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02 Juin 2026 à 21:36:53
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Auteur Sujet: Le Puech de Cougouille (Texte finalisé - Contenu Fortement Explicite)  (Lu 5551 fois)

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Après neuf ans d'abandon, je viens de retrouver ce texte dans mes archives, et suis enfin parvenu à le finaliser. D'abord pour me satisfaire et en pensant aussi un peu aux "vieux de la vieille" qui avaient été frustrés de ne jamais voir apparaître sa conclusion. Je tiens à préciser que de nombreuses scènes de ce Puech à fort potentiel explicite pourraient choquer les chastes oreilles. Par mesure de précaution, je conseille donc aux plus jeunes, aux puritains, aux pudibonds et autres ascètes wokistes de ne pas pousser plus avant leur lecture. Merci de votre compréhension. PS : J'en appelle à la gentillesse des modérateurs pour laisser ce texte dans la section "Textes courts", place qu'il avait à l'époque avant vos nouvelles mises en page. Un grand merci d'avance !



LE PUECH DE COUGOUILLE

     

   « Les chiens ne mentent jamais quand ils parlent d’amour. Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme. »
   Fuck de bigoudis ! Que cette phrase était belle. Mais je ne savais absolument pas d'où elle me sortait. Des narines, des sourcils, de mon tendon d'Achille ?
   C'est en tout cas la dernière pensée un peu noble que j'ai dû avoir cette nuit-là.
   Tout le reste n'a été qu'un vaste delirium dans mes neurotransmetteurs qui n'auront cessé de jouer au bilboquet dans mon espace synaptique.
   Ça aurait pu débuter de mille manières mais, aussi dingue que cela puisse paraître, ça a débuté comme ça.
   Je me souviens que mes rétines étaient conglutinées. Que je me sentais totalement égaré dans le schwarz, en train de brandiller dans une sorte d’entrelacs zébré, à l’instar d’une toile de Pierre Soulages. Pris dans cette nasse, j’avais le sentiment que mon crâne n'était pas plus épais qu'une tête d'épingle et que ma bidoche ne pesait guère mieux que du balsa. Et puis, cela  sentait le zoo autour de moi. Un vrai remugle de félins craspecs.
   Pire, ma langue était chargée de je ne sais quoi.
   J’ai alors essayé de saliver et c’est là que j’ai compris.
   Une entêtante gêne buccale de type « vestiges de cunnilingus » infestait mon palais. Putentrailles ! C’était épais. J'avais dû avaler deux trois poils de cul par mégarde.
   Pas le choix, à la guerre comme à la guerre !
   Les yeux toujours englués, j'ai donc pris mon mal en patience pour tenter de retirer l'un après l'autre ces indignes crins déracinés. Je m'y suis pris comme tout être doué de raison l'aurait fait en pareille circonstance, de façon fastidieuse et pathétique : transformant pouce et index en pince à crabe, j'ai tâtonné, sondé, fouis un peu partout, jusqu'à me convaincre par vingt fois que j’étais parvenu à extirper les intrus frisottés sur les parois de mon palais, et là en lisière de ma glotte, et là encore, entre les micro crevasses de mes dents cariées.
   Mais, rien n'y fit.
   Un rien chochotte, soyons honnête, j’avais toujours été un empoté en dépistage de poil de cul.
   Autant, je suis capable de me pâmer devant l'enchevêtrement velu de ces dames qui miroite aux confins de leurs diaphanes cuisseaux, d’attendre le feu vert de leurs yeux sybarites pour chanceler, tel un chaton ludique, vers leurs incandescentes lucioles affamées de frôlements, de becquetages et autres mignardises.
   Autant, en dehors de son terreau pileux naturel, j'ai toujours eu du mal à entrevoir la vénusté intrinsèque du poil de cul lambda que l'on rencontre, à l'improviste, dans les vasques des pissotières, dans les fronces moites d'un drap, voire dans la poche négligée de son kangourou. Tout autant, je n’avais jamais eu non plus la chance de croiser un sophiste pour me dire pourquoi mille poils me médusaient, tandis qu’un seul me dégoûtait.
   Bref ! Il était temps que mes synapses fassent le point. Mais ce qu’ils me murmurèrent dans mon brouillard ne fut pas pour me rassurer :
   « Comme tu le sais, le harponnage légitime du poil de cul dans la boîte à dominos est souvent la conséquence malheureuse d'un préliminaire hâtif, d'un prélude libidinal trop fiévreux. Souvent, cela part d'un bon sentiment, tu désires montrer à ta dulcinée que tu as du coeur sur la langue, que tu es prêt à siroter toutes ses larmes amères durant des heures. Et puis, soudain, l’excitation se radine. Pas de la petite bière, hein ! Féroce ! Tu avais démarré joliment en poète, tu bascules en un éclair en vulcanologue. Te voilà rendu à ne plus pouvoir contrôler la force sauvage de tes maxillaires. Et cela dégénère de plus en plus, et la sucette de partir en roue libre. Fissa, les dents se le disputent à la langue. Trop bon cette faille spongieuse, ce tarama croquant, glapissent-elles ! Léchouiller ne suffit plus, il leur faut croûter, s’en fourrer jusque là, à s’en faire péter la sous-ventrière. Allez pousse-toi la langue, place aux forts des halles, aux vrais bouffeurs de chatte ! Stupéfaite, la langue fourche, dérape, s'entortille, ne sait plus où se mettre. Au piquet, l’idiote, va jouer à la toupie, s’entend t-elle encore dire. Alors, elle s’exécute. Et subito les incisives s'en donnent à cœur joie, elles accrochent, raclent, grignotent le festin dyonisiaque - quand ce ne sont pas les molaires – et la minette tourne au feu de camp, projette des escarbilles vers le plafond où les étoiles. Et c’est ainsi que le gourmet contrarié se transforme malgré lui en ogre insatiable ! »
   En expert du 69, mon père me l'avait toujours dit de fort belle façon et bien des fois : il y en a qui font très bien avec le poil de cul baladeur dans le bec. Mais moi, en tant qu'adepte raffiné de la descente au lac, je fais partie des chichiteux qui préférent faire sans. Donc, j’évite de croquer. Si par inadvertance un mouton s’égare du troupeau, et si je ne m'en délivre pas de suite, mes mâchoires finissent par se bloquer et je perds          alors 75 % de mon plaisir à laper le succulent litchi de ta mère !
   Les chats ne faisant pas des chiens, j'avais donc toujours suivi sagement l'adage ô combien préventif de mon père. J’écartais méticuleusement la touffe, je restais toujours focus sur le clito que je butinais comme l’abeille en évitant d’exposer mes dents.
   Alors quoi ? Que s’était-il passé ?
   Pourquoi, malgré mes préhensions incessantes, les deux ou trois petits salauds se tapaient toujours l'incruste entre mes chicots ? Pourquoi chacune de mes velléités de capture se concluait par une hallucination sensitive ? Ah, ces poils étaient chez eux et me le faisaient bien comprendre. Ils se vautraient dorénavant en prélat sur mes papilles moulues où flottait, tel un acide écho, un vague fumet de jus de cramouille.
   Mais ça encore, c'était de la roupie de sansonnet !
   Le vrai problème, c'est que je n'avais aucune idée de qui j'étais ni d'où je me trouvais. J'avais cette impression étrange d'être devenu quasi immatériel.
   En vain, j'ai cherché comment je pouvais bien m'appeler.
 Zigouigoui ?... Poups ?... Buck ?… Pignouf ?… Perramus ?… Mandrin ?… Léo ?… Rastatopoulos ?… Pite ?… Pute ?… Pote ?...
   Au final, je me suis baptisé Hector. Faute de mieux.
   Ah oui, Hector, ça me dit quelque chose ça, Hector !
   Lol au cube ! me-suis-je len-te-ment-ex-claf-fé.
   Était-ce mon rire de bovin anesthésié qui l’avait appelé, toujours est-il qu'une limace sonore est arrivée jusqu'à mes esgourdes en ondulant de la clef de sol, du genre mélopée obsédante de György Ligeti. Comme tous mes sens frôlaient l'incandescence, j'avais le sentiment que chaque note me tarabustait les tympans jusqu'au nerf optique. Snobant les instruments, le compositeur avait élaboré sa partition autour d'un chœur de femmes dont les glottes se lamentaient en modulant un « Ah » unique et lancinant.

   Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah !… Ah…
   

Les voix de ces pauvresses me déchirant le coeur, j’ai fini par les imaginer en robe de bure, à la queue leu-leu, maladivement frigides, en train de chercher un amant platonique dans un labyrinthe crétois. De temps à autre d'inopinés frottements de verres pilés, des pleurs d'enfants, et des zinzinulements d'oiseaux venaient heurter l'indigente psalmodie. Cette musique répétitive puait atrocement le couvent sous acide, la substitution de l'hostie par un buvard de LSD.
   Et puis, ces plaintes énamourées se sont enfouies sous le pagne de Saint-Jean Baptiste, et des visions pas piquées des hannetons ont commencé à m'apparaître sur la peau interne de mon front, circulant de ma tempe droite vers ma tempe gauche comme des autos-tamponneuses aussi molles que les montres de Dali.
   Je me suis vu glisser le long d’un tortueux toboggan maculé de boue en compagnie d'un essaim de hippies hilares qui suintaient la désinvolture par tous les pores.
   Brusquement, le toboggan s'est métamorphosé en nacelle de montgolfière. Et les hippies m’ont suivi. Escorté par des nuées d'hippocampes géants, le ballon violet flottait maintenant au-dessus d'une banquise sur laquelle s'enfuyaient de petits hommes en tous sens. Se sont alors insinuées en moi les sublimes paroles de « Comme un lego » du regretté Bashung :

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant les siècles égyptiens
Péniblement

   À cet instant, les hippies se sont mis à me sucer l'épiderme, à me souligner les yeux de khôl, et à me placer des coquelicots et des petits scarabées bleus dans la tignasse.
   Parmi eux, se trouvait Jimi Hendrix.
   À genoux devant lui, une rouquine éthérée lavait ses très saints pieds avec une éponge d'Alexandrie, tandis que Jimi lui caressait voluptueusement les omoplates avec sa Fender Stratocaster.
   Le choc !
   J'ai admiré Jimi comme une fée pré-pubère, sotte et  zozotante. Comme il restait figé dans une posture pelvienne         300 % glamour, je buvais tout son miel afro-américain, toutes ses vibrations et celles de ses ancêtres. Petite radicelle anémiée, je ne faisais plus qu’un avec ses racines africaines, et son suave magnétisme commençait à me donner béatement la gaule.
   Mais il m'a juste regardé comme un dieu ivre, les paupières un peu lasses.
   - Hey Jimi ! Tu aimes la chanson de Bashung ? lui ai-je souri.
   - Hey Jo ! m'a t-il simplement répondu, la tête nimbée de volutes de fumée mauve.
   - Laisse tomber, c'est pas grave ! On est bien là, à poil dans les airs, non ?
   Et puis, du coq à l'âne, je me suis transmuté en saphir sur un vieux vinyle gondolé de King Crimson. Devant la platine  se tenait un couple de jeunes boutonneux, nus comme Adam et Éve. Fascinés, ils fixaient la pochette surnaturelle de « In the Court of the Crimson King », peinte par Barry Godber. De temps à autre, ils se posaient des psychotropes sur la langue ou se roulaient de grosses pelles bien baveuses.
   C'est alors que je les ai reconnu.
   Ces boutonneux étaient mon père et ma mère ressuscités à l'âge de 17 ans.
   Mon père m'a fait un clin d’oeil et m’a engagé sur le sillon. C'est alors que la ritournelle s'est insinuée dans la tête de mon saphir : « Confusion will be my epitaph ». Je n’entendais plus la musique, j’étais la musique. Malheureusement, comme le disque était rayé, je dérapais sur la même phrase en boucle, jusqu'à en être rincé. Mes vieux en rigolaient. Pas moi.
    Enfin, ce fut la chute vertigineuse dans les abysses de l'OUBLI NOIR, mille fois plus flippante qu'un virage inopiné dans un train fantôme.
   Peu à peu, je suis parvenu à écarquiller une paupière. Puis l'autre.
   Deuxième choc !
   Émergeant du brouillard, des rideaux en tulle parme, rose, violet, se sont mis à s'éventer en domino devant mes châsses. Tout était mauve autour de moi. Les lumières tamisées, les murs, les meubles, les lattes du parquet, et même les étranges silhouettes qui se tamponnaient allègrement à travers l'éther.
   - Punaise, oh punaise ! C'est quoi cette extravagance ? me-suis-je-sa-le-ment-in-ter-lo-qué.
   J'avais toujours adoré chevaucher l'inédit, mais là, pour le coup, le spectacle qui se déroulait devant moi était digne d'un péplum obscène qu'aurait filmé Belzébuth dans le péristyle de Caligula.
   À peine imaginable !
   Dans un vaste salon rustique tout en longueur, des charrettes d’hommes et de femmes se contorsionnaient au ralenti au milieu d'immenses orifices vaginaux en papier crépon. Leurs jambes étaient nouées, leurs bras entortillés, leurs doigts de pieds fiancés. Ça s'enfilait de partout en toute anarchie, sans pudeur, sans limite d'âge, de la nubile au grabataire bien accidenté. Y en avait pour tous les goûts, de toutes races, de toutes corpulences, de tous vices.
   Afin de mieux reluquer le prodige, j'ai viré d'un revers de la main le tas de serpentins multicolores qui me dégoulinait du crâne.
   Pile dans ma ligne de mire, deux quinquas ventripotents étaient allongés par terre, les cuisses écartées et les couilles accolées. Au-dessus d'eux, se tenait à califourchon une brune pulpeuse maquillée comme un paon, avec de petites ombrelles japonaises piquées dans son chignon rouge feu. Elle avait les loches de la Mère Denis et un nibard plus gros que l'autre, mais qui s’en serait plaint. Soudain, la fieffée a empoigné les obélisques des deux types, et elle en a fait un gourdin unique qu'elle s'est carrée vite fait bien fait dans l'oignon, sans crier gare, ni souffrir la moindre grimace.
   - La vache, c'est quoi ce dada de nympho survitaminée ? Comme ça, sans matière grasse ? que-je-me-suis-dit-au-bord-de-l'é-pi-lep-sie.
   Mes lèvres ont alors commencé à émettre de drôles de tremblements.
   Je ne comprenais absolument pas le pourquoi du comment de ma présence dans ce gigantesque lupanar. Seule explication possible : tous mes circuits avaient dû disjoncter ! Où bien  j'étais raide mort et l'âme de mes attributs sexuels voguait déjà entre les ruelles de Sodome et Gomorrhe.
   J'aurais pu mater ce peep-show psychédélique durant des plombes en me paluchant pénardement la nouille sans déranger quiconque, mais le premier réflexe que j'ai eu a été de chercher mes clefs de bagnole dans mon futal pour rejoindre fissa la réalité. Et surtout l'air pur.
   J'ai fouillé, et refouillé mes poches jusqu'à la déraison. Et j'ai bien dû mettre cinq bonnes minutes avant de m'apercevoir que je n'avais pas de froc. En fait, depuis tout ce temps, je me triturais le haut des cuisses, installé dans un fauteuil deux places aussi moelleux qu'une chouquette.
   - Ah, ah, ah, ça démange, hein ! Attention morpions ! ai-je-a-lors-en-ten-du-sur-ma-droi-te.
    - Pardon ?
   - Morpion apatride, connaît pas frontières ! Si pas soigné, provoque prurit, impétigo !
   - Impétiquoi ?
   - Pas avoir peur de laver slip plusieurs fois par jour, température 60°.
   J’ai tourné mon regard. Ce conseil hygiénique venait d'une vieille indienne aux traits parcheminés qui était avachie à mon côté. Elle portait en tout et pour tout une paire de faux-cils et le traditionnel bindi rouge, la flamme de la mariée, entre ses sourcils blancs. Son genou cagneux frappait mon coude par intermittences. Et pour cause : les cuisses écartées, elle se lustrait le clitoris le plus naturellement du monde avec un sex-toy constellé de petites étoiles bleues.
   L'envie m’a taraudé de la traiter d'indécente, mais finalement je ne l'ai pas envoyé paître car elle semblait en connaître un sacré rayon sur les crabes de calecif.
   - Indira Bihari Vajpayee ! s’est-elle présentée, en me dévorant d'un sourire qui dévoila d'un coup son dentier étincelant.
   - Pardon ?
   - C'est nom à moi ! Et vous, comment c'est ?
   - Euh Hector ! Hector, peut-être !
   - Hector Peutètre, vous donnez quel âge à moi ?
   - Je ne sais pas, vingt ans et des poussières ! ai-je blagué.
   - Petit coquin flatteur ! Multipliez par quatre !
   - Ah bravo, ne changez rien !
   - Je peux continuer relaxation ?
   - Ah, mais faites !
   - Hi, hi, hi ! Je préviens vous si je suis proche éclaboussures de joie libératrice !
   - Très aimable !
   - J'adore offrir ma jouissance à être aimé ! Longtemps, j'avais honte !
   - Pourquoi ça ?
   - Préjugé atroce ! Pas conscience que mon corps était temple sacré. Et puis, moi rencontrer un jeune Intouchable à Goa, grand connaisseur des caresses divines. Il m'a appris avec délicatesse orgasme tantrique.
   - C'est quoi ça ?
   - Fusion totale du couple ! Peu savent, mais Krishna a caché sa lumière relaxante dans toute la peau, pas uniquement dans boue pourrie de la tête ! Plus besoin cunnilingus, fellation, pénétration. Fini exploration maladroite du Point G, laborieux va-et-vient.
   - Chouette ça ! Y a un mode d'emploi ?
   - Juste caresses subtiles sur pollen du corps. De pariétal à orteils. Avec pour la femme contrôle périnée, respiration lente et profonde. Et pour l’homme, éjaculation plus du tout par zizi, mais dans paume des mains, sur pulpe des doigts.
   - Fichtre, ça donne envie !
   - Attention, orgasme d'une heure minimum. Il faut tenir. Mais si on tient, c’est septième ciel garanti. Et parfois même Illumination Suprême sans passer par trente ans de méditation.
   - C'est diablement tentant ce truc ! Mais pourquoi êtes-vous devenue branlouilliste ?
   Et comme elle ne comprenait pas mon néologisme, je lui ai désigné sa quéquette en plastoc sur laquelle clignotaient les petites étoiles bleues.
   - Pranab Mukherjje mort malheureusement dans mes bras, après long orgasme de deux jours. Lui, plus de chair, plus d'os, miraculeusement se transformer en pure lumière dorée.
   - Ah ouais, y a des risques quand même !
   - Oh, mais beaucoup moins qu'en Inde, aujourd'hui. Les hommes, là-bas, redevenus bêtes sauvages. Ils violent beaucoup. J'ai du fuir retour karmique des sadiques.
   - C'est fou ça, ils violent des personnes âgées ?
   - Oui, parce que moins de risques. Mâles indiens très pauvres, très malheureux. Leur âme croupir depuis nuit des temps dans samsara, alors ils se vengent sur faibles femmes. Ils sentent que vagin sacré est porte vers nirvana. Alors ils frappent, ils frappent, ils frappent à la porte. Et si porte s’ouvre pas, ils  défoncent avec bélier.
   - Pfff ! Le monde est devenu complètement dingue. Si même les Hindous s'y mettent.
   - Toi, pas faim ?
   - Euh non ? Pourquoi ?
   - Mon délicieux cheese naan est à disposition. Tu peux manger avec tes doigts, ça ne dérange pas moi !
   - C'est très gentil, chère Indira, mais je vais attendre un chouia. Je me sens barbouillé. Et, je ne sais pas ce que j’ai, mais j’ai l’impression que Mike Tyson m’a boxé la poitrine durant douze rounds.
   - Peut-être accident !
   - Quel accident ?
   - Pas savoir. Entendu chose comme ça dans le tas, là-bas.
   - Ah oui, le tas ! Oh la vache ! Je l’avais pas vu celui-là.
   - Et sinon, encore bravo pour tout à l'heure !
   - Bravo pour quoi ?
   - Homme comme toi avec beaucoup compassion est très rare sur terre.
   - C’est à dire ?
   - Oh, toi pas te souvenir comment tu l’as rendu heureuse ?
   - Qui ça ?
   C'est à cet instant précis, au revif de mes nerfs, que j'ai ressenti une autre douleur. Ma queue ratatinée me brûlait sévèrement comme si, à mon insu, j'avais fais du frotti frotta durant des heures sur les ruines pubiennes d'une chatte osseuse. Par acquis de conscience, j'ai avisé la miauleuse d'Indira Bihari Vajpayee. Par chance, elle était rasée comme le crâne d'un bonze. Pas un poil sur le caillou !
    Mon honneur pour l'heure était encore sauf !
   - Je reviens vite bel homme ! Dois faire pipi et changer mon tampon ! m’a laissé quimper d’un coup Indira.
   - Votre tampon ???
   - Oui, le tampon de mon flyer ! C’est la première fois que toi venir au Puech de Cougouille ?
   - Alors là, je sais vraiment pas !
   L’indienne partie, j'ai alors avisé sur ma gauche un énorme monument pâtissier étagé. Toujours envapé dans ma brume, je me suis demandé l'espace de trois béates secondes si Clara Morgane n'allait pas en sortir soudain, affublée d'un tutu rose, avec un gros roulé au fromage dans la bouche. J'en salivais d'avance, humectant mes babines, lorsque le miracle se produisit : répondant aux lois de la reddition post-salivaire, les poils de cul désertèrent enfin ma bouche et vinrent déposer leurs armes à l'orée de ma lippe.
   J'en ai profité pour les appréhender discrètement et les examiner au creux de ma paume. C'était deux longs poils de cul de teinte ivoirine qu’on aurait dit légèrement irisés. Des poils humains, ça ? N’avais-je pas plutôt boulotté un pull en poil de yack de United Colors of Benetton ?
   - Par la barbe du kaiser ! m'in-ter-lo-quais-je, avec un accent guttural qui m'était totalement étranger. Où ai-je bien pu fourrer ma satanée langue ?
   À m’approcher de plus près, ces poils semblaient émettre un fin nimbe de lumière. Mon instinct reptilien supputa alors qu’ils devaient être vénérables, sûrement pas nés de la dernière bruine. Plus je les observais, plus je me disais que ces poils avaient une histoire, une longue histoire ! Mais quelle histoire ? Et moi, quelle histoire ai-je pu avoir avec ces poils antédiluviens ?
   Sans parvenir à me rappeler son nom, je me souvins alors d'un ami dont je me moquais jadis parce qu'il m'avait fait part de son attrait pour les GMBAB : les grand-mères bonne à baiser ! Plus d'une fois, en ma présence, il avait été tenté de serrer dans ses bras une veuve octogénaire avançant seule, à petits pas, dans les allées d'un supermarché. La démarche hésitante et voûtée de ces vieilles femmes qui sentaient le parfum d'un autre temps déclenchait aussitôt en lui des élans de docilité. Son psychiatre lui avait révélé que sa gérontophilie naissante venait simplement de l'affection démesurée qu'il avait eu pour ses deux grands-mères l'une, déformée par une polyarthrite rhumatoïde débilitante, qui était aussi sage qu'une ursuline aveugle priant au fond d'une nef, l'autre, intelligente, espiègle et diaboliquement drôle, qui avait mené une vie plus délurée et bien plus alcoolisée.
   Cet ami m'avait un beau jour confié en ces termes le déroulé de sa première expérience avec une antiquaille qu'il avait osé dragouiller dans un salon de thé :
   « Avec quarante ans au moins d’écart, au début tu te sens hyper mal, c'est certain. L'idée de strangulation te traverse plusieurs fois l'esprit afin d'étrangler non pas l'aïeule mais ton vice venu du fond des âges. Sauf qu’elle était aussi traversée par le même vice. Et ça, ça se sent assez vite. Chair fraîche contre chair faisandée, c’est un deal hyper excitant pour les deux parties, tu peux me croire. Bref, délicats petits bisous par-ci, délicats petits bisous par-là, je sens doucement monter en elle son vieux feu dans l’âtre. Au point qu’elle commence à se désaper tout en douceur et à offrir à ma vue ses voluptueuses ruines de Pompéi. Rien de bien répréhensible en cela, tu avoueras. Elle se retrouve donc en l’état que Dieu l’a fait il y a très longtemps, puis vient s’alanguir sur son tapis d'orient. Là, elle se met bras en croix, ferme les yeux, se recueille, totalement libre et offerte. Elle attend l’ambroisie du Ciel ou le bruit de la porte qui claque. J'osais à peine la regarder, une odeur de sale envahissait mes narines et j’avais un goût de bile dans la bouche. Je ne me suis pas déloqué tout de suite. J'ai d’abord observé durant cinq bonnes minutes ses épars cheveux blancs, ses joues creusées, ses lèvres gercées, sa poitrine plate, son ventre indécemment gros, ses flancs fripés et décharnés. Et puis, je me suis approché très poliment d'elle et je me suis vu toucher, caresser subtilement ce corps marbré, le frôler à tâtons, rendre grâce à chacun de ses sillons de chair fanés par le temps. C'est alors que les veines de ses bras rachitiques m'ont enlacé avec la plus pure tendresse du monde. Une tendresse extra-humaine que je n’avais jamais connu de ma vie. Et là, mon pote, j'ai fondu comme un sucre dans un verre d'absinthe. J’ai porté mes lèvres vers sa bouche et je l’ai embrassé comme si j’embrassais la déesse Athéna, dont le regard perçant symbolisait la sagesse, la faculté de voir ce que les autres ne voient pas. Ce Rubicon franchi, ma queue novice a connu les plus belles heures de luxure de sa triste existence de bourrin ».
   Le mystère s'épaississait. Cette réminiscence m’inquiétait au plus haut point. Avais-je été si fasciné par le récit de mon ami que j'avais à mon tour voulu reproduire son vécu et ses troubles paraphiliques ? Plus je reluquais mes deux poils blancs au creux de ma paume, plus cette hypothèse m'épouvantait.
   - Vous êtes voyant ? Vous interrogez votre ligne de coeur ? ai-je alors entendu.
   - Ah non, pas du tout ! Juste un peu d'eczéma !
   - Vous ne trouvez pas qu'il manque cruellement de ligne de cul dans nos mains ?
   La voix provenait du flanc ouest du gâteau géant d’où n’était encore sorti personne. C'était une drôle de voix. La voix flûtée d'un castrat inquiet qui quémande son chèque à la Sacem.    Avachi par terre, en équilibre sur un coude, se tenait un gaillard d'une quarantaine d'années d'origine arabique. Une vraie masse taillée dans une bille de bois. Il avait des yeux noirs profonds qui brillaient comme l'étoile de Bethléem, et un bouc de diplomate sournois. Il était en nage et me souriait, l'air de dire « Ça, c'est du harem, mon gars ! ». Sur son torse, de la gorge au nombril, courait une forêt de poils de chameau qui dégorgeaient de sueur. Sa respiration était compliquée. Visiblement, il avait dit « pouce » à la bacchanale et cherchait un second souffle. De temps à autre, il attrapait un être imaginaire dans l'espace et lui demandait :
   - Starfallah ! Eh pelo, il te reste de la teuteu ?
   J'étais à deux doigt de lui demander ce qu'était la teuteu, mais au dernier instant mon surmoi de mâle protecteur a résonné dans mon ciboulot pour me mettre en garde :
   - Oh, Hector, n'y songe même pas ! Tu vas quand même pas te taper la converse avec cet eunuque ! Méfie-toi ! Y a pas plus mielleux qu'un touareg émigré des dunes. Il va te roucouler des poèmes d'Omar Khayyam sur le vin et les femmes, pour mieux te planter son minaret dans le cul. A moins que tu aies une totale confiance en tes sphincters, libre à toi de lui faire la causette, mais je t'aurais prévenu.
   - Jamais entendu conscience plus raciste. Tu ferais mieux de me dire où l'on est ! ai-je alors débattu avec mon surmoi dans le tréfonds de ma conscience.
   - Tu ne t'en souviens vraiment plus ?
   - Ben non !
   - Fallait pas m'insulter, chéri-pompon ! T'as qu'à faire comme bibi, tu te démerdes avec ta mémoire en loques !
   Certes, mon surmoi semblait altéré au plus haut point, mais je ne lui en voulais pas plus que cela, le pauvre ! J'avais du m'enfiler dans le cornet une drogue hyper corsée pour le rendre aussi HS.
   J'ai finalement tenté l'approche auprès de l'émir ébaubi du Koweit.
   - Dites-moi, mon brave, nous sommes sur quel site licencieux, là exactement ?
   - Ah non, ce n'est pas du tout virtuel, c'est la pure réalité !
   - Quoi ? Vous voulez dire que tout ça existe vraiment ?
    - C'est votre première fois, ici, au Puech ?
   - Je ne saurais trop vous dire. Il me semble que je suis victime d'une amnésie.
   - Moi aussi, c'est ma première fois. Je suis venu de Ryad avec mon jet privé. Quand j'ai reçu le flyer de Mélany, j'étais comme un gosse découvrant la branlette espagnole sur « Porn Kids ». Je sautais à pieds joints partout dans mon palais.
   - Vous avez un palais ?…
   - J’entends mal...
   Comme nous étions obligés de hausser le ton pour couvrir les cris des pigeons qui résonnaient dans la volière, je lui ai lancé :
   - Je vous en prie, venez faire un break sur ma chouquette, vous avez l’air en PLS.
   - Merci, c’est pas de refus. J’ai beaucoup donné, mais j’ai reçu encore plus ce soir, se redressa t-il pour venir asseoir sa masse à mon côté.
   - Des palais, j'en ai neuf !
   - Neuf ???
   - Enfin, j'en avais dix, mais j'ai eu le malheur de convoler il y a cinq ans avec une sultane pyromane. Elle me foutait le feu partout, sauf à son cul ! Nous, les Arabes, on a toujours eu un gros problème avec la bague… la bagua… la baguette… comment dites-vous déjà ?
   - La bagatelle !
   - Oui, avec la bagatelle.
   - Pourquoi ?
   - C'est malheureusement la pudeur qui commande le corps dans le monde hypocrite du panarabisme. La sexualité contrariée est notre pénitence, nous devons faire avec cela.
   - Oui, je connais un peu les us et coutumes du Moyen-Orient. C’est assez triste. Les religions, quelle calamité !
- Je ne vous le fais pas dire. Dans l'Islam, les rapports sont souvent codifiés jusqu'au martyre entre l'homme et la femme.
   - Rares sont ceux qui ont votre discernement !
   - Oh, j'ai très peu de mérite. Mon père était le reproducteur attitré d'un ayatollah stérile qui avait la paille du Coran dans un œil et la poutre du voyeurisme dans l'autre.
   - Ah bon ?
   - L'amour fondé sur la chasteté, c’est un crève-coeur pour activer les glandes.
   - En effet.
   - Même lors d'une pénétration entre intégristes, les bédouins disent qu'il y a au moins cent oasis qui séparent le gland du vagin.
   - Ah oui, cent c’est beaucoup !
   - Comment voulez-vous qu’un mirage remplace le plus médiocre des orgasmes ! Nous rêvons le sexe, nous sublimons le sexe, nous chérissons le sexe, sans jamais nous autoriser à en goûter la pleine puissance.
   - On dit pourtant que ce sont les Arabes qui ont inventé le préservatif et les préliminaires.
   - Les préliminaires, j’en doute. Quant aux capotes, j’ai du mal à voir un nomade s’en prémunir pour charmer une chèvre !
   - Quel dommage quand même de porter si haut l'Amour et de ne pas pouvoir en récolter tous ses fruits.
   - Quel gâchis surtout de vénérer encore Onan au XXIème s. alors que nous sommes autant de femmes que d'hommes sur terre à vouloir tous exactement la même chose : aimer, être aimé, faire jouir et jouir de l’autre, et qu'on nous foute la paix !
   La franchise de cet homme m’émouvait, elle était une déclaration d’amour à son honnêteté. Notre fraîche complicité devenait de plus en plus palpable, pour ne pas dire pénétrante.
   - C'est ce que j'apprécie chez vous, les occidentaux, vous n'avez pas honte d'appeler le plaisir le plaisir. Tandis que nous, c'est encore macache bézef à Bab-el-zébi ! La tradition, mon ami, la tradition ! Pas besoin de geôlier avec la tradition ! Nous butinons avec les yeux, mais le miel au final coule souvent au fond du burnous.
   - C'est vrai que vous n'avez rien à envier au puritanisme des américains. Pourtant qu’on soit musulman ou chrétien,  évolutionniste ou créationniste, la naissance des mondes a bien dû démarrer par une bonne bourre, non ?
   Il est parti d’un grand rire, à s’en époumoner.
   - C'est indéniable !… Vous êtes d’un drôle, mon ami. Je vous adore déjà.
   Et j’en ai profité pour faire mon cabotin.
   - Quoi de plus beau qu'un sexe turgescent aimanté tendrement par un petit castor fendu et humecté de rosée du matin ? Ne serions-nous que de tristes bêtes condamnées à la reproduction ?
   - Vous prêchez un convaincu ! Malheureusement les mots « quéquette » et « toufinette » ont sans doute été biffés de nos sourates par de tristes individus.
   - Comment cela ?
   - Les sociétés arabo-musulmanes, avec leurs conceptions chevaleresques, n’acceptent pas que la femme soit profanée avant qu’elle ne soit l’épouse de son admirateur. La relation amant-amante n’existe pas, seule la case époux-épouse existe.
   - Mais au départ, l'Islam encourageait la sexualité, si je ne m'abuse. Il considérait qu'il n'y avait pas de raison de rendre impur quelque chose qui avait été créé par Dieu. Pourquoi votre libido s'est-elle déglinguée à ce point ? Comment êtes-vous passés en si peu de siècles de panpan-zizir sous les dattiers à glaouis en berne au fond des mosquées ?
   - Certainement à cause de juristes très laids et très jaloux de la beauté des autres hommes.
   - Ah bah oui, c’est ça ! Ah bah oui ! Ces types étaient snobés par les plus belles mousmés et...
   - Vous êtes un déducteur hors-pair ! Ce sont eux qui ont fixé les règles dogmatiques de la charia pour renforcer la dualité homme-femme, les frontières entre le pur et l’impur, l’interdit et le permis.
   - Oh, les salauds ! J’avais un pote de fac franchement affreux, avec un œil qui disait merde à l’autre, enfin… je ne veux pas l’accabler plus que ça. Il n’arrêtait pas de me dire : tu as de la chance, tu as de la chance !... Quelle chance j’ai ?... Tu plais !… Oui, mais tu as ta beauté intérieure… La beauté intérieure, qu’est-ce que j’en ai à foutre ! Tu coucherais avec ma beauté intérieure, toi ? Bref, je le recroise un jour, il était devenu huissier ! Il détroussait les pauvres smicards à couilles rabattues.
   - Eh oui, eh oui, c’est ça !
   - Mais vous, vous ne semblez pas trop touché par les dogmes castrateurs de ces moralistes d'un autre temps ?
   - C'est vrai, j'ai tout ce qu'il faut pour être heureux à la casbah, des wagons de gourgandines voilées, de splendides escort-girls européennes dévoilées. Mais je m'ennuie à mourir dans mes palais. Le Wahhabisme, c'est vraiment pas mon truc. Vous n'allez pas me croire, mais je fête ce soir le premier véritable orgasme de ma vie. Et je sais même pas qui me l'a donné !
   Il a ri encore longuement et merveilleusement comme un gamin bousculé par le vent au bord du lac de Tibériade. Il semblait cent pour cent sincère et heureux d'être là. J'aimais beaucoup ce type. Il était intelligent, raffiné, sucré comme une corne de gazelle. Il m'a dit encore :
   - Ce que j'adore ici, voyez-vous, c'est ce côté hyper select et très populaire à la fois. Ce couscous de riches et de pauvres, d'athées et de religieux, de vieillards bossus et de sylphides évaporées. Ici, tout le monde mange dans le même plat, sans haine, sans jalousie, sans jugement. Nous rendons grâce aux fondations même de la Vie. Fallait vraiment y penser. Quelle femme vraiment géniale cette Mélany !
   - Qui est Mélany ?
   - Ah ça, je ne sais pas encore. On m’a dit qu’elle était passée ici il y a une heure, mais je me repoudrais le nez dans les toilettes sèches.
   - Mais on vous en a parlé ?
   - À peine ! Il faut la découvrir par soi-même. C'est la grande déesse mystérieuse. Elle va, elle vient, comme la lumière. Peu de gens connaissent son visage. Très peu ont eu la chance de faire l'amour avec elle.
   - Je vais devoir malheureusement vous laisser, mon ami. Une urgence !
   - Comme c’est dommage. Je me serais bien laissé tenter par un homme sans mémoire.
   - Ah oui, comment ça ?
   - Je vous aurais bien turluté en toute élégance, en toute humanité.
   - Je me serais bien laissé turluter avec grand plaisir, car vous êtes quelqu'un de sensible et vous devez turluter avec tact et délicatesse.
   - Je n'ai jamais turluté un homme, vous savez !
   - Mais je l'avais bien compris ainsi !
   Bref, c'est une soudaine envie de déféquer qui m'a aidé finalement à me relever de mon fauteuil-chouquette et à m'éloigner de l'émir mélancolique.
   À ce moment-là, mes guibolles ne valaient pas mieux que des œufs brouillés, mais je suis quand même parvenu à me frayer un passage entre des monceaux de corps tirebouchonnés. Je ne suis pas spécialement précieux des naseaux, mais l'odeur de cul était maousse et portait au cœur. On n'était pas loin de l'arrivée imminente d'un escadron de mouches en rangs serrés.
   Soudain, un bras couleur ébène bien lascif m'a agrippé une cheville pour me happer gentiment dans un paquet orgiaque. Sorti de nulle part, on aurait dit l'extension surnaturelle d'un poulpe qui ignore combien il possède exactement de tentacules.
   - Non, désolé, simple visiteur ! ai-je-gro-gné gen-ti-ment. Et la tentacule s'est aussitôt rétractée dans son capharnaüm de chairs et d'os.
   Telle une chiffe, j'ai déambulé comme ça de turne en turne, en valsant un peu d'un mur à l'autre, afin de tomber sur les chiottes. J'ai ouvert plusieurs portes, sans succès, tombant au hasard sur d'autres culs bigarrés empilés n'importe comment, et sur un paquet de jouvencelles qui frétillaient comme des lycéennes devant le panneau de l'obtention du bac, en matant la queue énorme d’un grand chauve qui ne payait pas de mine.
   J'ai même ouvert d’autres portes que j'avais déjà ouvertes. Mais j'avais beau tourné en rond, je ne parvenais toujours pas à débusquer mon trône.
   C'est alors que d'un coup, j'ai vu mon cul apparaître sur un écran géant. Mon cul mauve en gros plan qui irradiait de mille feux. J'étais certain que c'était bien mon cul et pas celui d'un autre, car je m'étais fait tatouer un cobra merdique au bas des reins par un punk végétalien qui habitait dans le quartier Friedrichshain-Kreuzberg, à Berlin.
   Je me suis décalé d'un pas sur la droite pour tenter de piger cette énigme et mon cul sur l'écran géant s'est décalé aussi.
   - Tu peux bouger un peu ton boule, mec ! ai-je a-lors en-ten-du der-riè-re-moi.
   Faisant volte-face, je suis tombé nez à nez avec un hipster black d'une trentaine d'années, coupe afro ciselée et moustache blonde de Viking, qui portait sur le tarbouif le dernier modèle de lunettes Foxcam à « réalité augmentée ».
   - Ah, désolé, mec, je viens de comprendre ! lui-ai-je-lan-cé, tout penaud.
   Sirotant un cocktail jaunâtre à la paille, le hipster matait en fait une métisse, une asiate et une caucasienne qui se mâchouillaient méticuleusement la rondelle à un mètre devant lui, en formation triangle isocèle. Laquelle conjonction saphique était filmée par ses lunettes Foxcam et relayée sur l'écran géant.
   - C'est dingue ça, vous ne préférez pas le live ? je lui ai soufflé, sidéré.
   - Non, les couleurs sont bien moins pétantes. Et je peux zoomer. Elles ont l'air de s'éclater beaucoup mieux sur l'écran.
   - Et c'est quoi ces auréoles jaunes et orangées qui apparaissent par moment ?
   - Ah ça, c'est mon appli «chaleur thermique » qui détermine leur taux de chaudasserie en temps réel. La bridée est presque dans le vert, elle est en train de décliner, tu vois. Elle vient de prendre son panard pour la septième fois, elle est totale rincée. Elle va lâcher l'affaire. Je dirais dans pas plus de cinq secondes. Tu vois, qu'est-ce que je te disais…
   - La métisse est encore dans le rouge bien pivoine !
   - Oui, ça fait plus de trois heures qu'elle broute la prairie comme une vache hollandaise. C’est un numéro. Je sais pas comment elle tient !
   - Elle s'est peut-être hameçonnée la langue à un stérilet. Faudrait aller voir !
   - Keep cool, mec, rien ne presse. On est là pour une longue semaine, voire plus !
   - Une longue semaine ? C'est sérieux ?
   - Avec Mélany, c'est toujours sérieux ! Si tu veux te taper une queue, te gêne pas, mais range-toi bord cadre droit !
   - Non, merci ! Pour le moment, je ne suis pas encore certain d'être apte à ce genre de prodige.
   - J'ai aussi une appli « Impuissance passagère » qui peut déterminer ton taux de monoxyde d'azote à la seconde près et faire le bilan sanguin instantané de ton engorgement du pénis.
   - Je me suis mal exprimé. Je ne suis pas impuissant. C'est juste que je suis novice dans cette soirée et que c'est beaucoup trop d'émotions d'un coup pour moi.
   Je devais être dans le coin des cyber-queutards car un peu plus loin je suis tombé sur une longue rangée d'écrans plasma devant lesquels des geeks pratiquaient une sorte de tai-chi-chuan érotique en exhibant à qui mieux mieux leurs organes génitaux, leurs galoches appuyées, leurs caresses érogènes, devant d’autres geeks qui semblaient mimer les mêmes gestes que leur vis-à-vis sur les écrans. Intrigué, je me suis approché d'un vieux beau et de sa moitié échevelée pour leur quémander le comment du pourquoi de cette surprenante pantomime.
   - Vous faites quoi, là exactement, si c'est pas indiscret ?
   - Nous sommes en fusion virtuelle avec un vieux couple d'amis aborigènes.
   - Kesaco ? Une sorte d'échangisme vibrato-spirituel ?
   - Ouais, en quelque sorte, mais puissance mille. Telle que tu me vois, j'en suis à mon 15ème orgasme thoracique en à peine deux heures. C'est Mélany qui a inventé cette perlouse sensitive révolutionnaire. Tu n’as jamais testé « Kundalini 7.0 » ?
   - Non ! Et c'est quoi ce chiffre de 3 millions et des brouettes qui clignote en bas de l'écran ?
   - Ça, c’est le nombre de contorsionnistes dans le monde qui nous suivent en temps réel ! Et qui peuvent s’inviter à la fête s’ils le désirent !
   - Inouï !
   - Si tu veux te mélanger à nous, aucun problème. Je te parraine, nos amis seront déjà tes amis.
   - Euh, c'est à dire que je cherche plutôt les chiottes, présentement !
   - Ah désolé, je ne connais pas tout le monde !
   - Non, les chiottes en deux mots, les chiottes pour chier !
   - Pupuce, tu sais où sont les chiottes ?
   - Non, les chiottes, je sais pas, désolée ! Il nous déconcentre un peu quand même. Soit, il reste, soit il se barre !
   - Oui, vous avez raison ! Encore navré !
   C’est au milieu d'un long couloir tamisé que j'avais dû emprunter au moins dix fois dans un sens et dans l'autre, que j'ai osé héler une rouquine aux traits dévastés par les coulures de mascara. Hormis son nez long et pointu, elle était plutôt pas mal roulée : grosse paire de seins, hanches soyeuses, jambonneaux sculptés au fitness. Elle bâfrait des petits cornichons qu'elle saisissait dans un bocal l'un après l'autre sans pouvoir s'arrêter. Allais-je lui toucher l'épaule ou l'interroger à une distance décente en ne laissant rien paraître de mon attirance subite pour ses mamelons magnétiques. Je n'étais pas encore fixé. J'hésitais. D'autant plus qu'elle n'avait pas l'air commode, avec son air de femme-fontaine qu'on avait dû frustrer du robinet et qui se vengeait sur la graille. Je sentais que j'allais me faire rembarrer, mais je me suis répété quatre cinq fois ma phrase fétiche de        « Tostaki » : soyons désinvolte, n'ayons l'air de rien ! avant de l'aborder.
   - Pardon de t'importuner la miss, mais je suis en quête des lieux d'aisance.
   - Tu délires ou quoi ?
   - Comment ça ?
   - On s'en fout des chiottes ! C'est pas le sujet les chiottes ! Chie par-terre et dévore-moi le bouton !
   - Euh OK ! Et c'est moi qui délire ?
   - Tu veux goûter les cornichons aphrodisiaques de Mélany ? Ils sont bio. Ils fracassent bien.
   - Non, merci j'ai pas faim. J'ai surtout envie de chier, tu vois !
   - Les cinq chiottes sont bouchés pour le moment.
   - Ah bon ?
   - Problème de fosse septique. Rufus est en train de réparer avec Anselme. Faut aller dehors, dans la nature, tu sais, avec les petites feuilles qui te chatouillent la raie ! Sinon, y a des seaux au premier, et d’autres dans la grange, je crois.
   - Des seaux à merde ? Punaise, c'est un cauchemar sans fin !
   - Dis-moi, c'est pas toi le mec de Mélany ?
   - Ah non, désolé, j'en ai beaucoup entendu parler, mais je n'ai pas encore eu le privilège de la croiser.
   - Pas grave, j'avais cru !
   Mon envie commençait vraiment à me lanciner les tripes. Encore quelques pas de plus et je sentais que j'allais tout lâcher au milieu des soupirs et des couinements de cette faune farouchement humaniste qui s'entubait à tout-va.
   - Tu cherches à chier, on m'a dit ! m'a soudain interpellé un type d'une soixantaine d'années, bien conservé, du genre fluet mais doté d'un énorme anaconda qui lui giflait l'entrecuisse.
    - Jésus, Marie, Joseph, c'est le Ciel qui vous envoie, mon brave !
   - Arrête de blasphémer grand couillon ! Suis-moi, c'est par là !
   - Je ne sais pas comment vous remercier ! Vous êtes vraiment un chic type, ça se voit tout de suite !
   - Oui, ben méfie-toi de l'eau qui dort ! Gentil comme ça, mais quand je fouette, je fouette !
   Il m'a serré la pogne, assez fortement. Sa main était caleuse comme celle d'un péquenot qui a biné toute sa vie.
   - Mon nom, c'est Rufus ! Je suis paysan et fier de l'être !
   - Enchanté Rufus !
   Moi, j'avais plutôt envie de le serrer dans mes bras, le père Rufus. Je l'ai suivi comme un petit chien, en retrouvant in extremis un peu de forces dans les reins pour me serrer les miches.
   - Moi, c’est Hector ou un truc du genre !
   - Oh, je sais bien qui tu es, t’en fait pas.
   - Ah oui ?
   - On s'attendait pas à une telle affluence ce soir. On doit bien être dans les 400/450. Du coup les canalisations suivent pas. J'ai trois Sanibroyeurs déglingués et la fosse septique qui refoule.
   - Ôtez-moi d'un doute, Rufus, on est où là exactement ? En ville, à la campagne  ?
   - On est à Brigoudin,  mon ami, pas loin du Puech de Cougouille !
   - C'est où ça ?
   - Causse du Larzac !
   - Quoi ? Je suis dans le Larzac ? Vous déconnez ?
   - Ben non, pourquoi je déconnerais !
   - Et comment dire euh... C'est vous qui avez l'amabilité de tous nous recevoir ?
   - La ferme m’appartient, mais l'hôtesse, c'est Mélany ! Moi, je suis Rufus, son serviteur, paysan et fier de l'être.
   - Oui, oui, j'ai bien compris !
   - Mais je suis surtout un tiers altermondialiste, un tiers écolo et un tiers anar, quoique je cherche jamais à voguer au-dessus des autres. Et puis surtout, j'emmerde tous ces enfoirés de technocrates de Bruxelles qui n'ont jamais vu pousser un radis.
   - Ça, vous avez bien raison ! Si j'étais paysan, je penserais pareil !
   - T'es pas plouc toi ? T'as pourtant bien une belle tête de plouc !
   - Ah ben oui, remarquez, je suis peut-être plouc !
   - Tu sais par les temps qui courent, mieux vaut être plouc que cul-bénit intello gaucho nationaliste urbain. D’ailleurs, ils radinent tous ventre à terre en ce moment. Ventre à terre sur nos terres nourricières !
   La baraque qui ressemblait à une longère était gigantesque, des coins et des recoins partout, un vrai dédale de Bacchus. Malgré la gentillesse de Rufus, je n’étais pas loin de lâcher prise. Mais je ne pouvais pas lui faire ça, alors j’ai serré mes sphincters jusqu’à virer pivoine.
   - Dites-moi Rufus, j'ai la tronche en capilotade, j'ai l'impression d'avoir ingéré un truc pas net, je ne sais pas quoi.
   - Tu t'es tortoré une « mauve » ou une « turquoise » ?
   - Bah, en fait, c'est le trou noir ! Je suis même pas certain de m'appeler Hector. Mais quand je me suis réveillé je voyais tout en mauve, c'est peut-être un indice, non ?
   - M'est avis que t'as donc pris une « mauve ».
   - Et c'est quoi la différence entre les deux ?
   - La « mauve » elle te dure douze plombes ! Et la                   « turquoise » elle te dure six plombes. C'est aussi con que ça !
   - Putentrailles, douze plombes ! Mais comment savoir où j'en suis ?
   - A voir tes pupilles dilatées, je dirais que t'es pas prêt de redescendre.
    - Mais c'est atroce, on m'attend.
   - Qui ça ?
   - Mais je ne sais pas, des gens sans doute, ma famille je suppose. Y a toujours une famille qui nous attend quelque part, non ?
   - Dans ce cas, je te souhaite qu'elle ne se trouve pas dans le Nord. Y a eu du flafla hier sur Dunkerque et Roubaix, quarante-cinq mille morts. Un tas de cendres !
   - Hein, quoi ? C'est pas possible ! Et pourquoi ça ? Qui a fait ça ?
   - Es-tu sérieux grand couillon ? Tu ne te souviens pas que tout le monde est en train de massacrer tout le monde d'un bout à l'autre du globe ?
   - Mais c'est horrible !
   - Non, c'est une chance au contraire. Mais peu le savent. On devait en passer par là ! On est allé trop loin dans la déchéance socialo-libérale et le narcissisme confessionnel. On avait potentiellement tous du cristal dans le cœur et on l'a transformé en purin. Pas un pour rattraper l'autre.
   - Et mes fringues, tu sais où je peux les récupérer ?
   - Elles sont probablement sur le grand tas dans la pièce verte. Mais ici, on ne repart pas avec ses fringues. Tu devras prendre les premières que tu trouves au-dessus du tas, du moins celles à peu près à ta taille. D’ailleurs, la plupart ne repartiront pas. Tant qu’on a des carottes saines et des navets bien odorants, on restera jusqu’au bout.
   - En fait, c’est une chance que je sois là !
   - Comme tu dis mon ploucos, une vraie chance de cocu !
   J'avais encore mille questions importantes à lui poser, lorsqu'une mamie dotée d’un surprenant corps d'adolescente est venue nous interrompre. Elle avait les cheveux blancs permanentés barrés par une mèche bleue, les tétons d’un mannequin anorexique, la chatte imberbe et des bracelets de pacotille aux chevilles et aux poignets.
   - Rufus, on te cherche partout ! Est-ce que tu peux venir deux secondes, on a encore un petit problème.
   - Quel problème ?
   - Y a un salopiaud qu'a pété le bouchon de la barrique de sangria ! Elle dégueule, y en a partout sur les tomettes de l'antichambre !
Rufus s'est tourné vers moi et m'a tapé amicalement sur l'épaule.
   - Bon, grand couillon, je vais devoir te laisser. Tu files tout droit. À un moment, tu vas voir une tête de sanglier au dessus d'une porte. Tu l'ouvres et tu suis les panneaux « étable ». Tu seras plus très loin !
   - Mais... y a du papier là-bas ?
   - Y a tout ce qu'il faut, t'inquiète !
   - Encore merci « Rufus-paysan-et-fier-de-l'être » !
   Je lui ai fait la bise. Ce mec était vraiment une crème. J'aurais aimé qu'il soit mon père ou mon prof de SVT.
   - Te fous donc pas de ma gueule. Va couler ton bronze tranquille et surtout n’oublie pas d'envoyer une pelletée de copeaux dans ton seau.
   - Je briquerai mon seau jusqu'à la mort, juré craché. On pourra manger dedans, mon capitaine ! lui ai-je répondu en claquant des talons et en faisant un salut militaire.
   Je racontais n'importe quoi. Ça allait de mal en pis, et pourtant je m'en foutais royalement. J'étais désinhibé comme jamais je ne l'avais été. Et j'adorais ça ! J'ai fini par trouver le sanglier. J'ai ouvert la porte qui a fait gling-gling et je lui ai chantonné :  j’adore le son cristallin de ta clochette, gling-gling, me lécherais-tu le trou de balle, par hasard ?
   Il me restait au moins encore une dizaine de plombes à délirer ainsi. Mon calvaire euphorique n'en finissait pas. Mais je voulais que ça continue à l’infini, puisque j’étais aux anges.
   Puis j'ai suivi les panneaux indicateurs comme Rufus me l'avait dit, marchant pieds nus sur un chemin caillouteux éclairé par des dizaines de loupiotes multicolores.
   Je saluais des gens à poil qui musardaient seul ou par grappes et qui me saluaient en retour. Tout le monde avait l'air super aérien et profondément gentil, c'était le paradis. On était vraiment très loin de ces putains de guerres politiques et religieuses sans queue ni tête. Ici les Juifs et les Arabes évolués se roulaient de grosses pelles, les agnostiques emmanchaient des animistes, le profane faisait glousser le sacré. Mais putain, me suis-je dit, on devrait passer notre vie à baiser jour et nuit, nuit et jour, avec des mauves ou des turquoises. Pourquoi, on le faisait pas ? Pourquoi tous ces tabous à la mord-moi-le-noeud ? Qu'est-ce qui nous en empêchait, putain de bordel de chiottes ?
   Enfin, j'ai découvert l'étable...
   Et là, ce fut le troisième choc ! Le choc des chocs !
   Par la porte entrebâillée, j’ai jeté un œil, et j’ai failli tomber dans les pommes en voyant ce que je voyais. S’affairant autour d’un géant/géante d’au moins trois mètres, une demi douzaine de femmes nues l’aidaient à ajuster sa robe de mariée. Tout ce petit groupe était de dos, mais je pouvais discerner un peu à la lueur des bougies le reflet du visage de ce géant/géante dans le vaste miroir dans lequel il/elle se mirait. Était-ce un déguisement, un merveilleux grimage ? Non, comme je l’avais subodoré, ce n’était pas un être humain, mais une sorte de yéti blanc d’une beauté sidérale, qui ressemblait vaguement au Chewbacca de Star Wars. Je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises, quand cet animal hors-norme me dit d’une voix supra mélodieuse, enchanteresse, semblant émaner de l’Olympe :
   - Entrez-mon cher Hector, je suis bientôt prête ! Allons, n’ayez pas peur, venez m’offrir ce que vous retenez depuis quelque temps.
   Sonné, déboussolé à l’extrême, j’ai compris immédiatement à qui j’avais à faire. Docile, je me suis avancé vers Mélany d’un pas de somnambule. Dans un silence recueilli, ses servantes m’ont tour à tour souri. Elles aussi semblaient m’attendre et savaient que ma boussole me mènerait bientôt ici. Parvenu à leur hauteur, Mélany s’est abaissé vers moi, a tendu sa jolie main poilue vers mon postérieur et je me suis libéré sans moufter dans le creux de sa paume. C’est alors que dans mon plexus solaire, j’ai cru deviner ce qui allait encore ce passer. Déjà mes excréments n’exhalaient aucune odeur. Et, en me retournant, je vis dans cette même paume alchimiste, offerte, mes matières fécales se transformer en or, m’éblouir, puis se diluer en photons mirifiques.
   - Je viens de garantir ton immortalité mon cher Hector ! Je ne te demande rien en retour. Juste de jouer à nous marier cette nuit.
   - Euh, c’est un grand honneur !
   - Tes habits sont prêts. Si tu veux bien te vêtir. Le nœud papillon est facultatif.
   - Tout ce que vous voudrez, charmante Melany.
   - Nous avons également réparé ta voiture. Sans cette plaque de verglas, jamais je ne t’aurais connu.
   - Super !
   - Tu pourras repartir au matin, ou rester parmi nous.
   - Non, je vais rester.
   - Tu m’en vois ravie.
   - Je veux que ma mémoire renaisse aujourd’hui. Je veux qu’elle soit le puits de l’encyclopédie de mon présent. Qu’importe mon futur ! Je suis heureux de respirer ici !
   - Magnifique ! You’re welcome au Puech de Cougouille, darling !

   





















« Modifié: 04 Mars 2025 à 17:40:09 par kokox »

Nocte

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #1 le: 26 Avril 2016 à 00:11:46 »
J'ai apprécié l'énergie et les images, après je trouve que ça traîne un peu trop en longueur, sans forcément parvenir à retomber sur ses pattes vers la fin.

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #2 le: 26 Avril 2016 à 00:53:13 »
Merci bien Nocte d'être le premier commentateur de ce texte délirant sans véritable "queue ni tête" (comme tu l'as si bien relevé), mais dont l'intérêt grandira et montera en puissance, je l'espère, lors de son développement.
Je n'envisage de publier la suite qu'à la condition d'avoir au moins trois avis. En dessous de cet humble quota, je garderais cette farce acido-érotique pour ce qu'elle est : une farce acido-érotique qui m'aura bien fait rire en l'écrivant.
Tout autant, je conçois aisément qu'elle ne puisse pas faire s'esclaffer tout le monde !

Bien à toi !

Hors ligne Mister Pim

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #3 le: 26 Avril 2016 à 02:17:00 »
Ami Kokox, je ne sais pas si beaucoup étaient dans mon cas, avec ton à suivre, je n'ai pas osé commenter de peur d'arriver comme un cheveu sur ton fil, dans l'organisation de tes chapitres ou que sais-je.

Autant te dire que j'ai énormément apprécié ce texte le jour même de sa parution. Le côté sex drugs and rock&roll tracé par une plume alerte digne de Lester Bangs, j'ai adoré, je suis fan de ce délire foutraque, mêlant mauvais relents de nuit orgiaque, avec le joint du lendemain qu'on prépare sur la pochette 33tours d'un album de King Crimson. Sans plus tarder, ami : envoie le reste.
« Modifié: 26 Avril 2016 à 08:35:08 par Mister Pim »

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #4 le: 26 Avril 2016 à 10:39:22 »
Merci bien Pim (comme nous sommes frères de "foutraqueries", je me permets de biffer le Mister de la chambre jaune) d'avoir été le second commentateur de ce suave et cauchemardesque "Puech de Cougouille".
Je ne veux pas faire mon sale gamin capricieux, mais j'attends encore le dernier exégète, ou amateur de bacchanale surréaliste, avant de délivrer la suite qui ne sera pas piquée des hannetons.

Bien à toi !

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #5 le: 26 Avril 2016 à 11:04:33 »
Nota bene : je ne connaissais pas du tout Lester Bangs, ou bien j'ai oublié, ou il sentait pas bon. Un sacré mec, en tout cas, épigone de Bukovski, chantre de la déglingue, un des rares voyous du rock à avoir claironné qu'il éprouvait un profond dédain pour les membres de Led Zeppelin, qu'il n'hésita pas à qualifier de «pédales émaciées». Ca me fait mal à mon "Stairway to heaven" , mais la formule est choc !  :) Et maintenant qu'il a dit ça, je n'oserai plus regarder Plant et Page de la même façon érotisée.
Pour ceux que cela intéresserait, voici le lien d'un excellent portrait du lascar :
http://www.lesinrocks.com/1996/07/31/musique/lester-bangs-big-bangs-11233386/


Hors ligne extasy

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #6 le: 08 Mai 2016 à 19:20:41 »
Putain, la concentration de formules géniales par centimètre carré est absolument dingue. La suite, la suite !
« Modifié: 08 Mai 2016 à 19:42:04 par extasy »

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #7 le: 08 Mai 2016 à 19:43:04 »
Pour ma part, je trouve ça assez vulgaire, mais bon on en a vu d'autres, ce que je n'aime pas c'est la surenchère d'épithètes à tout bout de champ qui alourdissent un texte qui aurait pu être subtil une fois débarrassé de ces atours pesants
Je suis tellement fainéant que je ne fais même pas mon âge...

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #8 le: 08 Mai 2016 à 19:53:44 »
Merci bien Extasy pour te (re)lecture de ce Puech dont l'unique vocation est de faire croire aux puritains maladifs que l'ufologie n'est peut-être pas un mirage.
Comme tu es le troisième commentateur de ce texte, et fidèle à ma promesse, je délivrerai donc dans une poignée de secondes la suite des aventures post-évaporées d'Hectorpeutêtre !

Bien à toi !

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #9 le: 08 Mai 2016 à 20:25:25 »
Lampadaire, mon cher, j'avais pourtant prévenu d'avance que ce texte pourrait choquer certaines personnes. Vulgaire donc, peut-être bien, grossier absolument ! Surenchère d'épithètes, tout à fait d'accord ! Mais gagner en subtilité, ah ça non, foutrement impossible, car ce Puech est tout sauf un texte subtil. Comme tu auras pu en juger à tes risques et périls, c'est avant tout un monumental délire, avec ses fulgurances et ses pustules, ses stupéfactions et ses bubons, et je le revendique ainsi. Je n'ai pas un seul instant chercher à faire de la belle littérature, du concis, de l'élégance, du racé, mais de l'élucubration purement synaptique en tentant de chasser au Diable Vauvert les radotages et les sermons de ma belle conscience. Maintenant que cela puisse rebuter, en répugner certains, je le prends tout à fait en compte, mais ne puis me culpabiliser de leur rejet, étant entendu que j'avais annoncé en préambule le caractère graveleux et salace qu'allait receler le texte !
Tout autant, j'acquiesce à ta critique fort légitime. Encore une fois, ce Puech de Cougouille ne pourra plaire à tout le monde. Je ne saurais pas te dire mieux !

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #10 le: 08 Mai 2016 à 21:00:44 »
Ah nandediou, point choqué ne suis,  je laissais juste poindre mon insignifiante vision quant à mon appétence pour quelque chose de plus  dégueulasse  aéré  :mrgreen:
Je suis tellement fainéant que je ne fais même pas mon âge...

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #11 le: 08 Mai 2016 à 23:31:31 »
Lampadaire,
Afin de lire la suite dans de meilleures conditions, je te propose une lecture plus aérée en investissant la somme de 6,90 euros dans la casquette-ventilateur de chez Pearl. Utile et marrante, cette casquette dispose d'un ventilateur placé dans la visière, que tu pourras diriger aisément vers ton cerveau au fil des phrases qui te sembleront trop indigestes.  :)
Plus sérieusement, je comprends tout à fait ce que tu cherches à me dire ! C'est un texte plutôt maçonné à la truelle, et tu m'en vois un peu navré. Mais c'est aussi une petite tranche de rigolade sans prétention que j'avais besoin d'écrire, quelque soit le sujet, pour me sortir la tête d'une période relativement douloureuse.

Bien à toi !

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #12 le: 09 Mai 2016 à 06:10:57 »
Pour le coup, je vais investir dans cette fameuse casquette  :mrgreen:
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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #13 le: 10 Mai 2016 à 11:43:26 »
Ne mets surtout pas cette casquette à l'envers (comme proclamé dans le rap de la Sexion d'Assaut), tu risquerais de réduire en charpie ton éventuel catogan.  :)

Hors ligne Lampadaire

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Re : Le Puech de Cougouille (Contenu Explicite)
« Réponse #14 le: 10 Mai 2016 à 12:21:11 »
Je suis à l'abri je n'aime ni le rap ni les catogans  :mrgreen:
Je suis tellement fainéant que je ne fais même pas mon âge...

 


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