Béatitude constipatoire.
Derrière le masque s’affiche une ombre, un nuage obscur, soulevant par nappes les effluves délibérément réprobateurs d’un mouvement de frustration. Il est si facile d’enrôler les âmes perdues afin de les précipiter dans le chaos ; les bonimenteurs enracinent leur colère dans les cerveaux affaiblis par le désespoir, la vaine expiration maladive d’une série de jugements hâtifs ; dans quelles mers se jettent ces torrents pollués qui pullulent sur cette terre ?
Au-delà des limbes, une lueur s’affaiblit mais jamais ne s’éteint. Inondant les nervures d’un nectar amoindri, par une chaleur amenuisée, elle parcourt, intrinsèque au mouvement, le réseau qui se délecte de sa substance, conscient de sa décroissance. Ceux qui ont baissé les bras la voient déjà tarie, asséchée par la violence ; peut-être ont-ils abandonné un combat déjà perdu. C’est la résignation, à la fois coupable et salutaire, de l’animal blessé. Ont-ils gagné ?
Croire en la fin n’est pas loin de l’accepter. Savoir qu’on n’y peut rien n’est pas soin de société. Célérité propagatoire, outrage vulgarisé, ces faisceaux méritent remaniement, sans quoi plus rien ne saurait perdurer. L’idée qu’on puisse tous agir fait de nous l’instrument minuscule, le rouage insignifiant, qui fait la grève en se disant :
« Ce sont eux les responsables. »
On est petit. Je suis plus petit encore. Rien n’est plus petit que moi au milieu des autres. Fidèles, on est attachés au mât du destin, qui soutient mais qu’on rejette. Au revoir très chers principes. Je me défausse de ces responsabilités qu’on a, d’après eux, abandonnées depuis l’avènement.
Au revoir, humanité. J’ai cru en toi mais aujourd’hui tu dois t’effondrer, non parce que tu l’as choisi, mais parce tu n’es plus unanime. Il n’y a plus d’espoir dans l’unité, car tu veux ta liberté chaotique, tu te reconnais dans ton besoin de brutalité, tu espères la vengeance et le mépris.
Au revoir, car je sais que ces belles couleurs que tu as bâti renaitront, un jour, par ta main ou par une autre, et qu’elles seront encore plus éclatantes après l’ère de la grisaille, car l’espoir sera né du désespoir, lui-même né du bonheur. J’attendrai le retour du cycle.
J’attendrai.