Je trouve que deux ou trois vers clochent, mais je l'apprécie globalement et vous le soumets donc^^
La mélancolie.
Ami, mon spleen à moi c'est la mélancolie
Une larme rieuse Ô c'est une avanie
C'est l'écueil invisible et c'est un éclat terne
Quand les rivages gris consumment le flambeau
L'écorce rabougrie, couverte par les flots
Dieu que le nuit m'effraie sans amour, sans lanterne.
Les soirs de beuveries c'est un relent acide
Une larme embrumée, un auditeur placide.
Crépuscule en dentelle c'est une pluie qui crache
Qui mouille les esprits, qui mouille les campagnes
Quand on ferme les yeux, un pays de cocagne
Une attente obscurcie, tisane de bourrache.
Aux confins de l'été, cette mer de misère
Cet océan glacial étrange reverbère.
Les néons craquelés, les tristes souterrains
Sussurent que le temps n'a qu'un oeil, qu'un espoir
Que la mélancolie c'est avoir peur du noir.
Les longs sanglots du temps à l'aurore d'airain.
L'horizon paresseux, tristesse versatile
Comme une pluie gercée, un brouillard volatil
L'automne qui serpente au milieu de nos vagues
A l'âme et aux chardons; Enfin ! c'est un pays
Morne et plat : un pays, sans histoire et sans vie
Quand la mélancolie vogue, vague, et divague.
L'automne nous rappelle un soleil indécis
Le ciel en aquarelle est zébré de manies.
Enlacé par le gris, le bleu pâle s'élague
Dans le temple figé le sanglot est monarque
Quand le coeur est trop lourd pour porter des remarques
Et la mélancolie danse comme une vague.