Bonjour Servanne,
Au fur et à mesure de ma lecture très belle

, je commente ce qui " me vient " :
" Je n’ai pas encore d’enfant mais je crois que si l’un d’eux avait été atteint des mêmes troubles, je n’aurais pas été plus déterminé à le soigner que je ne le suis dans le cas de Klara Pölzl. La bataille que j’ai à livrer est d’autant plus délicate que c’est contre un organisme qui a décidé de se laisser mourir que je dois lutter. "
Premier passage où ma lecture bat un peu de l'aile . Sensation que les "phrases retombent" depuis le début de ce paragraphe . Pour ma part, je lierais les deux phrases citées par un "et" ou bien j'enlèverais tout bonnement la dernière pour la replacer ailleurs.
"Des croquis empreints de tourment et de virulence, tracés avec vigueur, quelque chose de rupestre, aurais-je presque envie de dire."
Oups, je trouve " de virulence " maladroit. Pourquoi pas "des croquis virulents. . . " ?
" La confiance entre deux êtres est comme un pont de corde au-dessus d'un fleuve tourmenté. Il est long à bâtir mais ensuite il en faut beaucoup pour que celui-ci ne s'effondre dans les eaux du doute."
J'aime .
" . . . de faire abstraction des pensées parasites qui hantaient ta tête pour ne plus voir que la flamme de la bougie jusqu'à ce qu’elle emplisse son esprit tout entier."
Je ne comprends pas .
Je ne parle que de la forme là, Servanne , le sujet de la psychanalyse m'intéressant moyennement . D'ailleurs ton texte est vraiment adroit pour que je lise avec curiosité !

" . . . sur les fesses faussement blagueuse . . . " peut-être écrire "faussement blagueuse" avant " sur les fesses " sinon c'est la confusion

!
"Clic !"
J'en profite pour dire que le style, l'état d'esprit sont bien d'aujourd'hui et non pas de la fin du 19 ème. Je vois ça comme une qualité, une richesse.
" pour peloter ses seins sans vergogne " , " sans vergogne " doit être mis avant " ses seins" à mon goût

" qui vit dans son propre plan de réalité" , cela ne fonctionne pas tout à fait pour moi même si je comprends ce que tu veux dire.
"alors que son porc de mari referme la porte de l’abri de jardin…" J'aime beaucoup l'utilisation du langage familier , le contraste qu'il créé avec l'atmosphère précédente ; de plus on ressent les émotions de la jeune fille , ou/et du docteur .
"Clic !
Le grognement bestial, la chose qui finit par sortir d’elle dans un bruit de succion immonde. Une autre prend sa place, puis encore une autre. Le temps n’a plus de réalité, un labyrinthe sans échappatoire…"
Le " clic" ne m'apparait plus utile à ce stade là . La répétiton trop grande lui fait perdre de sa force, toujours... à mon goût bien sur

Par ailleurs, la scène jusqu'à la fin est très bien écrite, décrite de l'intérieur . Je marche à fond .
"a restituée " , fôte d 'otograf je croa

"Une fois dans le coaltar, je la fis admettre en soins intensifs à l’hôpital auquel je suis rattaché. Au début, il fallut presque la nourrir de force, ne laisser aucun instrument avec lesquel elle eut été susceptible de se causer du mal dans la chambre, et affecter une infirmière de garde à sa porte, jour et nuit. De mon côté, j’arrangeai mon emploi du temps afin de pouvoir passer quotidiennement au moins une heure à son chevet.
Klara Pölzl resta dans un état proche de la catatonie pendant de nombreux jours. Elle n’en sortait que pour hurler et se cogner la tête contre les barreaux de son lit, il fallait alors la sangler et lui administrer un somnifère. Qui ou quoi aurait pu la nettoyer de ces remugles d'un sang profané, des souvenirs de la puanteur de la sueur et de cette horreur maculant l'intérieur de ses cuisses, et surtout la débarrasser de la peur des hommes et de la honte qu’elle portait comme une cangue ? Rien ni personne. Si ce n’était la vengeance, mais son état le lui interdisait. Cette souillure interne, l’eau de tout le lac de Constance n’aurait pu la laver. Seule la cocaïne que je lui fournissais apaisait quelque peu ses affres."
Dans le contenu, je ressens la réaction de la jeune fille trop forte ou trop soudaine. Mais je n'y connais rien et le propre d'une histoire c'est "d 'agrandir " aussi, alors why not

"Dès que son état fut stabilisé " j'ai l'impression en lisant le " dès que" que la stabilisation est très, trop facile. Que tu éludes cette phase, pourquoi pas, mais là tout s'allège trop rapidement.
"...mouvoir comme la surface de l’eau troublée par le vent dans ses yeux. Mais tout ça n’est que romanesque, peu satisfaisant pour un esprit scientifique. "
Pour moi non plus , l'expression sur l'eau n'est pas claire, je n'aime pas trop .
" S'il y a une personne dans sa vie qui a vraiment essayé de l'aider, qui a cru en elle, c'est bien moi. "
Cette phrase me sonne inutile , elle dit quelque chose d'évident ! Elle fait perdre un peu de force au récit selon moi.
"Retranchée dans le silence, amorphe et recroquevillée comme un crabe plongé sous l’eau douce dans le prétoire, ses grands yeux fixaient la salle sans vraiment se poser. "
J'aime.
J'aime la fin, sobre, fidèle à l'état d'esprit scientifique d'une partie du récit.
Un grand bravo pour ce texte ! Encore une fois, je ne suis pas fan de ce sujet mais tu as réussi à m'embarquer en créant une histoire ciselée, précise qui évoque la profondeur humaine, celle de la jeune fille.

Selon moi, Freud a quelques réactions qui évoquent celui d'un homme de 40, 45 ans max.Je ne sais pas ce qu'il en de tes choix sur son âge mais je te fais part de ce ressenti.
Un texte qui mérite d'être un peu amélioré sans aucun doute, il peut captiver

. Il est déjà superbe.
A bientôt,
Luv