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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T13] Le voleur de masques

Auteur Sujet: [AT n°7 | T13] Le voleur de masques  (Lu 3068 fois)

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[AT n°7 | T13] Le voleur de masques
« le: 29 Février 2016 à 14:54:58 »
Le Voleur de Masques


   – Ça y est ? Vous êtes prêt à l'enfiler ? Ce ne sera pas douloureux, je vous le promets. Ça vous rappellera peut-être votre naissance masquée... En quelque sorte. Mais vous ne ressentirez aucune douleur.
La fonctionnaire me parlait avec l'air assuré de ces délurés qui changent de visage chaque semaine, me souriant à travers le masque de la Vérité propre aux membres du Ministère. Le curieux œil rouge sur fond blanc trônant au milieu de l'accessoire de bois semblait me fixer indépendamment de la volonté de sa propriétaire. Ainsi, pour une journée entière, j'allais goûter à ce qu'était réellement être quelqu'un d'autre.
   – Et vous dites que ce... Kafei sera... moi, pour la journée ?
   – Cela reste un nom d'emprunt, ne l'oubliez pas, mais oui, il s'agit un échange tout à fait équitable. Enfilez le masque, s'il vous plaît. D'autres attendent après vous.
Je m'exécutai alors, non sans un sentiment d'appréhension. Collant la surface de bois contre mon visage nu, je pris une profonde inspiration. Un millier de sensations m'assaillirent aussitôt, comme autant de picotements dans mon esprit. La tête me tourna, mais la subtile douleur disparut en quelques instants, aussi rapidement qu'elle était survenue.
   – Qu'est-ce que c'était que ça ? demandai-je aussitôt à la fonctionnaire.
   – Vous vous êtes senti « quelqu'un d'autre » pendant quelques instants ? Vous avez eu des vertiges ?
Quelqu'un d'autre... Oui, c'était là exactement ce que j'avais ressenti. Tout ce qu'elle me répondit quand je confirmai ses assertions fut que c'était tout à fait normal pour une première Permutation. Sans lui répondre, je me retournai et tombai nez à nez face au miroir de la salle, bouche bée. En regardant mon reflet, j'avais réellement l'impression d'être une personne différente. Une personne plus jeune, plus forte. Plus en vie. Un profond sentiment d'exaltation, tel que je n'en avais pas ressenti depuis des années, s'empara alors de moi. Sans un regard en arrière, je sortis de la pièce, avec un pas plus vif que la normale.
Une fois arrivé dans la rue, je m'arrêtai un instant pour reprendre mon souffle. Le vrombissement des voitures, les conversations des passants, les flashs lumineux des feux, tout semblait apparaître renouvelé devant moi. Pour une journée, j'allais être un homme changé.
Je tournai les talons avec un large sourire, pressé de rencontrer le confort douillet de ma vie nouvelle, lorsque je fus bousculé par un homme d'allure frêle, mais agile. Je baissai les yeux pour le voir s'excuser, mais celui-ci ne s'apitoya pas sur l'effroyable et hypothétique dommage qu'il aurait pu me causer, comme un homme normal l'aurait fait à sa place. Non, au lieu de s'adonner à cette sacro-sainte politesse, il me jeta à travers son masque d'un blanc uni un regard carnassier, lança ses bras en avant et s'agrippa à mon visage, dans un mouvement qui sembla arracher ma tête de mon corps. Je gardai cette impression d'horreur, jusqu'à ce qu'il ait disparu à l'angle d'une rue voisine. Je passai un doigt hasardeux sur mon visage. Seul mon masque avait disparu, mais l'impression de vide en lieu et place de l'endroit où quelque instants plus tôt était affiché un sourire joyeux me brûla comme un fer chauffé à blanc. Mort de honte et de douleur, je couvris de mes mains mon visage tordu et courut me réfugier loin des regards indiscrets. Je peinais à croire ce qui venait de m'arriver. Comment un simple geste avait-il pu désolidariser l'essence même de mon être et ma chair ?
Abrité par l'ombre d'une ruelle, j'entrepris de reprendre mes esprits. J'avais beau envisager la chose sous tous les angles, je n'arrivais qu'à une seule conclusion. J'étais impuissant. La panique s'empara de moi, et je ne songeai pas à poursuivre le voleur, déjà loin de toute façon. La fonctionnaire du Ministère avait été très claire lors de notre première entrevue : si je perdais le masque de mon compagnon d'échange, il garderait le mien jusqu'à ce que je le retrouve. Et un corps ne peut pas rester sans masque bien longtemps. On n'avait eu de cesse de nous le répéter depuis l'enfance. Je devais retrouver ce masque, et rapidement, si je ne voulais pas que les ennuis s'accumulent.
Mon calme approximativement revenu, je décidai de rentrer chez moi au plus vite. Sans un regard en arrière, je parcourus donc le chemin qui me séparait de mon minuscule appartement de fonction.
Affalé sur le sofa du salon, je m'effondrai un instant dans un mutisme cérébral inquiétant. Le temps pressait pourtant, et il était évident que le voleur ne se pointerait pas devant ma porte, un large sourire sur le masque couvrant sa gueule, regardant celui qu'il me tendrait amicalement. Une partie de moi ne pouvait cependant pas s'empêcher de croire à ce scénario absurde, criant trop fort ses spéculations hasardeuses sur la bonté humaine pour permettre aux autres de lui rétorquer quoi que ce soit. Je restai donc là, essayant tant bien que mal de ne pas naufrager dans l'inaction d'un fol espoir.

Le bourdonnement flou de la télévision me tira du confort de mon sommeil, laissant bientôt place à la lumière aveuglante du matin dans mon esprit brumeux. Sans tout à fait réaliser que mon bras avait malencontreusement actionné la télécommande qui traînait sur le canapé, je contemplai, hagard, les images que me jetait à la figure l'écran plat, clignant inutilement des yeux pour ralentir leur rythme. Quelques secondes de plus me suffirent pour fixer dans mon esprit les souvenirs bancals des évènements de la veille.
La claque brûlante de la mémoire frappa alors violemment ma face de nouveau enveloppée de bois. Une autre de la part de l'incompréhension me fut cependant nécessaire pour réaliser que les aspérités du matériau que rencontrait ma main n'étaient pas celles qu'elle auraient dû être dans un univers à peu près cohérent. Je courus vers le seul miroir de mon appartement. Celui-ci me renvoyait une image de moi-même un peu plus tassée et fatiguée que d'habitude. Cependant, ces maigres détails de physionomiste n'étaient rien face à l'irréfutable : je ne connaissais pas le masque qui couvrait mon visage. Je sorti lentement de la pièce à reculons et mon regard se tourna mécaniquement vers la petite image du piètre présentateur télévisuel de mon salon. On voyait à côté de lui la photo d'un type d'âge mûr, son masque sur la face, dans une parodie de sourire. Je me ruai vers le poste, le cœur au bord des lèvres. Je portais le masque de cet homme. La légende écrite en minuscules défilant sous la photo m'asséna une nouvelle claque, s'ajoutant à celles qui avaient déjà traversé mon esprit : « Le masque de M. Jourdan a disparu subitement dans la nuit du sept au huit... ». L'homme à la cravate parfaitement ordonnée s'empressa de rappeler l'information qui avait frappé cette matinée :
« M. Jourdan, fonctionnaire d'éducation serait, au cours de cette nuit, devenu un « Sans-Visage », de façon inexpliquée. Alors qu'il dormait, sa femme aurait soudainement vu son masque se parer de dizaines de couleurs et se déformer, avant de se volatiliser. Certains pensent déjà qu'il ne s'agit là que d'un coup monté pour récupérer l'argent de la prime allouée par le gouvernement aux victimes de ce type d'évènements. Notre équipe a rencontré un de ces sceptiques et... »
Me détourant de la télévision, je tâtai à nouveau mon masque. Je n'avais aucune idée de ce qui avait bien pu se passer au cours de la nuit et seule une certitude ébranlait mon esprit : rien n'allait. Je portais le masque disparu d'un autre, tandis que le mien était entre les mains d'un inconnu. Et si je voulais le récupérer, je devais d'abord retrouver le sien.
Je me décidai finalement à accomplir ma seule action un tant soit peu logique de la matinée : appeler la police.
Après avoir subi la quinzième répétition du Printemps, j'allais raccrocher, lorsqu'une voix nasillarde prit enfin mon appel :
   – Allo ? Commissariat du troisième district.
   – J'ai le masque de M. Jourdan.
   – Pardon ? Ah, oui bien sûr. Je vous transfère au service adéquat.
Trois Printemps plus tard, une voix tout aussi nasillarde m'annonça :
   – Ici le service des Masques. Que puis-je faire pour vous ?
   – Comme je l'expliquais tout à l'heure à votre collègue, j'ai le masque de M. Jourdan sur mon visage.
   – Pardon ? Ah, je vois. Et votre masque, où est-il ?
   – On me l'a volé.
   – Bien sûr, me répondit-elle avec ce ton qu'on réserve habituellement aux enfants. Et vous êtes ?
Je raccrochai aussitôt. Elle ne m'avait pas cru.
La télévision continuait de cracher son flot d'informations – qui n'avait désormais plus aucun rapport avec M. Jourdan ou la disparition étrange de son masque – et je décidai de me préparer de quoi manger. Le temps de laisser au steak congelé le plaisir succin de se prélasser dans la poêle, je m'allongeai un instant dans le canapé avec lequel j'était devenu bien trop proche depuis une quinzaine d'heures.
Subitement, une terrible sensation et la plus extrême des douleurs me glacèrent le visage dans une synchronisation infernale. J'eus comme l'impression que toute la peau de mon visage s'effilochait, s'envolait en morceaux, se déchirait de toute part, se dissolvait dans un néant infini, pour enfin disparaître à jamais. Après quelques secondes et la douleur visiblement disparue, j'osai enfin toucher mon visage. À ma grande surprise, tout était là. Mon masque, mes cheveux, ma peau, tout. Sans prêter attention au bout de viande reconstitué qui se consumait tranquillement dans ma cuisine, je courus vers le miroir. La scène invraisemblable se répétait. Sur mon visage, un autre masque était apparu. Inconnu.


***

« La police, désemparée face à la mystérieuse série de meurtres de cette dernière semaine, ne semble pas proche d'attraper le responsable. Nous osons parler de série de meurtres, car le même mode opératoire est utilisé sur chacune des victimes. Leur masque disparaît d'abord de manière inexpliquée et, invariablement, elles décèdent d'une crise cardiaque douze heures plus tard. Les familles des victimes sont... »
   – Coupe-moi ça...
   – Très bien, Inspecteur.
   – Déjà une semaine. Et nous n'avons pas avancé d'un chouïa ! Qui peut bien être cet enfoiré ?
   – On va bien finir par trouver une piste, Inspecteur, ne désespérez pas, tenta de le rassurer son subalterne, à travers son masque confiant de second.
   – Inspecteur ? l'interpella une voix nasillarde. J'ai en ligne quelqu'un qui dit vouloir vous parler sur le canal deux.
   – Je le prends, annonça le vieux policier, non sans soupirer.
Suspendant le combiné aux crochets incrustés près de son oreille, il pensa à tous les fous et les idiots qui l'appelaient sans arrêt pour lui avouer qu'ils avaient le masque d'untel, tué untel, voire les deux. C'est pourquoi l'humeur de l'inspecteur était des plus exécrable lorsqu'il entendit la voix timide commencer la conversation :
   – Bonjour...
   – Inspecteur Freamon à l'appareil. Que voulez-vous ?
   – Eh bien, pour commencer, je dois vous avouer que je suis le responsable de tous les meurtres dont on parle à la télévision. Et également celui de la disparition des masques, bien entendu.
   – Bien sûr. Autre chose ? demanda le plus cordialement qu'il lui était possible l'inspecteur.
   – Vous ne me croyez pas. C'est très commun, vous savez. Il y a une semaine, votre collègue ne m'a pas cru non plus, lui répondit joyeusement son interlocuteur. Mais je peux vous le prouver.
   – Je n'en doute pas. Ce sera tout ?
   – Le masque de M. Mérieux a disparu, n'est-ce pas ? demanda tranquillement l'homme.
   – Comment savez-vous que...
   – Vous n'avez laissé passer aucune information dans la presse, alors oui, comment puis-je être au courant ? Et bien, je me vois dans le regret de vous dire que c'est bel et bien moi qui possède son masque. Et que M. Mérieux va mourir dans.... une dizaine d'heure, maintenant. Invariablement, annonça tranquillement l'homme au bout du fil, sans changement notable dans sa voix.
   – Que...
À travers son masque aux traits impassible, l'inspecteur de police eut le souffle coupé. Que pouvait-il répondre ?
   – Bien sûr, il y a un moyen d'empêcher cela, sinon je ne vous aurais pas appelé. Il vous suffit de retrouver mon masque, porté par un certain Kafei. Il ne s'agit pas de son véritable nom, comme il est usuel de le faire lors des Échanges, mais j'ai réussi à trouver son véritable. Si vous voulez vérifier, cela se trouve dans les fichiers du Ministère, et remonte à une semaine. Son masque m'a été volé quelques minutes après qu'il ait eu lieu. Si vous me rendez le mien, je vous assure que les morts s'arrêteront. Nous voulons tous que cela s'arrête, croyez-moi.
   – Et qu'est-ce qui peut me permettre de vous faire confiance ?
   – Rien, j'en ai bien peur. Je vous rappellerai.
Soufflé, l'Inspecteur reposa lentement le combiné. Il avait un suspect. Un suspect tangible, qui plus est. Sans perdre une seconde, il raconta toute la conversation à son adjoint.
   – C'est simple, il faut trouver ce Kafei et le masque volé, annonça l'homme pour toute réponse.
   – Et après ? lui demanda l'inspecteur, dont la seconde peau permettait heureusement de cacher l'excitation. On lui prend son masque ? Qu'est-ce qu'il fera, sans ? Nous n'avons aucune idée de l'endroit où  se trouve le sien, il pourrait être partout dans le monde, à l'heure qu'il est !
   – Inspecteur, on ne peut pas laisser ces meurtres se perpétuer ! On doit au moins le voir.
   – Je le sais bien, je le sais bien... soupira-t-il, étrangement exténué par ce simple appel. Mais peut-on vraiment juger si condamner un homme à vivre pire qu'une mort est préférable  à sauver d'autres vies ? Nous aurons une rude décision à prendre...
Sur ces mots, l'inspecteur laissa seul son adjoint et, sur un signe de celui-ci, alla rejoindre son lieutenant dans son bureau. Le quadragénaire, même avec son masque dur et autoritaire, semblait tendu, et à l'entrée de son subalterne, il lui lança un regard plein de sous-entendus.
   – Vous devez impérativement faire arrêter ces meurtres. Impérativement, dit-il simplement.
   – Je sais, mais pourquoi me dites-vous...
   – Cela vient d'en haut. Ils ont mûrement réfléchi aux conséquences, et il apparaît que cet homme est des plus dangereux. Imaginez simplement que, pendant douze heures, il prenne possession du masque du Président. Vous voyez. Vous devez trouver cet homme, Lester.


***

Le fou avait lui aussi réalisé l'ampleur de la situation. « Fou » oui, c'est bien ce qu'il était. Dans son dernier appel, il m'avait tout expliqué dans les moindres détails. Le vol de son masque, son renouvellement toutes les douze heures et la mort de la victime. J'avais bien compris que ce mécanisme infernal était tout sauf dépendant de sa volonté, et je commençais à en comprendre les rouages. D'après notre expert, la clef de voûte de l'ensemble était la brutalité avec laquelle le masque avait été retiré. L'esprit s'était ainsi retrouvé privé de son enveloppe charnelle primordiale et en avait recherché une autre, désespérément. Le mariage forcé entre le corps et l'esprit créé était devenait instable et ne pouvait être maintenu en place plus de douze heures. Le masque était détruit, le propriétaire décédait, et un autre apparaissait... Un cycle cruel et indépendant de sa volonté... alors pourquoi ? Pourquoi demander maintenant une rançon, en plus de son masque ? Une rançon pour le porter, avait-il dit. Il était clair qu'il avait compris pouvoir gravement atteindre la société avec ce pouvoir, même sans aucun contrôle. Combien de vies avait-il déjà détruites ? Avant cette cynique demande, il pouvait encore être considéré comme victime, mais maintenant, il méritait qu'on l'enferme, et vite ! Ce taré comptait profiter de la mort de dizaines de personnes pour s'offrir une nouvelle vie !
En un mois, la situation avait gravement empiré, et déjà près de soixante cadavres étaient à mettre au compte de... de qui justement ? Du fou, du masque, du voleur ou encore de ces stupides Transfères ? Que pouvait-on face à un meurtrier inconnu qui changeait de visage toutes les douze heures et qui n'existait peut-être même pas matériellement ? Pourtant, ce fou avait aujourd'hui commis sa première erreur. Devant l'ampleur de la menace potentielle, nous avions décidé de lancer un avis de recherche, renouvelé toutes les douze heures, contenant une photo du masque disparu et le nom de la victime. Et aujourd'hui, après près d'un mois de cadavres, il était enfin sorti de chez lui. Notre seule réelle avancée depuis son dernier appel.
Nous avions bien essayé de convaincre Kafei, le détenteur de son masque, de nous le céder, mais je ne pus totalement m'y résoudre et, devant la fermeté de son avocat, j'avais abandonné. Bien sûr, mes supérieurs avaient bien essayé de le convaincre par des moyens dépassant de loin le cadre légal, mais peut-on réellement forcer un homme à signer pour une vie pire que la mort, soit-disant au nom de la communauté ? Ce n'était pas à lui de porter un tel fardeau. De plus, nous nous doutions qu'un tel acte, fait sans son accord, ne ferait que déplacer le problème.

Absorbé par mes pensées, je bousculai à peu près toutes les âmes du bâtiment en traversant le hall, et passai aussitôt la grande porte vitrée de l'entrée. Je m'engouffrai dans la voiture qui m'attendait, moteur ronflant. Mon adjoint me conduisit sans un mot à l'adresse qu'une voisine du tueur nous avait indiquée. Il s'arrêta, après cinq minutes de trajet seulement, dans une rue banale, devant un immeuble banal. Comment aurait-on pu, simplement en le voyant, deviner qu'il cachait la victime d'un mécanisme si cruel et infernal ?
« Si proche, hein ? » fut tout ce que je trouvai à dire.

La porte que nous pointait fébrilement de son doigt osseux la concierge grelottant dans sa robe de chambre ne paraissait pas fermée. Je ne voulais pas perdre une minute de plus. Sans réfléchir, je percutai le battant de bois, qui s'ouvrit à la volée. L'entrée semblait vide, le parquet couvert d'une fine couche de poussière, et une légère odeur d'abandon et de décrépitude flottait dans l'air. Les fragrances d'un lieu sans vie. Je courus vers le salon, connaissant déjà l'implacable vérité.

L'homme gisait sur son canapé, les bras le long du corps. Je me rapprochai, en vain. Aucun souffle ne s'échappait de ses poumons vides, aucun soubresaut cardiaque ne l'animait. Rien.
Seul son masque trônait. Il avait un aspect hideux, protéiforme, aux multiples facettes, contenant soixante visages à la fois. Soixante visages se fendant d'un même sourire morbide.
« Modifié: 14 Mars 2016 à 17:03:18 par Mout »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #1 le: 29 Février 2016 à 23:15:29 »
J'adoore ce texte !  :) J'ai beaucoup aimé l'idée, il est très bien écrit en plus même si j'ai relevé des fautes ( et que les autres relèveront aussi).

Citer
tout disparu
disparut

Citer
Un personne plus jeunes
une personne plus jeune

Citer
vie renouvelé
renouvelée

Citer
je fut
fus

Citer
Je passa
passai

Citer
je couvris de mes mains mon visage tordu et couru
]
courus

Citer
J'était impuissant
étais

Citer
Après avoir subit quinze boucles du Printemps,
subi, d'ailleurs la formulation boucles me gêne un peu, ça fait un peu maladroit, faut trouver un autre mot je pense

Citer
le fait qu'il ai cédé
ait

Citer
je ne put m'y résoudre 
pus

Citer
Un sentiment d'horreur et la plus extrême des douleurs me glacèrent subitement le visage de concert, dans une synchronisation infernale.
tu devrais peut-être commencer la phrase par subitement, une douleur extrême etc, ça mettrait plus l'accent sur l'action et le changement de rythme du texte descriptif au dessus
et la répétition de concert + synchronisation infernale fait un peu lourd, après tout ça c'est très technique c'est du chipotage, d'autres pourront mieux t'aider que moi à trouver les mauvaises tournures de phrases et comment reformuler

Je trouve la 3ème partie un peu moins travaillée, un peu moins dans l'ambiance. Mais j'ai bien aimé la chute, les 60 visages sur le masque.

Bonne soirée à toi !
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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #2 le: 01 Mars 2016 à 15:48:21 »
Bonjour Become, et merci beaucoup pour ton retour très enthousiaste. Je suis très content que cela t'ai plus.
J'ai corrigé toutes ces petites fautes impardonnables, même s'il doit sûrement en rester d'autres ><
La troisième partie est peut-être un peu plus faible, en effet. Son contenu très explicatif (la mécanique de la Transmutations des masques, les douze heures de stabilité, etc.) empêche un réel travail stylistique et je ne crois pas pouvoir faire beaucoup plus que le léger retravail que je viens d'effectuer. Mais c'est là tout le problème du format, la taille imposée (moins de 3000 mots) m'a empêché de pouvoir expliquer au fil du texte les mécanismes de la chose, alors bim c'est comme ça dans ta face, mais je ne crois pas réellement pouvoir faire autrement  :/

Encore merci pour ton commentaire détaillé.
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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #3 le: 02 Mars 2016 à 21:00:36 »
Salut Mout !

Quelques remarques au fil de la lecture :

Citer
Un millier de sensations m'assaillirent aussitôt, comme un millier de picotements dans mon esprit.
La répétition millier/millier est un peu dommage. Si vraiment ça doit être un millier de chaque côté, tu pourrais dire "comme autant de picotements" ?

Citer
La tête me tourna, mais tout disparut en quelques instants, aussi rapidement que cela était survenu.
Il me semble qu'il faudrait changer/clarifier un des termes dans "tout disparut" : soit préciser ce qui disparait, parce que il n'y a eu qu'une vague phrase de description sur ce "tout", cette sensation, soit "tout revint à la normale" ou quelque chose du genre.

Citer
bouche-bée
"bouche bée" tout simplement, il me semble.

Citer
Un profond sentiment d'exaltation, tel que je n'en avais pas ressenti depuis des années s'empara alors de moi.
Je mettrais une deuxième virgule avant "s'empara".

Citer
tout semblait apparaître renouvelé devant moi. Pour une journée, j'allais être un homme nouveau.
Je tournai les talons avec un large sourire, pressé de rencontrer le confort douillet de ma vie nouvelle
C'est un peu difficile parce que c'est une idée-clef, mais je trouve l'effet de répétition un peu malheureux.

Citer
Je gardais cette impression d'horreur, jusqu'à ce qu'il ait disparu à l'angle d'une rue voisine.
Je dirais "Il garda", donc passé simple ?

Citer
je fixais, hagard, les images que me jetait à la figure l'écran plat, clignant inutilement des yeux pour ralentir leur rythme. Quelques secondes de plus me suffirent pour fixer dans mon esprit les souvenirs bancals des évènements de la veille.
Si la répétition est un parallèle volontaire, il faudrait peut-être un mot ou deux de plus pour l'expliciter.

Citer
aux victimes e ce type d'évènements
de

Citer
un de ces septiques
sceptiques (pas tout à fait la même chose ^^)

Citer
Trois Printemps plus tard une voix tout aussi nasillarde m'annonça :
Une virgule après "tard" ?

Citer
je courrais vers le miroir.
"courus" passerait mieux.

Citer
Coupes-moi ça...
Coupe-moi

Citer
Le minuscule inspecteur de police eu le souffle coupé
eut

Le style dans l'ensemble est solide, même si le changement de narrateur m'a un peu désarçonné sur un texte aussi court. Un autre point d'ennui est que rien chez le narrateur de la première partie ne semble vraiment annoncer son comportement dans la seconde - faire passer de l'empathie pour un perso à la répulsion de façon aussi brusque me dérange un peu.
Un des points où la deuxième partie est un peu moins dans l'ambiance aussi, c'est que les masques n'y jouent qu'un rôle extérieur. Le masque du détective ou des personnes qu'il côtoie ne sont pas vraiment discutés ou même mentionnés (sauf erreur). Il y a même des bouts de phrases comme "essayant tant bien que mal de cacher son excitation" qui font plus penser à un monde sans masque.
Après, la grande force du texte est clairement l'univers. Il est très original, bien amené et mené. J'aime aussi, d'une certaine façon, le fait qu'on en ait qu'un aperçu, qu'un début d'idée de comment ce monde tourne - un juste assez pour que les images soient frappantes.
« Modifié: 02 Mars 2016 à 21:14:35 par barnacle »

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #4 le: 02 Mars 2016 à 22:06:27 »
Bonsoir barnacle, merci de passer.

Citer
C'est un peu difficile parce que c'est une idée-clef, mais je trouve l'effet de répétition un peu malheureux.
Et encore, à la base il y avait une répétition renouvelé/renouvelée... Je vais veiller à modifier ça, dans la mesure du possible...


Citer
Si la répétition est un parallèle volontaire, il faudrait peut-être un mot ou deux de plus pour l'expliciter.
Ce n'est absolument as un parallèlisme, juste une bête répétition...

Je vais corriger toutes les autres petites imperfections.

Le changement de narrateur a justement pour but de montrer cet éloignement progressif avec le premier narrateur : d'abord dans sa peau, ensuite un changement de lieu et une vision omnisciente, puis un point de vue dans la peau de Freamon. Cet éloignement de point de vue devait marquer un éloignement entre la morale supposée d'un lecteur lambda et celle du narrateur de la première partie. Après, c'est peut-être un peu trop audacieux et pas vraiment réussi...
Pour le fait que les masques ne soient pas du tout exploités dans la deuxième partie... et bien c'est totalement involontaire. Je dois bien avouer que durant l'écriture de cette phase, cet aspect du monde s'est totalement occulté de mon esprit : tout le monde a des masques, et pas les gens qui m'intéressent uniquement. Je vais donc veiller à modifier le texte en conséquence et à mettre ce côté plus en avant, au niveau des réactions, des comportements, etc. Merci pour la remarque !
Merci également pour le compliment sur l'univers, je suis content d'avoir réussi à le présenter en si peu de mots, j'avais peur que cela ne soit pas très clair au final.
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #5 le: 04 Mars 2016 à 12:16:22 »
J'ai modifié ce que j'ai pu, mais je me demande si ce n'est pas un peu forcé sur la deuxième partie... Ton avis, barnacle ?
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #6 le: 04 Mars 2016 à 15:35:04 »
Non, ça ne me semble pas forcé ^^ J'aime bien le détail du "crochets incrustés près de son oreille".

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #7 le: 05 Mars 2016 à 23:35:56 »
Citer
Ça vous rappellera peut-être votre naissance
Pas le genre de fait marquant, ou plutôt pas le moment où la mémoire est la plus efficace.  ::)

Citer
celui-ci ne s'apitoya pas sur sa maladresse maladive, comme un homme normal l'aurait fait à sa place.
En général on s'excuse en s'inquiétant de la gêne occasionné à autrui, pas forcément pour se lamenter sur son sort en mode "mais qu'est-ce que je suis pas doué"... Je comprends que la formule visait à éviter la répétition, mais je trouve la généralisation bizarre.

Citer
Je garda
gardai

Citer
ces maigres détails physionomistes n'étaient rien face à l'irréfutable
Je pense pas que "physionomiste" ait un sens de "relatif à la physionomie". / physiques ?

Citer
   – Pardon ? Ah, je vois. Et votre masque, où est-il ?
   – On me l'a volé.
   – Bien sûr. Et vous êtes ?
Je raccrochai aussitôt. Elle ne m'avait pas cru.
Ca serait bien qu'on ait une indication de ton dans le dialogue, car à la lecture on se demande si le narrateur est pas un poil paranoïaque. :D

Citer
Le masque est ainsi détruit, le propriétaire meurt, et un autre apparaît...
J'aurais gardé les temps au passé.

Citer
Mais que pouvait-on face à un meurtrier qui changeait de visage toutes les douze heures ?
Débarquer chez lui ? Ils ont son nom et ils savent à quoi il doit ressembler vu que les visages disparaissent.

Citer
Nous avions bien essayé de convaincre Kafei
Ca aurait été bien de rechercher le vrai masque de Mr Kafei, celui qui a été volé aussi...

Citer
l'être victime
La formulation est lourde, "la victime" aurait suffi.

Citer
Je me rapprochai, en vain.
"S'approcher en vain" c'est bizarre comme tournure...

Citer
aucun soubresaut cardiaque ne le soulevait.
Il aurait été "soulevé d'un soubresaut cardiaque", je l'aurais plutôt imaginé en train de faire un arrêt cardiaque que vivant. :???:

J'aime bien l'ambiance et l'univers mis en scène, j'ai plus de mal avec la résolution de l'intrigue, le changement d'attitude du narrateur du début et son chantage sonnent assez incongrus, et au final, on sait pas trop ce qu'est devenu le masque volé et ce que venait faire là le voleur de masque.

Cela me dérange que l'intrigue ne se dénoue pas "jusqu'au bout" alors que le texte prend peu à peu la forme d'une enquête policière... Et pas mal de question ne semble même pas effleurer les personnages : par exemple s'ils reprennent son masque à Mr Kafei, ne risquent-ils pas de "déplacer" le problème ?...

Bref, j'ai bien aimé mais je pense que la deuxième moitié du texte pourrait être plus aboutie.
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #8 le: 06 Mars 2016 à 01:20:41 »
Bonsoir, Kathya.

Citer
Pas le genre de fait marquant, ou plutôt pas le moment où la mémoire est la plus efficace.  ::)
Alors en fait, je crois qu'au moment de l'écrire, je ne faisais pas référence à notre naissance, mais au jour où l'on reçoit son masque, doublement marquant donc. Il faut par contre que je le précise.

 
Citer
Je pense pas que "physionomiste" ait un sens de "relatif à la physionomie". / physiques ?
Je pensais bien à la bonne signification. Peut-être serait-ce plus parlant en ajoutant "de physionomiste".

 
Citer
Débarquer chez lui ? Ils ont son nom et ils savent à quoi il doit ressembler vu que les visages disparaissent.
Il n'est jamaisfait mention que la police possède son nom, même moi je ne l'ai pas, alors cela me semblerait peu probable que ce soit le cas :huhu:

 
Citer
Ca aurait été bien de rechercher le vrai masque de Mr Kafei, celui qui a été volé aussi...
Je ne l'ai pas précisé mais il semble vraiment impossoble de le retrouver sans témoin description où quoi que ce soit dans le genre, comme un téléphone après un racket quoi.

 
Citer
par exemple s'ils reprennent son masque à Mr Kafei, ne risquent-ils pas de "déplacer" le problème ?...
J'ai bien spécifié que le fait que le masque ait été volé et donc la perte du masque involontaire et brutale, donc non.

 
Citer
Cela me dérange que l'intrigue ne se dénoue pas "jusqu'au bout" alors que le texte prend peu à peu la forme d'une enquête policière..
Et bien en fait, au départ mon but avec ce texte était la présentation de l'Univers et les questionnements découlant des évenements, plus qu'une intrigue policière. Mais ça ne se ressent pas tellement au final, d'où le résultat.

Merci pour ta lecture attentive.

EDIT : Modifications effectuées
« Modifié: 06 Mars 2016 à 13:15:03 par Mout »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #9 le: 07 Mars 2016 à 16:16:54 »
Citer
Débarquer chez lui ? Ils ont son nom et ils savent à quoi il doit ressembler vu que les visages disparaissent.
Il n'est jamaisfait mention que la police possède son nom, même moi je ne l'ai pas, alors cela me semblerait peu probable que ce soit le cas :huhu:
J'avais pas l'impression qu'ils échangeaient de masque au hasard. Y a l'air d'y avoir de l'administration derrière. Si le narrateur sait qu'il avait le masque de Mr Kafei, alors Mr Kafei doit savoir qui avait son masque. Enfin c'est ce que je comprenais de l'univers du texte.  :???:

Citer
Citer
Ca aurait été bien de rechercher le vrai masque de Mr Kafei, celui qui a été volé aussi...
Je ne l'ai pas précisé mais il semble vraiment impossoble de le retrouver sans témoin description où quoi que ce soit dans le genre, comme un téléphone après un racket quoi.
Oui enfin, un téléphone après un racket, c'est surtout que tout le monde s'en fout. Si des vies étaient en jeu, ça les motiverait peut-être un peu à diffuser le portrait (ça paraît fou qu'ils stockent pas ça comme données, dans un monde façonné par les apparences).

Citer
Citer
par exemple s'ils reprennent son masque à Mr Kafei, ne risquent-ils pas de "déplacer" le problème ?...
J'ai bien spécifié que le fait que le masque ait été volé et donc la perte du masque involontaire et brutale, donc non.
Euh, s'ils lui prenaient de force comme c'est suggéré, ça serait tout à la fois involontaire (enfin l'intéressé a pas l'air spécialement d'accord), et brutal (lui demander gentiment suffirait pas...).

Désolé de t'embêter avec mes remarques, mais elles sont la preuve que l'univers est riche et soulève des questions.  ;)
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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #10 le: 08 Mars 2016 à 09:03:20 »
Salut Mout !

Que dire, j'ai adoré !
Tu as su créer un univers très riche et le rendre tout à fait tangible sur un texte très court, c'est une véritable prouesse. Je trouve presque dommage de s'en tenir là, en fait. Un tel univers pourrait porter une intrigue beaucoup plus dense et ramifiée, mais ça ne cadrerait pas avec l'AT  :D
J'ai vraiment accroché, je suis conquise, bravo.

Merci pour cette lecture, au plaisir.
Tel esprit qui croyait se pendre.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #11 le: 11 Mars 2016 à 12:37:04 »
Hello Mout,

(Je préviens, je n'ai pas pu utiliser les balises spoilers puisque j'aurais presque tout caché du coup ; si vous n'avez pas encore lu le texte, attention ça spoile)

Citer
  – Vous vous êtes sentis « quelqu'un d'autre »
senti (puisqu'on vouvoie mais qu'on parle qu'à une seule personne)
Citer
mais celui-ci ne s'apitoya pas sur l'effroyable qu'il aurait pu me causer
Tu veux dire sur l'effroi ?
Citer
je fus bousculé par un homme d'allure frêle, mais agile. Je baissai les yeux pour le voir s'excuser, mais celui-ci ne s'apitoya pas sur l'effroyable qu'il aurait pu me causer, comme un homme normal l'aurait fait à sa place. Non, au lieu de s'adonner à cette politesse quasi sacrée
Sinon je trouve ce passage un peu étrange, comme si tu insistais trop sur le fait que les gens doivent être polis, comme si c'est un truc très important dans l'univers de ton texte.
Citer
Comment un simple geste avait-il pu désolidariser l'essence même de mon être à ma chair ?
Je pense qu'on dit désolidariser de, pas désolidariser à.
Citer
Sans tout à fait réaliser que mon bras avait malencontreusement actionné la télécommande qui traînait sur le canapé, je fixais, hagard, les images que me jetait à la figure l'écran plat
fixai ?
Citer
je fixais, hagard, les images que me jetait à la figure l'écran plat, clignant inutilement des yeux pour ralentir leur rythme. Quelques secondes de plus me suffirent pour fixer
Répétition fixais/fixai
Citer
je parcourus donc le chemin qui me séparait de mon minuscule appartement de fonction.
Citer
Je courus alors vers le seul miroir de mon appartement.
Jusqu'ici, je ne comprends pas pourquoi tu insistes sur le fait qu'il vit pauvrement. Tu ne le dis pas clairement, tu le laisses suggérer par petites touches sans que cela semble avoir de l'importance dans le récit pour l'instant.
Citer
Mon regard se tourna alors mécaniquement vers la petite image du piètre présentateur télévisuel de mon salon.
Comme on ne sait pas où se trouve le miroir, on ne sait pas la distance qu'il a parcouru pour l'atteindre. Puisque tu dis qu'il n'en a qu'un seul, j'ai pensé qu'il était allé dans la salle de bains et du coup, ça m'a paru bizarre qu'il se retourne et voit se téléviseur. Tu devrais peut-être préciser plus haut où se trouve le miroir ?
Citer
  – On va bien finir par trouver une piste, Inspecteur, ne désespérez pas, tenta de le rassurer son subalterne, à travers son maque confiant de second.
masque
Citer
  – Et bien, pour commencer, je dois vous avouer que je suis le responsable de tous les meurtres dont on parle à la télévision. Et également celui de la disparition des masques, bien entendu.
Eh bien ?
Citer
  – Vous ne me croyez pas. C'est très commun, vous savez. Il y a une semaine, votre collègue ne m'a pas cru non plus, lui répondit joyeusement son interlocuteur. Mais je peux vous le prouvez.
prouver
Citer
Et que M. Mérieux va mourir dans les.... dix heures maintenant.
dix heures qui suivent c'est mieux, non ?
Citer
  – C'est simple, il faut trouver ce Kafei et le masque volé, annonça l'homme pour toute réponse.
Pourquoi volé ? Plus haut, il était expliqué que c'était légitime de ne pas rendre son masque à son propriétaire si ce dernier avait perdu le sien. Tu parles donc peut-être du masque qu'on a volé au narrateur, celui de Kafei ? Mais il n'a pas précisé dans son appel qu'on le lui avait volé, il l'a dit à son collègue une semaine plus tôt mais pas à lui.
Citer
   – Je le sais bien, je le sais bien... Mais peut-on vraiment juger si condamner un homme à pire que la mort est meilleur que d'en sauver d'autres ? À la différence de Dieu, nous ne pouvons que le jouer aux dés...
Je ne suis pas trop convaincu par ce dilemme moral, ça sonne assez artificiel, j'ai l'impression que ça cadre pas avec le personnage de l'inspecteur.
Citer
Pourquoi demander une rançon en plus de son masque ? Une rançon pour le porter, avait-il dit.
C'est la question, et
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Il était clair qu'il avait compris qu'il pouvait gravement atteindre la société avec ce pouvoir, même sans aucun contrôle.
c'est la réponse. Du coup pourquoi poser la question ?
Citer
Mais que pouvait-on face à un meurtrier inconnu qui changeait de visage toutes les douze heures ?
Ah ça c'est trop génial, j'adore l'idée !
Citer
Nous avions bien essayé de convaincre Kafei, le détenteur de son masque, de nous le céder, mais je ne pus totalement m'y résoudre, et, devant la fermeté de son avocat, j'avais abandonné
Du coup s'ils connaissent Kafei, ils doivent bien avoir une info sur la personne avec qui il a fait l'échange de masques ? Ils auraient pas pu connaître son adresse ou quelque chose plus tôt ?
Citer
Soixante visages se fendant d'un même sourire morbide.
Wow, j'adore.

Hop, fini.

Bon, j'aime vraiment vraiment beaucoup l'univers, ça c'est indiscutable. Vraiment très original.
Par contre j'ai beaucoup de mal avec le style d'écriture, que je trouve très laborieux.
J'adore la fin, très belle façon de conclure l'histoire.
Par contre, je trouve l'explication "il ne pouvait pas supporter cette perte d'identité non désirée" pas très convaincante, pas assez tangible si je peux dire. Mais bon, ce n'est pas très grave.
Et la première partie, avec l'échange entre lui et Kafei, je pense que peut-être, tu aurais pu t'en passer finalement. Je veux dire, ça n'apporte pas grand chose à l'histoire au bout du compte, puisque de toute façon Kafei refuse de se sacrifier ; il n'a pas un rôle décisif dans le récit. Et le sentiment de déchirement à la base de tous ces "vols" de masques serait resté le même, voire encore plus conséquent, s'il s'était fait voler son propre masque, non ? Mais encore une fois, c'est pas très grave. Je comprends que tu aies voulu caser cette première partie pour donner un plus vaste aperçu de ton monde, pour nous plonger dans l'ambiance quoi.
Bref, c'était un super texte, même si le style ne me convient pas et m'a empêché d'en profiter au max.

Merci :)
« Modifié: 11 Mars 2016 à 12:57:38 par extasy »

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #12 le: 11 Mars 2016 à 16:18:26 »
Salut Salut

Comme les autres, je suis hyper intéressé par l'univers que tu propose que je trouve fascinant. Et comme (certains) autres, je suis assez frustré par le développement de l'histoire.
En soit, je toruve que le coup du changement de narrateur pourrait très bien marcher. La troisième partie, plus "technique", fonctionne bien quand même. Mais effectivement on a le sentiment d'avoir une espèce de policier fantastique mais un peu mal ficelé parce que ça va trop vite, je suis perdu, du coup je comprends pas tout, et donc ça me frustre; sans doute que la contrainte de 3000 mots ne corresponds pas avec ton univers si riche et ton intrigue qui à l'air intense. Mais en lisant le texte comme ça, je me suis dit "bah, c'est tout", alors que je sens que tu aurait pu m'emmener bien plus loin.

Merci en tout cas pour ce texte, c'était un chouette moment de lecture.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #13 le: 11 Mars 2016 à 22:31:06 »
Bonsoir, tous, et merci pour vos commentaires et le temps que vous y avez consacré.

@Kathya
Citer
J'avais pas l'impression qu'ils échangeaient de masque au hasard. Y a l'air d'y avoir de l'administration derrière. Si le narrateur sait qu'il avait le masque de Mr Kafei, alors Mr Kafei doit savoir qui avait son masque. Enfin c'est ce que je comprenais de l'univers du texte.  :???:
Tu marques un point ! J'ai donc tenté de rectifier le tir en faisant des acteurs des échanges de masques des anonymes (et en justifiant que le véritable nom de Kafei soit connu) , mais je ne sais pas si cela est suffisant.

Citer
Oui enfin, un téléphone après un racket, c'est surtout que tout le monde s'en fout. Si des vies étaient en jeu, ça les motiverait peut-être un peu à diffuser le portrait (ça paraît fou qu'ils stockent pas ça comme données, dans un monde façonné par les apparences).
Ça ne changerai pas garnd chose au problème, il suffit que le voleur ne porte pas le masque sur lui et le garde quelque temps avec lui pour que cela ne serve à rien. Après, je l'évoquerai peut-être dans le texte, étant donné que cela ne paraît pas très clair.

Citer
Euh, s'ils lui prenaient de force comme c'est suggéré, ça serait tout à la fois involontaire (enfin l'intéressé a pas l'air spécialement d'accord), et brutal (lui demander gentiment suffirait pas...).
Le questionnement que tu suggère est donc évoqué, maintenant  ;)

Citer
Désolé de t'embêter avec mes remarques, mais elles sont la preuve que l'univers est riche et soulève des questions.  ;)
Ça ne me dérange pas, justement, c'est cool de pouvoir laver son texte des incohérences et de pouvoir en discuter  :)

@ChoucrouteEstivale
Merci pour cette enthousiasme qui fait du bien ! Je suis content que le texte t'ai plut ! Pour l'intrigue, je fais un commentaire plus détaillé là-dessus en conclusion, c'est un point que vous êtes pas mal à avoir soulevé.

@exatsy
Citer
Sinon je trouve ce passage un peu étrange, comme si tu insistais trop sur le fait que les gens doivent être polis, comme si c'est un truc très important dans l'univers de ton texte.
Le sarcasme n'est donc pas palpable dans ce passage ?  :'(

Citer
Jusqu'ici, je ne comprends pas pourquoi tu insistes sur le fait qu'il vit pauvrement. Tu ne le dis pas clairement, tu le laisses suggérer par petites touches sans que cela semble avoir de l'importance dans le récit pour l'instant.
Eh bien en fait, il s'agit plutôt d'un homme lambda dans une société majoritairement pauvre, qui a décidée de se réfugier dans l'apparence.

Citer
Ah ça c'est trop génial, j'adore l'idée !
Il s'agit d'ailleurs de ce que je voulais développer le plus dans le texte, mais au final 3000 mots c'est trop court...

Citer
Du coup s'ils connaissent Kafei, ils doivent bien avoir une info sur la personne avec qui il a fait l'échange de masques ? Ils auraient pas pu connaître son adresse ou quelque chose plus tôt ?
Voir la réponse à Kathya  ;)

Citer
Wow, j'adore.
Merci  :coeur:

Citer
Par contre j'ai beaucoup de mal avec le style d'écriture, que je trouve très laborieux.
Désolé qu'il ne t'ai pas plut, mais de ce côté là, je ne peux pas faire grand chose...

Citer
Et la première partie, avec l'échange entre lui et Kafei, je pense que peut-être, tu aurais pu t'en passer finalement. Je veux dire, ça n'apporte pas grand chose à l'histoire au bout du compte, puisque de toute façon Kafei refuse de se sacrifier ; il n'a pas un rôle décisif dans le récit. Et le sentiment de déchirement à la base de tous ces "vols" de masques serait resté le même, voire encore plus conséquent, s'il s'était fait voler son propre masque, non ? Mais encore une fois, c'est pas très grave. Je comprends que tu aies voulu caser cette première partie pour donner un plus vaste aperçu de ton monde, pour nous plonger dans l'ambiance quoi.
C'est un des buts en effet, mais à la base, Kafei devait plus intervenir dans l'histoire.

@Baptiste
Merci pour ton passage, je suis content que tu ai accroché à l'univers.
Citer
En soit, je trouve que le coup du changement de narrateur pourrait très bien marcher.
Si je comprends bien, il ne marche pas, c'est ça ? Du coup qu'est-ce qui cloche d'après toi ? Tu pourrais développer un peu ?  :-¬?


Pour conclure, ce qu'il ressort globalement de vos commentaire, outre les incohérences, c'est que l'univers est bien mais que l'intrigue pêche un peu et le dessert. Je suis absolument d'accord avec vous. J'avais vaguement en tête une intrigue plus complexe avant de commencer à écrire cette nouvelle, avec plus de croisement, de questionnements, d'éléments utilisés, mais comme vous l'aurez compris, et bien 3000 mots ce n'est pas assez. Je pense donc que j'écrirai par la suite une deuxième version, plus longue, plus belle, plus mieux de cette nouvelle, hors AT. Et qui sait peut-être exploiter cet univers encore plus à travers d'autre texte ! Encore merci pour vos retours, c'est très encourageant.
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : T 13 - Le voleur de masques
« Réponse #14 le: 11 Mars 2016 à 22:45:44 »
Merci pour la réponse Mout :)

Oui, je trouve perso qu'il y a vraiment matière à écrire plus que 3000 mots avec tout ça !

Citer
Citer
Par contre j'ai beaucoup de mal avec le style d'écriture, que je trouve très laborieux.
Désolé qu'il ne t'ai pas plut, mais de ce côté là, je ne peux pas faire grand chose...
Oui désolé hein ^^
Et puis c'est très subjectif ça donc on s'en fout que j'aie pas accroché au style, et d'autres ont aimé donc tout est pour le mieux :)

Bonne continuation !

 


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