Ses pieds nus trempaient dans l'eau, elle était bien. Une vague idée du bonheur s'était immiscée dans sa tête, s'était frayé un chemin parmi tous les trous noirs qui jonchaient les parois de son crâne. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait en vacances. Elle se sentait libre. Assise sur le sol les jambes allongées, elle tapait du pied dans l'eau comme un enfant lors de son tout premier voyage. Elle s'émerveillait à rien, c'était magique. Que c'était silencieux et reposant! Elle pouvait enfin se permettre de souffler un peu et de ne penser à rien. En ce moment précis, aucun problème ne réussissait à immerger à la surface, tout était oublié. Elle rejeta sa tête vers l'arrière et respira l'air à pleins poumons. Elle crût même apercevoir un palmier à ses côtés, mais l'effet de bien-être se dissipa et elle baissa la tête. Un bouleau. Un simple bouleau argenté se dressait simplement sur le simple terrain. Elle se releva péniblement, déçue et bizarrement épuisée. La flaque d'eau avait mouillé ses pieds et son bas de pantalon. D'une main lasse, elle empoigna ses souliers et regarda sa montre: 4h05 am. La rue pouvait bien être tranquille, pauvre cruche! Bien sûr qu'elle aurait dû s'en douter qu'elle n'était pas en vacances, c'était beaucoup trop beau pour être vrai. Mais elle se dit que cette idée lui avait vraiment fait du bien. Elle avait caressé cet état d'esprit, ce fragment de bonheur avec tant d'affection que le retour à la réalité était encore plus difficile que d'habitude. Elle marcha un peu, puis un caillou s'enfonça dans son pied droit et elle maudit sa situation. Elle mit ses souliers. Elle s'assit sur un banc du parc. Sa main rencontra dans la poche de son par-dessus un briquet et un joint fraichement roulé de la veille. Son pouce frotta doucement le métal du briquet, puis fit tourner la roulette. Et c'était reparti.
*Je sais, il est très court, mais je ne voulais pas perdre mon idée.*