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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Pignon sur rue

Auteur Sujet: Pignon sur rue  (Lu 5374 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Pignon sur rue
« le: 29 Février 2016 à 18:47:29 »
Mon papa est extraordinaire.
Mon papa est extraordinaire et tout le monde rêverait d'en avoir un pareil, c'est sûr !
Mon papa est très grand, très beau, très bien habillé. Quand c'est lui qui va chercher le pain, ou le gâteau du dimanche, il faut voir la petite vendeuse de chez Tourette, comme elle rosit de confusion, se trompe dans ses comptes et lui dit trois fois «  Au-revoir-merci ! ». La vieille voisine me dit toujours : « Ah, ça, ton père, il est bel homme ! Et bien élevé avec ça ! »
Remarquez, c'est le docteur du quartier, mon papa, c'est pour ça qu'il est bien élevé. Il a fait des études très longues et compliquées et maintenant il soigne les gens malades, les bébés, et les enfants qui sont tombés ou qui ont mal au ventre.
Nous habitons une belle maison qui était à mon pépé, quand nous on habitait une maison plus petite, tout près d'ici. Papa reçoit les patients dans l'ancien salon, et moi je dois entrer par derrière pour pas déranger. Souvent, d'ailleurs, si le temps le permet, on préfère que je reste dans le jardin. La grande cabane à outils de mon pépé est mon abri préféré. Personne n'y a rien touché, et je me rappelle des tas de souvenirs avec lui, en regardant son établi et tout son matériel.

Parfois on vient chercher papa pendant la nuit. Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Tout le monde aime mon papa.
Il est très content dans notre nouvelle maison, il dit que c'est très bien d'avoir « pignon sur rue », je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais il est ravi d'avoir « pignon sur rue », il en parle souvent à maman de son « pignon sur rue ».
Maman... Elle est très belle, elle aussi. La vieille voisine dit que papa et maman « forment un très beau couple ».
Ma maman a les cheveux les plus longs que j'aie jamais vus. Ils sont tout noirs, et quand elle les détache, ils descendent presque jusque par terre. Mais je ne les vois pas souvent défaits. La plupart du temps ils sont réunis en un grand chignon avec des tresses, cachés sous un foulard ou un chapeau quand elle sort. Le soir, elle les brosse longtemps devant sa coiffeuse, avec l'aide de la bonne, mais je dors déjà quand c'est le moment. Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est. Elle porte souvent des robes magnifiques toutes resserrées à la taille et qui descendent comme de grandes corolles à l'envers. Elle en a une verte satinée, une blanche avec plein de fleurs minuscules, une avec des rayures noires et marron. Plein d'autres encore. Dans l'après-midi parfois elle s'endort en lisant sur un canapé, après avoir bu sa tisane, et si son châle glisse, on peut voir son épaule lisse et blanche comme une boule de porcelaine.

Le dimanche, quand on revient de l'église, maman tient le bras de papa. Elle porte une ombrelle de dentelle couleur ivoire, et sourit à tout le monde ; sa robe danse à chaque fois qu'elle avance une jambe et papa, dans un costume clair, lève son chapeau quand il croise des dames. Moi je cours derrière, je tiens les missels et je bavarde un peu avec les copains. En les croisant, Papa dit à madame Dumont : « Je vous ferai porter de la rhubarbe ce tantôt, c'est souverain pour le coeur ! », puis à madame Lamboley : « Vous pouvez commencer le bouillon de légumes, pour votre mari, mais pas de pain ni de viande, surtout ! ».
Et maman, elle regarde papa avec des yeux grands ouverts et brillants d'admiration, et, dès qu'on est un peu éloignés, les dames disent : « Il est vraiment charmant notre docteur ! ». Ça me rend très fier...

Papa reçoit parfois des amis à la maison, le soir. Ces dîners-là je les passe dans la cuisine, avec la bonne et la cuisinière. J'aime bien parce qu'elles me gâtent toujours et essaient de me faire rire parce que j'ai un rire de fille d'après elles. Les amis de papa sont des gens « importants », c'est lui qui le dit. Il y a le notaire, le maire, un autre docteur, et des gens qui viennent de plus loin. Leurs femmes ont des robes comme dans les tableaux, et souvent des bijoux qui brillent comme les lustres du nouveau salon. Avant c'était la chambre de mon pépé, le nouveau salon.
J'ai du mal à m'imaginer que c'est la même pièce où je montais le voir quand on était en visite, et que papa et maman se promenaient dans le jardin. Il me prenait à côté de lui sur le grand fauteuil de cuir devant la cheminée, et on feuilletait ensemble l'Illustration, ou bien un Jules Verne, et il m'expliquait ce que je ne comprenais pas. Parfois, si je lui demandais, il me racontait une nouvelle fois comment il avait inventé par hasard « un tout petit bitoniau » qui maintenant parcourait le pays dans tous les sens, dans le moteur des locomotives.

Parfois mon papa part plusieurs jours pour soigner des gens encore plus importants, parce qu'il est très fort, comme docteur. Il part à Rouen ou à Caen et il revient toujours très content, avec des cadeaux pour maman. Elle l'accompagne aussi de temps en temps. Dans ce cas-là je reste à la maison avec la bonne et la cuisinière et elles me gâtent encore plus pour me changer les idées.


§§§§§


Maman est tombée très malade.
D'abord sa peau a pris une drôle de couleur, comme si elle était allée trop au soleil. Et puis elle s'est mise à vomir tout le temps. Elle devenait toute mince, et très fatiguée. Papa a décidé qu'elle ne devait plus se lever. La bonne pleurait en cachette et papa avait l'air soucieux toute la journée.
On m'a interdit de monter la voir dans son lit.
Ensuite les ongles de maman ont commencé à se détacher et elle perdait ses cheveux « par poignées » ; c'est la bonne qui le disait entre deux sanglots à la cuisinière, en descendant de l'avoir coiffée...
Un jour un bras de maman s'est paralysé, et papa a décidé qu'il fallait qu'elle aille à l'hôpital de Rouen, «... pour être examinée par des spécialistes... j'y perds mon latin ! »
Je ne sais pas combien de temps elle est restée là-bas, mais on avait des nouvelles par papa qui y allait souvent. Elle allait beaucoup mieux, mais les docteurs de Rouen ne savaient pas ce qui se passait.
Quand maman est rentrée chez nous, elle était encore faible, mais elle avait « meilleure mine », d'après la bonne. Moi, je ne trouvais pas, en lui tendant sa tisane dans son lit. Elle cachait ses cheveux sous un linge blanc, et on aurait dit la vieille madame Delaittre quand je la vois par sa fenêtre, en haut de la rue, et qui est folle, et qui est enfermée dans sa chambre.
Maman me tendait son front à la peau bizarre, et j'avais du mal à lui faire le baiser qu'elle attendait...

Elle a fait une grave « rechute », et elle est repartie à Rouen.

C'est peu de temps après que les policiers sont venus chez nous. Ils ont fouillé toute la maison et le jardin, même la cabane de mon pépé, et finalement ils ont arrêté papa, en emportant des tas de flacons qu'il a dans son bureau.


§§§§§


Si je me glisse derrière les buis, sous la fenêtre entrouverte de la cuisine, je peux entendre la bonne et la cuisinière discuter pendant que l'une frotte l'argenterie et que l'autre écosse les haricots. Leurs phrases sont entrecoupées de beaucoup de reniflements de la bonne, et de soupirs de la cuisinière :
─ C'est pas Dieu possible ! Je peux pas croire que Monsieur ait empoisonné Madame. Je peux pas le croire... Un si brave homme, et si bon docteur !
─ L'enquête est pas finie, Rose, ils se sont peut-être trompés !
─ Mais ils lui ont trouvé de l'arsenic, à Madame, à Rouen... il paraît qu'elle en était comme... farcie. Elle aurait dû être morte !
─ Et d'où vous tenez ça, Rose ?
─ Du pharmacien ! Vous savez bien, Eugénie, qu'il a un beau-frère gendarme.
─ Et pourquoi qu'il aurait empoisonné Madame, not' bon Monsieur, hein ?
Et là le ton baisse assez pour que je doive tendre l'oreille en me hissant sur la pointe des pieds, pour entendre la suite :
─ Ben pour l'argent, Eugénie, faites pas la bête, vous savez bien que c'est not' Madame qu'a tout l'argent et les maisons et les forêts et tout...
─ Je sais bien, ma Rose, mais Monsieur en profite de toute manière, il a pas besoin d'assassiner not' pauv' Madame pour ça...
À quoi ne répond qu'un reniflement perplexe.


§§§§§


Il s'est passé beaucoup de choses. Des choses très compliquées. Papa était en prison à Rouen,  maman était à l'hôpital, « en convalescence », comme disait tante Jeanne qui est veuve, et qui est venue « tenir » la maison, pour que je ne sois pas seul avec Rose et Eugénie. Pourtant on se débrouillait très bien tous les trois. Tante Jeanne est sévère et criait tout le temps contre le personnel, les vendeuses des magasins, et contre moi aussi.
Heureusement, elle est partie.
Ah oui, parce que papa et maman sont rentrés tous les deux à la maison. Juste le jour où on avait découvert au matin que quelqu'un avait écrit « EMPOISONNEUR ! » à la peinture rouge sur le mur qui donne sur la rue.

Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi papa avait été libéré et avait le droit de revenir.
À table il regarde toujours maman avec les sourcils froncés, et maman a presque tout le temps des larmes dans les yeux. Je les ai aussi entendus crier dans leur chambre, surtout papa :
« Ma réputation est perdue ! Y as-tu seulement pensé ? Quelle idée, mais quelle idée ! » et maman : « Mais tu ne comprends donc rien !  Pourquoi ne me crois-tu pas, pourquoi ? » et elle pleurait très fort.


§§§§§


C'est en cherchant un morceau de pain dans la huche, un jeudi quand Eugénie prend son après-midi, que je suis tombé sur une page de journal pliée en quatre, et cachée là sous un panier. Un article y parlait de papa et ce que j'y ai lu m'a fait comprendre pourquoi il était rentré :

Le docteur Charmont vient d'être innocenté de l'accusation d'empoisonnement qui avait donné lieu à son incarcération en la maison d'arrêt de Rouen. Il avait toujours nié avec la plus grande véhémence être responsable de ce geste inqualifiable. Alors qu'il risquait les Assises pour avoir tenté d'assassiner son épouse avec de l'arsenic, comme nous l'avions relaté dans nos colonnes le mois dernier, un rebondissement inattendu est venu balayer le chef d'accusation, et la libération du docteur a été décidée sur-le-champ. À la stupéfaction des enquêteurs, et dès qu'elle en a été capable, madame Charmont a avoué s'être administrée elle-même le poison, subtilisant  régulièrement de la liqueur de Fowler au docteur, à son insu. La malheureuse n'a pas pu expliquer son geste, mais un spécialiste des troubles mentaux a expliqué à notre rédaction que madame Charmont souffre vraisemblablement d'un état de neurasthénie grave qui la poussait à se détruire, ou peut-être seulement tenter d'attirer l'attention sur elle. C'est en prenant conscience des conséquences dramatiques de son acte que madame Charmont aurait trouvé le courage d'avouer la vérité.


§§§§§


Je suis dans mon lit.
Dans ma main je serre très fort la montre de mon pépé.
C'est moi qui ai demandé à l'avoir quand il est mort.

Quand nous étions dans son appentis, il me la prêtait pendant qu'il bricolait, parce qu'il avait peur de l'abimer.
On y aura passé du temps ensemble ! J'étais chargé de lui donner l'heure régulièrement « … pour que je sache où j'en suis, mon lapin. » Il fabriquait des tas d'objets, et aussi des outils pour fabriquer d'autres objets. Il m'en a inventé, des jouets en fer blanc, des soldats, des chiens à ressort, des toupies en bois que j'habillais de collerettes de papier pour qu'elles dessinent des fleurs qui changeaient selon leur vitesse, des souris en terre, qu'on faisait cuire au four, et que je peignais près de lui.
Il m'a aussi appris beaucoup de choses sur le jardin, les arbres, les rosiers, le potager, les insectes, les oiseaux que l'on entendait chanter autour de nous.
Un jour il m'a regardé d'un air très mystérieux et, en disant « aujourd'hui on va faire de la sorcellerie... », il a appuyé sur un gros clou planté sur le côté de son établi, et un petit tiroir s'est ouvert dans le pied. Il en a retiré un sachet de papier gris-bleu.
─ Là-dedans il y a de quoi traiter le bois de mon vieux banc, tu sais, devant les rosiers. Mais attention ! Il y a de quoi se débarrasser des nuisibles, aussi !
Il m'a expliqué qu'il pensait aux fourmis qui lui empoisonnaient l'existence : il suffisait de délayer la poudre. Ce jour-là, la sorcellerie a juste consisté à mélanger la poudre blanche avec deux autres, dans de l'eau : le banc traité a pris une jolie couleur verdâtre quand mon grand-père a passé le pinceau. Quand il a replacé le sachet dans sa cachette, il m'a fait un clin d'oeil, en faisant « chutt ! » avec son doigt devant sa bouche.

Les nuisibles.

Un jour, je lui lisais Michel Strogoff, pendant qu'il réparait une pendule. « Ça m'aide à me concentrer, mais ne lis pas trop vite, mon lapin !... »
─ Les deux bateliers poussaient avec de longues gaffes qu'ils maniaient très adroitement. Les gaffes, c'est un peu comme des rames, pépé, ou c'est autre chose ?
Mais comme il ne répondait pas, j'ai levé les yeux de mon livre et découvert que mon grand-père était figé devant la pendule, un petit engrenage au bout d'une pince. Son regard fixe et sa bouche ouverte m'ont fait très peur. « Pépé ! Pépé ! »  Au bout d'un moment pas trop long, mais qui a suffi pour me donner mal au ventre, pendant que je l'appelais comme quand on veut réveiller quelqu'un, il a soudain fermé la bouche, et ses yeux se sont réveillés :
─ Non mon lapin, les gaffes, c'est plutôt de grands bâtons qu'on enfonce jusqu'au fond de l'eau pour pousser un bateau, tu vois, comme les gondoles à Venise.
Il était revenu à lui, et ne s'était rendu compte de rien. Je n'ai rien dit, mais mon cœur battait très fort, et je devais faire une drôle de tête parce qu'il m'a demandé si ça allait.

Ces « absences » comme papa les a appelées plus tard, se sont multipliées. Il n'en avait pas tous les jours, au début, et dans l'intervalle il était comme d'habitude. Sa bonne, la vieille Léontine, a été chargée de le surveiller discrètement et de faire des « rapports » à papa. Avec moi, il était toujours le pépé d'avant. Il ne s'est plus jamais « absenté » en ma présence, et nous passions toujours de si bons moments ensemble, dans la cabane, dans l'odeur de bois, de terre mouillée, de poussière, en compagnie de Jules Verne, Stevenson ou Dickens.


§§§§§


Un dimanche, nous avions déjeuné chez pépé. Un gigot d'agneau aux haricots. Le dessert était sur la table : des îles flottantes dans un grand saladier. Pépé s'est effondré dans son assiette, et… il a fait pipi dans son pantalon. Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
« Une syncope ».
C'est ce jour-là que papa a décidé de mettre pépé dans un asile. Maman ne voulait pas :
─ Nous pourrions venir vivre chez lui, nous veillerions sur lui, et si ça s'aggrave, il sera toujours temps d'aviser...
Mais papa avait été catégorique, et pépé était à l'asile une semaine plus tard.

Un mois après... il s'est jeté par la fenêtre, parce qu'il était trop malheureux, sans doute, ou bien il avait honte d'être avec des fous. Mon pépé n'était pas fou, et il n'était pas à sa place dans cet asile. J'en ai encore le cœur serré de l'imaginer enfermé tout seul là-bas, où on a refusé de m'emmener pour aller le voir.


§§§§§


La montre est chaude au creux de ma main. Je la mets contre mon oreille et son tic-tac me dit que le temps passe.
Je n'ai pas dîné ce soir. J'ai pris un peu de sirop d'Ipeca dans le bureau de papa, et mes vomissements ont fait croire que je suis malade.
Je guette les bruits.

Il y a d'abord eu des exclamations sourdes et des toux, sous la grande suspension verte de la salle à manger.
La cuisinière, la bonne ont sans doute surgi de la cuisine et j'ai presque entendu distinctement des « Non  ! » des « Oh mon Dieu ! » des cris, une course.
Rose et Eugénie, je vous déconseille de goûter à la soupe de cresson qui refroidit dans la grande soupière à fleurs bleues, posée peut-être sur la desserte.

Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.



Contre mon oreille le tic-tac s'apaise, je m'endors.
« Modifié: 11 Octobre 2021 à 16:34:02 par gage »
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Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne barnacle

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #1 le: 03 Mars 2016 à 11:47:46 »
Salut Mout !

Quelques remarques au fil de la lecture :

Citer
comme elle rosit de confusion
Je chipote, mais "rosir" n'est peut-être pas tout à fait dans le bon niveau de langage ? (vs "tourne rose", "devient toute rose"...)

Citer
mon pépé est  mon abris préféré
Double espace entre "est" et "mon", et "abri" sans s.

Citer
Il sont
Ils

Citer
jusques par-terre
"jusque par terre" ?
("jusques" me semble plus vieilli qu'enfantin)

Citer
déjà  quand
Double espace.
(idem plus loin pour "et  elle perdait")

Citer
une ombrelle de dentelle couleur ivoire
Toujours le doute sur le niveau de langue. Peut-être en mettre une partie entre guillemets comme tu le fais ailleurs ?

Citer
le jardin..
Un point en trop ou il en manque un.

Citer
À quoi ne répond qu'un reniflement perplexe.
Idem, pas très enfantin à mon sens.


Je vais commencer par discuter de la fin.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Au final, il va me falloir un peu de recul pour être sûr de mon avis sur le fond, mais la forme est à la hauteur. Le texte coule bien, l'ambiance bourgeoise est bien retranscrite. Il y a quelques jolis petits moments, petites touches.
J'ai déjà noté à quelques endroits des points où le style enfantin me semble glisser. La balance n'est peut-être pas évidente à tenir parfaitement. Mais dans l'ensemble, c'est du bon boulot.
« Modifié: 03 Mars 2016 à 11:52:07 par barnacle »

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #2 le: 03 Mars 2016 à 17:31:12 »
Merci beaucoup barnacle pour cette analyse de la forme et du fond.

Je comprends bien le problème de vocabulaire que tu pointes du doigt.
Je crois que j'ai essayé de m'exprimer comme le ferait non pas un gamin de nos jours, mais plutôt comme il l'aurait fait il y a plusieurs dizaines d'années.
Certaines tournures ne sont pas de son âge, c'est vrai, mais il est courant qu'un gamin réutilise des groupes de mots qu'il entend les adultes employer. Je pense notamment à l'ombrelle. S'il a entendu sa mère l'évoquer comme ça, il reprendra la même expression à mon avis ; il n'a plus six ans.
Pour rosir c'est la même chose ; quand j'étais enfant j'avais un vieux livre où l'on nous montrait un nounours buvant un chocolat chaud et il "en rosissait d'émotion"...Tu vois le tableau !  :D  Mais je vais néanmoins relire le texte en m'axant là-dessus pour voir si c'est cohérent partout.

Pour ce qui est de ton spoiler :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

En tout cas merci pour ton passage et ton commentaire émaillé de compliments.
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Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Loïc

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #3 le: 04 Mars 2016 à 18:51:59 »
Hey

Citer
La grande cabane à outils de mon pépé est mon abris préféré. Personne n'y a rien touché, et je me rappelle des tas de souvenirs avec lui, en regardant son établi et tout son matériel.

Si le ton enfantin me semble globalement maîtrisé, ici ça fait too much et un peu ridicule à mon sens.

Citer
Maman est tombée très malade.
D'abord sa peau a pris une drôle de couleur, comme si elle était allée trop au soleil. Et puis elle s'est mise à vomir tout le temps. Elle devenait toute mince, et très fatiguée. Papa a décidé qu'elle ne devait plus se lever. La bonne pleurait en cachette et papa avait l'air soucieux toute la journée.
On m'a interdit de monter la voir dans son lit.

Le changement de ton est bien maîtrisé

Citer
les vendeuses des magasins, et contre moi aussi...

Tu peux te passer des points de suspension je pense

Citer
Un article y parlait de papa et ce que j'y ai lu m'a fait comprendre pourquoi il était rentré :

Un peu lourd

Oh mais cette belle fin !
Bon, j'ai globalement bien aimé mais j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose pour le faire passer de texte sympa à texte vraiment très bon. D'une part je crois qu'il est un peu long et qu'il faudrait peut-être le couper un peu. Ensuite j'ai été un peu lassé à certains moments par la narration. Tout sur le même ton.
Alors retravailler ça un poil et ce sera encore mieux.

Merci pour ce texte.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne pehache

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #4 le: 04 Mars 2016 à 19:27:20 »
Bien joué !
Félicitations.

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #5 le: 04 Mars 2016 à 21:04:46 »
Loïc : Aahh, comment faire passer un texte de "sympa" à "vraiment très bon" ?... il y a toute une gamme intermédiaire, mais chaque échelon est un Everest. Visons donc modestement le "très sympa"  :D

La gageure principale de ce texte est le ton du narrateur effectivement. Ne pas bêtifier, rester constamment cohérent et homogène. Pas facile.
Je vais essayer d'analyser tes remarques et voir ce qui est en mon pouvoir de modifier sans effondrer le fragile édifice.
Merci pour ton passage en tout cas.

pehache
commentaire laconique mais suffisamment enthousiaste pour me convenir, merci !   :D
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Hors ligne Elk

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #6 le: 05 Mars 2016 à 16:37:22 »
Hello Mout !

Citer
moi je dois entrer par derrière pour pas déranger
L'absence de négation colle pas trop avec le niveau de langue du paragraphe, je trouve (utilisation du "nous", vocabulaire recherché, etc.)

Citer
La grande cabane à outils de mon pépé est mon abris préféré
Abri sans "s" :)

Eeeeet je ne trouve pas grand-chose d'autre à redire. J'ai beaucoup aimé ton texte !
La fin m'a laissée un peu perplexe au début.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

En tout cas je trouve que le suspense et le mystère sont bien dosés au fil du texte (qui est quand même assez long). Au début je m'attendais à une révélation un peu "classique" sur son père qui aurait en fait trompé sa femme ou autre affaire répréhensible ^^. Mais finalement c'était plus subtil que ça. Le ton aussi était bien maîtrisé, entre le côté enfantin et le vocabulaire/les tournures de phrases un peu datés.
Bien joué  :mafio:

Hors ligne gage

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #7 le: 05 Mars 2016 à 18:13:17 »
Bonjour Elk-au-curieux-avatar !

merci pour ton passage.
Ah.. la cohérence des tournures de phrases, le niveau de langue.
J'en ai essayé des choses, l'équilibre est fragile. Chaque lecteur achoppe à un groupe de mots différent. Je vais attendre encore un peu pour voir si je procède à des modifications chirurgicales... Je suis assez soucieux du rendu :  faire parler un enfant, c'est pas facile, mais un enfant d'il y a plusieurs dizaines d'années... c'est encore plus compliqué.  :-\

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci beaucoup en tout cas pour ce commentaire très positif qui me rassure énormément quant au fonctionnement de l'intrigue.

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Hors ligne Kathya

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #8 le: 07 Mars 2016 à 13:10:04 »
Citer
Ma maman a les cheveux les plus longs que j'aie jamais vus.
C'est un détail mais vu que des cheveux se mesurent, pas sûre qu'il faille le subjonctif.

Citer
par-terre
par terre

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Ce qui ne m'a pas empêcher d'apprécier le texte.  :)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne gage

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #9 le: 07 Mars 2016 à 17:13:28 »
Bonjour Kathya.

je suis perplexe, tu es la première à remettre en question cette progression du texte.
Je comprends bien d'ailleurs que tu le fasses, parce que je m'étais moi-même interrogé sur l'efficacité du procédé.

Mais tout est dans le dosage et l'envie de tromper le lecteur en déséquilibrant l'importance de ce que je raconte.
Si je modifie l'ordre des paragraphes ou des révélations, tout se devinera dès le début sans doute...

L'essentiel en toute cas, c'est ça à mon avis :
Citer
Ce qui ne m'a pas empêcher d'apprécier le texte.  :)
Et je t'en remercie !

À une autre fois !  :)
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Hors ligne Yöda

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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #10 le: 08 Mars 2016 à 19:11:34 »
Bonjour cher Mout !  :D

Voici mes quelques commentaires, faits au fil de la lecture (plus ou moins pertinents, mais tu en jugeras  :mrgreen:) :


Tout le monde est réveillé, mais je peux rester au lit et je vois des lumières à travers les volets, et j'entends les bruits de pas derrière ma porte, et des « Oh là là ! » de la bonne, et la voiture qui démarre.
Un "les" me paraîtrait plus naturel ici -> les « Oh là là ! » de la bonne


Maman a une peau très pâle et la voisine dit qu'elle a aussi des attaches très fines, mais je ne sais pas ce que c'est. Elle porte souvent des robes magnifiques toutes resserrées à la taille et qui descendent comme de grandes corolles à l'envers.
Le niveau de langage, enfantin mais qui offre des mots un peu plus compliqués parfois, ne m'a pas dérangé, sauf ici avec "corolles". Je comprends que l'enfant répète certains mots qu'il a pu entendre, mais là ça m'a fait bizarre. Peut-être parce qu'il avoue juste au dessus ne pas comprendre un truc qui me paraît tout aussi "compliqué".  ^^ (Parce qu'au final il utilise ce même mot un peu plus loin en parlant de ses toupies, et là ça m'a moins choqué)


(J'ai du mal à m'imaginer que c'est la même pièce où je montais le voir quand on était en visite, et que papa et maman se promenaient dans le jardin. Il me prenait à côté de lui sur le grand fauteuil de cuir devant la cheminée, et on feuilletait ensemble l'Illustration, ou bien un Jules Verne, et il m'expliquait ce que je ne comprenais pas. Parfois, si je lui demandais, il me racontait une nouvelle fois comment il avait inventé par hasard « un tout petit bitoniau » qui maintenant parcourait le pays dans tous les sens, dans le moteur des locomotives).
Pourquoi les parenthèses à ce passage ? Il s'intègre bien dans le récit comme ça, et les autres souvenirs sont narrés sans parenthèses.  ^^


Il s'était coupé le front sur son verre et il y avait du sang sur la nappe, et de la crème anglaise.
J'ai beaucoup aimé cette image, horrible et pourtant si "innocente" !


Derrière mes volets, des lumières s'agitent, il y a des pas dans les graviers, et des voix étouffées.
Et j'entends la maison s'emplir de monde.
Cette toute petite partie à la fin m'a plus embrouillée qu'autre chose en fait, j'ai pas compris pourquoi la maison s'emplit soudain de monde.  :-[
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Personnellement, je préférerai la fin sans ce passage  ^^


Contre mon oreille le tic-tac s'apaise, je m'endors.
Par contre ça, c'est parfait !




J'ai beaucoup aimé le ton du récit, le point de vue de l'enfant est à mon sens bien retranscrit, même si j'aurais aimé sentir un peu plus le ressentiment qu'il a à l'égard de ses parents. On le devine d'après les souvenirs qu'il raconte, mais je trouve qu'on ne le ressent pas assez. Le sentiment qui m'est resté c'est le "Mon papa est extraordinaire" et le sentiment très fort de fierté qu'il éprouve pour ses parents au début.
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Mais après avoir saisi le truc, je peux dire que c'est un texte que j'ai beaucoup aimé. C'est bien écrit et je trouve que les événements s'enchaînent bien, c'est vivant et animé, et la lecture en est aisée !

Bonne chance pour la suite !  :mafio:
Damn

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #11 le: 10 Mars 2016 à 19:01:50 »
Bonsoir Yöda !

merci beaucoup pour ton passage !

Un peu trop fier ou inconscient, je n'ai tenu compte que de l'une de tes remarques  :-\ : j'ai supprimé les parenthèses qui étaient effectivement inutiles.

Pour "corolle" j'ai beaucoup hésité, mais "fleur" faisait trop puéril, et j'ai séché pour trouver une autre image...
Pour le reste je suis très perplexe, parce qu'il me semble que tu n'as pas compris la fin du récit :
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J'espère que malgré cette révélation, tu considéreras que je mérite toujours tout le bien que tu dis de mon texte à la fin de ton message.  :(

Merci encore pour tes compliments et tes encouragements !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Yöda

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #12 le: 11 Mars 2016 à 15:36:42 »
Pour le reste je suis très perplexe, parce qu'il me semble que tu n'as pas compris la fin du récit :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Tu as tout à fait raison, j'avais pas saisi !  :-[ J'avais bien senti le truc qui pue, compris qui en était la cause, mais je me suis trompée sur l'envergure de la chose. Faut dire que je suis vraiment pas douée pour comprendre ce qui n'est pas explicitement raconté, c'est pas de ta faute  ><

J'espère que malgré cette révélation, tu considéreras que je mérite toujours tout le bien que tu dis de mon texte à la fin de ton message.  :(
Oui !  :D
Damn

Hors ligne gage

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #13 le: 11 Mars 2016 à 19:50:52 »
Merci énormément pour ce repassage !!
Ne considère pas être la seule fautive si tu n'as pas compris précisément la fin... Ça peut aussi vouloir dire que j'ai été un peu trop elliptique.   :-\
Mais vu le thème, je me sentais contraint à maintenir l'illusion et les faux-semblants le plus longtemps possible.

merci d'être toujours  :D
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Hors ligne extasy

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Re : T37 - Pignon sur rue
« Réponse #14 le: 14 Mars 2016 à 17:19:32 »
Bonjour Mout,

Je n'ai absolument rien à relever, je trouve l'écriture tout bonnement impeccable. Beaucoup d'émotion, beaucoup de joie et de tristesse, et cette fin horrible... De tous les textes des quatre poules, j'ai eu deux coups de cœur ; celui-là était le deuxième et j'ai bien fait de le garder en dernier.
Cette progression dense, j'en suis resté sur le cul. Ce ne sont vraiment que 3000 mots que je viens de lire ? Tout est tellement clair dans ma tête, du papa jusqu'à Eugénie.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Merci beaucoup pour ce texte superbe, horrible et beau en même temps.

A bientôt, Mout :)
« Modifié: 16 Mars 2016 à 00:32:16 par extasy »

 


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