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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le marché de Mae Wang

Auteur Sujet: Le marché de Mae Wang  (Lu 794 fois)

Mathis C

  • Invité
Le marché de Mae Wang
« le: 09 Mars 2016 à 18:29:44 »
Bon , sans plus attendre, on rue tout de suite dans les brancards. Voici un extrait de l'une de mes visites hasardeuses dans le marché d'un obscur village Nord-Thaïlandais. Merci de vos retours !

Le marché de Mae Wang

Le marché de Mae Wang se réveille. Un marché tout droit sorti de ces récits nippons à la nébuleuse prononcée, où les clients se font plus discrets que les marchands et la somnolence habite le mouvement comme une seconde peau. Il est tôt, il y a encore un peu de nuit dans les esprits. Ici, une main tremble en tendant une assiette de Pad Thaï. Une autre lui tend la monnaie. Là-bas, des bras lourdement engourdis agitent le balais et font danser la poussière dans un laborieux qui contamine le pas : je ralentis un peu. Nul besoin de se presser.

Hier, en revenant de la ferme de Wat et en route pour Chiang Mai, j’y rencontrai la famille Jai Peng. Ils tiennent une boutique de souvenirs et un hôtel un peu en retrait. Hôtel … bien grand mot. Plutôt de ces lieux de villégiature où les lits restent souvent froids. Sentiment de joyeuse exclusivité qui vous saisit tout entier alors quand vous y mettez les pieds pour la première fois. On y trouve une chambre spartiate, d’une simplicité nostalgique, avec ce qu’il faut pour curer la fatigue du chemin et la laisser s’effacer doucement de la mémoire  une fois les lieux investis. Murs de plâtres, sol en terre, plafond de pierre, lampions en toc. Deux lits combattent la solitude comme ils peuvent et n’ont d’autres programmes à se mettre sous la dent que l’écran toujours noir d’une télévision cathodique, plus ancienne encore que le meuble qui la supporte. Au centre de la pièce, un sofa couleur bouteille cherche désespérément à créer le « cosy » dans une pièce qui respire le « convenable ». Raison suffisante pour retarder mon arrivée dans la capitale du Nord.

Le marché de Mae Wang se réveille. Il consiste en un grand hall couvert déposé là par je ne sais quel architecte un peu distrait et prend vie en crescendo tandis que les voix s’amplifient au fil des heures. Curieuses spectatrices, quelques masures s’agglutinent autour de la place centrale et proposent produits et services variés ; papeterie, jouets informels, barbier, et même un opticien. Les petites vieilles qui étalent leurs légumes sur les draps blancs en trésors de chaque jour abritent toutes les saisons sur leur visage. Elles vous ignorent ou au contraire vous donnent des sourires qui n’ont plus que les gencives à offrir.

Mais elles forcent l’admiration. La gestuelle est tout en efficacité. C’est d’ailleurs bien ce qui les rend si photogéniques : les dos courbés ont des circonstances justifiées et des histoires à raconter. Pas de ces problèmes de lombaires que cause généralement un mépris oublieux pour le corps. Ici, c’est bien plutôt le choix qui a fait défaut, car le travail n’y connaît pas de quota et la subsistance encore moins. Alors on s’abîme, pour de vrai, sans faux-semblant. On n’a plus rien à cacher. Et c’est beau. Gardez donc votre doigt en continu sur le déclencheur de vore appareil photographique, il n’y aura pas un seul cliché à jeter. Aucun. Les grand-mères Siamoises font de merveilleuses figurantes dans le grand récit du quotidien.

Je me suis assis à une table accolée à l’extérieur de la boutique pour noircir ce carnet entretenu en demi-teinte ces derniers jours. J’en profite, les Jai Peng dorment encore. La machine à écrire du grand-père me regarde faire, à côté de moi, couchée sur la table.

Bruit de porte qui peine. Quand on parle du loup. Le grand-père vient de se lever et me salue gentiment. Il me dit être sur le départ pour sa ronde matinale avant de disparaître entre deux rangées de poissons frais en m’arrachant un sourire au passage. Je me demande s’il me faudra toutes ces années au compteur pour espérer atteindre cette constance qui me fait tant défaut.

Le marché de Mae Wang se réveille. Le petit monde qui commence à s’ajuster autour de lui porte des habits peu habitués à sortir des armoires. Depuis deux jours, le froid est tombé sur la Thaïlande. C’est une première pour moi. Peut-être bien pour eux aussi. Il y a comme une fausse note dans l’air qui fait grincer des dents ces mines d’oisillons égarés, la brume collée à des visages qui n’en ont pas l’habitude. Ils portent des éclats de rêves inconnus quand vous leur évoquez la neige ; combien pourtant gardent le dos droit à la première bruine malvenue ?

Mais bouleversement météorologiques à part, il est heureusement des maximes qui ne se perdent pas. Oui, après la pluie, le beau temps. Reprenant leurs droits comme une ancienne coqueluche sur le retour une fois la mâtiné terminée, les températures auront fini par grimper à nouveau, lentement, progressivement, histoire de laisser le temps aux os de sortir de leur torpeur. J’ai retiré ma veste. Il fait bon maintenant : le marché de Mae Wang s’est réveillé.
« Modifié: 09 Mars 2016 à 18:32:00 par Mathis C »

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
  • Messages: 141
Re : Le marché de Mae Wang
« Réponse #1 le: 09 Mars 2016 à 19:28:27 »
Bonjour,

Je pense que ton écrit n'est pas réellement un récit mais bien un texte descriptif de ce marché.
Dans l'ensemble, je trouve que tes phrases sont (trop) longues. On perd parfois le fil.

Je pense que ton texte mériteraient une profonde relecture.

Au plaisir.

Mathis C

  • Invité
Re : Le marché de Mae Wang
« Réponse #2 le: 13 Mars 2016 à 06:24:30 »
Merci beaucoup AJGF, j'apprécie le retour.

Pourrais-tu m'indiquer les passages qui t'ont paru particulièrement long pour que je puisse me concentrer dessus ?

Merci encore et à très vite,

Mathis.

 


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