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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Déteste-moi maman...

Auteur Sujet: Déteste-moi maman...  (Lu 6002 fois)

Hors ligne JigoKu Kokoro

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Déteste-moi maman...
« le: 30 Mars 2016 à 23:40:56 »
Je suis un monstre, maman. Trois jours que je suis là. Trois jours que je te regarde dans ton lit, enfermé dans cette chambre d'hôpital. Où je n'attends qu’une chose c'est que tu meures. Va-t’en Maman, pars ! Je ne te supporte plus comme ça. Je suis un mauvais fils, je souhaite la mort, ta mort. Trois putains de jours à partager ce lit de camp à deux pendant que le troisième d'entre nous essaye de trouver le sommeil dans le fauteuil de l'angle. Nous sommes là, tes deux enfants et celle qui partage ma vie. Nous attendons, nous partageons, emprisonné dans cette cellule médicamenteuse guettant enfin un signe de notre libération.
 
Ta respiration est violente, inspiration bruyante, pause, expiration ridicule, pause.... Et ça repart. "Elle fait des pauses respiratoires impressionnantes !" s'échangent les infirmières dans le couloir, pensant que nous n'entendons pas. "Oui réponds l'une, elle fait le poisson là, c'est bientôt finit" Oui je les entends mais bientôt c'est quand ? Quand ne vais-je plus souffrir ? Quand vas-tu enfin partir au lieu de me torturer de la sorte. Je suis un mauvais fils...
 
Je suis là depuis le début, depuis ce jour précis où j'ai reçu ton appel au travail : "Excuse-moi mon chéri mais tu peux me rendre service s'il te plaît ? J'ai été faire une radio de contrôle et ils ont trouvé un truc, ils soupçonnent une tuberculose alors ils m'ont mis en isolement. Tu peux passer à la maison fermer les fenêtres et m'apporter des affaires s'il te plaît ?"

La tuberculose mon œil ! Toi et moi on le savait dès le début, on a fait bonne figure, on s'est parlé sans se dire les choses mais on le savait. Un putain de cancer c'est tout, le résultat de tes années de tabac parrainé par tes débordements d'alcool. Les médecins l'ont vite confirmé que ce connard était là. Une putain de teigne qui a poussée à l'intérieur de toi. Un fruit malsain et pourri qui ne s'est montré que lorsqu’il a atteint la taille d'une orange sanguine.

J'étais là quand ils ont parlé de chirurgie, j'étais là aussi quand il y a eu cette phrase "Excusez-moi, vous pourriez revenir faire quelques clichés de plus ?" Cette phrase qui a eu l'impact d'une gifle. Le fruit pourri avait déjà fait germer ces graines de mort, ton corps était conquis, ta mort programmée.

"Je vais me battre, de toute manière j'ai pas le choix" M'as-tu dis alors que mes yeux te regardait en vomissant leurs tristesses. J'étais là quand tu as acheté cette putain de perruque que tu n'as pourtant jamais mise. J'étais encore là avec toi quand une bactérie de merde t'as plié, ratatiné s'en prenant à ton ventre. Pas un truc grave mais dans ton état c'était le ravage. Comment oublier quand tu as pleuré plié sur mes genoux dans la salle d'attente ? Comment oublier qu'il a fallu avoir un échantillon de ce que ton corps rejetait dans ces toilettes minables ?

Je n'étais pas loin quand tu as pleuré suppliant de ne pas être seule et quand celle qui partage ma vie t'as fait la promesse que nous serions tous les deux là jusqu'au bout.
 
C'est elle qui a fait cette promesse, oui elle car moi je ne pouvais pas, je ne voulais pas, je savais ce que cela me ferait. Mon instinct de survie hurlait à l'intérieur de moi, je voulais fuir, partir ne plus voir ce qui commençait à se dessiner. Je suis un mauvais fils maman, je voulais échapper à cela, je voulais disparaître loin de toi, je ne voulais pas te voir mourir.

J'ai toujours été là. Là quand ces graines de pourriture ont essayé de t'emporter la tête. J'étais là quand la douleur était telle que tu ne supportais plus rien, plus le bruit, plus la lumière, plus toi. J’étais là quand on a gueulé après les médecins qui ne réagissaient pas car le problème était autre que celui pour lequel tu étais avec eux. Je n'oublierais pas les mots de l'autre urgentiste qui as dit : "C'est terminé, l'hémorragie cérébrale a fait sûrement fait des dégâts. Le pronostic vital est engagé, on espère une semaine au mieux".

Ce soir-là quand je suis rentré chez moi avec ta fille et celle qui partage ma vie, nous t'avons enterré, nous avons fait un deuil, nous avons bu de l'alcool extra fort qui arrachait la gorge et l'estomac pour se donner du courage. Mais toi tu n'as pas voulu disparaître.
 
Tu avais dit "Je vais me battre" et c'est ce que tu as fait. Alors qu'une semaine se soit écoulée, tu étais revenu des limbes dans lesquelles tu étais tombé. Ma maman était là presque entière alors que moi je m’étais fait une raison.

Maudis moi maman, déteste-moi, je n'ai pas réussi à me réjouir. Ce faux décès a été un des plus gros dégâts fait à mon cœur car je redoutais la suite, car je ne voulais pas continuer à te suivre dans cette lutte. Pourtant tu étais là, souriante, un peu perdue. J'ai pleuré de savoir que tu ne pourrais plus lire, j'ai pleuré de savoir que tu ne pourrais plus tenir de raisonnement trop complexe et enfin j'ai pleuré car je venais d'obtenir un nouveau maillon supplémentaire à ma chaîne. Une chaîne qui me liait à toi désormais car aucun médecin ne pourrait compter sur la totalité de ton jugement, il fallait une autre oreille.
 
Haït moi maman, crache une haine féroce sur ce fils qui était hanté par son envie de fuir, qui a entendu, vu bien trop de chose qu'il ne voulait pas voir pour se protéger. Je te hais cancer ! Pourquoi prends-tu tant de plaisir à humilier les gens, à les faire souffrir, à torturer leur famille. S’en est suivi ces mois où tu as alterné traitements hospitalisés et séjour dans notre maison. Ces mois à être tributaire des analyses, avis médicaux et autres contraintes médico-logistique. Ces mois à te voir décliner, perdre tes facultés, dormir plus que de raison, te flétrir comme cette fleur cueillie par ton petit fils. Tu n'as jamais été seule, à la maison, à l'hôpital, partout, nous étions tous là, enchaînant les voyages, les heures de voitures, les allers retours incessants parfois pour rien.
 
Ces putains d'heures à attendre ces connards de médecins sur une chaise inconfortable dans cette chambre ennuyeuse. Ces heures à parler de tout de rien ou à te réexpliquer cent fois ce que les médecins avaient dit pour être sûr que tu comprennes tes choix possibles. Tu n'étais pas seul, je n'étais pas seul, celle qui partage ma vie était là aussi toujours en toile de fond sans cesse en appui mais dans ma tête, dans mon cœur, il n'y avait que moi. Maudit moi, rejette-moi maman. Moi le fils qui n'a pas su partager, qui n'a pas su dire sa souffrance pour laisser les autres entrer à l'intérieur. "Meurs maman, meurs s'il te plaît, dans ton sommeil, dans le calme de ta chambre à la maison ou dans celui de ta chambre d'hôpital. Ne vas pas jusqu'au bout de ce combat. Ne soit pas cette fleur flétrie dans son petit verre à moutarde." C'est ce que je hurlais de l'intérieur, moi ton fils, moi le monstre.
 
J'étais pourtant là dans cette parodie de noël où tu n'étais plus que le quart de ce que tu avais été. Nous étions là quand ceux qui ne l'étais pas t'ont parlé en Visio Skype et n'ont rien dit quand tes paroles se sont cantonnées à des "ouais" des "han" et quand tu n'as fait que mélanger les noms. Quelle triste comédie de faire le bonheur alors qu'à l'intérieur de nous c'est ta mort qui rôde.

Que de souvenirs merdiques je traîne, comme ce lendemain où les douleurs ont été ta seule récompense pour avoir osé tenter de faire un bout de réveillon. Je ne pourrais jamais oublier cette nuit de la nouvelle année quand tu as tapissé la chambre du peu de ce que tu avais mangé. De monter quatre à quatre les marches pour te voir baignant dans ce vomi, tenter d'appuyer sur ton téléphone pour la sonnette d'urgence. Cette scène terrible où épuisée et à bout tu t’es encore effondrée en larmes en lâchant ces mots : "j'ai honte...".

Ces instants où il a fallu nettoyer cette chambre rapidement, faire fi des répulsions que j'avais pour ces matières que je côtoyais de beaucoup trop près depuis des mois, comme cette chaise percée que tu n'as jamais pu utiliser proprement. Je ne t'en voulais pas, je ne t'en voudrais jamais mais je ne supportais plus tout ça.

Ces fois où j’étais assis dans l'escalier, étranglé par ma tristesse et mon épuisement, incapable de pleurer, incapable de briser mon silence. Fustige-moi maman, dénonce-moi maman alors que tous autour nous ont aidé alors que celle qui partage ma vie à fait tant, je n'ai pensé qu'à moi et seulement à moi en disant tout bas "Je veux que ça s'arrête, j'en peu plus, je vais m'effondrer".
 
Nous en sommes rendus là maman, dans ton cloître où les pousse-seringues t'injectent la morphine soulageant et l'hypnovel sédatant. Le cocktail de l'antichambre de la mort. "On ne peut rien faire de plus pour l'aider, on ne peut qu'apporter du confort c'est tout". Mais meurs ! Pourquoi t’accroches-tu enfin ? L'un de tes enfants, de tes propres enfants ne fais qu'y penser. Pourquoi t'accroches-tu tant à la vie ? Pourquoi rester près de moi, ce monstre d'égoïsme ? Je ne pourrais jamais mais vraiment jamais oublié ton regard effrayé quand tu as compris que c'était la fin, avant de sombrer. Je ne pourrais jamais oublier ces quelques secondes de lucidité et d'éveil revenu au milieu d'une nuit alors que putain, on nous avait dit « c'est fini, elle ne sera plus consciente ». Mon cœur se meure, il est en pièce, tout ce qui te concerne est dévasté. Il ne reste que des miettes des beaux souvenirs, écrasés par ces blocs hideux de ta déchéance. Je ne peux plus, je ne veux plus maman, ait pitié du monstre que je suis.

……………………………………………………..

Nous y voilà maman. Tu es là où tu l'as demandé, avec ton père dans ce cimetière où je n'irais probablement plus. Tu es partie, et comme tu le voulais, tu n'es pas partie seule. Nous étions tous là quand tu t’es éteinte c'était beau, c'était triste, c'était une pierre laide de plus dans mon cœur.

Je ne crois pas en Dieu, je ne crois pas au bonheur après la mort. Pour moi tu n'existes plus que dans mes... Non, dans nos souvenirs. Tu seras présente dans l'esprit des membres de ta famille jusqu'à ce que, les générations se renouvelant, tu ne deviennes plus qu'un nom. Un vague souvenir comme je le deviendrai plus tard pour l'enfant de l'enfant de mon enfant.

Tu serais heureuse de savoir qu'enfin je n'ai plus systématiquement en tête mes souvenirs hideux quand je pense à toi. Ils n'occultent plus les autres souvenirs mais ils sont avec eux, au loin dans un coin que je ne peux pour le moment pas fouiller, pas ranger. Je voudrais que tu m'en veuilles pour pouvoir ne plus être le seul qui me déteste, pour pouvoir mieux vivre ma culpabilité. Bien sûr, ça n'arrivera pas, je suis seul comme depuis le début, seul avec mes pensées.

Finalement, tu t'es tellement accrochée que c'est peut-être là ce que je devrais comprendre. Ne jamais renoncer, qu'il y a des batailles qu'il faut mener, que la vie ça fait mal. Je ne t'en jamais voulu et je n'aurais jamais de raisons valables d'avoir eu ces pensées. Certains diront que c'est normal, d'autres seront indignés.

En façade, tout le monde m'a félicité d'avoir été là. Tout le monde nous a loués aux anges, ta fille et surtout la femme qui partage ma vie. Nous avions été beaux, nous avions été grands, nous méritions des honneurs mais au fond jamais je n'arriverai à me pardonner de n'avoir réduit cela qu'à moi et moi seul.
« Modifié: 18 Avril 2016 à 22:50:03 par JigoKu Kokoro »
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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #1 le: 03 Avril 2016 à 02:20:17 »
Citer
Trois que je n'attends qu’une chose
jours

Citer
Comment oublié qu'il a fallu
-er

Citer
Pourtant j'ai toujours été là.
Je suis pa fan de cette accroche après le paragraphe d'avant, je sais pas, je trouve que ca manque de force un peu. Peut être qu'un J'ai toujours été là. serait plus explicité sans être plus bavard, ou pourtant, j'ai toujours été là, ou j'ai toujours été là, malgré tout. Enfin je sais paaaaas, mais en l'état ca fait un peu plat

Citer
l'hémorragie cérébrale a fait sûrement des dégâts.
a sûrement fait des dégats plutôt? et répétition de sûrement avec la suite de la phrase. (d'ailleurs il commence sa pphrase par sûrement une semaine etc, je sais que les urgentistes peuvent être laconiques mais quand même pour annoncer quelque chose comme ca...)

Citer
Mais toi tu n'as pas voulu.
j'ai cru qu'elle n'avait pas voulu d'alcool  :mrgreen: ptet pas très clair du coup

Citer
lors qu'une semaine s'était écoulée, tu étais revenu des limbes dans lesquelles tu étais tombé.
s'était écoulée? C'est ptet moi qui bloque, ma ca me semble pas être la bonne conjugaison, je trouve pas ça beau à l'oreille quoi, mais fais pas attention si c'est que moi
Par contre, revenue, et tombée il me semble

Citer
Haït moi maman, crache une haine féroce pour ce fils
sur ce fils
Bon sang ce passage sur le rétablissement innatendu est vraiment terrible  :s

Citer
crache une haine féroce pour ce fils qui était hanté par son envie de fuir, qui a entendu, vu bien trop de chose qu'il ne voulait pas voir pour se protéger.
choses
La phrase me semble pas clair dans sa construction, ca me semble embrouillé, en fait c'est peut être juste la négation de fin qui me perd. Une virgule avant se protéger peut etre?
Mais en fait je dirai plutôt ' vu bien plus de choses qu'il ne voulait voir, pour se protéger."
Et je crois en y réfléchissant que j'enlèverai le 'était' au début, pour garder juste le hanté et fluidifier


Citer
Je te hais cancer !
C'était pas une tuberculose au dessus? Ou j'ai pas compris

Citer
celle qui partage ma vie
Je sais que c'est une volonté de ne pas mettre de noms et je trouve ca bien, mais ca fait bizarre à force de toujours la voir appelée pareil (et pourtant la phrase où je l'ai relevée je trouve ca bien que la répétition vienne là), du coup je sais pas quoi te conseiller je sais pas si j'aime bien ou pas ce fait  :mrgreen:

Citer
J'étais pourtant là dans cette parodie de noël
Ah là ca marche bien mieux que le Pourtant j'étais là, je trouve !

Citer
et n'ont rien dis
dit

Citer
je traîne comme ce lendemain ou les douleurs


Citer
. Cette scène terrible où épuiser et à bout tu t’es encore effondré en larmes
épuisée ; éffondrée

 :s

Citer
que je côtoyais de beaucoup trop près depuis des mois comme cette chaise percée
Virgule après mois, la phrase est un peu longue sinon

Citer
Ces fois où je suis assis dans l'escalier
texte au passé, phrase au présent, gnop

Citer
"Je veux que ça s'arrête, j'en peu plus, je vais m'effondrer »
Différence de guillemets, normalement c'est les anglais, mais dans le reste du texte tu as mis les francais, vaut mieux unifier

Citer
c'est finit
fini?


Citer
Tu es parti
partie

Citer
tu t'es tellement accroché
-ée

Citer
d'avoir eu ses pensées.
ces

Citer
surtout la femme qui partage ma vie.
Pour conclure là-dessus, je n'arrive pas à me décider. Je trouve ca très bon, dans le laconisme, à la réduire à une seule appelation, pour montrer qu'elle ne pouvait être d'aucune aide, qu'elle ne pouvait pas vraiment entrer dans les sentiments personnels du narrateur, jamais, qu'elle est juste celle qui est là, monochrome et figée dans cette histoire.




Alors, pour parler de ce texte... Bin je vais juste te dire bravo. C'était extrêmement puissant. Je ne connais pas ce genre de situation, et pourtant ca m'a semblé criant de vérité, et j'ai ressenti la chose. Le ressenti rapporté, avec toutes ses contradictions, je veux dire, dans les sentiments ce n'est jamais soit l'un soit l'autre, c'est ce mélange de regrets, d'amour, de culpabilité qui est très très juste, et au final ce deuil qui ne peut être que vécu personnellement malgré tous les autres (et c'est très bien restranscrit tout le long du texte car même s'il sont présents ils sont lointains) d'autant plus avec ce qu'il a du faire pour accompagner sa mère dans la maladie...
C'est un très beau et fort texte, profondément humain dans tout ce que ca implique, et bien écrit, merci.

Tu as bien fais de le remonter, c'est dommage d'être passé à côté en effet  :huhu:
Au plaisir !
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #2 le: 03 Avril 2016 à 13:36:22 »
Citer
Trois que je n'attends qu’une chose c'est que tu meures.
Répétition trois. Où j’attends qu’une …

D’un autre côté cela me parait plus puissant comme cela.

Je n’ai rien relevé d’autres. Le texte traite d’un sujet difficile.
Le texte le fait avec brio et puissance.


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Hors ligne JigoKu Kokoro

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #3 le: 03 Avril 2016 à 23:52:15 »
@Ben G.
Merci d'avoir pris le temps de me lire.  :)

Je te prie d'excuser les fautes, plus nombreuses que d'habitudes, car j'ai concentré beaucoup d'attention sur la force et la dynamique du texte. Je suis content de voir que c'est effectivement ressorti. Ceci entraînant cela, j'étais devenu aveugle aux fautes à force de travailler sur ces critères.  ><

Je m’attelle à la correction et certaines modifications suivant ce que tu as proposé. ;)

@Kanimp

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de le lire. :)

Je note ta répétition dans ma liste de modification  ;)
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Hors ligne JigoKu Kokoro

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #4 le: 04 Avril 2016 à 16:10:37 »
Corrections apportées ^^

Merci à vous pour toutes ces petites choses que je n'avais pas vu  :D
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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #5 le: 07 Avril 2016 à 06:19:11 »
Salut Jigo,

Bouleversant, tripal, très bel exercice de contrition, parce qu'ils faut bien des responsables, parce que la fatalité ne peut pas être la seule à porter le chapeau, parce que la fatalité n'est personne, parce que la fatalité sourit et que le destin rit en s'approchant du berceau des gentils mourants.
Comment mettre des mots là-dessus, sur ce terrible "tout est, tout doit devenir ennemi" ?
On ne lit plus un texte à force, on entend un long cri de révolte, de sincère désespérance.
"Elle va mourir la mama" chante Aznavour, mais toutes les morts ne résonnent pas des chants latins de l'Italie. Autour du lit, il y a aussi des Giorgio, des fils maudits qui se flagellent, qui n'ont pas l'au-delà au bout des lèvres, et qui se retrouvent soudainement orphelins, désoeuvrés jusqu'au marasme, plus malheureux que les pierres, si tant est que les pierres aient vraiment pour vocation d'être si malheureuses.

Bien à toi !

Hors ligne JigoKu Kokoro

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #6 le: 07 Avril 2016 à 11:41:57 »
Merci d'avoir pris le temps de me lire ^^

Oui effectivement, il y a du viscéral dans ce texte. Je voulais mettre en lumière ce clivage entre courage et lâcheté, entre bienséance et colère, entre impuissance et obligation. Cette envie de renoncer impossible à assouvir et la douleur de la déchéance d'une personne proche. Bref, la contradiction permanente dans laquelle l'on peut se trouver à n'avoir aucune prise sur rien, à regarder l'autre subir sans pouvoir protéger. :)

J'ignore si les pierres sont malheureuses mais elles sont certainement plus de sagesse que nous.  ;)
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Hors ligne Chouc

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #7 le: 18 Avril 2016 à 10:01:14 »
Salut JK,

Ton texte m'a remuée bien plus que je ne saurais le dire dans l'immédiat. Tout y est très bien représenté, on entre dans le récit sans en sortir avant la fin, on ressent chaque amélioration comme une victoire amère et c'est encore plus vrai pour les rechutes...

Merci pour cette lecture, au plaisir
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Vir

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #8 le: 18 Avril 2016 à 22:00:45 »
La tuberculose mon œil ! Toi et moi on le savait dès le début, on a fait bonne figure, on s'est parlé sans ce dire les choses mais on le savait.
se dire

Maudit moi maman, déteste-moi, je n'ai pas réussi à me réjouir.
Maudis

Très fort ce texte. Je suis rentré dedans dès les premières phrases et je l'ai englouti.  :bonpublic:
Ca démarre très dynamique et ça le reste tout du long, vraiment tu m'as tenu en haleine pendant plusieurs minutes, bravo.

Hors ligne JigoKu Kokoro

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Re : Déteste-moi maman...
« Réponse #9 le: 18 Avril 2016 à 22:58:48 »
@Chouc '
Citer
Ton texte m'a remuée bien plus que je ne saurais le dire dans l'immédiat. Tout y est très bien représenté, on entre dans le récit sans en sortir avant la fin, on ressent chaque amélioration comme une victoire amère et c'est encore plus vrai pour les rechutes...
Merci à toi Chouc'  :)

Je sais que ce n'est pas un texte joyeux et que son thème n'est pas évident. Je suis heureux de voir que l'émotionnel que j'ai placé dans ce texte ressorte à la lecture.

@Vir
Merci pour ces petites fautes désormais corrigées grâce à toi ^^

Je te remercie aussi pour ce commentaire tout aussi positif et tes félicitations :-[ qui me conforte sur le rythme de ce dernier que je craignais, peut-être, pas assez soutenu.
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