Voici l'introduction d'une histoire qui commence à me tenir à cœur, ce sera un récit qui devrait être non linéaire.
Le but est de capter votre attention 
" CRASH ! " À peine la vitre fut brisée qu’un cocktail Molotov atterrit sur la banquette arrière de la voiture.
La silhouette coupable sprinta pour atteindre une petite colline depuis laquelle elle pouvait observer sans être vue.
Personne ne soupçonnait qu’une telle chose pouvait se produire dans ce charmant coin de ville.
Au loin, la modeste lueur orange était déjà devenue un brasier incontrôlable qui crachait une épaisse fumée noire. La combustion avait fait de l’intérieur sophistiqué une flaque de cuir et de plastique.
De peur d’être découverte, la silhouette prit ses jambes à son coup et emprunta des chemins qu’elle savait habituellement déserts.
Réveillés par la lumière de l’incendie, le propriétaire mit du temps à réaliser l’incroyable spectacle qui se déroulait dans son jardin. Hébété, il se résolut à appeler les pompiers qui ne pouvaient arriver que trop tard.
La main perdue dans ses cheveux, la bouche béante, il restait statique sans s’apercevoir que sa femme tétanisée par la scène avait perdu conscience. Allongée à l’entrée, elle fit désormais partie des meubles de mauvais goût. La détresse était telle que les pompiers ont tout de suite pris en charge la propriétaire pour l’amener aux urgences.
La vision d’un effroyable étron de cuir à côté du perron en marbre italien avait provoqué un « choc émotionnel » selon le psychiatre qui l’a prise en charge.
La scène avait littéralement stupéfait le voisinage qui ne cessait de dire aux forces de l’ordre en recherche de témoignages que « le quartier a toujours été tranquille ». Interloqués, les policiers étaient eux-mêmes surpris : ce quartier huppé était l’objet de rondes régulières. Certains membres du service ont dû se justifier auprès de leur supérieur de n’avoir rien vu. L’acte était forcément prémédité.
Le lendemain une plainte pour vandalisme fut déposée. L’agent en charge du dossier ne pouvait masquer son indifférence jusqu’à ce que le propriétaire s’en aperçut. D’un ton sec, il lui rappela que son préjudice s’élevait à soixante-dix mille euros, soit plusieurs années de SMIC d’un flic en bas de l’échelle. Légèrement vexé par cette pique, le policier lui répondit laconiquement « Je suis désolé, monsieur Lefebvre ».
On aurait cru annoncer que le petit dernier s’était fait ramasser par le bus scolaire tant il paraissait catastrophé. Agacé, monsieur quitta le commissariat énervé par « ce pauvre con apathique ». Il fallait absolument garder cette colère et même la cultiver pour ne pas avoir l’air complètement con devant les voisins. Ces derniers se demandaient si ce n’était pas l’œuvre d’un batifolage extraconjugal qui aurait mal tourné. La créativité médisante de certains avait poussé à conclure qu’il s’agissait d’une relation homosexuelle dont l’étouffement aurait conduit l’amant à se venger.
Réduit à l’humiliant statut de victime, il s’obligea à faire montrer de puissance en achetant un nouveau véhicule un peu plus haut de gamme que le précédent. Comme quoi, l’assurance qu’il payait une fortune s’avérait utile.
Quant à Mme. Lefebvre, elle fut libérée de l’hôpital trois jours plus tard avec obligation d’assaisonner ses repas aux neuroleptiques.
C’était le choc de trop pour sa dulcinée qui avait déjà dû faire face au cambriolage de l’un de leurs hypermarchés, il y a quelques mois de cela.
Une photo du véhicule brûlé circulait dans le journal local. Le noir et blanc conférait un cachet historique mâtinée d’une victoire militaire éclatante.
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Dure la mise en page sur le forum

Bon flinguez-moi maintenant
