
 
Donc avoir des centrales qui fonctionnent en permanence et d’autres qui démarrent sur commande.

Comme les énergies renouvelables se basent sur l’éolien ou le photovoltaïque, ce type d’installation n’est pas capable de satisfaire la demande, au mieux les anciennes installations peuvent être réduite.

Si on veut réellement passer en énergie renouvelable, actuellement, il n’y a que les barrages. Avec tous les inconvénients qui empêche de s’en servir.

Remarque qu’il y a un moyen de passer en énergie renouvelle c’est que chaque ménage possède une éolienne et du photovoltaïque et une grosse batterie.
Pour l’instant c’est hors de prix. Approximativement : 46.000 € pour un arbre à vent (sans coût de transport ni d’installation). 25.000 € pour le photovoltaïque et l’éolien (les rectangulaires).  L’installation de la batterie c’est 10.000 €.

Je pense que celui sera tôt ou tard mis en œuvre et plantera complètement les méthodes de gestion énergétique capitaliste actuelle. Mais ce n’est pas pour tout de suite.
Pourquoi pas ? Je trouve que tu démontres là un intérêt à « penser capitaliste », à servir les intérêts des particuliers en leur proposant un modèle compétitif ; simplement les bons côtés du modèle ne doivent pas justifier une chasse à la diversité, on ne va pas tous investir dans l'électricité, il faut bien que d'autres activités existent (notamment pour anticiper les éventuels travers d'un tel projet). Bien sûr, chacune et chacun pourrait être auto-suffisant en matière d'énergie, et je devine par avance que cela passera par la mise en compétition des particuliers...

Où faire comme dans le system marketing actuel, mettre une étoile sur un truc qui ne se vend pas pour le vendre. Je ne suis pas convaincu de l’intérêt.
D'abord, si tu ne vois pas l'intérêt de mettre une étoile sur l'édition indépendante, et que le modèle actuel te sied à merveille, j'ai un long chemin à faire devant moi pour te convaincre qu'il ne fonctionne pas ! Ensuite, le principe d'une étoile est qu'elle se réfère à un système de 1 à 5, un modèle chiffré. Le mot statut évoque une identité, une particularité. Cela fait deux ans que j'en parle, le monde du livre est en train de crever, il faut qu'on réagisse au plus vite.

Françoise Nyssen, actuelle Ministre de la culture, vient d'une maison d'édition qui a eu du « succès » sans remettre en question la domination de Gallimard et de Hachette. Elle a écouté papa et maman, et on dit qu'elle a réussi ! Maintenant on lui offre une médaille... Je ne suis pas sûr qu'elle remettra aujourd'hui en question ce modèle du livre qui tue et rend muettes de nombreuses maisons d'édition qui « n'ont pas de succès »...

Bien sûr, je peux me tromper, elle vient tout juste d'arriver au pouvoir... mais j'espère bien que l'on ne va pas voir une fois de plus ces milliers d'éditions indépendantes mourir dans le silence au profit de Mme la chef.

Si Françoise Nyssen impose un modèle capitaliste au monde du livre, privilégiant ainsi les gros molosses et les petits qui grossissent, je pense que le processus de destruction aura atteint son apogée. Je rappelle ici qu'une grosse maison d'édition ne crée pas d'emplois, contrairement à mille petites maisons sans « croissance ».

La compétition tue le livre.

Pour tous ce qui est relatif à l’économie, j’utilise mes cours d’école. Avec ma marotte la vente marginale. Comment maximiser ses bénéfices en vendant à moitié prix (comme les soldes). Pour le reste j’écoute ou lit ce que les politiciens, économistes ou autre raconte et je fais le tri dans toutes ces informations.

Pour le reste je m’intéresse à l’Aquaponie. Me reste plus qu’à décider ma femme à en mettre un dans le salon. Je suis confiant.
Trop drôle !!

Tu es trop compétitif pour moi, j'abandonne...

De ce que j’ai pu voir le livre reprend du flambeau justement à cause des carences scolaires (du moins c’est une explication que j’ai vue)
Oui, c'est peut-être à cause du machin qu'on avait oublié de rappeler quand on s'était parlé l'autre fois...

Décidément, il n'existe absolument aucune expertise du livre ! Personne n'y comprend plus rien, les gros éditeurs courent d'une explication à l'autre sans jamais rien avoir de sensé à dire !!

Dès fois, j’ai du mal à te suivre. L’économie capitaliste détruit tout. Pourquoi crée un système alternatif au capitalisme qui le maintien en place. Car de fait, l’économie alternative n’en a que le nom.
Au contraire, il s'agit d'une économie alternative dans le sens où elle est toujours en contradiction avec elle-même. Il faut envisager qu'on peut quitter un modèle de rentabilité, au moins pour soi-même (il ne s'agit pas, une fois de plus je le rappelle, de faire la compétition aux capitalistes, ça n'a pas de sens !). Le principe d'utiliser une alternative, c'est que le modèle présent ne répond plus à un besoin particulier, et que le particulier cherche donc une alternative.

Pour être plus précis, il devrait s'agir d'une économie qui propose des alternatives. Ce n'est pas parce que la nourriture tombe en abondance que le reste va bien, cela ne signifie pas qu'on va appauvrir la nourriture au profit d'autre chose, arrêtons la compétition, cela signifie qu'on va stabiliser d'autres activités, tout comme la nourriture ne l'a été que très récemment. Par la même occasion, cette nouvelle économie s'avère être une réponse alternative au capitalisme lorsque celui-ci ne répond pas à un besoin.

M'enfin bon, les mots, tu sais...

Rentable ou non, aucune activité n’est indépendante. Parce que toute activité d’aujourd’hui est gérée par le système économique actuel. C’est comme cela, c’est légal, c’est impossible de s’en affranchir.
Pour reprendre l’exemple précédent du boulanger. Au lieu d’utiliser un statu commercial, il peut créer une ASBL en Belgique loi 1901 en France (sous réserve le droit français je ne connais pas trop).
C’est comme ça qu’ils ont fait dans mon village avec des graines de blé ancien, avec moi d’eau qui permet au pain de se conserver une semaine etc.

Mais quel que soit le secteur d’activité, il est impératif que le gain de vente de la production soit supérieur à aux coûts de production. Sinon la pérennité n’est pas assurée.

Deux choses : d'abord il ne s'agit pas d'être indépendant vis à vis des lois, je vais y revenir plus tard. Il faut se déboucher les yeux, Kanimp, respecter la loi et être géré par le système, ça ne veut pas dire la même chose. On peut tout à fait respecter la loi et faire chier tout un système, tout comme on peut sortir de la loi pour servir un système, bref, tu mélanges tout.

Il ne s'agit pas de créer un statut seulement parce qu'une entreprise est pérenne, je rappelle qu'il existe une immensité d'entreprises sciemment éphémères car elles répondent à un besoin éphémère. Le jour où ta bouffe ne viendra plus dans ton assiette parce que le système capitaliste ne permet plus de répondre à la demande, tu sera bien content qu'on ait imaginé un modèle alternatif. Même si elles coûtent nécessairement plus qu'elles n'apportent dans leur principe, certaines entreprises représentent une dépense « utile » et existent via les donations de citoyennes & citoyens, via une mode temporaire, une situation d'actualité, un besoin particulier.

Oublions « l'activité qui marche » donnons-nous des critères pour comprendre ce qui « ne marche pas ».

Pour une maison d'édition qui a du « succès » (encore un facteur de compétitivité...) des dizaines d'autres restent dans l'ombre. Ainsi, bien plus d'emplois sont concernés par l'édition indépendante que par l'édition traditionnelle, et en matière d'économie, on sait ce que cela représente...
Ce que tu énonces est un problème de visibilité et non d’activité. Le bouche à oreille c’est pas mal comme système de promotion populaire.
Non ! Les maisons d'éditions gagnent en visibilité via le chiffre d'affaire. Ce n'est pas possible. Or si tu gagnes en visibilité via un statut d'indépendance, avec une identité confirmée et un statut reconnu, tu crées une confiance de manière plus porteuse et plus dynamique.

Revenir à l’ancien critère, la qualité.
Pas forcément.


Le MDE est le lieu ultime dans lequel le critère de qualité n'est jamais certifié. Si tu penses, je le devine, au Mammouth et au système de votation, tu vois bien qu'il se rapporte à une étique de compétitivité et ne porte de sens que parce qu'on le lui en donne, on sait très bien se donner tout plein d'autres moyens de valoriser l'écriture, ici. Le MDE c'est simple : un coup t'as les uns qui aiment, un autre t'as les seconds qui détestent, et puis on ne sait plus qui vaut quoi.


Je pense qu'il faut au contraire valoriser un autre critère, je ne dirais pas un critère de responsabilité, mais plutôt de compatibilité.


Je m'explique.


Si une maison d'édition souhaite promouvoir des valeurs sociales, elle dispose d'une grande diversité de lignes éditoriales à tenir pour pouvoir relayer des textes et contenus. Elle peut partir du principe que tout ce qui se rapproche de près ou de loin au social sera publié, or elle se retrouve très vite submergé par les possibilités et se voit vite confrontée à des obstacles. Promouvoir des valeurs sociales, ça peut prendre de nombreuses configurations. Pour donner un exemple, un parti politique prétend faire du social, l'autre dément en expliquant que celui-ci calomnie (cf. FN-PS). Par ailleurs, les lecteurs ne semblent pas s'intéresser à tout ce qui est sans médaille, et la maison d'édition décide par elle-même de participer à des concours ou compétitions pour obtenir des prix et rentabiliser ses investissements. Très vite, elle se voit entravée par une confrontation entre la branche sociale-artistique et la branche sociale-politique (sans compter les intellectuels et philosophes qui se divisent sur des questions de ligne) et se trouve bien incapable de les promouvoir tous en même temps tant la rupture est forte. Et là, tu as un journal social populaire qui prétend que cette maison d'édition-là est élitiste, et qu'il faudrait bien laisser un peu plus de place à la branche populaire des littératures sociales pour quand même faire réellement du social. Soudainement, un grand auteur anarchiste décrète que le social ce n'est plus ce qu'on croyait, et qu'il faut repartir à zéro...

Bref, tout un tas de facteurs auxquels est confrontée une maison d'édition.

Ainsi, lorsque ces obstacles se présentent, soit la maison d'édition élimine une partie de ses auteurs au profit de l'autre (elle pourrait même décider de faire la compétition à cette sensibilité qu'elle a décidé d'éliminer pour prouver que l'idéologie qu'elle représente est la meilleure), soit elle trouve une ligne alternative qui lui permette de prendre en compte les deux sensibilités. Toute la difficulté est là : quelle ligne éditoriale peut-elle permettre de concilier une multitude de courants et de genres sans pour autant les annuler ?

Cela s'appelle une entreprise compatible. Et l'on sait ô combien les maisons d'éditions se sont rendues dépendantes de « têtes d'affiche » qui ne servent qu'à uniformiser les tendances ; au lieu d'essayer d'être compatibles à une multitude de tendances, les maisons d'édition traditionnelles décrètent ce qu'il est bien ou mal de penser... Je les accuse d'incompatibilité ! Et pour préserver cette compatibilité, une maison d'édition est bien obligée de se défaire de la ligne d'un gouvernement de droite ou de gauche, libéral ou nationaliste, dont la politique ne se veut pas purement économique mais relative à des intérêts tout autres.

Le principe d'indépendance sociale ne signifie pas indépendance économique. Le principe d'indépendance sociale signifie plutôt que l'entreprise se rend à même d'aller à l'encontre d'une politique à l'échelle nationale (initiée par l’exécutif et non par la loi), tout simplement parce qu'un besoin de compatibilité s'exprime.

Il faut pouvoir être compatible avec des opposants quand ont fait de l'édition indépendante, même quand on en partage pas exactement la ligne.

Bien sûr, il ne s'agit pas d'une « indépendance légale », ce qui serait contraire à l'idée même de statut.

Hors ligne Kanimp

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C’est plus compliqué que cela. La logique de croissance va de pair avec la croissance de la société. Un jour la croissance de la société sera supérieure aux capacités de croissance de son maintien en vie et  la société s’effondrera. Il en a toujours été ainsi et cela sera toujours comme cela.

Là où le bât blesse, c’est lorsque c’est lorsque la croissance de la société repose sur un système en compétition. Particulièrement lorsque cette compétition force des intervenants à s’opposer alors que cette compétition n’est pas naturelle.

Remarque : le facteur qui causera la perte d’une société est connu. Depuis des milliers d’années c’est toujours le même. La capacité autonome de produire sa propre nourriture.
Idem, tu définis ce « qu'est un système de croissance » dans le sens capitaliste du terme. Ce que tu appelles « croissance » correspond à un pourcentage d'augmentation, à une comparaison d'une année sur l'autre ; ces comparaisons chiffrées étant elles-mêmes intrinsèques à la compétition.
Je pensais aux Sumériens et aux Khmers. Leur population respective s’accroissait. Pour les premiers à force de cultiver le sel contenu dans les terres est remonté à la surface et faute de pouvoir cultiver en suffisance la civilisation sumérienne à disparut. Pour les Khmers les besoins en irrigation était tel que par défaut de construction, ils ont noyé la ville. Fin du parcours pour eux.

La croissance est imposée par celle de la population et n’a rien à voir avec une activité commerciale.
Tablé sur une croissance (d’autant plus imaginaire) comme on le fait maintenant est stupide.
Les changements de chiffres d’année en année sont imposés par l’accroissement de population.

C’est ici qu’apparait l’aberration de la compétition entre activités. Je peux concevoir que si j’achète un paquet de poudre à lessiver chez Machin, je ne l’achèterais pas chez Bidule. Mais ce système, pour un livre n’a pas de sens. Car je peux acheter des livres chez Machin comme chez Bidule.
Idem, tu mets Machin et Bidule sur le même plan de compétition : ils ont tous les deux une librairie... Du coup tu ne considérerais pas le fait que leurs intérêts peuvent se coordonner plutôt qu'entrer en compétition (Machin est copain avec Bidule, il sait que Bidule vend du genre policier et fantastique car il en est passionné, Machin s'entend avec lui sur un principe de cohabitation, Machin vend donc de la littérature engagée et de la poésie, soit deux librairies stables, aucune ne prend le dessus sur l'autre, zéro compétition).
Je me suis mal exprimé visiblement, comme tu parlais de maisons d’édition. Je n’ai pas jugé utile de préciser que je parlais en livre différents et non en lieux de vente différents.
Avec ta réponse on est d’accord. Sur ce point-ci.

Quelque que soit le système économique il reposera toujours sur «moi je veux vivre et pouvoir manger » car celui-là vient automatiquement avec son contraire « un peuple qui ne mange pas à sa faim part en révolution ». On pourrait se risquer (conditionnel législatif) à envisager une règle intermédiaire où un peuple qui créé lui-même sa nourriture, n’a plus besoin de participer au système capitaliste mondialisé et le conduit à sa perte.
Non, l'obsession de nourrir sa population, je la comprends. Mais il faut bien imaginer qu'il existe autre chose que des bananes et des patates, il existe beaucoup d'autres choses. On ne va quand même pas mettre en compétition les patates et les livres !? C'est une absurdité !!

(PS : je rappelle qu'en mai 68, tout le monde pouvait manger à sa faim... idem aujourd'hui, la faim n'est pas l'unique sujet de soulèvement, arrêtons d'infantiliser un peuple.)
Tout dépend du point de vue et je crois que tu comprendras plus loin.


Es-tu certain de te donner les moyens de tes ambitions ?
Je vais revenir sur cette distinction entre « indépendance sociale » et « vivre par soi-même » un peu plus bas, mais je te fais malgré tout remarquer que tu pars d'un principe de compétition et d'ambition au sein même d'une discussion, cher ami !
Non, tu explique ton sujet et pour moi il part dans tous les sens. Et je te réponds sur ce que je comprends ou pas.

Justement l’agriculteur produit le blé, le boulanger produit le pain et moi je l’achète.
Pourquoi s’encombrer d’un cours du blé qui n’a pour effet que d’appauvrir le paysan, de réduire les bénéfices du boulanger et de m’obliger  à acheter un pain hors de prix.
Toute cela parque qu’il y a un intervenant supplémentaire inutile nommé spéculateur qui s’en met plein les poches.
Tu instaures une compétition entre spéculateur et paysan. Celle-ci existe éventuellement, mais je ne consens pas à en faire un principe solide, il te faudrait d'autres arguments que celui de prétendre que « toute économie est compétitive ».
Je n’instaure absolument pas de compétition entre le paysan et le spéculateur.
Je dégage le spéculateur et met un camionneur entre le paysan et le boulanger.

C’est justement ce que les médias utilisent pour contrecarrer dans l’œuf toute tentative de mise en œuvre d’un système viable comme étant de vilains néonazis.

Bref, soit on discute de système économique. Soit on discute d’idéologie et d’extermination. Dans tous les cas, on ne mélange pas les genres.

Le changement du système économique à un autre peut reposer sur le néonazisme. Parce que ces gens-là sont dangereux et parfaitement capable de mettre l4europe à feu et à sang. Mais cela c’est de la politique.
Alors, ici, tu décrètes une compétition entre médias, néonazis, systèmes alternatifs et politiciens...

Un carré d'As !
Initialement je répondais à ceci :
« Aucune activité ne vit par elle-même, c'est une absurdité. Partir de ce principe pour repenser l'économie est aussi réducteur qu'un discours de Le Pen un soir de diffamations. »

Je ne suis absolument pas fan du « FN », pour moi c’est le seul parti qui propose un truc qui tient la route.

Par contre, je n’ai absolument pas compris pourquoi en répondant à une des miennes le FN est venu sur la table. Car dans mon esprit c’est une situation complètement impossible, même si cela arrive dans les médias.

Grâce à notre échange complet, je viens de comprendre et cela me terrifie. Je te l’expliquerai plus loin où c’est plus d’à-propos.

Je te remercie à un point que tu ne peux t’imaginer.

 
Pour les besoins d’une multinationale, je ne vois pas où tu veux en venir.
Une multinationale repose en partie sur des facteurs contraires à la compétition : curiosité, identité, opinion, affinités.
On ne doit pas parler de la même chose. Une multinationale pour moi, c’est un truc qui délocalise pour maximiser ses profits. Qui licencie son personnel pour atteindre un bénéfice planifié. Ce genre de chose.

Soit on opte pour un système économique mondialisé qui fâche les populations locales.
Soit on opte pour un système économique localisé qui fâche sur le plan international.
Idem, tu proposes l'éternel discours, tu opposes un modèle capitaliste mondialisé à un modèle capitaliste auto-centré, tu les mets en compétition via ton petit descriptif savamment résumé, tu proposes au gens de voter pour l'un ou pour l'autre.

Considérer la compétition comme étant le seul critère d'analyse est un appauvrissement de l'intellect.

Bref, on devrait avoir le droit de choisir un « ni ni ».
Maitenant j’ai compris la raison de notre incompréhension.

Ce que tu appelles modèle capitaliste auto-centré,  n’est rien d’autre que les bases fondamentales pour permettre en interne un système économique nommé le « socialisme ».

Le système économique qu’a développé l’Europe pour qu’une partie de son économise fonctionne sous un système communiste (URSS) et l’autre comme par le capitalisme (USA).
C’est ce système qui permettait entre autre, les soins de santés, les allocations de chaumages et le financement à perte des choses culturelles que seul l’était est capable de réaliser.

Il n’a même pas été remplacés de puis même pas trois décennies que les jeunes générations ne sont même plus incapables de l’identifié.

Pire comme c’est le « FN » qui le propose, vous le prenez en aversion, à moins que cela ne soit que pour gagner l’électorat âgé.

Voila où l’on est arrivé aujourd’hui.
C’est triste ça.



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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #6 le: 09 juin 2017 à 04:03:49 »
Non mais c'est dingue, ça !

On ne va quand même pas revenir trente ans en arrière...

J'ai conscience qu'il y a eu une éternelle opposition entre "libéralisme mondial" et "socialiste nationalisation", mais on peut quand même sortir de ce schéma fermé, non ?

Surtout qu'on voit bien que ce schéma intellectuel fait mal la distinction entre droite et gauche, entre fascisme et patriotisme. C'est un vieux mythe qui faisait fondre en larmes les chaumières, et ne permettait jamais vraiment d'anticiper quelque crise économique que ce soit, tels de vieux chamans faisant la pluie et le beau temps, d'étranges prophètes invoquant la colère divine en période de tempête.

En plus, il s'agit de politiques économiques, ce dont tu me parles, ce qui n'a absolument rien a voir avec le principe que je propose. J'ai conscience que certains théoriciens se servaient d'une politique à la mode pour pondre un bouquin d'économie allant dans le sens de l'opinion, mais fais-moi le plaisir de ne pas m'y inclure, Kanimp. Je cherche quelque chose de compatible avec nos réalités respectives, pas quelque chose de rentable !

Un capitalisme auto-centré signifie que la compétition devrait se mener via une fermeture des frontières qui permettrait au pays d'organiser sa défense face à un danger international. Cela parle également de compétitivité des fermes et élevages, histoire d'être préparé à une éventuelle guerre. En gros, il y aurait une compétition naturelle entre les pays, et ce serait pourquoi il faudrait privilégier l'activité nationale au déficit des importations.

Bon, dynamiser une économie alternative ne va pas affaiblir l'économie traditionnelle, et puis il 'agit là de dynamiser des économies locales comme l'édition indépendante. Tu ne crois quand même pas qu'en renforçant l'économie alternative d'un pays, on en bousille la population ! Bref, cela ne signifie pas combattre les multinationales sur le terrain de la compétition, faut voir le monde autrement, l'ami.

Il s'agit là de proposer un statut de l'indépendance sociale dont le facteur fondamental est la compatibilité avec une demande ultra-diversifiée, c'est le cas dans de nombreux secteurs. Et lorsque le besoin se fait de défendre un « bien national », il faut chercher un modèle compatible avec la demande, sans pour autant bousiller les bonnes habitudes (les mauvaises habitudes, en revanche, il vaut mieux les corriger...).

Certains artisans ou petits entrepreneurs travaillent aujourd'hui dans la misère, et ils ne vont pas détruire leur activité pour autant. Il faut pouvoir répondre à cette demande aussi particulière que diversifiée.

C'est le cas des petites fermes, n'étant pas rentables, elles ont toutes les bonnes raisons de devenir compatibles à des demandes plus marginales que celles des supermarchés, d'être compatibles à une multitude de demandes particulières.

C'est le cas également de l'édition indépendante.

J'ai conscience que certaines multinationales comme Hachette voient d'un très mauvais œil leur éventuel affaiblissement, mais bon, on ne peut pas prévoir ce qui arrivera demain ! Si Hachette voyait le monde autrement que par l’œillère de la compétition, une économie de structures indépendantes ne lui ferait pas peur !

Et puis on ne va pas priver un secteur impliquant une multitude d'acteurs au profit d'un gros oisillon !

Il ne s'agit pas d'avoir des bouquins de qualité (« meilleurs » comme dit la compétition), il s'agit de bénéficier d'une véritable diversité saine pour l'ensemble des acteurs du livre. Une entreprise indépendante se met toujours en place à l'encontre des tendances actuelles, elle ne le fait pas dans un esprit de compétition, mais dans une logique de nécessité et de compatibilité à un besoin non satisfait.

On n'agit pas toujours par compétition, au contraire, on entame une activité selon un besoin donné, et rien ne peut empêcher quelqu'un d'être compatible avec une multitude de besoins diversifiés et particuliers plutôt que d'être compatible à un seul besoin uniformisé dont le format voue un culte à la compétitivité.

Je ne comprends pas pourquoi tu détournes le sujet en voulant faire comme si tu étais plus intelligent que moi ! Il ne s'agit pas de briller, mais de voir juste. En toute modestie, je souhaite proposer un autre modèle, cela ne devrait pas apparaître comme étant un quelconque affront. On fait des recherches, on perçoit des manques dans le secteur du livre, et on cherche des solutions.

Tu es intelligent et bien documenté, mais cela ne fait pas de ma proposition de statut de l'indépendance sociale un sujet qu'il faudrait ignorer au profit de l'histoire des Sumériens.

Bientôt on va me dire que je fais du mal à l'économie parce que je discute tranquillement du livre sur un forum d'écrivains !!
« Modifié: 09 juin 2017 à 04:07:53 par Alan Tréard »

Hors ligne Kanimp

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #7 le: 09 juin 2017 à 15:45:38 »
Non mais c'est dingue, ça !

On ne va quand même pas revenir trente ans en arrière...
Si pour avoir un futur pour mes enfants ce que j’appelle le progrès. Pour avoir une meilleur qualité de vie ce que j’appelle aussi le progrès. Un retour de trente ans en arrière, ce n’est pas un problème.
 

J'ai conscience qu'il y a eu une éternelle opposition entre "libéralisme mondial" et "socialiste nationalisation", mais on peut quand même sortir de ce schéma fermé, non ?
Oui, parce qu’il y a surement plein de choses qui n’ont pas été essayée et parmi elles certainement une qui fonctionne mieux que les deux précités.
Non, car le « libéralisme mondial » anéanti tout sur son passage et donc il nous en faut mettre en œuvre directement un autre système. Il n’y a que le « socialiste nationalisation » que l’on connait et maîtrisons.

En plus, il s'agit de politiques économiques, ce dont tu me parles, ce qui n'a absolument rien a voir avec le principe que je propose. J'ai conscience que certains théoriciens se servaient d'une politique à la mode pour pondre un bouquin d'économie allant dans le sens de l'opinion, mais fais-moi le plaisir de ne pas m'y inclure, Kanimp. Je cherche quelque chose de compatible avec nos réalités respectives, pas quelque chose de rentable !
Dans le cadre notre discussion, politique économique ou système économie sont  synonymes.
Tu cherches un système compatible pour palier à un manque. Ce manque concerne l’édition qui édite des livres. Un livre est un objet culturel, il est unique et de facto ne peut entrer en aucun cas en compétition avec un autre livre. Donc à la base tu ne devrais pas à mener ce combat.

Un capitalisme auto-centré signifie que la compétition devrait se mener via une fermeture des frontières qui permettrait au pays d'organiser sa défense face à un danger international. Cela parle également de compétitivité des fermes et élevages, histoire d'être préparé à une éventuelle guerre. En gros, il y aurait une compétition naturelle entre les pays, et ce serait pourquoi il faudrait privilégier l'activité nationale au déficit des importations.
La fermeture des frontières  implique qu’il n’y a plus de compétition entre pays, c’est une première chose. L’autre c’est qu’elle favorise l’économie locale au niveau d’un pays complet.
Concernant la compétition des fermes dans le cadre d’une éventuelle guerre. Au vu des directives européennes qui détruisent les capacités agricoles européennes. Cette guerre éventuelle, on est en plein dedans depuis quelques décennies.


Bon, dynamiser une économie alternative ne va pas affaiblir l'économie traditionnelle, et puis il 'agit là de dynamiser des économies locales comme l'édition indépendante. Tu ne crois quand même pas qu'en renforçant l'économie alternative d'un pays, on en bousille la population ! Bref, cela ne signifie pas combattre les multinationales sur le terrain de la compétition, faut voir le monde autrement, l'ami.


Il s'agit là de proposer un statut de l'indépendance sociale dont le facteur fondamental est la compatibilité avec une demande ultra-diversifiée, c'est le cas dans de nombreux secteurs. Et lorsque le besoin se fait de défendre un « bien national », il faut chercher un modèle compatible avec la demande, sans pour autant bousiller les bonnes habitudes (les mauvaises habitudes, en revanche, il vaut mieux les corriger...).

Certains artisans ou petits entrepreneurs travaillent aujourd'hui dans la misère, et ils ne vont pas détruire leur activité pour autant. Il faut pouvoir répondre à cette demande aussi particulière que diversifiée.

C'est le cas des petites fermes, n'étant pas rentables, elles ont toutes les bonnes raisons de devenir compatibles à des demandes plus marginales que celles des supermarchés, d'être compatibles à une multitude de demandes particulières.
Ici compatible signifie de la vente au détail (ferme) ou personnalisé (artisans).

C'est le cas également de l'édition indépendante.
Justement non, Car le livre est un objet culturel qui n’est pas régit par les règles de l’économie locale. À moins que l’ouvrage concerné ne soit si spécifique, qu’il n’y ait de sens que dans sa zone d’édition géographique.
Mais par contre, si l’édition est régie par ces règles, c’est parce que l’état a abdiqué à maintenir en vie le domaine culturel. La culture étant important, mais pas forcément rentable (souvent) et donc seul l’État peut le réaliser. Le domaine privé par nature ne s’occupe que des choses rentables.

Ici je trouve que le débat prend une tournure intéressante, car le système alternatif ou compatible que tu proposes n’est rien d’autre qu’une population qui se supplée aux défaillances de l’État à cause du pouvoir politique. Ce n’est rien d’autre qu’une condition supplémentaire de révolution que le système économique actuel créé tous les jours sous l’égide de nos dirigeants.

Et puis on ne va pas priver un secteur impliquant une multitude d'acteurs au profit d'un gros oisillon !
Et si le gros oisillon est un coucou.

Je ne comprends pas pourquoi tu détournes le sujet en voulant faire comme si tu étais plus intelligent que moi ! Il ne s'agit pas de briller, mais de voir juste. En toute modestie, je souhaite proposer un autre modèle, cela ne devrait pas apparaître comme étant un quelconque affront. On fait des recherches, on perçoit des manques dans le secteur du livre, et on cherche des solutions.

Tu es intelligent et bien documenté, mais cela ne fait pas de ma proposition de statut de l'indépendance sociale un sujet qu'il faudrait ignorer au profit de l'histoire des Sumériens.
Rien n’à voir. Lorsque tu mènes ton combat, il t’obnubile tellement que tu le vois partout.
Le sujet initial (grosso modo) Les petites maisons d’édition peinent à vivre car n’ont de visibilité que les grosses maisons qui ne s’intéressent qu’aux sujets rentables.
Il y a donc une inconsciemment une notion de compétition entre les deux intervenants. Notion que je retrouve partout dans tes propos et même dans le cadre de notre discussion.
Alors que je ne fais qu’essayer de comprendre ce que tu veux faire et dans la mesure du possible t’aider du mieux que je peux.
Le sujet initial a pour solution la création d’un label et cela s’appelle « Indépendance sociale » ou « économie alternative »
L’indépendance sociale, je suis bien en peine de donner une définition. Par sa terminologie elle est pour moi elle est relative aux personnes physiques.
L’économie alternative, la définition que j’en donnerai c’est qu’elle se substitue à l’existante, le libéralisme mondialisé (même si les deux fonctionnent en parallèle). Au vu de la discussion, c’est la réponse aux besoins sans être rentable.  Pour moi tout système économique doit être rentable. Mais aussi doit cyclé sur lui-même. Le terme économie sur base du sujet principal est fallacieux.

Bref, malgré toutes les explications que tu m’as données pour me dire que c’est indispensable, je n’ai pas compris comment il fonctionne et encore moins pourquoi il le fera.
Par rapport au système de label lui-même.
Je n’en vois pas l’utilité. Car déjà pour qu’il soit vu, il y a besoin de diffusion de masse.
Par contre les labels, je commence à les trouver de plus en plus ennuyant car cela tend à devenir une manière pour que quelqu’un d’autre décide à ma place de ce qui est bien ou pas.
 
EDIT: Je me suis trompé de terme un système économique ne doit pas être rentable, mais auto-suffisant.


Une petite touche d’humour.
Bientôt on va me dire que je fais du mal à l'économie parce que je discute tranquillement du livre sur un forum d'écrivains !!
Techniquement parlant, tu t’exprimes sur le forum d’une manière et pire tu incites ceux qui te lisent à acheter des livres autre et ailleurs que ceux distribué par les multinationales. Tu laisses supposer ces dernières qu’elles perdront un bénéfice supplémentaire d’une somme supérieur ou égal à un euro. C’est au moins du niveau d’un crime contre l’humanité.
« Modifié: 10 juin 2017 à 11:06:24 par Kanimp »

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #8 le: 10 juin 2017 à 22:47:55 »
 :D

Ou quand défendre l'intérêt général face à l'intérêt d'un unique vainqueur devient un crime contre l'humanité.

Je te remercie pour cette description de mes qualités et défauts, de mes compétences et doutes, je ne peux que m'en sentir flatté !

Tu prétends qu'inciter à acheter un livre issu d'une maison d'édition indépendante va inciter à ne plus acheter de livre à une maison d'édition traditionnelle, ce qui me paraît comparer un livre à une patate (une fois qu'on l'a mangée, on n'a plus faim). Ce n'est pas parce que l'on achète un livre d'un côté qu'on ne sera pas incité à acheter un livre de l'autre. On achète deux fois plus de livres...

Ensuite, lorsque l'on achète deux livres à un seul éditeur, et qu'on constate à cause de l'uniformité éditoriale qu'acheter un seul livre aurait suffi, on achètera moins de livres demain.

Rien n’à voir. Lorsque tu mènes ton combat, il t’obnubile tellement que tu le vois partout.
Le sujet initial (grosso modo) Les petites maisons d’édition peinent à vivre car n’ont de visibilité que les grosses maisons qui ne s’intéressent qu’aux sujets rentables.
Il y a donc une inconsciemment une notion de compétition entre les deux intervenants. Notion que je retrouve partout dans tes propos et même dans le cadre de notre discussion.
Alors que je ne fais qu’essayer de comprendre ce que tu veux faire et dans la mesure du possible t’aider du mieux que je peux.
Le sujet initial a pour solution la création d’un label et cela s’appelle « Indépendance sociale » ou « économie alternative »
L’indépendance sociale, je suis bien en peine de donner une définition. Par sa terminologie elle est pour moi elle est relative aux personnes physiques.
L’économie alternative, la définition que j’en donnerai c’est qu’elle se substitue à l’existante, le libéralisme mondialisé (même si les deux fonctionnent en parallèle). Au vu de la discussion, c’est la réponse aux besoins sans être rentable.  Pour moi tout système économique doit être rentable. Mais aussi doit cyclé sur lui-même. Le terme économie sur base du sujet principal est fallacieux.

Bref, malgré toutes les explications que tu m’as données pour me dire que c’est indispensable, je n’ai pas compris comment il fonctionne et encore moins pourquoi il le fera.
Par rapport au système de label lui-même.
Je n’en vois pas l’utilité. Car déjà pour qu’il soit vu, il y a besoin de diffusion de masse.
Par contre les labels, je commence à les trouver de plus en plus ennuyant car cela tend à devenir une manière pour que quelqu’un d’autre décide à ma place de ce qui est bien ou pas.
Tu m'incites à revenir sur ce passage.

Plusieurs facteurs permettent d'identifier une entreprise indépendante.

D'abord elle bénéficie d'un réseau d'individus et de sociétés dont ne bénéficient pas une mairie ou un État, car ceux-là ne trouvant pas de réponse à leur demande particulière auprès d'organismes institutionnels s'en vont chercher une offre alternative. Celles & ceux qui s'orientent vers l'économie alternative ne trouvent pas cette offre auprès de l'État ; ils forment un réseau de clients ou de partenaires propre à l'entreprise indépendante. Par la suite, si cette demande particulière grossit au sein de la population, la mairie ou l'État trouvent éventuellement un intérêt à lui apporter une réponse institutionnelle (via subventions ou rachats). Avoir un réseau prévaut sur toute entreprise, y compris compétitive.

Si une entreprise indépendante ne bénéficie pas toujours d'une « stabilité économique » dans le sens où on l'entend trop souvent (rentabilité), elle bénéficie nécessairement d'une stabilité d'offre ; autrement dit, elle se démarque par sa capacité à répondre à une demande de manière constante car c'est ce qui fait son identité ; son réseau ne peut se constituer que sur sa capacité à apporter une réponse continue à des demandes particulières, sans quoi le réseau disparaît.

Ensuite, l'entreprise indépendante n'est pas régie pas des conditions d'échelle ni de taille. Elle ne se constitue pas selon une quantité donnée, mais selon un manque prédéfini (non mesurable non unitaire). Elle n'a pas à apporter de preuve d'une quantité de production, dès lors que la demande ne se calcule pas toujours précisément. Ainsi, là où l'État ne s'en va répondre qu'à des demandes nationales, et la mairie à sa commune, l'entreprise indépendante peut facilement franchir les frontières du pays ou de la commune et ne se donne pas pour condition un périmètre d'action, une quantité de demandes minimum et toutes les contraintes que cela implique. Un tableau peut se vendre très cher ou non, parfois du jour au lendemain, parfois prend de la valeur sur des années, parfois à Paris, parfois à New York, parfois à Hong Kong. La quantité de peinture utilisée pour produire le tableau ne peut constituer aucun indicateur de fiabilité ni de rentabilité.

En revanche, l'entreprise indépendante se trouve en mesure de témoigner de l'évolution de sa démarche et de l'évolution de son réseau. Elle se trouve également en capacité de relever un certain nombre de demandes auxquelles elle répond, même en petit nombre, mais nécessairement diversifiées (impossible qu'une entreprise indépendante ne serve qu'à offrir des services à la mairie du coin, parce que la mairie a fait un unique appel d'offre ; si l'entreprise se trouve servir un seul organisme, une demande unique, elle n'est plus indépendante).

Ce que j'entends par-là, c'est que l'entreprise indépendante ne traite pas, à la base, une matière unique tel le charbon que l'on extrairait de la façon qui coûte le moins cher. Elle n'est pas capitaliste car elle n'optimise pas un moyen de production préexistant, elle diversifie continuellement les moyens de productions ou de diffusion, quitte à perdre les précédents, pour s'adapter à la demande en constante transformation. L'entreprise indépendante n'ayant pas ce rapport au « coût de production » de manière unilatérale ne peut en faire un présupposé à chaque investissement. Ensuite, si l'activité se concentrait autour d'une matière produite en grande quantité car selon un procédé unique, l'entreprise verrait soudainement un intérêt majeur à baisser les coups de productions. Une telle recherche n'est utile que si le reste des activités est conditionné par une demande simple et non diversifiée.

L'entreprise indépendante ne dépend pas de conditions d'ordre général (assentiment populaire, ligne politique, image unique ou slogan, charte administrative, promesse de campagne, etc.) et peut aisément aller à l'encontre des mœurs (ce qui en fait le premier lieu de l'innovation intellectuelle et technique), elle ne dépend pas non-plus d'investissements privés ou publics contraignants, et ne répond donc pas à une demande institutionnelle (excepté dans le cas où l'institution elle-même ne trouve plus de réponse à sa demande auprès de l'économie traditionnelle). Sa base est nécessairement une demande particulière ou marginale, elle ne peut se rapporter à un contrat institutionnel (dans le sens des subventions ou de l'affiliation, pas dans le sens légal du mot « institutionnel »). Elle se rend cependant dépendante de la demande particulière, ce qui nécessite une grande compatibilité avec la diversité des besoins minoritaires.

Ainsi, on peut faire des comparaisons entre une entreprise indépendante et une entreprise capitaliste, mais aussi trouver des distinctions.

L'entreprise indépendante doit pouvoir être compatible avec une multitude de besoins allant dans le sens de son activité. S'il s'agit d'édition, il s'agit de pouvoir faire le lien entre une diversité d'auteurs et une diversité de libraires ou de prescripteurs. Un éditeur n'est pas indépendant s'il repose sur un seul auteur, ou sur un seul diffuseur. La diversité des collaborateurs est un fondamental non négligeable. Le rôle de transfert d'une demande à l'autre est essentiel, ce qui distingue ce type d'entreprise d'un simple particulier, c'est qu'elle est en capacité de citer l'ensemble des acteurs ayant recours à son offre. Il n'est pas possible qu'une entreprise indépendante ne cite pas sa clientèle ou ses collaborateurs, ils sont le socle de sa fiabilité. Un particulier vend ses pommes à ses voisins, un vendeur indépendant vend les pommes de telle, telle et telle ferme, sur tel, tel et tel marché, avec tel, tel et tel partenaire.

Si tu veux vérifier, tu prends contact avec les fermes en question, les marchés en question, et les partenaires en question. Seule une entreprise indépendante bénéficie d'un réseau précis, et d'une liste de partenaires qui répondront aux vérifications. De nombreuses entreprises indépendantes sont en relations les unes avec les autres, leur donner un statut améliorera la visibilité de ces réseaux.

On peut imaginer la création d'un « certificat de relation d'indépendance » qui n'engage ni l'un ni l'autre des acteurs, mais fait l'état de leur collaboration.

L'entreprise indépendante peut aisément prendre des risques et proposer des pratiques contraires à celles d'une puissance intellectuelle ou technologique comme les universités. Elle peut prendre le risque de perdre une multitude de « clients potentiels » dans le sens où elle répondra pendant ce temps aux besoins auxquels ne répond plus l'institution en question. Elle se voit donc créer une activité selon une multitude de besoins minoritaires dont le point commun est l'incapacité de l'institution à apporter une réponse en charge du problème. Ainsi, l'entreprise indépendante est celle qui est à la marge, et ne subit donc pas les contraintes idéologiques, esthétiques ou étiques d'un acteur traditionnel. Par ailleurs, répondre à des besoins minoritaires est une activité en soi, quelque soit la cause de ces demandes sans réponse.

L'entreprise indépendante peut s'extraire d'un modèle réputé viable dès lors qu'elle invente une alternative paraissant absurde aux yeux de ce modèle, et répondant cependant à une réalité économique. Il ne s'agit pas de remettre en question le modèle en place (comme il m'arrive parfois de le faire à titre personnel) mais de satisfaire un facteur non identifié et/ou exclu du modèle majoritaire.

Tu dois voir l'entrepreneur indépendant comme répondant à des besoins diversifiés auxquels ne répond plus le marché traditionnel, et cela concerne tous les secteurs, aussi bien culturels que les autres.

Ainsi, l'image que l'on donne d'un auteur aujourd'hui, c'est qu'il cherche à avoir du « succès », dans le sens où il aspirerait à obtenir des éloges et de l'argent. À titre personnel, je ne considère pas une telle démarche comme étant professionnelle, mais ça se discute. Cependant un tel auteur n'est pas indépendant. Il attend des éloges et de l'argent de quelque organisme institutionnalisé, il ne peut répondre à une demande minoritaire. Un auteur indépendant ne voit pas d'intérêt à signer tous ses contrats chez une maison d'édition unique étant donnée la transformation des demandes qu'il observe au quotidien. Un auteur indépendant ne peut pas accepter de signer un contrat qui fera obstacle à ses activités (via restrictions imposantes). Le principe est donc de relever des demandes particulières et minoritaires, et de faire appel à l'auteur pour répondre à ces besoins non traditionnels. Certains ont recours à des auteurs indépendants pour répondre à leurs problématiques, et croyez-moi, ils y trouvent parfois une grande satisfaction (encore faudrait-il le payer, cet auteur...).

L'entreprise indépendante n'a aucune contrainte de temps, elle peut mettre en place une stratégie qui apportera des bénéfices dans des années, tel que tous ceux dont nous avons parlé précédemment, artistes, auteurs, maisons d'édition, scientifiques et chercheurs, bref, toutes ces activités fondamentales qui ne prennent de sens que dans un temps non défini.

Un principe fondamental de l'entreprise indépendante, c'est qu'elle est en capacité de citer un objectif extérieur à elle-même, autrement dit un objectif qui s'ancre dans l'actualité. J'ai toujours insisté sur ce sujet concernant les auteurs de ce forum, ils doivent pouvoir expliquer leur démarche dans un contexte d'actualité. Une entreprise indépendante n'a aucun sens si elle n'est pas en capacité de s'ancrer dans un environnement immédiat, de l'utiliser comme argument de sa démarche d'indépendance. Rien ne peut initier une entreprise indépendante d'autre qu'un manque, qu'une problématique précise qu'aurait estimé l'entrepreneur. La démarche doit nécessairement être explicable et expliquée, c'est la seule condition à sa fiabilité. Si l'entrepreneur ne peut resituer son activité dans un contexte d'actualité, il n'est pas fiable. Seule une entreprise capitaliste ne projette rien d'autre que d'avoir du succès, d'être rentable, en quelque sorte. L'entreprise indépendante ne pouvant survivre dans un modèle économique d'actualité, et répondant à des besoins minoritaires, elle perçoit nécessairement l'actualité comme étant en manque, insuffisante, car c'est de cette insuffisance qu'elle tire son activité ; elle ne peut donc en aucun cas projeter une « réussite » au sein de ce modèle auquel elle ne s'identifie pas, c'est la raison pour laquelle elle opte pour un modèle alternatif, et est en capacité de l'expliquer précisément.

Tu sais, le modèle imposé par Hachette et Gallimard, il y a un très grand nombre d'éditrices et d'éditeurs qui ne le supportent plus...

Enfin, l'entreprise indépendante peut nécessairement se défaire d'un contrat sans mettre en danger son activité : cela signifie que toute entreprise qui irait passer un contrat majoritaire avec un distributeur ou un producteur sur une période de temps très large, et ne pourrait plus s'en détacher, se trouverait nécessairement en situation de dépendance. Dès lors qu'un acteur extérieur a pris une importance trop large dans l'activité d'une entreprise (distributeur majoritaire, ou diffuseur majoritaire, ou client majoritaire, etc.), celle-ci voit sa capacité d'adaptation disparaître, car elle s'est rendue dépendante d'un facteur unique, majoritaire et contraignant. Cela permet ainsi de faire la distinction entre une entreprise affiliée et une entreprise indépendante. L'entreprise indépendante répond nécessairement à un besoin qui évolue et ne peut donc pour ainsi dire pas s'engager à maintenir sa demande auprès d'un seul distributeur ou d'un seul producteur. De cette façon, la distinction peut également se faire entre un organisme qui dépend d'un investisseur privé identifié, comme une troupe de théâtre qui aurait signé un contrat exclusif, et un organisme qui fonctionne sur des contrats non exclusifs étant donné le dynamisme bien particulier d'un modèle alternatif.

Il faut bien voir que la situation que je décris-là, concerne une multitude d'acteurs de l'ombre aujourd'hui sans statut, sans identité, sans aucune considération de la justice ni des politiques publiques ; c'est encore aujourd'hui un vide sémantique absolu.

À savoir, un artiste peut se rendre dépendant d'un contrat exclusif non pas parce que celui-ci lui apporte du succès, mais parce qu'il représente une certaine stabilité dans un univers extrêmement déstructuré. Le modèle actuel n'est même pas compétitif, il est asservissant et incompatible. Si nous apportions une structure aux secteurs culturels (bien plus diversifiés qu'on ne le croit), les contrats auraient un avantage à être moins restrictifs. On pourrait tout à fait tenter de revoir le modèle d'identification des différentes activités liées au monde de la culture, de le complexifier un peu, et lui apporter un peu plus de lisibilité. Les éditeurs, producteurs ou galeristes sont aujourd'hui en position de domination vis à vis des artistes, mais ils n'aspirent pas tous à cela, c'est une illusion. De nombreux diffuseurs, éditeurs ou prescripteurs trouveraient un véritable intérêt à bénéficier d'une économie alternative, même si celle-ci transforme leur statut. Il ne s'agit pas de chasse à l'homme.

Pour en revenir à ta vision de l'entreprise nécessairement rentable, Kanimp, je ne suis pas bien sûr que tu m'aies compris. On ne verrait pas l'utilité d'entreprendre, d'écrire, de publier, de lire ? Sauf si c'est rentable ? Ça ne me paraît pas cohérent. En ce qui concerne un statut de l'indépendance sociale, ne s'agirait pas d'interdire à une entreprise d'être rentable, ce qui me semble la moindre des étrangetés, mais de ne plus faire de ce critère le seul critère d'identification d'une activité. Il s'agirait de se donner les moyens de mieux considérer ces économies que nous méconnaissons tant !
« Modifié: 10 juin 2017 à 23:16:26 par Alan Tréard »

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #9 le: 11 juin 2017 à 17:34:40 »


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Pour en revenir à ta vision de l'entreprise nécessairement rentable, Kanimp, je ne suis pas bien sûr que tu m'aies compris. On ne verrait pas l'utilité d'entreprendre, d'écrire, de publier, de lire ? Sauf si c'est rentable ? Ça ne me paraît pas cohérent.
Pourtant ça l’est. Je me suis inscrit sur le MDE pour apprendre à écrire. Dans le monde réel, je dois faire vivre ma petite famille. Ma prose me permet-elle d’en vivre. La réponse est non. Donc je fais autre chose et j’écris quand j’ai le temps.

Donc l’édition indépendante est immédiatement confronter à cette problématique. Est-ce qu’elle permet de faire vivre les gens qu’elle emploie. Seule une entreprise rentable autorise la satisfaction de cette condition. La rentabilité sera atteinte grâce à l’entièreté de son catalogue et non par la rentabilité des livres qui constituent son catalogue.

Maintenant, si l’entreprise n’est pas rentable. Il y a deux options possibles :
Si les gens nécessaires à maintenir cette activité ont besoin d’en vivre.  L’entreprise n’existera pas.
Par contre si les gens nécessaires à cette activité n’ont besoin d’en vivre. Alors l’entreprise pourra peut-être exister. Le conditionnel est très clairement d’application.

Maintenant l’activité concerne les livres et donc il y a une similitude entre la vente d’un livre et l’intérêt de l’acheter (aspect rentable) de satisfaire un besoin (ce que tu désires).

Il me parait clair qu’il est plus probable de vendre un roman policier qu’un ouvrage qui contient des équations mathématiques surtout si le sujet traité n’intéresse qu’une infime partie de la population. Le nombre de vente peut encre drastiquement se réduire, si le sujet est professionnel et que seul des entreprises l’achètent.

Je pense qu’il y a trois catégories de livres pour la constitution du catalogue. Comme on parle du cœur du fonctionnement de l’activité d’édition. La réflexion n’est qu’économique.
Le nombre présent de livres rentables du catalogue va dépendre des besoins financiers de l’activité. Il sera plus important pour une activité qui rémunère ses employés que pour une qui utilise des bénévoles. Par contre, une activité qui fonctionne par bénévolat et reçoit des subventions ne peut pas s’affranchir d’une certaine rentabilité. Car dès l’instant où l’activité n’est pas en  mesure de payer ses fournisseurs, le parcours s’arrête. 


Toutes les entreprises de l’édition indépendante vont-être  confrontées à la même problématique « réduire les invendus ».
Donc privilégier l’impression à l’unité pour satisfaire une commande. Pour tous les livres qui ne sont pas destiné à un large public.
Pour réduire les coûts d’impression, en peut envisager des tirages de 10 ou 100 exemplaires, en fonction du nombre de personnes de le vouloir.
Et des tirages plus importants pour les livres destinés à faire fonctionner la machine et à atteindre la rentabilité.

Pour moi, la véritable force de l’édition indépendante repose sur le fait qu’elle a un très large catalogue pour satisfaire un besoin. Donc tout livre qui constitue son catalogue peut devenir un succès car le public le désire du seul fait de sa présence dans le catalogue.

Ensuite, il y a tout l’aspect législatif à régler. En Belgique, si je devrais me lancer dans l’édition indépendante, je prendrais un statu d’ASBL (Association sans but Lucratif). J’imprimerais les livres en fonctions des trois catégories de distribution.
En fin d’année, tous les invendus sont donnés à des bibliothèques publiques. Il y a deux raisons à cela. La distribution dans les bibliothèques permet une visibilité. L’absence de stock évite l’impôt. Une ASBL n’étant pas une activité commerciale, elle n’est pas (n’étais pas) imposée sur ses rentrées financières. Elles sont imposées  sur le stock (bien) détenu lors de la clôture de l’année fiscale.

Il y a encore toute la problématique de la visibilité. Car avoir un catalogue pour satisfaire des besoins ne sert à rien si personne ne sait qu’il est disponible. 


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Re : Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #10 le: 12 juin 2017 à 02:40:06 »
Mon principe est simple : le jour où l'économie traditionnelle ne permettra plus de créer des emplois (qu'elle qu'en soit la raison), l'économie alternative permettra de rééquilibrer la situation.

Tu dois bien imaginer qu'il existe de nombreux facteurs (réchauffement climatique, guerre, dysfonctionnement du processus économique traditionnel) qui ne peuvent nullement être prévus à l'avance, et qui donnent tout son sens à l'entreprise indépendante dans ce qu'elle a de fondamentalement innovant. Par ailleurs, on sait combien une puissance financière peut engager des coûts et des investissements gigantesques qui l'empêchent de faire demi-tour le jour où une erreur est commise quelque part.

Le jour où tu n'auras plus de quoi nourrir ta famille, tu t'orienteras naturellement vers une économie alternative. Sur dix modèles alternatifs, un seul apporte une solution majeure, mais ce sont les neuf autres qui ont fait survivre ce modèle via l'économie alternative (le temps qu'il soit reconnu) ; cette économie fonctionne sur un réseau tout à fait renouvelable.

Ainsi, les quelques unes non rentables ou perdues en cours de route ont eu toute leur utilité : elles ont permis aux plus compatibles de constituer une stabilité. Par ailleurs, si l'une d'entre elle instaure une solidité (ce que tu appelles une rentabilité), elle en fait bénéficier l'ensemble du réseau.

Tu dois admettre qu'il existe une économie alternative, même si cela te paraît impossible ; la question que je pose est la suivante : n'est-il pas nécessaire de s'y intéresser avant d'en avoir réellement besoin ? Cela ne permettra-t-il pas d'apporter une véritable stabilité et d'éviter de nouvelles crises gravissimes ?

Le capitalisme hégémonique (dans son idéologie contemporaine, et non dans son principe fondamental) ne supporte pas qu'autre chose existe ; cela a-t-il pourtant empêché autre chose d'exister ?

Faudra-t-il attendre que tu n'aies plus rien à mettre dans ton assiette pour que tu te poses la bonne question ?

D'abord, je ne nie pas le fait qu'une entreprise indépendante a besoin d'investissements pour dynamiser son activité, simplement j'estime que l'on ne peut pas se référer à ce critère pour juger l'utilité d'une entreprise. Le catalogue dont tu me parles, il s'insère lui-même dans des librairies indépendantes, et promeut des auteurs indépendants, via des diffuseurs indépendants ; un diffuseur traditionnel supporte très peu un livre indépendant, seuls quelques uns passent les mailles du filet ; or ce sont les autres livres indépendants qui ont fait survivre l'éditeur en attendant le bon numéro. Tu vois, l'économie alternative suit des modèles parfaitement détachés des traditions sur l'ensemble de sa chaîne de production. Considérer qu'une entreprise n'a d'intérêt que parce qu'elle génère de l'argent, c'est nier tout autre facteur de l'activité, c'est faire de la rentabilité un unique facteur de compatibilité de l'entreprise indépendante. Autrement dit, c'est créer une utopie.

Si une entreprise indépendante est compatible avec une multitude de demandes, elle peut trouver plusieurs moyens de pérenniser ses investissements, de les « rentabiliser ». Simplement, tu dois comprendre qu'il y a des situations dans lesquelles on ne sait pas si un investissement sera rentable ou non, comme signer un contrat avec un auteur par exemple ; cela n'empêchera pas l'entreprise d'investir, car sans cette prise de risque, il n'y a pas d'activité. Une maison d'édition ne sachant pas si ses investissements seront rentables ou non, elle décide de se référer à ce que font les autres maisons d'éditions, elle essaie d'être compatible avec le marché. On leur dit de publier des auteurs qui ont gagné des médailles (via compétition), mais ce modèle reste inefficient le plus souvent. C'est parce que ce marché a été appauvri que les maisons d'éditions actuelles n'ont plus de référence fiable en matière de compatibilité. Elles ne savent jamais si un investissement sera rentable ou non : cela en fait-il des entreprises peu fiables ou inutiles ? Pas si sûr...

Lorsque tu estimes un produit, que tu lui donnes une valeur, tu te bases sur des critères nécessairement distincts du coût de production. Ne parlons plus d'un seul livre, mais du nombre de fois qu'il sera imprimé. Quelle valeur donner au livre ? Au moment de sa réécriture, de sa correction et de sa préparation, faut-il le considérer comme étant imprimé cent fois ou bien cent mille fois ? Tu estimes un produit selon des facteurs de compatibilité. Tu estimes le prix d'un produit d'une façon compatible avec sa valeur supposée (idem pour les heures de travail, les diplômes, les compétences d'un individu, etc.).

Ce devra maintenant être pareil lorsque tu estimes une entreprise, l'ami, suis mon conseil !

Dis-toi que rien ne sert d'estimer une entreprise indépendante selon sa rentabilité, mais selon sa compatibilité avec une multitude de demandes (et dès lors, la considérant compatible à ces demandes diversifiées, toi aussi tu investis dans l'entreprise !).

En ce qui concerne le livre non rentable, il le sera peut-être dans dix ans, est-ce que cela en fait une « non activité » ?

En ce qui concerne la capacité de l'éditeur à répondre à ses fournisseurs, je la perçois très bien. Prétendre que l'éditeur ne satisfait pas son contrat, ce serait prétendre que l'entreprise indépendante n'est pas en mesure de justifier ses investissements ni d'expliquer sa démarche ; aucune entreprise indépendante n'est en capacité de maintenir son réseau si sa démarche et ses investissements ne sont pas justifiés, vérifiables et en relation avec l'actualité (ce qui n'est pas donné à tout le monde et demande une certaine élévation, j'en conviens). Je vais même plus loin, l'éditeur fait partie d'une chaîne de production, il ne doit pas en mépriser les acteurs (auteur, éditeur, imprimeur, libraire, etc.). Tu signifies-là qu'un éditeur doit satisfaire ses contrats, et cela coule de source. En revanche, il faut aujourd'hui pouvoir distinguer un éditeur qui satisfait ses contrats parce qu'il a reçu des subventions et qu'il a signé avec un diffuseur majoritaire sur le marché ; d'un éditeur qui a satisfait l'ensemble de ses contrats par la construction d'un réseau diversifié et indépendant. Dès lors, la valeur de son activité change soudainement : il n'est plus le produit d'une institution ou d'une puissance financière, il n'est plus un « succès » institutionnel. Sa réputation suivra...

Enfin, en ce qui concerne le catalogue, je pose la question suivante : comment s'est-il constitué ? Est-il basé sur un réseau large et diversifié ou bénéficie-t-il d'un financement occulte ? Sert-il une institution ou se détache-t-il de ce présupposé ? Est-il au service de quelque idéologie majoritaire et rentable ou répond-il à un besoin réel ?

Tu dois bien comprendre une chose : aujourd'hui, les critères de réussite sont complètement biaisés ; une entreprise peut très bien avoir l'air « d'avoir réussi » alors qu'elle est financée par un géant financier. Quand les jeunes veulent apprendre le métier, et s'insérer dans le monde de l'édition, les cours qu'on leur donne son tellement détachés de la réalité qu'ils ont très peu de chance de trouver un quelconque moyen de nourrir la famille. Dès lors, les institutions vont dire aux éditeurs qui voudraient « réussir » : « faites comme cette maison d'édition-là, elle a réussi, elle, » alors qu'en réalité, la dite maison d'édition repose sur les coups de pouces d'une puissance financière intéressée. Dès lors, toutes les autres maisons d'édition qui vont recopier la réussite factice (et soi-disant rentable) vont se planter lamentablement car l'offre en question est déjà satisfaite par la maison d'édition à la réussite factice.

Très rapidement, un seul petit mensonge peut dénaturer totalement les facteurs.

Et l'on crée ainsi l'échec de toute une génération !

Hors ligne Kanimp

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #11 le: 12 juin 2017 à 11:59:53 »
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Mon principe est simple : le jour où l'économie traditionnelle ne permettra plus de créer des emplois (qu'elle qu'en soit la raison), l'économie alternative permettra de rééquilibrer la situation.
L’économie traditionnelle est synonyme de l’économie actuelle. Les discours des politiciens de créations d’emplois reposent sur des emplois précaires. La diminution du chômage repose sur la non comptabilisation des gens qui en sont rayés. Ta hantise que tu conjugues au futur est aujourd’hui a conjugué au passé.


Citer
Tu dois bien imaginer qu'il existe de nombreux facteurs (réchauffement climatique, guerre, dysfonctionnement du processus économique traditionnel) qui ne peuvent nullement être prévus à l'avance, et qui donnent tout son sens à l'entreprise indépendante dans ce qu'elle a de fondamentalement innovant.
Allan, de temps à autre, il convient d’avoir un minimum les pieds sur terre. Peu importe le comme on y va, le mur nous allons le prendre dans la joie et la bonne humeur tout en appuyant sur l’accélérateur.

Citer
Le jour où tu n'auras plus de quoi nourrir ta famille, tu t'orienteras naturellement vers une économie alternative.
Euh non, déjà c’est un point qui m’a toujours tracassé et ce même avant d’avoir des enfants.
Mais contenu que les gens sont obligés d’être dans le capitalisme actuel pour nourrir leurs enfants.
Nourrir le peuple, n’est pas un sujet d’économie alternative. À mon sens, c’est directement de la stratégie militaire anticapitaliste. Car pour s’affranchir de la mondialisation, il est obligatoire de satisfaire ce point-là.

Citer
Sur dix modèles alternatifs, un seul apporte une solution majeure, mais ce sont les neuf autres qui ont fait survivre ce modèle via l'économie alternative (le temps qu'il soit reconnu) ; cette économie fonctionne sur un réseau tout à fait renouvelable.
Actuellement, la seule économie alternative que je connais c’est l’utilisation de monnaies locales. Quelques communes belges ont commencé à mettre en route, mais pas la mienne.
J’avais que quelque part en Hollande ils se servaient de ce système et du coup à cet endroit la crise des subprimes, ils ne l’ont même pas remarqué.
Est-ce à cause de cela ou pour d’autres raisons que cela commence à être implémenté en Belgique, je ne le sais pas.

Maintenant, j’aimerais bien que tu détailles ces modèles, afin que je puisse les analyser.


Citer
Simplement, tu dois comprendre qu'il y a des situations dans lesquelles on ne sait pas si un investissement sera rentable ou non, comme signer un contrat avec un auteur par exemple ; cela n'empêchera pas l'entreprise d'investir, car sans cette prise de risque, il n'y a pas d'activité.
Ah non, ce n’est pas vrai du tout.
Il y aura une activité si et seulement si elle peut se permettre les échecs aux prises de risques.
Et c’est ce point précis que tu t’acharnes à ne pas vouloir comprendre.
Ce point est d’autant plus important. Que l’idée première est d’éditer des livres qui ne se vendent pas ou trop peu pour financière permettre la dite activité.
Dans les explications que j’avais données préalablement, les revenus des auteurs se réalisent sur base du nombre de livres édités.

Citer
En ce qui concerne le livre non rentable, il le sera peut-être dans dix ans, est-ce que cela en fait une « non activité » ?
J’avais géré ce point pourtant :
« Pour moi, la véritable force de l’édition indépendante repose sur le fait qu’elle a un très large catalogue pour satisfaire un besoin. Donc tout livre qui constitue son catalogue peut devenir un succès car le public le désire du seul fait de sa présence dans le catalogue. »

Citer
Enfin, en ce qui concerne le catalogue, je pose la question suivante : comment s'est-il constitué ?
Un auteur demande d’être édité et accepte les conditions d’éditions.

Citer
Est-il basé sur un réseau large et diversifié ou bénéficie-t-il d'un financement occulte ?
En gros relis mon poste précédent.

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Est-il au service de quelque idéologie majoritaire et rentable ou répond-il à un besoin réel ?
Ce contrôle incombe à l’éditeur.

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #12 le: 13 juin 2017 à 03:41:24 »
Très bien, tu m'amènes à mettre ma théorie à l'épreuve des faits.

Mon discours légaliste se tourne fondamentalement vers le « ce qui est déjà » quand toi, tu recherches des lois allant dans le sens de « ce qui devrait être ». Ainsi, nos intérêts concordent, mais la parole de l'un ne fait pas ressortir ce que dit la parole de l'autre. Je pense que le monde du livre a fondamentalement besoin d'un renouveau, mais que cette régénération aurait dû se faire naturellement, sans le coup de pouce ni l'intervention majeure d'une puissance. Aujourd'hui, la régénération du livre ne se fait pas naturellement. Ainsi, je cherche à éviter les futures crises du livre en proposant un principe universel.

Tu me cites deux exemples distincts :
  • une économie alternative basée sur une monnaie locale ;
  • une économie du livre reposant sur une maison d'édition au catalogue diversifié.

Je m'en vais déconstruire ces deux propositions en tant que « solutions à suivre », tout en les réhabilitant en tant que « potentielles solutions d'avenir ».

  • D'abord, l'économie locale est pour l'instant une économie alternative, c'est clair. Ainsi, elle apporte d'excellentes nouveautés, mais ne permet en rien de s'assurer que de nouveaux travers n'apparaîtront.

    Cette économie peut sembler « rentable » dans un premier temps, puis s'avérer finalement instable et s'effondrer. Elle peut amener beaucoup d'enthousiasme et de confiance au premier abord, puis prendre une dimension catastrophique par la suite. Elle peut reproduire les travers de l'euro, tout comme elle peut éviter les travers de l'euro, ou amener une multitude de travers dont l'euro est protégé. Ainsi, partir du principe que ce doit être une économie rentable lorsque celle-ci n'en est qu'à ses premiers pas, c'est d'ores et déjà supposer qu'elle sera nécessairement stable et incontournable, supposition qui me paraît invraisemblable !

    On est typiquement dans un cas économique dans lequel la notion de rentabilité s'avère infructueuse car manquant de fiabilité.

    Certaines monnaies locales pourront éventuellement « bien marcher » pendant que d'autres se verront provoquer des crises que l'on n'avait pas anticipées. On étudiera celles qui ont fonctionné, mais aussi celles qui ont échoué, on se rendra également conscient de l'impact d'une monnaie locale sur l'économie traditionnelle (Une monnaie locale stimule-t-elle par ailleurs l'euro ou l'asphyxie-t-elle ?).

    Autrement dit, la question qui se pose est la suivante : Comment juger la valeur de cette monnaie ? Comment lui attribuer une fiabilité ? Quelle évaluation lui apporter ? Faut-il faire appel à Standard&poor's ? (…)

    Tout l'avantage de ces économies alternatives, ce n'est pas de prouver qu'autre chose existe, c'est de lui donner un sens.

    C'est ici que ma théorie entre en jeu : il faut nécessairement évaluer la compatibilité de cette monnaie avec une multitude de demandes. En éprouvant sa compatibilité, en la déterminant, on s'offre une véritable grille d'analyse sur l'ancrage qu'elle pourrait trouver dans son quotidien. Cette monnaie a des conséquences sur les activités et investissements des entreprises, permet-elle une diversification des activités ou a-t-elle tendance à uniformiser les échanges ? On sait que ce sont les puissances politiques qui font la fiabilité d'une monnaie, qui lui donnent une valeur : Quelles taxes ? Quelle banque centrale ? Quel blanchiment possible ? L'évaluation ne dira pas : « Si vous passez par cette monnaie, vous rentabiliserez vos investissements, » mais « Cette monnaie répond à tel, tel et tel besoin ; elle ne répond pas à tel, tel et tel besoin. » Nous devons faire prévaloir la multiplicité des demandes sur leur impact supposé, faisant de chaque économie alternative une réponse à ces demandes, ne considérant pas ces économies alternatives comme étant une réponse à un seul besoin identifié, mais devant alors être compatibles avec la diversité des besoins connus ou envisageables. Autrement dit, on oublie la notation unilatérale de 1 à 10, de C- à AAA, on passe par une évaluation de la compatibilité de la monnaie en question. Cette évaluation inclut naturellement qu'il existe une monnaie traditionnelle qui répond à d'autres besoins.

    Le principe fondamental, c'est de reconnaître le fait qu'une économie alternative existe, de l'identifier comme telle, et d'en étudier sa richesse. Ne faut-il pas rappeler qu'au moment des innovations numériques, ce sont les formats qui ont été compatibles avec une grande diversité de demandes qui ont été pérennisés ?

    Le risque, ce serait par exemple d'avoir une monnaie qui monte les agriculteurs contre les distributeurs (via impôt ou redistribution des richesses). Ou une monnaie qui profite à la chaîne alimentaire et non à l'immobilier. Je sais qu'on s'est habitué à voir la monnaie comme étant quelque chose d'unilatéral qui distingue un pays de l'autre, mais on doit être en capacité de diversifier notre approche de cet outil.

    Ainsi, il ne s'agit pas d'encourager « l'économie alternative » comme étant un tout où tout est bon, mais d'étudier chacune de ces économies alternatives en leur donnant un cadre légal (puisqu'elles ne dépendent pas de la ligne politique nationale de taxes ou d'investissements, elles doivent au moins être encadrées par la loi), et en estimant leur compatibilité aux demandes, qu'elles soient locales ou internationales.

  • Revenons à nos bouquins...

    Tu proposes un modèle de maison d'édition qui repose sur un catalogue ultra-diversifié, et qui pour maintenir son activité en vie ne paye ses auteurs qu'à la vente d'un livre, ou qu'au nombre de livres édités.

    La question que je pose alors est la suivante : Quelle est la démarche de cette maison d'édition ?

    Si son unique objectif est de survivre dans un environnement devenu hostile, à l'encontre de la barbarie de Gallimard et de Hachette, c'est déjà une démarche indépendante. En supposant qu'on peut proposer un modèle non traditionnel, même semblable par certains aspects, on change tout un tas de critères qui vont sortir l'entreprise du modèle institutionnel. Si sa ligne repose sur un discours du type : « Si vous publiez chez moi, vous aurez peut-être du succès, » alors les auteurs ciblés seront toutes celles & ceux qui ne rêvent que d'avoir du succès. Remarquons qu'un discours basé sur le succès est extrêmement traditionnel ! Du coup, les demandes explosent, la maison d'édition s'inscrit dans une démarche apparemment indépendante avec un discours traditionnel (elle a même peut-être un temps le sentiment de dominer les institutions...). Cependant, le catalogue s'étant constitué sur un discours traditionnel, les libraires et diffuseurs indépendants ne vont pas s'intéresser au contenu des livres, très vite, le travail de l'éditeur sera remis en question (car comparé aux éditeurs traditionnels à cause de son discours). On est typiquement dans un cas où l'on voudrait orienter l'institution dans un sens ou dans l'autre sans vraiment prendre en compte les réels besoins des lecteurs, des libraires ou des auteurs. Au final, la maison d'édition tenant une ligne traditionnelle avec une légère innovation peut éventuellement avoir un succès institutionnel, mais ne s'inscrit absolument pas dans un réseau diversifié et indépendant. Quand on met en place une démarche indépendante, on l'assume jusqu'au bout ; sinon on ne fait que tenter sa chance pour s'inscrire autrement dans l'institution. On en revient au même problème, la maison d'édition aura pour concurrents Gallimard et Hachette.

    Voilà d'abord en quoi proposer un autre modèle n'est pas accessible à tous, il faut connaître les besoins réels des auteurs et des libraires insatisfaits par l'institution pour mieux construire une démarche explicite et répondant à un manque réel.

    Cependant, si la maison d'édition construit une démarche indépendante sur un discours indépendant du type : « Chez moi, vous trouverez des livres qui ne seront jamais publiés ailleurs, » alors soudainement, elle prend un intérêt pour les réseaux indépendants : elle se constitue et sur une démarche indépendante et sur un discours indépendant. Elle suppose que le modèle traditionnel exclut une partie des auteurs et ne permet donc pas de satisfaire l'ensemble des lecteurs, sans compter le risque pour la régénération du marché du livre. Pourquoi dire « chez moi, vous trouverez des livres qui ne seront jamais publiés ailleurs » prend-il du sens dans l'actualité ? Tout simplement parce que l'uniformisation provoquée par le marché traditionnel a généré une exclusion massive, tout simplement parce qu'elle devient la seule maison d'édition à publier des livres qui ne seraient pas rentables à priori (remarque, dès lors qu'elle aurait raison, ces livres soit-disant non rentables [ou pas à la mode] pourraient bien trouver leurs lecteurs).

    Tout l'enjeu d'une démarche indépendante est là : Quelle démarche peut-elle être compatible avec une multitude de demandes ? Existe-t-il des libraires dont l'objectif n'est pas servilement de faire le succès des auteurs, mais serait éventuellement culturel ou intellectuel ? Existe-t-il des auteurs prêts à ruiner leur faible espoir de succès pour répondre à des besoins qu'ils trouvent fondamentaux ? Les lecteurs n'ont-ils vraiment de plaisir à lire que les best-sellers, ou cherchent-ils autre chose dans leurs lectures ?

    Et le jour où les prescripteurs institutionnels ne seront plus écoutés, l'institution ne sera-t-elle pas contrainte à se réorienter ?

    Et si le besoin se faisait de changer d'air, de découvrir des auteurs originaux, faudrait-t-il demander l'aval de Hachette et de Gallimard ?

    Ainsi, c'est sa compatibilité à une diversité de demandes qui fait de la maison d'édition un acteur indépendant. Moins elle est compatible avec les différentes demandes, moins elle sera sollicitée. Si les libraires indépendants identifient en revanche qu'ils trouveront en cette maison d'édition des livres qu'ils ne trouvent pas ailleurs, ils assimileront cette maison d'édition à un renouveau.

    Et quand des lecteurs entreront dans une librairie en demandant quelque chose de nouveau, quelque chose qu'on n'a pas l'habitude de bouquiner, le libraire indépendant pensera instinctivement à cette maison d'édition indépendante qui publie des livres qu'on ne verra jamais publiés ailleurs.

    Dans le premier cas où la maison d'édition dirait : « Venez chez moi, vous aurez peut-être du succès, » sa démarche invite les auteurs à passer par elle pour s'inscrire dans les institutions, elle fait d'elle-même un vecteur de l'institution, et a besoin que ses livres soient reconnus auprès d'elle. Dans le deuxième cas où la maison d'édition dirait : « Chez moi, vous trouverez des livres qui ne seront jamais publiés ailleurs, » sa démarche invite les auteurs à considérer qu'ils ne s'inscriront pas dans l'institution en publiant ici, elle gagne alors en réputation auprès des autres maisons d'édition indépendantes, et construit un réseau solide au sein des auteurs et des libraires indépendants.

    Il ne s'agit pas de conseiller un modèle préfabriqué via les institutions ou les subventions, il s'agit d'encourager les éditeurs à innover, à quitter l'institution, au moins le temps de voir leurs initiatives s'inscrire dans un réseau indépendant ; un éditeur institutionnel étant directement confronté à la concurrence de Gallimard et de Hachette.

    Si demain, l'institution décide de réhabiliter des auteurs impubliables, alors la démarche de la maison d'édition s'orientera vers l'institution et perdra son indépendance, ou bien adaptera sa démarche à son réseau indépendant car elle estime n'avoir pas encore répondu au manque en question, ou bien elle disparaîtra.

    J'espère que je me suis à peu près bien fait comprendre. Oublions l'État prescripteur d'une réponse incontournable, offrons un cadre légal à des entreprises non subventionnées (et qui s'inscriront peut-être dans l'institution d'ici vingt ans).

    Donc faut-il que l'institution invite toutes les maisons d'édition à suivre ta proposition, Kanimp ? Je n'en sais rien, il faut voir si c'est viable pour le marché du livre. Il faut voir si cela favorise les librairies, ou si cela renforce des acteurs dangereux comme Amazon. Mais sache que dès lors que l'institution invite les maisons d'édition à suivre une proposition, elle les rend dépendantes de ses prescriptions.

Tout comme quand une institution invite à suivre tel ou tel auteur, telle ou telle démarche.

L'auteur peut très bien voir cela comme étant une victoire, et c'est une heureuse nouvelle ! Mais ce n'est pas tellement le sujet qui m'intéresse à l'instant.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est comment fait-on pour reconnaître une entreprise indépendante, sans pour autant l'institutionnaliser ? Comment reconnaît-on un statut légal à l'indépendance dont l'identité est justement de ne pas recevoir de subvention ?

Bien sûr, cela ne concerne pas l'ensemble du marché du livre, seulement une petite partie.

Et pour terminer, une petite note d'humour : quand on fonce « droit dans le mur », c'est qu'on ne l'a pas encore atteint, le mur ; il reste toujours une petite note d'espoir, un temps de lucidité pour que l'on incline légèrement sa trajectoire...

Hors ligne Kanimp

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #13 le: 13 juin 2017 à 16:10:28 »
Citer
Donc faut-il que l'institution invite toutes les maisons d'édition à suivre ta proposition, Kanimp ? Je n'en sais rien, il faut voir si c'est viable pour le marché du livre.

Même si le système pourrait/parait être viable, il est le reflet de ce que j’ai compris de ton projet.
Il ne vaut quand même mieux de ne pas le mettre en exploitation.

Il s’avère qu’avec tes connaissances du livre (ou de leurs acteurs) et mes connaissances en économie. Nous sommes compatible, pour respecter ta terminologie.

Car ton truc c’est de défendre le livre.
Mon truc c’est de t’aider à atteindre cet objectif, en faisant sortir de ce corps le  gros capitaliste qui sommeille en toi, sans que tu t’en rendes compte.

Car avec cette magnifique argumentation là :
Citer
Je suis désolé, Kanimp, mais il faudrait accepter d'autres formes d'économie dans lesquelles les gens auraient le droit d'aller mettre leurs sous-sous, au moins par liberté.
C’est juste une formulation différente de la règle élémentaire du capitalisme. « On est quelqu’un si on est riche ou l’on enrichit quelqu’un d’autres. Dans tous les autres cas on n’existe pas. »

Une fois que j’ai compris où tu veux en venir. Deux images me sont apparues.
La première c’est un Alan qui défend son projet à la Grande Librairie. Heureux de défendre le livre, ne tarissant pas d’éloges sur les pages magnifiquement décorées de lettres.
Et l’autre qui se passe lors d’une interview avec un journaliste financier. Alan apparait abattu, déprimé, tracassé car cette année encore, il n’arrivera pas à atteindre l’objectif qu’il  s’est fixé. Cela fait dix ans déjà qu’il fait tout son possible pour tomber en faillite. 

Donc je trouve que si le projet est beau, la méthode pour le mettre en œuvre est un peu violente, dangereuse pour ne pas dire kamikaze.

Ceci vient du fait que tu réalises deux amalgames distincts pour mieux les mélanger entre eux.
Le premier mélange, Le rôle social du livre, la raison sociale de la société d’édition.
Le deuxième confond le système économique et le capitalisme.

D’où tu proposes « de défendre le livre par un société d’édition dans un système économique alternatif ».
Mais en réaliste tu désires « défendre le livre par un système d’édition alternatif dans le système économique réel ». Ce qui est déjà en soit un non-sens.


le rôle social du livre.
Bien universel dans toute sa splendeur qui n’a pas de prix.
Où les ouvrages uniques sont encore plus inestimables.

raison sociale de la maison d’édition.
Son rôle est de distribuer un même livre plusieurs fois et de préférence au plus grand nombre et ce pour un maximum de livres. Pour la maison d’édition le prix d’un livre est celui du coût de sa fabrication.
Donc défendre l’édition aura pour conséquence de défendre le livre sur lequel repose son économie. Défendre le livre par rapport aux maisons d’édition aura plus que probablement l’effet inverse, car justement on aura tendance à imprimer des livres non rentable (Dans ce cas-ci je parle d’un choix volontaire, et non d’un échec commercial).
Car par définition, l’édition papier repose entièrement sur la capacité du public à acheter le livre. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui l’édition numérique peut satisfaire le besoin de mise à disposition d’un livre à l’intention d’un très faible public qui ne parviendrait de toute façon pas à couvrir les frais d’impression.

Déjà sur ce point tu dois changer de stratégie.

système économique
Un système économique est composé en gros de deux intervenants, les rentables et les non-rentables.
Les rentables créer un produit et le vendent. Relation direct entre produit et profit ou perte.
Les trucs capitalistes se présentent au système économique comme un intervenant rentable.
Les non-rentables, comme l’État prélève des impôts des taxes, et ont des coûts. Il n’y a pas de relation directe entre ces gains et les coûts. Par contre il y en a une sur le besoin de gain par rapport aux coûts.
Les non-rentables, comme une personne physique leur capacité de dépenser repose sur le gain. Leur coût oblige un gain minimum.

Pour tous les acteurs, sans exception.
Une perte est un coût supérieur à ses gains.
Un profit est une rentrer financier supérieur à ses dépenses.
Le seuil de rentabilité équivaut à des rentrées financières équivalentes à ses dépenses.

Tout acteur qui ne peut rembourser ses pertes et déclaré en faillite (ruiné pour une personne physique).

Ici, la société d’édition que tu essayes de défendre est un acteur rentable.
C’est-à-dire une société qui obtient un bénéfice en vendant des livres.
Comme tout acteur économique, elle doit atteindre le seuil de rentabilité au plus vite et cela se reflètera dans la diversité de son catalogue.
Supposons qu’une précommandé existe pour 50 livres. Connaissant les coûts d’impression, je peux en imprimer 150, je me limite à 100.
Ainsi les 50 livres précommandés permettent l’impression de 100 livre avec un seuil de rentabilité atteint et même avec un faible bénéfice.
Cela permet de créé un petit budget pour les temps difficile. Mais aussi pour investir.
La vente des 50 autres livres augmentera le bénéfice.
Le véritable bénéfice proviendrait des bestsellers sortit du catalogue étoffé continuellement sans prises de risques économiques.


Je l’ai mis en gras car c’est la réelle stratégie que je vois pour atteindre l’objectif que tu te fixes.
Donc en gros pour les petites maisons d’édition, il convient de privilégier l’impression d’édition via les fonds obtenus par précommande. Au lieu d’imprimer sur fond propre et de chercher à vendre les livres ensuite.

Pour t’expliquer le capitalisme je vais créer à la va-vite une multinationale spécialisée dans l’édition faire du fric.
 
Les éditions « Tou4Fric » est le nom commercial de « l’entreprise A ». Comme on est un gros capitaliste on a des couilles et on créée une « entreprise B ».
Pour cette dernière on verra bien dans trois ans. Pour l’instant c’est juste histoire de flatter son égo, accessoirement d’éviter des ennuis légaux. 
Comme « l’Entreprise A » débute, elle se comporte comme une société d’édition traditionnelle. Toutefois en privilégiant les revenus financiers.

Le catalogue de livre rentable constitué. Le rentable signifiant gain d’argent et non atteindre le seuil de rentabilité et que la « société B » a plus de trois ans. Il est temps de changer le mode organisationnel.
Le catalogue des livres qui se vendent sont gérer par A. Les autres sont vendus à B. Comme B n’a pas d’argent et je veux faire simple B emprunte les sommes à A (comment n’ai-je jamais pensé à cela avant ?).
Donc en clôture annuel « A » a réalisé un bénéfice et B un déficit. Ce déficit se compose des sommes emprunter à « A » que « B » ne peut pas rembourser. Le bon samaritain « A » propose de renflouer « B » et obtient les déductions fiscales pour aider une société en difficulté. La somme reçue, « B » rembourse les sommes emprunté à « A.
Maintenant, faire du profit c’est bien, mais encore plus de profit c’est mieux. Instinctivement, on penserait améliorer l’infrastructure. Mais comme cela fait partie des investissements légaux on va ignorer. On va donc s’attaquer au gros des charges fixes, le personnel. L’entreprise « A » va transférer une partie de son personnel à l’entreprise « B ». Les clauses du contrat restant identique, il n’y a pas besoin de prévenir le personnel concerné.
« B » en éternel déficit n’a pas les moyens de payer ce nouveau personnel et le licencie. Comme « A » a besoin de personnel il en engage et comme il n’a pas licencié de personnel, il peut obtenir les subventions à l’embauche. Cerise sur le gâteau, comme « B » emprunte les sous à « A » on maximise les profits réalisés grâce à la gestion du catalogue.

Si nécessaire je répondrais à ton dernier post plus tard.


EDIT :

Alan, je viens de réaliser ce que j’ai proposé avec ceci :

Citer
Ici, la société d’édition que tu essayes de défendre est un acteur rentable.
C’est-à-dire une société qui obtient un bénéfice en vendant des livres.
Comme tout acteur économique, elle doit atteindre le seuil de rentabilité au plus vite et cela se reflètera dans la diversité de son catalogue.
Supposons qu’une précommandé existe pour 50 livres. Connaissant les coûts d’impression, je peux en imprimer 150, je me limite à 100.
Ainsi les 50 livres précommandés permettent l’impression de 100 livre avec un seuil de rentabilité atteint et même avec un faible bénéfice.
Cela permet de créé un petit budget pour les temps difficile. Mais aussi pour investir.
La vente des 50 autres livres augmentera le bénéfice.
Le véritable bénéfice proviendrait des bestsellers sortit du catalogue étoffé continuellement sans prises de risques économiques.
J’ai mis toute l’édition d’un livre en production marginale à partir de la deuxième fournée.

La production marginale consiste à réaliser deux études de marché.
Une étude pour connaitre le nombre de paire de chaussures vendues à 15€. (1000)
L’autre pour les vendre en solde à moitié prix. (500)

Les charges fixes pour la création et la fabrication des chaussures coutent 10.000 €
Les charges variables pour la fabrication d’une paire de chaussures est d’1 €.
La production normale va prendre à sa charge les frais fixe. Les mille paires valent donc couter :
10.000 (charge fixe) + 1000 * 1 (matériaux) soit = 11.000 €
La vente des mille paires à 15 € rapportera 15.000 € donc la différence est de 4.000€
La production marginale n’a plus à prendre en charge les frais fixes.
Donc le cout de fabrication sera de 500 €
La vente de 500 paires à 7.5€ rapportera 3750.
Le bénéfice sera donc de 3250 €.

On parle de production marginale, car les deux études sont réalisées en même temps.
La production pour les soldes est produite en marge de la première, peu avant les soldes.
Revenons à nos livres avec les mêmes chiffres.
Il y a déjà une différence car les deux productions ne seront pas réalisées en même temps.
Ce qui signifie que les coûts du personnel devront être pris en compte en plus après la première édition.
 
À coût de fabrication et prix de vente identique la première édition devrait rapporter 4.000€.
Mais pour des raisons de stabilité financière, nous allons calculer notre seuil de rentabilité.
La première production coute à produire 11.000€ le seuil de rentabilité sera atteint dès la 734ème vente d’un livre. (Soit 11000/15)
Les productions suivantes qui ne coutent que 1€ à produire par livre, on va les doubler à cause des frais du personnel à inclure. Donc les 500 livres suivants couteront à produire 1000€. Mais comme on vend des livres et pas des chaussures, le prix de vente sera toujours de 15€.
D’où un seuil de rentabilité atteint à partir de la 134ème vente (Soit 2000/15).
Les bénéfices devraient atteindre 15*500-2000=5500€.

Donc ici, on a satisfait l’approche sans risque économique, vu que l’on vise d’entrée de jeu le seuil de rentabilité.  Dans le même temps, on s’est mis dans les meilleures conditions possibles pour générer de l’argent avec les best-sellers.

Donc il reste les invendus à gérer.
Si lors de la première production, les livres suffisants pour atteindre le seuil de rentabilité ne sont pas atteints. Cette production peut nous conduire à la faillite, surtout si plusieurs éditions se trouvent dans le même état en parallèle. En l’état ces livres cumulent deux risques de faillite distincts. Le premier la perte financière qu’ils représentent et l’immobilisation de l’argent liquide utilisé pour leur fabrication. Le deuxième point signifie que les liquidités disponibles pour payer les fournisseurs sont réduites. Dès l’instant où les liquidités de l’entreprise ne lui permettent de payer ses fournisseurs. Ils ne livrent plus et c’est la banqueroute immédiate garantie. L’absence de liquidité est l’une des causes les plus meurtrières pour les sociétés et tue même des entreprises viables.

Après un certain temps, le stock doit être liquidé et on change la catégorie du livre pour le vendre à moitié prix. Suivant qu’à ce prix, cela se vend ou pas on peu envisagé de refaire une production de manière à récupérer l’entièreté des coûts fixes. Comme cela dépend de beaucoup de choses, je vais l’expliquer aves des actions. Achat de 1000 actions à 10€ malheureusement, les actions n’ont pas monté et sont même descendues à 5€. Donc nouvel achat de 1000 actions. Soit on 2000 actions acheté à 7,5€. Donc ont vend les 2000 actions à 7,5€ pour récupérer la mise. C’est très dangereux avec les actons. Je pense que c’est moins risqué avec des livres. Surtout si au nouveau prix, ils se vendent bien. Par défaut, je ne le conseille pas, j’explique comme cela fonctionne. C’est au moment de devoir le faire qu’il faudra décider.

L’exemple ci-dessus est différent du premier que j’ai donné. Mais je le trouve plus complet. Il me reste à expliquer le système de précommande. Il consiste à savoir avant de lancer l’édition si le seuil de rentabilité sera atteint avant même de la commencer. Mais aussi de savoir, si on ne peut pas augmenter le nombre de livre dès le départ en fonction des commandes. Il sert aussi à réduire le risque d’absence de liquidité car si le prix des livres est débité au client avant le lancement, on cherche le risque zéro d’absence de liquidité.
Si ce système est fonctionnel, c’est dans quelle mesure il se sera qui est inconnu. Une maison d’édition connue à plus de chance d’atteindre le seuil de rentabilité surtout, si le livre concerné est la suite attendue d’un précédente. Il en sera autrement si la maison d’édition est totalement inconnue.

Bref, il faudrait vérifier avec des vrais chiffres pour savoir si cela tient toujours la route. Histoire de ne pas se retrouver avec des livres à 1.000€ à cause de l’amortissement rapide des charges fixes.

D’un point de vue théorique, cela fonctionne. D’un point de vue pratique je suis confiant. Car il y a la « Adobe creative suite » qui est accessible à 50€/mois (de mémoire) donc le plus gros des charges fixe de la création d’un livre à ce prix devient un frais variable.
« Modifié: 13 juin 2017 à 23:02:53 par Kanimp »

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Indépendace sociale ou économie alternative ?
« Réponse #14 le: 14 juin 2017 à 03:20:39 »
Écoute Kanimp, ta vision néfaste du livre ne me fait vraiment pas du tout rire.

Tu vois la prescription auprès des jeunes éditeurs avec un tel cynisme que cela m'horrifie.

Le petit descriptif que tu me fais de ce qu'est pour toi une « gentille entreprise » est truffé de non dits et de raccourcis. Si tu estimes faire ton devoir en balançant des infos prémâchées, tu es loin de faire avancer le débat. Je t'invite à envisager que le Monde de l'Écriture peut tout à fait être un lieu d'échange et de diversité, et non un lieu de censure et d’assainissement. De nombreuses maisons d'édition ont suivi ce conseil que tu donnes avec une bonne dose d'autorité : elles ont coulé. Faire croire à un éditeur qu'avec cinquante précommandes super faciles à trouver (pour chaque auteur...), la vie suit son cours, c'est carrément du grand n'importe quoi. Oui, il est difficile d'être éditeur dans une époque comme la nôtre ; oui, cela vaut quand même la peine de se retrousser les manches, et de construire un réseau des lettres. Je souhaite encourager les éditeurs à innover, à prendre des risques et à échanger avec les librairies indépendantes. Je souhaite pour chaque éditeur qui se construit en dehors de l'institution qu'il puisse être identifié en tant que tel ; comme ça, s'il réussit, on pourra facilement se référer à son expérience (non institutionnelle) pour faire évoluer le métier. Il ne faut plus voir l'éditeur comme une machine à produire du livre, mais comme un acteur fondamental des réseaux qui animent l'économie du livre. Tu vois bien qu'une maison d'édition, c'est un peu plus que des mathématiques ? Tu vois bien que les éditeurs sont sensibles aux livres qu'ils publient et qu'ils doivent pouvoir les promouvoir ? Tu vois bien également qu'une maison d'édition doit pouvoir bénéficier d'une plus grande lisibilité de ce qu'est le marché du livre ?

Vas-tu spammer tous les débats sur le sujet avec ton schéma « rentabilité=1 faillite=0 » ??

Ton petit descriptif de comment faire des précommandes de cinquante livres me fait penser aux patates, tu leur dis : « Si tu vends cinquante patates, tu survis ; si tu vends cent patates, c'est le paradis ! »

Je pense que tu n'as pas conscience de la difficulté que rencontre une maison d'édition à choisir un livre plutôt qu'un autre, à construire un argument de vente. Tu ne vois pas à quel point instaurer une confiance est devenu difficile, et ne sais pas pourquoi c'est devenu difficile. Lutter face à la concurrence de Hachette et de Gallimard avec un argumentaire similaire au leur, c'est mission impossible ! Non seulement parce que leurs arguments de vente ne sont jamais solides, mais en plus parce qu'ils ont mis en place un vaste système de prescription télécommandé (j'y reviendrai bientôt dans un nouveau sujet). Penses-tu réellement pouvoir envoyer un tas de petits éditeurs dans le mur et les faire passer pour des privilégiés ? Si nous ne laissons pas aux maisons d'édition la liberté de donner un autre visage au livre, nous allons tuer un métier pour de bon. Si nous réduisons chaque maison d'édition à son taux de bénéfices, nous donnons la médaille de l'exemplarité à Gallimard et Hachette.

Si tu habitues les jeunes éditeurs à voir les livres comme des patates, tout ce que tu fais, c'est que tu enterres tout espoir de réussite ; qui plus est en proposant un modèle qui ne fonctionne pas (tout le monde le sait). Oui, la théorie a des conséquences sur les actes ; habituer l'éditeur à considérer le livre comme devant répondre à des besoins est essentiel ; tu ne remplaceras pas un éditeur par un service d'auto-impression motorisé, cela ne pourra pas aboutir.

Un éditeur doit pouvoir voir un peu plus loin qu'une cinquantaine de clients, il doit voir un réseau inscrit dans son quotidien, une démarche explicite et intelligible, avec des conséquences sur les domaines du savoir, de la créativité ou de la langue.

Ce n'est pas le nombre d'achat qui fait la qualité d'un livre, c'est sa compatibilité avec une diversité de demandes.

Je le connais bien, moi, le modèle que tu imagines. Tu véhicule un discours teinté de rationalisme et qui autorise tous les abus, un discours du « c'est comme ça, il n'y a rien d'autre à comprendre... » Un modèle où l'on envoie des milliers de personnes sur le terrain avec des consignes extrêmement restrictives et uniformes. Un modèle qui soi-disant est une référence incontournable, et qui produit une « hiérarchisation naturelle » entre les bons numéros et les mauvais. Un modèle dont on devient un paria si l'on n'en respecte pas les codes et obligations. On sait pertinemment qu'on les envoie au casse-pipe, or on se dit qu'il y en aura peut-être un ou deux qui survivra, et on fera d'eux les grands vainqueurs (qui ont bien fait de suivre les conseils du chef !). On instaure une référence : le bénéfice, et l'on lance alors la belle et grande compétition dans laquelle il est aisé de tricher tant qu'on obéit au chef ! Ainsi, on n'oublie de dire que par la même occasion on laisse à n'importe qui la liberté de prescrire quelle maison d'édition est un bon enfant, et quelle maison d'édition est méchante.

Nous devons aller au contraire vers un modèle qui rend utile une entreprise en faillite, non pas pour la pérenniser, mais pour faire en sorte que ce soit cela en moins de perdu. Si une entreprise répond temporairement à des besoins, même si elle ne tient qu'une année, elle aura répondu à ces besoins malgré son incapacité à survivre. Mieux encore, si elle persiste, on l'invite à se rendre compatible à une plus grande diversité de demandes auxquelles on est pour l'instant incapable de répondre.

Pire encore tu dois comprendre que c'est le même discours que le tien qui est à l'origine de la crise actuelle du livre. On a tellement banalisé le marché du livre (en le réduisant à des succès – faillite – zéro – un) que cela a rendu l'opinion presque insensible à la mort de tout un tissu hérité d'années de créativité. On laisse mourir ses propres racines, et l'on s'apprend à en souffrir dans le silence. On pense que cela sera sans conséquence... On ne sait pas quel désastre cela va produire. Cela semble convenir à tous les imbéciles et aux illettrés, mais également à l'éditeur dominant, le grand vainqueur. Crois-tu vraiment que je travaille aussi sérieusement sur un sujet fondamental pour avoir l'air de faire quelque chose ? Ce n'est pas la question d'être « abattu, déprimé, tracassé car cette année encore, il n’arrivera pas à atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, » c'est la question de tout un secteur de la culture, de la pensée et de la mémoire qui a été bousillé à cause d'un discours néfaste.

En t'attaquant à la réputation d'un « homme en faillite », Kanimp, en réalité tu t'attaques à la réputation de toutes ces maison d'éditions qui ont coulé, de tous ces auteurs qui ont vu la fin de leur publication, les maisons d'édition mettant la clé sous la porte. Est-ce vraiment l'estime que tu as de toutes ces activités perdues ? de tous ces parcours détruits parce que l'on était incapable de surmonter la crise ?

Et le jour où l'État français sera en faillite, le traiteras-tu avec autant de mépris et de haine ?

Si ton objectif est de dire aux auteurs : « Circulez, y a rien à voir, » face aux destructions gigantesques qui ont eu lieu et qu'on ne pourra pas réparer, sache que c'est une façon de les infantiliser qui te met gravement en danger.

Sache que ce n'est pas l'éditeur qui fait le livre, ni le lecteur, mais l'auteur. Je te conseille de revoir ta considération de l'auteur, au moins pour te rendre capable de lui confier des conseils un minimum utiles pour sa profession. Sache que l'auteur peut se rendre plus intransigeant que d'autres. Dis-toi même qu'il existe des auteurs sans pitié, malgré les apparences ! L'auteur est aujourd'hui en capacité de dire de quel livre il souhaite pour demain, et ne compte pas s'en priver.

L'un des reproches que l'on pourrait faire de tes prises de parole, c'est que tu véhicules une vision anxiogène du livre. Quand on veut vendre un produit, on lui donne de la valeur, chose dont tu ne vois pas l'utilité concernant le livre. Tu conçois l'économie comme une machine qui fonctionne avec du pétrole, or tu sembles ignorer que l'un des facteurs majeurs de l'économie, c'est la confiance. Gagner la confiance des lecteurs passe-t-il réellement par des menaces et des humiliations ? ou passe-t-il plutôt par un discours de tolérance et de sécurité ? Si tu amènes les éditeurs à perdre confiance en eux, tout comme les auteurs, tu bousilles un secteur tout entier. Ta vision du livre est anxiogène. Ne demande pas à un auteur de faire du chiffre, ne le demande pas non plus à un éditeur, ils ont des enjeux bien plus essentiels à traiter. L'autre facteur fondamental pour l'économie, c'est l'enthousiasme. Avec une vision comme la tienne où il faudrait à la fois faire la chasse aux gros capitalistes et aux auteurs désobéissants, la chasse aux éditeurs indépendants et aux discussions sur le livre, tu peux être sûr et certain que les dégâts encourus seront gigantesques.

Je ne pense pas qu'il est utile de montrer que tu as tors, mais je ressens cependant le besoin de te demander de ne pas t'attaquer à moi quand je fais une proposition concernant l'économie du livre.

Je vois mal quelle est ta stratégie concernant le livre, si ce n'est de persévérer dans l'erreur, et de faire appel à Dieu par la suite pour voir le livre se renouveler. Si ton unique intention est de « m'aider à atteindre mes objectifs », il va falloir me dire pour quelle chapelle tu travailles. Quel est mon objectif selon toi ? La médaille ? Et ne me fais pas le coup de ton employeur, ce n'est pas de cela que je parle. La chapelle dont je parle, c'est celle où tu vas prier. Quelle est ta théorie ? Sur quel ouvrage philosophique ou d'économie reposent tes prétentions ? Tu sembles dire que tu défends l'idéologie socialiste ; laquelle ? Celle de Valls ou de Hamon ? Quelle morale souhaites-tu m'inculquer ? Qu'est-ce qui se cache au fond de ton discours ?

Je te demande pardon, en tant qu'auteur habitué aux sujets politiques et philosophiques, je devrais naturellement percevoir l'idéologie que tu défends ; pourtant rien à faire, je ne vois pas où tu te places dans la continuité de la pensée moralisatrice. Dis-moi, que faut-il penser ?

Cela n'a l'air de rien, pourtant cela change tout ! Que penses-tu de la culture, avant même de parler de son économie ?

En ce qui concerne ma prétendue faillite, je ne sais pas trop à quoi elle fait référence, mais sache que mes conseils concernant le livre ont plutôt été suivis et satisfaisants jusque lors. Sache également que nombreux sont celles & ceux qui font appel à moi pour leur travail d'écriture ou de promotion du livre. Je ne pense pas avoir l'illégitimité que tu me prétends avoir, j'espère entendre les arguments m'indiquant le contraire. Je n'ai pas pour habitude de donner des conseils dangereux, si ce n'est qu'ils peuvent paraître dangereux pour tes intérêts personnels. Dans un tel cas, je t'inviterai à questionner ta position ; le doute, ça ne fait de mal à personne !

 


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