Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Intermède

Auteur Sujet: Intermède  (Lu 3247 fois)

Hors ligne Menthe

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Intermède
« le: 04 Septembre 2009 à 00:23:00 »
Bonjour à la communauté MdE-ienne !

Voilà mon dernier né : Intermède
Sincèrement, j'attends vos avis sans trop rien espérer. Il est tard, je suis fatiguée, mais surtout cela doit bien faire un an que je n'ai pas sérieusement écrit un texte. Et pour tout vous dire, je n'ai pas été aussi emportée que d'habitude. Il manquait un petit quelque chose, une petite flamme, peut-être. Mais au moins ai-je réussi à écrire, et cela consiste malgré tout en un exploit en soi.

Je précise que ce texte s'inscrit (ou devrait s'inscrire) dans la thématique de "l'Artificiel". J'ai tenté quelque chose de plus original que les grands classiques qu'on imagine d'emblée... après, de là à affirmer que cela tient réellement la route...  :-\

 :mrgreen: Enfinbonbref, j'vais arrêter de me flinguer toute seule, faut bien que je vous laisse un peu de champ, quand même !

Remarque : il s'agit de la version corrigée, suite aux commentaires de fubuki et kathya  :)

Bonne lecture !


Elle pinça les lèvres. Ce serait rapide. Indolore, il l'avait juré. Mais comment croire un inconnu ? Il le fallait bien, pourtant, elle avait été tirée au sort parmi deux centaines, elle avait payé pour ce privilège.
Ou ce cauchemar.
Respirant doucement, la gorge nouée, elle tenta de se détendre et relâcha ainsi un à un chacun de ses muscles, commençant par le dos, puis descendant vers le ventre, les cuisses, les mollets. Elle fixait le couvercle noir au-dessus d'elle et sentait comment chaque souffle se répercutait dessus. Il était si proche.
Trop proche, cela ne faisait aucun doute.
Mais il avait dit que ce serait rapide, il avait juré que ce serait indolore.
Il avait seulement demandé de la patience et de la bonne volonté. Cinq minutes, ce n'était rien. En temps normal.
De l'autre côté de la paroi en bois, quelques sons confus lui parvenaient. D'abord, sa voix à lui, haute, claire et forte, assurée. Et puis, si elle tendait l'ouïe, il y avait ce bourdonnement constant, indistinct, créé par les deux cents respirations, gesticulations et chuchotements dans le public.
Elle retint son souffle un instant, attentive au monde extérieur, espérant comprendre ne serait-ce qu'un mot. Pour saisir ce qui se tramait de l'autre côté de sa prison soi-disant libératrice.

Peu à peu, elle vint à distinguer un martèlement régulier. Il ne s'agissait certainement pas de ce à quoi elle s'attendait, mais cela venait indubitablement de dehors.
Elle tendit l'oreille plus avant, tendue et concentrée. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait, là, exactement à trois centimètres d'elle, de l'autre côté de la boîte dans laquelle elle était enfermée.
S'étaient-ils tous mis à taper ensemble du pied ?
Pourtant cela ne ressemblait pas au claquement des talons sur le sol, c'était plus profond que cela et semblait venir de plus loin encore.
Et d'ailleurs, elle n'entendait plus sa voix, à l'autre.
S'était-il tu pour laisser place à un enregistrement spécialement créé pour l'occasion ?
Pourtant elle n'avait jamais entendu parler d'une telle façon de procéder pour venir à bout de son problème. Peut-être s'agissait-il d'une méthode en expérimentation ? Mais enfin, cela aurait été irresponsable de leur part ! Elle avait payé très cher pour se faire guérir par cette méthode, soi-disant rapide.
Et indolore.

Ses pensées se bousculaient, s'asphyxiant mutuellement, toutes ses interrogations se déversant dans l'espace confiné autour d'elle, la compressant de partout, l'étouffant. Elle sentit ses mains devenir plus chaudes, plus moites, son rythme cardiaque s'accélérer. Sa gorge était sèche, et ses poumons semblaient absorber un air rendu pâteux par l'atmosphère pesante dont l'oppression ne faisait que croître à chaque nouvelle inspiration.
Où que ses yeux aillent, elle ne voyait que du noir, pas un grain de lumière ne réussissant à filtrer à travers les jointures. C'était hermétiquement clos, une vraie prison. Une tombe, un cercueil.
La panique commença à la gagner, elle eut envie de bouger, de se libérer. Mais ses bras étaient comme paralysés, ne lui obéissant même plus.
Crier lui était de même impossible. L'air était trop pesant. Il collait aux parois de sa trachée, engluait ses poumons et oblitérait ses cordes vocales. Pas un son ne pourrait sortir de ce caveau, de toute manière. Elle était condamnée.

En parallèle de sa montée d'angoisse, le martèlement à l'extérieur était monté en fréquence, lui aussi.
Tout cela n'était qu'un abominable coup monté, cela ne faisait aucun doute. Mais ce n'était même pas comme dans les ascenseurs où il y avait toujours le rassurant bouton d'appel en cas d'urgence.
Ils voulaient finir de la terroriser, l'achever, la rendre complètement folle, qu'elle soit pour de bon enfermée à l'asile, pour...
Le battement du dehors devenait assourdissant. Les parois de la caisse s'étaient mises à vibrer en rythme, écrasant peu à peu chaque pensée qui tentait de s'affirmer dans son esprit.
Elle se sentait avalée par ce raz-de-marée pulsant, son corps entier battant la mesure, et devenait elle-même une partie intégrante de ce vacarme formidable et assourdissant. Elle était emportée, bringuebalée, rejetée de-ci de-là à chaque nouveau coup. Dans les ténèbres de son cercueil, elle goûtait à un voyage aux extrêmes, où chaque seconde était soulignée par un violent battement. Son corps, absorbé par ce tonnerre, recevait un choc à chaque nouveau coup. Dans le dos, la poitrine, le ventre, les cuisses, les mollets, le crâne, les yeux, la nuque, jusque au plus profond d'elle-même.
Il fallait donc être aussi proche de la mort pour connaître l'exaltation de la vie !

Puis, peu à peu, le volume baissa, comme le vent quittant les terres après la tempête. Le battement devint plus lent, mais aussi plus profond, plus serein.
Elle expira lentement, les yeux clos, le corps enfin détendu. Et avec ce soupir, elle réalisa le silence qui l'entourait alors.
Un silence vertigineux, aussi extrême que le vacarme qui l'avait précédé.
Elle avait été coupée du monde, peut-être était-elle même morte. Mais alors, comme la mort était douce et paisible, tendre, presque aimante.

Un léger tressaillement l'agita. Puis encore un autre, et un à nouveau. Régulièrement, son être entier était secoué par un léger spasme se propageant comme une onde.

Silence. Un coup. Silence.

Un sourire étira doucement ses lèvres, alors qu'elle réalisait que le calme revenu était celui de son cœur.
Cœur qui battait, chaud, à l'abri dans sa cage thoracique, assurance qu'elle était encore là, toujours là.

Le couvercle au-dessus d'elle se déplaça doucement, et l'éclairage froid des néons commença à filtrer, aveuglante, à travers la petite fente, s'élargissant au fur et à mesure que l'homme la libérait de sa prison de bois.
Baignée dans cette lumière artificielle, elle se sentait néanmoins pour la première fois de sa vie aussi pure et aussi vraie. Il s'agissait bel et bien d'une renaissance.
Non, mieux : d'une résurrection.
« Modifié: 04 Septembre 2009 à 15:33:22 par Menthe »
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Fubuki

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Re : Intermède
« Réponse #1 le: 04 Septembre 2009 à 01:29:42 »
Citer
E
lle avait été coupée du monde, peut-être était-elle même morte. Mais alors, comme la mort était douce et paisible, tendre, presque aimante.

Il me semble que là ton doigt a dû riper sur la touche "entrée"  :)

Et sinon il existe une commande justifier maintenant qui rendra ton texte tellement plus plaisant à regarder =)

Je n'ai pas relevé de faute d'orthographe mais bon venant de moi çà ne veut pas dire qu'il n'y en a pas !  :huhu:

Concernant le titre je ne vois pas trop le lien ... Peut être cette épisode constitue un intermède dans la vie du personnage ?

Concernant le texte :

J'ai pas mal aimé je trouve que l'angoisse, l'inquiétude sont bien traduite surtout dans les deux premières parties.
La répétition d'"indolore" m'a fait espérer un pique de douleur insupportable pour la fin. Du genre le narrateur met en valeur ce mot pour mieux surprendre le lecteur mais finalement non .... Du coup grosse déception à ce niveau mais çà doit être mon côté sadique qui parle  :D

L'état d'esprit du personnage est bien écrit on se sent vraiment dedans mais la chute, madre mio, quel dommage pour cette chute !
On aurait aimé savoir le pourquoi de cette thérapie, ce qu'elle guérit et tout et tout ...

Mais après tout l'intérêt du texte n'était peut être pas là et c'est aussi bien =)

En tous cas, bravo Menthe (à l'eau hu hu)  :)
« Modifié: 04 Septembre 2009 à 07:30:56 par Fubuki »
Fire your Dragon up !

Hors ligne Kathya

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Re : Intermède
« Réponse #2 le: 04 Septembre 2009 à 10:40:56 »
Texte intéressant et fluide, même si je confirme qu'on reste sur sa fin tant on ne peut que spéculer sur le "pourquoaaaaa ?".

Même si à bien y réfléchir je lui verrais bien une dépression ou quelque chose comme ça tellement elle est désabusée et convaincue tour à tour que ça se passe pas comme il faut et que ça va mal finir. (Et oui j'ai aussi été leurrée par le "Indolore" répété plusieurs fois. :D) Son pessimisme ne fait que croître au fil du texte et dans sa paranoïa dit qu'ils veulent "finir de la terroriser".

Néanmoins quelques phrases m'ont gênée...

Citer
Elle fixait le couvercle noir au-dessus d'elle et sentait comment chaque souffle se répercutait dessus
"sentait chaque souffle s'y répercuter" casserait moins le rythme du texte.

Citer
la compressant de partout
Je trouve que vu l'exiguité de l'endroit où elle se trouve, "partout" est superflu.

Je crois que j'étais viscéralement fâchée avec cette phrase : x'D
Citer
Sa gorge nouée n'esquissait pas le moindre mouvement, et ses poumons semblaient absorber un air devenu pâteux par l'atmosphère pesante qu'elle sentait peu à peu croître dans la caisse dans laquelle elle se trouvait.
"mouvement" me paraît trop ample et trop vague pour ce qui concerne une gorge. Et si elle est nouée, on a déjà une notion d'immobilité. (Et elle avait déjà la gorge nouée dans les premières lignes du texte...)
Le "devenu pâteux par l'atmosphère..." me choque, j'aurais plus vu "rendu pâteux..."
La notion de "croître" me dérange, car en tout état de cause, l'atmosphère ne peut pas "croître" vu que la boîte n'a pas l'air extensible. L'atmosphère n'est ni la pression ni la densité.

"Attentive" est répété deux fois à peu de lignes d'intervalles.

J'aime beaucoup les images de la fin, le silence, son "réveil" si je puis dire.  :)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Menthe

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Re : Intermède
« Réponse #3 le: 04 Septembre 2009 à 15:32:04 »
Oh, merci beaucoup pour vos commentaires, à toutes les deux ! :) C'est vraiment très gentil de votre part d'avoir lu et donné vos avis sur mon rejeton  :D

@fubuki : concernant le titre, j'ai choisi "intermède" pour la raison que tu as toi-même évoquée, à savoir la pause entre deux parties de la vie du personnage principal, la charnière entre "avant" et "après" la thérapie proposée...
De fait, le contexte est un peu ce genre d'animations que font certains psychologues thérapeutes des phobies, sortes d'expériences collectives. Plus précisément, il s'agit d'une expérience mentale très forte qui est imposée à la femme narratrice, sans fondement scientifique avéré : l'homme évoqué n'est donc pas particulièrement un médecin, plutôt de ce type de charlatans prônant la confiance en soi et tout le toutim. Je ne me suis pas inspirée de faits précis, juste du peu de connaissances que j'ai glanées avec les années sur le sujet (j'ai pendant quelques années été très intéressées par l'inconscient et les traitements psychologiques de l'être humain). A l'origine, je voulais une chute un peu plus forte, où le battement se révélait être son propre cœur, mais comme j'avais clairement précisé qu'elle distingué le martèlement au-dehors, cela pouvait sembler un peu ambigu. Bref.
Sinon, j'ai coupé un petit bout de la fin que j'avais trouvé carrément trop neuneu. Mais dans ce passage, il est vrai que je révélais qu'elle était claustrophobe (c'est vrai que je donne peu d'informations tout au long du texte, mais elle est enfermée dans une caisse, elle pense aux ascenseurs etc.)... =D
A part ça, je suis très contente que tu me dises avoir ressenti l'ambiance que j'ai tenté d'instaurer dans l'ensemble. J'étais tellement sceptique à la fin de la rédaction que j'ai même hésité à le poster... Mais je n'ai pas écrit depuis tant de temps qu'il fallait bien que je me lance, sans quoi je ne pourrais jamais me dérouiller ! Ta réaction me prouve que je ne suis pas encore complètement incapable ;) C'est cool !

@Kathya : Contente que le texte t'ait intéressée, et que la lecture ait été fluide ! Il est vrai que je craignais un peu d'empâter le lecteur avec des longueurs inutiles (dont je suis malheureusement spécialiste). Concernant le "pourquoi ?" que tu as lancé, je te renvoie à l'explication donnée à Fubuki dans les lignes précédentes de ma réponse ;)
Sinon je te remercie pour tes remarques concernant différents passages du texte. J'ai particulièrement retravaillé la phrase qui t'a spécialement fâchée (et pour cause !). J'ai gardé néanmoins l'atmosphère, qui est à prendre dans le sens "d'ambiance morale ou intellectuelle propre au lieu dans lequel on se trouve", même si je t'accorde que le fait qu'elle croisse est absolument du n'importe quoi : il s'agissait bien évidemment de la lourdeur de cette atmosphère. Voilà donc ce que je propose en guise de reprise, tu me diras c'que t'en penses :) :

Citer
Sa gorge était sèche, et ses poumons semblaient absorber un air rendu pâteux par l'atmosphère pesante dont l'oppression ne faisait que croître à chaque nouvelle inspiration.

Et pour remplacer les deux "attentive" qui sont particulièrement proches dans le texte, j'ai remplacé le second par "tendue" (ça donne : "Elle tendit l'oreille plus avant, tendue et concentrée. ")

Voilà ! Merci beaucoup !
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Kathya

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Re : Intermède
« Réponse #4 le: 04 Septembre 2009 à 22:33:15 »
Citer
Sa gorge était sèche, et ses poumons semblaient absorber un air rendu pâteux par l'atmosphère pesante dont l'oppression ne faisait que croître à chaque nouvelle inspiration.
Opinion mitigée, j'étais vraiment fâchée avec l'autre phrase mais c'est un peu lourd et ça frise le pléonasme.
Peut-être couper la phrase et la modifier un peu, "semblaient" me gêne aussi. J'ai aussi tendance à abuser de ce genre de verbe, mais parfois il faut savoir se dire qu'un panneau "attention image" n'est pas toujours nécessaire.  :D
"Sa gorge était sèche, et ses poumons peinaient à absorber cet air rendu pâteux par l'atmosphère pesante.
Et l'oppression croissait à chaque inspiration."

Citer
Et pour remplacer les deux "attentive" qui sont particulièrement proches dans le texte, j'ai remplacé le second par "tendue" (ça donne : "Elle tendit l'oreille plus avant, tendue et concentrée. ")
La répétition de tendit / tendue n'est pas très élégante. *se fait toute petite et sort par la porte de derrière.*

Pardon de maltraiter tes deux pauvres phrases, j'ai la mauvaise manie de me focaliser sur des points de détails.  ><
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
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Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Leia Tortoise

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Re : Intermède
« Réponse #5 le: 05 Septembre 2009 à 10:10:22 »
Je suis assez d'accord avec le dernier message de Kathya, et je rajouterais deux détails:

Citer
Et puis, si elle tendait l'ouïe
ça ne fait vraiment pas naturel. Même si je me doute que tu as voulu éviter la répétition avec "tendre l'oreille" qui revient plus loin, ça ne fait pas très beau.
Peut-être "écouta plus attentivement", ou quelque chose de mieux...

Citer
Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait,
j'ai toujours trouvé que "ce qui" allait mieux pour "se passe"...

A part ça, c'est un texte plutôt chouette, la description est bien faite, on est bien dans le ressenti du personnage. Après, le sujet a peut-être un peu trop de banalité: maladie cardiaque, battements du coeur, contexte du plateau de télévision... Je veux dire, ça aurait peut-être été encore plus intéressant avec des éléments plus fantastiques...

M'enfin c'est déjà très bien comme ça, on sent le texte travaillé  :D
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
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Hors ligne Cassidy

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Re : Intermède
« Réponse #6 le: 05 Septembre 2009 à 11:36:04 »
Citer
Il le fallait bien, pourtant, elle avait été tirée au sort parmi deux centaines
Je pense que tu pourrais enlever la première virgule : la suite de la phrase montre que « il le fallait bien » est une objection à ce qui a été dit précédemment ; avec la première virgule, on a l’impression que le « pourtant » introduit l’objection (« elle avait été tirée au sort parmi deux centaines » devient l’objection alors qu’elle est seulement la cause de « Il le fallait bien »). Enfin, en tout cas, ce « pourtant » cerné par deux virgules m’a fait m’arrêter.

Citer
et sentait comment chaque souffle se répercutait dessus
Je n’aime pas trop ce « comment »… j’ai l’impression que c’est un mouton noir dans la phrase. Soit comme Kathya l’a proposé « et sentait chaque souffle se répercuter dessus », ou bien « la façon dont chaque souffle se répercutait dessus », ou bien autre chose ?

Citer
Et puis, si elle tendait l'ouïe
« tendre l’oreille », je connais l’expression, on en use et en abuse, mais… « tendre l’ouïe », ça se dit… ? (ceci est une vraie question)

Citer
Peu à peu, elle vint à distinguer un martèlement régulier.
De même ; « parvint » ou « Elle en vint à » ne seraient pas plus naturels ?

Citer
Elle tendit l'oreille plus avant, tendue et concentrée.
Répétition de « tendre ». J’ai l’impression d’être une sale ignare, à ne jamais être sûre X_X « Tendre l’oreille plus avant » se dit ? Le « plus avant » est-il nécessaire ?

Citer
Pourtant cela ne ressemblait pas au claquement des talons sur le sol, c'était plus profond que cela et semblait venir de plus loin encore.
« cela », « c’ », « cela ». Le deuxième « cela » pourrait être transformé (vu que les deux premiers démonstratifs neutres réfèrent à ce que le personnage ne comprend pas, ce qui n’est pas le cas du troisième). Supprimer « que cela », qui n'est pas nécessaire à la compréhension (la comparaison est déjà introduite par "plus profond") ?

Citer
Et d'ailleurs, elle n'entendait plus sa voix, à l'autre.
Mmm… le rythme hachuré me plaît bien, mais « à l’autre » est d’un registre différent du reste du texte. « Elle n’entendait plus la voix de l’autre » ne me semble pas non plus une bonne solution… on perd les hachures et « l’autre », parce qu’il n’est plus isolé, perd de son efficacité.
Je suis assez mitigée là-dessus, d’autant plus que « Et d’ailleurs » me semble abusif dans la mesure où je trouve que les deux phrases qu’il connecte n’ont pas d’élément commun, et pour la redondance des conjonctions « et » / « d’ailleurs ».

Citer
Ses pensées se bousculaient, s'asphyxiant mutuellement, toutes ses interrogations se déversant dans l'espace confiné autour d'elle, la compressant de partout, l'étouffant.
« se déversait » ? Ca ferait une pause dans les gérondifs ^^

Citer
Où que ses yeux aillent, elle ne voyait que du noir, pas un grain de lumière ne réussissant à filtrer à travers les jointures.
« ne réussissait » ? Avec le gérondif, j’ai compris, au début, qu’elle « ne voyait pas un grain de lumière ne réussissant à filtrer les jointures » (alors que le segment fonctionne plutôt comme un complément circonstanciel que comme un COD, non ?), ce qui me semblait assez paradoxal. La phrase se tiendrait si tu transformais le gérondif en indicatif, mais après, c’est plutôt personnelle (je n’aime pas trop le son [en] à l’oreille)

Citer
ne lui obéissant même plus.
Là, par contre, j’ai trouvé ça plus fluide que « ils ne lui obéissaient même plus » ^^

Citer
Crier lui était de même impossible.
Le « de même » me semble plutôt réservé dans le cadre d’un texte argumentatif… (« aussi », « également » ?)

Citer
En parallèle de sa montée d'angoisse
« En parallèle à ». Que je n’aime pas beaucoup pour marquer la simultanéité (je le réserverais plutôt à un commentaire).

Citer
Elle se sentait avalée par ce raz-de-marée pulsant
J’aime bien l’image, mais je bloque sur « pulsant ». Sauf que je n’arrive pas à savoir si c’est encore à cause du son, ou pour un autre motif. Greuh.

Citer
, alors qu'elle réalisait que le calme revenu
« alors que » est là pour marquer la simultanéité, mais il introduit aussi une nuance d’opposition avec la proposition antérieure. La virgule qui sépare les deux propositions me dérange un peu…

Citer
et l'éclairage froid des néons commença à filtrer, aveuglante, à travers la petite fente
« aveuglant », si l’adjectif qualifie « l’éclairage ».



Au début, j’ai pensé à pointer du doigt plusieurs virgules qui n’étaient pas nécessaires (comme « D’abord, sa voix »). Et puis, au fur et à mesure de ma seconde lecture, je me suis aperçue que non : elles donnent un côté hachuré au texte, renforcent le sentiment de panique et d’oppression. Je me suis rendue compte que, au fur et à mesure, c’était plutôt les phrases sans ponctuation qui causaient chez moi une légère baisse d’attention ^^,

La fin du texte m’a vaguement évoqué (ou plutôt, je suis partie à la dérive à la recherche d’une analogie à faire, et je me suis arrêtée là-dessus ^^,) une relation Savant Fou Créateur et Créature à laquelle il a donné vie qui subit ses expériences et, en même temps, est dépendante de lui. J’ai sans doute ressenti ça à cause des rappels autour de cet « il » dont elle ne définit jamais clairement la fonction, mais qui semble avoir tout pouvoir et qui est le seul qu’elle identifie un minimum (les autres restent les autres, mais lui a un statut spécial).
J’ai moins accroché pour la conclusion autour de sa renaissance/résurrection. J’aurais plutôt attendu (post-lecture) un échange entre les deux protagonistes identifiés, qu’il soit auditif, visuel ou tactile…

En bref : j’ai bien aimé l’esprit. Effectivement, je n’ai pas ressenti le besoin d’une chute, j’ai plutôt perçu le texte comme un moment d’enfermement dans l’espace et dans un temps « à part ». Même si je dois avouer qu’à :
Citer
Il fallait donc être aussi proche de la mort pour connaître l'exaltation de la vie !
peut-être parce que je suis allée à Disney dernièrement, mais là, je me suis dit : « La chute va nous apprendre que le personnage faisait une attraction type Space Mountain » :mrgreen: (ne l’ayant jamais faite, je me réserve le droit d’imaginer à quoi ça ressemble :mrgreen:).
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Hors ligne Gros Lo

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Re : Intermède
« Réponse #7 le: 05 Septembre 2009 à 21:27:17 »
Citer
Mais ses bras étaient comme paralysés, ne lui obéissant même plus.
c'est un peu chelou. "obéissaient"? C'est la même idée qui est répétée, et le participe présent est pas fait pour joindre ça.


Plus généralement, j'ai moyennement aimé. C'est pas très original je trouve, ni sur la forme (on peut pas trop trop te le reprocher, ça reste fluide, mais tu pourrais + jouer sur le rythme et tout), ni sur le fond.

Voilà... c'est pas un texte qui me gêne, mais je vais vite l'oublier : ça commence déjà. Donc il manque quelque chose qui lui donne du relief, n'importe quoi, un élément qui n'appartienne qu'à lui. Tu vois ?

cela dit, les autres ont plutôt aimé ^^
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Hors ligne ernya

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Re : Intermède
« Réponse #8 le: 11 Septembre 2009 à 17:50:18 »
C'est bien écrit mais je ne sais pas, je crois que j'ai attendu durant tout le texte une chute qui ne venait pas.
L'idée de résurrection ne m'a pas étonnée, enfin, pour moi ça n'en faisait pas une chute, du coup, je trouve la fin un peu rapide ou un peu facile par rapport à l'angoisse qu'il y a durant tout le texte.
Il me manque une "vraie" fin ou un quelque chose en plus qui distinguerait vraiment ce texte.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Verasoie

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Re : Intermède
« Réponse #9 le: 11 Septembre 2009 à 18:47:11 »
J'ai beaucoup aimé l'angoisse qui montait tout au long du texte (bon je suis assez sensible à la claustrophobie aussi lol). Par contre j'ai pas compris la fin en le lisant (que la narratrice était justement claustrophobe), je comprenais quelque chose de plus physiquement médical (un cancer, ...). Avec les explications que tu as données à Fubuki c'est limpide, mais voilà, sur le moment la chute m'a laissée sur ma faim.
Sinon j'aurais été tentée de dire que les remises à la ligne me gênaient parce que je trouve ça bizarre, mais en fait ça perturbe pas la lecture je trouve... enfin c'est probablement mieux que si tu faisais de longs paragraphes. Donc en gros j'ai trouvé ton texte fluide et tout. Juste la chute, quoi ^ ^

Hors ligne Milora

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Re : Intermède
« Réponse #10 le: 21 Juillet 2012 à 08:33:33 »
C'est le gibet, non ?

Bref, un remontage de bien plus de 120 jours, muahaha ; mais j'ai quasiment rien lu de toi, Menthe, alors je me rattrape  :huhu:
En plus ce texte est collector : un commentaire de Cassidy, ça court pas les rues  :D
Vu qu'il est vieux, tu comptes sans doute pas le reprendre, mais tant pis, je commente quand même !

Citer
elle avait payé pour ce privilège.
Ou ce cauchemar.
Je trouve que le retour à la ligne et le "ou ce cauchemar" est un peu trop déjà vu pour avoir l'effet dramatique souhaité  :-X

Citer
si elle tendait l'ouïe
Je trouve que ça fait vraiment bizarre. Tendre l'oreille ça se comprend parce que, même au figuré, ça évoque le geste d'avancer l'oreille pour entendre mieux. Mais l'ouïe, à part pour un poisson, ça colle pas trop à l'image...

Citer
Elle tendit l'oreille plus avant, tendue et concentrée.
tendit/tendue

Citer
un enregistrement spécialement créé pour l'occasion ?
-ment -ment

Citer
toutes ses interrogations se déversant dans l'espace confiné autour d'elle,
c'est joli :)

Citer
L'air était trop pesant. Il collait aux parois de sa trachée, engluait ses poumons et oblitérait ses cordes vocales.
bien rendu aussi :)

Mon avis rejoint celui d'ernya y a trois ans (lol). Le début est mystérieux, on se demande de quoi il s'agit, on cherche à comprendre ; mais à la fin, non, pas d'explication, juste la formulation de ce qu'on avait plus ou moins compris... Du coup c'est un peu comme un soufflé qui retombe !
Après pour le style, je pense que t'as dû pas mal évoluer depuis 2009, donc c'est pas très utile que je commente. En gros c'est bien écrit, mais j'ai trouvé que ça manquait un peu de personnalité ; ou alors c'est le rythme qui ne colle pas assez à la poussée d'angoisse qui surgit.

Allez, je vais continuer à creuser voir si je tombe sur un plus récent de toi que j'aurais pas lu.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Menthe

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Re : Intermède
« Réponse #11 le: 27 Juillet 2012 à 12:22:34 »
Ah oui en effet, c'est vieux. Depuis 2009... Euh... 3 ans quoi  :mrgreen:
Déjà je produis beaucoup moins de textes aussi courts et fermés que celui-là (j'ai dit : moins, pas : plus du tout lol), et c'est vrai qu'à le relire, même si l'idée était intéressante, au niveau du traitement vous avez bien raison. Je ne tiens cependant pas à le reprendre, c'est pas comme s'il me tenait spécialement à coeur/
En tout k merci de ton attention ça fait plaisir  :-*
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

 


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