Bonjour,
Je viens de découvrir ce nombre impressionnant (pour moi) de critiques au sujet de ce poème. je n'avais eu connaissance que de celle de Swash, pour qui j'avais enfin trouvé le temps de répondre.
A propos des épithètes, et du prosaïsme qui vous sembleraient presque des fautes en soi, dans un poème : ce n'est pas le cas pour moi, en tout cas. Une épithète me choque dans la mesure où c'est la faiblesse qui l'a dictée (un besoin de combler le vide des syllabes, ou juste pour la rime, le plus souvent), ce qui se sent généralement lors d'une lecture "sensible" et non pas "cérébrale", vous savez, de ce genre de lectures qui se présentent devant un texte en pensant savoir ce que doit être un poème, et qui jugent ce qu'ils lisent à ce crible; bref, pour le dire sans ambages, en pédants ! Aussi Swasch témoigne-t-il du goût qu'il a pris à la musicalité de ces vers, ce qui le met, vis-à-vis d'une telle lecture, parfaitement hors de cause.
Aussi ni mon oreille, ni mon sens ne souffrent d'un quelconque véritable prosaïsme au sein de ces vers. Il faudra que vous me montriez du doigt les passages incriminés, Swash, pour que je comprenne.
Quant au reste des critiques, pour le dire, de même, sans tourner autour du pot, je les trouve pour moitié sans le moindre intérêt, et même sans plus de dignité. Inutiles, pédantes, prétentieuses, idiotes, même, parfois...
Pour ce qui est de l'autre moitié, (les critiques faisant part d'une ouverture intéressante) il s'agit, outre celle de Swash, de celles de Rémi et du Nuage Goeland.
Autrement, mon bon Peache, que voulez-vous que me fasse que vous ayez vu nombre de squales, et qu'à ce titre, "serpentant" ne vous convienne pas ? J 'en ai vu, de même, de nombreux, et moi, il me convient, et plus encore. Seriez-vous une sorte d'auteur de référence d'un "manuel du bien parler des requins"? L'image me plait à la fois pour la puissance évocatrice du mouvement (physique) qu'elle donne à l'animal, tel que je l'ai vu en rêve, et de par celle du "fond", à tous les sens du terme au sein du poème, que la pauvre bête approche de si près, vers lequel la mort la pousse, et à la faire
ramper. Alors, serpentant : oui ! Et vous pouvez répéter "non" autant de fois que vous le voudrez, cela ne changera rien. N'importe quel perroquet est capable d'en faire autant.
Autrement, le "fût" qui semble tant vous chiffonner, est, de tous les temps qu'on pouvait employer
le mieux indiqué. J'évoque
la probabilité de temps à venir [/i]où ce requin, ce "dernier requin", (en plus), fut le dernier de tous, ainsi qu'on le dira : rien donc de mieux qu'un subjonctif
imparfait dans le contexte grammatical du poème, à ce moment là.
Enfin, cet alexandrin en 7/5 se résout musicalement, à la diction, de telle sorte, que l'hémistiche classique se fait nettement sentir : ce n'est pas avec les doigts qu'on suit le rythme d'un vers, mais avec l'oreille. Cela dit, je ne suis même pas sûr que ce vers ne soit "homologuable" par la tradition depuis Boileau.
Il reste que cette remarque dénote d'une attention intéressante, et qu'avec Milena, on atteint des degrés de nullité de la critique, rassurez-vous, infiniment pires.
- Elle : Mon dieu, un rocher ne peut pas être aride ; et vous savez pourquoi? Parce qu'il est dans l'eau !
Moi : Non, mais, ça existe ça ? Allez savoir, elle aurait peut-être trouvé plaisant que je parle d'un rocher "mouillé" ?
Mais, apparemment pas ; aussi éprouve-t-elle le besoin de m'opposer un argument qu'elle pense autrement plus sérieux. On peut entendre "aride" au sens de "dénué de vie", (plutôt que de sec seulement ) dit-elle ; mais aussi s'empresse-t-elle de dire que voilà encore une bien triste absurdité : il y a de plein de vie dans l'eau ! Même invisible ! d'où : on doit toujours trouver un rocher chose extrêmement fertile ! Qu'on soit un requin, ou non, mourant, ou non, qu'on y trouve une quelconque ressource pour le soutien de notre vie, ou non, qu'il coupe la peau, au contact, quasi comme une lame de rasoir, ou non. Non, non, non, un rocher n'est
jamais aride. Et puis franchement, déjà qu'il y a avait un requin agonisant dans les environs... j'aurais pu évoquer je ne sais quel rocher "tropical", où des poissons-clowns jouent de la samba... là, là, il y avait quelque chose ; mais bon, c'est trop tard, le requin est déjà mort à l'heure qu'il est.

Mais ces brillantes remarques de Milena ne sont rien à côté de celles qui suivent. Dire qu'on la trouve "dure"... On est chez les fous ! C'est une cervelle humaine qui a produit ce qui va suivre ? Moi, j'aurais plutôt cru à celle d'un plat en sauce, d'une amibe, ou d'une huître - d'une huître, surtout.
Je copie/colle, et commente :
Elle me cite :
"- Il se pourrait un jour que ce soudain silence
Fût celui d’un adieu terrible et sans retour,
Que ce doux animal prononçât la sentence
Assassine des mers, comme de nos amours."
Puis : "Je n'ai pas compris cette strophe ?
"le silence" tu parles du départ du requin ? Etant donné que tu évoques sa mort, que son silence soit sans retour n'est pas surprenant.
"Doux animal" : tu parles du requin ?
Quelle sentence peut-il prononcé ? Que peut-il assassiner ?
Je ne vois absolument pas en quoi cette strophe s'intègre aux précédentes."
Commentons :
Je venais d'évoquer la disparition soudaine, dans les abysses, du requin dont je rêvais.
Evoquant cette disparition, je dis : " Il se pourrait un jour que
ce soudain silence"
Elle : "Tu parles du départ du requin?"
Moi : non, jamais : je parle de celui de sprinters aux jeux olympiques, après le coup de feu !
Elle, de rajouter, après la lecture du vers suivant :
"Etant donné que tu évoques sa mort, que son silence soit sans retour n'est pas surprenant."
Moi : Eh, bien ! Tout s'explique. Vous ne savez pas lire ! Comment faire, sinon, pour évoquer de prime abord un "silence sans retour", quand, littéralement, c'est d'un "adieu" sans retour, que je parle ?
"Adieu", au sens de "prise de congé" s'entend. Je précise, parce qu'évidemment, quand on se dit "Adieu", pour Milena, comme pour toute remarquable intelligence poétique, il y a de fortes chances que ce ne soit seulement pour ne plus jamais se revoir. Il s'agissait d'"un" adieu pourtant, et pas de n'importe quel autre. ça aurait pu l'intéresser de savoir lequel, non ? Eh, non. Quand on lit "silence sans retour", comme elle, c'est peine perdue.
Ainsi, elle n'a pas même effleuré la compréhension du fait que j'évoquais, sans la moindre ambiguité possible, même pour n'importe quelle intelligence médiocre (pensons en outre au titre du poème)
la disparition de l'espèce entière des requins, à travers l'évocation de la disparition de celui de mon rêve...
Bref, inutile de poursuivre plus loin avec Milena au sujet de ce poème. C'en devient gênant. Elle n'a RIEN compris. "Une autre fois, peut-être ?"

Là-dessus, Messieurs-Dames, Adieu, et à la prochaine.
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