Je pense que beaucoup de gens ici connaissent
Nausicaä de la vallée des Vents, l'animé de Hayao Miyazaki ( et si ce n'est pas le cas, il n'est jamais trop tard pour découvrir la filmographie du studio Ghibli ).
Cet animé a énormément marqué les esprits, au point malheureusement d’effacer l'existence d'un autre Nausicaä, du même auteur, un manga cette fois-ci :
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En effet, conformément aux exigences de l'industrie de l'animation japonaise, Miyazaki produit en 1982 les deux premiers volumes d'une saga post-apocalyptique desquels seront adapté le célèbre animé qui sortira en 1984.
Pendant 13 ans, Miyazaki a continué de publier la suite de sa saga, rassemblés en 7 tomes.
Loin d'être une simple extension de l'histoire proposée par l'animé, le manga se veut ouvertement plus mature, sombre et emprunt d'une violence froide implacable, abordant frontalement les horreurs de la guerre.
S'éloignant de la fable écologique positive de l'animé ( qui abordait déjà, en soit, des thèmes très sombre ), le manga nous entraîne dans une vaste chronique où deux empire s'entredéchirant, embarqués dans une machinerie de la violence que plus personne ne semble contrôler, lutant pour contrôler les restes d'une humanité mourante et prise au piège entre les zones vaines de la Mer de Décomposition et les conflits sanglants marquant la région.
Le tout s'accompagne d'une quête spirituelle à la fois intelligente et puissante, mettant notamment "en doute" le concept du prophète, au lieu de s'en tenir à une simple "christianisation" de Nausicaä, comme l'on peut voir dans l'animé avec sa résurrection.
Une œuvre profonde, humaine, parfois psychologiquement difficile, prenant un malin plaisir à bousculer les codes établis de la lutte du bien contre le mal et à repousser sans cesses l'ampleur des désastres marquant le récit, en se teintant d'un positivisme relativiste, un positivisme qui n'espère qu'un ciel gris au milieu d'un orage.