bon, j'ai pas encore réussi à caser deux séries, donc une seule dans celui-là, avec un peu de triche peut-être pour monter jusqu'à 11 marches...
L’amour de ma mère pour le ciel, la nuit, c’est la clé d’un jardin merveilleux dans lequel je m’engouffre aussi souvent que je peux. Je me cale dans un coin, discrète grâce à la petite taille de mes six ans. Avant que ma mère ne me remarque, j’ai le temps de scruter l’éclat dans ses yeux et celui de la voie lactée qui blanchit insolemment le noir de l’univers. Mon père m’a sans doute vue descendre l’escalier et me glisser sur la terrasse, mais il n’a rien dit, par lâcheté et manque d’envie de me ramener au lit, ou par compréhension pour ma curiosité infinie, peut-être.
— Cathleen ! dit ma mère lorsqu’elle m’aperçoit enfin. Il est tard !
Maman me sourit. Elle sait que les étoiles m’allèchent comme un rayon entier de pâtisserie qu’on dévore des yeux. Je lui montre un astre qui luit d’une vague couleur rouge.
— Bon, nous avons une demi-heure avant que la Lune se lève et gâte l’obscurité. Mais après, dodo.
Alors j’apprends les étoiles, je change parfois leurs noms quand elles n’en ont pas eu d’assez beau. Puis la pleine Lune s’élève, grosse, ronde et rousse avec son visage éternel.
— Pourquoi elle ouvre la bouche grande comme ça, Maman ?
— Ellechante ! me répond-elle si vite qu’on dirait un seul mot.
Au sourire enfantin de ma mère, je devine les milliers d’histoires qu’elle imaginait, elle-aussi, à mon âge quand elle prenait d’assaut la nuit et ses secrets.
— Et son nez, dis-je, on dirait une chanterelle.
Une main saisit la mienne, douce, tiède.
— Dodo, maintenant.