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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Chroniques d'ambrasuriane.

Auteur Sujet: Chroniques d'ambrasuriane.  (Lu 3771 fois)

Hors ligne un amateur...

  • Tabellion
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Chroniques d'ambrasuriane.
« le: 16 Avril 2009 à 18:40:54 »
Voici une nouvelle que j'ai écrite avec un plaisir fou!

                                                                                                              partie 1

 

        Le vent soufflait sur le grand océan d’ambrasuriane, infinie étendue d’eau couleur turquoise. La douce brise jouait avec l’océan. Elle chevauchait les vagues durant un long moment, tel un guerrier éperonnant son fidèle destrier, puis terminait sa course en se jetant sur les falaises, essoufflée par son long périple.
          C’est dans ces mêmes falaises, à la roche dure, râpeuse et noire qu’on apercevait, enfoncé dans une profonde cavité, un homme tapi à l’ombre des regards, assis en tailleur, les mains sur les genoux, au corps recouverts par une longe toge blanche. A sa droite était posé un long sceptre de bois blanc cassé. A l’extrémité, enroulée dans un fin linge couleur de sang, scintillait une petite lumière d’intensité variable. Les hautes falaises stoppaient net le vent dans sa course folle et juvénile, mais un petit courant d’air s’infiltra parmi les impénétrables légions de roches. Le petit vent, toujours aussi joueur, vint caresser le visage de Werworff faisant ainsi voler sa barbe hirsute et entremêlée par le temps. Son esprit, qui avait voyagé grâce au vent, retrouva sa véritable enveloppe charnelle, bien évidemment différente de celle qu’il adoptait dans sa ferme.
          La fine paroi formée d’une multitude de petits éclairs de couleur bleue qui faisait office de bulle de protection contre de potentiels prédateurs faiblit d’intensité puis disparut totalement. Les lourdes paupières du mage frémirent un instant, se relevèrent enfin totalement pour laisser place à de grands yeux blancs sans nuls pareils. Aucune rétine. Uniquement du blanc. Une infinité de blanc. Son visage creusé par les ans se crispa. Il lui fallut de longues minutes pour se réhabituer à la lumière…même si dans la grotte les rayons diurnes ne pénétraient que peu voire pas du tout. Le vieil homme vieilli par les ans tenta une première fois de se relever mais renonça aussitôt sentant ses muscles lancer des cris déchirants. Apres s’être délié la langue et décollé les lèvres littéralement cimentées par une pâte ignoble qui s’était formée sur ses lèvres, le vieil homme susurra d’une voie tremblante quelques mots quelque peu déformés. Ces derniers eurent rapidement l’effet escompté et Werworff put se relever avec une grâce presque féline. Il se dégourdit les jambes dans les quelques mètres carrés d’espace que lui conférait la grotte puis se jugeant assez frais sortit d’un des revers de sa toge une petite mais lourde bourse de cuir marron ornée d’un filigrane en or représentant un lion ailé. Il défit précautionneusement le nœud de la bourse, l’ouvrit en grand et prit une bonne poignée de poudre verdâtre à l’odeur nauséabonde.

           L e mage s’avança de quatre pas dans la grotte et traça avec la poudre un cercle tout autour de lui avec une précision diabolique. Ses membres le faisaient horriblement souffrir mais il s’obligea à bien enjamber son pentacle, ne voulant détruire son travail fraichement accompli , très éreintant , mais en premier lieu pour ne pas commettre d’erreurs dans son sort à venir… sort qu’il n’avait d’ailleurs pas pratiqué depuis des années… ou même des siècles. Pour se remettre les idées en place après avoir eu un léger vertige du à des efforts conséquents pour lui bien que minimes en temps normal, Werworff inspira longuement et retint l’air quelques secondes. Il expira bruyamment et sa lucidité en partie retrouvée, il se mit en place pour lancer son sortilège, assez complexe tout de même.
          L e Haut mage retroussa les manches de sa robe qui dévoilèrent des bras osseux et fripées, des mains maigres et calleuses aux jointures blanchies par les efforts et aux articulations fébriles et crispées. Il plaça ses mains au dessus du pentacle et commença son incantation. Un halo bleuté entoura le vieux corps du mage. La fine pellicule d’énergie déposée sur la silhouette fine de Werworff s’intensifia petit à petit pour devenir finalement un déferlement de puissance et de magie pure titanesque. Le vieillard concentra toute cette puissance dans ses bras qui émirent de petits sifflements stridents. Ses marques sur les bras s’illuminèrent soudain et la le mage fut ébloui par sa propre aura. Il murmura alors quelques paroles incompréhensibles et tapa de toutes ses forces ses deux mains fragiles l’une contre l’autre. La couche de lumière bleutée se dissipa peu à peu. Un cri suraigu qui brisa le silence de la grotte et qui fit grimacer Werworff retentit. Un large sourire se dessina sur les lèvres gercées de ce dernier, remplit d’amour et de compassion pour la créature qui venait d’apparaitre au centre du pentacle. Il avait réussi son incantation avec brio et fit quelques pas hésitants, dans le but de s’approcher de son vieil ami pour lui flatter l’encolure. L’immense et magnifique aigle ferma les yeux et savoura le contact de la peau de Werworff sur ses plumes dorées.

-Cela fait longtemps… trop longtemps…
La créature émit un second sifflement qui fit vriller les tympans du mage. Un nouveau sourire se dessina sur le visage de ce dernier. Même s’ils ne parlaient pas la même langue, tout deux se comprenaient que ce soit par la pensée ou par leur gestuelle particulière.
-Il est temps de se mettre en route mon ami. Mais d’abord il nous faut aller réveiller nos vieux compagnons qui sommeillent encore. Nous devons les ramener du royaume des étoiles et des rêves.
Werworff saisit avec douceur les plumes de l’encolure de l’aigle et se joncha avec mille précautions sur le dos parfaitement rond de l’aigle. Ce dernier battit violemment des ailes lorsque ses plumes entrèrent en contact avec le linge froid de son maitre.
-Cela fait cinq cent longues années que nous n’avons plus arpenté le ciel tous les deux, n’est-ce pas Vorfaal ?

        L’animal battit des ailes de plus en plus fort, soulevant de plus en plus de poussière qui s’échappait ensuite de la grotte par une multitude de petites cavités dont personnes ne soupçonnait l’existence. Le gigantesque aigle originaire du royaume des Dieux s’avança à pas feutrés vers l’entrée de la grotte. Ses serres crissaient au contact de la roche noire et la brisaient à chaque pas qu’il faisait. Il plia doucement ses pattes puissantes qu’il utilisa pour se propulser à une vitesse folle en dehors de la petite cavité. Les deux compères savouraient maintenant leur liberté retrouvée, l’esprit grand ouvert aux merveilles qui s’offraient à eux, savourant chaque petit grain de sable de la crique voisine, chaque parcelle de la magnifique vue qui se dégageait devant eux, chaque être vivant présent sous leurs yeux. Werworff désigna d’un bref signe de tête une plage d’un îlot un peu plus loin à leur gauche. Vorfaal comprit tout de suite le message et vira à gauche. Il replia ses longues ailes trapues et descendit en piquet vers le petit bout de terre rempli de sable qui constituait la plage de l’îlot. Ils se posèrent juste devant l’entrée d’un long couloir rocheux formé par l’alignement de plusieurs énormes blocs de cailloux.
-Voilà, c’est ici. Tu ne peux pas accéder à la succursale alors attend moi ici, je n’ai pas la force nécessaire pour te révoquer. Pas de bêtise, hein ?
L’oiseau acquiesça de la tête et s’assit confortablement entre un rocher et un arbre, ne voulant pas causé de colère chez son maitre même s’il mourrait d’envie de s’envoler à la rencontre d’autres créatures des airs dans les plaines d’Ambrasuriane ou dans les falaises de Faradongol. Après avoir jeté un bref coup d’œil à Vorfaal pour mieux sonder ses intentions Werworff s’enfonça dans le couloir sombre dans l’intention de réveiller ses compagnons d’armes d’antan, tous deux là de puis près de cinq cents ans.

****
                 La suite à venir( beaucoup plus palpitante, avec un combat en plus!!( non ce n'est pas de la pub...)))))  Si vous le souhaitez bien évidemment!!!!
« Modifié: 17 Avril 2009 à 18:50:02 par un amateur... »

Hors ligne Kailiana

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #1 le: 17 Avril 2009 à 17:01:07 »
Bon... je vais être franche, j'ai pas aimé.

Y'a pas mal de répétitions. Je trouve le début pas entrainant. Les noms font caricaturaux (Werworff, tu prononces ça comment ?) et le mage fait "fantasy bateau". C'est pas forcément la meilleure idée comme début d'histoire (longue ?).

Voila, c'est pas trop mon genre de texte (ça me fait un peu penser à l'EdV si vous connaissez) et après tout c'est toi l'auteur;)  ;D ;) :mrgreen: :mrgreen:
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Hors ligne Jezy

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #2 le: 17 Avril 2009 à 17:31:52 »
Coucou !
C'est parti pour le comm' ...

Alors déjà, première remarque, tu devrais aérer un peu ton texte. Là ça fait un gros bloc, qui donne pas franchement envie de lire. Je sais qu'à priori c'est pas le plus important, mais la présentation ca joue beaucoup quand meme !

Citer
A sa droite était posé un long sceptre de bois blanc cassé dont à l’extrémité, bien qu’enroulé dans un fin linge couleur de sang scintillait une petite lumière d’intensité variable.
heu, la phrase est un peu longue, un peu lourde a lire. Si tu mettais un point à la place du "dont" ca irait déjà mieux.
Le "fin linge" sonne bizarre, tu peux peut etre décrire ça autrement.
Tout comme le "d'intensité variable". (Non, je ne suis pas une critique sadique  :-¬?) Mais quand je vois la façon dont tu décris la mer, avec ces images un peu poétique de destrier, je pense que tu peux trouver une autre façon de faire passer les images. Une lumière d'instensité variable, on dirait que tu parles d'une machine ou d'un projecteur, tu vois ?

Et puis le "à" empêche d'utiliser "bien que", enfin ta phrase telle que je la vois serait plutot :
"A sa droite était posé un long sceptre de bois blanc cassé. L'extrémité, bien qu'enroulé dans un fin linge couleur de sang, scintillait d'une petite lumière d'intensité variable".
Bon, je ne réécris pas ton texte, donc tu prends mes remarques comme tu veux, mais c'est mon avis...

Citer
Werworff
Original comme nom  ^^ comment tu prononces ça ?

Citer
Son esprit qui avait voyagé grâce au vent retrouva sa véritable
Virgules après "esprit" et "vent"

Citer
La fine paroi formée d’une multitude de petits éclairs de couleur bleue qui faisait office de bulle de protection contre de potentiels prédateurs faiblit d’intensité puis disparut totalement.
Oulà, on comprend mais très difficilement. Essaye d'alléger un peu la phrase.

Citer
laisser place à de grands yeux blancs sans nuls pareils.
nul autre pareil non ?

Citer
Il lui fallut de longues minutes pour se réhabituer à la lumière…même si dans la grotte la lumière du jour ne pénétrait que peu voire pas du tout.
Petite répétition pour "lumière", tu peux peut etre réécrire ce passage. Sinon virgule après "peu".

Citer
Le vieil homme tari par les ans
"Tari" dans ce contexte je doute que ça se dise, meme si on comprend ce que tu veux dire.
Citer
mais renonça aussitôt sentant ses muscles
virgule après "aussitot"

Citer
quelques mots quelque peu déformés
répétitions
Citer
lui conférait la grotte puis se jugeant assez frais sortit d
virgules après "puis" et après "frais".


bon j'arrête là pour l'instant, faut que je fasse une pause XD

Ton texte me fait penser à ces gateaux un peu secs et un peu compact qu'on a du mal a mâcher.
Sinon, en première impression (mais j'en dirais plus quand j'aurai fini) ton texte baigne dans la fantasy, il y le petit coté druidique qui se ressent fort, et l'histoire ne semble pas totalement dénuée d'intérêt, même si la scène d'introduction reste assez... habituelle, disons.

A suivre, donc...

P.S : Il y aurait plusieurs envoi ? Je dis ca un peu au hasard, mais si c'est trop long pense a déplacer ou a faire déplacer ton histoire dans la section romans-feuilletons ;)
« Modifié: 17 Avril 2009 à 17:39:47 par Jezy »
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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #3 le: 17 Avril 2009 à 18:19:45 »
au corps recouverts par une longe toge blanche.
recouvert

A sa droite était posé un long sceptre de bois blanc cassé dont à l’extrémité, bien qu’enroulé dans un fin linge couleur de sang scintillait une petite lumière d’intensité variable.
je trouve cette phrase archi lourde

et en fait je comprends pas, au niveau du sens, le "bien que", je vois pas où est le problème
faudrait raccourcir ta phrase

Une infinie de blanc.
infinité

Son visage creusé par les ans se crispa. (...)Le vieil homme tari par les ans
ça fait un peu doublon

Ces derniers eurent rapidement l’effet escompté
c'est sûrement personnel, mais je trouve que "ces derniers" c'est pas naturel, ça fait mauvaise
version latine

Ses membres le faisaient horriblement souffrir mais il s’obligea à bien enjamber son pentacle, ne voulant détruire son travail fraichement accompli , très éreintant , mais en premier lieu pour ne pas commettre d’erreurs dans son sort à venir… sort qu’il n’avait d’ailleurs pas pratiqué depuis des années… ou même des siècles.
il y a un problème avec la fin de la phrase, non ?
"mais en premier lieu.." c'est quoi le rapport avec le début ?
et les points de suspension, c'est pour quoi faire ? ( parce que j'ai l'impression que le narrateur ne sait plus ce qu'il voulait dire :mrgreen:)

Pour se remettre les idées en place après avoir eu un léger vertige du à des efforts conséquents


d’apparaitre
apparaître


j'ai pas du tout accroché
je hais les descriptions et on peut dire qu'avec ce texte, j'ai été servie :mrgreen:
je trouve franchement que c'est trop long et bien trop détaillé, on est assommé par la masse de détails qui franchement rebutent plus qu'ils n'intriguent ou construisent le personnage :-¬?
et en fait je ne parviens pas à distinguer tes intentions: c'est censé être ironique ? parodique ?
dans ce cas, il faudrait une vraie dérision
parce que là, ça rend quelque chose de bizarre je trouve :-[

mais ce n'est que mon humble avis...
« Modifié: 17 Avril 2009 à 18:21:53 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #4 le: 17 Avril 2009 à 18:41:34 »
Merci pour les commentaires, ca ne peut qu'aider, même si parfois certaines remarques peuvent être difficiles à encaisser....
J'ai beacoup rit en lisant vos comparaisons: le lampadaire ou je sais plus quoi et les biscuits secs. ;D
Vous pourriez pas donner qulques conseils concernant ma facon d'"crire, ce que je devrais accentuer, améliorer, cela me serait d'une aide precieuse)))))
en vous remerciant d'avance pour vorte PROFUSION de coms!!!

Hors ligne Kailiana

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  • Lial' | Calamar placide
Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #5 le: 17 Avril 2009 à 18:48:07 »
On a déjà mis des conseils sur ta façon d'écrire, c'est à toi de les utiliser si tu le souhaites.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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  • Tabellion
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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #6 le: 17 Avril 2009 à 18:56:24 »
Voici la suite pour ceux qui le souhaitent ( peu nombreux...))!!!! :'(

                ****
           Werworff avançait à pas lents mais réguliers au milieu des deux longues rangées de rochers. Au fur et à mesure que son effort s’accentuait sa respiration devenait haletante et il dut s’arrêter fréquemment pour faire des pauses et ainsi reprendre son souffle. Ah ! Que le temps était cruel !
          Il s’assit sur une abondante touffe d’herbe et tenta de se remémorer un sort de rajeunissement car paradoxalement la période de sommeil de cinq cent ans l’avaient plus fatigué qu’autre chose, tant physiquement qu’au niveau de son esprit. Ses traits autrefois tirés avaient au cours du temps laissés place à des rides. Ses os étaient devenus fragiles et menaçaient de céder à tout instant, au moindre choc.
          Apres avoir recouvré tout ses moyens et surtout son souffle il se remit en route et traversa d’une traite toute la distance qui le séparait de sa destination à savoir une petite salle creusée à même la roche dans laquelle reposaient ses amis. Il arriva après un bon quart d’heure de marche, il faut le dire plus que fatigantes, devant  la porte de la succursale, qu’il ouvrit magiquement d’un revers de la main.

          La porte grinça puis s’ouvrit. La pièce très exigu n’était que très peu remplie et avait pour principale décoration quelques étagères sur lesquelles reposaient  des livres usés et jaunies, et des fioles cassées ou contenant des liquides douteux et malodorants. Ses principaux occupants étaient des araignées qui avaient tissé des toiles un peu partout. Werworff dut d’ailleurs batailler avec quelques unes qui s’étaient emmêlées dans sa barbe, ce qu’il détestait par-dessus tout. Après s’être débarrassé de ses assaillants il enjamba la petite marche située sur le seuil de la porte et pénétra dans la salle. A sa grande surprise certains objets avaient été bougés et d’autres ne s’étaient jamais trouvés là ou du moins pas dans sa mémoire…  qui datait de  quelques siècles c’est vrai mais il était intimement persuadé que des visiteurs étaient passés par là.
          Son intuition fut très vite vérifiée lorsqu’un détail attira son attention. Il avait autrefois constitué une petite réserve de nourriture dans un coin de la pièce… et aujourd’hui elle était plus qu’entamée.  Il était impossible que des animaux ou autres créatures d’Ambrasuriane soient entrées puisqu’il avait protégé l’entrée de la succursale avec un sort d’illusion dissimulant la porte. Lorsque Werworff tourna son regard de l’autre coté de la pièce, il fut pris de panique. Deux couches se tenaient là, vides. Les lits de ses amis. Les lits sur lesquels ils les avaient faits se coucher avant de leur faire subir un puissant sortilège de paralysie et de sommeil.  Le mage tourna son regard dans tous les sens pour chercher ses amis, en vain. La respiration haletante, il souleva et retourna à l’aide de sa magie tout ce qui était susceptible de dissimuler quelqu’un : chaises, tables, vieux guéridons mais seule la poussière accumulée ca et là au fil des siècles ne sortait de sa cachette. Ou étaient-ils passées? Mystère. Qu'était-il arriver?

-Tu croyais qu’on t’attendrait ? Ou peut-être que tu nous pensais trop bête pour défaire le sort…
Werworff sursauta et ses sueurs froides s’intensifièrent. Il se retourna brusquement et vit, dehors, les deux personnes chères à son cœur qu’il était venu chercher.
-Tu pensais que tes sept petits sceaux magiques nous empêcheraient de sortir de ce truc qui tient à peine debout ? Ah Werworff. Vois-tu, tu nous déçois, dirent-ils à l’unisson un large sourire égayant leurs visages.
- Milwin et Jefaar… Comme je le disais à Vorfaal tout à l’heure, cela fait longtemps… et pour répondre à tes questions Jefaar, je ne vous pense ni bêtes, ni incapables de manipuler la magie… Le ton de sa voix révélait toute son émotion et il préféra ne pas la dissimuler voulant regagner peu à peu la confiance de ses amis.

        Milwin et Jefaar avaient joué un rôle primordial dans bon nombre de batailles sur les terres d’Ambrasuriane. Tout deux possédaient leur domaine de prédilection.
          Jefaar étant le plus grand stratège et le guerrier le plus bourrin de toute l’histoire, c’est pourquoi il avait été nommé général des armées de l’alliance. C'était était un homme de très grande taille, d’environ deux mètres cinquante, les cheveux long et gras, enroulés en une fine tresse maintenue par un minuscule anneau doré. Son visage, reconnaissable entre mille, possédait des caractéristiques qui le faisaient plus ressembler à un nain ou une autre créature des montagnes. Son nez imposant et aquilin faisait ressortir d’une part sa dentition chaotique et son regard farouche suggéré par ses yeux globuleux enfoncés dans des orbites aux dimensions cyclopéennes, et d’autre part  sa peau cireuse et balafrée, recouverte de brulures et de cicatrices multiples témoignant de sa vaillance au combat et surtout son inconscience face au danger. Son visage amoché aux joues creuses et aux pommettes saillantes, son menton carré et squelettique présentait une barbe hirsute et noire contrastant avec sa peau rouge sang.  Mais ce qui le différenciait tout particulièrement des hommes étaient ses dents. Il possédait des dents puissantes mais surtout, les canines de sa mâchoire inférieure sortaient de sa bouche à la manière d’un morse. Sa silhouette n’avait vraiment rien à envier à sa face. Il était assez corpulent, très lourd, et se mouvait difficilement. Et c’est justement cette dégaine pathétique qui coutait à coup sure la vie à ses adversaires. Expert  dans le maniement des armes, Jefaar était sans nul doute le guerrier le plus redoutable de tout le continent. Son armure de granit révélait sa poitrine opulente sur laquelle on distinguait quelques bilboquets et un pendentif en forme de lion ailé, le même  que celui représenté sur la bourse de  Werworff. Jefaar ne vivait que pour la guerre et ses morceaux de ferrailles dont il se servait pour trucider ses ennemis. Armé jusqu’aux dents, il défiait quiconque lui voulait du mal, repoussant toujours plus loin son plaisir pour les combats. Il possédait environ sept armes qu’il mettait en évidence pour faire peur aux personnes un peu trop curieuses, comme les enfants par exemples qu’il  aimait terrifier d’un seul et simple « bouh ! », jouissant à chaque fois de leur petits cris aigus. Les armes en questions ne visaient tout bonnement qu’à détruire et à causer le plus de dégâts possibles. Il portait verticalement dans le dos une hache au manche de bois épais et à la lame aiguisée et d’une taille monumentale. Sur sa hanche gauche et sa hanche droite reposaient de petites épées courtes positionnées horizontalement, elles tenaient deux par deux grâce à des fourreaux de métal, eux-mêmes soutenus par l’armure de granit. Ses bijoux préférés, les deux armes que le guerrier affectionnait plus particulièrement et qu’il chérissait plus que la prunelle de ses yeux étaient ses deux épées courbées aux lames longues, affutées et meurtrières. Elles étaient positionnées de manière à pouvoir les dégainer  le plus rapidement possible le cas échéant, accrochées en croix dans le dos une nouvelle fois. Même si cette « homme » penaud, adepte du meurtre et à l’intelligence mesurée pour ne pas dire inexistante – hormis dans les stratégies de batailles- possédait tout de même des armes magiques, ayant acquis les bases de cette discipline aux cotés de Werworff, expert reconnu par ses pairs. Il se montrait d’ailleurs assez doué en la matière mais comme d’ordinaire, il préférait apprendre puis utiliser des sorts plus destructeurs qu’efficaces.

-Ah ! Il n’y a personne à tuer, dit-il d’un air dépité.
-Pas pour l’instant mon ami, répondit Werworff en éclatant d’un rire sonore. Garde tes forces et calme tes ardeurs, nous en aurons bien besoin durant notre quête, qui à mon humble avis ne sera pas de tout repos…
-Une quête ? S’étonna Milwin, la jeune guérisseuse.
-Oui, une quête, renchérit le vieux mage avant que son amie ne commence à le questionner, enfin si on peut appeler ca comme ca… disons plutôt que le but que nous avons tous aura  peut-être, je dis bien peut-être une infime chance d’aboutir.
-Ah, je vois, attesta-t-elle, n’ayant eu besoin que d’une poignée de secondes pour comprendre de quoi il retournait. Elle avait toujours été une des têtes pensantes du groupe et un pilier de leur pseudo fratrie.
- Vous ne pourriez pas être un peu plus clair et arrêter avec vos sourires benêts ? Vous savez à quel point je déteste ca, ca me fous en rogne, et vous prenez toujours du plaisir à vous foutre de moi !
-Oh !non, nous n’oserions pas, se moqua la guérisseuse en faisant rire Werworff aux éclats.
-C’est ca, fous toi de moi, et après tu pourras toujours essayer avec une hache en pleine tronche !
Werworff rit de plus belle et se réjouit de retrouver ses amis, qui, il faut le dire, n’avaient pas changé d’un iota.
-Bon, il faut nous mettre en route, les interrompit Werworff, trêve de paroles et préparez-vous je vous prie. Milwin, peux-tu toujours te téléporter ?
-Bien sur, pourquoi cette question ? Se renfrogna-t-elle, un peu vexée.
-Oh, non je voulais simplement m’assurer que tu le pouvais après notre long sommeil.
-Je suis en pleine forme, rétorqua-t-elle sur un ton dure et menaçant qui fit sourire le mage. Toujours aussi susceptible, pensa-t-il.
-Et toi Jefaar, peux-tu tenter une incantation ?
-Pour qui tu me prends blanc-bec ?
-Ca va, ca va, désolé s’excusa-t-il, pouffant de rire. Allons-y dans ce cas. Werworff se retourna et se mit en route quand Jefaar l’apostropha.
-Eh, Werworff !
Ce dernier se retourna promptement et regarda son acolyte, attendant sa potentielle question.
Jefaar prit une position de vieillard ridicule et regarda Werworff droit dans les yeux.
-Et toi Werworff, peux-tu tenter une incantation, dit-il d’une voix pathétique ressemblant étrangement à celle du mage.
L’imitation de son ami fit rire aux larmes Werworff qui ne put s’arrêter qu’après une bonne dizaine de minutes.
Milwin s’était déjà téléportée sur la cote et envoyait des messages magiques aux deux hommes, s’impatientant quelque peu.
-Je vais rejoindre Vorfaal, on se retrouve sur la crête, il faut qu’on parle…
-Ok, opina le guerrier d’un bref signe de tête.
Ce dernier sortit de son armure une petite bourse similaire à celle de Werworff. Il sortit une bonne poignée de poudre verte et commença le même rituel qu’avait effectué le maga un peu plus tôt. Ses avant-bras s’illuminèrent et il claqua ses deux mains l’une contre l’autre. Au même moment, la créature qu’avait appelée Jefaar se présenta devant son maitre. Un glitz. Un être puissant et très intelligent ayant l’apparence d’un tigre mais présentant une mâchoire constituée d’une centaine de dents acérées, un animal certes petit mais très trapu.
-Bonjour à toi, salua Jefaar.
La créature, différente de Vorfaal, ne parlait pas mais comprenait chaque faits et gestes de son maitre. Il manifesta sa joie en sautant partout et en léchant son maitre avec de grandes lapées tartinant ainsi la figure de Jefaar de bave visqueuse et dégoulinante.
-Ca va, arrête maintenant ! Milwin va encore me sermonner, alors faut se dépêcher !  Par contre on va un peu se mouiller, on y va à la nage, comme toujours ! Jefaar fais ci, Jefaar fais ca ! Jefaar saute dans ce trou pour voir si c’est profond, Jefaar avance et va voir si c’est piégé ! Toujours moi qui me tape les saletés ! Bien sûr si j’avais demandé à Werworff de m’amener il aurait répondu que son piaf ne pouvait nous porter tous les deux, comme d’ab.

       Il se hissa sur le dos du glitz en continuant de marmonner dans sa barbe, et lui ordonna de se mettre en route. Au même moment, Werworff retrouvait Vorfaal. Eux aussi ne mirent que peu de temps à se mettre en marche impatient de débuter une importante conversassions dans laquelle chaque parti tentera de défendre ses idéaux au travers d’arguments concrets, comme ils aimaient procéder auparavant. Après un court voyage pour Werworff et Jefaar, les trois amis se retrouvèrent sur la colline surplombant la plage de la crête, mangeant et riant autour d’un bon feu, profitant de leurs derniers instants de répits avant de partir pour une longue et périlleuse odyssée.


« Modifié: 17 Avril 2009 à 19:02:58 par un amateur... »

Hors ligne Maelstrom

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #7 le: 17 Avril 2009 à 23:16:32 »
Intéressant, personnellement j'aime beaucoup les histoires de ce type, mais cette fois je sais pas, ce n'est pas venu me chercher  :-\

Je suggère comme Jezy d'aérer, de faire plus de paragraphes et de ne pas avoir des gros blocs durs à digérer. Aussi, vas-y mollo avec la description. C'est une histoire qui a besoin d'un bon rytme, et non la caméra qui film chaque caillou et qui la decrit avec précision (beau vocabulaire mais attention, trop c'est comme pas assez).

Finalement, c'est pas mon genre de corriger des fautes de syntaxe, grammaires, accords, blablabla...mais y'a un truc que je ne pouvais pas avaler:

Le gigantesque aigle originaire du royaume des Dieux s’avança à pas feutrés vers l’entrée de la grotte. Ses serres crissaient au contact de la roche noire et la brisaient à chaque pas qu’il faisait. ->Euh...des pas feutrés c'est pas supposé de ne pas faire du bruit?  :o Ou au moins un bruit assourdit? Si c'est mon français qui est poche signalez-le moi mais moi j'etais perdue  :'(
Unta onko tää,/Est-ce un rêve?
Vai kuolema jossa palata sinne saan missä/Ou la mort où je veux retourner où
hiillos jo luovuttaa lumen alla/Les embres abandonnent espoir sous la neige
Kun astun maailmaan, erämaan aikaan/Lorsque je rentre dans ce monde, le temps
- Tuomas Holopajnen,

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #8 le: 21 Avril 2009 à 12:05:33 »
oui c'est vrai que ca ressemble à un bloc mais j'ai pas voulu trop espacer pour ne pas faire    trop long.

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #9 le: 29 Avril 2009 à 09:32:05 »
faites moi savoir si vous désirez lire la suite que j'ai terminée il y a peu.

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  • Tabellion
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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #10 le: 09 Mai 2009 à 10:55:32 »


         Les trois camarades étaient positionnés en cercle autour du petit feu de bois qu’ils avaient allumé, fumant le gibier que Vorfaal avait chassé et que le Glitz n’avait pas dévoré. Jefaar avait du procéder  à sa révocation, l’animal horripilant au plus haut point Milwin qui détestait les manifestations débordantes de l’acolyte du guerrier. C’est donc de bonne humeur et le cœur emplit de joie que les comparses discutaient et se racontaient des anecdotes du passé, que ce soient lors des combats ou dans la vie quotidienne.
          Tous trois avaient grandi ensemble dans les hautes tours des immenses châteaux de la capitale d’Ambrasuriane, du temps ou la liberté primait sur chaque lopin de terre du continent.
          Werworff naquit  et vécut durant son enfance dans une famille aisée, étant reconnue de tous et respectée par les plus grand, et ayant une classe et un degré de puissance magique telle qu’elle fut nommée responsable de l’enseignement en matière de magie sur tout le continent. Werworff était l’ainé d’une famille constituée de son père, Guillion Miralar, de sa mère, Tierra Miralar, et son petit frère, Mor’Ghost, peu doué pour tout ce qui touchait à la magie. Son petit frère inquiétait d’ailleurs beaucoup Werworff. En effet il n’avait aucun ami, restait seul la plupart du temps à lire des livres noires, mystiques, et pratiquait les expériences qui y étaient inscrites. Il vivait la nuit, dormait le jour. Même si sa vie ne fut pas exempte de tous reproches, il demeura heureux… puis mourut loin de sa maison, de sa femme, de sa famille, officiellement dans un accident du à une mauvaise manipulation lors d’une ses expérience morbide, malsain et surtout démentiel. Werworff, lui était un adolescent stable et équilibré, sans problème, très doué pour les sorts et les enchantements, et déjà plus capable que la plupart des pratiquants de la Guilde. Il étudiait la magie avec son père, un Mage de classe moyenne qui  enseignait depuis peu. Le jeune garçon avait par ailleurs très vite dépassé son père que ce soit au niveau de son pouvoir ou au niveau de la maitrise et des connaissances en matière de magie.
         Milwin, elle, étudiait aussi la magie mais s’était très rapidement réorientée vers les pratiques de guérison, démontrant des capacités hors normes et des qualités indéniables, qui lui attirèrent par surcroit les foudres de ses camarades, jaloux car beaucoup moins habiles.
        Tant s’en faut, Jefaar, lui, vivait dans la rue, rejeté par tous, fui, malaimé et sans cesse diffamé. Werworff l’avait croisé dans une sombre ruelle ou il était venu chercher un livre, sois disant, sal, puant, embusqué dans un coin, les genoux relevés contre sa poitrine, et les yeux pleins de larmes. C’est Werworff qui avait engagé la conversation et les deux jeunes garçons, alors encore en début d’adolescence, avaient tout de suite sympathisé. Le jeune Mage le faisait entrer chaque nuit par la fenêtre de la tour, que Jefaar n’avait aucun mal à escalader malgré les quelques dizaines de mètres à monter, et tout deux restaient enfermés dans la bibliothèque du château toute la nuit. Milwin mit plus de temps à accepter Jefaar, qui était en apparence très différent, mais qui avait un cœur d’or et une sensibilité à fleur de peau. Soudés plus que jamais les trois jeunes gens faisaient les quatre cents coups dès qu’ils le pouvaient, envoyant les ustensiles de cuisine des servantes dans des dimensions dont eux seuls connaissaient l’existence, enfermant des paysans dans les catacombes du château, et parfois même volant le coussin et l’édredon  préféré du roi en personne  pour aller les donner aux porcs qui se délectaient de l’odeur de jasmin dégagée par les  coussinets.
         Mais ils avaient vieilli. Beaucoup vieilli. Beaucoup trop. Leur corps n’avait pas subi de conséquence étant donné qu’ils pratiquaient fréquemment des sorts de rajeunissement, et durant leur sommeil de cinq cent ans, ils s’étaient maintenus dans un champ magnétique gardant leurs cellules hydratées et dans un continuel renouvellement. Leurs esprits, eux, gardaient des séquelles de leurs nombreuses guerres. Le sang qui se répandait lentement sur les champs de bataille, les cadavres qui s’entassait sur le front, voir ses amis morts, le visage tordu par la douleur, les yeux dans le vague. Ils avaient du affronter toutes sortes de situations, vaincre la tristesse devant la mort de ses compagnons d’armes, devant l’anéantissement de sa légion, toujours combattre l’ennemi. Toujours le même ennemi. Morgilias. Après sa grande victoire sur l’armée des peuples de l’Alliance puis la mise en place de Terre Whyte, le territoire qui avait été attribué aux survivants, le maitre des Spirits tenta longtemps de retrouver les trois artéfacts du Myss. Mais en vain. Ils étaient bien cachés, Werworff en avait pris soin, et seul lui connaissait leur emplacement sur le continent. Ce dernier n’avait d’ailleurs aucune idée de ce que devenait Terre Whyte et si ses habitants se portaient bien, ou même s’ils étaient toujours en vie.
          Les rires cessèrent sur la crête. Puis les visages se fermèrent. Un silence s’installa. Long. Très long. Personne n’osait prendre la parole, même si tous savaient de quoi il retournait. Une nouvelle fois c’est Werworff qui prit le premier ses responsabilités, d’un ton marquant tout son sérieux.
-Bien. Nous devons parler…
-Oui, tu as raison, reprit Milwin, le regard inexpressif.
-On t’écoute, continua Jefaar à l’attention de Werworff.
Werworff se racla la gorge et poursuivit :
-Si nous sommes là aujourd’hui, c’est qu’un message nous est parvenu, et à temps.
- Jusque là nous suivons, approuva la guérisseuse. Mais lequel ? Apparemment toi seul le sait…
- Continues Werworff, confirma Jefaar.
Werworff attendit un peu avant de continuer, sachant pertinemment que l’annonce qu’il s’apprêtait à faire à ses amis allait leur causer de gros dégâts psychologiques pour les jours à venir.
-Un nouveau Myss est né, et a atteint ses dix ans, l’âge de maturité magique.
Jefaar recracha ce qu’il venait de mettre dans sa bouche, et régurgita même les dernier morceaux de viande qu’il avait avalé, sous le choc. Milwin, elle, plus à cheval sur les règles de bienséance, se contenta de regarder dans le vague, son regard révélant toute sa stupeur et son ahurissement.
-C’est impossible. Réellement impossible, murmura-t-elle.
Après une courte attente, Jefaar rebondit :
-Comment le sais-tu ?
-Il y a cinq cent ans, après vous avoir jeté les sorts d’ensommeillement, je suis allé rendre visite à Surlient,  il m’a promis de me prévenir le cas échéant, et lorsque j’ai reçu son appel, le sort vous retenant s’est brisé, je vous l’avoue, je ne sais pas trop par quel miracle. Milwin et Jefaar froncèrent les sourcils en signe d’incompréhension.
-Qui est ce Surlient ? Questionna Milwin.
-Vous ne le savez pas ? S’étonna le Mage. Il regarda tour à tour Milwin et Jefaar puis comprit très vite, devant leur visage ébahi, qu’ils ne connaissaient pas l’identité de Surlient.
-Voyez-vous, débuta Werworff qui cherchait ses mots, il existe entre le royaume des Dieux et le notre, une dimension minuscule, qui n’est en fait qu’une sorte de… crypte dans laquelle sont consignés tout un tas de livres à vocation magique.
- Quel dimension? Une crypte ? Des livres à vocations magiques ? Qu’est-ce que tu nous raconte Werworff ? S’énerva Jefaar. Le Mage lui fit signe de se calmer et le guerrier se rasséréna.
- Dans cette crypte… Werworff attendit un court laps de temps pour capter l’attention de son auditoire, puis il poursuivit son récit. Dans cette crypte, vivent trois Gnomes.
-Quoi !? Des Gnomes… chancela Milwin.
-Ce sont les derniers de leur espèce, approuva Werworff.
-Continues, ordonna Jefaar, peu ému à l’idée que la race des Gnomes n’avait pas totalement été exterminée.
-Ils sont immortels en vérité, mais seulement lorsqu’ils restent dans leur dimension. Ils sont en quelque sorte les gardiens de ces livres sacrés, écrits ou fabriqués par certains Dieux en personne. Surlient est le chef de cette mini-unité. Il existe un bon nombre de livres dans cette bibliothèque, mais un seul a vraiment une incidence directe sur le monde, le notre du moins…enfin, je crois, opina-t-il un sourire énigmatique étirant son visage. Ce livre s’appelle le Shuratiy.
-Quel nom bizarre, et assez moche, dit Jefaar, déçu.
-OH ! Crois-moi, si le nom ne te plait pas, tu risques à mon avis d’être assez fasciné par ses capacités. En effet… Werworff marqua une nouvelle pause comme il aimait le faire lorsqu’il contait une quelconque histoire ou anecdote, dans le seul de braquer sur lui tous les sens de son assistance. En  effet, ce livre a la faculté de consigner dans ses pages chaque fait, chaque action qui se produit sur le continent, par exemple, Jefaar, le fait de manger ce bout de viande est retenu dans les pages du Shuratiy. Enfin quand je dis dans les pages, c’est plutôt dans la page, car voyez-vous, toutes les pages de ce livres sont collées, reliées entre elles, hors-mis la double page centrale du livre. Dans cette double page, les actions effectuées s’inscrivent en temps et en heure, puis disparaissent à jamais.
Milwin, plus perspicace qu’à l’accoutumée, comprit tout de suite ou son ami voulait en venir.
-Je vois, et c’est ce Surlient qui t’as prévenu lorsqu’il a vu s’inscrire sur le livre l’anniversaire de ce gamin et le potentiel qu’il dégageait.
-Pas exactement, mais c’est à peu près ça, le concept. En fait, la vitesse d’écriture est telle que même les Gnomes ne peuvent lire ce qui y est écris, mais grâce à un sortilège complexe qui les relie au livre, eux aussi suivent ce qui s’écrie, puis le recopient sur du parchemin traditionnel, qu’ils enferment par la suite dans leurs archives. C’est là que le second Gnome, chargé de relire ces parchemins, a eu vent du terme Myss. Le troisième Gnome, Surlient en personne, chargé de faire suivre le message, m’a prévenu par l’intermédiaire de l’esprit du vent. La suite, vous la connaissez. Et nous voilà, ici, tous les trois.
-C’est assez inattendu, mais je suis d’avis d’aller le chercher s’il n’est pas déjà dans notre monde, sur Ambrasuriane. Si Morgilias a un quelconque moyen de faire cette découverte, il est envisageable que lui aussi aille le chercher, mais pas pour les mêmes raisons que nous.
-Je suis du même avis que toi, dit Jefaar.
-Pareille pour moi, continua Werworff.
-Quand partons-nous ? Se réjouit le guerrier de débuter une nouvelle quête en compagnie de Werworff et Milwin.
-Allons ne sois pas si impatient, Jefaar, nous avons déjà un certains nombre de détails à régler avant notre départ, mais d’un coté tu as raison, nous devons faire vite.
-Moi, je peux aller à la porte en me téléportant, mais vous devrez y aller par vos propres moyens.
-Toi aussi Milwin tu devras nous accompagner, je te rappelle que nous sommes toujours recherchés par Morgilias, et le fait de te téléporter laisserait une trace magique trop importante, on ne peut se le permettre.
-Je me suis bien téléportée tout à l’heure, le contredit Milwin.
-Tu as pu téléporter tout à l’heure sans te faire repérer sur une distance d’à peine cent mètres.
-C’est vrai, tu as raison, il vaut mieux être prudents.
-Des provisions nous ralentiraient, enchaina Jefaar, des sorts feront l’affaire, je pense.
-Des sorts qui nous affaibliront, espérons ne pas tomber sur une troupe de Spirits.
-Et pourquoi pas ? J’ai bien envie de leur foutre une petite raclée à ces fils de chiens !
-Pour nous faire repérer ? Hors de question, tu te tiendras tranquille, et si ce cas venais à se concrétiser nous veillerons à contourner nos ennemis.
-Ca va, ca va, c’est compris, pas de mêlée, pas de morts, on se tient tranquille. Cela dit, je ne suis pas sur que mon Glitz fasse de même, il est assez friand de ses bonhommes qui craquent sous les dents !
Jefaar se mit à rire et Werworff l’imita, heureux que son ami ait détendu l’atmosphère.
-Vous êtes répugnant tous les deux, toi et ta bestiole immonde, beurk ! s’exclama Milwin qui s’éloigna du campement improvisé, dégoutée.

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Re : Chroniques d'ambrasuriane.
« Réponse #11 le: 09 Mai 2009 à 10:56:01 »
Elle marcha un peu et alla se poster sur l’à-pic d’un rocher pour contempler la vue qui s’offrait à eux depuis leur arrivée dans l’après-midi. Après s’être aéré la tête et ramoné les sinus, elle se retourna vers le campement, mais un petit détail attira son attention, une chose qui n’était pas là lorsqu’elle était arrivée. Plus haut dans la colline, Milwin qui avait pris du recul, apercevait une petite silhouette. Cette dernière sortit un petit objet de forme conique et arrondi qu’elle porta à ses lèvres.
-Non ! hurla la guérisseuse. Trop tard. De l’index et du majeur elle désigna le Spirit qui soufflait à plein poumons dans son cor. Une petite lueur blanche illumina ses doigts fins, et un trait mortel fendit l’air, puis alla se ficher en plein milieu du front de l’ennemi. Déjà les soldats de son régiment, environ une cinquantaine, dévalaient le flanc droit de la colline, noircie par la foule de Spirits. Werworff et Jefaar, attirés par le cri poussé par Milwin, rejoignirent leur sœur d’arme, puis ils se mirent en formation, celle d’antan à savoir en triangle, Werworff en tête.
-Laissez-moi la première ligne et le centre de la colonne. Jefaar à gauche, Milwin à droite. C’est parti.
Jefaar dégaina deux épées recourbées et se rua sur le flanc gauche. Ses deux lames virevoltèrent, il trancha une tête, puis deux. Sa percée dans les rangs adverses était faite. Les deux lames tranchantes passèrent de ses paumes calleuses à ses doigts musclés,  il les envoya à la manière d’un lanceur de couteaux. Elles coupèrent net deux ennemis en quatre, avec une violence inouïe. Il sortit quatre autres petites épées aussi acérées les unes que les autres, qu’il projeta une nouvelle fois dans les rangs Spirits, totalement pris de court et de vitesse. Maintenant que son flanc était bien entamé, la machine de guerre tira de son dos son arme favorite, l’immense épée qui avait fait sa renommée, longue de trois mètres, épaisse d’une dizaine de centimètres et plus aiguisée que n’importe quelle arme. Il avait du à contre cœur se séparer un peu plus tôt se séparer de sa hache ayant été rouillée lors de la traversée ; il s’était ensuite fait une joie d’insulter ses deux « amis » qui l’avaient forcé à faire ce passage par ses propres moyens. Les deux débutèrent une danse plus mortelle que toute celles qu’ils avaient pu pratiquer auparavant. Il frappa horizontalement et découpa cinq antagonistes puis courut volontairement au milieu des rangs adverses, qui, pensant avoir encerclés Jefaar se rapprochèrent de plus en plus de leur futur meurtrier. Ce dernier sourit  devant la naïveté Spirit avant d’abattre d’un seul coup le reste des ennemis chargés de tenir la partie gauche de la colonne, absolument désorganisée. Werworff lui de son coté, prépara le sortilège qu’il jugea le plus propice à la situation. Il sortit son bâton d’un pan de sa robe, et le planta fermement dans le sol mou et humide de la crête. Son aura commença à émettre une faible lumière bleue qui illumina l’aire de combat, plongée dans la pénombre. Il concentra une nouvelle fois  toute sa magie disponible dans ses avant-bras, qui brillèrent fortement, dessinant lentement des marques et des symboles complexes.
-Chemin de la destruction numéro neuf, marvor dodompalak !
Il frappa le plus fort qu’il le put sur l’extrémité supérieure de son bâton, et une explosion suivie d’un bruit sourd retentit dans toute la crête. Une onde se propagea, et détruisit tous les Spirits, environ une trentaine, qui furent littéralement réduis en miettes et en cendres grises. Milwin tua les derniers survivants à l’aide d’un sort mineur, le sol boueux devint liquide et les Spirits coulèrent à pic, noyés puis enterrés vivants. Tous avaient été anéantis en une dizaine de minutes, sans aucun moyen de se défendre. Tous… sauf un. Un seul petit Spirit. Un Spirit se tenait debout enroulé dans une cape, le capuchon rabattu sur le visage. Jefaar se rua sur lui en hurlant :
-Il est pour moi celui-là !
Il arriva à trois pas de l’individu, toujours immobile, toujours invisible. En une fraction  de seconde il ouvrit brusquement les bras et sa cape s’envola. Le Spirit, à l’aide d’un sort inconnu des trois Volongaii, repoussa Jefaar aux pieds de ses amis, ses habits calcinés et le visage maintenant brulé.
-Un Mage ! hurla Milwin. Sale traitre !
Werworff tomba à genoux et prit son visage entre ses mains. Quelque chose venait de se produire. Cette chose, c’était l’apparition de cet homme, mais pas n’importe quel homme, le Spirit, il n’était pas mort, il était donc puissant, plus puissant que Werworff. Or, un seul homme était plus fort que Werworff, le seigneur des Spirits. Mais là ce n ‘était pas lui c’était un homme qu’il avait toujours connu, mais qu’il croyait mort, et qui avait ressurgi tout droit des fantômes du passé et des cauchemars d’autrefois. Mais que faisait-il là ? Comment était-ce-possible ? Comment avait-il pu ? Et pourquoi ? Pourquoi s’opposait-il à Werworff ? Après tant d’années, des siècles…
-Werworff ! Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui t’arrive, paniqua la guérisseuse.
-Je…Je vais bien…Occupe toi de Jefaar !
Werworff avait les yeux rivés sur le Mage Spirit. Milwin, étonnée de voir les deux hommes se fixer du regard, se tourna vers son frère d’arme.
-Tu le connais ? Werworff, tu le connais ? Réponds-moi !
-Bien sur que je le connais !
Milwin ne l’avait jamais vu lui parler sur ce ton. Son visage maquillé par les larmes qui ruisselaient, trahissait son angoisse et son affolement.
- …c’est…c’est mon frère, mon frère cadet, Mor’Ghost…
Mor’Ghost s’avança à pas feutrés vers le petit groupe, et s’arrêta à une quinzaine de mètres. Il pratiqua un sort de lévitation sur Werworff, puis l’attira jusqu’à lui. Leur nez aurait pu se frôler s’ils l’avaient souhaité, tellement la distance qui les séparait était courte. Un sourire ignoble étira les lèvres du petit frère de Werworff.
-Bonjour, grand-frère. Tu es assez faible, dis-moi. Ne t’en fais pas, je ne t’emmènerai pas voir mon maitre, pas tout de suite, je vais te laisser partir. Je ne sais pas ce que tu trames dans notre dos avec tes petits copains, mais je le découvrirai, ce n’est pas un problème. Quand je serais parti, monte un peu plus haut sur la colline, et descends dans la plaine. A l’orée de la forêt nous avions établi notre base. Rends-toi au centre de la base et entre dans la tente principale, c’est la mienne, un cadeau t’attends sur ma couche, mais fais-y attention, il a une valeur inestimable. Sache tout de même que si tu recroises ma route… je te tuerai, alors… fais attention à toi, grand-frère. Au revoir.
Werworff, incapable de prononcer ne serait-ce qu’un mot ou même de lever le petit doigt, se laissa tomber sur le sol, le visage dans la boue, inerte.
Mor’Ghost salua d’un bref signe de tête les deux Volongaii restés en retrait, toujours le sourire aux lèvres. Il susurra des mots incompréhensibles puis il disparut dans un nuage de fumée noire balayée peu à peu par le vent, laissant les trois compagnons  groggys et perclus dans le silence morne de la colline jonchée de cadavres.



   
     

 


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