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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Femme battue

Auteur Sujet: Femme battue  (Lu 1765 fois)

hugolettre

  • Invité
Femme battue
« le: 14 Mai 2009 à 19:41:55 »
Clémence attendait fiévreusement le retour de son mari, qui s'était absenté depuis l'aube. Nerveuse, elle arpentait en pleurant l'étroite et sombre pièce où elle vivait avec son enfant. Celui-ci dormait dans un coin, chaudement emmitouflé dans une couverture de laine. Un rayon de lune filtrait à travers la fenêtre et éclairait son visage rond, serein, qui répandait autour de lui un bien être pénétrant, presque palpable.
La mère cependant sanglotait. C'était une toute jeune créature, à peine sortie de l'adolescence, dont les cheveux d'un blond fade encadraient une figure aux traits réguliers, agréables, atténués cependant par le voile de tristesse qui brouillait ses yeux. Elle se tenait assise sur le lit, ses mains tremblantes posées sur les genoux. Depuis qu'elle avait épousé Gérard, sa vie était devenue un enfer. Il l'a battait en effet régulièrement jusqu'au sang ; surtout quand il était ivre. La jeune femme croyait entendre sa voix rauque, cruelle, qui vomissait des insultes. Elle avait peur, très peur.

Soudain, elle fut tirée de ses médiations par le bruit cadencé de pas qui résonnaient dans le couloir. Elle se redressa en sursaut et au même moment, la porte céda à un gros homme barbu, sale, cramoisi. C'était Gérard et il titubait. En l'apercevant, Clémence baissa le regard et se mit a pleurer.
Le mari, dont la silhouette gigantesque se découpait sur le mur d'un blanc laiteux, bomba la poitrine et hurla :
-Qu'est-ce qu'y a encore ? Tu pleures, espèce de chienne ! Tu vois pas que tu vas réveiller le petit, charogne ? Ah ! je vais te tordre le cou !
Il s'élança lourdement vers elle et lui asséna un terrible coup de poing sur la bouche. Elle tomba. Ses belles lèvres vermeilles saignaient.

Il se baissa et la releva en l'empoignant par les cheveux. Ses hurlement perçants ne faisaient qu'exciter sa colère. Comme il dominait ! Comme il se sentait viril ! La rage décuplait sa violence. L'enfant se réveilla et pleura. Gérard se sentit invincible et continua de frapper sa femme de manière brutale.
On entendait les dents de la jeune fille qui claquaient. Petit a petit cependant, le mari se calma et, comme s'il s'était lassé de son jouet, il repoussa Clémence et se coucha sur le lit. Elle sanglotait doucement, timidement. Quand elle eut la force de lever ses yeux, son regard tomba sur un couteau nu et luisant, qui reposait sur une chaise, en face du lit. Une idée singulière pénétra son cerveau fatigué. Gérard devait disparaitre de sa vie.

Lentement, elle se leva en s'appuyant sur ses mains et se dirigea vers la chaise. Quelques gouttes de sang tombaient encore de son nez et maculaient le plancher. S'étant saisi du couteau, elle le considéra avec une fascination mêlée de frayeur.
Puis elle regarda franchement son mari. Celui-ci lui souriait ironiquement.
"Allez viens dans mes bras, Clémence" lâcha-t-il avec un gloussement immonde. Quand il venait de la battre, il était souvent saisi de crises de tendresses qui obligeaient sa femme a se soumettre a ses caresse d'ivrognes. Clémence s'approcha de lui et, d'un geste tremblant, tendit le couteau.
Gérard éclata de rire.
"Ah ! tu veux me tuer ; eh bien frappe ! Frappe si tu en est capable!
Il lui présentait sa poitrine haletante. Il souriait.

"Frappe espèce de chienne, frappe !"
Clémence lâcha un cri et frappa. Du sang gicla dans la pièce.
Gérard ouvrit de grand yeux et se tut. Fiévreuse, la jeune femme se leva, saisi son enfant, et s'enfuit..........

Hors ligne galolet13

  • Tabellion
  • Messages: 50
Re : Femme battue
« Réponse #1 le: 14 Mai 2009 à 21:37:43 »
Tout d'abord quelques petites fautes que j'ai détectées...
sa femme à se soumettre à ses caresses d'ivrognes
Frappe si tu en es capable
Gérard ouvrit de grands yeux et se tut

Sinon j'ai bien aimé ton texte, surtout le début. Tu mets directement le lecteur dans l'ambiance. Mais je pense que tu devrais creuser un peu plus ses émotions, quand le mari rentre par exemple, ou juste après l'avoir tué. Voila :)

Hors ligne ernya

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Re : Femme battue
« Réponse #2 le: 14 Mai 2009 à 23:53:53 »
(pense à mettre le lien de ton texte dans l'index ;))


désolée si je dis les choses un peu trop franchement mais j'ai pas du tout accroché  :-[
le thème est archi-rebattu par tous les éléments d'informations (livres, journaux,témoignages, etc...) donc le texte est du coup pas original :-[
ce que je veux dire c'est que tu ne le traites pas de façon originale/personnelle
la fin elle-même est attendue, en fait, le texte ne surprend pas :-[
je pense qu'il manque une touche personnelle à ce texte pour qu'on puisse dire que ce n'est pas une éternelle peinture des femmes battues
il faut que tu y mettes quelque chose en plus, à toi de voir quoi ;)


Il l'a battait en effet régulièrement jusqu'au sang ; surtout quand il était ivre.
je trouve que le "en effet" va pas avec le ton de la phrase

  Elle avait peur, très peur.
mouaip, là, ça pèche un peu
le début est pas mal mais avec ce genre de phrase, tu vas vers le non-original
faudrait le dire autrement, par exemple préciser, elle a peur de quoi ? sa voix ? le bruit de son pas ? sa démarche ? son regard ?
travaille son sentiment, ça n'en sera que plus intéressant

Soudain, elle fut tirée de ses médiations par le bruit cadencé de pas qui résonnaient dans le couloir.
là, niveau transition ><
il faut que tu trouves autre chose que "soudain" parce que tu parlais du "en général" et là, le retour au particulier est trop brusque

Elle se redressa en sursaut et au même moment, la porte céda à un gros homme barbu, sale, cramoisi. C'était Gérard et il titubait. En l'apercevant, Clémence baissa le regard et se mit a pleurer.
hum la phrase "C'était Gérard..." idem, ça va pas trop-trop
ton lecteur sait déjà que c'est Gérard donc le préciser est un peu maladroit, je trouve


-Qu'est-ce qu'y a encore ? Tu pleures, espèce de chienne ! Tu vois pas que tu vas réveiller le petit, charogne ? Ah ! je vais te tordre le cou !
hum... je ne pense pas la dernière phrase fasse "vrai", moi, ça me fait rire, ça fait caricatural
enfin j'y crois pas

Il s'élança lourdement vers elle et lui asséna un terrible coup de poing sur la bouche.
le "terrible", idem, c'est pas... hum... faudrait trouver mieux
sinon ça fait dramatisation des contes, des contes pour enfants " et le terrible ogre entra dans la pièce" ><


 Gérard se sentit invincible et continua de frapper sa femme de manière brutale.
ça arrive de frapper quelqu'un de manière douce ? :mrgreen:


"Frappe espèce de chienne, frappe !"
frappe, espèce

Clémence lâcha un cri et frappa. Du sang gicla dans la pièce.
Gérard ouvrit de grand yeux et se tut. Fiévreuse, la jeune femme se leva, saisi son enfant, et s'enfuit..........

mouais le coup des trois points de suspension qui n'en sont pas
et ? mort ? pas mort ? elle revient ? elle va où ?
si tu vas pas plus loin c'est dommage parce que du coup ça se finit comme les récits habituels :-[


voilà, ne prends pas mal mes remarques, j'essaye de dire le plus précisément possible pourquoi j'aime pas parce que je pense que c'est utile et que c'est la moindre des choses
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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