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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Le post-incipit.

Auteur Sujet: Le post-incipit.  (Lu 2524 fois)

Nocte

  • Invité
Le post-incipit.
« le: 25 Octobre 2016 à 08:39:28 »
Voilà, la punchline de départ est consommée, le décor est planté en quelques mots minutieusement choisis, et après ?

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
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  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Le post-incipit.
« Réponse #1 le: 25 Octobre 2016 à 10:06:48 »
On continue d'écrire ? :mrgreen:

(plus sérieusement, je comprends pas bien la question que tu poses)
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Rigel

  • Tabellion
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  • Léviathan Coccyx
Re : Le post-incipit.
« Réponse #2 le: 25 Octobre 2016 à 12:20:05 »
Après, on s'attaque à la première page idéale. Celle qui contraint le lecteur à poursuivre.

Cette page idéale qui, toujours d'après mon carnet magique (on a bien dit idéale)...

  • Présente le ton le genre, le style de l'histoire.
  • Augure du reste. Elle créé une impression sur le lecteur qui sera fidèle à l'ensemble du récit.
  • C'est le moment où l'histoire commence, pas un flashback. Il y a un lien direct avec l'intrigue principale.
  • Laisse présager que ça va chier des mouettes.
  • Soulève ou commence à soulever les questions importantes du récit.
  • Les informations sur le lieu, le qui, quand, quoi, comment, sont délivrées le plus rapidement et le plus indirectement possible, avec des indications symboliques/typiques/des images fortes.
  • D'une manière générale, chaque mot est choisi avec soin, il est utile, il n'y a pas une virgule de travers sinon du côté éditeur, c'est poubelle direct.
  • Présente des évènements en show don't tell - cf. explications dans les trucs à éviter.
  • Le champ lexical donne une impression de mouvement.
  • La majorité des verbes sont conjugués au présent ou au passé simple, on est dans l'action, on évite d'évoquer les évènements passés ("Il s'était toujours dit...", "Il avait été...").
  • On promet d'emmener le lecteur vers un truc intéressant en soulignant l'unicité de la situation ("cette nuit", "ce mec-" sont différents), en mettant une dose d'inattendu (un fait sort de l'ordinaire, surprend le lecteur), un personnage dérive de sa routine, le lecteur se demande pourquoi, on implique qu'un changement est sur le point de se produire, le héros doit rappeler quelqu'un en urgence, il rencontre quelqu'un, on fait une description particulièrement appuyée d'un élément pourtant commun, etc.
  • On commence au moment de tension maximum pour le personnage focal, à défaut un moment de tension pour le lecteur parce que c'est ce qu'il est venu chercher.
  • Le ou les personnages principaux sont actifs.
  • On peut montrer une "version miniature" de la trame principale, c'est facile mais pas interdit, t'sais comme dans les films d'action où on commence par une mission réussie pour te montrer à quel point les héros sont badass.

Ce que la première page idéale devrait éviter...

  • D'essayer d'impressionner le lecteur avec des phrases compliquées, des mots rares, etc.
  • De commencer au milieu d'un évènement auquel on ne comprend rien, par lequel le lecteur ne se sent pas encore concerné. S'il n'a pas de point de comparaison (ça, cher lecteur, c'est la normalité du personnage principal et ça, c'est la merde dans laquelle il n'a pas l'habitude d'être, c'est le danger intolérable qui perturbe et menace sa normalité présentée auparavant), il se fout de la souffrance, de l'apocalypse, du torrent de merde que la première page décrit.
  • De commencer par parler du passé des personnages. Ca se faisait beaucoup avant, dans les grands classiques de la littérature française qui dégoûtent aujourd'hui les collégiens de la lecture en général.
  • Les "Machin est triste/en colère/souffre". Le lecteur ne va pas y croire. Il va fermer le livre tout de suite, il va flairer le bidon. On montre les sentiments, le lecteur les devine, il croit ce qu'il voit.

Souvent, la première page n'est pas la première qu'on écrit. Je conseille de la refaire complètement après avoir mis un point final au premier jet.
Vous venger de mes commentaires critiques sur : *°+~¤ la SPoule ¤~+°*.

Hors ligne Jurle-Lamar le Batracien

  • Scribe
  • Messages: 88
Re : Le post-incipit.
« Réponse #3 le: 25 Octobre 2016 à 13:16:20 »
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C'est le moment où l'histoire commence, pas un flashback. Il y a un lien direct avec l'intrigue principale.
Hm, le flashback peut pourtant être un élément très important de l'histoire, beaucoup de livres continues à faire ça (notamment en fantasy et dark fantasy, de même que dans l'horreur). Tu déconseilles malgré tout ce procédé au profit d'une première page directement ancrée dans le présent ?

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On promet d'emmener le lecteur vers un truc intéressant en soulignant l'unicité de la situation ("cette nuit", "ce mec-là" sont différents), en mettant une dose d'inattendu (un fait sort de l'ordinaire, surprend le lecteur)
Pour moi justement, ces éléments peuvent être ancrés dans le présent comme dans un flashback. Tout dépend de la façon de raconter les choses  :P

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La majorité des verbes sont conjugués au présent ou au passé simple, on est dans l'action, on évite d'évoquer les évènements passés ("Il s'était toujours dit...", "Il avait été...").
Tout à fait d'accord.

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On peut montrer une "version miniature" de la trame principale, c'est facile mais pas interdit, t'sais comme dans les films d'action où on commence par une mission réussie pour te montrer à quel point les héros sont badass.
Ou alors on peut au contraire montrer une "mission" ratée pour commencer l'histoire et mettre dans le bain, mais ce procédé se fait encore beaucoup en effet.

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Ce que la première page idéale devrait éviter...
D'essayer d'impressionner le lecteur avec des phrases compliquées, des mots rares, etc.
Tout à fait d'accord.

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Les "Machin est triste/en colère/souffre". Le lecteur ne va pas y croire. Il va fermer le livre tout de suite, il va flairer le bidon. On montre les sentiments, le lecteur les devine, il croit ce qu'il voit.
Pour le coup je n'y avait pas du tout pensé, mais oui carrément !

En tout cas tes éléments sur la première page idéale m'ont aidé sur plusieurs points, merci ;)
"Avant même que vous fassiez quoi que ce soit pour mériter mon respect, celui-ci vous était déjà acquis, et ce, à la seconde où je vous ai rencontré. "

Hors ligne Rigel

  • Tabellion
  • Messages: 36
  • Léviathan Coccyx
Re : Re : Le post-incipit.
« Réponse #4 le: 25 Octobre 2016 à 14:07:10 »
Hm, le flashback peut pourtant être un élément très important de l'histoire, beaucoup de livres continues à faire ça (notamment en fantasy et dark fantasy, de même que dans l'horreur). Tu déconseilles malgré tout ce procédé au profit d'une première page directement ancrée dans le présent ?

Tu as raison, la question des flashbacks est délicate. Certains conseillent de les supprimer purement et simplement de l'ensemble du récit, sous prétexte qu'il ne faut pas montrer le passé parce que le lecteur s'intéresse au présent et veut voir l'histoire avancer. Je ne suis pas d'accord, j'adore les flashbacks en tant que lectrice, je ne suis pas impatiente de connaître la suite, j'aime rester dans un bon livre plus longtemps avec des scènes "bonus" qui aident à comprendre les motivations des personnages.
Je n'ai rien non plus contre les flashbacks en début de roman, à condition de les cantonner au prologue. Selon moi, c'est leur place. Le prologue peut permettre au lecteur de jouir d'un point de vue unique, qu'il ne retrouvera pas dans la suite. Je crois que beaucoup de prologues de Fantasy se déroulent justement sous forme de flashbacks.
Mais en première page du premier chapitre, toujours selon moi, ça ne peut pas ou très rarement fonctionner. Ca ne veut pas dire que le roman sera illisible ou impubliable, juste que l'entrée en matière ne sera pas idéale. Pourquoi ? Parce qu'il serait difficile de marier une scène qui appartient au passé avec tous les autres critères qu'une première page devrait respecter. Le lecteur va commencer à s'ancrer dans quelque chose, à s'attacher à une situation, à des personnages qui sont dans un certain état d'esprit qu'il ne retrouvera pas dans la trame principale. Et l'opération de séduction va devoir être recommencée plus tard, avec le risque de décevoir le lecteur qui, lui, voulait le truc vendu par la première page.

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On peut montrer une "version miniature" de la trame principale, c'est facile mais pas interdit, t'sais comme dans les films d'action où on commence par une mission réussie pour te montrer à quel point les héros sont badass.
Ou alors on peut au contraire montrer une "mission" ratée pour commencer l'histoire et mettre dans le bain, mais ce procédé se fait encore beaucoup en effet.

Absolument. La mission ratée, on la retrouve surtout dans les films familiaux : comédies, dessins animés. La version "mission idéale, mais un détail cloche", c'est pour les grands spectacles, les films d'action, de super-héros.
Bah, c'était juste un exemple comme ça, il traine sur mon carnet certainement parce que cette idée m'a fait "tilt" la première fois que je l'ai lue quelque part.

En tout cas tes éléments sur la première page idéale m'ont aidé sur plusieurs points, merci ;)

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