Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Avril 2026 à 23:37:03
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La neige

Auteur Sujet: La neige  (Lu 3341 fois)

Hors ligne Nacas

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  • Dragon d'encre
La neige
« le: 01 Avril 2017 à 00:34:12 »
   Il déambule, passe, pense, s’ennuie, sans nuire, à qui ? Il file le temps ; et le présent se défile. S’effiloche, vent. Il pose son menton sur la rambarde du balcon, sur ses deux mains. Il regarde. Écoute. La bise d’hiver a volé sa chaleur aux bois. Les oiseaux s’en vont ; ses bras se déposent sur le froid. Il fond. Il transpire, à l’intérieur ; se donne en cachemire pour s’évacuer, tromper le cœur. Sentir. Le plus possible, s’asseoir. S’offrir à la fin de l’hiver et palper, un peu, sa peau moite se raffermir. Comme un lavage, périodique ; comme un passage. Lui et son Monde ; puis le monde. L’air chaud fuit, il sait ; par la porte vitrée et le revers des fenêtres. Elles sont grand ouvertes.

Il joue à rester là, à vau-vent contemplateur, juste en face, et l’eau à proximité. Il croit qu’il pourrait s’évanouir.

Face au vent, assis, les rayons dorant sa peau, cela lui semblerait si beau. Son échine s’ouvrirait, en rameaux, de chairs, de peaux ; d’écailles. Son dos se fendrait, deux galeries d’ailes ; puis il serait au-delà des cimes ; et au fond du ciel. Mais face au temps, ainsi, les arbres, les épines, les cimes, lui semblent si faux. Les centres, les institutions, les raisons, et les proches, sans fins. S’il plongeait ses os s’échapperaient en gravats ; ses rêves, en fuites d’eaux grises. Chez lui la couleur dort ; et ne sublime aucune douleur. Chez lui, tout seul, alors et enfin.

Il veut rentrer, se retient encore un peu, pour encore deux, trois froideurs, une sensation ; percevoir une bribe du frisson… et son impression.
La lumière blanche. Et le sombre moire.

   Dyschromie. Les médecins ne savent pas, entre les conifères ; les médecins ne voient pas, ne trouvent pas, les nuances qui se terrent. Il est chez lui, habité ; seul demeurant, pourtant. Les docteurs ont flâné, tant et tant mais rien n’y a fait, et leurs gants rôdent encore sur le seuil. Il croit que, finalement, il n’en est peut-être jamais vraiment sorti, de chez lui. Il craint que, finalement, eux ne le sauront vraisemblablement pas. Une myriade de bâtonnets, une foule immense de minuscule, de milliards de toutes fines portions de vision, puis les cônes, fovéa d’îlots gonflés, qui restent obstinément inactivés. ‘Dyschromie’. Offensés, bafoués par ce refus inopiné, frustrés, surtout, d’être ramenés aussi impudemment à leur ignorance, les pontes ont invoqué du grec, ont abandonné. Pourtant, il voit. Les pièces ; les veines, les ustensiles. Les menus monuments, en noirs de blancs.

Et puis les parapentes. Grandioses, fantasques. Ils planent, sous leur voile, s’élèvent.
Bariolés, ils volent.

Il a froid, doit rentrer.

   Il ferme la porte, et les ombres se dérobent, juste avant de recouvrer le silence. Il se rassied, se pose, se tait. Sur le vieux fauteuil. Ce fauteuil qui a tant grandi, qu’il a l’impression de couver comme un adulte. Ses mains s’appliquent sur ses genoux, désuètes, et tombent, de flanc contre ses cuisses. Il lit la bandelette de papier.

« Regarde, et écoute, comme les fleurs sentent bon. »


Texte agité, objet vivant. Parfois, pour ne pas oublier, pour échanger un peu de frais, contre un peu de baumes, il s’écrit. Il couche en lamelles une menue pensée, celle qu’il s’apprête à oublier. Il cache les bandes, les dissimule à sa mémoire, les retrouve, les lit. Et alors c’est un peu comme un cadeau sincère. C’est un peu comme Maman. Maman, un petit mot, un stylo et son écriture penchée qui, chaque matin, lui souhaite son bien. Il ne la voit pas : elle part très tôt ; de nuit, au temps où la rosée est encore brouillard, fumée flottante devant les yeux. Mais elle lui laisse un message, un vent d’âme, un hâtif baiser sur la table de son salon. Elle rentre tard, le soir, alors il ne la retrouve pas. À l’heure où la lune se duvette de nuages ; la route et ses coudées aux étoiles lui dédient leurs mirages. À cette heure-là la forêt devrait être belle, les arbres grands ; et la pluie ruisselle. Il ne la voit pas, mais il sait qu’elle se démène. Il rêve, un peu, pour ne pas trop se consumer. Rester lui-même, dans la tourmente des idées.



   Il est tard, il est super tard. Et je suis toujours au volant de ma Twingo. Les virages me donnent mal au crâne, et la route serpente, imite le résidu du ruisseau sur ma vitre. La pluie s’est tue. C’est déjà ça mais ça ne me rendra pas ma soirée. Qui je vais trouver ? Je fouille de ma main libre dans la boîte à gant, à la recherche aveugle du feuillet des flics. Je manque la coudée d’un sursaut ; je salue la falaise, et rattrape l’engin d’un coup de frein. Un ravin plongeant sur une baie de bois épineux ; un goudron glissant, et cinquante mètres avant le ferme vert. C’en serait presque tentant.

Je me remets en route, direction 11 impasse du Puy. Nex Horlerer, 11 ans et toutes ses dents, au moins avant l’accident ; j’ai sa photo. Cette amicalité, dans le regard… Je l’ai déjà vu quelque part. ‘Nex’ Horlerer. J’en suis certain, je l’ai déjà vu quelque part. Mais il ne s’appelait pas ainsi. Je poursuis ma lecture, entrepose la sensation dans un coin ; j’ai l’impression de tenir un bout de drap sans sa couverture. Il a rejoint son foyer par ses propres moyens, en pleine nuit ; la police a eu la surprise de retrouver le disparu dans son lit. Traumatismes légers, aucune blessure grave et un papier officiel signé de la main de sa marraine sur la table du salon. Une déclaration de prise en charge spontanée, pas un jour après le décès des deux parents ; ce n’est pas commun. Le plus cocasse demeurant probablement le fait que ladite marraine ne s’est jamais présentée aux autorités.

Ce papier stipule que ce gamin est encore chez lui, avec à sa disposition et pour seul moyen de subsistance les garde-mangers de son domicile. Quinze jours que la situation n’a pas bougé et, j’ai beau chercher, je ne trouve pas dans leur dossier difforme la raison qui les a motivés à appeler une saleté psychiatre. Sérieusement, je ne sais même pas pourquoi je viens. Il y a anguille sous roche ; j’ose à peine imaginer la taille de l’anguille. Bordel, ce n’est même pas bien payé.


   J’écrase ma cigarette sur ma semelle et mets le mégot dans la poche de ma veste, avec les autres, puis toque. Les échos des trois coups me parviennent au travers du bois, assourdis, mais aucun mouvement à l’intérieur. Je cogne à nouveau, ma main contre le battant. Le dernier son chevauche les claquements de la serrure ; la porte s’ouvre.

Se révèle à moi un enfant amène, les cheveux brossés passées onze-heures du soir et qui me dessine, m’invitant à entrer, un sourire affecté. « Il fait froid, dehors. » Oui, mon cher môme, il fait froid, et tu devrais être couché à l’heure qu’il est. Je n’aime pas le fait que tu m’accueilles ainsi - pieds nus et hors de ton lit - à une heure comme celle-là, gamin ; mais mon boulot est de savoir ce qu’il se produit au juste dans ta petite tête, alors je prends sur moi. Je ne te le dis pas, cela. T’as pas intérêt à l’entendre, cela.

Ce mioche a bien changé, depuis la photo. Je ne le reconnais pas.

Quelque chose saute à l’esprit, du premier coup : Nex Horlerer a une voix de femme.

« Tu vis seul. T… »
Conscience professionnelle : ne pas omettre de se mordre l’intérieur des joues, même s’il est tard. Ne pas se laisser déraper : il faut aborder en douceur, inspirer la confiance ; il faut souffler, oublier les impressions qui me démangent…

Il referme la porte derrière moi, me désigne le couloir, de l’autre côté du salon : « Nox dort. » Nox. Puis il me voit accuser l’uppercut et reprend, comme soucieux : « Vous ne l’avez pas réveillé, ne vous inquiétez pas ; il est habitué au bruit des sonneries, ces temps-ci, alors il s’y est accoutumé. » ‘Nox’. Le mouflet s’appelait Nox. Cela a l’air si crucial, maintenant… Mais Nox dort ; et je ne comprends pas la chaleur, dans mon abdomen, tendu.

Je m’embrume, il me regarde ; pressé, soudainement stressé, je bredouille quelque chose de terriblement dissonant.
   « Il n’y a qu’une assiette, elle s’est couchée sans manger ?
-   Oh non, c’est surtout moi qui mange peu, ici ; il prend son repas avant moi, et alors moi je me retrouve à avoir faim rarement. Cela ne m’ennuie pas, n’ayez pitié. Cela est plutôt lui, qui s’ennuie : je m’absente toute la journée… Mais vous êtes ici pour lui donner compagnie ? Quoi d’autre ? Oh, ce serait merveilleux, cela lui a tant manqué ! Vous le sentiriez le jour, tout calme et penaud… Nous avons toujours eu besoin de vous, ici.
-   Hum, en quelques sortes. C’est cela : je suis un peu là, pour ‘lui’ tenir compagnie.
-   Installez-vous donc, vieux fort. Je vous prépare quelque chose ? un bandage ?


Oh non, ça ira, ne bouge pas, que je commence à vouloir comprendre…

   Un psychiatre, hein ? Les cochons.




   Il regardait sur le côté, sur le rebord de la fenêtre : rien, simplement la vitre, et le patin de poussière. L’adulte lui posait des questions, mais lui regardait sur le côté, et imaginait un scorpion, un petit arachnide, qui avancerait à pas de silence sur la planche, contre le verre. Une petite figure chitineuse au premier plan des montagnes. L’homme posait des questions et il ne lui répondait pas. Il écoutait, pourtant, il se laissait bercer par les interrogatives, cajolé par la voix douce et grave. Cela lui rappelait des souvenirs. Son menton s’appuyait sur le dossier de la chaise ; il lui faisait mal, mais ses muscles étaient trop gourds, il voulait s’immobiliser. « Pourquoi ne me parles-tu pas ? », lui demanda-t-on ; il réfléchit. Il pensa d’abord à la pièce de bois, qui maintenait sa bouche close, puis à l’apathie, qui pesait sur sa gorge, et à la césure qu’une réponse, mal doublée, pourrait créer.

   Celui qui était rentré l’avait assuré qu’il ne le dérangerait pas, qu’il n’avait pas à lui répondre, lui prêter attention… Cela rendait cela si facile : il recevait tout, et n’avait rien à donner, c’était presque de la triche. Les phrases s’accumulaient en l’air, il n’avait qu’à les saisir et s’en couvrir. Il leur donnait une fin mais il la gardait pour lui-même. Il sirotait les questions, et les conservait toutes en bouche. À un moment il ne prit pas garde, pris par l’élan : il déglutit.

   Et il lâcha soudainement qu’il avait toujours voulu devenir un Dragon. Il mentionna sa peau, la mollesse de ses bras et de ce qu’ils lui proposaient : un univers de terne et sa condition de mortel friable. Il échangea l’arête dure sous sa bouche contre un derme souple et il étudia ses os, son squelette las, si désagréable. Il avait déjà vu une fois une volaille dont on récoltait la chair et il se sentait comme elle. Comme un enchevêtrement de viandes blanches agrippées à de frêles tuteurs blancs. Il se sentit prêt à se désosser, sous les yeux du monsieur.

Ils s’étaient illuminés, ses yeux ; peut-être parce que c’était enfin à son tour d’écouter. Peut-être parce que, finalement, c’était pour cela qu’il était revenu ; il était passé si longtemps, depuis la dernière fois qu’il l’écoutait… Il avait tant changé.

   Le corps, cet entrelacs de tendons et de millions de ténues douleurs. Cette prison d’écœurement que jamais rien ne transforme, et dont tout se détériore ; c’était lui. C’était dommage, et triste. Il aurait voulu partir dehors, s’en aller, découvrir, mais l’adulte lui avait volé la place. Mais aujourd’hui il lui revenait, l’adulte ; il avait vu, il revenait lui raconter. Il revenait lui raconter ses rêves, son cauchemar et puis son éveil. Il tremblait, il avait l’air si dépassé. Il s’était rongé un peu tous ses sangs et, dépité, revenait voir l’enfant. La vie ancienne dont la pluie des rêves ne le transissait pas encore ; dont la nuit le punissait plus. L’eau ruisselle, mais l’air capitonne. De la peur, et de l’intrigue : l’Espoir. L’adulte l’avait évincé.

   « Je voudrais qu’il me pousse une queue », révélait-il et ses yeux fuyaient. Le bas de son dos le démangeait, et sans broncher il éprouvait son immobilité. Qui savait ? Lui ne savait pas. S’il attendait, assez longtemps s’il se retenait, ne mettait terme à cette agitation peut-être, peut-être un nouveau monde lui serait révélé. Un songe éclos réveillé.

La raison ne se soucie pas de lui, elle est une machine si fourbe, dont la seule mécanique ne fait que préserver, se préserver, se reproduire… Mais lui ne veut plus rester las, il a trop mal, de se reproduire. Alors il ne l’a plus, le choix de lui désobéir.

   Il regarde le bord de la fenêtre, le scorpion évanescent ; il le cherche, mais ne sait plus où il pourrait être.
« Qu’espères-tu ? » Un songe, il a disparu.


Manque de bol.



   Et je l’écoutais, je laissais ce gosse me toucher ses mots d’un prolongement de lui qui, alors, ne lui serait plus spolié. Ce moutard me regardait et en me détaillant m’évoquait un prolongement de lui-même qui de lui s’approprierait. Ce gosse qui ne voulait plus être m’ignorait et moi je restais là, seul, à le narrer tout m’exposer. Il m’avait happé. Il dit que je pouvais rester, dormir, qu’il pourrait m’occuper ; et moi je repensais à ma maison désertée. Je revoyais les rectangles de vides, qu’y creusaient les meubles absentés. Je repensai à mon duvet que j’avais déchiré. Je ressentais cette rage immense qui m’avait emporté encore. Et le monde refluait et le gosse me parlait.

Il avait été pris d’un dépit, énorme, il avait scruté, dans mes yeux, et des pupilles s’étaient dilatées ; puis il avait souri, et il a recommencé.
Puis nous avions recommencé.



   Le flot de la lumière inonde si bien la vue qu’il occulte ce qu’il éclaire. J’avance, une angoisse collante dans le ventre, je m’approche de la réverbération éblouissante. Pas à pas. L’univers sonore est masqué, pris au pied du mur, de sa propre intensité. Une immense clameur, étourdissante, des milliers de voix piégées en une unique cage résonnante. Je ne vois que les parois dallées sur mes côtés, observe les œillères de pierres, et une sorte d’ébaubissante torpeur m’empêche de sentir toutes les odeurs. Crissent mes talons, pulse mon cœur, s’étanchent les sons ; s’évanouit ma respiration, s’envole une expiration…

L’Arène. Une construction gigantesque, un dôme pour briser les souffles ; un trou de ciel bleu, et blanc, énorme. Ouvert à-même la Terre. Montent les colonnes, piliers, colosses, puncturées d’innombrables minuscules interstices ; les fentes de toute la roche, immémoriales. Les gradins tout autour, déroutantes tribunes, à tout azimut, qui accueillent leur masse indénombrable. La masse innombrable qui appelle de son cœur inique celui qui, pour elle, est revenu mûrir.

Ça y est. J’y suis. Ici je peux mourir délivré. Ici, en mon foyer enfin ; inspirer l’air, tu. Le puits démesuré me dévoile alors le monde. Derrière moi le couloir s’éloigne, je le quitte, m’avance lentement vers le centre du disque, happé par la foule, en plein jour. Dans quelques secondes la corne détonnera ; et ce ne sera plus à moi de clamer parce que je serai là. En bas.

Une sorte de fluide gonfle l’atmosphère, graisseux, autour de moi ; les miroirs me toisent et je relève le menton, digne, au moins pour une dernière fois. J’ai peur, et retentit en même temps le coup d’envoi. Les premières senteurs.

   La poussière envahit mes frayeurs, je sens les graines de leurs affres se déposer, sur mon flair ; et l’armure, et la rutile se lover contre ma chair…
Dans le vrombissement de la corne comme un cœur qui m’appelle. Un son d’un brin de ma douceur. Qui me susurre que je n’en ai pas fini avec elle.


Il me murmure j’ai besoin de lui.
Il me chuchote que je le sais.


   « Ton téléphone sonne, Durden… »


Je ferme les yeux et me concentre fort, sur le sable, sur la clameur… Je ne veux pas me lever, je ne veux pas y aller. Il est trois heures du matin. Je dois rendre mon rapport à la Police.


   Je compose le numéro, appelle, ils décrochent. J’ai mal à la tête. « Bonsoir, je suis le psychiatre. Pour l’enfant sans parents. Il est toujours là. Non, il n’en est pas parti. Non, il n’a pas encore posé ses pièges. Oui, il a encore à manger. Plus grand-chose. Non, sa marraine ne l’abuse plus. Non, non. Il garde encore quelques blessures, mais il cicatrise, il ne lui manque que quelques pansements. Non, il n’a pas encore trouvé les pansements. Je cherche avec lui. Il me faut les mêmes. Oui.

« Où je me trouve actuellement ? Chez lui. ‘C’est-à-dire’ ? Consultez vos dossiers !
« Je suis au refuge dans la baie des arbres. »
Je raccroche.

Je ne bouge pas. Il faudrait.


   « Tu n’es jamais vraiment parti, finalement. Je suis content que tu sois rentré… Ça fait quoi de se coucher ici, à nouveau après toutes tes années ? »
Je ne sais pas. Je ne sais pas… Une âpreur aigre. Énorme.


Je force mes yeux, et me condense. Sur le matelas, je crois.

Au refuge dans la baie des arbres, comme autrefois. Comme où nous avions rêvé ; deux semaines, après avoir trépassé marraine… Nox. Nox était là.

Nox avait toujours été là.
Au refuge dans la baie des arbres.


   Il pose une toute petite main, sur ma poitrine, me réveille et me sourit. Ses pupilles tremblotent.

« J’ai envie de faire du parapente. Je veux voir l’espace, encore, en bariolé… Emmène-moi. »

Il est quatre heures du matin. La nature se dévêt. Il me regarde, il frémit.

« Ils vont arriver. Ils savent, ils ont dû tracer l’appel. Ils ont compris que tu n’es pas le psychiatre. Je crois. Tu sais. »

Et alors je me souviens, vraiment. De tout. Je souris. Je lui souris. Je souris. Les plus beaux sourires ne sont à personne.

Elle est morte, la psychiatre. Elle est morte. Elle menait un métier dangereux. Elle est morte, pourtant son sourire était si délicieux.

Viens, Nox. Grimpe sur mes épaules, et tends la voile ; on va faire du parapente.


   Je sors, entre les pins, je ferme la porte restée entrouverte, je vois le bord du bois, le talus. Derrière le talus la falaise, les épines ; et les airs volants. Je me mets à courir. Nox sur les épaules ; il commence à grossir. Je cours, les arbres défilent ; et le vent se file. Nox contre mon dos, ses écailles se détendent. Ma peau s’effiloche. J’accélère. Nox me surplombe, et dans mes omoplates plante ses serres. L’herbe s’agite, les brins volent sous la bise, tissu du temps… Je revois Maman. Je revois le ravin. Salue la falaise. Saute. Il s’envole.


Je m’ancre, m’élève… Je tournoie, un peu. Je ressens marraine, j’ai mal. Mais mon sourire poudroie : mes doigts l’étreignent. Un accident. Les juges arrivent. La procédure d’adoption m’entame. Je perçois Marlène, son sourire, ses légers mirages… Je l’entends fouiller, chercher, tout un tas de dossiers. Un incident. Les huissiers arrivent. Puis la procédure de divorce l’entaille. Puis la grosse lame l’empale. Dommage, mais si triste. Elle avait été ma femme.

Je frissonne, me jette… La lune choit, un peu. Je desserre mes mains ; je n’ai plus mal. Mais la vie s’emballe, et c’est la seconde fois.

Nox me saisit, ses ailes m’entraînent, vers le haut ; ma peau s’égrène… Nox. Je suis avec toi maintenant. Je suis revenu. Rions ; rions encore, de ce monde déliré, dont nous n’avons plus besoin. Ici, en nos rêves enfin. Épurons les amères ; expirons les vertus… Mortelles aigres fines.


Ça y est. Nous y sommes. La nuit démesurée nous dévoile alors le monde, Notre Monde.

Montent les branches, les épines, en rameaux, galeries si belles.

Je n’ai plus peur. Je me prépare au choc, celui d’après la dernière fois.


Vole, Nox, vole. Enfuis-toi. Même si je dois rester là.



Enfuis-toi.




Dans la nuit de dimanche à lundi fut retrouvé par la Police un corps sans vie.
Celui d’un fugitif inqualifiable : le meurtrier de sa femme.
Vingt et cinq ans auparavant, dans un feuillet soigné les instances avaient noté, vaillamment, la mort de ses deux parents.
Vingt-quatre ans auparavant, dans une bourse ficelée la nouvelle responsable légale s’offrait, jubilée, l’innocence : elle n’avait pas vicié l’enfant.
Vingt-trois ans auparavant, dans une tirade étudiée un des jurés avait présumé, hardiment, que le décès de sa marraine n’était pas qu’un accident.

Parfois, certaines blessures cicatrisent mal.
Parfois, oublier la douleur est encore ce qui semble causer le moins de mal.


Dans la nuit de dimanche à lundi Nex Horlerer a fui.
Mais lui seul sait.
Il voulait devenir un Dragon.
Mais jamais ici.
Car lui savait.
Il le sentait.
Il voyait, que tout était terni.
« Modifié: 05 Octobre 2017 à 23:44:46 par Nacas »
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Hors ligne Mizuti

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Re : {Texte Embryonnaire} [AT] Puis cela dans la neige
« Réponse #1 le: 02 Avril 2017 à 00:27:55 »
Bonsoir Nacas,

J'ai lu attentivement et cette lecture fut fort agréable.
J'ai quelques questions, quelques avis ou quelques remarques :

Tout d'abord, j'aime assez la manière dont ce texte nous mène et nous dévoile progressivement les choses. Ce type de lecture peut parfois sembler un peu hermétique, peut-être ton texte l'est-il 5% trop. Il m'a fallu deux relectures pour espérer l'avoir bien compris, et encore n'en suis-je pas certaine. J'aurais préféré plus de clarté, plus tôt, même si la fin du texte nous aide beaucoup. Je n'aime pas forcément être prise par la main dans ma lecture, mais je crois que justement tu aurais pu jouer d'avantage avec ton lecteur sur l'interprétation de ton texte, la faisant virevolter au gré des paragraphes. En plus clair, ce n'est qu'à la relecture que certains passages s'expliquent et prennent leur sens : ils manquent leur impact initial.

Venons-en à quelques passages qui ont retenus mon attention :

Citer
La brise d’hiver a volé sa chaleur aux bois, et les oiseaux s’en vont, et ses bras se reposent sur le froid
J'aime beaucoup la première partie de la phrase, moins la seconde que j'ai du mal à bien saisir.

Citer
se donne en cachemire
Je ne connais pas cette expression (?)

Citer
Il joue à rester là, à vau-vent contemplateur
*coeur coeur*

Citer
son écriture penchée comme sur le point de s’ébranler
J'ai du mal à saisir l'image.

Citer
J’écrase ma cigarette sur ma semelle et mets le mégot dans la poche de ma veste
Mais qui fait ça ? :o (c'est franchement dégueulasse)

Citer
Je cogne ma main à nouveau
"je cogne à nouveau" ?

Citer
Cela rendait cela si facile
Une petite répétition ?

Citer
Dans un feuillet soigné les instances avaient-elles noté, vaillamment, la mort de ses parents.
J'ai un peu de mal à comprendre ce passage.


Après cette ultime relecture, je répète un peu ce que je disais au début : je trouve qu'il manque quelques passages explicatifs, je reste trop dans le doute. Sur la forme en revanche, j'adhère complètement.
Merci pour cette lecture.

J'edit (parce que je viens tout juste de m'en souvenir) que je ne saisis pas ton titre. Pourrais-tu l'éclairer ?

Hors ligne Nacas

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Re : {Texte Embryonnaire} [AT] Puis cela dans la neige
« Réponse #2 le: 02 Avril 2017 à 01:10:30 »
Je note, je note, je te remercie d'un coup d'oeil et planche. Je reprends, je ravale, et éclaire.
Je corrige, je corrige ; je lisserai ensuite.

Merci d'être passé ; je reviens.

Le titre ? Rien de bien étrange ; ne vois-tu pas la neige ?

Edit : Édite, édite : ça m'évitera quelques vaines notifications, ce sera plus propre ; je lirai et relirai, puis moi-même éditerai.
« Modifié: 02 Avril 2017 à 01:16:03 par Nacas »
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Hors ligne Miromensil

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Re : {Texte Embryonnaire} [AT] Puis cela dans la neige
« Réponse #3 le: 02 Avril 2017 à 13:21:31 »
Plop

Je dois rendre un travail bientôt alors j'ai pas du tout du tout le temps faire un truc détaillé, mais j'ai juste relevé ça :

Citer
Mais lui ne veux plus rester las, il a trop mal, de se reproduire
cette faute a gâché TOUTE ma lecture :mrgreen:

Citer
il le cherche, mais ne sais plus où il pourrait être.
là, on sent qu’il commence à être tard
(il y en a peut-être d'autres mais je n'ai pas été super attentive)
(ne sait)

Citer
Et alors je me souviens. De tout. Je souris. Je lui souris. Je souris. Les plus beaux sourires ne sont à personne.
c'est beauu

C'est moi ou en faisant ce texte tu as voulu tenir compte des dernières critiques qu'on a pu te faire ? Parce que, hu, j'ai pas à te dire ce que je te dis habituellement. Donc j'aime à peu près tout, la façon d'écrire, les persos et le fond de l'histoire. Au rang des bémols :
- C'est surement voulu mais le rythme total du texte est très haché et saccadé, sur le ton de l'action. Un texte virgulé, donc. Pourquoi pas, ça m'a aidée à lire plus vite x)
- J'imagine qu'on pourrait te dire qu'il y a des longueurs et que le texte est trop long pour son idée principale... mais ça ne m'a pas dérangée plus que cela.
- On pourrait aussi te reprocher le passage à la première personne mais bon ça ne me choque pas plus que cela non plus (et puis je le fais aussi).

Donc difficile à commenter parce que je sais ce que d'autres gens que moi pourraient te dire mais si je m'en tiens à ce que moi subjectivement j'aime, tout y est. J'aime vraiment bien le passage à la fantasy alternatif, et sinon on dirait un tableau peint à la façon des impressionistes, avec des petites touches d'impressions (en mode texte). J'ai pas relevé tout ce que j'aurais pu bémoliser ni tout ce que j'ai aimé, ne m'en veux pas x)


Hors ligne Rémi

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Re : {Texte Embryonnaire} [AT] Puis cela dans la neige
« Réponse #4 le: 02 Avril 2017 à 22:39:23 »
Salut,
commentaire express... pas sûr d'être pertinent mais on ne sait jamais...

Citer
elles sont grand ouvertes.
grandes ouvertes sonnerait mieux, je trouve

Citer
Offensés, bafoués par ce refus inopiné, frustrés, surtout, d’être à leur ignorance ainsi ramenés les pontes ont invoqué du grec,
toi qui aimes les virgules, j'en mettrais une avant "les pontes"

Citer
Une déclaration de prise en charge spontanée, pas un jour après le décès des deux parents ;
c'est à dire, le jour même ?

(et, le psy se remet en route et en même temps il lit ?)

Citer
-   Installez-vous donc, vieux fort. Je vous prépare quelque chose ? un bandage ?
vieux fort ?

Citer
Il échangea l’arrête dure
l'arête, non ?

Citer
« Je voudrais qu’il me pousse une queue. »,
le point est en trop

Citer
dont la seule mécanique ne fait préserver, se préserver, et se reproduire…
ne fait que (?)

Citer
Mais lui ne veux plus rester las,
veut

Citer
il le cherche, mais ne sais plus
sait

Citer
Et je l’écoutais, je laissais ce gosse me toucher ses mots d’un prolongement de lui qui, alors, ne lui serait plus indexé, d’un prolongement de lui-même qui de lui s’approprierait. Ce gosse qui ne voulait plus être m’ignorait et moi je restais là, seul, à le narrer tout m’exposer.
me toucher ses mots ?
indexé ?
à le narrer ?
(j'ai du mal ici)

Citer
moi je repensai à ma maison désertée. Je revoyais les rectangles de vides, qu’y creusaient les meubles absents. Je repensai à mon duvet que j’avais déchiré. Je ressentais
repensais ?

Citer
Il avait été pris d’un dépit, énorme, il m’avait regardé dans les yeux et des pupilles s’étaient dilatées ;
ses pupilles ?

Citer
Qui appelle d’un cœur inique celui qui, pour elle, est revenu mûrir.
mûrir ? et qui est "elle" ?

(le texte en italique est le rêve que fait le psy qui s'est assoupi ?)

Citer
Je coure, les arbres filent, et le vent se défile.
cours

Citer
les instances avaient-elles noté, vaillamment, la mort de ses parents.
Quatre ans après par oral un des jurés avait-il présumé
pourquoi ces avaient-elles et avait-il ?
(sur ce dernier passage, je verrais plutôt un style passe-partout, journalistique qui raconte quoi)


Bon, désolé, je n'ai pas le temps d'approfondir mon commentaire. Je dirais juste qu'avec une seule lecture, j'ai une impression et des idées par rapport à ce que tu nous racontes. Certainement qu'une deuxième lecture serait intéressante en donnant du sens à certains passages qui m'ont un peu paumé. J'avoue que j'ai été largué à plusieurs reprises, j'ai été emporté dans ton tourbillon - ce qui est cool - mais j'ai aussi été frustré de ne pas tout capter. Le dernier paragraphe rétablit le sens, mais naviguer dans ta prose poétique n'est pas toujours évident (faut dire, je suis claqué et pas en bonne condition pour une lecture ultra attentive).

J'aurais au moins relevé deux trois coquilles, c'est mieux que rien. Bonne chance pour l'AT.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : {Texte Embryonnaire} [AT] Puis cela dans la neige
« Réponse #5 le: 02 Avril 2017 à 23:17:50 »
Merci, Rémiii !
J'ai corrigé les coquilles ; excuse-moi pour les fautes, à ma décharge je travaille ce texte excessivement tard, ces temps-ci, alors il en reste...

"grandes ouvertes" est grammaticalement faux, il me semble. (même si ça sonnerait peut-être un peu mieux, mais bon)

Je prends cette virgule !

Une prise en charge le jour même, oui.
(et le psy qui se remet en route, qui lit et puis qui réfléchit, tout ça en même temps. Ah oui ?)

Vieux fort.

L'arête, oui.

Je reprends ce point !

Et rajoute ce que.

"Me toucher ses mots" par identification à "Toucher deux mots" ; le passage est un poil trop rêche, je vais voir ce que je peux faire.

Repensais, oui.

Non, 'des' pupilles ; parce que ce n'étaient pas que les siennes... La mort brute, cel'adrénaline ; alors cela dilate.

Mûrir pour le clin d’œil appuyé au plus beau des Hordiers. "Elle", c'est la foule.
(Oui, le psy s'est assoupi. ... Ah ?)

Je vais voir ce que je vais faire sur le dernier paragraphe.


Ne sois pas désolé, Rémi ! Tu repasseras peut-être, ce sera toi qui choisira ; d'ici là j'aurai édité les coquille, ce sera mieux que rien !
J'ai forcé sur le trouble, c'est vrai, mais si je parviens quand même à t'emporter, alors c'est parfait. Il faut que je bosse encore un petit peu sur les menus détails qui rendront cela plus classe, plus noble.
Et à ce propos il y a un, un immense détail ; je vous laisse le trouver.


Miro ! je t
« Modifié: 02 Avril 2017 à 23:26:41 par Nacas »
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Re : Puis cela dans la neige
« Réponse #6 le: 07 Avril 2017 à 09:46:37 »
Bonjour Nacas !

Citer
Écoute. La bise d’hiver a volé sa chaleur aux bois, et les oiseaux s’en vont, et ses bras se déposent sur le froid
Plutôt qu’un enchaînement de « et » j’aurais mis un point après « vont ».

Citer
se donne en cachemire pour s’évacuer
Je ne vois pas le sens. Si il n’y en à pas je trouve dommage d’utiliser un mot juste pour sa consonance.

Citer
Son dos s’ouvrirait en rameaux, galeries d’ailes, puis il serait au-delà des cimes, et au fond du ciel
Je te propose d’inverser la rime et de mettre un point : Son dos s’ouvrirait en rameaux, puis il serait au-delà des cimes, et au fond du ciel. Galeries d’ailes.

Citer
Regarde, et écoute, comme les fleurs sentent bon.
Dans son cas j’aurais dit « Ecoute et sent comme les fleurs sont belles »

Citer
Il y a anguille sous roche ; j’ose à peine imaginer la taille de l’anguille
Je n’aime pas trop. (Commentaire sans aucune forme d’objectivité.)

Je lis beaucoup de texte abstrait sur le forum qu’il faut relire plusieurs fois (et pas tous aussi bien écrit que le tiens), c’est peut être une mode, un style, où c’est peut être moi qui n’ai pas le niveau  lecture suffisant pour apprécier de tel textes. Je n’en comprends pas l’intérêt.
De cette phrase :
Citer
Il referme la porte derrière moi, me désigne le couloir, de l’autre côté du salon
A cette phrase :
Citer
Je ressentais cette rage immense qui m’avait emporté encore. Et le monde refluait et le gosse me parlait.

Tu as failli me perdre. A mon sens un texte ne doit pas avoir besoins d’être lu deux fois. Ton écriture est très belle mais demande déjà une attention de lecture élevée c’est pourquoi je pense que tu te dois d’être plus clair dans le sens. De plus, plus on se concentre sur le sens moins on apprécie la prose (c'est tout de même dommage dans ton cas).

Heureusement la fin vient faire oublier en beauté ce passage un peu difficile. Si je ne fais ressortir que les passages sur lesquels j‘ai accroché c’est uniquement parce que ceux qui m’ont emporté sont trop nombreux. C’est un texte très poétique, extrêmement bien écrit et dont l’intrigue est très bien mené (surtout au niveau du rythme). Merci pour cet agréable moment. J’espère que mon commentaire n’arrive pas trop tard pour l’At. Je voulais le faire plus tôt mais le temps m’a manqué… 


Hors ligne Nacas

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Re : Puis cela dans la neige
« Réponse #7 le: 07 Avril 2017 à 11:07:31 »
Bonjour à toi !

Et, et, parce que je voulais essayer le hiatus, par ci, par là ; je ne sais pas trop si c'est vraiment concluant...

Il se donne en [chemise de] cachemire pour [s']évacuer [toute sa chaleur corporelle (due au stress intense)].

Je porte attention à ta proposition mais la décline : la galerie d'ailes juste après le dos ouvert en rameaux m'évoque beaucoup de choses, une sorte d'ailes dragoniques typées SCP-469.

"Regarde, et écoute, comme les fleurs sentent bon !"
C'est une référence à Dofus, assumée par le "objet vivant", juste en-dessous ! Cela dit je préfère tout de même celle-là à celle que tu me proposes.

Moi non plus, je n'aime pas trop ; la phrase fonctionnant bien dans le flot (enfin, je trouve ?) je l'ai gardée, mais il y aurait moyen de l'améliorer, t'as raison.


En fait je pense que les textes abstraits sont juste la transcription d'une erreur d'estimation de la part de l'auteur. Ce texte, lorsque je le lis, me semble tout à fait clair, limpide, presque ; c'est évidemment pas le cas pour le lecteur, et c'est une faiblesse de ma part.
C'est vrai.
Mais faites-vous attention à toutes les assertions ? Donnez-vous aux détails un sens construit plutôt qu'une allure de superflu ? Si oui, alors je me dois de retravailler ce texte, beaucoup ; si non...
Le personnage n'a pas de nom, un seul, donné par Nox : "Durden."

J'ai failli te perdre, mais tu m'as retrouvé, n'est-il pas ?
J'ai cette idée que lorsque le lecteur se semble perdu, il peut se reposer sur la prose, laisser bercer et puis ce sera joli quand même... Je ne sais trop si j'ai raison.

EDIT : J'ai oublié de mettre en italique la passe du songe, mes excuses...


Merci à toi, Itolcar ! Ton commentaire arrive trop tard pour l'At (j'ai changé le titre et enlevé le spoiler, t'as vu), mais c'est tant pis.


Temps manque-t-il et manque le temps !
Nacas.
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Re : Puis cela dans la neige
« Réponse #8 le: 07 Avril 2017 à 13:17:51 »
Je suis heureux de voir que tout ça était voulu et recherché.

Citer
Mais faites-vous attention à toutes les assertions ? Donnez-vous aux détails un sens construit plutôt qu'une allure de superflu ?
Encore une fois, peut être que mon niveau de lecture n'est pas suffisant. Je ne met pas forcément la faute, si faute il y a, sur l'auteur.

Citer
J'ai failli te perdre, mais tu m'as retrouvé, n'est-il pas ?
J'ai cette idée que lorsque le lecteur se semble perdu, il peut se reposer sur la prose, laisser bercer et puis ce sera joli quand même...

Tu as raison. Mais sur 3000 mots. Pas sur 150 pages. Ça tombe bien c'est le cas ici. Mon commentaire n'a donc aucun sens... Si ce n'est que quand on a les moyens d'avoir les deux, autant en profiter.

Bonne chance pour l'AT. À un prochain texte.

Hors ligne Nacas

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Re : La neige
« Réponse #9 le: 24 Juillet 2017 à 20:39:46 »
Coups de poutre dans la tempe, bam, bam, bam mais rien n'y fait.
Il va falloir recommencer, je sais, bien sûr.

En été, la neige ne tombe plus ; mais j'veux bien voir comment elle remonte.
Maladroitement, probablement.

Je sais.

Mais j'arrive, j'reviendrais, bien sûr.


Désolé, j'veux bien, pourtant.
!
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Ashka

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Re : La neige
« Réponse #10 le: 19 Avril 2018 à 08:55:48 »
 ;) Bonjour Nacas.
Comme tu me l'as proposé, je suis venue te lire.
Je vais te livrer mes impressions à ma première lecture:
Tout d'abord j'ai été contente parce que dans la façon dont tu associes les mots tu fais sauter chez moi des convenances pour la compréhension pour servir l'élégance alors merci beaucoup de ce partage:
Citer
Il pose son menton sur la rambarde du balcon, sur ses deux mains. Il regarde. Écoute. La bise d’hiver a volé sa chaleur aux bois. Les oiseaux s’en vont ; ses bras se déposent sur le froid
par exemple: je trouve ça bien plus beau à la lecture qu'un banal:
"Il pose sur la rambarde du balcon, sur ses deux mains, son menton." J'ai remis un truc pour moi (ne fais pas attention, j'ai fais ça pour illustrer mon propos) en lecture logique. Mais là le fait de dynamiter l'ordre, ça passe super bien. Et du coup ça m'a ouvert l'esprit pour la suite de ton texte, et la suite s'est avérée tout aussi élégante. Et puis j'adore ce cheminement :coeur::
Citer
Il file le temps ; et le présent se défile. S’effiloche, vent
Bref, je ne relèverai pas tout, je continue. J'ai été happé par ton texte. Il a provoqué en moi une émotion puissante, inattendue.
Ce passage m'a émue:
Citer
Et alors c’est un peu comme un cadeau sincère. C’est un peu comme Maman. Maman, un petit mot, un stylo et son écriture penchée qui, chaque matin, lui souhaite son bien. Il ne la voit pas : elle part très tôt ; de nuit, au temps où la rosée est encore brouillard, fumée flottante devant les yeux. Mais elle lui laisse un message, un vent d’âme, un hâtif baiser sur la table de son salon. Elle rentre tard, le soir, alors il ne la retrouve pas. À l’heure où la lune se duvette de nuages ; la route et ses coudées aux étoiles lui dédient leurs mirages. À cette heure-là la forêt devrait être belle, les arbres grands ; et la pluie ruisselle. Il ne la voit pas, mais il sait qu’elle se démène. Il rêve, un peu, pour ne pas trop se consumer. Rester lui-même, dans la tourmente des idées.


Et puis toutes ces associations de mots qui sonnent :coeur::
Citer
Chez lui la couleur dort ; et ne sublime aucune douleur/ les nuances qui se terrent/ ses os s’échapperaient en gravats/ Je revoyais les rectangles de vides, qu’y creusaient les meubles absentés/ rien, simplement la vitre, et le patin de poussière/ ses mains s’appliquent sur ses genoux, désuètes...
Je pourrais en relever d'autres.  :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:

Pour le fond de l'histoire, c'est bien que tout soit suggéré comme ça, cette espèce de réalité/ rêve/ cauchemar/ fantastique, en tout cas pour moi, la sensation d'être fortement happée à la lecture ça veut dire que le texte a parfaitement fonctionné avec moi.

Je ne puis te dire autre chose, sauf:

Vraiment, merci beaucoup pour le partage ! :) :) :)

 


 
« Modifié: 19 Avril 2018 à 09:08:14 par Ashka »

Hors ligne Nacas

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Re : La neige
« Réponse #11 le: 19 Avril 2018 à 20:13:58 »
Boonnn SANG Ashka BONSOIR !

Je suis heureux, si heureux que tu sois venue ici me voir ! Tu gères, Ashka t'assures ! Ashka t'es trop BIEN !
Je suis si heureux, que ça t'ait plu que j'aie pu te rendre un peu heureuse comme ça bon SANG BON SANG MERCI !

Je te souhaite la plus belle des soirées, j'ai retrouvé ce soir avec toi avec d'autres avec ça

la blus belle des soirées. Et l'envie d'écrire.


À bientôt, pour de nouvelles aventures ;
Nacas.
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Hors ligne Meilhac

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Re : La neige
« Réponse #12 le: 19 Avril 2018 à 20:41:39 »
ça démarre hyper poétique ! C'est becketto-krystofien! :)

"il pose son menton sur la rambarde du balcon, sur ses deux mains" j'adore cette phrase !

j'ai pas cherché à comprendre pourquoi il a chaud, froid, chaud, froid

le "bois" au pluriel m'a un peu surpris (la chaleur prise aux bois) ; ça veut dire que l'état normal des bois c'est la chaleur et que le vent d'hiver subtilise cette chaleur aux bois ? yep à la relecture je vois l'idée !!

je reviendrai lire la suite :--)!

ça a l'air un peu compliqué, j'ai vu que ça passe à la première personne à un moment ?

en tout cas c'est intrigant et poétique

je compte revenir lire la suite !  :)

merci beaucoup Nacas pour ce texte  :)!!
« Modifié: 19 Avril 2018 à 20:43:31 par Meilhac »

Ashka

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Re : La neige
« Réponse #13 le: 20 Avril 2018 à 00:19:58 »
 :-[
Je suis contente si ça te motive pour écrire. C'est vraiment chouette de te lire.
C'est quoi cette belle image ? J'aime bien ! :coeur:

Hors ligne Nacas

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Re : La neige
« Réponse #14 le: 18 Juin 2018 à 21:16:02 »
Meilhac à vrai dire je ne pensais pas que tu reviennes vraiment lire la suite, alors je m'y attendais pas, puis les edits ne sont pas marqués, et je ne suis pas sûr pour les dates, mais même sans, je crois que j'ai très oublié de venir vous répondre.
Merci à toi Meilhac, je suis content que ça te plaise, c'est cool ; ça lui fait de la compagnie, à Nex. Ça passe à la première personne, parce que c'est pas facile d'être comme on voudrait tout le temps ! C'est moins beau, la première personne, c'est trop présent, peut-être, mais bon. Le présent on y est, alors tant pis. Mais parfois, on s'y échappe. On s'y échappe, mais c'est moins beau qu'avant ; la cabane au-dessus des arbres.

Ashka, je t'embrasse, comme ces trois petits enfants qui sont descendus bien bas, qui comptent redescendre plus profond encore, ils regardent en haut, parce qu'ils ne peuvent pas remonter tout de suite ; mais là, ils sont biens. Et ils ont raison de l'être.
Made in Abyss, en fait. C'est l'histoire d'une petite fille de l'orphelinat des caverniers, alors qu'un jour elle trouve un robot, avec un étrange casque et de très grands yeux ; elle lui donne le nom de son chien. C'est beau et mignon à la fois, merveilleux et entraînant, fabuleux et rafraîchissant. Ça rend heureux.

J'réponds tard, Je suis en retard, puissiez-vous m'embrasser, je suis un peu désolé,
mais heureux.
Nacas.
« Modifié: 18 Juin 2018 à 21:20:30 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

 


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