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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'Île Des Animaux [défi tic-tac]

Auteur Sujet: L'Île Des Animaux [défi tic-tac]  (Lu 991 fois)

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L'Île Des Animaux [défi tic-tac]
« le: 03 Septembre 2016 à 22:44:56 »
Encore un autre défi tic-tac, sur le thème "L'île Des Animaux" ^^ (les textes des autres arrivent bientôt normalement :huhu:) EDIT : en fait Loic et Exta' ont abandonné en court de route parce qu'ils sont nuls >< EDIT2 : En fait Exta' est un quart de courageux (la preuve).
Enjoy o/

L'Île Des Animaux
   
   Je regardai d'un œil glouton le steak qui se présentait devant moi. Cela faisait bien deux semaines que je n'avais pas mangé de viande, et je devais avouer que cela me manquait. Une dizaine de clients s'affairaient sur leur salade et autres bouillie d'insecte, mais je m'en foutais, j'allais savourer mon bœuf. Après la Grande Pénurie, l'augmentation des prix de la viande en avait considérablement réduit sa consommation, et avec un salaire moyen comme le mien, on ne pouvait s'en offrir qu'une ou deux fois par mois. L'idée de profiter d'un rares moments d'extase culinaire de l'année m'emplissait encore plus de joie. Au fil des jours, les soupes de courgette et les brochettes de sauterelles devenaient lassantes pour le palais. Il existait bien d'autre plats, mais acheter des épices pour des plats asiatiques était bien au dessus de mes moyens.
Je m'apprêtai donc à planter ma fourchette dans le quartier de viande, sous l'éclatant soleil de midi, quand il fut soudainement caché par l'imposante silhouette d'un homme en imperméable noir. Un chapeau était enfoncé jusqu'aux oreilles, le col relevé jusqu'au nez et les lunettes couvrant ses yeux, l'homme me toisait de toute sa hauteur, avec dans son ombre son parfait doppelgänger. Sans lui prêter plus d'attention, je plantai ma fourchette. Une main se posa alors sur mon épaule, et je compris tout de suite à qui appartenait cette poigne de fer. L'homme face à moi ne l'était plus exactement et je tournai la tête pour le voir, imper toujours aussi noir, me regarder de ses deux mètres.
   — Venez avec nous, monsieur, me siffla-t-il d'une voix rauque.
   — Et pourquoi ? Je mangeais tranquillement avant que vous n'arrivez, je ne pense pas que ce soit à moi de partir d'ici.
   — Ça, ça vous suffit ? me demanda-t-il en me tendant une carte à l'air vaguement officiel, l'insigne du Ministère de la Protection Animale dessus.
   — Bon, bon. Mais vous allez au moins me laisser finir ce que j'ai dans mon assiette.
   — Je ne crois pas, non. C'est justement ce qu'il y a dans votre assiette qui est en cause, ici.
   — Que...
   — Je vous expliquerai. Venez, maintenant, je préfèrerai ne pas avoir à utiliser la force, soupira-t-il.
Je me levai donc, un peu énervé, suivre ces deux hommes je ne savais où. Celui qui m'avait parlé m'emboîta le pas et je me retrouvai bientôt affublé des deux gugusses en noir, un devant et un derrière. Ils me guidèrent jusqu'à la station de métro la plus proche et nous entrâmes dans la rame presque vide. Plus personne ne prenait le métro de nos jours, trop coûteux.
Au bout de quelques stations, le grand type m'expliqua enfin de quoi il retournait. D'après leur ministère, j'aurais sois-disant dépassé la limite mensuelle de viande dite de « taille considérable » (n'incluant donc pas les insectes) autorisée. Ce qui était bien entendu, d'après mon point de vue, totalement faux. Et puis on racontait que dans l'Ouest de la capitale, les riches se gavaient bien de viande, eux.

Le métro s'arrêta au terminus et, alors que je m'apprêtai à sortir, les deux balourds me firent signe de rester. Le muet des deux alla voir le conducteur à l'avant, et revint quelques minutes plus tard. Il grommela une sorte de « C'est bon. » à son acolyte, et celui-ci me fit asseoir. Le métro redémarra alors et, au lieu de virer pour retrouver l'autre sens de la ligne, il continua tout droit, s'engouffrant dans un tunnel sombre et sans signe visible de signalisation.
Le voyage dura encore dix minutes, et nous nous arrêtèrent dans ce qui semblait être un vaste hangar, aux néons tressautant et aux grandes caisses empilées un peu partout. Il était vide.
   — Terminus, tout le monde descend ! claironna soudainement le plus grand, que je commençais à détester de plus en plus.
Il me poussa bourrument hors de la rame, et le métro repartit, avec son compère toujours dedans.
   — Je peux tout enlever, maintenant, dit-il avec un soupir de soulagement. C'est que j'étouffe là-dedans, moi.
Il enleva d'abord ses lunettes, et je pu distinguer une étrange lueur dans son regard. Comme une lueur de... haine, un peu bestiale. Il ôta ensuite son chapeau et son imper, dans un mouvement quasi-théâtral. Je faillit tomber au sol. Son chapeau révéla un crâne chauve rosé et de larges oreilles pointues. Son imper, lui laissa un groin et un large menton découvert.
   — Vous... vous êtes un... fut tout ce que je pût balbutier.
   — Un cochon oui. Ou un porc comme vous nous appelez « amicalement », ajouta-t-il sarcastiquement. Bon, suis-moi maintenant.
Je ne fus pas même surpris de ce tutoiement soudain, tant j'était encore éberlué qu'un cochon marche sur ses pattes arrières et me parle. Je n'eut pas le temps de me frotter les yeux, qu'il me bousculait déjà vers une petite porte de service. Nous débouchâmes sur une vaste salle en contrebas, ou s'affairaient des dizaines d'animaux, parlant, bêlant, glapissant entre eux, et faisant tourner d'étranges machines.
   — Tu vas enfin connaître le bonheur de savoir pourquoi tu trouve ta bouillie d'insecte si dégueue ! S'écria-t-il.
Il me fit passer dans les quelques marches qui nous séparaient du sol, et me fit avancer vers une des grosses machines. Il ouvrit un petit conduit, à peine assez grand pour qu'un être humain puisse s'y glisser. À l'intérieur, des sortes de grandes lames tournoyaient dans ce qui semblait être un liquide rougeâtre et son odeur manqua de me faire vomir.
   — Bon, on va se faire de petits secrets, tu vas bientôt devoir rentrer là-dedans. Une dernière volonté ?
   — Mais... mais... fut le seul mot que je trouvai.
   — Ah, et dans ta prochaine vie, essaye de pas suivre deux types louches qui te disent même pas pourquoi, même si ça nous facilite le travail.
Je regardai le conduit avec un sentiment d'horreur grandissant et tombai à genoux, poussant soudain un gémissement pitoyable.
   — On le porte, chef ?
   — Je crois bien que oui.
« Modifié: 04 Septembre 2016 à 10:37:27 par Zagreos »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne extasy

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Re : L'Île Des Animaux [défi tic-tac]
« Réponse #1 le: 03 Septembre 2016 à 23:38:29 »
Ha ben ouais, pondre un truc pareil en une heure, chapeau  :mafio:
Le style est tout à fait adéquat, l'idée est exploitées sous plusieurs aspects entraînant de nombreux rebondissements (droit de consommation, animaux déguisés, révélations sur l'origine des "insectes"). Ouais c'est bien ^^

Hors ligne ZagZag

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Re : L'Île Des Animaux [défi tic-tac]
« Réponse #2 le: 04 Septembre 2016 à 10:40:18 »
Salut à toi , ô quart de courageux !
C'est chouette que ce soit prenant, après je pense que ça reste assez court (d'où le fait qu'il y ait beaucoup de rebondissement, c'est juste que c'est hyper dense ^^). Et je suis content que t'ai pu entrevoir un peu de choses de cette pseudo-dystopie très rapidement ébauchée !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : L'Île Des Animaux [défi tic-tac]
« Réponse #3 le: 04 Septembre 2016 à 11:33:57 »
Yop.

Citer
Je regardai d'un œil glouton le steak qui se présentait devant moi. (...) Je m'apprêtai donc à planter ma fourchette quand (...) alors que je m'apprêtai à sortir (...) le seul mot que je trouvai.
Probablement ou certainement des imparfaits, suivant les cas.

Citer
autres bouillie d'insecte
bouillies
insectes au pluriel peut-être aussi ?

Citer
Après la Grande Pénurie, l'augmentation des prix de la viande en avait considérablement réduit sa consommation
C'est un poil lourd je trouve. Y a d'autres façons de redécouper :
Après la Grande Pénurie / et l'augmentation des prix de la viande / ...
ou
Après la Grande Pénurie / les prix de la viande avaient augmenté et / ...
Mais surtout je pense que tu peux juste supprimer l'idée abstraite de réduction de la consommation et passer directement à l'idée de "un salaire moyen comme le mien ne pouvait s'en offrir qu'une ou deux fois par mois" (qui est pleinement parlante et la traduction non-abstraite de "réduction de la consommation").

Citer
L'idée de profiter d'un rares moments d'extase culinaire de l'année m'emplissait encore plus de joie.
rare moment (je suppose que t'as supprimé "d'un des" à cause de l'excès de "de" ? l’abondance dededienne est toujours un peu là)
Et la phrase n'est pas très claire autour du "encore plus". A mon avis il faut comprendre : "non seulement manger de la viande est rare, mais cette viande l'est encore plus et j'en suis encore plus content" ? Mais il faudrait probablement expliciter.

Citer
Au fil des jours, les soupes de courgette et les brochettes de sauterelles devenaient lassantes pour le palais.
Pas fan de "devenaient lassantes pour" (plutôt qu'un verbe direct comme affadir, ennuyer, anesthésier...).

Citer
Un chapeau était enfoncé jusqu'aux oreilles, le col relevé jusqu'au nez et les lunettes couvrant ses yeux, l'homme me toisait de toute sa hauteur, avec dans son ombre son parfait doppelgänger.
"était" est en trop dans la phrase en l'état.

Citer
je plantai ma fourchette
Pas sûr que la répétition marche ("je m'apprêtais donc à planter ma fourchette"), l'écart est trop long. Du coup l'absence de précision sur "planter dans quoi" est gênant.

Citer
L'homme face à moi ne l'était plus exactement
Il y a moyen de dire ça mieux. Le suivi du mouvement de l'imper est peut-être pas idéale en général dans ce paragraphe, il semble se téléporter plus que se déplacer.

Citer
je préfèrerai
préfèrerais

Citer
Je me levai donc, un peu énervé, suivre ces deux hommes je ne savais où.
pour suivre

Citer
sois-disant
soi-disant

Citer
Le muet des deux
Pas très joli, pas compacté de la bonne façon à mon avis.

Citer
signe visible de signalisation
Voulu ?

Citer
nous nous arrêtèrent
arrêtâmes

Citer
un vaste hangar (...) aux grandes caisses empilées
Pas convaincu par la tournure.

Citer
aux grandes caisses empilées un peu partout. Il était vide.
Vide à part les grands caisses empilées un peu partout ?

Citer
claironna soudainement le plus grand
"soudain" marche aussi ici. ("soudainement" = de façon soudaine, tout dépend du sens que tu veux)

Citer
je pu distinguer
pus

Citer
une étrange lueur dans son regard. Comme une lueur de
Je préférerais sans la reprise de "lueur".

Citer
Comme une lueur de... haine, un peu bestiale.
Dans la mesure où il y a déjà "comme", la virgule et "un peu", je suis pas trop fan des points de suspension. Ptêtre "haineuse" aussi pour que l'adjectif suive un adjectif.

Citer
Je faillit tomber
faillis

Citer
Son imper, lui laissa
Virgule en trop.

Citer
ce que je pût (...) tant j'était
pus
étais

Citer
éberlué qu'un cochon marche sur ses pattes arrières et me parle.
"être éberlué que" ne marche pas trop pour moi.

Citer
Je n'eut pas le temps de me frotter les yeux, qu'il
eus, virgule en trop

Citer
tu trouve ta bouillie d'insecte si dégueue ! S'écria-t-il.
trouves, majuscule en trop

Citer
passer dans les quelques marches
"dans" en trop.

Citer
Il me fit passer dans les quelques marches qui nous séparaient du sol, et me fit avancer
me fit x2

Citer
des sortes de grandes lames tournoyaient dans ce qui semblait être un liquide rougeâtre
Trop d'imprécision tue trop l'impact à mon goût. "des sortes",  "sembler être un liquide" (vraiment pas génial celui-là).

Citer
on va se faire de petits secrets
on va pas

Au niveau du style, j'ai jamais relevé mais il y a l'automatisme des virgules avant les "et" qui ne devrait pas être un automatisme ("glapissant entre eux, et faisant" est incorrect par exemple).
Sinon c'est très sympa, plein d'idées et une histoire complète et bien menée du point A au point B. Chapeau pour avoir fait ça en une heure.

 


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