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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La poussée d'Archimède

Auteur Sujet: La poussée d'Archimède  (Lu 1117 fois)

Hors ligne Ragne

  • Calligraphe
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    • Par chez moi
La poussée d'Archimède
« le: 25 Juillet 2016 à 09:47:22 »
Une nouvelle que j'ai réécris trois fois et qui a vraiment ressemblé à un truc potable grâce à Choucroute estivale (on lui fait une holà). Je suis toujours pas satisfait de pas mal de truc, mais je sais plus quoi faire pour l'améliorer. J'espère que ça vous plaira :)



Elise envoya ses longs cheveux derrière ses épaules. Elle se délassa un instant, elle avait terminé son dossier du mois. Observant l’horloge qui faisait office de vitre, elle s’autorisa quelques minutes de pause et sourit à son reflet, elle se savait belle femme et la joie de sa dernière réalisation la faisait irradier, ses cheveux roux dansaient dans la lumière artificielle de son bureau. Des cernes, dessinés par l’effort à sacrifier trop de nuits pour son travail, maltraitaient ses taches de rousseur. Ils allaient jusqu’à englober, tel un cercle hostile, ses pupilles plus vertes que les lacs. Son sourire, finement dessiné, illumina son visage, boutant ailleurs les traces de fatigue. Elle portait un haut blanc, légèrement décolleté et cintré, comme une confiserie, à mi-taille, lui laissant une étoffe bouffante sur les hanches qui cachait le début d’une jupe austère et professionnelle pour parachever sa tenue.
   Perdue dans le flot de ses pensées qui passait en revue son travail pour évaluer les éventuelles failles de son oeuvre, Elise ressentit une pleine et entière fierté. Elle avait battu en brèche les pièges de l’administration, très lourde, de l’époque, avait vaincu les oublies du temps.
   Elle tut rapidement sa satisfaction. Son rendez-vous de la journée patientait depuis une bonne heure. Elle se leva, rectifia sa tenue, un de ces buts étant de toujours amener l’autre à la désirer. Il valait toujours mieux avoir trop d’admirateurs que pas assez. Puis, elle alla vers la salle d’attente. La cliente était l’une des femmes les plus riches du moment, une sidérurgiste qui avait commencé mineure et s’était hissée à force de travail en haut d’un empire autonome. Elle avait débuté en arrachant le minerai à la terre, elle l’avait transformée, elle l’avait forgée. Sans faillir, elle avait dompté l’acier comme on dompte un mâle en rut, en lui cédant pour reprendre peu à peu le contrôle. Et de ce qu’elle savait de la légende d’Elaine A’Jima, elle était semblable à son métal, dure et hypnotique, noble et accessible. Une certaine appréhension envahit Elise, son corps était tendu d’excitation et de questionnements. Qu’est-ce qu’une femme comme celle-ci, extraite des entrailles de la terre, issue de la boue primitive, pouvait rechercher dans la course au temps ?
Elise grimaça alors que la musique couvrait à peine le grincement de la porte. Elaine l’attendait, ce n’était pas une belle femme, mais la détermination qui marquait ses traits lui offrait un charme certain. Elle était aussi discipliné que son métal, écoutant sans broncher le monologue de Elise. Cette dernière, quant à elle, laissait les haut-parleurs rythmer son discours, chaque note répondant à chaque mot. C’était du Pilan, c’était toujours du Pilan dans cette entreprise. Son patron avait une admiration absolue pour ce compositeur et son audacieux mélange des genres. Ses symphonies l’accompagnaient depuis ses premiers pas dans cette société, dix ans auparavant. Les trilles cuivrés correspondaient à son quotidien et l’habitaient alors qu’elle jonglait entre les langues et les époques.
   
Elise était une historienne, une de celle qui avait choisi d’en faire des sciences appliquées. Depuis les premières expériences sur le voyage dans le temps, les universitaires avaient réclamé à corps et à cris de pouvoir se saisir de l’invention pour l’intérêt général. Une telle invention devait servir le bien commun, c’était du devoir de l’état de la nationaliser, de se l’approprier. Et dans la bataille parlementaire qui s’ensuivit, les ingénieurs tentèrent de faire valoir leur droit à la propriété, rappeler le temps qu’ils avaient passé pour imaginer, calculer et bâtir cette invention. Sans grand succès, alors ils menacèrent de retourner dans le passé pour supprimer la carrière des politiques qui tenteraient de s’ingérer dans leur droit. Le débat politique dura de longues années pour finir sur la défaite de l’état. Curieuse conclusion dans une affaire où la justice n’avait eu cours d’aucun des deux côtés.
   Le voyage dans le temps devint ainsi la prérogative de ceux qui l’avaient réalisé, permettant à une kyrielle d’expert de rattraper les erreurs plus que d’énoncer des règles et des lois, privilège régalien dans une temporalité qui leur était inaccessible. Le voyageur du temps devint un produit étrange, un être imperméable aux lois, qui payait pour s’affranchir de son temps et profitant de la lente inflation des usuriers pour rentabiliser son investissement. Ce privilège n’appartenait pas aux universitaires où explorateurs, mais aux possédants qui savaient comment bâtir leur fortune malgré le coût exorbitant du service.
   Car le voyage se réalisait via une machine construite pour l’occasion, à usage unique, qui s’oblitérait sous le poids des paradoxes. C’était un voyage à sens unique, un pari dans ses capacités.
   
   Et comme toute période que l’histoire connut, l’homme s’était ingénié à la parsemer de bureaucratie. Les procédures administratives étaient un lourd nœud de lois et de procédure. Nœud d’autant plus complexe qu’il fallait également le créer de l’autre côté. C’était là le travail d’Elise, s’immiscer dans les administrations à travers les âges, produire une vie à son client, lui enseigner les langues, la culture et le savoir de là où il voulait aller. Un nouveau métier que son employeur, un des plus brillants historiens depuis plusieurs décennies, avait dessiné.
   « Il faut s’affranchir de la théorie et des faits, l’histoire est devenu un matériau concret, une réalité tangible et accessible. Et elle est devenu rentable, le savoir que nous avons laborieusement accumulé, péniblement décortiqué et minutieusement pensé prend son sens plus loin que les leçons qu’il transporte. Il a une utilité pour ceux qui abandonne au présent leur propriété et qui font don d’eux à cette époque surpeuplée. Avec la suppression de l’héritage, les plus riches étant les plus méritants, c’est à eux qu’il revient le droit de recommencer, de repartir du zéro absolu pour se hisser jusqu’au plus haut sommet. Mais il faut leur donner un nom. Il faut leur donner un passé. Il faut leur donner un rêve. Et c’est là notre but, offrir à ceux qui peuvent agir de pouvoir toujours plus. »
   
Alors depuis dix ans, Elise créait, avec la virtuosité d’une musicienne, la vie de ceux qui l’abandonnait. C’était sa fierté, elle donnait vie, à l’instar d’un dieu bienveillant. Dans son domaine, elle était une artiste, véritable encyclopédie de la vieille Europe. Elle pouvait ainsi propulser n’importe qui dans la Prague de la grande époque, quand les cimetières vespéraux inspiraient au monde par leurs brumes fait de spectres et de feu follets les contes les plus noirs. Les plus aventuriers parfois, réclamait une place dans le monde antique, pour deviser avec Platon et apprendre la vérité sur l’Atlantide. Certains voulaient connaitre le monde Allemand sous l’ère industriel, exulté dans la sueur de l’effort d’un monde qu’on domestique et qu’on asservit. Mais son domaine de prédilection était la France, ce pays qui l’avait tant fait rêver avant sa destruction dans les Grands Chamboulements du troisième millénaire. Elle aimait imaginer un monde dans ce coin de paradis, fait des plus beaux paysages, où le temps était fait de cette tendre objection à l’injustice.
   Son client avait justement demandé un voyage vers la France, dans la Franche-Comté des années deux milles, il voulait connaitre le dernier espace sauvage du pays des idées. Elle l’avait ainsi grimé horloger dans la vieille région. Lui avait appris l’usage d’un réseau alors balbutiant, lui avait aussi appris ses valeurs disparues comme l’arbitraire, la volonté d’imposer son esprit mais ses idées ainsi que mille est une choses. Elle lui avait donné un prénom : Hank, pour le gorger de mystère comme on donne à son enfant le nom d’un ancien dieu pour espérer le voir fort.
   La leçon la plus rude n’avait été ni la langue ni le métier, puisque l’enseignement assisté par ordinateur facilitait toute la compréhension de ces données factuelles. La fable sociale, complexe car teintée de non-dits et de suppositions, basée sur non pas le mérite mais l’apparence, avait était une donnée si étrange, qu’elle avait dû lui marteler. Plus abstrait encore, alors qu’elle s’était donné à lui dans une nuit de passion, attiré par l’être si plein de force qu’il était, c’était l’inconcevable qui avait dû être verbalisé. Elise n’avait jamais connu qu’un temps de liberté où le désir était séparé de l’amour et parmi toutes ses interrogations sur le passé, c’était l’impératif de la fidélité qui l’avait le plus intrigué. L’expliquer était à chaque fois un défi puisqu’elle devait faire accepter une croyance dans une âme régie par la raison.

   « … c’est ainsi que notre société est la seule à vous offrir tant les services d’historiens appliqués que de secrétaire initiés dans le dédale des administrations. »
   Elise se tut, son laïus avait duré une sixaine de minute. Dans son tailleur impeccable et rigide, Elaine n’avait pas tressailli une seule fois. Elle semblait pareil à ces statues sans forme ni logique, aberrante de par leur constitution. Comme si elle n’était pas faite pour cette réalité, comme si son corps emplissait un espace trop grand et que ses habits aurait dû depuis longtemps céder sous la pression. Pourtant, pas une trace de tensions ne s’exerçait sur les coutures et alors qu’elle prenait la parole, la voix paraissait si fluette qu’elle semblait sortir d’un autre organisme.

–   C’est du Pilan ?
–   Je… euh… oui, bredouilla Elise, surprise par la question.
–   J’aime bien ce compositeur… l’un des seuls qui marquera le siècle, il a du génie en lui.
–   Je… euh, ne suis pas qualifié pour cette question.
–   Vous n’aimez pas la musique ? reprit Elaine, s’engouffrant dans la brèche.
Elise écarquilla les yeux, la question la surprenait, la discussion lui échappait sans qu’elle puisse la rattraper. Heureusement pour elle, Elaine enchaina sans attendre sa réponse
–   L’acier chante aussi, c’est une musique à part entière. Quand il est coulé, il chuinte dans des vapeurs si chaudes que l’homme grogne, on dirait un chœur qui répond à la musique de l’industrie. C’est ce qui m’a toujours plus dans le travail, l’extraordinaire surprise de la poésie du quotidien, comme si la beauté ne se trouvait pas là où on la cherchait, mais dans le laid, dans l’effort et dans ces râles. L’humain est un être qui ne devrait pas tant redouter sa propre sueur. C’est elle qui le rend heureux.
–   
Toujours sans savoir quoi répondre, Elise attendait patiemment que son interlocutrice finisse sa rêverie pour prendre la parole. Elle ne savait pas où Elaine voulait en venir et cela l’intriguait.

–   Je pense que ce serait mon rêve… savoir sur quelle musique les hommes vibrent d’ici trois siècle. Savoir qui s’est ajouté au côté de Mozart, de Gerswhin, de Corot, de Pilan…
–   On ne peut pas voyager dans le futur… il n’est pas encore immuable, il ne nous est pas permis de l’arpenter.
–   Je sais… c’est triste non… et vous ? Où iriez-vous ?
–   Moi ? s’empourpra Elise, mais… je ne pourrais jamais me payer un telle voyage.
–   Et moi, je suis suffisamment pétée de thunes pour vous l’offrir à vous et à votre boite en entier. Vous faites mon dossier, je vous récompense. C’est comme ça que ça marche.
–   Vous pensez pouvoir m’acheter ? s’étrangla Elise entre colère et surprise.
–   Vous pensez que je le peux pas ? Je peux acheter cinquante fois ce bouge juste avec mes gains d’un trimestre, s’amusa l’entrepreneuse.
–   Je ne suis pas à vendre !
–   Qu’est-ce que vous faites sinon vous vendre ? Vous votre savoir et votre corps si agréable à voir ! Vous êtes à vendre ! C’est comme ça que l’humain se sociabilise, il s’achète et il se vend ! Il promet orgasme contre orgasme, il offre sécurité, stabilité contre tendresse. L’humain est un animal unique, c’est un être mercantile !
–   Ca suffit ! Hurla presque l’historienne, je ne marche pas. Mon travail c’est de vous construire une identité, dites-moi ce qui vous intéresses et je vous emmène.
–   Je ne pars pas seule.
–   Il est impossible de passer à deux par une mach…
–   Oui, oui… ainsi que de créer deux machines qui vont au même endroit, à la même date qu’une autre. Je sais. Mais on peut en mettre à deux villes voisines à un mois d’intervalle. Je suis ingénieur, vous vous rappelez ?
–   Je ne suis pas à vendre, répéta Elise.
–   Oh que si vous l’êtes. Je vais offrir à vos parents, à votre petit ami, à votre fratrie de quoi mener la grande vie. Je vous offre le choix du lieu d’arrivée, de l’époque. Vous contrôlez tout, quant à moi, je fuis en faisant une bonne action. Je vous offre un rêve. Ne comptez pas sur moi pour le décorer avec des pétales de rose ni pour vous bouffer la chatte.

Elise rougit, elle n’avait ni l’habitude de ce langage, ni de ces manières. Son esprit s’échaudait, tout en elle était tiraillait entre l’excitation de l’aventure et le refus de cette vision de l’argent.

–   Pourquoi ? hasarda-t-elle, tentant de gagner du temps.
–   Pourquoi vous ou pourquoi la fuite ?
–   Les deux je suppose…
–   De toute façon, c’est la même réponse… j’étais l’amante de votre directeur de thèse. Un gars très intelligent, mais pas très finaud dès que sa braguette frétillait. Il vous a fait des avances, vous avez refusé. Vous auriez pu juste pour avoir une meilleure situation, de meilleures notes. C’est ce que j’aurais fait. C’est ce que le monde entier aurait fait. Mais vous vous accrochez à votre vision du monde comme un fossile. Comme si seuls nos désirs comptaient… Vous êtes un dinosaure, inadapté à votre époque et à n’importe quelle autre.
–   Et vous ?
–   Moi, j’ai tout conquis ici, les plus bels hommes, les plus belles femmes, j’ai monté mon empires à partir de deux cailloux, j’en ai pervertis les femmes les plus prudes, j’ai presque réussis à dompter votre prof. Il n’y a plus rien ici pour moi. Je dois dominer un autre monde.
–   ”Que tous tes rêves, sauf un“
–   Pardon ?
–   C’est un vieux proverbe arabe, l’homme qui réussit partout est malheureux.
–   Ca marche aussi pour les femmes, remarqua Elaine, goguenarde
–   Oui, je voulais dire…
–   Humain, je connais la rengaine.
–   Je ne suis toujours pas à vendre
–   C’est que j’ai pas payé assez cher. Votre prix sera le mien.
–   Je ne peux pas tout laisser tomber.
–   Pourquoi ? Il y a quoi ici ? On a découvert tous les secrets du monde, on sait où est l’Atlantide, on a pillé toutes les tombes des pharaons et on a même compris pourquoi les celtes étaient suffisamment con pour mettre des pierres debout et dire « ici c’est joli, donc c’est sacré ».
–   Qu’est-ce que ça change ?
–   Je vous offre la gloire Elise. Je vous offre le droit de découvrir avant les autres la pyramide de Bagdad, les statues de Santiago ou la cité de Trinu ! Je vous offre une vie de terrain. Et si vous êtes sages, je vous offrirais même mon corps.
–   Mais sans me bouffer la chatte, ricana l’historienne.
–   Je pense vous donner assez comme ça.

Elise réfléchit, ses yeux balayait le vide, elle était consciente du jeu de manipulation exercé par son interlocutrice. Son rêve de voyage la dévorait à petit feu et l’autre avait atteint son point de rupture, elle n’offrirait pas plus et une fois que le goût se serait imposait à Elise, l’obnubilerait comme un besoin irrépressible, incompressible, alors elle aurait retiré sa proposition et ce serait à Elise d’offrir pour se vendre. Résolu, elle stoppa les doutes qui couraient dans son cerveau et reprit.

–   Ce sera le chili. Au XXIIIème siècle.
–   En pleine guerre civile ? Vous aimez le sexe brutal pour demander ça.
–   Pas là-bas… Les mapuches ne se sont pas insurgé comme dans les autres pays. Et il y a la cité troglodytes de San Iran à excaver.
–   De la pierre, de l’histoire et pas trop de sexe, ça me va… on part quand ?

Toute trace d’ironie avait disparu du visage d’Elaine, elle semblait en fait définitivement emballée par la réalisation de ce qu’elle avait projeté.

–   Les femmes ne sont pas autorisées à diriger là-bas à cette époque.
–   Bah, il suffira de changer de sexe avant de partir. C’est juste une formalité.

Elise regarda fixement Elaine, elle semblait aussi résolue qu’au premier jour. L’historienne en était persuadée, c’est ce regard qui devait diriger ses aciéries, un regard aussi dur que son métal, fait de promesse et de violence.

–   C’est un aller simple, lui rappela-t-elle.
–   Comme la vie ma chérie.
–   J’ai besoin d’un mois et demi pour tout préparer.
–   Prends deux semaines de plus pour me préparer un bilan de l’économie locale. Je dois savoir où je vais.
–   Un nouveau monde à conquérir pour Elaine A’Jima
–   Et un ancien à découvrir pour Elise Laric.

Elise la regarda, consciente du cadeau qu’on lui faisait, l’emballage, certes, ne payait pas de mine, mais il était plein d’un rêve inestimable. Elle allait arpenter ce qu’aucun humain ne pouvait seulement imaginer, elle découvrirait la cité troglodyte où les hommes avaient cherché la fontaine de jouvence. L’excitation la prenait, elle avait un monde qui n’attendait que de découvrir et de s’émerveiller. Elaine sur le pas de la porte, se retourna et demanda.

–   Pourquoi ce nom d’entreprise ?
–   La poussée d’Archimède ? Eh bien, c’est en partant de ce principe qu’ils ont inventé le voyage dans le temps… et d’aucun l’aime à croire un peu historien.

Elaine garda le silence quelque seconde, comme pour extraire un sentiment et le verbaliser. Une activité si difficile qu’elle en perdait ses mots.

–   J’ai toujours cru que c’était aussi un principe social. “Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé” Comme si pour chaque don, on devait offrir un contre-don proportionné. C’est mon legs au monde mademoiselle Laric. Ce que je lui dois. C’est vous qui l’obtenais. Parce que la seule fois de ma vie où j’étais fragile et ou je rêvais de romantisme et de fidélité. Vous me l’avez offert.

Elle passa le seuil sans un autre mot ni même un geste. Laissant Elise seule, s’emmurer dans la solitude et le silence. 
« Modifié: 25 Juillet 2016 à 09:50:10 par Ragne »
Niou

Hors ligne Chouc

  • Palimpseste Astral
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  • Chourlotte Brontë
Re : La poussée d'Archimède
« Réponse #1 le: 26 Juillet 2016 à 09:00:59 »
Salut Ragne !

J'ai pas fait de relever en particulier, pas une seconde fois ^^ mais j'ai trouvé des choses qui me font tiquer dans la seconde partie :

Citer
Et moi, je suis suffisamment pétée de thunes pour vous l’offrir à vous et à votre boite en entier. Vous faites mon dossier, je vous récompense. C’est comme ça que ça marche.

Ce brusque élan de franc parlé argotique est surprenant dans la bouche d'Elaine, peu après son évocation de la poésie qui émane du chant de l'acier  :o Idem quelques lignes plus loin lorsqu'elle parle à Elise de ne pas lui bouffer la chatte, ça semble assez incongru et peu cohérent avec le personnage. Ou tout du moins l'idée qu'on se fait du personnage à ce stade de l'histoire.

Citer
tout en elle était tiraillait entre l’excitation de l’aventure et le refus de cette vision de l’argent.
Tiraillé

Citer
Et si vous êtes sages,
Sage

Citer
Ce sera le chili
Chili

Citer
C’est vous qui l’obtenais.
l'obtenez

Citer
Parce que la seule fois de ma vie où j’étais fragile et ou je rêvais de romantisme et de fidélité. Vous me l’avez offert.
"Parce que la seule fois de ma vie où j'étais fragile et où je rêvais de romantisme et de fidélité, vous me les avez offert."
Ça ne fait sens qu'avec une virgule à la place du point et comme il est question de romantisme + fidélité, on passe au pluriel.



Lu !

Bon, je maintiens ce que je t'avais déjà dit, à savoir que tu tiens vraiment un truc. Je continue aussi de penser que ça gagnerait à être davantage développer mais tu connais ma maladie, je suis incapable de faire un texte court, alors pour moi c'est jamais suffisamment développé  :D

Je reste assez décontenancée par la seconde partie, celle que je n'avais pas lu et qui concerne Elaine. J'ai du mal à voir clair dans son jeu et à comprendre ce qu'elle recherche exactement.

En tout cas j'ai passé un bon moment, merci pour cette lecture  :)

Au plaisir
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : La poussée d'Archimède
« Réponse #2 le: 31 Juillet 2016 à 17:22:48 »
Salut ^^

Citer
Elise envoya ses longs cheveux derrière ses épaules.
Pas grand chose, mais il manque l'alinéa au premier paragraphe (en général il faut mettre la balise justify une ligne plus haut).

Citer
Elise envoya ses longs cheveux derrière ses épaules. Elle se délassa un instant, elle avait terminé son dossier du mois.
Le problème du passé simple là est que pour moi on est toujours dans la même action que celle de l'envoi de cheveux. Je serais tenté par un imparfait voire un "pouvait se délasser".

Citer
par l’effort à sacrifier
J'ai l'impression qu'il manque un mot.
"l'effort mis à" ?

Citer
Puis, elle alla
La virgule est en trop si ça n'est pas de l'oral.

Citer
Elle avait débuté en arrachant le minerai à la terre, elle l’avait transformée, elle l’avait forgée
Le "l'" désigne la terre du coup (si c'est féminin) et pas le minerai ?
Comme minerai est le complément direct d'"arrachant", on s'attend à ce qu'il le soit de transformer et forger. Si c'est la terre, il faudrait faire la liaison "à la terre qu'elle avait transformée".

Citer
Elise grimaça alors que la musique couvrait à peine le grincement de la porte.
Cette phrase coince à plusieurs niveaux je trouve. Il faudrait que l'ouverture de la porte soit l'action simultanée, plutôt que la musique, surtout. Et je ne suis pas sûr que "alors que" soit la meilleure tournure.

Citer
une de celle qui avait choisi
une de celles qui avaient choisi

Citer
devoir de l’état (...) défaite de l’état
Majuscule à Etat quand ça désigne l'institution.

Citer
Une telle invention devait servir le bien commun, c’était du devoir de l’état de la nationaliser, de se l’approprier. Et dans la bataille parlementaire qui s’ensuivit, les ingénieurs tentèrent de faire valoir leur droit à la propriété, rappeler le temps qu’ils avaient passé pour imaginer, calculer et bâtir cette invention. Sans grand succès, alors ils menacèrent de retourner dans le passé pour supprimer la carrière des politiques qui tenteraient de s’ingérer dans leur droit. Le débat politique dura de longues années pour finir sur la défaite de l’état. Curieuse conclusion dans une affaire où la justice n’avait eu cours d’aucun des deux côtés.
Je crois que le paragraphe pourrait couler plus naturellement.
Le "et dans la bataille..." suppose qu'il y a un temps précédent marqué, mais le temps précédent était la période floue du "depuis les premières expériences". Il faudrait dire quelque chose comme "Une bataille parlementaire se déclencha/fut lancée, où les ingénieurs..."
Le "Sans grand succès," est un peu brutal, sec d'une façon maladroite je dirais. Il faudrait peut-être en faire une proposition verbale (ex : "Mais ces arguments furent sans grand succès, alors ils...")
Et sur le dernier point souligné, c'est juste pas très clair. C'est la justice au sens d'institution (ce que le contexte invite à penser, mais je sais pas), et dans ce cas ça veut dire "n'a pas été devant les tribunaux", ou en tant que concept ? La tournure pourrait être clarifiée je pense.

Citer
une kyrielle d’expert
experts

Citer
permettant à une kyrielle d’expert de rattraper les erreurs plus que d’énoncer des règles et des lois
Je suppose que l'idée est : ils nettoient de leur mieux les gaffes plutôt que d'essayer de les prévenir ? Ça ne me semble pas dit très clairement.

Citer
universitaires où explorateurs
ou

Citer
Et comme toute période que l’histoire connut
Un peu pompeux/maladroit.

Citer
ceux qui abandonne
abandonnent

Citer
qui font don d’eux à
d'eux-mêmes

Citer
la vie de ceux qui l’abandonnait
abandonnaient

Citer
leurs brumes fait de spectres et de feu follets
faites
feux

Citer
Les plus aventuriers parfois, réclamait
réclamaient
(et la virgule n'est pas idéale)

Citer
le monde Allemand
Pas de majuscule quand c'est un adjectif.

Citer
l’ère industriel, exulté
industrielle
Et peut-être un e à exulté suivant si ça s'accorde à ère ou monde.

Citer
fait des plus beaux paysages, où le temps était fait
Répétition malheureuse de "fait".

Citer
Elle l’avait ainsi grimé horloger dans la vieille région. Lui avait appris l’usage d’un réseau alors balbutiant
A mon avis ça devrait rester la même phrase, sinon il y a une ambiguïté passagère sur "lui" qui pourrait techniquement être sujet.
(il faudrait aussi peut-être dire plus explicitement qu'il s'agit du dossier qu'elle vient de conclure, et que ça n'a rien à voir avec le rendez-vous qu'elle a)

Citer
la volonté d’imposer son esprit mais ses idées
Il manque un ou plusieurs mots non ?

Citer
mille est une choses
et

Citer
avait était
avait été

Citer
ses habits aurait dû
auraient

Citer
Je… euh, ne suis pas qualifié
qualifiée

Citer
L’humain est un être qui ne devrait pas tant redouter sa propre sueur. C’est elle qui le rend heureux.
–   
Toujours sans savoir quoi répondre,
Il y a un tiret orphelin qui traîne.

Citer
d’ici trois siècle.
siècles

Citer
suffit ! Hurla
Majuscule en trop.

Citer
ce qui vous intéresses
intéresse

Citer
était tiraillait
tiraillé

Citer
j’ai monté mon empires à partir de deux cailloux, j’en ai pervertis les femmes les plus prudes, j’ai presque réussis
empire
perverti
réussi

Citer
Et si vous êtes sages, je vous offrirais
sage
offrirai

Citer
ses yeux balayait
balayaient

Citer
se serait imposait
imposé

Citer
Résolu
Résolue

Citer
le chili
le Chili

Citer
Les mapuches ne se sont pas insurgé comme dans les autres pays. Et il y a la cité troglodytes
Mapuches
insurgés
troglodyte

Citer
un monde qui n’attendait que de découvrir et de s’émerveiller.
Petit problème, en l'état c'est le monde qui découvre et s'émerveille.

Citer
d’aucun l’aime
d'aucuns l'aiment

Citer
quelque seconde
quelques secondes

Citer
vous qui l’obtenais.
obtenez

Citer
et ou je rêvais



C'était intéressant.
Je dirais que pour tout ce qui est de donner des informations (sur le contexte, les personnages), ça n'est pas encore toujours très fluide, pas toujours très clair. Par exemple le paragraphe sur l'histoire du voyage dans le temps que j'ai pointé.
Mais les idées sont intéressantes. Ça paraît un peu éparpillé au départ mais ça se resserre finalement autour de la proposition, avec beaucoup d’ambiguïtés pour savoir ce qu'elle vaut pour l'une et l'autre, des motifs et des implications complexes.
« Modifié: 31 Juillet 2016 à 17:24:26 par barnacle »

Hors ligne Ragne

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Re : La poussée d'Archimède
« Réponse #3 le: 31 Juillet 2016 à 22:05:14 »
Je manque de temps pour répondre et corriger ces temps ci et je repasse dans une semaine pour vous relire et tout modifier

Mais je voulais vraiment vous remercier vous deux pour le temps que vous avez pris pour me lire et me commenter :)
Ca me fait plaisir

Mercu :)
Niou

Hors ligne Freeen

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Re : La poussée d'Archimède
« Réponse #4 le: 01 Août 2016 à 01:15:34 »
J'arrive pas à avoir un sentiment particulier par rapport à ce texte. Je l'ai adoré mais quelque chose me dérange dedans. Je pense que ça vient surtout d'un sentiment de frustration : le fin vient trop vite ! La tu nous balances juste une intro.
"C’est mon legs au monde mademoiselle Laric. Ce que je lui dois. C’est vous qui l’obtenais. Parce que la seule fois de ma vie où j’étais fragile et ou je rêvais de romantisme et de fidélité. Vous me l’avez offert. "
Et puis cette phrase m'intrigue, me donne envie d'en savoir plus sur ces intentions.
En bref j'ai beaucoup aimé mais tu me laisses sur ma faim sans avoir rempli le frigo...
En te remerciant pour cette lecture nocturne <3
I prefer to think that God is not dead, just drunk

 


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