Au fin fond de moi-même, je ne trouve qu'une image noir et profonde. Il m'est arrivée parfois de croire que j'y tombe, cette profondeur se distore alors et m'innonde de l'intérieur, en une impression profondément désagréable un peu comme ce que nous ressentons de vif et de chimique quand nous avons cru tomber, et que nous nous rattrapons inextrémiste. Je crois être le témoin de ma propre mort, et je redoute et j'ai peur du moment à partir duquel je ne pourrais plus être ne serait-ce que celui qui prend du recul pour se contempler.
Tout semble vouloir disparaître en ce puit infernal, ma chambre et tout mon être.
D'autres fois, quand je marche dans la rue, la ville et les arbres ont beau être lumineux bruyant et durs, tout semble pouvoir tomber comme un rideau léger, il ne reste plus qu'un nuit alors, sombre est étoilée, une nuit sans terre.
Je ne sais s'il faut se défendre de ces images, l'une est une chute dévorante, mais l'autre est un oubli sans douleurs, pour mieux contempler l'espace.
Je me souviens d'une discussion un soir avec un jeune inconnu, d'un simple échange de mots a jaillli encore cette vision d'espace mais pas tout à fait la même. Toute entière je montais droit comme une flèche incandescente, le corps pris, de bourdonnement de feu répandus.
Mais plus largement je m'interroge, sur ce que sont ces images qui s'imposent, dans des moments de quiétude, de précipitation, d'amour nouveau, de musique et je me demande s'il faut s'en méfier. Par période, c'est comme si mes journées se ponctuait par des gouffres de songe.