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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T14] Éléphant (v3)

Auteur Sujet: [AT n°7 | T14] Éléphant (v3)  (Lu 2438 fois)

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[AT n°7 | T14] Éléphant (v3)
« le: 29 Février 2016 à 14:58:04 »
-   Ferme les yeux, et sois attentif à ce que tu vas penser.
Fermer les yeux, j’en suis capable. C’est même facile pour moi. La présence d’Elsa me donne envie de m’abandonner. Une tension me prend alors que je me retrouve dans le noir. Un sourire incontrôlable point sur mes lèvres. Il est cependant adéquat, participant à cette ambiance de confiance qu’elle instaure avec moi.
Etre attentif à ce que je vais penser. Ca aussi, c’est facile. Après tout, c’est moi qui pense. Il est rare d’être absent à ses propres pensées. Les miennes tournent autour d’Elsa, que je ne connais que depuis trois jours. La simplicité de son contact m’a immédiatement frappé. Elle semble à l’aise avec moi, et fait preuve d’une douceur ferme dont je sens la sensibilité intelligente. Des yeux cachant une candeur lucide illuminent son visage, le rendant étrangement magnétique, bien que tout à fait accessible dans son mystère. La vague de sa chevelure déferle sur ses joues aux fossettes piquantes, tandis que ses lèvres mènent, tel un gouvernail, le navire d’un désir désincarné.
-   A quoi penses-tu, là maintenant ? me demande-t-elle.
Je n’ose pas lui dire qu’elle me plait. Non pas comme on aime une amoureuse, mais tout de même plus que ce que je prends pour de l’amitié officielle. Je ne sais pas comment lui communiquer ; j’ai peur de franchir des barrières interdites.
-   Heu, je ne sais pas, réponds-je, conscient de ne pas suivre son premier ordre.
Sa sincérité est contagieuse, je me sentirais trop sale de lui mentir. Alors je n’invente pas d’excuse, et j’attends qu’elle continue à mener la danse.
-   Si tu ne penses à rien, contemple le rien.
Ce rien auquel je pensais refait alors surface. Sa façon de s’habiller suit une mode à la fois féminine et asexuée. Cette tendance à jouer sur les codes de genre sans pour autant les afficher de manière provocante ou intrusive me touche particulièrement. Elle est cette volonté de s’affranchir du stéréotype de la femme, en s’y appuyant pourtant pour magnifier son appartenance sans la revendiquer. Tout est dans cette nuance paradoxale. J’aime le paradoxe.
-   J’aime le paradoxe, lui confié-je.
-   Que lui trouves-tu d’aimable ?
Je réponds, du tac au tac.
-   Il est ambivalent.
-   C’est bien ce que tu penses ? s’enquiert-elle.
Au bout d’une seconde durant laquelle j’évalue la situation avec méfiance, elle me rassure.
-   Ce n’est pas un piège. L’as-tu pensé dans ta tête, ou est-ce sorti comme ça ?
-   C’est sorti comme ça, mais je le pense. Enfin, je crois.
Elle me laisse une autre seconde, où je me sens ni assuré ni douteux.
-   Tu le penses… Ne trouves–tu pas étrange que nous utilisions le même mot pour dire ‘être convaincu’, et ‘réfléchir’ ?
Je n’avais jamais songé à ça. C’est vrai que la confusion revêt plus d’importance qu’elle n’y parait. Elle reprend.
-   Et là, à quoi penses-tu ?
-   Je me dis que tu as raison, affirmé-je.
-   Je n’ai rien avancé à part un questionnement, rectifie-t-elle.
-   Il y avait malgré tout un avis derrière tes mots, je renchéris.
Elle m’avoue que oui. Puis, comme si la technique de la question était obsolète, elle remarque que les mots de l’oral et les pensées qui s’y rattachent travaillent ensemble sans se toucher.
‘Sois attentif à ce que tu vas penser’. La phrase, que je considérais anodine au début, m’apparait sous un nouveau jour.
Je ne réponds pas et part dans mes contemplations, en espérant qu’elle ne les interrompra pas. La conversation est en effet une institution qui parfois nous empêche de penser, réalisé-je. Nous tenons absolument à combler un vide, à faire vivre l’instant partagé. Et c’est bien légitime ; les silences constituent une peur primale de l’homme évolué. Mais l’homme évolué en oublie sa voix intérieure.
Je voudrais continuer d’avancer sur ce terrain, mais je sens que le film dans ma tête est fini. Visiblement, elle l’a également perçu, puisqu’elle se remet à me parler.
-   Tu as maintenant conscience de ta voix intérieure.
Sa phrase et son ton me font penser à une séance d’hypnose, ou du moins à la représentation que je m’en fais. C’est à la fois une exploration intérieure, et une expérience universelle que je vis. ‘J’aime le paradoxe’.
-   Je pense à quelque chose qui n’a pas de bords. Ou du moins de multiples frontières. C’est très difficile à expliquer, révélé-je autant pour moi que pour elle.
-   Tu y es : le monde de la pensée et sa réalité aux dimensions chimériques. Ferme bien les yeux.
Je ne suis pas sûr de voir ce qu’elle signifie. A mon sens, mon égarement est seul effet de l’étrangeté de son discours. Je lui fais part de ma réflexion.
-   C’est normal que tu sois embrouillé, tente-t-elle de me rassurer. L’apanage de ton monde est la parole, et tu penses habituellement comme tu parles. Moi j’essaye justement de détacher ton cerveau et de lui rendre sa forme originelle. As-tu déjà tenté de penser sans mots ?
-   C’est impossible.
-   Es-tu sûr, questionne-t-elle. Tout à l’heure quand tu m’as répondu du tac au tac, tu savais ce que tu allais dire une milliseconde avant de le dire, n’est-ce pas ?
-   Heu, oui, enfin je crois.
-   Et comme tu l’as dit, tu ne t’es pas répété la phrase avant de la formuler. A cet instant la phrase t’apparaissait sous une forme compacte et organique. Tu l’as ensuite traduite en mots tout en me parlant.
-   C’est bizarre ce que tu me dis.
Elle ne répond pas. C’est bizarre, mais avec elle cela n’a rien d’effrayant. Au contraire, je me sens comme dans la révélation de quelque chose qui était là sous mes yeux, tellement près que je ne pouvais le voir.
Je m’enquis.
-   Quelle importance qu’il y ait ou non des mots ?
-   A ton avis ?
Je ne sais pas. La réponse me parait importante, mais m’échappe malgré tout.
-   Tu n’es pas obligé de répondre.
La peur de me fourvoyer reste supérieure à mon envie de connaitre sa vision des choses. Je ne lui demande donc pas de me souffler sa vérité.
Sa consigne reprend alors le pas en même temps qu’une nouvelle introspection, sans qu’elle n’ait à dire quoi que ce soit.
N’est-ce pas un retour en arrière d’oublier les mots, ces outils que nous avons fabriqués pour conceptualiser et communiquer ? Ou est-ce…
-   Je réponds tout de même, mais par une question : explores-tu la limite des mots ?
Sa voix est le seul contact que j’ai avec elle. Mais les yeux fermés m’ôtent la peur du silence, qu’elle brise quelques instants après.
-   Tu es très pertinent dans ton analyse. Je vais te confier une pensée très personnelle. On dit que tout ce qui a un début a une fin, et je crois que la parole et les mots n’échappent pas à la règle. C’est pour ça que, comme tu dis, j’explore cette fin, certes en la précipitant, mais en cherchant la suite.
-   La communication est peut-être plus complexe qu’il n’y parait, mais je ne vois pas comment les mots peuvent avoir une fin, réponds-je.
-   Je ne te force pas à me suivre dans mon délirium.
-   Tu n’as pas à me forcer, c’est intéressant. Explique-moi.
J’ouvre les yeux. Elle a fermé les siens, assise à côté de moi sur le lit où je suis allongé. Je la contemple un instant, puis, à la fois honteux de lui désobéir, de l’observer secrètement, et désireux de créer une osmose entre nous par la nuit, je clos mes paupières. Elle commence.
-   Connais-tu le mot ‘qualia’ ? Il définit les expériences intraduisibles. Ma conviction est que la communication n’est qu’une approximation de ces expériences, et que tout est qualia. Beaucoup d’écrivains mettent un point d’orgue à dire qu’un sujet peut être formulé d’une infinité de façons différentes. C’est comme une relation amoureuse ; essayer de la résumer ne serait qu’un aperçu, un point de vue subjectif et limité. C’est dans ce sens que je pense que l’expression évolue, dans un souci de justesse sans cesse renouvelé. Elle est un moyen qui se construit. Par conséquent un jour nos techniques se trouveront dépassés, et nous auront besoin d’autres plus adaptées, plus précises, ou simplement différentes. Regarde le passé, ou l’environnement : nos ancêtres, comme les meutes de chiens, les bancs de poissons ou d’oiseaux, les troupeaux d’éléphants. Ils communiquent sans paroles.
-   J’y songeais. Mais crois-tu qu’un retour en arrière serait profitable ?
Je regrette presque cette question, car je ne perçois pas en elle une inclinaison régressiste.
-   Le progrès n’est pas toujours mieux. Regarde, il y a cinquante ans on estimait que la vie à la campagne était dépassée, et que dans le futur on vivrait tous en ville. Aujourd’hui on assiste à un exode urbain, un retour aux racines.
-   Tu crois qu’une si longue période de langage articulé serait une erreur ?
-   Non, c’était un passage obligé qui nous a apporté beaucoup. Mais un jour viendra où nous n’en aurons plus besoin, comme nous n’avons plus besoin des caractères d’imprimerie.
Je ne suis pas d’accord, et le manifestant, je sens que notre débat d’idées engagées nous mène à un terrain de mésentente qui est source de ressentiment. Comment faire pour discuter sérieusement sans se monter l’un contre l’autre ?
-   Non, dis-je, je suis convaincu qu’à moins de reculer, nous auront au contraire de plus en plus besoin de mots, plus complexes et plus précis.
Elle renchérit par une autre question.
-   Et qu’arrivera-t-il lorsque ces mots précis nous auront dépassés dans leur complexité ?
-   C’est déjà comme ça aujourd’hui, affirmé-je avant de m’expliquer : personne ne connait par cœur tous les mots du dictionnaire. Et nous nous en sortons très bien.
Sa voix se renfrogne.
-   Ce n’est pas là où je voulais en venir. Je me base sur mon exemple. Je t’ai parlé tout à l’heure des dimensions chimériques de la pensée. Je suis habituée à penser avec d’autres outils que les mots, et j’ai aujourd’hui du mal à m’exprimer. C’est de cette limite dont je parle.
-   Tu t’es toi-même déformée le cerveau, tu l’as cassé et aujourd’hui il te fait défaut. C’est ce que tu dis ?
Je ne voulais pas la blesser, mais je l’ai fait malgré moi. Je le sens au-delà de mes yeux fermé, au-delà de l’intonation de sa voix, au-delà des mots… Attends. Est-ce cela qu’elle veut me signifier ? Ce que nous communiquons en dehors des mots et qui ne se traduit pas ?
Je tente une approche.
-   En fait je crois que je vois où tu veux en venir. Les yeux fermés, je ressens les choses différemment, mon cerveau est attentif à tout un tas de détails qui n’apparaissent pas habituellement. Notamment ce que tu dis : toute cette part de non verbal.
Je la sens se détendre, bien qu’elle n’émette ni son ni mouvement. Quelle sorte d’intuition suis-je pour deviner ça ?
Elle me répond, et je sens à travers ces mots la méfiance qui s’évapore en partie.
-   Je sens que tu ne dis pas ça que pour me faire plaisir. Et ça me fait plaisir. Dans toutes les théories de la communication, on insiste sur le fait que l’information ne se transmet qu’en faible pourcentage par les mots. Mais alors l’humanité académique le sait pertinemment, les gens n’en prennent pas forcément conscience, et se fient donc à leurs anciennes méthodes d’attention aux mots. Mon petit exercice, auquel tu t’es prêté avec beaucoup de bonne volonté et de curiosité, tenait à t’émanciper par rapport à cela.
-   Je ne suis pas encore convaincu, mais je sens qu’il y a quelque chose à gratter.
-   Pour parler généralités encore, nous vivons dans un monde où la certitude est recherchée, notamment par tout l’aspect concret, réel et matériel de nos existences. Dès que l’on veut chercher dans l’esprit, le doute s’immisce jusqu’à prendre une ampleur démesurée. Les philosophes le savent bien.
Je me vante avec une citation.
-   Il ne faut jurer de rien.
Son sourire parvient à mes oreilles, son humeur transparait par un ton de voix très différent.
-   Les apparences sont souvent trompeuses.
J’ouvre les yeux et la contemple. Elle a l’air endormie, en plein rêve délicieux. Je sens qu’elle n’a que faire de nos différents idéologiques. Ce doute dont elle parlait est contagieux, et j’ai failli m’y plonger avec elle. Voulant à mon tour l’amener dans mon monde, je me risque à la tirer un peu de mon côté de la réalité.
-   Mais parfois elles sont claires et limpides.
M’approchant de son visage, je dépose mes lèvres à cheval entre le coin des siennes et sa joue. Nul bruit de baiser, seul ce contact éphémère qui une fois terminé, lui arrache un sourire immortel. Elle me souffle :
-   Encore.

« Modifié: 14 Mars 2016 à 22:30:50 par Mout »
.

Hors ligne barnacle

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #1 le: 01 Mars 2016 à 16:45:49 »
Salut Mout !
Quelques remarques au fil de la lecture :

Citer
Je ne réponds pas et part
pars

Citer
La conversation est en effet une institution qui parfois nous empêche de penser, réalisais-je.
"réalisé-je" ?
(idem plus loin : "révélais-je")

Citer
le film dans ma tête est fini.
Je trouve l'image du film un peu plate, qu'elle ne correspond pas vraiment à ce qui précède.
C'est presque un fil  plutôt qu'un film.

Citer
C’est à la fois une exploration intérieure, et une expérience universelle
La virgule me semble plus gênante qu'autre chose.

Citer
Je ne suis pas sûr de voir ce qu’elle signifie.
Pour moi, une chose/un mot signifie, pas une personne (ou si elle le fait c'est en tant que chose).

Citer
A mon sens, mon égarement est seul effet de l’étrangeté de son discours.
Le "à mon sens" fait un peu bizarre (j'associe ça à un discours argumentatif).
Le "seul effet" (vs "seulement l'effet") est peut-être un effet de style de trop, je trouve qu'il se remarque beaucoup.

Citer
C’est impossible.
Es-tu sûr
"En es-tu sûr" serait peut-être plus naturel ?

Citer
nos techniques se trouveront dépassés
dépassées

Citer
nous auront
aurons

Citer
Je le sens au-delà de mes yeux fermé
fermés

Joli.
J'aime beaucoup la première partie, du séduit par la femme au séduit par ses idées. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une petite difficulté vers le milieu du texte : je trouve que le mec fait un retournement un peu brutal, il semblait ouvert d'esprit et neuf à cette question mais devient tout d'un coup le porte-parole de la thèse opposée, un peu arbitrairement.
Dans l'ensemble, le mouvement que je préfère est vraiment celui qui va jusqu'à la discussion sur les qualias, parce que c'est un mouvement d'ouverture (en plus, d'une certaine façon, le travail de description de la fille au début fait écho à cette question de la capacité des mots à mettre le doigt sur). Il me semble que c'est vraiment le cœur du texte, et là où il est le meilleur.
La transformation de ce mouvement d'ouverture en discussion théorique un peu brutale ("tu t'es toi-même cassée le cerveau" - le ton monte vraiment) m'a vraiment fait sortir de l'ambiance installée. Après ça, la résolution est un peu facile, un peu nécessaire, mais ça n'est pas vraiment une critique de ma part : c'est juste que le sujet du texte était au milieu, et la fin cherche à conclure avec douceur plutôt qu'avec de l'épate.
(ah et je suis curieux de t'entendre expliquer la logique derrière le titre)
« Modifié: 01 Mars 2016 à 16:59:26 par barnacle »

Hors ligne Kathya

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #2 le: 02 Mars 2016 à 23:52:11 »
Citer
‘Fais bien attention à ce que tu vas penser’
La consigne m'a perturbée au début car je la trouve fichtrement sadique. Quand je lis ça je comprends "concentre-toi", je comprends "pense pas n'importe quoi"... Et on peut pas vraiment penser avant à ce qu'on va penser, donc c'est assez casse-gueule en fait...  :D

Citer
nous auront
aurons

Bon... J'ai trouvé le thème, mais j'ai pas trouvé l'éléphant. A moins qu'il ne s'agisse que d'une trompeuse apparence de mammouth.

J'ai bien aimé, le texte en lui-même est plus original que le placement du thème, j'ai trouvé quelques longueurs dans le dernier tiers, mais globalement ça se lit bien. :)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #3 le: 03 Mars 2016 à 15:44:03 »
Salut Mout' !

J'aime beaucoup un aspect du texte, alors qu'un autre me dérange beaucoup. Le protagoniste est tout à fait exécrable pour moi. Cette hypocrisie qu'il développe, ne voulant ni contredire, ni couper sa partenaire, sans pour autant la croire, juste pour arriver à ses fins, je trouve ça détestable. Mais d'autre part, je suis très sensible à toutes les idées développées dans ton texte, j'y ai également pensé maintes fois, à ces mots qui ne peuvent pas traduire exactement un ressentit, à cette pensée qui n'a pas besoin de mots pour exister. Je pense cependant que les mots sont nécessaires pour communiquer. On ne peux pas retranscrire une pensée exactement, la télépathie n'existe pas, mais on ne peut pas non plus se priver d'en exprimer les bribes exprimables, la communication est quelque chose d'essentiel. Ton exemple des animaux et de nos "ancêtres" qui n'utilisent pas la parole me semble bien présomptueux : on ne sait pas si les animaux ont un "langage" on ne sait pas si ces grognements (et autres miaous) ont un réel sens et e servent pas qu'à véhiculer une émotion. On ne sait pas si les animaux communiquent mieux que nous, sans mot. Je suis assez fataliste sur ce point, on ne pourra jamais totalement retranscrire cette pensée fluide, faite de couleurs, d'images, d'idées, mais pas de mots. Malheureusement.

Merci pour ce texte, Mout'.
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #4 le: 03 Mars 2016 à 16:56:05 »
Bonjour Mout !

Difficile à commenter, ce texte. Je vais débuter par ce qui m'a chiffonné d'office :

Citer
Mais malgré que l’humanité académique
Malgré que ? Sérieusement ?  ::)

Ce sera tout pour la forme.
Concernant le fond, je suis mitigée. Ton écriture est admirable, je me suis plongée dans le récit très facilement, mais j'ai commencé à décrocher vers le milieu. Quelques longueurs, voir quelques lourdeurs, à la limite de la masturbation intellectuelle. Tu en as peut-être un peu trop fait, dommage.
En dehors de ça ton approche du thème est intéressante et tu es vraiment très agréable à lire, ça glisse tout seul sous les yeux.

Au plaisir.
Tel esprit qui croyait se pendre.

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #5 le: 04 Mars 2016 à 16:26:07 »
Citer
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une petite difficulté vers le milieu du texte : je trouve que le mec fait un retournement un peu brutal, il semblait ouvert d'esprit et neuf à cette question mais devient tout d'un coup le porte-parole de la thèse opposée, un peu arbitrairement.
C'est que ses idées ont l'air accessibles et se révèlent après auscultation de redoutables chausses trappes :)
Et puis n'est on pas un peut tous comme ça, à signer avant de lire ?

Citer
La consigne m'a perturbée au début car je la trouve fichtrement sadique. Quand je lis ça je comprends "concentre-toi", je comprends "pense pas n'importe quoi"... Et on peut pas vraiment penser avant à ce qu'on va penser, donc c'est assez casse-gueule en fait...
Hmm je vois ce que tu veux dire... cela fait plus avertissement que consigne... faudra que je retrouve une formulation qui ne joue pas sur l'ambiguité !

Citer
J'ai trouvé le thème, mais j'ai pas trouvé l'éléphant.
"Regarde le passé, ou l’environnement : nos ancêtres, comme les meutes de chiens, les bancs de poissons ou d’oiseaux, les troupeaux d’éléphants. Ils communiquent sans paroles."
Et puis évidemment, mammouth, éléphant... ça suit sa route ^^

Citer
Le protagoniste est tout à fait exécrable pour moi. Cette hypocrisie qu'il développe, ne voulant ni contredire, ni couper sa partenaire, sans pour autant la croire, juste pour arriver à ses fins, je trouve ça détestable.
C'est ton point de vue, mais je comprends... ceci dit tu définis parfaitement ma vision de la 'tolérance' : ne pas contredire sans réflexion, ne pas couper par respect, ne pas croire bêtement, juste pour arriver à ses fin... Ca peut paraitre détestable mais ça n'est en aucun cas hypocrite :)

Citer
Ton exemple des animaux et de nos "ancêtres" qui n'utilisent pas la parole me semble bien présomptueux : on ne sait pas si les animaux ont un "langage" on ne sait pas si ces grognements (et autres miaous) ont un réel sens et e servent pas qu'à véhiculer une émotion. On ne sait pas si les animaux communiquent mieux que nous, sans mot.
Bien sûr qu'on sait. Les singes ont des centaines d'intonations de cris pour prévenir des prédateurs. Les loups (et les chiens) ont des postures et des attitudes, les fourmis des phéromones, les abeilles des vols, etc...
On ne sait effectivement pas si les animaux communiquent mieux que nous, mais est-ce cela la réelle question ? Ils communiquent, différemment, et donc autre chose ; la communication ne se situe pas sur une échelle de bien à mauvais, mais composée de paramètres et de contenants répondant à des besoins.



En tout cas merci à vous tous pour vos commentaires.
Je veillerai à les prendre en compte pour les modifications à venir (elles viendront quand j'aurai le temps).

Au plaisir !
.

Hors ligne Kailiana

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #6 le: 07 Mars 2016 à 22:49:34 »
Citer
Une certaine tension stimulante me prend alors que je me retrouve dans le noir. Un sourire point malgré moi sur mes lèvres. Il est cependant adéquat, participant à cette ambiance de confiance qu’elle instaure avec moi.
tu pourrais aller davantage à l'essentiel : tout ce que j'ai indiqué en orange n'est pas absolument utile, c'est du "bruit" pour moi qui distrait de ce qui est vraiment important. Tout n'est pas à retirer, mais ça coulerait mieux si tu allais plus à l'essentiel
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Il est rare d’être absent à ses propres pensées.
formulation pas très jolie
Citer
La simplicité de son contact m’a immédiatement frappé.
"immédiatement" inutile ; je ne le répèterai pas si j'en vois d'autres dans la suite, mais de manière générale, il faut limiter les -ment, surtout quand tu veux montrer un truc immédiat/rapide
Citer
– Ne trouves–tu pas étrange que nous utilisions le même mot pour dire ‘être convaincu’, et ‘réfléchir’ ?
j'ia pas compris



J'avoue n'être absolument pas entrée dans le texte, ce n'est pas pour moi  :-[
Niveau style, beaucoup de -ment et -ant au début qui alourdissent le texte. Beaucoup de phrases également qui auraient pu être exprimées plus simplement pour faire passer un message plus fort.
Niveau fond, j'ai pas accroché, je ne vois pas trop le but du texte en fait  :-[ Ils discutent, se demandent si les mots sont nécessaires, ok... et ? Je sais pas, j'aime vraiment pas la manière qu'à le personnage principal de considérer le sujet, de changer d'avis, j'aime pas sa manière de penser en fait, et comme tout le texte est sur ça... ça passe pas du tout, pour moi  :-[

Citer
On ne sait effectivement pas si les animaux communiquent mieux que nous, mais est-ce cela la réelle question ? Ils communiquent, différemment, et donc autre chose ; la communication ne se situe pas sur une échelle de bien à mauvais, mais composée de paramètres et de contenants répondant à des besoins.
oui mais justement, utiliser des mots, des gestes... l'important, c'est qu'un groupe d'êtres vivants a un langage commun. Et les mots, avec la grammaire, c'est quand même très très pratique pour dire des trucs compliqués. Après, on peut imaginer un langage (je dis bien langage, un truc pour s'exprimer et partager, c'est pas forcément constitué de mots tels qu'on les connait) plus subtil pour exprimer davantage ce qu'on pense, ou alors imaginer (par science même si j'y crois pas, ou par magie) une manière pour les humains de partager leurs pensées entre eux, mais le soucis, c'est que dans le texte, rien ne m'a convaincue. L'évolution des idées m'a paru peu naturelle et je n'ai pas réussi à la suivre.

Ceci dit, d'autres ont l'air d'avoir plus apprécié que moi le texte ^^
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #7 le: 11 Mars 2016 à 09:59:52 »
Salut Mout,

J'ai plutôt bien aimé. Le thème est intéressant, forcément, et j'ai été embarqué par cet intérêt. Après, j'ai en général du mal avec les textes très courts ; difficile selon moi de créer une histoire solide en si peu de mots (mais c'est purement subjectif, hein). Et du coup, le fait qu'il n'y ait que des dialogues dans presque tout le récit m'a un peu gêné, je dois l'avouer. Certes, l'idée est intéressante, je le répète, mais j'ai l'impression de lire essai, pas vraiment une histoire ; beaucoup d'informations (encore une fois, très intéressantes), mais peu d'émotion je dirais.
Donc j'ai eu du mal avec cette absence d'histoire, mais sinon j'ai bien aimé.

Merci, Mout :)

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Re : T14 - Éléphant
« Réponse #8 le: 11 Mars 2016 à 16:35:42 »
Salut Salut

Alors, je vais pour ma part je crois rejoindre l'avis de Kail. Enfin, y a quelque chose de super chouette dans le traitement du theme. Les trompeuse apparences, le langage qui n'est pas clair, j'aime beaucoup l'idée. Mais je truve justement que dans le dévellopement (à part avec la notion de "qualia" qui m'a bien intérréssé) ben ça marche pas trop bien; C'est un peu un texte d'idée, un peu de la romance, un peu de la SF (j'aime les mélange des genres) mais du coup, ben je crois pas trop au perso, ni au monde, et j'ai du mal à accrocher aux idées.
Sinon ça m'a fait penser à ce dialogue des sages de Laputa, dans les voyages de Gullivers, qui voulant économiser des mots, décident de se taire et de désigner les choses dont il veulent parler. Ils ont un sac, avec des statuette de plein truc (dont de baleines) et trouve un systeme pour l'exprimer. Sauf qu'il n'arrive pas à formuler "Je ne vois pas de baleines à l'horizon" parce qu'il ne savent comment désigner la negation physiquement. ça m'a toujours beaucoup plu, et je crois que ça fais un peu écho à tes propositions.

Voilà merci pour ce texte. et bon courage pour la suite

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Re : T14 - Éléphant V2
« Réponse #9 le: 12 Mars 2016 à 10:39:52 »
Voilà la V2.
Elle reprends surtout les quelques lacunes de langue que vous avez soulevé.

En ce qui concerne l'évolution des idées, j'avoue que je ne vois pas vraiment comment vous rendre ce texte plus accessible.

D'autre part, j'ai conscience qu'il soit à la limite de l'essai. C'est ma conception de l'écriture, ma façon de produire ; j'aime développer des idées au profit d'un capital émotionnel qui m'intéresse un peu moins. Si c'est cela qui vous a rebuté à la lecture, je respecte votre point de vue mais suis au regret de vous annoncer qu'il n'y aura pas de remaniement dans ce domaine.

Merci de vos commentaires !
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Hors ligne Georges Cloné

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Re : T14 - Éléphant V2
« Réponse #10 le: 13 Mars 2016 à 09:37:02 »
Quelques remarques :
 "Heu, je ne sais pas, réponds-je" il vaut certes mieux répons-je que répondé-je, mais ça sonne si mal qu'il vaut mieux changer de verbe.

" J’aime le paradoxe, lui confie-je." là, ça va pas, c'est confié-je (règle basique du français 8)

"C’est bien ce que tu penses ? s’enquit-elle." s'enquiert-elle, reste au présent svp.

"C’est très difficile à expliquer, révélais-je autant pour moi que pour elle." révélé-je, même topo, tu te plante entre présent et passé.

"La conversation est en effet une institution qui parfois nous empêche de penser, réalisais-je. " réalisé-je ; bis repetita...

"Je le sens au-delà de mes yeux fermé" fermés !

Bref, courage, tu as de la relecture à faire, mais la base est très solide et bien tournée.
Blue Mountain, Moka Sidamo, Maragogype...

What else ?

Hors ligne Loïc

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Re : T14 - Éléphant V2
« Réponse #11 le: 14 Mars 2016 à 22:01:57 »
Salut !

Alors le premier paragraphe (après la déclaration d'Elsa) me déçoit vachement. Du genre, je sens qu'il y a une belle écriture, mais je trouve qu'elle est gâchée par des participes présent à foison et des accumulations d'adjectifs.

Citer
-   Il y avait malgré tout un avis derrière tes mots, je renchéris.

ça aurait plus de force sans le "je renchéris", je pense.

Tu es sûr du de tes verbes style "révélais-je" ? Ce serait pas "révélé-je" ?

Citer
Mais malgré que l’humanité académique

horreur !

Bon, malgré les trois remarques, j'ai beaucoup aimé. Le dialogue est très engageant, bien réalisé et m'a donné envie de le suivre au bout, de voir de quoi il en retournait. Et j'adore la fin, très douce, qui ponctue joliment alors que je me demandais comment tu allais faire pour finir ce texte correctement.

Merci pour la lecture !
"We think you're dumb and we hate you too"
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"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Dot Quote

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Re : T14 - Éléphant (v3)
« Réponse #12 le: 14 Mars 2016 à 22:31:19 »
V3 selon vos remarques :)
.

Hors ligne Mogdhorel

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Re : T14 - Éléphant (v3)
« Réponse #13 le: 20 Mars 2016 à 17:15:39 »
Hello Mout,

Rien de spécial à dire sur la forme. Je ne me suis pas plus emballé que ça pour ton style, mais force est de constater qu'il se laisse facilement effacer pour servir l'histoire. Un bon point.

J'aime les idées que tu développes dans ton texte, c'est intéressant et tes protagonistes poussent les idées assez loin sans pour autant rentrer dans de l'abstrait.

J'aime le titre.

J'aime la relation entre tes personnages : on ne sait pas où ils sont, ce qu'ils font, qui ils sont, mais pourtant on arrive à ressentir ce début de sentiments, différents, qu'ils ressentent l'un pour l'autre.

J'adore la fin, ce dernier mot.  :coeur:

J'aime moins le fait que finalement, il ne se passe pas grand-chose. Alors ça ne m'a pas gêné plus que ça, puisque j'ai eu envie de lire jusqu'au bout. Mais c'est cette absence d'un peu plus de "matière" qui fait que j'apprécie ton texte sans pour autant que ça soit un coup de coeur.

Merci pour ce texte.
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

 


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