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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Mon ami Sphéro

Auteur Sujet: Mon ami Sphéro  (Lu 1129 fois)

Hors ligne andre48

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Mon ami Sphéro
« le: 01 Avril 2017 à 06:24:38 »
Au bout de la plage, à la lisière de l’eau, apparut une boule multicolore d’environ soixante centimètres, la taille d’un enfant. Je me suis approché, elle a roulé vers moi, comme un gros ballon. J’ai compris que ce serait une rencontre extraordinaire, je sentais une force bienveillante en émaner. Les rares promeneurs à proximité ne remarquaient rien. Immédiatement, j’eus son accord pour donner à cet être un nom des plus banals : Sphéro.
En le regardant de plus près, je vis sous les couleurs moirées, comme des amas de diverses formes se déplacer. Il forma comme deux grands yeux pour me regarder. Je compris que Sphéro pouvait bouger à volonté entre ses deux «membranes» ce qui lui servait d’organes. C’était un espace comme celui entre deux bulles de savon l’un dans l’autre.
De ses deux enveloppes il pouvait ainsi projeter des protubérances, des ébauches de membres... Était-il possible qu’il copie mon propre corps à sa façon ?
Cet être sympathique et télépathique, j’étais le seul à le voir les autres passaient presque à travers. Soulagé, je sus qu’il serait inutile de chercher à le cacher, à le protéger d’une future dissection par nos aimables savants. Pas fou, je me promis de ne révéler à personne sa présence. Je vous assure que la télépathie si c’est avec un être bienveillant, c’est merveilleux. Dans la chambre, alors que je laissais tomber une pièce sous le lit, je compris tout le potentiel de Sphéro. Ses yeux passèrent directement au bout de ses deux gros orteils, il repéra facilement la pièce. Et, d’un doigt de pied allongé il la fit glisser vers lui, l’attrapa et me la tendit dans sa petite main.
Il m’expliqua que ses « organes » flottaient entre ses deux enveloppes, s’organisaient et communiquaient entre eux. Il tirait son énergie de tous les rayonnements existants et n’avait pas besoin de se nourrir. Il m’épatait de plus en plus.
Il pouvait aussi, dans l’espace de cette sphère intérieure projeter divers appendices, si nécessaire.
Je l’interrogeai.
- Tu peux te gratter, te serrer la main à l’intérieur de toi, c’est marrant !
Etonné par ma remarque il sembla réfléchir, forma deux sortes de lèvres et s’essaya à sourire. En persévérant dans les blagues douteuses, me dis-je, il s’y adaptera et finira peut-être par s’en amuser. Depuis ce jour, il ne me quitta plus un seul instant.
Mes proches me firent le reproche d’être absent, de négliger les tâches quotidiennes. Plus je leur disais de ne pas s’inquiéter plus ils doutaient de ma santé mentale. Lassé de lutter, je rencontrais un psy, homme très agréable, ce fut le seul dans la confidence. Il finit par me convaincre de rendre sa liberté à mon ami.
- Pourquoi pas en bord de mer, il peut flotter aisément, voire se déplacer ou peut-être voler, il a tant de ressources.
Je sais bien qu’il ne croyait qu’à moitié à l’existence de mon ami Sphéro, mais il sut trouver l’argument imparable :
- Vous lui rendez service, il doit vivre sa vie, faire d’autres rencontres, et non rester collé à vous.
- Il va me manquer !
- Vous avez votre famille, vous aussi vous devez évoluer
Ce fut plus facile que je ne le pensais, et tout sembla redevenir si normal, si banal, que mes proches s’en réjouirent.

« Modifié: 04 Avril 2017 à 22:21:42 par andre48 »
« Quand on écrit, faut-il tout écrire ? Quand on peint, faut-il tout peindre ? De grâce, laissez quelque chose à suppléer par mon imagination ! » Denis Diderot

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Re : Mon ami Sphéro
« Réponse #1 le: 04 Avril 2017 à 07:42:42 »
Salut !

Ce moment où j'ai envie de dire : oui, non, Joker !

Je ne sais pas trop si j'ai aimé le texte, ni même s'il m'a touché. Le sujet me parle, pour sûr, j'aime l'idée voulue, mais pour moi, ça manque d'un quelque chose.

J'ai une remarque sur (au minimum) la première partie :

Au bout de la plage, à la lisière de l’eau, apparut une boule multicolore d’environ soixante centimètres, la taille d’un enfant. Je me suis approché, elle a roulé vers moi, comme un gros ballon. De suite, j’ai su que ce serait une rencontre extraordinaire, je sentais une force bienveillante en émaner. Les rares promeneurs à proximité ne remarquaient rien. Immédiatement, j’eus son accord pour donner à cet être un nom des plus banals : Sphéro.
En le regardant de plus près, je vis sous les couleurs moirées, comme des amas de diverses formes se déplacer. Il forma comme deux grands yeux pour me regarder. Vite je compris que Sphéro pouvait bouger à volonté entre ses deux «membranes» ce qui lui servait d’organes. C’était un espace comme celui entre deux bulles de savon l’un dans l’autre.
De ses deux enveloppes il pouvait ainsi projeter des protubérances, des ébauches de membres... Etait-il possible qu’il copie mon propre corps à sa façon ?
Cet être sympathique et télépathique, j’étais le seul à le voir les autres passaient presque à travers. Soulagé, je sus qu’il serait inutile de chercher à le cacher, à le protéger d’une future dissection par nos aimables savants. Pas fou, je me promis de ne révéler à personne sa présence. Il ne me quittait plus, je vous assure que la télépathie si c’est avec un être bienveillant, c’est merveilleux. Dans la chambre, alors que je laissais tomber une pièce sous le lit, je compris tout le potentiel de Sphéro. Ses yeux passèrent directement au bout de ses deux gros orteils, il repéra facilement la pièce. Et, d’un doigt de pied allongé il la fit glisser vers lui, l’attrapa et me la tendit dans sa petite main.
Il m’expliqua que ses «organes» flottaient entre ses deux enveloppes, s’organisaient et communiquaient entre eux. Il tirait son énergie de tous les rayonnements existants et n’avait pas besoin de se nourrir. Il m’épatait de plus en plus.
Il pouvait aussi, dans l’espace de cette sphère intérieure projeter divers appendices, si nécessaire.
Je l’interrogeai.
- Tu peux te gratter, te serrer la main à l’intérieur de toi, c’est marrant !
Étonne par ma remarque il sembla réfléchir, forma deux sortes de lèvres et s’essaya à sourire. En persévérant dans les blagues douteuses, me dis-je, il s’y adaptera et finira peut-être par s’en amuser. Depuis ce jour, il ne me quitta plus un seul instant.
Mes proches me firent le reproche d’être absent, de négliger les tâches quotidiennes. Plus je leur disais de ne pas s’inquiéter plus ils doutaient de ma santé mentale. Lassé de lutter, je rencontrais un psy, homme très agréable, ce fut le seul dans la confidence. Il finit par me convaincre de rendre sa liberté à mon ami.
- Pourquoi pas en bord de mer, il peut flotter aisément, voire se déplacer ou peut-être voler, il a tant de ressources.
Je sais bien qu’il ne croyait qu’à moitié à l’existence de mon ami Sphéro, mais il sut trouver l’argument imparable :
- Vous lui rendez service, il doit vivre sa vie, faire d’autres rencontres, et non rester collé à vous.
- Il va me manquer !
- Vous avez votre famille, vous aussi vous devez évoluer
Ce fut plus facile que je ne le pensais, et tout sembla redevenir si normal, si banal, que mes proches s’en réjouirent.

Ce sont des répétitions qui me gênent pas mal, du fait d'un texte très, très court. Tu accentues une notion de vitesse qui entre en collision avec l'idée de contemplation et tu insistes dessus, alors même que le texte dure le temps d'une vingtaine de lignes (sur le forum). De même pour "ne me quittait/a plus" : à aucun moment le narrateur semble douter qu'il pourrait le quitter, donc cette répétion ne vient qu'alourdir le texte et non conforter le narrateur.

Par contre, j'ai bien aimé la phrase finale, cette idée que le bonheur des uns cause le malheur des autres (même si rien ne dit qu'il en est malheureux).
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It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

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Re : Mon ami Sphéro
« Réponse #2 le: 04 Avril 2017 à 22:40:34 »
Merci Luna, j'ai corrigé mon petit texte.
Il est court car j'ai voulu donner l'impression que cet ami imaginaire  et merveilleux n'a pas été toléré bien longtemps par ses parents. Il me semble que les enfants sont le plus actifs,  imaginatifs et rêveurs que contemplatifs. Je suis conscient que le lecteur voudrait en savoir plus ...
C'est vrai que la soumission, l'abandon de ses désirs, d'une part de sa liberté ... assurent une certaine tranquillité aux uns et le sentiment de remettre les choses en ordre pour les autres . Interactions bénéfiques, arbitraires, destructrices ... ? On le sait souvent que bien longtemps après.
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Re : Mon ami Sphéro
« Réponse #3 le: 05 Avril 2017 à 08:55:10 »
Je suis conscient que le lecteur voudrait en savoir plus ...
Non, non, je ne te parle pas forcément d'en savoir plus ^^

Citer
Il me semble que les enfants sont le plus actifs,  imaginatifs et rêveurs que contemplatifs.
C'est un enfant :???: ? vraiment :o ? je ne pensais pas qu'un enfant pouvait avoir assez de sens critique pour se dire ceci (à moins d'être un grand fan de X-Files et de films complotistes) :
Soulagé, je sus qu’il serait inutile de chercher à le cacher, à le protéger d’une future dissection par nos aimables savants. Pas fou, je me promis de ne révéler à personne sa présence.
De plus, même si un enfant a des tâches dans la maison, ce genre de formulations fait très adulte :
Citer
Mes proches me firent le reproche d’être absent, de négliger les tâches quotidiennes.
Sans partir dans les clichés de l'enfant qui parle avec des mots simples et des phrases neuneu, je pense que tu peux formuler de sorte qu'on comprenne qu'il ne s'agit pas de "proches", mais d'une famille.
Ex: Papa me reprocha d'être absent, Maman se plaignit que je ne l'aide plus autant qu'avant.
Parce que, tel quel, j'avais l'impression que les proches renvoyaient aux parents, mais aussi aux amis avec qui il n'allait plus en bar, à la femme qui se sentait seule dans la maison pendant que son mari s'enfermait dans une pièce.
En plus, cette phrase-ci :
Citer
Lassé de lutter, je rencontrais un psy, homme très agréable, ce fut le seul dans la confidence.
ne fait pas penser à un enfant : pour moi, un adulte lutte pour ne pas voir un psy, un enfant, on ne lui laisse pas forcément le choix. Ce sont encore les grands qui décident pour lui : parents, professeurs (maîtresses), leurs discussions, leurs inquiétudes.

Autrement, pour des signes du temps qui passe : parler en saisons est une option que tu peux utiliser.
Si tu parles d'un soleil d'Août lors de la rencontre (surtout que tu as déjà la plage) et des feuilles d'automne qui tombent lorsque les parents réagissent, on peut assimiler ça à seulement quelques mois. Une dernière marque comme la neige qui tombe ou un soleil de printemps renaissant lors de la séparation peut amener à clore la relation aussi.
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