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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...

Auteur Sujet: Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...  (Lu 1394 fois)

Hors ligne Juliao

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Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« le: 23 Juillet 2016 à 21:38:25 »
Encore un bureau de consultance, cela ne fera que le cinquième en un mois. Je suis certain qu’ils vont encore me sortir le discours standard : « Mr, votre profil est intéressant, nous voulions vous rencontrer …» Une heure après avoir ressassé mon parcours professionnel, j’aurai droit à la réplique de fin habituelle : « Nous n’avons rien qui corresponde à votre profil actuellement, mais dès que nous aurons quelque chose, nous n’hésiterons pas à vous contacter. » Pourquoi ces gens me font ils venir ? Ne devraient-ils pas avoir lu mon cv avant de m’inviter pour une interview ? … Ces personnes des services RH doivent vraiment s’ennuyer… Peut être recherchent-t-ils une activité pour lutter contre un bore-out éventuel ?

   « Quand je pense que j’ai passé quatre années à travailler dans une entreprise, avec toutes les compétences accumulées, je pensais que je n’aurais plus de difficultés pour trouver un emploi. » Le marché du travail évolue très vite et Julien était tombé dans un mauvais créneau, il avait travaillé dans un secteur trop spécialisé... Pas assez de compétences techniques, mauvaise maitrise de la seconde langue nationale … Et puis, maintenant qu’il s’était fait virer, c’était « la » question … « Monsieur, comment expliquer vous votre temps d’inoccupation entre votre dernier emploi et aujourd’hui ? » Il eu beau leur expliquer qu’il avait repris des études, qu’il n’aimait plus son job … Il était suspect, c’était lui le fautif, il mentait, il devait forcément avoir quelques chose à cacher … « Il a certainement dû faire des erreurs dans son travail. C’est sûrement une personne imbuvable. Peut être ne sait elle pas tenir un rythme de travail. A voir son parcours professionnel, il s’agit certainement d’une personne instable, … »

   Julien connaissait leurs grilles d’analyse  RH … le travailleur y est considéré comme une « ressource », au même titre que les « ressources » matérielles d’une entreprise. Aucune place n’est laissée à la nuance, c’est votre parole contre leur « analyse statistique ». Si vous tombez dans les mauvaises cases, vous commencez à avoir des difficultés. Jeunes sans expériences, personne sans diplôme, diplômé de sciences sociales, personne ayant perdu son emploi,  profile atypique, … Il se retrouvait dans les trois dernières catégories. Ce n’était pas bon pour lui. Il avait acquis de l’expérience, ce qui lui permettait d’avoir accès à des rendez-vous, mais, lorsque les employeurs creusaient un peu, Julien tombait dans les mauvaises cases…  Un nombre limité de places pour un plus grand nombre personnes voulant occuper ces postes ; le calcul n’était pas très complexe.

   Cela fait maintenant une année que Julien recherche un emploi. Il enchaine les interviews, mais ses démarches sont sans succès. Bien souvent, son manque de connaissance du néerlandais est relevé. « Oui, monsieur, le point déterminant de notre choix c’est fait par rapport à votre maitrise de la deuxième langue nationale. Vous avez un bon niveau mais nous pensons que ce ne sera pas suffisant dans un environnement avec quatre vingt cinq pourcent de clients néerlandophones. » Lorsqu’il a commencé ses recherches, il manquait d’enthousiasme. Il était tellement déçu du monde du travail, son attitude le trahissait. Calme de nature et flegmatique, les interviewers avaient tendance à sous estimer ses capacités professionnelles. Bien qu’il soit compétent, son attitude n’était pas en accord avec les positions pour lesquelles il postulait. « Mr, en tout cas, vous êtes quelqu’un de calme, comment en êtes vous arriver à faire ce type de travail ? Nous sommes à la recherche de quelqu’un de charismatique. N’avez vous jamais pensé à vous orienter vers la technique plutôt que le management » La dictature du « manager extraverti » ne jouait pas en sa faveur. C’était devenu une tare d’être quelqu’un de calme et de réfléchis. Il aimait à dire que les études scientifique avaient démontré que les personnes introverties étaient plus à l’écoute des partenaires, jouissaient de plus de qualités en matière de négociation, de gestion d’équipe … les décisions étaient sans appel. Le mythe du requin businessman extraverti au sourire carnassier avait de beaux jours devant lui.

   Julien à une interview cet après-midi, il avait trouvé une offre en rapport avec ses compétences professionnelles,  « Coordinateur IT», le descriptif de fonction correspondait aux tâches qu’il avait précédemment effectuées, intermédiaire entre l’IT et le business, expérience dans un milieu international, connaissance de la logistique, formation des utilisateurs,  … L’interview devait avoir lieu dans les bureaux de … l’agence de consultance, encore une autre. Le bureau de l’agence se situe à Wavre, Julien loue une voiture pour se rendre sur place… Chose faite, il enfile son complet gris de chez Zara, le voila parti vers l’agence …

   Un accident est survenu sur l’autoroute, la circulation se fait de plus en plus lente …

- Oh non, putain de trafic, c’est toujours la même chose ... Il faut que j’appel le bureau de consultance. – Julien profite des embouteillages pour prendre son téléphone et composer le numéro de l’agence – Bonjour, es ce que je pourrais parler à Valérie Desmet s’il vous plaît ?

- Oui, c’est moi.

- Bonjour ! Excusez-moi, nous avons rendez-vous cet après-midi … Je risque d’arriver un peu en retard, il vient d’y avoir un accident sur l’autoroute…
- OK, c’est Monsieur Deprez ? Pas de souci. – voix très amicale – Vous êtes où exactement ?

- Oui, c’est bien ça, Julien Deprez. Je ne sais pas trop … Je viens de quitter Bruxelles …

- Ok, pas de soucis, à toute à l’heure.

   Elle semble plutôt sympathique. Finalement, Julien arrive à l’heure à son rendez-vous, il gare sa voiture et se presse dans les bureaux de l’agence.

- Bonjour.

- Bonjour Monsieur, comment allez-vous ?

- Bien merci.

- Une seconde … Nous allons nous installer là-bas, dans la pièce du fond … Nous allons vous faire passer un test de langues et un test de personnalité. Vous désirez quelque chose à boire ?

- Je veux bien un verre d’eau, merci.

   Le bureau se situe dans un gros bâtiment moderne dans un nouveau centre industriel, pas loin de Louvain-la-Neuve. Leurs bureaux consiste en une grande pièce aux vitres feutrées, une carpette bleue neutre recouvre le sol, des panneaux de gyproc gris clair placardés sur les murs, des lumières de plafond éclairent moyennement l’ensemble. Différents bureaux sont placés de manières éparses dans la pièce.

   Julien s’installe dans la pièce du fond, derrière l’ordinateur, il passe le test. Ceci terminé, il appel Valérie…

   Valérie est une femme qui vient de passer la quarantaine, elle est assez jolie, son jeans et son pull serré laisse apercevoir quelques courbes grassouillettes, un léger fond de teint tente de minimiser les rides accumulés  … Elle n’a plus vingt ans. Son style vestimentaire est classique, elle est polie, attentionnée et évite les familiarités, le ton est formel. On peut deviner de la sévérité dans le caractère de Valérie, peut-être dû à son professionnalisme, son expérience et sa longue carrière dans le monde de l’entreprise. Julien l’imagine mariée avec deux enfants, un mari ingénieur qui travail dans la construction, deux semaines de vacances par an en Tunisie dans un hôtel all inclusive et une semaine de ski pour les vacances de Noël. Le reste du temps, Valérie travail au bureau …     

   Il fait très chaud dans la pièce. Julien commence à se sentir fatigué suite aux tests qu’il vient d’effectuer, un coup de pompe … « Non, pas maintenant, il va falloir que je recommence à ressortir tout mon parcours professionnel, me montrer motivé …  »

   Valérie s’installe dans la petite pièce avec lui, elle analyse les résultats des tests à voix haute …

- Selon les résultats des tests de langues, vous avez un niveau A1 en Anglais et un niveau B2 en néerlandais ! Es ce que cela correspond à ce que vous pensiez ?

- Oui, oui, c’est bien ça.

- Selon les résultats du test de personnalité, je vous lis le descriptif de votre catégorie, vous êtes quelqu’un qui aime travailler en équipe mais vous êtes également capable de travailler seul ! Vous n’êtes pas spécialement quelqu’un qui va se mettre en avant ni prendre des initiatives, …

   Valérie poursuit sa lecture, la description du caractère de Julien est plus ou moins bien décrite…

- Es ce que vous êtes d’accord avec cette description de votre personnalité ?

- Oui, dans l’ensemble, la description me correspond. A l’exception de la partie relative à la prise d’initiative.

- C'est-à-dire ? Vous êtes quelqu’un qui aime prendre des initiatives ? Auriez-vous un exemple à me citez ? Une initiative que vous avez prise lors d’une de vos précédentes expériences professionnelles ?

- Oui … Par exemple … Je m’étais chargé de relancer un projet qui avait été mis de côté lors de ma précédente mission professionnelle chez Vilar … 

   Julien tient une voix fatiguée, il n’est absolument pas motivé, il a trop chaud et se sent mal à l’aise. Le fait de sentir qu’il n’assure pas le rend encore plus à côté de ses pompes, il se demande ce qu’il fait là, sa voix soupire d’ennui…

   En ce qui concerne Valérie, sa décision est déjà prise ! Ce candidat ne sait pas gérer la pression, il n’est pas présentable, il ne sait pas se vendre … « Pour quelqu’un qui a étudié la communication, c’est un comble ! »

- Ok, voulez-vous ajouter autre chose ?

- Non … ?

   C’est un non interrogatif, Julien ne voit pas trop où elle veut en venir …

- Bon ! Es ce que vous pouvez me parler de votre cv ?! Pouvez-vous me faire un résumé de votre parcours professionnel depuis la fin de vos études jusqu’à maintenant ?

   Julien commence à reprendre la narration de son parcours professionnel mais il n’a absolument aucune motivation ; sa prestation transpire l’ennui. Il est parvenu à un de ses moments où, arriver au fait accompli, ici en interview en l’occurrence, il abandonne le challenge et foire complètement sa prestation. C’est comme si toutes les déceptions précédentes accumulées étaient venues s’agglutinées et former un surplus qui venait d’exploser inconsciemment. Cet inconscient avait pris le dessus sur sa prestation, il était terriblement médiocre. Le souci étant que, pour l’obtention d’un emploi, la première impression est cruciale. Si vous vous grillé au premier entretien, vous êtes définitivement grillé auprès de vos futurs employeurs … Et Julien le savait bien …

   Après avoir écouté le parcours de Julien, Valérie lui présente l’entreprise de consultance pour laquelle elle travail … Pendant ce temps, Julien part dans ses pensées : « Qu’est ce que je suis en train de faire ? Je passe mon temps à essayer de retourner dans une prison … Es ce que j’ai réellement envie de retourner dans le monde de l’entreprise ?  J’aurais dû continuer à faire le backpacker comme à l’époque de mes vingt cinq ans. Quatre années à passer ces journées derrière un bureau … Quelle perte de temps ! Comment peut-on être assez bête pour gaspiller sa jeunesse à ce genre d’asservissement ! » … Valérie termine son speech, « vous avez des questions ? » Julien sort de ses pensées « Non, merci, ca va, je pense que vous m’avez donné un bon aperçu de votre entreprise. Si j’ai des questions, je n’hésiterai pas à vous en faire part … » Julien tient un sourire ennuyé, forcé, il a des difficultés à dissimuler son dépit ; il tente de sauver les apparences.

- Encore un dernier test de langue et je vous libère, cela ne vous dérange pas si l’on parle en Anglais ?

   Ils échangent quelques phrases en Anglais.

- Avez-vous des questions ?

- Oui. Es ce que vous avez actuellement des offres concernant mon profil ?

- Non, pas pour l’instant, mais dès que nous aurons quelque chose, nous vous appelleront …

   « La phrase habituelle … N’ont-ils réellement rien pour l’instant ? M’a-t-elle fait me déplacer pour passer son temps ? Peut-être voulait-elle avoir des candidats à portée de main dans sa base de données? Y avait-il une opportunité ? Etant-donné ma prestation médiocre, a-t-elle préféré me dire qu’il n’y avait rien pour l’instant ?! J’en doute car ce n’était pas la première fois que cela ce passait de cette façon… » Les mêmes problèmes se répètent inlassablement …

   Enfin, il était tout de même content de ne plus passer ses journées assis derrière un bureau, à regarder sa vie passé, se regardant vieillir. Au bout du compte, il s’en sortait plutôt bien. S’il était resté chez son ancien employeur, il serait toujours au même endroit, avec une année de plus…

   L’interview se clôture de manière cordiale, assez froide … Julien sait très bien qu’il n’entendra plus parler de cette agence de consultance, ni de cette Valérie.

   Il retourne à sa voiture de location, soulagé d’en avoir terminé avec cette expérience désagréable. Son corps bout de frustration ! Es ce de l’adrénaline ? Le stress du à l’interview ? Quelle substance son corps a-t-il sécrété pour en arrivé à un tel état de frustration ?! Il s’accorde une minute pour reprendre sa respiration et retrouver son calme intérieur. Il avait pris soin d’emporter un cd pour le trajet, il le charge dans le lecteur de la voiture, « Chant Down Babylon », un cd de featuring post Bob Marley mis sur pied par son fils Stephen, idée des plus saugrenues mais qui a tout de même donné un album intéressant, l’idée étant de faire posé des artistes modernes, retravaillé les instrumentales de l’époque, histoire de rappeler l’influence et l’héritage que ce grand chanteur avait toujours aujourd’hui dans le paysage musicale et culturel afro-américain. Les premières notes de la chanson So much trouble se font entendre, les chœurs des I-threes se mettent à chanter dans une longue complainte de cinq secondes « We don’t need … » avant que la voix de Bob Marley ne viennent clôturer leur phrase « … No more trouble ! » Julien démarre sa voiture et quitte le parking du centre industriel. 

   Lors de son retour vers Bruxelles, Julien réfléchit. « Cela ne peut plus continuer comme ça ! » Il est totalement démotivé, il faudrait peut être qu’il reconsidère les opportunités pour lesquels il postule … « De toute façon, se rendre à des interviews comme  aujourd’hui, c’est se tirer une balle dans le pied, c’est totalement inutile et c’est perdre des occasions pour d’éventuels futurs employeurs ! » « Je dispose de quelques économies, pourquoi je ne me prendrais pas un peu de vacances ? J’ai toujours eu envie de me rendre en Asie. Il vaudrait mieux que je quitte cette ville un moment…» Julien veut faire un break afin de réfléchir à ses futurs projets…

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
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Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #1 le: 24 Juillet 2016 à 02:57:54 »
Très beau texte qui se lit d'une traite. Tu décris le monde du travail dans toute sa cruauté et on ne peut pas s'empêcher d'être touché par ton texte.
J'ai beaucoup aimé ta narration, surtout au début. Le fait de mêler les pensées de ton personnage à ta narration, ça permet d'allier le "je" et le "il" alors qu'on parle de la même personne et ça rend vraiment bien, je trouves.
 Il y a très peu de tournures de phrases maladroites qui m'ont dérangé mais il y en a quand même un peu. Parfois, on a l'impression que t'essaies d'écrire vite afin de vite finir ton texte et certaines phrases ont pas l'air assez soignés donc je pense que ton texte a besoin d'un peu de peaufinage pour être vraiment bon.

Un moment, tu répètes le mot ennui.
"sa voix soupire d’ennui

   En ce qui concerne Valérie, sa décision est déjà prise ! Ce candidat ne sait pas gérer la pression, il n’est pas présentable, il ne sait pas se vendre … « Pour quelqu’un qui a étudié la communication, c’est un comble ! »

- Ok, voulez-vous ajouter autre chose ?

- Non … ?

   C’est un non interrogatif, Julien ne voit pas trop où elle veut en venir …

- Bon ! Es ce que vous pouvez me parler de votre cv ?! Pouvez-vous me faire un résumé de votre parcours professionnel depuis la fin de vos études jusqu’à maintenant ?

   Julien commence à reprendre la narration de son parcours professionnel mais il n’a absolument aucune motivation ; sa prestation transpire l’ennui"
Même si c'est assez éloigné, ça m'a un peu dérangé.
Tu pourrais aussi développer le passé de ton personnage un peu plus, par exemple, son passé de backpacker pourrait faire un bon contraste avec son présent.

" Valérie est une femme qui vient de passer la quarantaine, elle est assez jolie, son jeans et son pull serré laisse apercevoir quelques courbes grassouillettes, un léger fond de teint tente de minimiser les rides accumulés  … Elle n’a plus vingt ans. Son style vestimentaire est classique, elle est polie, attentionnée et évite les familiarités, le ton est formel. On peut deviner de la sévérité dans le caractère de Valérie, peut-être dû à son professionnalisme, son expérience et sa longue carrière dans le monde de l’entreprise. Julien l’imagine mariée avec deux enfants, un mari ingénieur qui travail dans la construction, deux semaines de vacances par an en Tunisie dans un hôtel all inclusive et une semaine de ski pour les vacances de Noël. Le reste du temps, Valérie travail au bureau …"
J'ai adoré cette description. Tu t'es pas contenté de la décrire mais tu l'analyse aussi, avec une pointe de sarcasme, comme si tu la voyais pour la première fois et on s'immerge bien dans le récit.

La fin m'a un peu déçu, tu devrais la développer et amener, soit une conclusion qui fait rêver, soit une qui soit pessimiste. Ton ouverture encourages pas assez à imaginer le futur et au long du récit, on s'attend à une chute surprenante.

Sinon, j'ai vraiment aimé ton récit. T'as un talent indéniable et je penses que tu peux encore améliorer ce texte, avec une chute original, ton texte serait tout simplement excellent!

En espérant avoir pu t'aider!

Hors ligne Juliao

  • Scribe
  • Messages: 97
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #2 le: 25 Juillet 2016 à 09:28:20 »
Bonjour,

Merci beaucoup pour ce commentaire !

Effectivement, je n'avais pas vu la répétition du mot "ennui" ... Merci de me l'avoir signalé !

 J'ai été attiré par cette remarque très intéressante que tu as fait : "Parfois, on a l'impression que t'essaies d'écrire vite afin de vite finir ton texte et certaines phrases ont pas l'air assez soignés" ... Mon idée était de se mettre dans la peau du personnage qui réfléchis à sa situation de manière assez rapide d'où la rapidité d'écriture ... Peut-être que l'effet désiré n'était pas au rendez-vous ?

Pour ce qui est de la fin, en fait, ce sont les 5 premières pages d'un chapitre de quinze pages ... mais je ne voulais pas mettre tout le texte afin que les gens ne soient pas découragés à la lecture ... Si ca t'intéresse, je peux t'envoyer la suite !

Un grand merci pour tes commentaires ! C'est très instructif !

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #3 le: 25 Juillet 2016 à 16:07:17 »
"Mon idée était de se mettre dans la peau du personnage qui réfléchis à sa situation de manière assez rapide d'où la rapidité d'écriture ... Peut-être que l'effet désiré n'était pas au rendez-vous ?"
Je penses dans ce cas là que tu devrais décrire un peu plus les sentiments du personnage, avec ses pensées par exemple, et rendre le point de vue de ton texte plus interne.

Ce serait super que tu m'envoies la suite!

Hors ligne Juliao

  • Scribe
  • Messages: 97
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #4 le: 26 Juillet 2016 à 10:34:13 »
Hello, voilà la suite. J'espère que cela te plaira. Bonne lecture  :)

Julien a la trentaine, il n’est pas très grand, 1m70, il n’est pas beau gosse mais il n’est pas moche non plus, il a les yeux gris-vert et les cheveux bruns. Il commence, petit à petit, à perdre quelques cheveux au dessus de son front. Il a grandi en campagne Wallonne, entre Wavre et Namur, à Gembloux en Belgique.  Actuellement, il vit à Bruxelles, là où il avait auparavant une activité professionnelle. Il n’aimait pas vraiment son ancien travail, c’était pour lui un job alimentaire, disons qu’il avait trouvé le moins pire de ce qui se trouvait à sa disposition. Petit à petit, ce job alimentaire avait pris l’entièreté de son existence, il n’avait plus le temps de penser, ni de faire autre chose, coincés dans ces horaires, de 5h du matin jusqu’à 5h du soir …  Il avait travaillé dans la logistique dernièrement mais il avait fait bien d’autres choses avant …   

   Julien vit dans un appartement bruxellois entre la station de métro Demey et Herman-Debroux. Son appartement fait plus ou moins 70 m2, il est bien arrangé, on y trouve une chambre, une salle de bain toute petite, une cuisine salle à manger et un salon assez grand. Julien a placé dans son séjour ; son bureau sur lequel est placé l’écran et le clavier de son ordinateur, une télévision sur un meuble-armoire ikea, quelques livres sous la tv ainsi qu’un amplificateur reliant deux grosses enceintes acoustiques, situées à l’opposé l’une de l’autre dans les coins de la pièce, une table basse située sur un tapis au centre de la pièce. On y trouve également une armoire avec ses bouquins, une lampe à pied, un grand divan-lit en L et un sofa deux-places qu’il a soigneusement placé devant sa fenêtre avancée, son sofa lui permet de bronzer ou de lire un livre durant les beaux jours d’été. Le seul inconvénient de son appartement situé à la rue  théo vanpé, ce sont les murs en carton, si l’on prête l’oreille, il est possible d’entendre les conversations des locataires habitants les appartements voisins; ne pensez pas à y faire une grosse fête ou à y inviter des tas  d’amis.

   La sonnette retentit dans son appartement, Julien range son livre et se dirige vers la porte qui donne sur les escaliers du bâtiment…

   C’est son ami Giles vient lui rendre visite. Giles est également sans emploi, c’est comme cela que l’on définit les gens qui ne dispose pas d’une activité rémunérée par un salaire. Giles est passionné de photographie, il  a effectué des études dans ce domaine. Il avait même trouvé un travail au sein d’une gazette local à un moment mais, avec l’arrivée du numérique, il avait du mettre fin à sa carrière.  Giles vit toujours chez ses parents mais dispose d’un pied à terre à Bruxelles ; il a une petite amie qui travaille à la capitale.  Giles a plus ou moins le même âge que Julien, dans la trentaine, il est d’une année son aîné. Giles est plutôt grand, les cheveux noirs, beau gosse. Ils se sont connus à l’école secondaire, lorsqu’ils avaient 12 ans, dans une école gembloutoise ; ils sont amis de longue date, ils ont tous deux gardés des intérêts en commun, notamment celui de voyager…

   Julien descends les escaliers, il ouvre la porte extérieure, il s’agit bien de Giles. Après quelques salutations, ils montent au premier étage, dans l’appartement de Julien.

- Alors quoi de neuf ? Tu veux quelque chose à boire ?

- Ca va, rien de spécial, la routine … Oui, je veux bien, qu’es ce que tu as comme bière ?

Julien ouvre la porte de son frigo

- J’ai encore une « gauloise » et une « duvel triple hop » au frais, sinon – Julien ouvre une armoire située à la droite de son frigo – Il me reste une « chimay blanche » et une « chouffe » mais elles ne sont pas fraîches.   

- Je veux bien une « gauloise ».

- Trop bonne cette bière, le gout d’une spéciale mais elle reste légère comme une pils. – Julien décapsule la bière grâce au décapsuleur attaché sur son mur, situé à la gauche de son frigo, cadeau que son frère lui avait offert pour son 30ème anniversaire. Sur le décapsuleur, une inscription : « Bistrot au rendez-vous des amis. Vieille amitié ne craint pas la rouille ». Ils vont tout deux s’asseoir dans son salon, Giles se pose dans son divan, Julien s’installe dans le sofa juste devant la fenêtre.

- Oui, elle est vraiment trop bonne ! Et toi, quoi de neuf ?

- Je crois que je vais me barrer en Thaïlande ! J’ai envie de me prendre des vacances ! J’en ai marre de ces recherches d’emploi …

- Excellent ! Si tu as de l’argent, il ne faut pas hésiter ! Si tu dragues les filles là bas, fais attention aux « ladyboys » !! – Son ami lui fait de grands yeux !

   Julien tient un regard inquiet …

- Je vais tomber amoureux d’une belle thaïlandaise ! La Thaïlande est connue pour ses massages ! Je ne pourrai que tomber amoureux après avoir été sous le charme d’une masseuse professionnelle ! – Julien porte son regard vers le ciel, rêveur … 

   Ils rient tous deux, tout en savourant leur bières …

- Et quoi ! Tu comptes partir quand ?

- Je ne sais pas trop … Je vais aller voir le prix des billets d’avion demain … Je veux partir le plus rapidement possible. Si je parviens à avoir des billets pas trop chers, je suis parti. J’ai toujours rêvé de l’Asie. Je n’y suis jamais allé. Il parait que le Thaïlande est magnifique et que ce n’est pas cher. 

- Ouais, c’est ça ! Tu veux aller draguer les jolies thaïlandaises !

   Julien n’est pas un dragueur, c’est plutôt un serial looser sentimental. Son ami le taquine, sachant très bien qu’il ne parvient pas à se choisir ou à trouver une copine. Julien est assez silencieux à ce sujet. On dirait qu’il s’est fait une raison à vivre seule. A la longue, il semblerait qu’il se soit habitué à sa situation de célibataire. Il ne se voit pas changer ou vivre avec quelqu’un d’autre, avoir une relation amoureuse … Il connaît pas mal de monde et il est assez social mais, il ne sort pas beaucoup. Les filles qui le drague ne lui plaisent pas spécialement, il a des critères un peu trop sélectifs … Le temps qu’il se décide après qu’une fille lui ait fait des avances, celle-ci est déjà passée à autre choses et de la part de Julien, les dragues envers le sexe opposée sont très rares …  Résultat, il reste seul. 

- En tout cas, ne touche pas à la « beu » là-bas ! Si tu ne veux pas terminer dans une prison thaïlandaise pour le restant de tes jours ! Vérifie ton sac avant de prendre l’avion en revenant. Si tu peux, enroule ton backpack dans du film plastique afin de le protéger. J’ai vu un film il y  a pas longtemps où deux américaines d’une vingtaine d’années s’étaient faites avoir par la mafia thaï. Un type avait tenté de faire passer de la drogue dans leur sac. Le plan, leur voler leur sac à l’arrivée et revendre la drogue aux states … Le truc, c’est que la fille s’est faite arrêtée à l’aéroport de Bangkok par la police juste avant de prendre son vol pour l’Amérique, et les lois concernant le trafic de drogues sont super drastiques. La sentence, prison à vie, la fille est toujours en train de croupir en prison à l’heure qu’il est ! 

- Putain, laisse tomber ! Je n’ai pas envie de croupir dans une prison thaïlandaise, à me faire violer par des ladyboys ! Je checkerai deux fois mon sac avant de reprendre mon avion pour l’Europe.

- Sinon, tu as des nouveaux sons ?

- J’ai téléchargé le nouvel album de « Fat Freddy’s Drop », « Bays », il est pas mal, attends je vais le mettre …

   Julien branche son lecteur mp3 sur son amplificateur et lance le nouvel album de « Fat freddy’s drop », le mélange de musique électronique, de reggae et de soul emplit la pièce pendant qu’ils continuent la soirée à boire des bières et à refaire le monde comme à leur habitude. Les heures passent, les bières se vident, leur état d’ébriété s’accentuent, les réflexions se font de moins en moins réfléchies …

- Bon mec, je dois y aller ! J’ai dis à ma copine que j’irais dormir chez elle. Elle avait une réunion avec ses collègues, je ne sais pas trop quoi … Elle vient de m’envoyer un message me demandant ce que je faisais … Je lui avais dit que je viendrais vers 22 heures. – Il est une heure passée – Putain, c’est ça qui est casse couille quand tu as une copine, tu as des obligations, je resterais bien picoler encore ici … Bon, j’y vais, tiens moi au courant pour la Thaïlande.

   Julien raccompagne son ami à la porte de son appartement, lui fait un signe de la main.

- Chuss man ! On se tient au courant, bye.   
« Modifié: 28 Juillet 2016 à 19:02:56 par Juliao »

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
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Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #5 le: 27 Juillet 2016 à 15:40:26 »
"disons qu’il avait trouvé le moins pire de ce qui se trouvait à sa disposition"
Petite tournure de phrase pas très belle.

Perso, j'ai préféré la première partie à cette suite. Il se passe pas grand chose dans cette deuxième partie mais elle est très importante pour mieux connaître le personnage. Je trouves que t'as assez bien retranscris l'amitié entre les deux compères qui sont deux opposés. On s'attache beaucoup plus au personnage et j'ai réussis à m'y identifier à certains moments. Ce qui est bien, c'est que t’arrive à donner de l'importance à des petites anecdotes anodines.

Mais encore, il me manque un petit quelque chose. Je saurais pas trop te dire quoi mais je penses que c'est au niveau de certaines phrases que je trouves trop simple. Par exemple, le premier paragraphe, je l'ai trouvé trop,brouillon. Tu devrais rajouter quelques métaphores ici et là pour poser un peu plus de poésie.

Sinon, bon texte encore, j'ai bien aimé, surtout à partir du milieu où je suis rentré dedans. Ça a l'air d'être parsemé de tes émotions et ça, on s'en rend compte et ça ajoute de la force.

Hors ligne Juliao

  • Scribe
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Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #6 le: 27 Juillet 2016 à 21:20:24 »
Hello, merci pour ces commentaires ! :) J'avais tenté de mettre tout le chapitre mais je pense que le texte était trop long, il y a eu un problème technique ... Si cela t'intéresse, j'ai ajouté la fin du chapitre ci-dessous ... Je pense que cette partie est plus intéressante ! 


Nous sommes en décembre, il ne fait pas trop froid. Le bouleversement climatique n’a pas que des mauvais côté. Julien est bien décidé à partir. Il quitte son appartement de bonne heure, laissant ses prospections professionnelles de côté pour se diriger vers le métro. Arriver place de Brouckère, il se ballade non loin de la place de la Bourse pour ensuite se diriger vers une agence de voyage.
 
   Il entre dans l’établissement. La jeune femme qui le voit entrer dans l’agence lui sourit timidement. Elle le reconnait, il était déjà venu il y a de cela quelques mois demander des informations concernant les destinations de Cuba et de l’île de la Jamaïque.

- Bonjour, puis je vous aider ?

   Julien esquisse un petit sourire retenu et s’installe sur le tabouret feutré de couleur rouge. Il l’a également reconnue.

- Oui … Bonjour … J’aimerais partir en Asie du sud est. Je n’ai pas vraiment de destination favorite, ni d’idée précise ou me rendre. Je pense que la Thaïlande n’est pas trop chère ? Que pouvez-vous me conseiller ?

- Effectivement, la Thaïlande est une des premières destinations touristiques. Les billets d’avion peuvent descendre à 500 euros en fonction de la saison. Quand voudriez-vous partir ? Combien de temps aimeriez-vous séjourner en Thaïlande ?

- Je pensais prendre un mois de congé. Le plus rapidement possible, dans une semaine.

- Ok, nous avons un départ le 18 décembre pour 600 euros. Retour le 20 janvier.

   « Je fini mes cours de néerlandais la semaine prochaine … De toute façon, niveau emploi c’est mort, je n’ai plus eu aucune interview. Allez, je prends ce billet … »

- Ok, très bien.

   La jeune femme se charge d’expliquer à Julien les détails de son vol. Départ de Bruxelles nationale à  10h le vendredi 18 décembre, arrivée à Bangkok à 21h, retour sur Bruxelles le 20 janvier… Le voila avec son billet en main, prêt à partir. C’est avec un sentiment d’excitation à l’idée de son futur voyage qu’il quitte l’agence.   
 
   Lorsque Julien sortit de l’agence de voyage, sur le nouveau piétonnier de Bruxelles, il rencontra son ancien collègue, Willem. Ils avaient travaillé tous les deux dans la même entreprise. Ils étaient collègue sur le même plateau bien qu’ils ne travaillaient pas dans le même service. Julien s’entendait bien avec Willem car ils avaient tous les deux effectué des études universitaires en communication. Ils étaient tous deux intéressé par le cinéma et ils avaient tous les deux terminés dans un job qui n’avaient pas grand chose à voir avec leurs aspirations de jeunesse  … Ils se voyaient journalistes ou cinéastes, ils avaient terminés comme support seconde ligne-formation dans une entreprise de logistique. 

   Willem a une dizaine d’année de plus que Julien. Il a la quarantaine, le crâne rasé, sportif. Il fait les allées et retours Ninove-Bruxelles en vélo tout les jours de l’année pour se rendre sur son lieu de travail. Willem est néerlandophone et a un sens de l’humour particulier. Il se voit en victime de la vie, il doit la supporter tous les jours de l’année. La vie est pour lui une punition qu’il doit supporter, tout cela à cause « D’une étincelle dans les yeux de son père et de sa mère il y a de cela une quarantaine d’années ! »… C’est quelqu’un qui a une culture générale très large. Il est intelligent, en tout cas plus que pour la fonction qu’il occupe ; tous ses amis occupent de hautes fonctions dans des entreprises renommées. Son souci est qu’il n’a jamais vraiment su se mettre en avant au sein de son milieu professionnel. Ses capacités n’ont jamais su être reconnues à sa juste valeur. Il se rêve grand comédien comme Ricky Gervais, en vain … Il ne boit jamais et aime taquiner les personnes superficielles ou simples d’esprit afin de sauver ce qui lui reste de son égo. Julien l’avait déjà vu s’énerver lors de prises de becs avec des clients au téléphone … A ces moments là, il valait mieux faire profile bas.

- Salut Julien, comment vas-tu ?

- Ca va bien, et toi ? Ca fait longtemps !

- Oui, tu nous manque chez Vilar ! Je n’arrivais pas à le croire lorsqu’ils m’ont dit que tu avais été licencié !

- Pff … Oui … J’en avais marre ! De toute façon c’est mieux comme ca ! Je ne supportais plus les gens de mon équipe ! L’autre Rémy … Je ne pouvais plus travailler avec lui ! Tu sais bien … Les gros projets, c’est lui qui s’en occupait et nous on avait les tests à effectuer ! Ce type avait été faire le lèche botte auprès de la direction … casser du sucre sur mon dos … Ce gros lâche ! Pas les « coroness » de me parler en face … Il s’est arrangé pour me filer tous les projets foireux … J’aurais du partir plutôt ! Je ne pensais pas avoir de difficulté pour retrouver un emploi mais la je galère tout de même en fait …

- Tu n’as toujours pas retrouvé de travail !

- Non, ils me saoulent avec le néerlandais ! J’ai pris des cours depuis 9 mois mais ce n’est jamais assez bon pour les employeurs et si ce n’est pas ça, c’est mes connaissances techniques qui me font défaut, ou le fait que je suis sans emploi … J’aurais du faire des études en informatiques !

- Aiaiaie, bedankt Vlaanderen, betalen voor de allocatie! Et dans la communication, tu n’as rien su trouver?!

- Non ! A moins d’être parfait bilingue et encore, après ils te demandent minimum deux ans d’expériences …  L’expérience, je l’ai dans la gestion de projets, formation, support, etc. … Mais bon, tu sais bien ! Chez Vilar, c’était tout et n’importe quoi … Bore out ! Lorsque les employeurs me demandent sur quel logiciels j’ai travaillé, quel type d’organisation était mise en place … C’était tellement le bordel …

- Ahahah, oui. Ca n’a pas changé ! Ne t’inquiète pas ! Tout est toujours comme avant!

- Je vais commencer des cours d’informatiques. J’espère que je vais avoir des opportunités avec cette formation … La, j’en ai ras-le-bol de passer des interviews ! J’ai une interview par semaine et c’est tout le temps la même histoire … 

- Mai a mai a mai a mai ! Wallonië is altijd denken aan formatie! Waar is het probleem in dit land? Toujours des formations ! Ce n’est pas comme cela que l’on va relever l’économie du pays … Tu es parvenus à refaire de beaux voyages finalement ?

- Pff … Pas vraiment … Avec la location de l’appartement ! Ensuite, j’ai commencé mes cours de néerlandais. Je ne penserais jamais que je resterais aussi longtemps au chômage … Mais bon, c’est comme ça … C’est la vie ! J’aurais du prendre mon argent et me casser faire un tour du monde. J’ai tout gaspillé dans ces cours ! La, je croupis en Belgique. Ca craint… Je viens de m’acheter un billet pour la Thaïlande, je vais y passer un mois … Zaaalig !

- La Thaïlande ! Es ce que tu as déjà vu « Midnight express » ? Tu es fou ? Tu vas finir dans une prison thaïlandaise ! Ton seul espoir sera de devenir la prostituée d’un grand thaï costaud et de lui vendre des faveurs sexuelles afin de survivre ! Si tu as un peu de chance, ce sera un ladyboys et il aura des boobies ! Et en plus, quel intérêt à te rendre dans un pays dans lequel tu as besoin de vaccins pour survivre ?! C’est déjà un signe pour te dire qu’il ne faut pas aller là-bas ! 

- Ahh, Willemskes, tu exagères toujours ! Tu vas finir ta vie derrière ton bureau à attendre ta promotion hypothétique ! Rappel toi ce qu’il t’on dit la dernière fois, « On ne t’a pas mis de couteau sous la gorge pour rentrer ici, on ne va pas t’en mettre un si tu veux t’en aller ! Si tu restes la, c’est parce que tu as envie d’être la.  » Tu vas finir comme le patron de cette entreprise, on te retrouvera mort sur ton bureau ! Sort de ta zone de confort, va-t-en de cet « hotel california » avant qu’il ne soit trop tard, « You knew when you entered but you’ll never know when you will leave. »   

- Je sais mais, bon … De toute façon, qu’es ce que je ferais chez moi ? La même chose qu’au travail ! Je serais devant mon écran d’ordinateur à regarder des filmkes … Comme tu l’a dis, si je suis la, c’est parce que j’ai envie d’être la (soupire) ! Et puis, à quoi cela sert de voyager maintenant ? C’est partout pareil sur la planète … Tout le monde à sa télévision, etc., « what’s the point ?! » … c’est le village globale. Il n’y a plus de vraies aventures comme à l’époque d’Indiana Jones …

- C’est trop bien de voyager ! Tout est nouveau, les couleurs, les saveurs, tu rencontres d’autres personnes, tu vois des paysages magnifiques, tu découvre une autre culture, tes sens sont en éveils 24h/24, … Il faut que tu sortes de ton trou mon ami !

- Ai a mai a mai a mai, Sorrykes, Je dois y aller… Il faut que l’on fasse un bowling un de ses jours avec Véronique. Don’t forget, "Don't let yourself get attached to anything you are not willing to walk out on in 30 seconds flat if you feel the heat around the corner." 

   Willem adorait cette réplique tirée du film “Heat” de Ridley Scott. Pour moi, cette réplique symbolisait le fait que j’aurais du me barrer vite fait lorsque ça commençait à chauffer … Je n’avais pas eu les « corones » et là, je me consumais à petit feu, c’est comme si je m’étais fais attraper et que je croupissais en prison. Paroles de geek cinéphiles …

- Ok, ca marche, chuss ! Et souviens-toi, « On ne t’a pas mis le couteau sous la gorge … » à plus. Julien sourit en récitant cette réplique et en faisant un signe de la main à son ami qui s’éloignait petit à petit en souriant également.

   Après avoir quitté son ami Willem, Julien se dirige vers la station de métro  De Brouckère. Il se dirige vers le quai de la ligne 5, destination Herman-Debroux. A son habitude, il se place non loin de l’escalier. Là où se trouve cette jeune fille qui fait la manche tous les jours. Julien attends son métro, devant une pancarte électronique de publicité. Il regarde les personnes de l’autre côté de la rame de métro, les navetteurs qui attendent leur métro. Ils ont tous l’air déprimé. Es ce la grisaille de cette rame de métro qui les poussent à inspiré cette tristesse sur leurs visages ? Ou le mauvais temps de l’hiver ? C’est peut être du à ce jaune immonde des années 70 qui colore les métros de Bruxelles ? Peut être les menaces d’attentats ? Non, je ne pense pas, ils tiraient déjà la gueule avant… » Tout le monde semble stressé, renfermé sur lui-même. Tout le monde à peur et prends ses distances, lui y comprit. C’est l’ambiance de Bruxelles ! Lorsque tu vis dans cette ville, une seule chose est obligatoire dans le métro, tiré la gueule ! Son métro vient d’arriver. Il vérifie la destination, Herman-Debroux, c’est la bonne direction. Il monte dans le métro aux couleurs jaune canaris vieux de 40 ans, en direction de chez lui …    

-

   Le jour du départ arriva. Il avait préparé son sac. Il n’avait pas pris grand choses, le plus léger il voyagerait le plus facile ce serait. Il avait tiré des conclusions de ses précédentes expéditions. Il avait préparé son voyage de manière sommaire. Il savait  plus ou moins par où il voulait passer, ce qu’il voulait voir en Thaïlande.

   Le voila à l’aéroport, très tôt le matin. C’est son ami Giles qui vient de le déposer au « kiss & ride » :

- Mec, salut, bon voyage ! Fais gaffe à toi ! 

- Merci, ne t’inquiète pas ! Je suis toujours prudent, tu sais bien !

   Julien sourit en prononçant cette phrase.

- Merci de m’avoir déposé. A plus, je vous tiens au courant !

- Ok, chuss mec.

   Son ami quitte l’aéroport et laisse Julien disparaitre dans l’aéroport.

   Julien fais son check in, se dirige vers la section « dutty free » et se commande un café. Son avion décolle dans deux heures, il attend l’ouverture de la porte d’embarquement. Il s’installe confortablement dans un fauteuil, sort son lecteur mp3 et regarde les albums enregistrés … Bob Marley, bien sur, il faut toujours un de ses albums en cas d’urgence, cela reste une valeur sur. « Remember shakti » de John Mclaugin accompagné de Zakir hussein, un incontournable, ensuite, « Kind of blue » de Miles Davis,  il s’arrête sur cet album et lance la bande son. Les trois premières notes de basses le relaxe  immédiatement, son esprit commence à chalouper et à se laisser bercer, la trompette suave et mesurée de Miles l’emporte dans une danse rythmée intérieure, il ne peut s’empêcher de battre la mesure du bout de ses doigts…

   Julien observe les futurs passagers qui arrivent au compte goutte dans la salle d’embarquement. Cela l’a toujours intéressé de voir tous ces gens qui s’apprêtent à prendre l’avion. On peut deviner les couples, les familles émerveillées à l’idée de partir vers des destinations ensoleillées, habillés comme s’ils étaient déjà en vacances… On  remarque les hommes d’affaires, stressé par leur travail, habitués de voyager en avion ; activité qui ne leur plait plus, ayant trop voyagé. Et puis, ils y a les personnes qui voyagent seul, comme lui, vont-ils visiter de la famille, rentrent ils chez eux ? Ont-ils été rendre visite à de la famille ? Ont-ils été chez des amis ? Ce sont peut être des jeunes qui ont été étudiés à l’étranger … Toutes ces personnes qui vont être amenées à partager un temps déterminé dans les airs, sans se connaitre, sans se parler la plupart du temps.       

   Il repense aux romans d’aventures qu’il avait aimé, aux grands reporters tel que Richard Kapuscinski … Quelle aventure su été de voyager en Afrique avant l’époque des indépendances africaines, rencontrer le négus en Ethiopie, ou être confronté à l’Iran juste après la révolution. Il repense à « triste tropique » de Claude Lévy Strauss, s’il avait été ethnologue, s’embarquant à travers le Mato grosso brésilien, à la rencontre des peuples amérindiens vivant toujours à l’écart de la civilisation européenne … Lorsqu’il visionnait le « buena vista social club », il rêvait de devenir grand producteur de musique du monde, comme Ry Cooder, faire connaitre des groupes ressortis de l’ombre au monde entier. Il avait eu trop de rêve et trop peu de persévérance ou trop peu d’ambition, peut être pas assez de chances … Son parcours avait été celui de beaucoup de jeunes de sa génération. Ses études terminées, il était temps pour lui d’être autonome, pas d’autonomie sans travail, il avait donc du trouver un travail alimentaire. Il tint trois mois dans une entreprise de distribution d’énergie en support administratif avant de jeter l’éponge et de partir pour l’Angleterre où il y vécu de petits boulots et d’aventures … Il fit des allées retour avec la Belgique avant de revenir définitivement, d’y travailler pour du long terme ; il y trouva plus d’opportunités professionnelles. Il finit dans le bureau d’une entreprise de logistique après avoir effectué une formation en commerce international… Il pensait là pouvoir trouver une opportunité à l’expatriation et au voyage, en vain…

   Julien s’était acheté un carnet de voyage avant de partir. Il s’était dit que ce serait un moyen de se reconnecter avec ses aspirations de jeunesse. Il s’était fixé comme objectif l’écriture de trois pages par jour … Il n’avait rien à perdre. Il y noterait ses impressions, ses ressentis, ses réflexions … Peut-être que ce carnet l’aiderait à y voir plus clair sur ses projets futurs …   

   La porte d’embarquement est ouverte. Les passagers embarquent pour le vol. L’hôtesse  vérifie le ticket de Julien qui embarque dans l’avion …

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #7 le: 27 Juillet 2016 à 22:00:51 »
Salut !

J'ai lu la première partie et le début de la deuxième =) J'ai vraiment bien aimé la première ! Concernant la forme, attention aux quelques fautes d'orthographe, il y a une ou deux par paragraphe environ ^^

J'ai un peu moins accroché à la seconde partie, enfin disons qu'il y avait moins de tension (le personnage principal voit un ami, mais on n'a plus la tension du début ("va-t-il ou non avoir un travail ?"))
J'ai décroché à ce passage :
Citer
- Excellent ! Si tu as de l’argent, il ne faut pas hésiter ! Attention aux « ladyboys » !!

- Je vais aller me faire masser en Thaïlande par les petites thaïlandaises !
.. parce que, d'un coup, les personnages m'ont paru beaucoup moins sympathiques. Et comme je ne m'y attendais pas (j'aurais pu m'y attendre si le personnage était, dès le début, présenté comme sexiste etc., par exemple), j'ai eu une sensation de lecteur roulé dans la farine, et je n'ai pas eu envie de continuer l'histoire de ces deux-là. N'hésite pas éventuellement à retravailler un peu, soit ce passage, soit le texte en amont, pour donner plus de cohérence ^^ D'autant plus que je trouve que ton texte a du potentiel !

Bonne suite !

Hors ligne Juliao

  • Scribe
  • Messages: 97
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #8 le: 27 Juillet 2016 à 22:51:34 »
Hello,

Merci pour les commentaires ! Merci pour le temps consacré à la lecture !

En fait, il s'agit du premier chapitre d'un roman et je présente le personnage principal dans ce chapitre ... La problématique du travail va le suivre tout au long du roman, il s'agit d'un voyage initiatique qu'il va devoir effectuer afin de renouer avec ses aspirations profondes et ce qu'il veut faire de sa vie ... Il y a beaucoup de tension dans la première partie et j'avais pensé présenter le personnage (physique, habitation, ...) dans la deuxième partie, donner des détails à propos du personnage avant de continuer l'histoire ...

Merci pour ta remarque concernant la deuxième partie ! Je me rend compte que le personnage peut "passer" pour un pervers alors que ce n'est pas l'effet désiré  :( Je devrais peut-être retravailler la formulation ... Je voulais mettre en scène, parler des clichés à propos de cette destination (la plupart des documentaires ne parlent que des filles de bar en Thaïlande; ce qui est ridicule) ... Mon idée était de mettre en scène une conversation un peu "macho", parler des clichés, ce que l'individu lambda connaît de cette destination ... C'est triste mais c'est une réalité.

Encore merci pour les commentaires !

   
« Modifié: 27 Juillet 2016 à 22:54:40 par Juliao »

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #9 le: 30 Juillet 2016 à 17:27:56 »

   « Je fini mes cours de néerlandais la semaine prochaine … De toute façon, niveau emploi c’est mort, je n’ai plus eu aucune interview. Allez, je prends ce billet … »
 Là j'aurais bien vu l

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #10 le: 30 Juillet 2016 à 17:49:50 »

   "« Je fini mes cours de néerlandais la semaine prochaine … De toute façon, niveau emploi c’est mort, je n’ai plus eu aucune interview. Allez, je prends ce billet … »"
Là j'aurais bien vu la première partie comme les pensées du personnage puis la dernière phrase comme la phrase qu'il dit à haute voix à l'hotesse. Juste une petite idée, t'en fais ce que tu veux.

"   Lorsque Julien sortit de l’agence de voyage, sur le nouveau piétonnier de Bruxelles, il rencontra son ancien collègue, Willem. "
Je trouves ça trop court, tu devrais élonger la rencontre, là, ça arrive trop vite.

" Il se voit en victime de la vie, il doit la supporter tous les jours de l’année. La vie est pour lui une punition qu’il doit supporter, tout cela à cause « D’une étincelle dans les yeux de son père et de sa mère il y a de cela une quarantaine d’années ! »"
Très beau comme idée.

"   Julien fais son check in, se dirige vers la section « dutty free » et se commande un café. Son avion décolle dans deux heures, il attend l’ouverture de la porte d’embarquement. Il s’installe confortablement dans un fauteuil, sort son lecteur mp3 et regarde les albums enregistrés … Bob Marley, bien sur, il faut toujours un de ses albums en cas d’urgence, cela reste une valeur sur. « Remember shakti » de John Mclaugin accompagné de Zakir hussein, un incontournable, ensuite, « Kind of blue » de Miles Davis,  il s’arrête sur cet album et lance la bande son. Les trois premières notes de basses le relaxe  immédiatement, son esprit commence à chalouper et à se laisser bercer, la trompette suave et mesurée de Miles l’emporte dans une danse rythmée intérieure, il ne peut s’empêcher de battre la mesure du bout de ses doigts…"
J'aimes beaucoup ce passage. Tu décris bien la musique et seulement avec des mots, t'arrives à la rendre vivante, bravo!
Et après ce paragraphe, ton texte est mieux écrit qu'avant, je sais pas pourquoi.

Pour te donner mon avis globale sur toutes les parties de ton texte, je te dirais d'abord que j'ai beaucoup aimé. Il y a beaucoup de références à des livres, des films et des chansons et ça permet de donner de la véracité aux faits. Et c'est une super idée de mélanger les langues, trois dans la dernière partie quand même!
J'ai été un peu déçu par la fin; elle nous permet d'imaginer ce qui se passera mais il y a rien de bien surprenant. J'aurais aimé voir un choix laissé en suspens, par exemple, Julien obtient une opportunité de travail et doit décider, soit de la prendre, soit de s'envoler vers la Thaïlande.
J'aimes ton style mais parfois, ton texte fait un peu brouillon. Il y a des tournures de phrase maladroites et une ponctuation hasardeuse. Je penses que tu devrais le reprendre mot par mot et virgule par virgule afin de l’améliorer car il a un fort potentiel.
Mais ne t'arrêtes pas d'écrire, t'as l'air d'avoir des choses à dire et des émotions à transmettre et je pense que les sujets que t'abordent parleront à beaucoup de monde et les feront se sentir moins seules. Bonne chance pour la suite de ton parcours et merci pour ce texte!





Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Encore une entreprise de consultance, avant le départ ...
« Réponse #11 le: 01 Août 2016 à 16:36:51 »
Salut Juliao !

Je comprends ton intention de mettre en scène une conversation "cliché" ^^ Pour te répondre, une solution peut être de faire juste les choses de façon un peu plus "soft", par exemple :

"Attention aux « ladyboys » !! " peut devenir "Tu vas voir des ladyboys !" (ou toute autre formulation assez "neutre" mais qui aborde quand même le sujet) (on enlève l'idée de faire "attention" qui porte une connotation négative)
"Je vais aller me faire masser en Thaïlande par les petites thaïlandaises !" peut devenir, déjà "- Je vais aller me faire masser (en Thaïlande) par des thaïlandaises !" (on garde le cliché, mais en enlevant "les petites" on diminue le sexisme)

Bon courage pour la suite !

 


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