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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Prendre le taureau par les cornes

Auteur Sujet: Prendre le taureau par les cornes  (Lu 3739 fois)

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Prendre le taureau par les cornes
« le: 29 Janvier 2017 à 16:15:42 »





« Aire de Bellevue → 10 km »

Haussement de sourcils ; warnings, clignotants, bande d'arrêt d'urgence. Je ne pourrai pas tenir pas plus longtemps. C'est dangereux, je me rappelle, enfant, sur la route des vacances lorsque l'on s'amusait à compter les silhouettes noires derrière les rambardes, celles avec des croix rouges. Prévention ludique et jeu macabre. La clenche de la ceinture clique, la porte coulisse ; de l'air. Trop d'un coup. Je sens le souffle tranchant des voitures qui passent, sur mes jambes nues – j'aurais au moins pu mettre un pantalon avant de prendre la route. Je m'en fous, éperdument. Happée, tranchée, disséquée note par note, la musique dans mon camion. Envoyée valser jusqu'à Bellevue collée aux pares-chocs flous des voitures pleines de regards vides. Vibration dans la poche de mon manteau. « Salut Théo, on se voit toujours ce soir ? » Il paraît que l'espérance de vie à l'arrêt sur une bande d'arrêt d'urgence est de vingt minutes. Tic tac, compte à rebours. Je ne me suis même pas garé droit : mes chances du survie viennent de chuter drastiquement. J'efface le message. J'efface le contact. Je range mon portable Tic tac, toujours plus vite.
Herbe grasse et pâquerettes parsèment la butte. Le métal froid de la barrière sur mes tibias. Elles me font de la peine, ces pâquerettes chétives. Recroquevillées, tiges tordues grisâtres, encrassées au plus profond de leurs fibres de gaz noirâtre; elles n'ont jamais rien connu d'autre. J'ai presque l'intuition de faire une bonne action, de partager un soulagement mutuel. Intérêt passager. Dans le fond ça aussi je m'en fous, éperdument.

L'aire de Bellevue était un mensonge. Un horizon de campagne sans relief, décevant, engourdi par un froid de mai tardif. Tableau de peintre peu inspiré. Plus que deux heures de route – six heures en tout à avaler le bitume rectiligne, droit dans mon siège, une tasse de café froide négligée sur le tableau de bord. Là-bas les mêmes routiers sclérosés que moi s'extirpent de leurs sièges, des cernes aux yeux, tôt, ils ont été arrachés de chez eux pour bondir à cent à l'heure dans leurs carcasses métalliques sous les cris de leurs enfants, pour aller dieu ne sait où et finalement se retrouver là, au milieu de nulle part entre les toilettes à la turc insalubres, les pompes à essence dégoulinantes d'usure et le café-machine jus de chaussette.
J'ai accéléré en dépassant l'aire, sans vraiment le vouloir, par dégoût - non pas par dédain. Par faiblesse aussi, sans doute - j'ai ce sentiment amer en bouche. Je connais, je visualise tout ce qu'il se trouve dans cette aire de repos, pas que ses voyageurs hagards perdus dans une zone inhabitée, mais aussi ce supermarché hors de prix et sans âme où règne le domaine de l'habitude. L’habitude. Cette habitude que j'ai perdue, l'habitude du choix facile, l'habitude du dilemme inutile. Mon visage blême aux cernes déformées par les vitrines, à la sortie du boulot, ces visages souriants sur ces marques d'adoucissants sur lesquels mes mains hésitent, l'hésitation sur le choix du repas du soir micro-onde, l'écho de la mauvaise musique pop trop forte arrangée à contretemps par le roulis de mon cadis rouillé. Je n'ai plus la force de devoir choisir, d'affronter tous ces faux choix : les gens sont faibles de s'y laisser aller, moi je le suis de ne plus les affronter. Alors j'accélère, carte routière ouverte lorsque je passe devant les enseignes lumineuses, j'accélère par dégoût mais pas par mépris, jamais. Je sais que je serai toujours ce fantôme pâle halluciné de slogans édulcorées, tout comme ces chauffeurs dans mon rétroviseur qui s'étirent là-bas en baillant, à Bellevue.



Je viens de passer trois mois en Suisse, près du lac de Neuchâtel – sans trop me souvenir de pourquoi je m'y étais rendu. Un conseil, une discussion avec quelque ami de passage un soir tard, sans doute. Tous les jours, j'allais marcher autour; je l'ai vu sous toutes les coutures que peut offrir la saison. Peu de lieu peuvent aussi bien décrire un printemps.
Je l'ai rencontré la veille, en sortant d'une épicerie de petit village – c'est grâce à lui que je sais vers où je roule. Là sur le quai de gare en face de moi – toute l'activité se concentre au même endroit dans ces villages de campagne – se trouvait ce petit vieux un peu engoncé dans son caban trop large. Il attendait - retournant ses poches, cherchant quelque chose, marmonnant entre ses lèvres. En passant plus près, j'entendis que ses bas mots battaient un rythme mâchonnant un peu les consonnes.

« Vous cherchez du feu, peut-être ? »
Sa clope pendant au bec, un brin de surprise le trahit dans son regard – le reste de son visage restait impassible, immobile, abandonné.
« Volontiers. »
On s'assit tout deux sur le banc en métal bleu – sans dossier – sans rien dire. Il rangea sa clope et sortit plutôt un cigarillo, le souffletant lentement.
« Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.
– Comment ?
– C'est de la poésie. Vous connaissez ?
– J'en connais un peu... Pas assez je pense. Pas celui-ci en tout cas.
– Moi non plus remarquez, j'ai oublié son nom à celui-là. Je me souviens juste de quelques vers et je me les répète, comme ça, ça passe le temps. »
On ne dit rien d'autre. Pas pressé, intrigué par ce vieil homme fêlé par la vie, je me contentais de sourire – intérieurement, qu'il ne crût pas que je me moquais - imaginant sa vie et tout ce que l'on pourrait se dire, sentant sa présence, rêvassant qu'il puisse penser à la même chose et que l'on discutait alors ensemble sans rien se dire – à moins qu'il ne continuât à se réciter des poèmes...
Un train s’annonça. Il s’arrêta. Personne n'en descendit, personne n'y monta. Il partit. Le vieux s'agita.
« Vous attendez le train ?
– Du tout, je fume juste ma clope.
– Non ! Sérieusement ?
– Oui...
– Et mince. On discute, on discute et je loupe mon train ! Le seul de la journée vous vous rendez compte ! Mais, vous êtes sûr que vous n'alliez pas le prendre ?
– Sûr. Vous allez où ?
– Vers là-bas... Mince, j'étais sûr que vous le preniez. Vous avez du feu ?
– Toujours. Je peux vous emmener si vous voulez ?
– Oh non, non, ne vous inquiétez-pas, je vais faire du stop, ça me rappellera ma jeunesse !»

Et il s'élança d'un coup sans attendre, me laissant hébété sur le banc, lui, récitant au loin ses vers les mains dans les poches – cherchant toujours un briquet inexistant. Il semblait fou au premier abord et pourtant, la gentillesse et la sincérité transpiraient au travers de son hébétude non inquiète à propos du dernier train raté. Il devait avoir plus soixante-dix ans. Naturellement, je retournai à mon camion et le prit en stop. Il s'exclama simplement « Encore vous ! », sans une once de surprise dans la voix – uniquement au fond de ses yeux.
Les truchements hasardeux de la vie l'avaient fait échouer dans ce petit hôtel miteux de la campagne Suisse. Les gens y étaient cordiaux sans trop s’immiscer dans la vie personnelle de leurs voisins. Il avait suivi une femme jusqu'ici, c'est aussi à cause d'elle qu'il avait fini à lapider ses économies entre cigarillos et trains ratés. On pouvait résumer sa vie à cela : à travers Paris, Toulouse, Bruxelles, Barcelone, il avait vécu d'appartements de femmes intrigantes en appartements de tendres amantes. Peu d'amis ; beaucoup d'amour et de bras qui l'enlacent. Pas d'enfants ; plus que la poésie.
Garés sur le parking de son hôtel, nous parlâmes jusque tard dans la nuit accompagnés d'un mauvais whisky. Les conversations se mélangent dans mes souvenirs éthyliques. Je prévoyais de partir bientôt pour le sud, vers la montagne pourquoi pas, le grand air... Selon lui le paysage importait peu. Encore un verre. On lut quelques poèmes, je lui offris un recueil – je ne sais plus lequel. Et puis des anecdotes hilarantes sur sa jeunesse, aussi. Flou. Son rire franc, surtout. C'est le souvenir le plus clair que je garde de la soirée, son rire. Ce rire débridant des rides monolithiques faites d'années passées à ressasser sa propre vie – toujours les mêmes événements, je le devine.
Je ne sais plus ni pourquoi ni comment, je lui confiai un vieux rêve de gosse oublié de moi-même, celui d'aller courir jour après un taureau. Il rit. « Alors pourquoi tu ne l'as pas déjà fait ? ». Tout simplement.
Il m'offrit son recueil d’Apollinaire en échange du mien, disant que de toute façon il le connaissait par déjà par cœur – comme quoi il connaissait en fait les noms !. Il y a inscrit son nom de famille: « Va au Floréal, à Arles. Parle au patron des taureaux et tu verras. Je n'ai peut-être pas d'enfants mais là-bas on t’accueillera bien. Et regarde au sillon du laboureur sanglant
Le taureau le beau taureau lourd de désastre. »
Et puis il est parti, son petit corps un légèrement voûté, titubant à cause de l'alcool. J'ai attendu d'être sûr qu'il soit bien entré dans l'hôtel.
Ce matin je me suis réveillé avec cette vague idée en tête et sans enfiler de pantalon, j'ai pris la route. Il fallait que j'aille courir après un taureau.



« Arles → 300m »

Je pense, je pense, je range mes souvenirs et ne me rabats que de justesse pour prendre la sortie. Arles. J'étais déjà venu quelques années auparavant, pour les Rencontres de la photographie il me semble. J'aime cette ville, je crois – je me le cache, aussi, je retourne rarement deux fois au même endroit.

« Bonsoir ! »
Je commande une pinte de blonde – comme la serveuse – par réflexe. La devanture du Floréal affiche son nom en lettres de cuivre art nouveau. À l'intérieur, boiseries et quelques lampes décoratives plus qu'éclairantes ; des étudiants massés sur les banquettes rient fort.
Rideaux de perles brunes derrière le comptoir. La serveuse amène ma pinte, un sourire à demi caché par une mèche échappée de son chignon – qu'elle replace vite derrière son oreille. Elle essuie des verres. Captivants ses yeux – vert ou bleu ? Je lui demande si je peux parler au patron.
Un roulis de perles cahotantes plus tard, le voilà, s'essuyant les mains sur son tablier plus si blanc.

« On me demande par ici ? Dès que j'ai un week-end de libre il faudrait que je pense à me faire cloner ! »
Il me tend sa grande main calleuse – une poigne lourde sans être écrasante – en me sondant des yeux, à la recherche d'indices. Je ne le laisse pas chercher plus longtemps et lui raconte ce qui m'a amené ici, tout en lui donnant des nouvelles de ce « vieux briscard ». Il s'étonne, il rit, lui en Suisse ? Il m'en apprend plus sur lui, sur Albert. C'était patron l'ancien patron, c'était son mentor – aux affaires comme à la vie.
Les courses de taureaux ? Bien sûr ! Et je tombe bien, les premières sont ce week-end. Je lui donne mon numéro – sacré Albert n'est-ce pas ? Je l'admets, volontiers.
« Bon il faut que je retourne aux cuisines, ils ne savent rien faire sans moi ! Je t’envoie un message   pour samedi! J'en reviens pas d'avoir des nouvelles de cette façon, t'es incroyable mon gars. Oh, Marie, occupe-toi bien de lui, s'il s'étouffe avec une cacahuète je le retiendrai sur ton salaire !
– Chef oui chef ! Ah au fait, tu n'as pas oublié, je finis plus tôt ce soir, tu sais...
– Ah oui, c'est vrai. Merde. Bon Guillaume fera la fermeture, mais demain ça sera toi.
– No soucis. Je crois que ça sent le cramé derrière... »
Il rigole et part un petit sourire aux lèvres – derrière le rideau il s'arrête, un instant, secoue la tête et s'enfonce dans la cuisine.

Le temps de notre discussion, j'avais senti la serveuse m'observer du coin de l’œil.
« Merci de nous l'avoir fait sourire, ça va peut-être le détendre un peu pour la soirée ! »
– Ah, tendu en ce moment le chef ?
– Tu m'étonnes. On a un nouveau cuistot et l'été c'est le grand rush. Il est en panique depuis. Tu viens juste d'arriver si je comprends bien ?
– Aujourd'hui même ! Je pense rester quelques jours...
– Et c'est quoi ton nom ?
– Cédric. Marie c'est bien ça ?
– Oui. Enchantée, Cédric ! »
Grand sourire aux lèvres. Elle me drague ? Non, je n'en ai pas l'impression. Un peu, peut-être. Pourquoi ce petit air taquin ? Je l'ai déjà rencontré ? Non, je ne pense pas.
Je prends une deuxième pinte, puis une troisième ; on discute entre deux services, elle est marrante, vive – il n'y a pas grand monde ce soir contrairement à ce qu'elle laissait entendre.

« Tu vas aussi à la feria samedi ?
– Of course, sir ! C'est un peu the événement dans le coin, enfin dans le petit patelin où on vit quoi.
– On ?
– Ah, le patron vient du même village que moi, c'est de là qu'on se connaît. Je ne suis pas en couple si c'est la question que tu poses.
– Du tout haha, je demande c'est tout. Tu as toujours vécu ici ?
– Dans le sud tu veux dire ? Oui, oui. J'aimerais bien emménager à Arles mais pour l'instant... Pas possible. Donc ouaip, je n'ai connu que la campagne depuis toute petite et il faut vraiment que je bouge maintenant...
– Franchement t''as pas à te plaindre, c'est vraiment un bon coin pour vivre tu sais...
– Et pourquoi tu ne t'installes pas ici alors, puisque c'est si bien ?
– J'ai déjà essayé tu vois. J'ai essayé. »
Droit dans les yeux une froideur étrange, inquisitrice me disséquant tout entier le temps d'une seconde - une seconde de surprise silencieuse et puis vite, elle regarde vers la salle et au revenir de me voir, un sourire sans dents.
« Je reviens. Je crois que ça se déshydrate dans le fond. »
Flottement. Je prends mes affaires – mon briquet, mon tabac, mon portable – traînant sur le comptoir. Je laisse quelques pièces à la va-vite pour les bières, je prends mon manteau. Quelque chose ne va pas, je ne sais pas quoi ; je pars.
« Eh ! Tu t'en vas déjà ? On peut aller boire un verre après si tu veux, j'ai bientôt fini mon service...
– Non, merci. Il faut que je parte mon camion est loin.
– T'es sûr ? Attends, non, reste encore un peu ! »
Il faut que je parte. J'enfile manche après manche en ouvrant la porte, sous le bruit des « Reviens ! » de la blonde. Une rue vide, seulement quelques passants qui zigzaguent au loin. Il faut que je parte.

« Antoine ! Antoine ! »
Le bruit de talons qui claquent sur le bitume – j'ai entendu la porte s'ouvrir et pourtant, ce n'est pas la même voix. Je tourne la tête : derrière une petite brune court vers moi.
« Antoine ! Antoine ? Arrête-toi Antoine. Ou plutôt Cédric ? J'suis censée t'appeler comment au juste ?! »
Ses yeux. Ses cheveux. Son odeur et ses petites mains tendues vers moi. Le souvenir de son souffle perdu dans nos draps, de chaudes soirées d'été, de mots doux dits tout bas dans le creux d'oreilles passionnées, ces mots qui se perdent dans les chambres remplies d'un intime qui n'existe nulle part ailleurs, aux heures où plus personne n'ose affronter la solitude des rues. Magali.
« Tu me reconnais ? Bien sûr que tu me reconnais ! Antoine qu'est-ce qu'il se passe ? Tu viens faire quoi ici ? »
Je ne comprends rien. Comme une image irréelle, je vois son regard étranger perdu dans des vies oubliées que je n'ai jamais eu – et pourtant la chaleur de ses seins posés contre mon torse lors de promesses impossibles à tenir. Elle ne pouvait pas savoir.
« Réponds ! Mais dis quelque chose bon sang ! Dis quelque chose ! Pourquoi tu n'as pas répondu ?! Tu étais où ? Mais bordel réponds ! Tu te rends pas compte, je t'ai attendu, je t'ai tellement attendu ce soir-là, je t'ai attendu tellement longtemps, je t'attendais toujours... Dis pourquoi t'es revenu ? C'est quoi cette histoire, Antoine, s'il te plaît... »
Il y a des balcons et des fleurs aux fenêtres closes, il y a des passants, rares, qui parlent sur le trottoir, il y a des voitures froides et mal garées, il y a des lettres de toutes les formes sur les devantures : tout s'enfuit si vite devant moi. Il y a ces cris, ces pleurs derrière et moi qui marche si vite.

La clé, le contact. Le moteur qui vrombit. Les lignes banches mangées unes à unes par mon pare-choc – à l'infini. L'aire de Bellevue, déjà – ce mensonge même la nuit, surtout la nuit. Je roule.
Au petit matin, j'ai deux messages :
« Salut ! C'est Patrick du Floréal. On peut se retrouver demain à 11h, on fait grand repas sur la place du village (pas cher, t'inquiètes!) »
« Par contre je repense à ce que tu m'as dit et je préfère te prévenir : aux lâchés on ne court pas après le taureau, c'est lui qui nous court après. »
« Modifié: 30 Janvier 2017 à 22:50:24 par Ben.G »
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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #1 le: 30 Janvier 2017 à 14:03:39 »
Intéressant, Ben ;)

Y'a un style assez cash, et pourtant super efficace et prenant. J'aime beaucoup ton intro, très léchée, avec les détails qui servent bien ton atmosphère (les paquerettes et l'asphalte...).

Tout est bien distillé et on ne s'ennuie pas, les évenements arrivent en flash-back-incises puis en revenant sur l'action principale, c'est vraiment cool. La fin, la métaphore tout au long pour le taureau, ce personnage fuyant, insaisissable... j'ai aimé.

Y'a quelques passages plus hasardeux, notamment sur les dialogues, qui sonnent un peu trop surfaits parfois :

Citer
Oh non, non, ne vous inquiétez-pas, je vais faire du stop, ça me rappellera ma jeunesse haha !»
Le haha pique ^^ Si le personnage est vraiment drôle, le haha arrive seul dans ma tête.

Et surtout (je pense que c'est délibéré mais moi ça me perturbe grave) l'absence de tirets dans tes dialogues que tu n'encadres que de guillemets généraux, et on se demande souvent qui dit quoi à qui et pourquoi :
Citer
« Bon il faut que je retourne aux cuisines, ils ne savent rien faire sans moi ! Je t’envoie un message   pour samedi! J'en reviens pas d'avoir des nouvelles de cette façon, t'es incroyable mon gars hahaha. Oh, Marie, occupe-toi bien de lui, s'il s'étouffe avec une cacahuète je le retiendrai sur ton salaire !
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- Ah oui, c'est vrai. Merde. Bon Guillaume fera la fermeture, mais demain ça sera toi.
- No soucis. Je crois que ça sent le cramé derrière...»
Ici tu en mets (toujours ce hahaha ^^) ;

ici non ;
« Vous attendez le train ?
Du tout, je fume juste ma clope.
Non ! Sérieusement ?
Oui...
Et mince. On discute, on discute et je loupe mon train ! Le seul de la journée vous vous rendez compte ! Mais, vous êtes sûr que vous n'alliez pas le prendre ?
Sûr. Vous allez où ?
Vers là-bas... Mince, j'étais sûr que vous le preniez. Vous avez du feu ?
Toujours. Je peux vous emmener si vous voulez?
Oh non, non, ne vous inquiétez-pas, je vais faire du stop, ça me rappellera ma jeunesse haha !»

Et ici, c'est les guillemets qui s'emmêlent :
Citer
Le temps de notre discussion, j'avais senti la serveuse m'observer du coin de l’œil.
« Merci de nous l'avoir fait sourire, ça va peut-être le détendre un peu pour la soirée ! »
« Ah, tendu en ce moment le chef?
Tu m'étonnes. On a un nouveau cuistot et l'été c'est le grand rush. Il est en panique depuis. Tu viens juste d'arriver si je comprends bien?
Aujourd'hui même ! Je pense rester quelques jours...
Et c'est quoi ton nom ?
Cédric. Marie c'est bien ça?
Oui. Enchantée, Cédric ! »

Le verre d'appolinaire est des plus délicieux !
Et l'image du taureau, final, et cette boucle temporelle qui se clot parfaitement, donnant envie de relire depuis le début pour s'imprégner de la nouvelle sans le surprise... et ça marche tout aussi bien. J'ai beaucoup aimé, je suis content de te voir écrire, je pense que tu pourrais ciseler mieux du côté des dialogues (le sobre est souvent le bien, je pense), mais sinon, c'était une très agréable lecture et j'ai trouvé ça plutôt beau : la langue sert un réalisme très poétique, où les humains ont une grande densité (le vieux sonne très juste, la serveuse aussi, le silence et le départ avec la fille de la fin est bon aussi)...

Bref, belle évolution, mec, ça fait plaisir à lire ;)
Peace !
« Modifié: 30 Janvier 2017 à 15:35:44 par Kwak' »

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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #2 le: 30 Janvier 2017 à 16:16:35 »
Yeaaaah kwak' !

C'est vrai que la dernière fois que tu m'as lu (sur le planteur d'arbre à bouteille je pense) c'était pas encore ça... Du coup ça me fait d'autant plus plaisir ce que tu me dis, genre vraiment vraiment... J'écris toujours, mais je poste peu  ;)


Pour les tirets de dialogues, carrément désolé >< Je pensais que c'était tout bon, mais ce maudit office apache a dû les faire sauter au c/c et comme un con j'ai pas pensé à revérifier (j'ai corrigé tout ce qui était tirets cadratins et espaces manquants au passage) Ca sera plus lisible comme ça  :mrgreen:
Vais relire mes dialogues (j'ai enlevé les rires, l'habitude d'en mettre dans mon 'ancien style' où ca passait, mais c'est vrai que c'est pas du tout du tout dans le ton pour le coup)


Merci encore, ca fait chaud plaisir que ca t'ai plu, que ca fonctionne (j'aivais quelques craintes sur le rythme et sur la serveuse justement) et qu'au final ca finisse par être payant  :mafio:

A plus !

Ps: pour le verre d'Appolinaire, tu pourras faire un coucou à Vera :p


« Modifié: 30 Janvier 2017 à 16:50:14 par Ben.G »
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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #3 le: 30 Janvier 2017 à 16:41:22 »
salut Ben !
je passais vite fait pour te faire la bise et te dire du mal de ton titre  :D (je trouve ça un peu casse-gueule de mettre des expressions-toutes-faites/clichés dans des textes en général et dans des titres en particulier, pas forcément très élégant quoi - sauf si vraiment on joue avec, comme on peut être amené à jouer avec les clichés d'un genre)
et en fait j'ai été pris par le début du texte, tu as un style alerte et prenant, c'est une sacrée qualité, ça a très bien fonctionné sur moi !   :)  le début est mieux que le début de tas de livres qu'on trouve dans les librairies, la juxtaposition de mots qu'on s'attend pas à voir les uns à côté des autres, sourcils/warnings...
ça me donne envie de te lire + !
(quant au sujet : c'est un truc qui t'est arrivé en vrai pendant ton périple ?)
Merci pour ce texte ! :)

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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #4 le: 30 Janvier 2017 à 22:56:55 »
Hey Meilhac !

J'ai cru que t'avais lu que le début du coup  :mrgreen:
Ouaip le titre j'ai hésité, mais vu l'histoire je trouve qu'il s'impose vraiment ^^

Merci beaucoup (je suis pas habitué à ce qu'on ne redise rien haha), ca me fait très plaisir !!


(il se pourrait bien qu'il y ai une partie de faits réels, en effet ;) )


La bise ! :)
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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #5 le: 14 Juin 2018 à 11:26:41 »
Je ne pourrai pas tenir pas plus longtemps.
Citer
au milieu de nulle part entre les toilettes à la turc insalubres, les pompes à essence dégoulinantes d'usure
turque
Citer
Je sais que je serai toujours ce fantôme pâle halluciné de slogans édulcorées, tout comme ces chauffeurs dans mon rétroviseur qui s'étirent là-bas en baillant, à Bellevue.
édulcorés, bâillant
Citer
je l'ai vu sous toutes les coutures que peut offrir la saison. Peu de lieu peuvent aussi bien décrire un printemps.
peuvent, lieux
Citer
– Oh non, non, ne vous inquiétez-pas, je vais faire du stop
sans trait d'union
Citer
Les truchements hasardeux de la vie l'avaient fait échouer dans ce petit hôtel miteux de la campagne Suisse.
suisse sans majuscule (c'est l'adjectif)
Citer
c'est aussi à cause d'elle qu'il avait fini à lapider ses économies entre cigarillos et trains ratés.
(fini par) j'aime bien, fin de phrase assez flamboyante !
Citer
Il m'en apprend plus sur lui, sur Albert. C'était patron l'ancien patron,


En fait j'aime l'intention générale : traduire des sentiments par des mots, essayer d'exprimer des choses, davantage qu'un simple script. D'ailleurs on sent aussi que t'as eu une réflexion sur la forme à donner au texte, le look à donner aux phrases, leur rythme.
Sur le résultat, je suis un peu mitigé. Je ne suis pas hyper fan de ce que rendent les saccades nominales du début (mais j'ai vu que Meilhac avait justement accroché à ça donc c'est cool). Je crois qu'il faudrait pas mal retravailler les dialogues d'Arles. Peut-être un peu mieux dégager la construction en boucle ? mais ça c'est peut-être moi qui ai pas été assez attentif (j'ai lu ton texte sur deux jours, avec des pintes au milieu). J'aimerais bien que le récit du vieux prenne une place prépondérante dans l'histoire, voire qu'on y trouve un vrai écho dans le récit... mais ça c'est vraiment une divagation de ma part, faut pas que ça sonne comme une piste d'amélioration...
Bon, de toute façon je ne sais pas si tu veux faire autre chose de ce texte. En tout cas y a matière (: (et cette version est bien agréable à lire)

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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #6 le: 14 Juin 2018 à 11:44:37 »
Yop Lo !


Merci pour ta lecture ;)


J'aime bien ce texte alors un jour où l'autre je reviendrai certainement pour coorriger et l'améliorer

Pour le vieux je suis d'accord, j'avais peur longtemps qu'il ne soit là que comme ressort, vais réfléchir à un truc sûr que y'a moyen de l'intégrer dans la boucle encore plus
Pour les dialogues par contre je ne comprends pas ce dont ils manquent ? J'ai essayé de les garder assez naturels, ptet que c'est trop je sais pas ou pas assez quelque chose ?



Pour ce texte en lui-même, je crois que j'aimerais un jour en faire quelque chose de long, avec tout plein de scènes et de recherches dans ce genre sur le même principe, mais c'est pas prévu pour tout de suite j'ai besoin de muscler le jeu de jambes avant ^^


Tout cas merci pour les pistes, c'cool, et content si ca t'as intéressé ^^

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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #7 le: 15 Juin 2018 à 15:44:21 »
Pour les dialogues par contre je ne comprends pas ce dont ils manquent ? J'ai essayé de les garder assez naturels, ptet que c'est trop je sais pas ou pas assez quelque chose ?
C'est peut-être un sentiment personnel : je les trouve trop réalistes. Et y a toujours une sorte d'hypocrisie pour réussir un dialogue, c'est-à-dire qu'on veut le clamer réaliste, on veut qu'il sonne réaliste, mais on doit toujours creuser une légère distance avec un dialogue réel, sans quoi le texte s'effondre sur sa banalité : "salut, ça va ? / bien et toi ? / pas mal" ça ne fonctionne pas. Faut réussir à trouver un équilibre pas évident, ne pas "surécrire", ne pas désoraliser complètement, sans quoi ça sonnera à nouveau artificiel. Mais voilà ouais je ne te trouve pas assez hypocrite dans la création de tes dialogues ! :D
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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #8 le: 23 Juin 2018 à 11:57:49 »

Yop yop,

ptit bout de temps que je t'ai pas lu  :P



 entre les toilettes à la turc insalubres,

turque


 Je sais que je serai toujours ce fantôme pâle halluciné de slogans édulcorées,

Le rythme est assez prenant au début ; en arrivant au deuxième paragraphe j'avais peur que ça devienne un peu monotone, mais en fait je trouve que ça marche bien, c'est comme s'il y avait une espèce d'irrégularité dans la ponctuation (les virgules en particulier) qui contribuait à maintenir le souffle. J'aime bien.

Peu de lieu peuvent aussi bien décrire un printemps.

de lieux ? / le verbe 'décrire' m'a fait un peu tiquer ici.

Je l'ai rencontré la veille, en sortant d'une épicerie de petit village – c'est grâce à lui que je sais vers où je roule. Là sur le quai de gare en face de moi – toute l'activité se concentre au même endroit dans ces villages de campagne – se trouvait ce petit vieux un peu engoncé dans son caban trop large. Il attendait - retournant ses poches, cherchant quelque chose, marmonnant entre ses lèvres. En passant plus près, j'entendis que ses bas mots battaient un rythme mâchonnant un peu les consonnes.

un poil trop de tirets cadratins à la suite à mon coup, ça casse un peu la progression.

« Vous cherchez du feu, peut-être ? »
Sa clope pendant au bec, un brin de surprise le trahit dans son regard

j'ai pas bien saisi en quoi la surprise le 'trahit'

On s'assit tout deux sur le banc en métal bleu –

tous deux

Pas pressé, intrigué par ce vieil homme fêlé par la vie, je me contentais de sourire – intérieurement, qu'il ne crût pas que je me moquais - imaginant sa vie et tout ce que l'on pourrait se dire, sentant sa présence, rêvassant qu'il puisse penser à la même chose et que l'on discutait alors ensemble sans rien se dire – à moins qu'il ne continuât à se réciter des poèmes...

j'ai bien aimé cette phrase (sauf le dernier tiret cadratin, je trouve qu'un point virgule ou des points de suspension passeraient mieux, voire carrément un point, mais c'est perso  :D )

Un train s’annonça. Il s’arrêta. Personne n'en descendit, personne n'y monta. Il partit. Le vieux s'agita.

beaucoup aimé le changement de rythme.

Et il s'élança d'un coup sans attendre, me laissant hébété sur le banc, lui, récitant au loin ses vers les mains dans les poches – cherchant toujours un briquet inexistant.

je trouve que le "Et" en début de phrase est de trop.

Naturellement, je retournai à mon camion et le prit en stop.

pris

c'est aussi à cause d'elle qu'il avait fini à lapider ses économies entre cigarillos et trains ratés.

joli

Peu d'amis ; beaucoup d'amour et de bras qui l'enlacent. Pas d'enfants ; plus que la poésie.

bôôôôôô


Les conversations se mélangent dans mes souvenirs éthyliques.

ça par contre j'ai trouvé un poil facile

On lut quelques poèmes, je lui offris un recueil – je ne sais plus lequel.

je trouve que la virgule irait mieux que le tiret cadratin mais euh, t'aimes bien les tirets cadratins jcrois

Et puis des anecdotes hilarantes sur sa jeunesse, aussi. Flou.

flou ? le mec est flou ? ses anecdotes ? auquel cas c'est au pluriel. Ou c'est juste du 'flou' à ce moment-là ? j'ai eu comme un petit doute  :-X

Son rire franc, surtout. C'est le souvenir le plus clair que je garde de la soirée, son rire. Ce rire débridant des rides monolithiques faites d'années passées à ressasser sa propre vie – toujours les mêmes événements, je le devine.
Je ne sais plus ni pourquoi ni comment, je lui confiai un vieux rêve de gosse oublié de moi-même, celui d'aller courir jour après un taureau. Il rit. « Alors pourquoi tu ne l'as pas déjà fait ? ». Tout simplement.

j'ai adoré ce passage  :coeur:

Il m'offrit son recueil d’Apollinaire en échange du mien, disant que de toute façon il le connaissait par déjà par cœur –

y a pas un "par" en trop ?

comme quoi il connaissait en fait les noms !.

y a un chtitounet point en trop après le chtitounet point d'exclamation

Je n'ai peut-être pas d'enfants mais là-bas on t’accueillera bien.

 :coeur:

Et puis il est parti, son petit corps un légèrement voûté,

y a pas un "un" de trop ?  :P



qu'elle replace vite derrière son oreille. Elle essuie des verres. Captivants ses yeux – vert ou bleu ? Je lui demande si je peux parler au patron.
Un roulis de perles cahotantes plus tard, le voilà, s'essuyant les mains sur son tablier plus si blanc.

elle essuie des verres en apportant une pinte ? / répétition d"essuyer" que j'ai trouvée un peu lourde

« On me demande par ici ? Dès que j'ai un week-end de libre il faudrait que je pense à me faire cloner ! »
Il me tend sa grande main calleuse – une poigne lourde sans être écrasante – en me sondant des yeux, à la recherche d'indices. Je ne le laisse pas chercher plus longtemps et lui raconte ce qui m'a amené ici, tout en lui donnant des nouvelles de ce « vieux briscard ». Il s'étonne, il rit, lui en Suisse ? Il m'en apprend plus sur lui, sur Albert. C'était patron l'ancien patron, c'était son mentor – aux affaires comme à la vie.

j'ai de la peine à visualiser la scène, j'imagine que le patron a dû s'asseoir ?

 
Grand sourire aux lèvres. Elle me drague ? Non, je n'en ai pas l'impression. Un peu, peut-être. Pourquoi ce petit air taquin ? Je l'ai déjà rencontré ? Non, je ne pense pas.

rencontrée (sauf si on est dans la tête de Marie, mais il me semble que non)

– Ah, le patron vient du même village que moi, c'est de là qu'on se connaît. Je ne suis pas en couple si c'est la question que tu poses.
:P


 
– Franchement t''as pas à te plaindre, c'est vraiment un bon coin pour vivre tu sais...

apostrophe en trop

et au revenir de me voir, un sourire sans dents.

j'ai pas compris l'expression

Je ne comprends rien. Comme une image irréelle, je vois son regard étranger perdu dans des vies oubliées que je n'ai jamais eu – et pourtant la chaleur de ses seins posés contre mon torse lors de promesses impossibles à tenir.

eues ? / je trouve que la deuxième partie sans verbe marche moyennement bien ici.

tout s'enfuit si vite devant moi. Il y a ces cris, ces pleurs derrière et moi qui marche si vite.

ptet une virgule après derrière. Chépa. Ou pas

La clé, le contact. Le moteur qui vrombit. Les lignes banches mangées unes à unes par mon pare-choc

blanches

ce mensonge même la nuit, surtout la nuit.

j'ai eu de la peine à voir à quoi ça se rattachait.

J'ai beaucoup aimé la progression qu'il y a au niveau du rythme du texte. Subitement, une phrase avec un seul mot, la façon dont par moments on a l'impression que le temps s'arrête, puis subitement quelque chose se passe et ça se ressent dans la ponctuation, la structure des phrases. Jusqu'à l'accélération finale. J'ai trouvé ça maîtrisé et je crois que ça m'a aidé à m'immerger, à visualiser les scènes que tu décris, les personnages ; ça donne une certaine fluidité au texte, et au moment où on risquerait de trouver ça monotone, il se passe quelque chose.

Je l'ai dit, mais il y a un poil trop de tirets quadratins à mon goût ; c'est une remarque purement personnelles (comme toutes d'ailleurs), mais je crois qu'en général ils ont plus freiné ma lecture qu'apporté une précision importante (j'ai eu l'impression qu'on pouvait s'en passer à plusieurs endroits, que souvent, ils apparaissent où il y a déjà beaucoup de ponctuation, et que ça alourdit plus qu'autre chose ; c'est peut-être parce que je crois que je vois plus le tiret cadratin comme une façon de prolonger, mettre en suspens une dynamique assez fluide, dans une phrase longue je trouve que ça passe mieux que dans un passage qui est déjà haché niveau ponctuation).

La progression finale est vraiment bien menée, avec ce dialogue avec la serveuse proche de l'oralité qui commence par nous entraîner, puis le départ du narrateur (le côté très réaliste du dialogue ne m'a pas choqué, après c'est peut-être parce que j'ai tendance à faire ça aussi parfois). Du coup, j'ai juste trouvé la chute un peu abrupte, je m'attendais à ce que cette accélération bien menée m'amène à quelque chose, et je sens bien que c'est ce que tu as cherché à faire, mais ça m'a paru un peu trop flou pour être percutant.

Sinon, à part les détails relevés, pas grand chose à dire, j'ai bien aimé ce côté un peu imprévisible qui colle bien avec le voyage du narrateur, avec des moments plus rapides, et des moments où on se pose et on lit quelque chose de plus profond (le passage sur la poésie par exemple). Un beau texte.



Hors ligne Aléa

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Re : Prendre le taureau par les cornes
« Réponse #9 le: 25 Juin 2018 à 11:54:39 »
Haaaaan, mais je t'avais pas répondu, honte à moi ton commentaire est super long et utile et intéressant et merciiiii


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j'ai pas compris l'expression
(sic le sourire sans dents) bah euh, juste sourire avec les lèvres, sans ouvrir la bouche, mais c'est pas très heureux c'est vrai haha


Merci pour toutes les corrections, je les ferai un de ces quatre ^^


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J'ai beaucoup aimé la progression qu'il y a au niveau du rythme du texte. Subitement, une phrase avec un seul mot, la façon dont par moments on a l'impression que le temps s'arrête, puis subitement quelque chose se passe et ça se ressent dans la ponctuation, la structure des phrases.
ça c'est quand même un sacré compliment alors, merci, ca fait chaud plaisir  :mafio:

Pour les tirets cadratins....  :mrgreen: Je sortais d'une grande période fana total (les souterrains, Kerouac, l'amour l'amour), en ce moment je suis clairement en train d'en revenir et de l'utiliser avec plus de parcimonie, bref, je pense que dans quelques temps quand je le corrigerai ce texte je serai plus de ton avis et beaucoup sauteront (mais je les aime quand même huhu)


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Du coup, j'ai juste trouvé la chute un peu abrupte, je m'attendais à ce que cette accélération bien menée m'amène à quelque chose, et je sens bien que c'est ce que tu as cherché à faire, mais ça m'a paru un peu trop flou pour être percutant.
pas facile de rendre bien percutant une fuite doublé de déni, mais je prends note si jamais je peux y faire quelque chose



Encore merci chap'  :calin:
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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